Enfin, il était temps de donner directement la parole aux grands personnages historiques, comme à certains anonymes, pour qu'ils nous donnent leur point de vue sur les événements marquants de l'Histoire humaine.
Dans la foulée de sa guerre des Gaules, César se retrouva vite confronté aux conséquences de l’éclatement de ce triumvirat qu’il avait formé avec Marcus Crassus, mort deux ans auparavant, et Pompée le Grand. La guerre civile, fréquente dans l’histoire récente de la République, allait reprendre de plus belle, conduisant notre Jules jusqu’à cette Égypte Ptolémaïque où l’attendait de belles conquêtes, dans tous les domaines. Mais tout cela n’est que le début d’une épopée faites d’alliances scellées par des mariages et de trahisons conduisant à des batailles sur terre comme sur mer. Aux côtés puis à la suite de César, Marc Antoine, Cléopâtre et Octavien tissent une implacable trame dont l’issue verra l’ultime survivant transformer la République à tout jamais…
Sources principales : "Antoine et Cléopâtre - La fin d'un rêve" de Paul M. Martin - éditions Complexe - 1995 "Cléopâtre - La déesse-reine" de Christian-Georges Schwentzel - éditions Biographie Payot - 2014 (et voici en lien un article universitaire où Mr Schwentzel donne sur avis sur l'épisode ! ;) : http://reainfo.hypotheses.org/5217) "Auguste, Maître du Monde - Actium, 2 septembre 31 av. J.C." de Pierre Cosme - édition Tallandier - 2014
Sous-Titres en anglais, généreusement rédigés par Achille Fossoul.
Casting : Caius Julius Caesar : Jean-David Stepler Marcus Antonius : Matheo Capelli Cléopatre VII : ]Sophie-Anne Lecesne Octavius : Beri Mango Agrippa : Florian Velasco
Depuis le succès de cette sympathique petite guerre des Gaules,
il s'en est passé des choses !...
Faut absolument que je vous raconte...
Un peu avant ma promenade gauloise, j’avais formé un triumvirat
avec Marcus Crassus, le milliardaire vainqueur de Spartacus,
et Pompeius Magnus, Pompée le Grand, trois triomphes au compteur,
un cador de la république à qui j’avais eu la bonne idée
de donner la main de ma fille unique Julia.
Ce triumvirat, c’était une coalition d’intérêts pour faire la nique au sénat,
parce qu’avec toutes les emmerdes que Rome a connu ces derniers temps,
on était quelques-uns à trouver que la République
avait besoin d’une sérieuse reprise en main.
Le monstre à trois têtes qu’on nous appelait.
Et dans ce genre d’association, tant qu’on est trois, ça peut s’équilibrer.
Mais voilà que le vieux Crassus, se sentant un peu léger
niveau gloire militaire entre le Grand Pompée et moi-même,
a voulu aller du côté de l’Orient asticoter les Parthes, des sortes de Perses.
Et il s’est fait écraser comme une merde.
Ah c’est sûr qu’envahir l'Asie, c'est autre chose que
d'éliminer quelques esclaves en mal d'acquis sociaux...
Il paraît que les Parthes l’auraient décapité avant de lui verser de l'or fondu dans le crâne.
Quelle ironie, lui qui a toujours eu que sa fortune en tête !
Enfin quand même, c’est tragique : tout cet or gâché...
C’est des saloperies les Parthes.
Un jour va falloir sérieusement s’en occuper…
Et quand on est imprégné de culture grecque comme moi,
défoncer des Perses ça relève de la tradition…
Déjà les patriciens, les nobles romains, le grec
est quasiment leur langue natale, avant le latin.
Moi en plus, j’adore la Grèce :
les philosophes, l’éloquence asianique, les gymnases, le vin, les femmes.
Ils savent faire la fête en Grèce, c’est pas des culs serrés comme à Rome…
Et ces bâtiments en pierre et en marbre, c’est la classe.
Rome à côté c’est jamais que des briques et du bois.
Tout mon début de carrière, je l’ai fait en Orient.
Je me suis particulièrement fait remarquer chez les Grecs d’Egypte
où on était allé remettre Ptolémée XII sur son trône.
J’étais là-bas quand Caesar m’a demandé de le rejoindre en Gaule,
alors j’ai aussitôt pris la ligne grecque directe Alexandrie-Massalia,
et du soleil d’Egypte, je me suis retrouvé à me peler les miches à Alésia…
C’est l’expression Grecs d’Egypte qui vous défrise?
Ben oui, nous, les Ptolémée, on est des Grecs à la base.
Enfin, des Macédoniens pour être plus précis.
« Cleopatra Thea Philopator »,
vous trouvez que ça sonne égyptien comme nom ?
Y a pas plus grec.
Ça signifie « la divine gloire du père qui aime beaucoup son père ».
Oui, je sais...
En fait c’est simple : il y a 300 ans, un Grec, enfin, un Macédonien,
a conquis la quasi-totalité du monde connu.
