--------------------------------------------------------------------------------------------- ⊙ Merci à l'IFRI de m'avoir reçu pour l'interview de Marc Hecker:
Retrouvez le rapport "Djihadistes un jour, djihadistes toujours?" de Marc Hecker ici: https://urlz.fr/fqu8 Aussi, il publie un nouvel ouvrage sur 20 ans de lutte contre le terrorisme: https://urlz.fr/fqu9 ---------------------------------------------------------------------------------------------
⊙ Merci à l'ILERI qui sponsorise cette vidéo: Il s'agit d'une école de relations internationales basée à Paris et à Lyon, créée en 1948.
donc on ne peut pas être sûr à 100% que
la personne ait véritablement
d'éradiquer menées jusqu'à présent en
france on a le droit d'être radical dans
une démocratie on a la liberté de penser
ce qu'on veut simplement il faut pas que
cette radicalité enfreignent la loi et
en particulier conduisent à la violence
le fait d'adhérer à une idéologie parce
qu'elle fait sens pour vous le fait de
vous engouffré dedans de vous entourer
de personnes qui vont penser de la même
manière que vous ça peut amener une
certaine dérive car vous pouvez évoluer
au sein de cette idéologie de manière
tellement extrême et sans même vous en
rendre compte qu'il deviendrait alors
tout à fait naturel pour vous d'utiliser
la violence pour défendre cette vision
et même l'imposer aux autres
bienvenue dans le monde de la radicalité
bien évidemment le salafisme jihadiste
peut vous venir tout de suite en tête
mais quand on voit que l'allemagne prend
des mesures contre la montée de la
radicalité au sein de l'extrême droite
ou bien quand on lit le dernier rapport
des états unis sur les menaces
extrémistes sur le sol américain
on voit bien que la radicalité ça colle
à n'importe quelle idéologie
aux etats unis ils craignent qu'une
personne du mouvement antispéciste en
vienne un jour assassiné un éleveur ou
bien un boucher et de la même manière
ils craignent qu'une personne du
mouvement anti avortement s'en prennent
à la vie du corps médical qui réalise
cet avortement donc face à de tels
agissements comprendre la radicalisation
c'est à la fois passionnant est
dramatique c'est passionnant parce que
pour comprendre un tel phénomène
il faut réellement accepté que c'est
complexe et comprendre que c'est une
imbrication d'une multitude de facteurs
il faut déjà connaître la trajectoire
sociale de la personne
savoir d'où il vient ce qu'elle a vécu
et savoir si elle est entourée
socialement il faut analyser plein de
facteurs religieux politiques
sociologiques psychologiques et
juridiques
il faut aussi connaître l'histoire parce
que certains passages historiques sont
des réelle source d'inspiration pour ces
personnes là il faut aussi comprendre
leurs peurs les plus enfouis et qui sont
souvent inavoués et il faut aussi
comprendre comment est ce que ces
personnes-là s'informe et donc connaître
aussi les mécanismes de partage de
l'information sur les réseaux sociaux
mais c'est dramatique parce que ces
parcours peuvent mener à des tragédies
et les passages à l'acte sont lourds de
conséquences
les chemins de la radicalité semble
aussi tortueux qu'il paraît presque
impossible de s'en extraire
une fois qu'on est engouffré dedans mais
est ce que c'est vrai ce que je vous
propose dans cette vidéo s'est intéressé
à la radicalisation mais du point de vue
de la france qui cherche à protéger la
population des violences qui peuvent
accompagner certaine radicalité en
freinant les passages à l'acte et en
limitant la récidive donc pour cette
vidéo on va s'intéresser seulement à la
radicalisation djihadistes en analysant
les programmes qui sont mis en place et
surtout en voyant pourquoi c'est aussi
compliqué à établir pour cela j'ai posé
cette question à marc hecker et les
réponses devraient vous aider à trouver
beaucoup de nuances pour ne surtout pas
tomber quand on parle du sujet dans les
deux postures un peu extrême et très
caricatural qui serait l'une de dire ces
personnes-là l'ont bien mérité la
déradicalisation ça ne marche pas je ne
