Anne-Geneviève Montagne, membre du comité de pilotage du Congrès Mission

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39 Vues de vidéo·11 janv. 2025
C'est l'un des grands événements catholiques qui rassemble des milliers de chrétiens chaque
année pour réfléchir à l'annonce de l'Évangile aujourd'hui, le Congrès Mission célèbre
en 2025, c'est dix ans d'existence.
Notre invitée ce matin est directrice d'Annunzio et membre du comité de pilotage du Congrès
Mission, Anne Geneviève Montagne, bonjour.
Bonjour.
Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation et d'être avec nous ce matin depuis Rome.
Vous venez en effet de rencontrer le pape François dans le cadre d'une audience privée
après une première rencontre déjà en 2020.
Quelle est la raison de cette seconde rencontre ?
Au fil des années et notamment de ces quatre dernières années, le Congrès Mission s'est
déployé plus largement que l'événement initial qui rassemblait des chrétiens de
toute la France.
Il s'est déployé en région d'abord, puis plus localement.
Avec ce déploiement, il y a plein de nouvelles choses qui surgissent et notamment une nouvelle
équipe beaucoup plus large et il nous a semblé très fédérateur pour notre équipe d'être
ensemble autour du Saint-Père, si bien que cette deuxième rencontre, on n'était pas
seulement deux comme la première fois, mais cinquante qui représentaient un peu tout
le panel des engagés dans cette aventure.
On veut savoir un peu ce que le Saint-Père a pu vous dire, quel message vous a-t-il livré ?
Déjà, le Saint-Père nous a livré un message avec sa personne parce qu'on l'a vu fatiguée,
âgée et allant au bout du don de lui-même comme le bon pasteur qui donne sa vie pour
ses brebis.
Et ça, c'était assez édifiant.
Je pense qu'on a tous été touchés.
A la fois, on a eu beaucoup de compassion pour lui face au rythme effréné de ses
journées et en même temps de voir qu'il était là, présent, qu'il s'est donné
à chacun aussi dans les sourires, dans les bénédictions qu'il a pu donner à chacun
quand on lui a serré la main.
Il avait préparé un message pour nous dans lequel il nous a encouragé à laisser la
maîtrise des choses à l'Esprit-Saint et à accepter la confusion, le bazar qui peut
venir de sa présence, notamment en disant qu'il faut préférer le désordre avec la
charité que l'ordre sans la charité.
Il nous a invités à être plein de sollicitudes spécialement pour les jeunes qui ont besoin
d'espérance.
Il a réinscrit effectivement le Congrès Mission 2025 dans le cadre de ce pèlerinage
de l'espérance.
Il nous a encouragés à la communion, vraiment à l'unité entre nous qui est le signe missionnaire
le plus fort.
Il a béni la France aussi en nous disant que la France était fille ennemie de l'Église,
que les ennemis de la France avaient tendance à dire que ce n'était pas la fille la
plus fidèle.
Il a dit que ce n'était pas vrai car la France donnait beaucoup de seins.
On a vraiment reçu ça comme un beau cadeau, cette parole du Saint-Père.
Il nous a dit diverses autres choses mais je pense que ces quelques éléments sont
assez clés.
C'est une rencontre qui vous a marquée, on le sent.
Oui, je trouvais ça très beau d'être ensemble comme corps désengagé au service
du Congrès Mission parce qu'on a pu, en attendant le Saint-Père, on a pu prier pendant
une heure et quart au cœur du Vatican et c'est fort de prier au cœur de l'Église
dans sa dimension géographique mais aussi avec cette proximité avec le Pape.
C'était bon de sentir sa tendresse paternelle pour nous.
Le Congrès Mission fête ses dix ans d'existence, Anne-Geneviève Montaigne, rappelez-nous la
genèse en quelques mots de ce mouvement.
La genèse, c'est quand même dans l'histoire d'un petit mouvement qui s'appelle Annunzio
et qui pratique l'évangélisation de rue.
C'est au fur et à mesure où des jeunes d'Annunzio allaient former dans des paroisses
de se rendre compte qu'un peu partout il y a un désir d'annoncer le Seigneur qui
renaît ou qui émerge d'une nouvelle manière avec un désir plus explicite mais aussi un
sentiment de dénuement, d'incapacité, de solitude et donc un besoin d'un grand
rassemblement qu'on a pu appeler soit le Salon de l'agriculture de l'évangélisation
soit le Grenelle de la Mission, enfin on pourrait trouver différentes mais l'idée c'était
que tous les acteurs ou tous ceux qui désiraient devenir acteurs puissent se retrouver, être
ressourcés, être encouragés, être formés aussi.