Alexandre le grand, ça vous dis quelque chose ?
Et puis à sa mort, son empire a été divisé entre ses diadoques, ses généraux,
et c’est mon ancêtre Ptolémée Ier qui a hérité de l’Egypte
et fait d’Alexandrie la nouvelle capitale.
Et voilà comment des grecs se retrouvent à faire les Pharaons de l’autre côté de la Méditerranée.
On nous appelle les Lagide,
du nom de Lagos, le papa de Ptolémée Ier.
Lagos, en grec, ça veut dire lièvre.
Enfin bref…
Quand on s’est installé, on a fait les choses bien.
Par exemple, on a fait traduire tous les hiéroglyphes en grec,
afin de comprendre un minimum où on mettait les pieds.
On s’est même mis à pratiquer l’embaumement des corps.
Bon, par contre, nous, on fait pas du tout de pyramides.
Non, passer tout ce temps à bâtir des trucs aussi grands
juste pour y coller une momie, faut être un peu con quand même.
Nous, on construit plutôt des phares.
Franchement, ça a quand même une autre utilité, un phare.
Et puis les pyramides, ça fait un moment que les locaux ont arrêté,
d’ailleurs je crois qu’ils ont complètement perdu la notice.
Eh, c’est que ça date pas d’hier ces machins !
Rendez-vous compte : entre la construction des grandes pyramides et moi,
il s’est écoulé autant de temps qu’entre moi… et vous, tiens !
Au moment où les Parthes transformaient Crassus en tirelire,
à Rome ma fille Julia mourrait en couche.
Et aussitôt, avec Pompée, les choses ont dégénérées.
Du coup j’ai dû franchir le Rubicon avec mes légions,
entrer dans Rome, puis poursuivre Pompée et ses partisans
à travers la Grèce jusqu’à la bataille finale à Pharsale.
Vaincu, Pompée a couru chercher refuge chez ses alliés grecs en Egypte.
Mais à peine arrivé, le jeune Ptolémée XIII l’a fait décapiter,
pensant me faire une fleur.
La même fin que Crassus mais sans les dorures, quoi.
C’est curieux chez les orientaux, cette manie de décapiter…
Ah, quand j’ai débarqué à Alexandrie quelques jours après, j’étais furax !
J’en ai même pleuré.
C’était quand même mon ex-gendre, merde !
Bon, en même temps, ça règle le problème,
et ça m’évite d’avoir à le zigouiller moi-même,
ce qui aurait eu du mal à passer auprès de l’opinion publique romaine.
C’est important l’opinion dans une république :
faut toujours être subtil et délicat avec ces choses-là…
Pendant qu’il poursuivait Pompée, c’est à moi que Caesar a confié Rome.
Ah c’était grandiose !
Avec des potes, on a organisé fiesta sur fiesta, en mode grec, quoi.
Il y avait des acteurs, des meretrices et des lupae,
et des bassins de pinard.
Une fois, j’ai même vomi en pleine cérémonie officielle !
Oh la rigolade !
Mais tout ça c’est normal…
Dans ma famille, on dit descendre d’Héraclès, Hercule,
qui était pas le dernier question picole.
Et en plus, moi, mon Dieu fétiche c’est Dionysos,
Bacchus pour les romains, le Dieu du vin, du théâtre et de la démesure.
Alors ce genre de trucs, c’est pas du vice : c’est politique.
Je dirais même plus : c’est religieux !...
Tout en restant de culture grecque, mes ancêtres
ont mis en place une sorte de fusion avec la religion locale.
Faut savoir qu’en Orient, les gens adorent considérer leurs dirigeants comme des Dieux.
Déjà, les Égyptiens prenaient Alexandre pour Amon.
On leur a dit OK, mais c’est Zeus-Amon.
Et sur le même principe, les rois sont désormais
l’incarnation de Dionysos-Osiris,
et les reines celle d’Aphrodite-Isis…
Le seul problème c’est que pour que le couple Osiris-Isis ça fonctionne,
il faut se marier entre frères et sœurs.
Comme les pharaons des anciennes dynasties, quoi,
histoire de garder le sang divin le plus pur possible.
. Et ben, croyez-moi, croyez-moi pas, au bout de quelques générations,
je vous dis pas la gueule des dieux…
Ah, ça niveau débile, on a eu des champions dans la famille.
Heureusement que certains de mes aïeux, dans un éclair de lucidité,
ont commencé à se reproduire avec leurs concubines grecques plutôt qu’avec leurs sœurs…
D'ailleurs, mon père Ptolémée XII était un bâtard.
Et en plus, là-dessus, il se trouve que ma mère n’était pas grecque
mais d’origine ...... ce qui est assez rare pour être précisé.
Alors je sais pas si c’est grâce à cet apport de sang neuf,
mais, niveau capacités intellectuelles, je m’en sors plutôt bien.
J’aurais bien sévi contre Ptolémée XIII et sa sœur Arsinoé IV,
mais le truc c’est que l’Egypte est notre principal fournisseur de blé,
alors c’est important qu’on reste copain.
