Bel-Ami - Partie 2 - Chapitre 4

Audiolude
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Narrateur : Alain Couchot
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[Musique]
chapitre
4 la place de la Trinité était presque
déserte sous un éclatant soleil de
juillet une chaleur pesante écrasait
Paris comme si l'air de là-haut alourdi
brûlé était retombé sur la ville de
l'air épais et cuisant qui faisait mal
dans la poitrine les chutes d'eau devant
l'église tombait mollement elle semblait
fatiguée de couler lasses et molles
aussi et le liquide du bassin où
flottaient des feuilles et des bouts de
papier avait l'air un peu verdâtre épais
et
glauque un chien ayant sauté par-dessus
le rebord de pierre se baignait dans
cette onde douteuse quelques personnes
assises sur les bancs du petit jardin
rond qui contourne le portail regardaent
cette bête avec envie du roi tira sa
montre il n'était encore que 3h il avait
30 minutes d'avance il riait en pensant
à ce rendez-vous les églises lui sont
bonnes à tous les usages se disait-il
elle la console d'avoir épousé un juif
lui donne une attitude de protestation
dans le monde politique une allure comme
il faut dans le monde distingué et un
abri pour ses rencontres
galantes ce que c'est que la l'habitude
de se servir de la religion comme on se
sert d'un entou cas s'il fait beau c'est
une canne s'il fait du soleil c'est une
ombrelle s'il pleut c'est un parapluie
et si on ne sort pas on le laisse dans
l'antichambre et elles sont des
centaines comme ça qui se fichent du bon
Dieu comme d'un guigne mais qui ne
veulent pas qu'on en dise du mal et qui
le prennent à l'occasion pour
entremetteur si on leur proposait
d'entrer dans un hôtel meublé elles
trouverait cela infamie et il leur
semble tout simple de filer l'amour au
pied des
hôtels il marchait lentement le long du
bassin puis il regarda l'heure de
nouveau à l'horloge du clocher qui
avançait de 2 minutes sur sa montre elle
indiquait 3H5 il jugea qu'il serait
encore mieux dedans et il entra une
fraîcheur de cave le saisit il l'aspira
avec bonheur puis il fit le tour de la
nef pour bien connaître
l'endroit une autre marche régulière
interrompu parfois puis recommençant
répondait au fond du vaste monument au
bruit de ses pieds qui montaient Sonor
sous la haute
voûte la curiosité lui vint de connaître
ce promeneur il le chercha c'était un
gros monsieur chauve qui allait le nez
en l'air le chapeau derrière le
dos de place en place une vieille femme
agenouillée priait la figure dans ses
mains une sensation de solitude de
désert de repos saisissait l'esprit la
lumière nuancée par les vitrop était
douce aux yeux du roi trouva qu'il
faisait rudement bon là-dedans il revint
près de la porte et regarda de nouveau
sa montre il n'était encore que 3h15
il s'assit à l'entrée de l'allée
principale en regrettant qu'on ne put
pas fumer une cigarette on entendait
toujours au bout de l'église près du
cœur la promenade lente du gros
monsieur quelqu'un entra george se
retourna brusquement c'était une femme
du peuple en jupe de laine une pauvre
femme qui tomba à genoux près de la
première chaise et resta immobile les
doigts croisés le regard au ciel
l'âme envolée dans la
prière du roi la regardait avec intérêt
se demandant quel chagrin quelle douleur
quel désespoir pouvait broyer ce cœur
infime
elle crevait de misère c'était visible
elle avait peut-être encore un mari qui
la tuait de coup ou bien un enfant
mourant il murmurait
mentalement les pauvres êtres en a-t-il
qui souffre pourtant et une colère lui
vint contre l'impitoyable nature puis il
réfléchit que ces gueux croyaient au
moins qu'on s'occupait d'eux là-haut et
que leur état civil se trouvait inscrit
sur les registre du ciel avec la balance
de la dette et de
l'avir là-haut où donc et du roi que le
silence de l'église poussait au vastes
rêv g d'une pensée la création prononça
du bout des lèvres comme c'est bête tout
ça un bruit de robe le fit tressaillir
c'était elle il se leva s'avança
vivement elle ne lui tendit pas la main
et murmura à voix basse je n'ai que peu
d'instant il faut que je rentre