veux pas m'y intéresser que ces
personnes restent en prison et l'autre
qui est tout aussi caricaturale qui
consisterait être peut-être trop naïf et
beaucoup trop laxistes sans prendre en
compte tous les aspects sécuritaires
pour la population le rapport que
marquez caire a réalisé et
téléchargeable dans la description vous
y trouverez aussi le lien vers mister
géopolitique stv c'est ma plate forme de
documentaire qui compte actuellement
plus de 190 documentaire géopolitique
disponible en abonnement pour 4 euros 99
par mois sans engagement
je vous ai créer une playlist de neuf
documentaires spécialement sur le thème
de la radicalisation et du terrorisme
extraits
bien sûr on a été prévenus que
et y'a l'intérieur à lui thierry graphie
peut-être possiblement armé
donc c'est pour ça qu'on est venu à
chacun son rôle
les rues de quartiers sont aussi
rebaptisé désormais rue de la charia
toujours dans l'allier comme dans
l'ensemble de l'europe nouvelle extrême
droite émerge la loi sur la sécurité
intérieure interdît de surveiller les
milieux politiques aussi extrême soit il
le futur tueur de charlie hebdo semble
prêt à saisir la moindre occasion
bonne ou mauvaise six mois plus tard
lui qui semblait si loin de la religion
musulmane se choisit un nom de
djihadistes à bouilly scène j'ai
entièrement la main sur la plateforme
c'est moi qui ai eu claude les
documentaires en fonction ce que vous me
demandez vous vouliez des personnalités
politiques je vous ai créer une playlist
de 16 documentaires sur le sujet idem
pour le porte-avions le narcotrafic etc
et dans quelques jours vous aurez le
privilège de voir des invités très
spéciaux qui parlent chacun de leur
domaine d'expertisé
par exemple michel goya que j'ai pu
interviewer pendant une demi-heure sur
l'évolution des conflits mais il ya
aussi d'autres vidéos qui arrive sur la
cybersécurité et plein de thématiques
enfin vous trouverez aussi en
descriptions le lien vers l'illyrie une
école de relations internationales qui
sponsorise cette vidéo si vous vous
intéressez aux métiers de la
géopolitique et de l'international il
propose plusieurs formations à paris et
à lyon et pour avoir pu discuter avec
des élèves et des professeurs et pour
avoir réalisé plusieurs séminaires là
bas je vous la recommande chaudement bon
allez il est temps d'y aller marc nous
attend
[Musique]
bonjour donc je m'appelle marqué caire
je suis chercheur à l'institut français
des relations internationales ifri à
paris je travaille essentiellement sur
le terrorisme depuis une quinzaine
d'années par ailleurs je m'occupe aussi
de la revue politique étrangère dont je
suis co rédacteur en chef
alors là la radicalisation c'est un
terme compliqué qui est contesté et a
généralement une définition qui est mise
en avant qui est celle d'un sociologue
qui s'appelle farhad khosrokhavar et qui
explique que la radicalisation c'est un
processus donc c'est quelque chose qui
se déroule sur la durée généralement une
durée plus ou moins longue selon les cas
un processus par lequel une personne ou
un groupe en vient à soutenir ou à
pratiquer la violence mais il s'agit pas
de n'importe quel type de violence c'est
une violence adossé à une idéologie une
idéologie extrémiste idéologie qui peut
être politique bien sûr mais aussi
religieuse sociale ou autre
donc la radicalisation en tant que telle
n'est pas nécessairement lié au
djihadisme qui est la thématique sur
laquelle moi je me suis concentré ces
dernières années il peut y avoir
d'autres types de radicalisation
radicalisation d'ultra droite par
exemple radicalisation d'ultragauche
mais on peut imaginer tout autre type de
radicalisation du moment que c'est ado
c'est donc à une idéologie donc à cette
thématique de radicalisation on peut
opposer la déradicalisation la
déradicalisation c'est un terme qui est
aujourd'hui un peu passé de mode mais
que j'emploie et notamment que j'emploie
dans le le sous titre de ce rapport
djihadistes un jour djihadistes toujours
pour l'interrogation un programme de