C'est né en 2015, un premier congrès où il y avait peut-être 500 personnes,
ce n'était pas la folie féeriste mais c'était un beau lancement à Montmartre,
au plus près du Sacré-Cœur de Jésus.
Je pourrais dire aussi que la Genèse c'est le Sacré-Cœur.
La dernière édition a eu lieu en paroisse où l'idée dispachait dans tous les diocèses
avec des tailles et des formats très variés.
Quand est-il ressorti de cette neuvième édition ?
Alors en fait très exactement c'est la dixième édition même si c'est la neuvième
année parce qu'en fait 2015 et 2025 ça fait bien dix ans mais en fait ça fait un
siècle d'émission en plus.
Mais ce n'est pas grave mais du coup il y a eu effectivement, on a un peu lancé une
balle qui est de dire si vous dans votre réalité locale vous voulez vous servir
de cet outil qu'est le congrès mission pour fédérer les forces missionnaires,
leur permettre de se rencontrer, d'aller plus loin etc.
Nous on est prêts à vous accompagner et à vous donner des outils pour monter votre
événement et en fait il y a 140 lieux qui se sont saisis de ça.
Donc parfois c'était des diocèses, parfois c'était des villes, parfois c'était
des villages.
Mais en tout cas il y a 140 équipes qui ont eu à cœur de se dire nous on veut aller
plus loin dans l'annonce de l'évangile et on pense que le congrès peut nous y aider
et qu'est-ce qu'il en ressort globalement dans les retours qu'on a pu avoir ?
Beaucoup de joie, une mise en place aussi d'une dynamique missionnaire plus profonde
dans les communautés, aussi une montée en compétence des personnes qui étaient en
leadership, je pense que ça a permis de faire émerger des leaders, des personnes
qui avaient le désir de servir l'évangile, qui en avaient déjà un peu les moyens et
qui étaient prêts en tout cas à se former pour être plus aptes.
Donc se former en communication, se former au discernement, se former à l'organisation
événementielle, à la recherche de fonds, tout ça.
Donc c'est des apports très concrets mais en fait assez fédérateurs.
Je pense que ça a permis que le Congrès Mission aille un cran plus loin dans un de
ses buts qui est de tisser un grand réseau missionnaire sur la France.
Je dirais que le maillage s'est densifié.
La Croix titrait l'année dernière, je trouvais ça intéressant, que le Congrès Mission
était devenu le rendez-vous phare de l'évangélisation en France.
Dix ans après les débuts de cette aventure, que vous attendiez ?
C'est une question difficile.
Parce qu'à la fois, je pense que si on a lancé cette aventure, c'est parce qu'on
sentait qu'il y avait un besoin, qu'il y avait une soif, qu'il y avait un désir
et qu'il fallait être là.
Donc je ne peux pas dire qu'on ne s'y attendait pas.
Après, l'ampleur, le chemin, les ramifications, les fruits…
Tout ce que vous avez pu vivre, oui.
Tout ce qu'on a pu vivre, mais aussi tout le substrat qui se tisse.
La manière dont je pourrais vous le dire, c'est que moi, à chaque fois que j'arrive
au Congrès, j'éprouve un immense sentiment de ma petitesse.
C'est-à-dire que pendant toute l'année, on travaille et on a l'impression qu'on
porte quelque chose.
Et quand on arrive au Congrès Mission et qu'on voit qu'il y a des centaines de
gens qui se sont donnés, que c'est des milliers de personnes qui viennent avec un
désir et que c'est parce qu'ils sont avec ce désir que le Seigneur va pouvoir
faire des merveilles, ça nous fait vivre.
Concrètement, nous ne sommes que des serviteurs inutiles, nous n'avons fait que notre
devoir.
Donc moi, je nous considère hyper privilégiés que le Seigneur nous donne de voir ce qu'on
voit.
Vraiment heureux, nos yeux qui voient ce que nous voyons.
Et en même temps, j'ai l'impression qu'on fait notre petit possible et que le
soif qui grandit dans les cœurs, parce qu'il y a un désir que les choses changent,
qu'en fait il peut faire des merveilles.
Et le Congrès Mission prévoit pour son dixième anniversaire un événement à Paris.
Je crois qu'on attend environ 20 000 personnes en novembre prochain du 7 au 9 à l'Accord
Arena, en même temps que l'Assemblée des évêques de France à Lourdes, se rassembler
dans une salle, dans le cadre d'une convention.
