19 avr. 2024
Tout le monde a lu les pages de Rabelais sur le Frère Jean des Entommeures dans le fameux Gargantua. Dans cette oeuvre majeure de la littérature française, la critique des moines n'est pas feinte. Rabelais ne se contente pas de les critiquer, il les insulte, il les accuse même d'oisiveté, de sottise et d'impiété. Dans la longue histoire de la littérature et plus largement, Rabelais, disons-le, n'est pas isolé. La critique du monde monastique date même depuis plusieurs siècles. Mais qui critique les moines ? Pour quelles raisons ? « La critique est immédiate, dès les premiers temps du monachisme. De manière amusante on retrouve trois grandes critiques, toujours les mêmes, à travers les siècles : l'exigence de s'engager sur un temps trop long, le contre-modèle social d'une vie sans enfants et la trop grande liberté des moines vis-à-vis des cadres normaux de la société et du pouvoir », explique Philippe Martin, Professeur d'histoire moderne à l'Université Lumière Lyon 2. « La question de l'utilité sociale du moine est très importante tout au long de l'histoire du monachisme. Elle va irriguer toutes les problématiques religieuses des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle », ajoute Fabienne Henryot, Maître de Conférences à l'Ecole nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques.
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l'histoire chers téléspectateurs chers
auditeurs bonjour vous avez choisi cateo
et vous avez bien raison merci pour
votre fidélité à votre émission au
risque de l'histoire alors tout le monde
l'a lu du moins je l'espère les pages de
rabelé sur le frère Jean des antomeurs
dans le fameux Gargantua or dans cette
œuvre majeure de la littérature
française et bien la critique des moines
n'est pas feinte rablé ne se contente
pas de critiquer les moines il les
insulte il les accuse même joisiveté de
sottise et d'impiété aux règles
monastiques des Franciscains ou des
Dominicains et bien il substitu un autre
idéal une abaye d'un tout nouveau genre
l'abaye de Thelem avec un seul et unique
commandement une seule règle fais ce que
tu voudras dans la longue histoire de la
littérature et plus largement rabelé
disons le d'blé n'est pas isolé nous
pouvons même affirmer que la critique du
monde monastique date depuis plusieurs
siècles alors qui critique les moines
pour quelle raison quelles sont les
grandes périodes de lutte contre les
ordres monastiques comment cette lutte
s'est caractérisé quelles en ont été les
conséquences c'est ce que nous allons
voir aujourd'hui avec deux
historiens Philippe Martin bonjour
bonjour merci d'avoir répondu à notre
invitation vous êtes professeur
d'histoire moderne à l'Université
Lumière lon 2 et vous venez de publier
avec Fabienne en Rio ce livre contre les
moines l'antimonachisme des réformes à
la Révolution nous sommes donc sur la
période moderne un ouvrage publié aux
éditions du SER je ne peux m'empêcher de
présenter ce classique le théâtre divin
une histoire de la messe il s'agit de
l'édition de la première édition mais il
existe aussi une édition de poche
disponible chez CNRS édition Fabienne
enriot bonjour bonjour merci d'être venu
aussi sur ce plateau alors vous êtes de
maître de conférence en histoire à
l'École Nationale supérieur des sciences
de l'information et des
bibliothèques c'est un une école qui se
situe aussi à Lyon et donc vous avez
c-dirigé ce travail ce travail est avant
tout un recueil une antologie de text il
y a bien d'autres auteurs qui présentent
des textes contre les moines à l'époque
moderne alors étonnamment euh Philippe
Martin il existe très peu de livres sur
cette question comment expliquer
l'absence d'étude sur un phénomène qui
comme nous allons le voir est
pluriséculaire la surprise a été pour
nous quand on a décidé de faire quelque
chose sur le contre les moines on a été
surpris justement de voir qu'il y avait
aussi peu de choses en tout cas aussi
peu de choses qui essayent de prendre le
sujet de manière totale on a bien des
choses sur la Révolution française sur
ce qui se passe dans l'empire sur
rabelet et cetera mais une vision
générale il n'y en avait pas une vision
générale qui prend aussi en compte les
différents aspects de la critique il y a
une critique interne he il y a à
l'intérieur de l'église il y a des gens
qui disent ben les Mo devent pas se
comporter comme ça il y a des critiques
politiques il y a des critiques
économiques il y a des critiques
philosophiques et c'est devant cette
pluralité qu'on a donc décidé de
réaliser ça en croisant les approches et
en croisant les collègues de manière à
couvrir un sujet qui ben jusque-là
n'était pas fait HM alors on va
provoquer des réactions de la part de
nos auditeurs et deres téléspectateurs
parce que ça va être une émission contre
les moines mais il y a aussi bien
évidemment l'institution monastique qui
se défend à travers les siècles alors
effectivement euh en même temps que le
discours antimonastique il a aussi un
discours très militant et qui qui défend
le le le simple fait de prononcer des
vœux l'institution monastique la
diversité des des des ordres religieux
aussi hein qui est tout à fait
impressionnante à l'époque moderne
puisqu'on a une florison monastique qui
qu'on avait jamais vu jusque-l quelque
part d'ailleurs ça montre bien la
vitalité du monachisme et c'est la
raison pour laquelle il faut vraiment
pas prendre ces critiques pour argent
comptent elles veulent dire quelque
chose c'estes critiques mais elles sont
aussi le produit de tout un un
environnement littéraire un
environnement politique mais euh il
semble quand même qu'à l'époque moderne
le monachisme se porte quand même plutôt
bien y compris à la fin c'estàdire qu'on
a tendance à considérer que le 18e
siècle est une période de crise du
monachchisme la Révolution française tue
quelqu'un qui étaitj enfin une
institution qui était déjà moribonde
absolument pas le monachisme s'est
imposé dans l'espace culturel social
philosophique universitaire du monde
entre le Moyen-âge et l'époque moderne
donc la critique dit justement cette
puissance et la critique est plus
représentative de ce qu'est la société
que de ce que sont les moines alors ce
qu'il y a d'intéressant à voir dans
votre ouvrage même si vous vous
intéressez à la période moderne c'est je
souhaiterais un peu remonter dans le
temps mais dès les origine du monachisme
il existe une critique de ce nouveau euh
cette nouvelle façon de vivre sa foi oui