déradicalisation vu de l'intérieur
si je les employés c'est parce que ça
parle quand même plus au grand public
que le terme des engagements que je vais
expliquer dans quelques instants la
déradicalisation sa part d'une idée
simple c'est que les gens seraient d'y
faire un certain nombre de personnes se
radicalise c'est à dire que il ya ce
processus qui les conduit lentement opa
lentement selon les cas vers la violence
et donc il serait possible en quelque
sorte d'inverser le processus et 2d
radicaliser des personnes qui sont déjà
radicaliser quelle que soit leur stade 6
et de la radicalisation qui est déjà
bien avancée ce sera évidemment plus
difficile que si on est au début du
stade dollar
réalisation mais l'idée c'est vraiment
ça c'est que il est il serait possible
de revenir en arrière en quelque sorte
de détricoter l'idéologie violente
maintenant ce terme est quelque peu
tombée en désuétude ces dernières années
parce qu'on s'est rendu compte que c'est
très difficile de vérifier ce qui se
passe dans la tête d'un individu et que
l'on parlera mais il ya la problématique
de la dissimulation qui peut entrer en
jeu et en ligne de compte
du coup un autre terme est maintenant
privilégiée qui alterne de désengagement
le désengagement c'est quelque chose qui
se matérialise beaucoup plus facilement
que la déradicalisation c'est à dire que
le désengagement c'est le fait de sortir
d'un groupe violent
le fait de entre guillemets revenir dans
le droit chemin et de respecter la loi
en fait donc si vous voulez si une
personne se met à respecter durablement
la loi à ne plus avoir de contact avec
des personnes qui sont des personnes
avec qui elle avait des contacts
auparavant donc des personnes radicalise
et éventuellement violente
on peut dire que cette personne est en
voie de désengagement sur la
radicalisation c'est plus difficile et
notamment un intervenant qui est que
j'ai que je cite dans ce rapport rapport
qui en ligne sur le site de l'ifri est
tout un chacun peut aller voir un
intervenant qui me dit on peut avoir des
signes de déradicalisation on peut avoir
des intuitions plus ou moins confirmés
mais on ne peut pas perquisitionnée un
cerveau donc on ne peut pas être sûr à
100% que la personne ait véritablement
des radicalisé par ailleurs j'ajoute un
point qui est une subtilité importante
qui est que jusqu'à présent en france on
a le droit d'être radical dans une
démocratie on a la liberté de penser ce
qu'on veut simplement il faut pas que
cette radicalité enfreignent la loi et
en particulier conduisent à la violence
donc avec cette thématique de la
déradicalisation y avait cette
difficulté en plus qui est que certains
intervenants dans des programmes de
déradicalisation disait mais notre
travail c'est effectivement de faire en
sorte que les gens ne récidive pas qu'il
respecte la loi mais dans le fond s'il
conserve une vision du monde radical du
moment que cette radicalité n'est pas
violente ça ne devrait pas poser de
problème dans une démocratie
bon ça c'est aussi sujet à débat un
débat qui est en plus compliqué en ce
moment avec le projet de loi sur le
séparatisme qui est en cours de
discussion et je ne vais pas commenter
ici mais on voit que voilà le terme d
engagement a permis de déminer comme ça
un certain nombre de sujets compliqués
les scientifiques les spécialistes de
sciences sociales sont très largement
divisés sur les causes et les processus
les mécanismes de radicalisation et à
plusieurs théories qui existent que je
ne vais pas rappeler ici encore une fois
vous pouvez aller revoir la vidéo de
2019
mais comme il n'y a pas de consensus sur
la radicalisation tant que tel c'est à
dire sur le parcours qui conduit un
individu vers la voie de cette
radicalité violente et bien y'a pas de
consensus non plus sur la manière de des
radicaliser de sortir de cette voie
violente
donc là c'est une difficulté
supplémentaire et pour le dire très
rapidement et de manière un peu
caricaturale
vous avez des personnes qui vont
insister sur des facteurs sociaux comme
le fait d'avoir un travail