Parce que le blé, ça coûte du pognon :
ça la foutrait mal que la première puissance mondiale ait une dette envers des Grecs…
Et alors que j’étais là, à me demander quoi faire,
voilà que se présente à moi la sœur ainée, Cléopâtre VII,
l’épouse officielle évincée par les deux autres.
Elle s’était secrètement introduite dans le palais où je résidais
roulée dans une natte comme dans une feuille de vigne.
En même temps, pour une grecque ça fait ton sur ton…
Ah c’était cocasse !
Un sacré personnage cette Cléopâtre :
cet esprit, cette intelligence, ce charisme…
Je suis tombé sous le charme…
C’est pas pour la ramener, hein, mais
je suis calé en philosophie, en sciences, en médecine…
Et outre ma langue natale, le Grec,
je parle aussi une dizaine d’autres langues,
dont le latin, l’hébreu, le mède, l’araméen, l’éthiopien, le troglodyte.
C’est spécial mais très sympa, le troglodyte…
Ah ! Et puis je suis quand même la première des lagides à parler l’égyptien.
Avant moi, y en a pas un qui s’est fendu de parler la langue de son peuple.
Bravo les gars…
Et après ils s’étonnent d’essuyer régulièrement des révoltes populaires.
Mais pour moi, l’Egypte et son peuple, c’est important.
C’est pour ça que j’ai vite compris que pour
pas se faire bouffer par les romains, il fallait la jouer fine.
Comme Ptolémée XIII et Arsinoé IV refusaient de rétablir
ma nouvelle copine Cléopâtre sur le trône,
on en est venu aux mains.
Je vous passe les détails, mais y’a eu quelques moments épiques.
J’ai dû foutre le feu au port avant de plonger à l’eau
pour échapper à un demi-million d’Alexandriotes super énervés.
Au passage on a malencontreusement cramé
une partie de la bibliothèque d’Alexandrie, au grand désespoir de Cléo.
Enfin…
Au final, avec des renforts venus de Syrie,
j’ai pu calmer tout ce petit monde une bonne fois pour toute.
Ptolémée XIII a terminé sa courte et pathétique vie au fond du Nil,
et il ne me restait plus qu’à remettre Cléopâtre aux commandes.
Je l’ai remariée au dernier de ses frères, le petit Ptolémée XIV, douze ans,
et on a passé les mois suivants à faire du tourisme le long du fleuve,
Cléo me faisant découvrir son pays
et moi disposant mes troupes à chaque escale,
afin d’être sûr que les crocodiles soient bien gardés…
Ah, pendant notre croisière, je lui ai sorti le grand jeu à Caesar.
Il a pu visiter la vallée des rois,
et la vallée de la reine, si vous voyez ce que j’veux dire.
Oui, bon je sais dit comme ça c’est pas très classe, mais regardez :
«Osiris, à travers le grand Caesar, descendant de Vénus, est venu fertiliser la divine Aphrodite-Isis».
Ah ben ouais, tout de suite, avec des Dieux dans le tableau, ça a plus de gueule…
De toute façon, il était hors de question que
Jules reparte sans me laisser un petit Ptolémée-Césarion dans le tiroir…
Après ces sympathiques petites vacances,
j’ai dû aller calmer le nouveau roi du Pont.
En quatre heures c’était terminé : Vini Vidi Vici.
Ah bah je savais bien que j’arriverai à la replacer celle-là !
Quelques victoires de plus en Afrique, et j’ai enfin pu rentrer à Rome
reprendre les choses en main, avant qu’Antoine n’ait bu toutes les finances publiques.
Il était temps d’organiser mon quadruple triomphe sur la Gaule, l’Egypte, le Pont et la Numidie.
Et pour l’occasion j’ai invité Cléopâtre et son petit frère à Rome se joindre à la fête.
Elle est venue avec le bébé, le petit Césarion,
et j’ai pu leur présenter ma femme, Calpurnia.
C’était sympa…
C’est très intéressant comme cérémonie, un triomphe romain.
Pour la partie Gauloise, ils ont ressorti le Vercingétorix
après 6 ans de captivité, et ils l’ont fait défiler sur un char avant de l’étrangler.
Et puis il y a eu le char de l’Egypte, trainant ma sœur Arsinoé IV.
Mais comme les romains sont des gens sympas,
vu son jeune âge, ils ont décidé de l’épargner,
et Jules s’est contenté de l’exiler à Ephèse, au temple d’Artémis.
Bon, rien de bien grave : je lui réglerai son compte plus tard…
Une dernière campagne en Hispanie contre les fils de Pompée,
et aujourd’hui je règne enfin seul et sans partage.
J’ai installé Cléopâtre de l’autre côté du Tibre, au milieu de superbes jardins,
un peu à l’écart de ma femme. Pratique.
Et j’ai enfin du temps pour me demander quoi faire avec cette République.