la critique elle est immédiate et la
critique elle va se concentrer sur un
certain nombre de choses première est-ce
que finalement on peut demander à un
individu de s'engager sur le temps très
long et c'est la question de
l'engagement et qui est une des
critiques qu'on va faire qu'on va
retrouver à la Révolution est-ce qu'on
peut demander à quelqu'un de s'engager à
20 ans alors qu'il aura 70 ans est-ce
que c'est la même personne la deuxième
critique c'est finalement si tout le
monde devient moind comment le monde va
vivre si les femmes deviennent moniales
il y aura plus d'enfants ce que
reprochera d'ailleurs plus tard mIRABO
mais
que dès le 3e 4e siècle on retrouve les
critiques qui 14 siècles plus tard
seront les mêmes h est-ce que le
monachchist c'est pas une menace pour la
société et puis la la troisième critique
c'est mais ils sont trop libres ces gens
ça ils se mettent en marge de ce que
sont les cadres normaux de la société
ils vont ne pas manger comme les autres
ne pas obéir au pouvoir comme les autres
et cetera et ça c'est les trois
critiques qui dès le 3e 4e siècle
apparaissent avec la naissance du
monachchisme et qu'on retrouvera sans
arrêt il y a quand même une étrangeté
fondamentale dans la vie dans la
réclusion monastique c'est presque
contre nature finalement l'idée du
silence l'idée de se mettre en retrait
du monde effectivement de ne pas
enfanter de toutes les formes
d'abstinence qui sont exigés des moines
c'est quelque chose qui qui est quand
même perçu comme contre nature
littéralement et du même coup ça peut
vraiment heurter la sensibilité dès le
dès l'Antiquité des observateurs qui
pensent que il y a quelque chose de très
malsin finalement dans dans cette façon
de vivre h est-ce peut-on prétendre
dépasser les limites de la nature
humaine sans défier le créateur c'est ce
que vous dites dans votre ouvrage
exactement est-ce que le modèle du
monachisme est-ce que c'est le modèle de
héros extraordinaire et dans ce cas-là
tout le reste de la communauté se
retrouve un petit peu en porte à fou ou
est-ce que et certains le pensent ce
sont pas des
déséquilibrés est-ce que refuser de
dormir refuser de manger normalement et
cetera est-ce que c'est pas allé au-delà
h et ça vous allez alors si on saute si
on arrive par exemple avec François de
salle et François de salle ben il va le
dire il va dire très clairement aux
femmes à quiil écrit tout le monde n'est
pas destiné à rentrer dans les ordres
c'est la question des devoirs d'état
est-ce que le chrétien est dans un état
particulier qui est voulu par le ciel et
donc du coup accomplir son destin et se
sanctifier dans le siècle ou au
contraire est-ce qu'il doit pour se
sanctifier se retirer du siècle mais si
toute la population se retire du
siècle bah il y a plus d'histoire il y a
plus j'étais étonné de voir qu'on on
leur reprochait même une forme
d'orgueil dans dans ce retrait du monde
d'une contrehumanité en quelque sorte
mais ça c'est espèce de d'héroïsme
héroïsme qui ne peut soit qu'être
incompris par le reste de la population
soit R le reste de la population
extrêmement jaloux mais je n'arriverai
pas à faire ça je n'arriverai pas à
vivre de telle manière on est presque
contre nature justement mais il faut
aussi avoir à l'esprit que c'est ce
qu'on sait de ces moines de l'antiquité
ou même au Moyen-Âge ou à l'époque
moderne on le sait par des textes ce
sont des textes qui sont littéraires il
a une forme de littérarisation de du
monachisme on on est prisonnier de ça en
tant qu'historien c'est ce sont nos
sources et que ce soit les vies des
saints antiques veau moderne où les
textes antimonastiques dans les deux cas
c'est de la littérature et l'héroïsation
qu'on a dans les vid des perdus désert
les ermites les premiers ermites les
premiers moines et cetera ou les textes
qui les qui les critiquent dans tous les
cas construisent une espèce d'archétype
positif ou négatif et la difficulté
justement c'est aussi de finalement de
sortir de de ces caricatures et te dire
que finalement quand un moine est décrit
au 5e siècle ou au 13e siècle avec
toutes sortes d'excès qu'est-ce qui est
réel et qu'est-ce qui est peut-être
justement une forme de de rhthorique qui
vient alimenter une sorte d'idéal et du
coup il y a quand même l'idée aussi que
tous ces gens-là sont des gens qui
peuvent s'entraîner on peut s'entraîner
pour arriver ça et le surnom qui va être
donné à certains de ces moines c'est
sont les athlètes de Dieu autrement dit
il y a un discours qui va essayer
d'expliquer que tout le monde pourrait y
arriver à condition de suivre des règles
h et du coup les règles vont s'imposer
très vite pour et là on est plus dans le
discours littéraire les règles vont
s'imposer très vite comme l'idée que on
ne peut pas faire n'importe quoi h il
faut rester dans un cadre qui est un
cadre à la fois pour les gens qui
rentrent dans les ordres qui est un
cadre de vie correcte mais aussi pour
l'extérieur il faut appliquer un ordre
d'où il faut un ordre oui mais les
premiers les premiers c'était comme
disait Fabien se retirer au désert
vivent tout seul des gens qui viennent
auprès de vous hommees femm et cetera
sans contrôle et cetera ex et ça c'est
pas très bon pour les gens qui vivent ça
et c'est pas très bon non plus pour la
société donc il y a la critique et a
immédiatement la règle alors on on va
sauter quelques siècles et on va passer
à à l'époque du du du bas Moyen-âge les
dernières années du du Moyen-Âge qui
critique les moines ce sont
principalement des des des des gens de
lettre est-ce qu'il existe une critique
populaire du monde monastique alors très
certainement oui même si les portes
parole de cette critique comme vous
l'avez dit sont des alors genens de
lettrre pour le Moyen Âge l'expression
est peut-être pas heureuse mais ce sont
des les trous badours bon c'est la fin
du Moyen-Âge c'est plus tout à fait la
même chose mais des poètes des
romanciers c'est vraiment un motif qui
est un motif attendu c'est un stéréotype
en fait dans les fablesot dans dans les
romans de chevalerie qui se renouvellent
justement à la fin du Moyen-Âge on a
toujours le le le motif du moine euh
débraillés du moine alors c'est surtout
la la fausseté le moyenage est très
sensible à cette idée du faux semblant
d'ailleurs ilécrit avec majuscule hein
faux semblant est un personnage et
généralement ce personnage est identifié
à un moine parce que il a tout
l'extérieur du moine mais si on y
regarde de près il ne mange pas comme
devrait manger un moine il ne vit pas