le fait d'avoir une famille stable le
fait d'avoir un logement etc
et puis vous avez des personnes qui vont
insister sur d'autres facteurs comme les
facteurs psychologiques donc le fait
d'avoir une stabilisation psychologique
des individus qui parfois souffre d'un
certain nombre de traumatismes voir de
vraies maladies mentales ou alors
troisième point troisième pilier
les personnes qui vont insister sur la
dimension idéologique en disant qu'il
faut absolument effectuer une
déradicalisation de type idéologique en
déconstruisant l'idéologie radicale de
groupes comme dash ou al qaïda est donc
là dessus il n'y a pas de consensus et
on va le voir dans le programme en tant
que tel dans le programme que j'ai
étudié plus spécifiquement ces trois
piliers sont traités donc il ya un
pilier social un pilier psychologique un
pilier idéologique etc par l'utilisation
de ces trois leviers que les
professionnels du programme espèrent
désengager les
individus c'est vrai qu'en france la
déradicalisation n'a pas bonne presse et
je vais expliquer pourquoi mais d'abord
il faut parler aussi des autres pays
parce que la france est rentrée
relativement tardivement dans ce domaine
c'est véritablement vers 2013-2014
quand il ya eu un problème avec les
filières syrienne donc ces centaines de
français qui partaient vers la syrie
pour rejoindre soit ce qui allait
devenir des ch soit al qaïda que la
france a vraiment commencé à
s'intéresser à la prévention de la
radicalisation et à la déradicalisation
mais au-delà de ça il y avait déjà des
programmes qui existait dans le monde
c'est vrai pour l'europe mais c'est vrai
aussi en dehors de l'europe et notamment
au moyen-orient il y avait plusieurs
programmes qui existait depuis de
nombreuses années il ya un scepticisme
qui existe déjà au niveau global qui
peut provenir d'acteurs sécuritaire qui
tout simplement ne crois pas à l'idée de
la déradicalisation c'est à dire qu'il
pense que on a affaire à des ennemis
dont l'idéologie est profondément ancrée
et qui sont entre guillemets
irrécupérable ça c'est pas une vision
qui est consensuelle mais on la retrouve
relativement fréquemment au sein
d'acteurs comme la police les armes et
les services de renseignement qui ont
une approche plus de surveillance des
individus et tout le point je le
démontrerai après c'est que en fait il
faut pas nécessairement opposée ces
approches là c'est à dire qu'elles elles
ont plutôt vocation à travailler
ensemble plutôt qu'à être opposés ou en
tout cas il s'agit de les faire
travailler à minima en parallèle doxa ce
scepticisme
il existe mais il est vrai qu'il n'a pas
empêché d'autres acteurs d'autres champs
donc notamment du champ social du champ
de la psychologie ou la psychiatrie du
champ religieux ou politico-religieux
d'essayer quand même de monter des
programmes de déradicalisation qui ont
produit des résultats contrastés
et ça c'est tout une difficulté qui
explique aussi le scepticisme qui est
qu' il est extrêmement difficile de
mesurer l'efficacité de ces programmes
on y reviendra mais il ya des problèmes
multiples qui se posent notamment
souvent le manque de recul
le manque d'accès aux données souvent
sur les mêmes personnes qui
font les programmes et qui ensuite les
évalue et puis il ya un autre problème
qui est que il n'y a pas de groupe de
contrôle
il n'y a pas de groupe témoin ça veut
dire qu'on peut pas voir des mêmes
individus qui d'un côté participerez au
programme de l'autre ne participerait
pas au programme
et on pourrait du coup comparer comme on
le fait un peu dans le domaine médical
en administrant des placebos à certaines
personnes et des médicaments à d'autres
ça ça ne se pratique pas dans ce domaine
là et donc même si on voit que certains
programmes produisent des résultats il
est impossible de démontrer
scientifiquement que les individus en
question ne se serait pas désengagé ou
des radicaliser tout seul s'il n'avait
pas suivi le programme donc ça ça a créé
un scepticisme un peu général si vous
voulez maintenant ce qu'il faut voir