mettez-vous à genoux près de moi pour
qu'on ne nous remarque pas et elle
s'avança dans la grande nef cherchant un
endroit convenable et sûre en femme qui
connaît bien la maison sa figure était
cachée par un voile épais et elle
marchait à pas sour qu'on entendait à
peine quand elle fut arrivée près du
cœur elle se retourna et marmotta de ce
ton toujours mystérieux qu'on garde dans
les églises les bas côtés vaudront mieux
on est trop en vue par ici elle salua le
tabernacle du maître hôtel d'une grande
inclinaison de tête renforcé d'une
légère révérence et elle tourna à droite
revint un peu vers l'entrée puis prenant
une résolution elle s'empara d'un prix
dieieu et s'agenouilla George prit
possession du prixdieu voisin et dès
qu'ils furent immobiles dans l'attitude
de leur raison merci merci dit-il je
vous adore je voudrais vous le dire
toujours vous racontez comment j'ai
commencé à vous aimer et comment j'ai
été séduit la première fois que je vous
ai vu me permettrez-vous un jour de
vider mon cœur de vous exprimer tout
cela elle l'écoutait dans une attitude
de méditation profonde comme si elle
n'ut rien entendu elle répondit entre
ses doigts je suis folle de vous laisser
me parler ainsi folle d'être venue folle
de faire ce que je fais de vous laisser
croire que cette cette cette aventure
peut avoir une suite oubliez cela il le
faut et ne m'en reparler jamais elle
attendit il cherchait une réponse des
mots décisifs passionnés mais ne pouvant
joindre le geste aux paroles son action
se trouvait paralysée il reprit je
n'attends rien je n'espère rien je vous
aime quoi que vous fassiez je vous le
répéterai si souvent avec tant de force
et d'ardeur
que vous finirez bien par le comprendre
je veux faire pénétrer en vous ma
tendresse vous la versez dans l'âme mot
par mot heure par heure jour par jour de
sorte qu'enfin elle vous imprègne comme
une liqueur tombée goutte à goutte
qu'elle vous adoucisse vous amelisse et
vous force plus tard à me répondre moi
aussi je vous aime
il sentait trembler son épaule contre
lui et sa gorge palpité et elle balbutia
très vite moi aussi je vous aime il eut
un sursaut comme si un grand coup lui
fut tombé sur la tête et il soupira oh
mon Dieu elle reprit d'une voix hutante
est-ce que je devrais vous dire cela je
me sens coupable et méprisable moi qui
ai deux filles mais je ne peux pas je ne
peux pas je n'aurais pas CR je n'aurais
jamais pensé c'est plus fort plus fort
que moi écoutez écoutez je n'ai jamais
aimer que vous je vous le jure et je
vous aime depuis un an en secret dans le
secret de mon cœur oh j'ai souffert
aller et lutter je ne peux plus je vous
aime elle pleurait dans ses doigts
croisés sur son visage et tout son corps
frémissait ce oué par la violence de son
émotion George murmura donnez-moi votre
main que je la touche que je la presse
elle ôta lentement sa main de sa figure
il vit sa joue toute mouillée et une
goutte d'eau prête à tomber encore au
bord des ciles il avait pris cette main
il la serrait
oh comme je voudrais boire vos larmes
elle dit d'une voix basse et brisée qui
semblait à un gémissement n'abusez pas
de moi je me suis perdu il eut envie de
sourire comment aurait-il abusé d'elle
en ce lieu il posa sur son cœur la main
qu'il tenait en demandant le sentezvous
battre car il était à bout de phrases
passionnées mais depuis quelques
instants le pas régulier du promeneur se
rapprochait il avait fait le tour des
hôtels et il redescendait pour la
seconde fois au moins par la petite nef
de droite quand madame Walter l'entendit
tout près du pilier qui la cachait elle
arracha ses doigts de l'étreinte de
George et de nouveau se couvrit la
figure et ils restèrent tous deux
immobiles AG Genouillé comme s'ils
eussent adressé ensemble au ciel des
supplications ardentes le gros monsieur
passa près d'eux leur jeta un regard
indifférent et s'éloigna vers le bas de
l'église en tenant toujours son chapeau
dans son dos mais du roi qui songeait à
obtenir un rendez-vous ailleurs qu'à la
Trinité murmura où vous verrai-je demain
elle ne répondit pas elle semblait
inanimé changé en statue de la prière il