comme devrait vivre un moine il ne prie
pas ou pas de manière sincère euh donc
il joue finalement sur une forme de
duplicité et dans l'éthique médiévale
c'est quelque chose qui n'est pas
acceptable la bine fait pas le moine
c'est une expression qui apparaît à
l'époque alors je sais pas si elle
apparaît euh à la fin du Moyen-Âge mais
en tout cas au 16e siècle elle est bien
établi donc très probablement elle est
antérieure oui oui et vous allez
retrouver des personnages qui se fixent
à cette fin du Moyen-Âge et qui reste
toujours aujourd'hui he qui n'a pas
connu les histoires de Robin des bois
avec frère teck et frère teck qui est
justement cet archétype qui nî au cours
au cours du moyen-âge et qu'on va
retrouver dans la littérature et tout ça
devient des ponsif h mais à la fois il y
a une critique mais une critique avec un
grand sourire c'est pas toujours une
critique méchante c'est comme le dit
Fabien des faux semblants et des faux
semblants qui amènent finalement le
public à faire une foule de choses
présenter un moine qui goinfle présenter
un moine qui rencontre des dames et
cetera c'est autant aller vers la
transgression autant essayer de
découvrir des choses que la société ne
dirait pas autrement que finalement
critiquer fondamentalement le moine h
vous évoquiez les trou badours ce sont
les jongleurs sont des moralistes qui au
fond pose ce personnage en riant le rire
a toujours un petit fond de vérité mais
il
est enfin cette vérité est est démesurée
pour faire rire en effet je crois que il
y a un bon qui a des fautes humaines bah
ça elles sont elles sont évidentes he
mais le moyen-âge il va hésiter entre se
dire mais finalement si ce modèle de vie
s'impose est-ce qu'on va pas faire le
parallèle avec des hérésies possible
est-ce que ces gens qui refusent la
procréation et tout est-ce que ça
rappelle pas non plus les catars et
cetera est-ce que ces gens ne vont pas
pousser en quelque sorte à la fin du
monde h et donc du coup il y a une autre
critique qui est la critique justement
de trouver quelques cas individuel et on
en trouvera toujours dans la réalité qui
ne respecte pas la règle et bien
évidemment pour faire rire et ben ça
devient des choses tout à fait
hurissantes vous citiez rabela tout à
l'heure les moines de Raba sont des
critiques des moines mais ils sont
tellement ils sont tellement tout
tellement gros ils parlent tellement ils
sont tellement bavards et cetera qu'ils
n'en sont plus vraiment réalistes on
peut dire je pense que la littérature au
Moyen-âge et encore ensuite a vraiment
une mission de vigilance finalement
c'est pas une critique qui est
anticléricale au sens strict elle le
deviendra ensuite mais à ce moment-là
clairement elle ne l'est pas par contre
elle est très attentive justement à à à
classer finalement à catégoriser ce qui
est bien ce qui est mal et et le moine
appartient au aux deux finalement selon
qu'il est dans le fauxemblant là c'est
mal ou alors qu'il est sincère qu'il est
euh qu'il est euh qui qu'il est généreux
et dans ce cas-là il appartient au bien
HM alors oui vous voulez ajouter puis y
a un un glissement qui se fait
insensiblement ce glissement il va se
faire vers le 15e siècle il se fait pour
deux choses il se fait d'abord parce que
il y a ce qu'on va appeler la dévotion
moderna c'està-d que alors je vais vous
arrêter parce que avant de d'arriver à
la dévotion moderna je voudrais quand
même qu'on s'arrête sur les ordres
mendiants qui précèdent et et vous dites
bien que la naissance des ordres
mendiants a créé une crise canonique
mais aussi une mutation sociale sans
précédent est-ce que le les ordres
mendiants changent la vision que l'on
peut avoir du monde monastique parce que
on sait tous il y a eu énormément
d'émissions
comment sur cateo sur sur ces sujets
c'est Saint-François c'est c'est voilà
qui qui est saintteclair qui attire et
évidemment énormément de monde et donc
s'ils attirent du monde c'est parce
qu'ils sont considérés comme des seints
et qu'ils sont considérés comme
exemplaires et oui et du coup ils vont
avoir un double effet sur le monde
monastique d'abord c'est qui sortent ils
ne sont plus dans leur désert sont plus
dans leur Chartreux sont plus perdus ils
sont au cœur du monde ils sont en V ils
sont en ville voilà donc du coup ça ça
donne un autre regard quand même que
l'abé qui est au loin et cetera et puis
deuxièmement et ben ils vont eux-mêmes
avoir un règle de vie qui met en
évidence quelque chose qui avait un
petit peu échappé c'est si les moines
sont individuellement pauvres les ordres
sont riches et tous ces mendiants vont
poser la question de l'utilité sociale
des autres ordres il la posent pas en
tant que tel Saint-François ne leur pose
pas mais voyez leur style de vie va
amener à se demander si avoir des tas de
gens qui vivent uniquement en priant
est-ce que c'est vraiment utile à la
société et ça on va le retrouver non pas
obligatoirement dans les Ordres
Mendiants mais dans toutes les hérésies
qui vont tourner autour de ça des gens
comme savonarol et cetera vous reprochez
au moin en disant mais vous avez des
richesses ces richesses ce sont
elles-même une trahison de votre idéal h
venons-en à la dévotion moderna elle est
très importante parce que alors d'abord
si vous pouviez la définir pour nos
téléspectateurs cette dévotion moderna
elle bouleverse la pratique et la façon
dont on peut concevoir son salut vous me
proposez un beau challenge alors en
essayant de faire très très court et
donc de manière un peu carurale je pense
qu'on peut résumer la dévotion moderna
de deux manières la première chose c'est
qu'il ne suffit pas de pratiquer
maintenant il faut savoir il faut
intégrer des choses en soi la deuxième
chose c'est que l'individu va devenir
responsable de son salut et que cette
responsabilité il s'agit de la vivre au
quotidien il s'agit pas si je caricature
le dimanche d'aller à la messe d'être P
à la messe et de faire n'importe quoi et
il y a un ouvrage fondamental de la
dévotion moderna qui dit tout
l'Imitation de Jésus-Christ on peut
aller voilà on peut aller sur ce chemin
et du coup à nouveau là on va rencontrer
les moines est-ce que les moines sont
les avant-coureurs de ça est-ce qu'ils
ne mènent pas cette vie jusque là mais
on peut aussi utiliser la dévotion
moderna pour critiquer les moines
puisque finalement la dévotion moderna
elle explique et elle développe les
devoirs d'état donc là où je suis dans
le monde je peux faire ma sainteté et
est-ce que les moines en se retirant du