c'est qu'en france il ya un autre aspect
qui rajoute ce scepticisme qui est que
comme je les dis la france s'est mis
tardivement sur ces questions et que les
premières expériences ont été
caractérisés par un certain nombre de
dérives notamment il
dans la bibliothèque je sais pas où un
ouvrage qui s'appelle je crois cellule
de déradicalisation la désillusion ou
quelque chose comme ça qui décrit une
des premières expériences françaises qui
en fait c'est s'est terminée devant les
tribunaux pour détournement de fonds
publics
c'est un programme qui était soutenu par
les autorités publiques qui était
réalisée par un prestataire
mais en fait le point essentiel de cet
ouvrage c'est de dire qu'il y avait
beaucoup de communication mais très peu
de personnes prises en charge par
ailleurs il ya eu d'autres dérives que
je vais pas détailler mais une critique
générale qui est souvent reproché à ces
programmes là c'est soit de beaucoup
communiquer de peut faire soit de fermer
dans l'ombre sans transparence et avec
des résultats peu tangible
et puis très souvent en touchant
beaucoup d'argent public pour mettre en
oeuvre ces programmes là avec une
expression qui s'est répandue au fil des
années qui est le business de la
déradicalisation et là encore mon étude
qui parle de programme plus récents sur
lesquels je vais revenir permet de
nuancer très largement cette idée du
business de la der de la
déradicalisation parce qu'on voit que
les prestataires qui ont mis en oeuvre
les derniers programmes étaient loin de
faire des bénéfices et ils n'ont pas
l'objectif d'ailleurs de faire des
bénéfices sont des associations qui
essaye au moins d'être à l'équilibré le
dernier programme en fait était plutôt
déficitaire sur les premiers mois
donc voilà pour la mauvaise presse de
ses programmes et moi ce que j'ai voulu
faire c'est ouvrir la boîte noire du
désengagement et de la déradicalisation
pour voir précisément ce qui se passe
dans ces programmes là et essayer d'en
évaluer les résultats même si c'est très
difficile
je me suis focalisé dans cette étude sur
un programme actuellement en cours en
france qui s'appelle le programme pair
ce qui veut dire programme
d'accompagnement individualisé et de
réaffiliation sociale ce programme
existe depuis 2018 et il a pris la suite
d'un autre programme qui s'appelait
rives aux recherches et interventions
sur les violences d' extrêmement
alors ces programmes donc rives de 2016
et 2018 puis perd à partir de 2018 et
qui est encore en cours ou à une
spécificité c'est que ils sont destinés
à des personnes placées sous main de
justice c'est à dire des personnes qui
ont encore à faire à la justice est des
personnes qui sont orientés vers ce
programme pour des questions de
radicalisation on l'a bien compris et
des personnes qui sont souvent sorti de
prison
parce que la plupart les individus qui
suivent le programme pair sont ce qu'on
appelle en poste sont en ciel c'est à
dire après leur procès mais il ya aussi
une petite partie d'individus qui sont
en pré sentenciel c'est à dire qu'ils
sont orientés vers le programme avant
leur procès ça c'est une minorité
ce qu'il faut voir c'est que la plupart
de ces personnes sont contraintes de
suivre le programme star c'est une
mesure judiciaire
même si là encore il ya une minorité de
volontaires ce qu'il faut voir c'est
qu'un des reproches qui avaient été
faits au dispositif qui avait été très
critiquée par le passé c'était pour
certains d'entre eux d'être basée
uniquement sur la pratique du
volontariat
ce qui faisait que quand les personnes
en avaient marre et qu'elle voulait
arrêter et ben elle partait et puis la
prise en charge s'arrêter immédiatement
qu'il y avait un vrai problème de suivi
là avec ces mesures judiciaires y'a pas
ce problème de suivi c'est à dire que si
les personnes interrompre le programme
en pratique elle risque d'être envoyé en
prison c'est bien une mesure judiciaire
avec un un contrôle qui est fait par
l'institution judiciaire du respect de
cette mesure
ce sont deux programmes no cry ve et