reprit demain voulez-vous que je vous
retrouve au Parc Monceau elle tourna
vers lui sa face redécouverte une face
LV
crispé par une souffrance affreuse et
d'une voix sacadée laissez-moi
laissez-moi maintenant allez-vous-en
allez-vous-en seulement 5 minutes je
souffre trop près de vous je veux prier
je ne peux pas allez-vous-en laissez-moi
prier seul 5 minutes je ne peux pas
laissez-moi implorer Dieu qu'il me
pardonne qu'il me sauve et moi 5 minutes
elle avait un visage tellement
bouleversé une figure si douloureuse
qu'il se leva sans dire un mot puis
après un peu d'hésitation il demanda je
reviendrai tout à l'heure elle fit un
signe de tête qui voulait dire oui tout
à l'heure et il remonta vers le cœur
alors elle tenta de prier elle fit un
effort d'invoc tion surhumain pour
appeler Dieu et le corps vibrant l'âme
est perdue elle cria
pitié vers le ciel elle fermait ses yeux
avec rage pour ne plus voir celui qui
venait de s'en aller elle le chassait de
sa pensée elle se débattait contre lui
mais au lieu de l'apparition céleste
attendue dans la détresse de son cœur
elle apercevait toujours
la moustache frisée du jeune
homme depuis un an elle luttait ainsi
tous les jours tous les soirs contre
cette obsession grandissante contre
cette image qui hantait ses rêves qui
hantait sa chair et troublait ses nuits
elle se sentait prise comme une bête
dans un filet liée jetée entre les bras
de ce mâle qui l'avait vaincu conquise
rien que par le poil de sa lèvr et par
la couleur de ses yeux et maintenant
dans cette église tout près de Dieu elle
se sentait plus faible plus abandonnée
plus perdue encore que chez elle elle ne
pouvait plus prier elle ne pouvait
penser qu'à lui elle souffrait déjà
qu'il se fut éloigné elle luttait
cependant en désespéré elle se défendait
appelait du secours de toute la force de
son âme elle eut voulu mourir plutôt que
de tomber ainsi elle qui n'avait point
failli elle murmurait des paroles
éperdues de supplication mais elle
écoutait le pas de George
s'affaiblir dans le lointain des voûtes
elle comprit que c'était fini que la
lutte était inutile elle ne voulait pas
céder pourtant et elle fut saisie par
une de ces crises d'énervement qui les
femmes palpitantes hurlantes et tordues
sur le sol elles tremblaient de tous ses
membres sentant bien qu'elle allait
tomber se rouler entre les chaises en
poussant des cris aigus quelqu'un
s'approchait d'une marche rapide elle
tourna la tête c'était un prêtre alors
elle se leva courut à lui en tenant ses
mains jointes et elle balbutia oh
sauvez-moi sauvez-moi
il s'arrêta surpris qu'est-ce que vous
désirez madame je veux que vous me
sauviez ayez pitié de moi si vous ne
venez pas à mon aide je suis perdu il la
regardait se demandant si elle n'était
pas folle il reprit que puis-je faire
pour vous c'était un jeune homme grand
un peu gras aux joues pleines et
tombantes teinté de noir par la barbe
rasée avec soin un beau vicaire de ville
de quartier opulent
habitué aux riches pénitentes recevez ma
confession dit-elle et conseillez-moi
soutenez-moi dites-moi ce qu'il faut
faire il répondit je confesse tous les
samedis de 3h à
6h ayant saisi son bras elle le serrait
en répétant non non non tout de suite
tout de suite il le faut il est là dans
cette église il m'attend le prêtre
demanda qui est-ce qui vous attend un
homme qui va me perdre qui va me prendre
si vous ne me sauvez pas je ne peux plus
le fuir je suis trop faible trop faible
si faible si faible elle s'abâtit à ses
genoux et sanglottant oh ayez pitié de
moi mon père sauvez-moi au nom de Dieu
sauvez-moi
elle le tenait par sa robe noire pour
qu'il ne puéchapper
et lui inquiet regardait de tous les
côtés si quelqueœil malveillant ou dévau
ne voyait point cette femme tomber à ses
pieds comprenant enfin qu'il ne lui
échapperait pas relevez-vous dit-il j'ai
justement sur moi la clé du
confessionnal et fouillant dans sa poche
il en tira un anneau garni de clés puis
il en choisit une et il se dirigea d'un
par rapide vers les petites cabanes de
bois sortte de boîte aux ordures de
l'âme où les croyants vident leurs
péchés il entra par la porte du milieu