monde ne trahissent pas et la dévotion
moderna qui bon on va simplifier qui va
s'épanouir à partir du 15e siècle ça va
être un tournant fondamental pour la
société mais aussi pour ses moin h la
dévotion moderna vient des Pays Bas de
Groot et ignas de Loyola est un des
représentants de cette dévotion
moderna alors je pense pas que au cours
de l'époque moderne les gens ont
tellement utilisé l'expression de
dévotion moderna c'est vraiment quelque
chose que nous on utilise et cetera mais
l'Imitation de Jésus-Christ qui est le
livrage fondamental on est incapable de
vous donner le le nombre d'éditions même
d'éditions du livre c'est le
bestsellerire c'est des des il faut oser
le mot des millions d'exemplaires qui
vont se diffuser entre le 15e siècle et
jusqu'à nos jour ça façonne
fondamentalement l'Occident et donc à
partir de ce moment-là il y a un certain
nombre de religieux qui vont s'emparer
de ces idées et les développer mais les
tourner vers ce qu'on appelle les
devoirs d'état vous allez avoir toute
l'école qui est liée à François de et
puis vous avez un certain nombre
d'autres personnes mais on ne les prend
pas dans les moines parce que ce ne sont
pas des moines qui estiment que
l'engagement religieux doit se faire en
dehors du cadre monastique c'est les
Jésuites par exemple c'est les Ursulines
pour aller au-dant de la société pour
bah faire de l'enseignement faire de
l'évangélisation s'occuper de pito et
cetera et cetera h il y a donc une
notion d'utilité qui rentre en
jeu effectivement alors la question de
l'utilité euh elle va irriguer toutes
les problématiques religieuses du
16e 17e 18e siècle et sans doute encore
bien au-delà euh c'est une question qui
qui né enfin il y a toute une pensée
réformatrice au 14e 15e siècle à la fois
dans l'église et aussi en dehors d'elle
au départ Luther il est dans l'église
euh il est pas du tout euh il se voit
pas comme schismatique il vient juste
alimenter euh un un débat qui qui
existait avant lui et qui continue après
lui
la force de frappe de Luther elle tient
à son utilisation de l'imprimer ça c'est
très clair ça n'aurait pas marché comme
ça a marché s'il avait pas pu justement
utiliser le livre donc l'action de
l'utilité elle se pose à voilà 15e début
du 16e siècle de manière très importante
et puis ensuite elle va elle va
ressurgir en permanence effectivement
c'est ce que c'est ce que disait
Philippe il y a une forme de piété
domestique où on peut être on peut vivre
saintement chez soi en couple dans sa
vie conjugale avec ses enfants sa
domesticité où qu'on soit on peut être
boutiquier on peut être artisan on peut
être négociant il vivent tout à fait
saintement et ça l'église l'admet
d'ailleurs très bien notamment à partir
du 17e siècle et puis oui ouais et et et
du coup mais là c'est juste pour se
renvoyer la balle et du coup la dévotion
moderna va faire que beaucoup de fidèles
veulent imiter les religieux les
religieux organisent leur temps sous
forme d'heur et ben les fidèles et
Fabien est une spécialiste des livre
d'heur justement effectivement la la
idée de de scander sa journée avec des
offices est récupéré par les laïques on
est au 14e siècle et on va prier chez
soi dans son petit oratoire domestique
seul ou en famille en copiant l'office
canonial le grand office simplement il
très simplifié il est surtout orienté
vers la défotion mariale mais ceci dit
c'est clairement une imitation à une
décantation de la vie monastique
pratiquée chez soi en couple ou ou
individuellement donc pour en revenir à
la question de l'utilité
euh c'est un des nœuds c'est pas le seul
mais c'est un des nœuds de
l'antimonachisme c'estàd finalement un
moine ça sert à quoi alors est-ce que sa
prière comme on l'a souvent dit hein il
y a ceux qui prient ceux qui travaillent
ceux qui se battent est-ce que la prière
va vraiment apporter quelque chose à la
société est-ce que ça va vraiment faire
le un salut collectif que de s'isoler
pour
prier ça n'est plus tout à fait tout à
fait acquis à l'époque moderne donc il
faut imaginer une autre utilité alors il
y a il y a une dimension charitable ils
peuvent donc argumenter avec cette cette
leur action charitable éventuellement
éducative pour certains d'entre eux mais
ça ça va arriver tardivement finalement
dans le 17e siècle donc la question de
l'utilité va vraiment obliger les moines
à à à repenser finalement ce qu'ils
sont à partir du 17e siècle on est
plutôt dans la Réforme catholique mais
il y a vraiment tout ce 16e siècle où le
le le le les critiques sont là et puis
il faut trouver des réponse et elle ne
s'impose pas forcément h alors dans dans
ce 16e siècle parce que vous évoqueiez
Luther Luther c'est un moine AUG les
premers réf les premiers réformateurs
sont des moines Luther est un moine et
son épouse vient aussi du monde
monastique et donc la critique elle ne
venait pas simplement de l'extérieur ce
que vous évoquez tout à l'heure du fait
qu'il y ait un faux semblant laabine
fait palmoine elle vient aussi du fait
elle vient de l'intérieur de l'intérieur
même de l'institution ce qui fait que
tout au long de l'époque moderne vous
allez avoir dans très trs nombreuses
mais familles religieuses des réformés
et des déformés c'est-à-dire que
certains vont dire il faut qu'on évolue
et d'autres non il faut pas qu'on évolue
et tout au long de l'époque vous allez
avoir à l'intérieur même
des de toutes les maisons et cetera vous
allez avoir des tensions pour savoir si
on doit évoluer ou si on doit pas
évoluer on a une bibliothèque très bien
cette bibliothèque qu'est-ce qu'on doit
en faire elle est pour nous ou est-ce
qu'on doit l'ouvrir au public on fait de
la charité c'est bien mais est-ce que
cette charité implique qu'on aille au-
devant des gens ou on attend qu'ils
viennent HM et donc là on a des
questions fondamentales qui fait que le
contre les moines qu'on a fait une
partie peut-être le tiers des textes
bien ou quelque chose comme ça ce sont
des gens qui se critiquent eux-même h
l'antimonarchisme est né dans le
monachisme euh on on disait tout à
l'heure donc que la société pouvait être
parfois un peu révulsée par certaines
pratiques ça c'est tout à fait vrai dès
l'Antiquité mais il y a vraiment un
antimonachisme qui existe à l'intérieur
du monachisme
à l'égard voilà d'une de lecture
finalement de la règle on n pas encore
beaucoup parlé de la règle mais c'est
vraiment elle se prête à tellement
d'interprétation il y a des radicalisés
si j'ose employer le mot qui vont vous