pères qui ont pour point commun d'être
en milieu ouvert milieu ouvert sa
s'oppose au milieu fermé ça veut dire
que on n'est pas en prison
et comme je le disais la plupart des
individus sont sortis de prison ils ont
purgé leur peine ou l'essentiel de leur
peine et se retrouve donc à l'extérieur
ils ont été libérés ce qu'il faut dire
d'emblée aussi parce que c'est souvent
une critique qui peut être fait à ces
programmes là c'est que il semble
dangereux pour un certain nombre de
personnes de libye
et des individus et de les mettre dans
un programme de déradicalisation c'est
souvent une critique qui est fait c'est
que c'est bien naïf
sauf qu'en pratique étant donné le droit
aujourd'hui et nous sommes dans un état
de droit france on ne peut pas maintenir
des individus en prison après leur peine
donc ce serait de les individus qui
seraient de toute façon ce sont des
individus pardon qui serait de toute
façon libérée il serait à l'extérieur
qui serait en milieu ouvert mais là on
les oriente vers le programme donc ça
permet d'avoir si vous voulez un niveau
d'accompagnement supplémentaires et
peut-être même un niveau de surveillance
supplémentaires même si le but du
programme n'est pas de surveiller des
individus on l'a compris mais de les
réinsérer dans la société
et puisque je n'ai pas dit mais
évidemment c'est la clé c'est le profil
des personnes qui suivent ce programme
ce sont pour l'essentiel ce qu'on
appelle des tice tisser un acronyme de
l'administration pénitentiaire qui veut
dire terrorisme islamiste donc ce sont
des personnes qui ont été pour
l'essentiel condamnés dans des affaires
en lien avec le terrorisme djihadiste
vous avez quand même une minorité
d'individus qui n'entre pas dans cette
catégorie this ils sont dans une autre
catégorie qui s'appelle les des csr
droit commun suspecté de radicalisation
là ce sont des personnes qui sont
rentrées en prison pour d'autres faits
par exemple des vols des violences de la
délinquance peu importe pour d'autres
faits que le terrorisme et qui ont été
identifiés comme radicalisé par
l'administration pénitentiaire et donc à
la sortie de prison à la fin de leur
peine
ces personnes là sont aussi orientés
vers le programme pour tenter d'éviter
un passage à l'acte alors en pratique
quand les personnes sont orientés vers
le programme elles sont prises en charge
accompagnés par des professionnels la
prise en charge varient selon une
évaluation qui est faite de ces
individus et de leur degré de
radicalisation donc il ya des personnes
qui sont évalués comme plus tôt faisant
partie du bas de spectres d'autres
allant plus vers le haut du spectre
même si jusqu'à présent il n'y a pas de
très haut de spectres qui était orienté
vers le programme pair est
l'accompagnement en fonction du niveau
de radicalisation peut osciller entre 3
heures
pour les niveaux les plus bas et 20
heures par semaine pour les niveaux les
plus élevés 20 heures par semaine c'est
très conséquent c'est un accompagnement
important qui fait que les personnes
sont vraiment vu de manière extrêmement
régulière quotidienne et ce sur
plusieurs mois voire parfois plus d'un
an et avec le recul quand le programme
sera plus anciens il y aura sans doute
des personnes qui auront suivi le
programme pendant deux ans peut-être
même trois ans
ça ça dépend évidemment des mesures
judiciaires qui sont qui sont prises
qu'est ce qui se passe dans le programme
ça c'est un point important en pratique
trois piliers il ya un pilier social
avec un accompagnement des individus
dans leur démarche de réinsertion
démarches pour retrouver un logement
pour retrouver un emploi pour
éventuellement se former et puis
démarches pour j'allais dire reprendre
pied dans la vie quotidienne puisque
vous avez un certain nombre d'individus
qui ont passé des années en prison et
qui ne savent plus vraiment se
débrouiller dans la société
pour vous donner juste un exemple moi
j'ai pu interviewer un individu qui
avait passé six ans en prison
une personne qui était à la fin de la
quarantaine et qu'ils recherchaient un