Je me ferais bien nommer roi, comme le suggère Cléo,
mais le problème c’est que depuis qu’on a chassé les rois étrusques il y a 500 ans,
les romains sont très frileux avec l’idée de royauté.
C’est un véritable tabou. Alors faudrait trouver autre chose...
Et du coup je repensais à cette idée d’Empire, à la Alexandre le Grand…
C’est pas que con en fait…
Rome pourrait gérer toute la partie ouest, la Gaule, l’Hispanie, tout ça,
et on pourrait faire d’Alexandrie une sorte de deuxième capitale
avec Cléo et Césarion comme administrateurs pour gérer l’Orient de la Grèce jusqu’en Judée,
voire jusqu’en Inde quand on aura écrasé les Parthes…
Ah, ben, tiens… Quand il s’agit des Parthes, t’es jamais bien loin, toi…
Ave, Caesar…
Ah ouais, quoi ?
Ben… Ave, quoi.
Ah ! Ouais… Ave aussi.
Bon, c’est pas tout ça mais faut qu’on file au sénat.
Il paraît que les copains m’ont préparé une surprise pour les Ides de Mars
J’arrive…
Il est passé où encore, Jules ?
Ah ben il vient juste de partir au boulot.
Vous savez qu’on est voisin ?
J’habite l’ancienne villa de Pompée, juste à côté de chez vous.
Marc Antoine, un collègue de Jules…
Oui, je sais. On s’est déjà rencontré, en Egypte.
J’avais quatorze ans.
Vous veniez d’humilier mon père en le remettant sur le trône à condition qu’il baisse son froc.
Ah ouais…
AAAHHH !!! Kai Su Teknon !
Tiens, c’est du grec, ça…
Oh putain !!! Ptolémée XIV prends Ptolémée Césarion et fais tes bagages :
on rentre à Alexandrie !
Chef ?
C'est pas vrai, ils l’ont fait ! Mais je croyais qu’ils déconnaient, moi…
Chef ?
Chef ?
Bon d’accord, Jules, c’était un dur à cuire, mais quand même :
23 coups de couteaux !
La vache…
Après leur forfait, les conjurés sont allés gueuler partout
« ouais ! On a sauvé la République ! Le tyran est mort ! »,
Mais très vite ils se sont rendu compte que
le coup des sauveurs de la république, le peuple en avait rien à carrer.
La plèbe, en fait, elle adorait Jules.
D’ailleurs, dans les mois qui ont suivi sa mort, une énorme comète,
visible même en plein jour, est apparue dans le ciel.
Pour le peuple, ça faisait pas un pli :
c’était Caesar, transformé en divinité, qui faisait coucou depuis les cieux…
Ah, et puis quand on a ouvert son testament,
on a vu qu’il avait laissé un peu de pognon pour chaque citoyen.
Ça aussi ça aide…
Quand j’ai appris la mort de mon grand oncle Caesar, j’étais avec des potes en Illirie.
Pauvre tonton... Il m’adorait vous savez.
Depuis que j’ai 15 ans il me pistonne…
En tout bien tout honneur, hein !
Pour mon cursus honorum, je devais partir combattre à ses côtés en Afrique.
Mais manque de bol, je suis tombé malade à ce moment-là.
Peu après, il m’a proposé de l’accompagner en Hispanie,
mais, là-encore, je suis tombé malade juste avant le départ…
Mais alors attention, hein, dès que je suis allé mieux,
avec mon copain Agrippa, on a pris un bateau pour le rejoindre,
malgré mon problème de mal de mer.
Il était vachement fier de moi tonton !
Et voilà qu’aujourd’hui j’apprends par son testament
qu’il m’avait secrètement adopté à peine quelques mois avant d’être assassiné !
Me voilà promu fils du divin Caesar et héritier d’une bonne partie de sa fortune !
De quoi lever quelques légions pour mon usage personnel.
Le pied, quoi.
Bon alors dorénavant, je ne peux plus m’appeler seulement Octave, vu que je suis un Octave Césarisé.
Un Caesar Octavien…
Mais vous savez quoi, on va faire simple : appelez-moi Caesar, tout court…
C’est plus sympa.
Pas un seul truc pour ma pomme dans le testament de Caesar !
Et presque tout pour un gamin chétif qui a
pratiquement jamais mis les pieds sur un champ de bataille.
Merde, après tout ce que j’ai fait pour Jules…
Ça, à tous les coups, c’est parce qu’il a pas apprécié
ce côté Dionysos que j’ai essayé de donner à mon action politique…
C’est dur d’être en avance sur son temps…
Mais dès que j’en aurais terminé avec les conjurés,
je vais aller écraser les Parthes,
et là les gens verront bien qui est le véritable héritier politique de Jules…
Pas un seul truc pour ma pomme dans le testament de Caesar !
Et rien sur Césarion, non plus.
Je sais bien qu’au niveau du droit Romain, le statut de notre fils est un peu bancal, mais quand même…
C’est pas pour l’héritage, hein :
en tant que Ptolémée XV, Césarion est déjà plus riche que tous les romains réunis,
mais c’est plus pour le principe.