faire une lecture très littérale très
exigeante de la règle d'autres qui vont
être plus dans le compromis dans la
concession dans dans dans l'arrangement
et euh il y a un antimonachisme qui se
joue dans cette tension là dans ces
lectures de la règle ça c'est très net
alors ça se voit à Cluni ça se voit dans
toute la galaxie bénédictine qui suit la
règle de Saint-Benoît chez les
francisquains n'en parlons pas et toutes
ces ramifications sont innombrables dès
le 13e siècle he 20 ans après la mort de
Saint-François plus personne n'est
d'accord sur la manière dont il faut
lire la règle et à partir de là on va
avoir des francisquains qui vont se
critiquer entre eux avec oui des
arguments qui sont ceux qu'on va
retrouver dans l'antimonachisme en
général h on a fait une émission je me
je me souviens plus je je vous prie de
m'en excuser des des deux avec deux
invités sur euh l'idée suivante est-ce
que les réformes de l'église commencent
dans les
monastères on j'allais dire on y est
c'estàdire que un un voilà le monde
monastique se réforme parce qu'il se
remet en cause face à la fois aux
critiques qu'il peut y avoir en interne
mais face aux critiques qu'il peut y
avoir en externe oui et du coup les
moines vont favoriser ce mouvement
pourquoi parce que ils sont dans un
milieu dans lequel ils ont le temps de
réfléchir et je pense que la manière de
vivre des moines va favoriser justement
alors au mieux ben l'étude on va avoir
des écrivains on va avoir des historiens
on va avir des géographes des
scientifiques et cetera et cetera mais
ça implique une réflexion et alors je
veux pas faire de la psychanalyse de
bazar mais cette réflexion dans des
groupes d'hommes ou de femmes qui sont
relativement fermés ne peut favoriser
alors soit que l'éclatement soit au
contraire l'émulation h mais on parlait
il y a un instant de l'épouse de Luther
quand l'épouse de Luther quitte sa sa
maison elles sont de très nombreuses
religieuses à quitter leur maison dans
dans dans ce qui est aujourd'hui
l'Allemagne on a des couvents entiers
qui passe à la réformme qui ferme et du
coup quand il ferme et ben la question
c'est qu'est-ce qu'on va faire des biens
et les biens ben on va les attribuer aux
pauvres et cetera et cetera et du coup
en ce 16e siècle on va trouver des
courants Fabien parler de de radicaliser
des gens qui vont être oui radicalisés
en dehors du monachisme et qui disent
déjà supprimons tous les couvents et
donnons leur argent à pour aider pour
aider les pauvres et c'est une critique
qu'on va retrouver au 18e siècle
finalement vous voyez tout au long de
cette histoire on va retrouver des
critiques internes des critiques
externes c'est toujours les mêmes
arguments qui tournent toujours mais
quand même bah ça fait presque 20
siècles enfin ça fait 17 siècles que
l'institution elle fonctionne tout en
continu à évoluer h h les la règle vous
évoquiez la règle tout à l'heure parce
que au fond il y a deux il y a deux
vision il y a la vision stéréotypée du
chom moine voilà gourmand lubrique et
cetera
euh beauparleur bref qui est un
stéréotype qui est une vision populaire
mais on sent à vous écouter qu'il y a
aussi comme une critique justifié cette
nécessité de réforme et cette nécessité
de réforme est liée profond ment
intrinsèquement à à la règ et à la façon
de vivre le sa foi au sein du du du
monastère alors
l'ordeau
l'ordre fait référence à une
constitution c'est-à-dire à une une
forme de comment dirais-je c'est pas un
état dans l'état mais c'est c'est
vraiment une sorte de de de d'entité qui
existe avec son économie avec ses ses
son gouvernement
avec ces instances de
décision le chapitre le descritoire par
exemple c'est vraiment une entité qui
qui fonctionne toute seule voilà qui
pourrait très bien se passer de l'état
de du reste donc ça c'est déjà si vous
voulez un un point important parce que
toutes les critiques on vient de le dire
elles un peu tout le temps les mêmes au
fil des siècles mais elles peuvent
prendre un sens différent quand on quand
on les pose dans ce dans ce contexte là
par est que du coup si on est si on suit
son abbé par exemple les décisions de
son abbé est-ce que on peut aussi suivre
les décisions de son roi est-ce qu'il y
a pas un conflit finalement de de de de
de pouvoir d'autorité qui s'il y a une
contradiction entre le roi et l'abbé ben
finalement on doit suivre qui en général
ce sera laab BA et du coup est-ce que
ces gens-là sont des bons citoyens
citoyens peut-être pas le bon mot pour
la période c'est pareil pour l'économie
est-ce qu'on peut voilà capter des
domaines fonciers gigantesques alors on
sait qu'il y a eu plein de réformes
agronomique qui ont été expérimenté
d'abord dans l'ORD de si tô par exemple
ils ont fait énormément au 18e siècle
pour renouveler la l'agriculture mais
est-ce que c'est conforme à la vision
qui est celle des des économistes des
physiocrates par exemple et si elle est
pas conforme qui a raison et finalement
est-ce que les moines se mettent pas un
peu en marge mais d'une manière
dangereuse finalement puisqu'ils
échappent au pouvoir au pouvoir séculier
au pouvoir central au pouvoir royal et
c'est ça c'est vraiment un point de
critique qui émerge au 17e siècle qu'on
va retrouver alors à Liège qu'on va
retrouver dans l'empire qu'on va
retrouver en France qu'on va retrouver
aussi en Italie dans les différents
états principautés italiennes euh cette
cette critique là c'est même pas qu'on
soit bon que soit un mauvais moine si
vous voulez c'est c'est même plus la
question de savoir ce qu'ils mangent ou
ce qu'ils font de leur journée c'est
juste que la notion d'ordo est contraire
aux logique de sécularisation qui pousse
qui pousse au long de de l'époque
moderne et du coup bah les les maisons
religieuses vont devenir des enjeux
politiques par exemple l'Alsace au 17e
siècle passe à la France grande parti
passe à la France qu'est-ce qu'on fait
des moines est-ce que les moines doivent
être des Français ou des Allemands en
simplifiant pour prendre les noms des
pays actuels et ben il va y avoir une
toute une légicilation Française en
disant on doit privilégier les postes de
moine en Alsace à des gens qui viennent
de France vous voyez comment on a cet
investissement et du coup autour de ce
que dit Fabien qui doit réformer les
moines s'il doit y avoir une réforme qui
doit décider est-ce que c'est les
maisons chacune alors là on serait dans
une espèce de décentralisation est-ce
que c'est la tête de l'ordre mais alors