emploi mais qui a aussi eu besoin d'une
formation à internet aux sites notamment
pour retrouver des emplois et donc c'est
avec une association emmaüs connecte en
l'occurrence que l'individu a fait cette
formation pour essayer de se mettre à
niveau et et dans le fond de refaire des
choses que tout un chacun dans la
société moderne quand on n'est pas
passés par la prison et qu'on a un
minimum de connaissances des outils de
communication sait faire ensuite il ya
un deuxième pilier qui est un pilier
psychologique avec des psychologues qui
sont donc employés par le dispositif
pour essayer de stabiliser ou de prendre
en charge des individus qui pour
beaucoup souffrent de troubles
psychologiques et pour certains mais là
c'est vraiment une toute petite minorité
ont des vraies maladies psychiatriques
et donc le programme va aussi faire
appel
plus ponctuellement à des psychiatres
pour essayer la vraiment de stabiliser
des individus et il est arrivé
d'ailleurs que quelques personnes
quittent le programme pour être
hospitalisés en hôpital psychiatrique
et là encore pour vous donner un exemple
j'ai eu l'occasion d'interviewer une
personne qui venait de passer trois ans
en prison en partie dans des unités
psychiatriques et qui en fait est une
personne qui avait été diagnostiqué
schizophrène bipolaire dans son
adolescence et qui ensuite avait été
harponné par des recruteurs et qui avait
été radicalisé et donc cette personne-là
avait tout un enjeu de stabilisation
psychiatrique avant de pouvoir aussi
travailler plus les aspects idéologiques
et puis de réinsertion même si la
réinsertion été fait en réalité en
parallèle avec une formation en cours en
l'occurrence dans le domaine agricole
pour essayer de le réinsérer de le
stabiliser dans la société pied un
troisième pilier qui est un pilier
idéologique et ça c'est c'est pas une
nouveauté dans le sens où ça existait
déjà avec le programme rive mais c'est
quelque chose qui est beaucoup moins
dans la culture française que ce qu'on
peut avoir dans d'autres pays avec le
poids de la laïcité notamment dans la
société française et il se trouve que
aujourd'hui maintenance et c'est ancré
dans les pratiques de ses programmes
depuis river aujourd'hui avec paire avec
donc des islamologues voir des aumôniers
ou des imams qui ont été recrutés pour
faire un accompagnement idéologiques
religieux de ces individus pour essayer
de recontextualiser les textes sacrés
les textes religieux et de montrer que
les interprétations faites par des choux
al qaïda sont des dérives violentes
inacceptables et qu'il existe une autre
manière beaucoup plus pacifique de
pratiquer sa religion
donc voilà pour les trois pôles
essentiellement les échanges donc sont
des échanges de visu soit avec un
professionnel soit avec deux
professionnels parce qu'il travaille
beaucoup en binôme
l'idée c'est beaucoup de croiser les
regards entre ces pôles sociaux
psychologiques et idéologiques et en
plus de ces de ces entretiens qui
peuvent soit se faire dans des bureaux
classiques soit en extérieur dans des
lieux plus ouvert où la parole se délie
plus facilement
il peut y avoir des activités
ponctuelles qui sont mises en place
parfois des activités de groupe et donc
je décris notamment dans ce rapport
une visite que j'ai pu faire avec des
professionnels et des personnes sortant
de prison au louvre et en l'occurrence
au louvre il ya énormément de choses à
voir a expliqué ça permet à la fois de
détecter des comportements qui peuvent
être inquiétant par exemple face à de
l'art religieux ou ou face à des statuts
denis ou face à des tableaux qui
représentent la république et ça permet
aussi d'expliquer de travailler ces
questions et de montrer que là encore
une fois les les interprétations qui
sont faites par les groupes radicaux ne
sont pas les bonnes et qui via des
manière beaucoup plus pacifique et est
beaucoup plus apaisé de voir les choses
chose intéressante au louvre par exemple
vous avez un certain nombre d'oeuvres
dans la section arts islamiques qui