Hein ? Ptolémée XIV ?
Ah… Ben pour tout vous dire, tant qu’il avait 10-12 ans, ça allait.
Et puis à 14 ans, avec l’adolescence, vous savez ce que c’est :
ça devient carrément insupportable.
Il voulait donner son avis sur tout, et
« je veux qu’on me respecte »,
et « je veux une stèle à mon nom »,
et «moi aussi je suis un Dieu vivant» gnagnagna…
Alors pour ses 15 ans, je m’en suis débarassé...
heu… «Je lui ai permis d’accéder à l’immortalité !»...
Au départ, avec Antoine, ça s’est pas super bien passé.
Il voulait pas ratifier mon héritage !
Alors avec l’appui du fameux Cicéron, j’ai passé un accord avec le Sénat :
ils me nomment consul, en échange de quoi je les aide à renverser Antoine.
Et c’est grâce à moi qu’il a subi sa première défaite à Modène.
Enfin, surtout grâce à mes légions parce que moi, à ce moment-là, j’étais un peu…
Un peu malade, quoi…
Enfin bref sur ce, je vais réclamer mon titre au Sénat
et là, tranquilles, les mecs me disent que je suis trop jeune pour être Consul !
Alors je me suis rallié à Antoine pour former un nouveau triumvirat,
et on a fait un joli coup d’état.
Puis dans la foulée, on a lancé une proscription,
une purge pour bien nettoyer la république :
plusieurs milliers de morts en quelques jours,
y compris Cicéron dont les mains ont fini clouées sur les portes du sénat.
Ah, la proscription, c’était folklorique.
Tout le monde en a profité pour régler ses comptes.
Malheureusement, les principaux assassins de Jules,
Brutus et Cassius, ont réussi à y échapper en filant en Grèce.
Alors avec Octave
Caesar !
Avec Caesar, on est allé leur botter le cul du côté de Philippes, en Macédoine.
J’ai exterminé les légions du général Cassius, un militaire pur et dur,
laissant au gamin le soin de s’occuper de celles commandées par le philosophe Brutus,
a priori pas le stratège du siècle.
Et ben, le petit César, il a perdu, face à l’intello !
Oui, alors pour la bataille de Philippes, je m’insurge.
C’est pas de bol : j’étais malade.
Allez diriger des opérations dans ces conditions…
N’empêche que c’est quand même grâce à moi qu’Antoine a vaincu Cassius.
Ben oui, parce que quand les hommes de Brutus sont allés avertir Cassius
qu’ils avaient pris mon camp,
le mec les a pris pour des ennemis et il s’est suicidé, ce con !
Donc, quelque part, c’est un peu aussi ma victoire…
Quelque part…
Enfin bref, l’essentiel, c’est que Brutus ait lui aussi été vaincu quelques semaines plus tard,
que mon père soit enfin vengé et que ce second triumvirat sorte vainqueur de tout ça...
Une fois les derniers conjurés éliminés,
je suis allé faire une petite tournée en orient,
avec notamment pour objectif de convoquer la Cléopâtre
et lui demander ce qu’elle foutait pendant que nous, on vengeait son amant.
Et elle est venue à moi à bord de sa splendide galère royale,
enveloppée de parfum d’encens et de musique, le tout illuminé de mille feux.
Et elle m’a invité à venir bouffer à bord.
C’était grandiose ! ...
Un sacré personnage cette Cléopâtre :
cette richesse, cette classe, ce cul !
Je suis tombé sous le charme…
J’ai fait mon numéro, quoi.
C’était Aphrodite-Isis qui invitait Dionysos-Osiris à sa table et dans son lit.
En même pas une heure, il se souvenait plus pourquoi il m’avait fait venir, le Tonio.
Et quelques mois plus tard, il a débarqué à Alexandrie,
tout seul, sans son armée, en simple touriste.
Et là on s’est mis à vivre au quotidien comme des dieux.
Amimétobie, la vie inimitable, on a appelé ça,
et j’ai dépensé sans compter :
tout n’était que banquets somptueux, jeux et plaisirs raffinés,
le tout saupoudré de philosophie.
Parfois, la nuit, tels des dieux se mêlant aux mortels,
on sortait incognito dans Alexandrie pour visiter les tavernes
et faire du tapage sous les fenêtres des bourgeois.
Qu’est-ce qu’on a pu rigoler.
Et puis on baisait comme des lagos, enfin des lapins...
Oh, pardon : « La divine Aphrodite-Isis se donnait chaque soir au divin Dionysos-Osiris »,
et ils baisaient comme des lapins…
De toute façon, il était hors de question qu’Antoine reparte
sans me laisser des petits Alexandre-Hélios et Cléopâtre-Séléné dans le tiroir.
Et oui : quelques mois après le départ d’Antoine,
je mettais au monde des jumeaux :
le soleil et la lune, Apollon et Artémis…
Et à peine j’ai eu accouché,
voilà que j’apprends qu’Antoine s'était remarier avec une romaine.