où est la tête de l'ordre où est la tête
de l'ordre àitôt et on voit des des
maisons religieuses qui se battent entre
elles où est-ce que c'est les États qui
doivent réformer et là on va avoir
surtout au 18e siècle des T des tas de
tentatives des états de dire c'est un à
nous de reprendre le contrôle c'est à
nous de reprendre le contrôle sur votre
recrutement sur ce que devienent vos
biens sur la manière de faire les choses
et cetera et cetera et on a de manière
épique des procès de gens qui sont
bisebille avec leur leur abbé et qui
finalement portte plainte devant le roi
et les tribunaux royaux sont ravis parce
que enfin ils vont pouvoir rentrer dans
les maisons
religieuses alors Fabien hreo vous
disiez que euh effectivement les moines
échappent au pouvoir euh et il y a un
pouvoir que nous n'avons pas évoqué
c'est le pouvoir des évêques les moines
défendent dépendent directement de de de
la papoté est-ce que la papoté est-ce
que les papes ne sont pas les les les
meilleurs défenseurs des des moine alors
les papes vont effectivement interférer
dans dans dans ces questions de réforme
ou de d'approbation nouveaux ordres
d'expansion monastique
euh au Moyen-Âge à l'époque moderne ça
c'est c'est très net euh et
effectivement en passant par-dessus le
pouvoir séculier ce qui va provoquer une
foule de malentendu de difficultés de
discussion
euh on le voit par exemple alors c'est
une querelle qui n'est au Moyen-Âge mais
qui qui va ensuite infuser à nouveau euh
tout au long notamment au 17e siècle
c'est la la la question de savoir si les
ordres mendiants peuvent occuper des
charges euh qui euh ne sont pas celles
de la prédication et de la de
l'administration des sacrements à
laquelle ils sont un principe un
principe dévoué dès le 13e siècle on
voit des francisquains des Dominicains
des Carmes qui euh prennent des grades
universitaires qui deviennent évêques
qui et voire pape d'ailleurs on en a on
en a plusieurs dès le Moyen-âge et euh
les séculiers vont dire mais attendez
euh ils doivent être dans leur couvent
ils doivent juste prêcher faire la quête
l'omone et cetera et ils sont pas sensé
au nom de leur pauvreté ils n'ont rien à
faire dans dans l'appareil
ecclésiastique
les Franciscains évidemment se se se
défendent leur leur position et
on les papes vont prendre partie pour
pour les ordres pour les ordres
mendiants pour les religieux mendiant
contre les séculiers quelque chose qui
est très très mal vécu par les par les
séculiers du coup euh et qu'on va
retrouver au 17e siècle qui est une
querelle qui est réactivée parce que à
nouveau on a une poussée des des des
mendiants qui sont très nombreux et puis
plein de nouveaux nveau nouvelles
ramifications qui sont apparu donc il
sont vraiment très nombreux et qui
euh qui deviennent évêque qui
éventuellement voilà occupent des des
des places importantes dans l'église et
donc cette cette cur est réactivé et
puis aussi ben pendant qu'il quèent
pendant qu'il prêchent ben ils
obtiennent des revenus qui ne sont plus
destinés au curé donc il y a aussi un
aspect financier qui est très important
donc on on a cette cette querelle qui va
opposer l'écuré d'un un côté les curé de
paroisse et et les ordres religieux
c'est aussi un moteur d'antimonachisme
qui est qui est très virulent et qui
reste vraiment au sein de l'Église he
évidemment un curé n'est pas
anticlérical par définition mais vont
s'en prendre au religieux qui quelque
part marchent sur leur plat de bande en
en s'installant dans les chairres en
prenant le pouvoir aussi par dans les
bureaux épiscopaux par exemple h et donc
on se retrouve dans ce conflit qui est
aussi un conflit politique d'une part le
galicanisme ou l'anglicanisme on viendra
après sur l'anglicanisme mais le
galicanisme d'un côté les évêc et de
l'autre côté les moines ultraamontains
tourné vers la papotée voilà alors bon à
l'intérieur des ordres religieux vous
pouvez avoir des des galicans c'estàdire
que non seulement vous pouvez avoir une
opposition comme vous le décrivez entre
des évêques et les moines mais à
l'intérieur même des familles
religieuses des gens qui vont être
galicans et la querelle va faire éclater
un certain nombre de maisons religieuses
et cetera puis vous avez alors c'est
guegger puis vous avez aussi les fidèles
la société et à un moment en particulier
dans les villes la société dit stop faut
arrêter parce que il y a trop d'emprises
monastiqu h parce que Fabien décrit bien
justement les mendiant s'installant et
tout partout bah ça veut dire des
bâtiments ça veut dire donc du coup dans
la ville les loyers qui augmentent et
cetera et on voit non pas une opposition
à la vie monastique mais un frein à la
vie monastique dans un certain nombre
d'endroit pour pas que ça perturbe trop
la société fait que c'est une histoire
mouvementée en permanence h
effectivement
on on parle beaucoup de l'invasion
conventuelle du 17e siècle où des
clochers poussent dans les villes avec
plein plein de couvents chaque ordre
essayant de poser un peu ses pions sur
toute la carte du du royaume de France
mais c'est pareil ailleurs mais on a
moins la perception d'un d'un phénomène
qui par définition n'est pas très
visible c'est les refus d'implantation
ils sont très nombreux ce sont les
administrations municipales sont les
édyes qui refusent de donner les
autorisations pour l'installation de
communautés religieus évidemment c'est
pas du tout ni de l'antimonachisme ni de
l'anticléricalisme c'est tout simplement
que il y a une pression foncière puis y
a une pression économique les mendiants
vivent de l'homone donc ils vont sonner
chez les gens avec leur besace et ils
demandent des ressources
alimentaires et alors la quête va donner
lieu à un nombre ahurissant de
caricatures mais le premier problème
c'est tout simplement qu'à un moment
donné les gens ne peuvent plus donner ce
qu'ils n'ont plus quoi mais mais d'un
autre côté toutes ces critiques disent
une autre chose c'est la force de cet
idéal parce que si les moines veulent
s'installer dans plein d'endroit c'est
qu'il y a des gens qui sont prêts à
financer des bâtiments et cetera et
cetera donc à la fois vous avez une
critique interne une critique externe et
puis vous avez une vitalité de la foi
vis-à-vis de ces maisons religieuses
bien s il faut se rendre compte que dans
les villes re 15 et 20 % des gens ne se
font pas enterrer dans les cimetières ne
se font pas enterrer dans leur paroisse
mais chez des
religieuxuel et faut voir aussi je
pensais aux fondations de MESS jusqu'au