On peut le voir aux Etats-Unis, chez les catholiques, des grands rassemblements comme
ça.
En France, c'est assez inédit, non ?
Je pense qu'il y a déjà eu des choses de ce type.
Je ne saurais pas dire il y a combien d'années, mais il y avait en fait eu un événement
qui s'était appelé aussi le Congrès Mission, mais nous on ne le savait pas quand on a
lancé le Congrès Mission, porte de Versailles, peut-être il y a 30 ou 40 ans.
Je sais qu'on m'a parlé récemment d'un autre événement qui avait eu lieu à Bercy
peut-être dans les années 1910, je ne sais pas.
Je pense que ce n'est pas absolument nouveau en soi.
De fait, je pense que peut-être dans les dernières années, ça ne s'est pas vécu
exactement comme ça.
Nous, c'est justement un peu la manière dont la pelote de laine du Congrès Mission
se dévide qui nous amène à cette chose.
Ce n'est pas un grand plan qu'on avait fait il y a cinq ans, mais c'est justement
le fait que des échelons régionaux ou locaux se soient développés et qu'on voit qu'à
chaque échelon correspond une vocation un peu particulière de cet événement et
donc une forme un peu particulière.
On a pris conscience aussi que l'échelon national, ça doit être un échelon
particulièrement unificateur qui nous permette de vivre quelque chose tous ensemble.
D'où l'idée de dire un seul lieu.
C'est vrai que quand on travaillait à la préparation de cette édition, il y avait
beaucoup la question d'un seul qui revenait.
Un seul seigneur, une seule foi, un seul cœur.
Et c'est vrai qu'une grande salle comme celle-là, ça peut permettre d'être un
creuset où le Seigneur peut faire notre unité.
Est-ce que vous en savez un peu plus sur le programme, ce qui attend toutes les personnes
qui assisteront au Congrès Mission ?
C'est un peu tout pour être très précis, mais ce que je peux dire, c'est que quand
même comme les autres éditions, il y aura le vendredi différentes journées spéciales.
Une journée pour les prêtres, une journée pour les couples, une journée pour les consacrés,
mais aussi des journées probablement pour des personnes qui sont engagées dans des
équipes diocésaines de conversion pastorale.
Une journée pour des personnes qui veulent lancer prochainement un Congrès Mission local.
Bref, toutes sortes de journées.
Et ça, c'est un élément important parce que le fait de dire qu'on veut vivre quelque
chose de commun n'enlève rien au fait que le Congrès a toujours voulu assumer une dimension
de laboratoire et du fait que chacun avait son appel spécifique et sa manière propre
de répondre à l'appel missionnaire.
Et donc ça, ça va rester.
Le fait d'être ensemble ne veut pas dire qu'on va uniformiser tout.
Ça, je pense que c'est un point très important.
L'autre chose, c'est qu'on a prévu un temps pour les jeunes, notamment le samedi,
avec probablement une après-midi et une soirée.
Donc, en gros, l'idée, c'est que le samedi soir, les plus de 25 ans seront en dehors
de Bercy et seront dans des veillées dans Paris, a priori.
Et puis, Bercy sera pour les 18-25 pour qu'eux aussi puissent vraiment vivre un temps spécifique
pour eux.
Et puis, on réfléchit à la manière dont on va préparer Bercy tout au long de l'année
avec différentes étapes pour qu'à Bercy, on puisse vraiment avoir peut-être un temps
d'intelligence collective sur la question de la mission.
Mais pour que ce ne soit pas superficiel, ça va nécessiter en amont des petites étapes
qu'on est encore en train de concocter.
Et qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter, Anne-Geneviève Montagne, pour cette année 2025 ?
Eh bien, de faire toutes choses avec amour et surtout de faire la volonté du Seigneur.
Je crois que ça, c'est le plus important.
C'est que vraiment, ce ne soit pas notre projet et que les idées passent au filtre
du Saint-Esprit.
Et on remercie beaucoup à Anne-Geneviève Montagne d'avoir accepté notre invitation
ce matin et on reparlera cette année du Congrès Mission sur KTO Radio.
Merci d'avoir pris quelques minutes depuis Rome après avoir rencontré le Pape François
pour échanger sur les 10 années d'existence du Congrès Mission.
Je rappelle que vous êtes la directrice d'Annunzio et membre du comité de pilotage
du Congrès Mission.
Et bon retour à Paris !
Merci beaucoup !
Merci et au revoir !
Au revoir !