Ça m’a quand même fait un peu mal au cul.
Et là, je parle pas de l’accouchement…
Pendant mon absence, Octavien a répudié Claudia,
la fille de ma femme Fulvia que le gamin avait épousé pour sceller notre alliance.
En représailles, Fulvia a carrément envahi Rome avec les légions de mon frère Lucius.
C’était quelque chose, ma Fulvia.
Mais Octavien a fini par reprendre le dessus,
et pour sauver les fesses de ma femme et de mon frère,
j’ai dû divorcer et épouser la sœur d’Octavien, la jeune et jolie Octavia.
J’ai pas eu trop le choix.
Au passage, on en a profité pour renouveler le triumvirat,
et se partager les provinces.
Hein ?
Ah ben oui, dans un triumvirat, on est trois, oui...
Ah ! Je vois la question…
Le troisième, c’est Lépide, un vieux copain de Jules.
Mais il compte pour du beurre, lui.
On lui a refilé un petit bout de l’Afrique pour lui faire plaisir.
Octavien a pris l’Ouest, de l’Hispanie aux Gaules,
et moi je me suis réservé toute la partie orientale, grecque, quoi.
Avec dans le collimateur… les Parthes !
Ces saloperies de Parthes ! Enfin !
Et Octavien a promis de m’envoyer plusieurs légions.
De son côté, il doit nous débarrasser du dernier fils de Pompée,
Sextus, qui contrôle les îles de la méditerranée avec sa flotte…
Sextus Pompée, sur mer, il est très fort.
D’ailleurs, lui niveau dieux, son truc, c’est de se prendre pour Neptune.
Par deux fois j’ai essayé de le couler, rien à faire…
Alors j’ai essayé de m'en faire un allié et c’était pas gagné,
vu le passif entre nos familles.
Sans oublier qu’Antoine lui avait subtilisé la baraque dont il devait hériter.
Mais on a fini par trouver un terrain d’entente,
et comme j’avais répudié Claudia
j’ai pu sceller cet accord avec Sextus en épousant Scribonia,
la sœur de son beau-père.
Mais vu que, après la naissance de notre fille Julia,
j’ai fini par répudier à son tour Scribonia pour épouser la jolie Livia,
ça va vous suivez ?
Ben, du coup, on a repris les hostilités.
Et c’est mon copain Agrippa qui lui a fait mordre la poussière.
Enfin boire la tasse !
Il est trop fort Agrippa
N'empêche, heureusement qu’il est là pour assurer côté militaire,
surtout qu’à chaque fois, c’est moi qui m’approprie ses victoires sur le plan politique.
Mais lui il s’en fout. Un vrai pote, quoi.
C’est comme Mécène, un autre de mes potes.
Alors lui, c’est un champion de la com et de la collecte de fond.
Je tiens une bonne équipe, là…
Ah, oui, et puis un truc sympa : au passage, Lépide,
la troisième roue du char, là,
il a eu la mauvaise idée de soutenir Sextus.
Du coup j’en ai profité pour le mettre à la retraite.
Et bim : un triumvir de moins…
Si j’vous dis que les légions d’Octavien pour ma campagne contre les Parthes,
j’en ai jamais vu la queue d’une, ça vous étonne ?
Alors j’ai envoyé Octavia, enceinte, surveiller son frère à Rome,
et, pour compléter mes troupes, ben j’avais pas 36 solutions…
Après quatre années sans nouvelles d’Antoine,
le voilà qui fait appel à l’Egypte pour l’assister dans sa campagne contre les Parthes.
Culotté, le Tonio tout de même !
Je l’ai aussitôt rejoint à Antioche avec les jumeaux,
et là entre nous, c’est reparti comme en 40 avant Jésus Christ.
Il n’empêche que pour se faire pardonner,
il a fallu qu’il fasse cadeau à l’Egypte de la Phénicie, de Chypre et d’une partie de la Judée.
Et puis dans la foulée il a dû m’épouser,
et je lui ai fait un autre enfant.
Il était hors de question que je le laisse repartir sans me laisser un petit Ptolémée dans le tiroir…
En même temps, je commence à avoir des doutes sur la méthode…
Eh, Agrippa, vient voir.
Dis donc, non seulement il trompe ma sœur avec une étrangère,
mais il serait pas en train de refiler des conquêtes romaines
à sa maitresse, cet enfoiré d’Antoine ?
C’est plus sa maitresse, c’est sa femme maintenant.
Eh, oh ! La polygamie c’est un truc d’égyptiens, ça, c’est pas romain…
Non, mais je crois qu’il y a un truc à faire, là. Tu vas voir :
« Antoine est esclave de ses passions ! Il oublie sa romanité dans les bras d’une étrangère ! »
C’est bon ça !...
C’est bon ça !...
L’expédition contre les Parthes, ben ça c’est pas passé comme prévu…
Pour commencer, dès le départ, nos alliés Arméniens nous ont lâchés.