milieu du 18e siècle elle diminue
ensuite mais les gens donnent de
l'argent pour compris pour leur famille
pour et cetera et ça c'est vraiment un
symptôme très net de l'attachement de la
population au au couvent et aux
abés l'idée que les gens vont à la messe
dans leur paroisse dimanche c'est
quelque chose assez récent et tout au
long de l'époque moderne il a fallu que
le clerger séculier lutte en disant aux
gens non n'allez pas à la mess chez les
moines n'allez pas vous faire attirer
chez les moines est-ce que le moment
Henri I est un moment d'exception on
comprend bien que depuis les origines il
y a une critique du monde monastique
soit interne externe voilà il y a ces
stéréotype que nous évoquions tout à
l'heure mais on a l'impression que les
temps modernes ont un inventé et les
temps contemporains ont inventé la
programmation de la fin des moines Henry
8 est une exception ou pas je sais pas
si on peut parler d'une programmation je
crois que il y a là il faut peut-être
violent en Angleterre enfin c'est très
très violent oui oui c'est très très
violent c'est très violent mais je sais
pas s'il y a une enfin je pense qu'il y
a plus un discours qui est un discours
économique et politique plus qu'une
critique fondamentale du mode de vie
monastique parce que fermer alors
d'abord on commence par fermer les je
cite petit couvant ce qui veut pas dire
grand-chose et de saisir leurs bien et
ça c'est quand même l'élément qui
élément fondamental puis après il va y
avoir un élément politique c'est que
plus l'Angleterre va se séparer du
catholicisme plus à ce moment-là les
moines pourraient apparaître comme des
sbirs secrets voilà des des agents et
tout donc du coup bah il va y avoir
disparition quasiment des éléments
monastiques tel qu'on les connaît en
Angleterre mais c'est valable en
Angleterre c'est valable en Suède c'est
valable dans un certain nombre d'autres
pays au monde la naissance de la réforme
ouais parce que enfin l'Angleterre on a
une image de voilà il y avait les les
monastères étaient absolument
florissants et Henry 8 il y a un
véritable coup d'arrêt et une
destruction systématique du monde
monastique h effectivement c'est c'est
complètement inédit et en ce sens-là
vous avez raison ça fait ça fait rupture
je crois surtout que ça va pas pas de
manière immédiate à part dans le monde
luthérien mais ça va surtout ouvrir la
voie après coup à une réflexion sur la
possible sécularisation du du clerger
euh c'est pas d'actualité ensuite
notamment au 17e siècle mais au 18e
siècle à partir de de de Joseph i puis
ce qui va sefin la Commission des
réguliers en France puis puis la
révolution
euh sans forcément faire référence à ce
qui s'est passé en Angleterre on voit
que ça a ouvert une brche dans la
possibilité de euh de nationaliser les
biens de gérer autrement les communautés
de les affilié à des
institutions gérées par des ministères
par exemple ou par des commissions
politiques euh qu'est-ce qu'on va faire
de leur bien donc on voit bien que ça
s'est fait dans la pagaille la plus
complète en Angleterre mais euh à partir
de de ces précédents là et bien on a
vraiment une réflexion qui va s'affiner
au au 18e et surtout une réflexion qui
qui va porter avec cette Angleterre sur
l'ensemble du monachisme parce que le
fait de fermer des maisons religieuses
de saisir leur bien c'est des choses
qu'on a déjà fait h bon les Templiers
bon on n pas réellement dans le monde
monastique on est d'accord mais les
Templiers on le roi de France a bien
saisi leur bien mais là avec
l'Angleterre c'est l'idée de tout on va
tout prendre on va pas faire de
sélection entre des bons des gentils des
utiles et cetera on va tous les prendre
et le 18e siècle va en effet non pas je
crois dans les états nonont pas avoir
l'idée de tout supprimer mais de dire
qu'est-ce qui est utile ou pas de
rationaliser de voilà de rationalis
rationaliser c'est la particularité du
siècle des Lumières d'accentuer sur
cette idée
d'utilitarisme complètement c'est très
c'est très net effectivement d'ailleurs
en soi le le le pouvoir central dans
toute l'Europe entend prendre appui sur
le monachisme pour tout ce qui relève de
des hôpitaux par exemple du soin de
l'éducation parce que c'est eux qui qui
font et c'est eux qui savent faire il y
a pas vraiment d'institution
concurrentes donc il est pas du tout
question de s'en débarrasser au
contraire mais de d'encourager et de ne
conserver que ce qui ce qui sert un
projet social plus global et pour les
autres bien soit ils rejoignent ce
projet social soit soit ils
disparaissent l'idée c'est quand même
que il y a dans le monde religieux des
séculiers et des réguliers et je pense
que le 18e qu'on pourrait presque
traduire en disant c'est une victoire de
l'idéal des séculiers oui par rapport au
régulier c'est la mort de l'idéal qui
était né dans les déserts au 4e siècle
de au 4e siècle de notre ère h et toutes
les réformes dont on parle bah que soit
la Commission des réguliers en France
les réformes dans ce qu'on appelle
aujourd'hui l'Italie les réformes dans
l'empire Joseph 2 et cetera c'est pas
une volonté de faire disparaître tous
les moines pas du tout mais ceux qui ne
se contentent de prier n'apparaissent
plus comme utiles donc eux oui on
pourrait prendre leur bien h à vous
entendre on peut pas parler d'une
cohérence doctrinale de l'antimonachisme
au fond à travers les siècles les motifs
sont différents les visions la vision
est les visions sont différentes
exactement exactement il y a pas il y a
pas un programme il y a pas une idée
comme ça qui serait de détruire les
moinres en réalité la critique des
contre les moines elle vient de plein de
choses différentes ah il y a des
radicaux VO au sens définitif bon au 18e
siècle quelqu'un comme Dolbar le baron
Dolbar qui est un des raratés de du 18e
siècle bah lui il est il faut tout
supprimer faut tout supprimer puis vous
avez des critiques qui sont plus
sociales politiques et cetera avec
toujours quand même je crois une espèce
d'incompréhension pourquoi des hommes et
des femmes décident jeunes de prendre un
engagement et de se vouer à cet
engagement si possible jusqu'à la fin de
leur vie h mais la critique la critique
elle est en effet extrêmement euh
diverse elle est extrêmement diverse
mais en même temps elle montre la force
de ce modèle de vie de cet idéal puisque
le monde monastique subit des critiques
et hop là il se transforme et il
continue et il s'adapte h effectivement
il y a pas d'unité doctrinal comme vous