correspondent aux mêmes types d'oeuvres
qui ont été détruites par des ch en zone
syro irakienne
donc ça permet aussi d'expliquer ce
genre de chose de discuter d'échanger et
puis de voir les réactions des individus
donc quels sont les résultats de ces
programmes
moi j'ai regardé plus spécifiquement le
programme pair est bon il ya un point
objectif pour mesurer les résultats
c est ce qu'il ya eu de la récidive et
en matière de terrorisme là on a un
résultat intéressant avec le programme
pair qui est que sur les soixante quatre
individus en poste sentenciel donc après
leur procès souvent après
de prison plus ou moins longue pris en
charge par le programme est à aucun cas
de récidive terroriste ça veut dire
qu'il n'y a pas eu de donchery de
nouvelles infractions à caractère
terroriste provenant de ces individus là
il ya quand même une personne parmi les
64 qui est retourné en prison
mais ce n'était pas pour des faits de
terrorisme donc on ne va pas qualifier
ça de récidive en termes techniques mais
plutôt de réitération
voilà pour le résultat rassurant
maintenant ça ne répond évidemment pas à
toutes les interrogations qui peut y
avoir sur le programme le recul n'est
pas négligeable le programme a commencé
en 2018 mais évidemment il faudrait voir
si dans 10 ans ou dans quinze ans il n'y
a pas de cas de récidive ce qui serait
là pour le coup un résultat encore plus
intéressant mais c'est quand même un
premier résultat encourageant
il ya un autre aspect qui était quand
même plus inquiétant c'est pour le coup
le nombre de personnes de l'autre
catégorie les droits communs suspecté de
radicalisation qui sont retournés en
prison dans quasiment tous les cas ceux
qui sont retournés en prison ne sont pas
retournées pour des faits liés à la
radicalisation ou au terrorisme
donc ça c'est plutôt une bonne nouvelle
mais on voit quand même que il doit y
avoir à peu près entre un quart et un
tiers des droits communs suspecté de
radicalisation qui représentent une
minorité des personnes prises en charge
dans le programme qui sont retournés en
prison est souvent pour des faits liés à
la délinquance ça peut être des trafics
de l' usage de stupéfiants des vols ou
autre et donc là ce qu'on voit c'est que
ces personnes qui pour beaucoup étaient
déjà des multirécidivistes avant de
rentrer en prison et avant de rentrer
dans le programme ont beaucoup beaucoup
de difficultés à se stabiliser et à être
stabilisée par des professionnels
donc ça c'est un bémol important ceci
étant on voit que comme je le disais les
cas de passage à l'acte liée à la
radicalisation pour le coup sont très
minoritaires parmi cette population qui
elle-même est minoritaire
donc globalement à la manière dont je
qualifie ces résultats c'est que c'est
encourageant mais évidemment il faut pas
crier victoire trop tôt
parce que on voit vraiment que c'est un
travail de fourmi un travail compliqué
les professionnels eux mêmes sont assez
mal à l'aise quand on leur demande est
ce que ça marche ou pas en général ils
sont prudents c'est à dire
ils sont capables de mettre en avant un
certain nombre de success story de
personnes qui sont vraiment sortis de la
radicalisation mais il voit aussi qu'il
ya des individus qui reste extrêmement
tangent extrêmement fragile et
d'ailleurs moi cette ce facteur de
fragilité m'a frappé c'est à dire que
j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup
d'individus qui multipliait les facteurs
de risques sociaux psychologiques
idéologique et c est là qu on sentait
vraiment cette grande fragilité et du
coup cette capacité parfois faire des
progrès dans le sens d'une réinsertion
mais parfois aussi à revenir en arrière
de manière assez brutale et ça c'est un
autre point intéressant c'est que le
désengagement ou la déradicalisation
c'est pas nécessairement un processus
linéaire
parfois il ya des progrès mais parfois
aussi il ya déjà des reculs et les
professionnels essaye de mesurer en
permanence l'évolution des individus
mais il reste très modeste et prudent
dans leur évaluation
[Musique]