Et puis de là on est allé de catastrophe en catastrophe,
jusqu’à la retraite finale, un calvaire avec de la boue
jusqu’aux genoux sous une pluie quotidienne de flèches…
18 batailles rien que sur le chemin du retour,
et à l’arrivée seulement la moitié de mes armées qui en a réchappé.
Alors, le temps de reprendre quelques forces à Alexandrie,
et je suis allé écraser l’Arménie.
Bon c’est sûr, les Arméniens, c’est pas les Parthes,
mais disons que ça sauve la face…
Et ç’est que partie remise !
Ils ne perdent rien pour attendre… Ces saloperies de Parthes !...
Oh la vache la branlée !
15 ans qu’il nous prend la tête avec ses Parthes pour subir une déculotté pareille.
Il est mur, là, le Tonio.
Et cette pauvre Octavia, fidèle jusqu’au bout à son mari,
qui s’est précipitée pour le consoler et lui présenter la petite Antonia,
et il l'a renvoyé comme une malpropre sans même jeter un œil à sa fille.
Non, mais c’est pas drôle, là.
Oh pardon…
Pour fêter sa victoire sur l’Arménie,
on a organisé à Antoine un beau triomphe à Alexandrie.
Et maintenant, on réorganise tout l’orient, sous la direction de l’Egypte.
et de Rome
Et de Rome, bien sûr.
On place tous nos enfants à la tête des divers royaumes en contractant des mariages.
Et Antoine a reconnu Césarion comme le seul véritable fils du grand Caesar.
En fait, c’est le rêve de Jules qui va se réaliser :
un grand empire, constitué de multiples royaumes tous à la botte de l’Egypte.
Heu… De Rome !
Quoi ? Un triomphe ailleurs qu’à Rome ?
Et en plus il reconnaît Césarion ?
Là, trop c’est trop.
Cet ivrogne se laisse manipuler par une femme !
Je vous le dis, il va livrer Rome à son Egyptienne, ce traitre !
D’ailleurs dans son testament, il souhaite être inhumé en Egypte, aux côté de sa reine !
Je le sais c'est moi qui l'ai ouvert.
Bon pour commencer, on va virer tous les devins, charlatans
et autres suppôts de l’Orient de notre belle cité,
et après, ça va chier !
C’est la guerre contre Antoine !
Ah bah non, c’est la guerre contre l’Egypte…
Ha oui… C'est la guerre contre l’Egypte
C’est pas du tout une guerre entre Rome et l’Egypte.
C’est juste le chapitre final des guerres civiles
qui pourrissent le monde romain depuis des décennies.
Alors avec Cléo, on a rassemblé une flotte de plus de 500 navires en Grèce,
et on fonce sur l’Italie.
On a des troupes venus de tous les royaumes alliés ou asservis :
d’Arménie, de Judée, de Cyrénaïque, de Syrie…
Mais faut pas écouter Octavien quand il parle d’une invasion étrangère :
il y a aussi pleins de sénateurs et de généraux romains qui se sont ralliés à nous.
Bon, c’est vrai qu’ils sont un peu perturbés par la présence de Cléo,
et surtout par le fait qu’elle prend part à toutes les décisions militaires.
Pour un romain, c’est pas vraiment la place d’une femme…
Hé, oh ! Encore heureux que je donne mon avis : c’est moi qui paye !
La flotte orientale d’Antoine et de son égyptienne a bien tenté un débarquement en Italie,
mais aux premiers navires rencontrés,
ils ont fait demi-tour pour aller se planquer dans le golfe d’Ambracie.
Agrippa les a suivi et a établi un blocus avec sa flotte
tout autour du promontoire d’Actium, piégeant nos ennemis.
Une fois de plus, après Pharsale et Philippes, le sort de Rome va se jouer en Grèce…
J’ai aussitôt pris un bateau malgré mon mal de mer,
et une fois arrivé sur les lieux, malade comme un chien,
je me suis fait construire un camp juste en face de celui d’Antoine,
aux premières loges.
Et là j'avais plus qu’à regarder Agrippa passer à l’action et profiter du spectacle…
Sans possibilité de réapprovisionnement,
la soif, la chaleur puis la maladie ont commencé à apparaître dans le camp.
Les désertions au profit d’Octavien se sont multipliées.
Sans parler des alliés étrangers qui rentrent chez eux…
Avec Cléo, on s’est dit qu’il fallait rapido se sortir de ce guêpier.
Le plan, c’était que la flotte fasse rempart, pendant que le navire de Cléo,
avec tout le trésor royal à son bord prenait le large.
Et ça a marché.
Bon, okay, dans la manœuvre on a un peu laissé derrière nous
une grosse partie de la flotte en flamme,
ainsi que pas mal de nos légions restées à terre.
Mais ils connaissent le chemin, ils se rentreront bien tous seuls en Egypte.
On est rentré à Alexandrie, et dans les mois qui ont suivis,
on a appris que toutes nos légions entre la Grèce et l’Egypte s’étaient rendues à Octavien,
et qu’il allait débarquer d’un jour à l’autre.