l'avez
suggéré les arguments ils sont constants
tout au long des siècles puis il y a des
moments où il y a une cristallisation et
parfois il va yoir collusionir
convergence
de de de d'enjeux qui en soit sont
complètement séparés les uns des autres
mais qui vont se retrouver à va mettre
un peu finalement tout le monde d'accord
les moines vont vont mettre tout le
monde d'accord contre eux à la fin de
l'Ancien Régime en France
euh on retrouve tous les niveaux
d'antimonachisme euh ceux qui sont pour
les moines utiles et contre les moines
inutiles ceux qui pensent que les moines
bon bah pr bien leur face mais qu'au
moins peut-être fiscalement il pourrai
participer un peu plus comme mIRABO par
exemple qui n'aime pas les moines mais
il écrit bon ben puisqu'il faut qu'il y
en ait ben com moins ils payent des
impôts un peu plus importants on a ceux
qui sont totalement contre ils veulent
les éliminer définitivement les
éradiquer presque on retrouve tous les
niveaux de discours mais dans une
décennie où finalement bah la
convergence va va va provoquer la
disparition momentanée d'ailleurs du
monachisme je vrais terminer par il
reste ça minute le 5 6 minutes le sur
sur le 19e siècle est-ce qu'on voit
finalement au fond une
renaissance du du monde monastique au
19e siècle oui euh alors d'abord
effectivement les les les moines sont
pas forcément invités à revenir mais en
tout cas le contexte redevient favorable
au début du 19e siècle et on voit les
les les les les communautés se
reconstituer soit dans les lieux où il
se trouvaient déjà soit ailleurs il y a
plein de nouveaux ordres religieux
notamment féminins il a une quantité
ahurissante de de de nouveaux ordres qui
sont qui sont fondés au 19e siècle il y
a une régénération aussi de toute une
spiritualité de l'Ancien Régime
notamment du 17e siècle une très forte
continuité spirituelle entre le 17e et
le 19e siècle et notamment alors je
pense au Carmel voilà différents ordres
qui vont chercher finalement dans leur
racine d'Ancien Régime de quoi se se
constitué au 19e siècle et face à ce
monachisme qui qui renaît et bien bah il
y a nouveau l'antimonachisme qui revient
qui revient à la charge avec ça va de
l'antimonachisme un peu d'opérette comme
Alphonse Daudet puis le le le révérent
Perre gaucher enfin ces personnages qui
sont rigolos qui sont qui sont mignons
d'une certaine manière et puis un
antimonachisme beaucoup plus beaucoup
plus sévère beaucoup plus ferme mais en
même temps le nouveau monarchisme va à
nouveau donner des leçons à la société
et àçons à l'église bon don Guéranger va
reposer la question de la liturgie et à
partir de son couvent ben on va
commencer à raisonner on va arriver à
Vatican 1 et à Vatican 2 on va modifier
la messe c'est chez les moines en
Espagne autour d'un certain nombre de
couvents bah va net ce qu'on appellerait
aujourd'hui l'économie sociale est-ce
qu'on peut pas avoir d'autres modes de
production est-ce que les ouvriers
peuvent pas participer un peu au
bénéfice et cetera donc une fois de plus
les moines renaissent une fois de plus
ils sont critiqués et une fois de plus
il lance des idées qui seront repris par
la société plus tard le monde monastique
du 19e siècle est plus social parce
qu'il veut se montrer plus utile il est
d'abord plus féminin il est plus féminin
beaucoup plus féminin il est beaucoup
plus décentralisé et comme l'a dit
fabiene je ne saurais même pas compter
combien il y a de de de branches qui qui
se créent et tout ce qui est tout à fait
représentatif et tout plus social pas
obligatoirement il y a quand même un
renouveau bénédictin et un renouveau
bénédictin qui va retourner à l'étude et
cetera il y a un renouveau des Chartreux
VO et bon ce sont des ordres pas dire
qu'ils a une implication sociale énorme
puis a des ordres en effet très sociaux
on doit avoir des ordres aussi
missionnaires autrement dit c'est à
nouveau comme au 13e siècle des gens qui
sont dans un temps particulier et donc
qui dans ce temps peuvent faire des
études peuvent faire des recherches
peuvent prier et cetera et puis d'autres
qui ont une règle qui leur permet en
tout cas le pensent-il d'être efficace
dans la société h les règles se
réformment beaucoup au 19e siècle euh
ou au fond c'est l'idée de réforme c'est
une phrase que j'utilise très souvent
dans les émissions de risque dehistoire
réformer reformer la pureté des origines
retrouver la règle augustinienne la
règle
bénédictine je sais pas si elle je
saurais pas dire si y a plus ou s'il y a
des nouvelles réformes au 19e siècle je
je suis pas compétente là-dessus mais ce
qui est certain oui c'est qu'il a à
nouveau l'idée d'un d'un retour à à un
idéal originel et effectivement une
simplification là où on avait 6 ou SEP
branches francisquaines masculines
différentes à la fin du 18e siècle on en
aura plus que deux ou trois au 19e
siècle voilà un dernier mot je pense que
les moines c'est à la fois un exutoire
pour la société et un idéal pour la
société parce que là on est resté dans
le monde chrétien et cetera mais des
modes de vie monastique ou
paramonastique ou proche du monastisme
mais ça existe dans une foule de
religions dans d'autres cultures avec
exactement les mêmes problèmes h et bien
merci à tous les deux d'être venus donc
contre les moines fabianne hriot et
Philippe Martin donc un ouvrage que vous
avez codirigé et qui reprend toute une
série il s'agit d'une antologie de texte
ni plus ni moins contre les moines avec
à chaque fois une présentation d'un
spécialiste afin de contextualiser
précisément chaque chaque extrait et
Philippe Martin alors c'est paru aux
édition du SER et Philippe Martin ce
classique le théâtre divin une histoire
de la messe du 16e au 20e siècle un
ouvrage paru chez CNRS édition il me
reste à vous remercier chers
téléspectateurs chers auditeurs pour
votre fidélité à notre émission nous
avons parlé d'Henry 8 che j'ai reçu
Cédric Michon sur ce plateau vous pouvez
écouter cette émission nous avons
également parlé de l'idée de réforme
est-ce que cette idée de réforme
provient des monastères il y a également
l'émission qui est disponible sur
cateotv.com donc n'hésitez pas à
rechercher dans nos archives ces
émissions et puis pour tous les amoureux
de l'histoire si vous voulez aller plus
loin au-delà de l'histoire de l'Église
rendez-vous chez notre partenaire
storiavot.com merci beaucoup pour votre
fidélité et je vous donne rendez-vous
dans 2 semaines pour un nouveau numéro
de votre émission dorisque de l'histoire
[Musique]