Antoine s’est enfermé dans un palais au bout d’une jetée et ne veut plus voir personne.
Il passe son temps à picoler,
il ressemble de plus en plus à la caricature qu’en ont fait ses ennemis.
Alors pour le secouer, j’ai fait courir le bruit que je m’étais suicidée.
Ça devrait le faire réagir !
AAAHHHH… Fortune ingrate !
Tout est foutu !
Et ma Cléopâtre qui s’est donné la mort, alors que je suis toujours vivant.
Quelle honte !
J’ai demandé à mon plus fidèle esclave de prendre un glaive et de mettre fin à mes jours.
Et ben il a préféré se suicider plutôt qu'obéir.
C’est terrible :
y a pas plus de personnel qualifié de nos jours…
Alors faut tout faire soi-même.
Oh merde, je me suis un peu raté…
Antoine s’est donné la mort. Ce fut un adversaire formidable !
Tu fais, quoi là ?
Ben je pleure sur la mort d’Antoine, comme mon père le fit sur celle de Pompée.
Non mais personne y croit, là…
C’était mon beau-frère tout de même.
Bon, allez, y’a plus qu’à récupérer l’Egyptienne et faire disparaître le Césarion.
Pour les enfants d’Antoine, par contre, on va les confier à Octavia,
elle pourra les élever aux côtés de leur demi-sœur comme des bons petits romains.
Et qu’on vienne pas dire que j’ai pas de cœur après ça !
Antoine est mort dans mes bras.
Je crois qu’on peut dire que c’est la fin, là.
En dernier recours j’ai même essayé de séduire Octavien,
mais apparemment le charme n’opère plus.
J’ai pratiqué moi-même l’embaumement du corps d’Antoine
et je vais le rejoindre, au nez et à la barbe de Rome.
Pas question que je me laisse promener sur un char
comme ma sœur lors d’un triomphe à la con.
Bon ... Alors voilà… C’est parti…
Et là, vous voyez les filles,
je me dis qu’une pyramide, ça aurait eu de la gueule comme sépulture.
Enfin si c’est bien à ça que ça servait…
Ben y’en a qui disent que ça servait à faire atterrir des extra-terrestres…
Hein ?
Non mais de toute façon, on sait même plus comment les construire, ces machins…
Ben justement, y en a qui disent…
Oui, c'est bon, stop
Allez... Passez-moi l’aspic au lieu de dire des conneries et qu’on en finisse…
Et vous oubliez pas de suivre, hein ?
Le suicide de Cléopâtre, c’est sûr, ça gâche un peu mon triomphe.
Mais bon, c’est pas bien grave.
En tout cas, maintenant que l’Egypte va devenir une province romaine,
le blé va couler à flot.
Et comme je me fais nommer Princeps, « première tête » au-dessus du Sénat,
on devrait en avoir terminé avec ces incessantes guerres civiles !
Rome s’apprête à connaître une ère de paix sans précédent.
Tiens d’ailleurs, pour fêter ça je vais prendre un nouveau nom bien divin : Auguste !
Et puis au passage je fais rajouter le pouvoir religieux au pouvoir politique.
En fait, pourquoi chercher à s’identifier à des Dieux, quand on en est déjà un soi-même ?
Je crois qu’il m’a refilé sa crève, Auguste…
Bon, le fait est qu’il a bien joué son coup le patron.
M’enfin tout de même
un sénateur qui se fait voter les pleins pouvoirs
et qui transforme une république en Empire,
y’en a qui se demandent si c’est pas un petit peu
tomber du côté obscur de la romanité …
Mais qu’est-ce que tu racontes ? C’est pas ça du tout là !
On restaure la république.
Et puis de toute façon, pour le peuple, au quotidien, ça va strictement rien changer…
Ah ben ça, je vous confirme, empire, république.... Nous, on a pas trop vu le changement… Hein ?
Ben c’est quoi ça ? Un dépôt vente ?
Du balai les servus…
On vous paie pas à rien foutre...
Enfin en même temps on vous paie pas tout court...
Ah .... Je vous jure... depuis qu'on a plus le droit de les buter ils se croient tout permis ces cons là...
Les gars...
Vous avez oublié un truc là...
Non parce que y'en qui tournent après...
Et puis y'en a partout en plus... C'est dégueulasse...
C'est quoi ce boulot de youtubeurs...
Non mais merde....
Les gars c'est un plateau de tournage ici, pas un bar à sieste....
Y'a des cables qui trainent partout en plus....
Oh....putain ...
Oh, ben ça alors, Anubis !
Je m’attendais plutôt à tomber sur Hadès.
Pluton à la rigueur, vu mon passif avec les romains.
Ah ben non, tu es reine d’Egypte, tu es reine d’Egypte ma vieille.
Ah bah ouais… Mais… C’est pas Horus qui guide les morts ces temps-ci ?
Si mais il est en RTT, là. Allez, suis moi, c’est par ici…
Oh la vache ! Ça défonce le venin d’aspic…