qu'il referma sur lui et Madame Walter
s'étant jeté dans l'étroite case d'à
côté balbutia avec ferveur avec un élan
passionné
d'espérance bénissez-moi mon père parce
que j'ai péché du roi ayant fait le tour
du cœur descendit la nef de gauche il
arrivait au milieu quand il rencontra le
gros monsieur chauve allant toujours de
son pas tranquille et il se
demanda qu'est-ce que ce particulier là
peut bien faire ici le promeneur aussi
avait ralenti sa marche et regardait
George avec un désir visible de lui
parler quand il fut tout prêt il salua
et très poliment je vous demande pardon
monsieur de vous déranger mais
pourriez-vous me dire à quelle époque a
été construit ce monument du répondit ma
foi je n'en sais trop rien je pense
qu'il y a 20 ans ou 25 ans c'est
d'ailleurs la première fois que j'y
entre moi aussi je l'avais jamais
vu alors le journaliste qu'un intérêt
gagnait reprit il me semble que vous le
visitez avec grand soin vous l'étudiez
dans ces détails l'autre avec
résignation je ne le visite pas monsieur
j'attend ma femme qui m'a donné
rendez-vous ici et qui est fort en
retard puis il se tue et après quelques
secondes il faire une manchau dehors du
roi le considérait lui trouvant une
bonne tête et tout à coup il s'imagina
qu'il ressemblait à
forestier vous êtes de la province
dit-il oui je suis de reine et vous
monsieur c'est par curiosité que vous
êtes entré dans cette église
non j'attends une femme moi et l'ayant
salué le journaliste s'éloigna le
sourire aux lèvres en approchant de la
grande porte il revit la pauvresse
toujours à genou et priant toujours il
pensa Christi elle a l'invocation tenace
il n'était plus émue il ne la plaignait
plus il passa et doucement se mit à
remonter la nef de droite pour retrouver
madame
walterire il getttait de loin la place
où il l'avait laissée s'étonnant de ne
pas
l'apercevoir il crut s'être trompé de
pilier alla jusqu'au dernier et revint
ensuite elle était donc parti il
demeurait surpris et
furieux puis il s'imagina qu'elle le
cherchait et il refit le tour de
l'église ne l'ayant point trouvé il
retourna s'asseoir sur la chaise qu'elle
avait occupé espérant qu'elle y
rejoindrait et il
attendit bientôt un léger murmure de
voix éveilla son attention il n'avait vu
personne dans ce coin de l'église d'où
venait donc ce
chuchotement il se leva pour chercher et
il aperçut dans la chapelle voisine les
portes du
confessionnal un bout de robe sortait de
Lune et traînit sur le pavé
il s'approcha pour examiner la femme et
la reconnut
elle se
confessait il sentit un désir violent de
la prendre par les épaules et de
l'arracher de cette boîte puis il pensa
bahf c'est le tour du curé ce sera le
mien demain et il s'assit tranquillement
en face des guichets de la pénitence
attendant son heure et récanant à
présent de l'aventure
il attendit longtemps enfin Madame
walterire se releva se retourna le vit
et vint à lui elle avait un visage froid
et sévère monsieur dit-elle je vous prie
de ne pas m'accompagner de ne pas me
suivre et de ne plus venir seul chez moi
vous ne seriez point reçu adieu et elle
s'en alla d'une démarche digne il la
laissa s'éloigner car il avait pour
prinpe
de ne jamais forcer les événements puis
comme le prêtre un peu troublé sortait à
son tour de son réduit il marcha droit à
lui et le regardant au fond des yeux il
lui grogna dans le nez si vous ne
portiez point une jupe vous quelle paire
de soufflet sur votre vilain
museau puis il pivota sur ses talon et
sorti de l'église en s'y
flottant debout sous le portail
le gros monsieur le chapeau sur la tête
et les mains derrière le dos Lass
d'attendre parcourait du regard la vaste
place et toutes les rues qui s'y
rejoignent quand du roi passa près de
lui il se
saluèrent le journaliste se trouvant
libre descendit à la vie française dès
l'entrée il vit à la mine afféré des
garçons qu'il se passait des choses
anormales et il entra brusquement dans
le cabinet du directeur le père Walter
debout nerveux dictait un article par
phrase hachée donnait entre deux alinéa
des missions à ses reporters qui
l'entouraient faisait des
recommandations à boirenard et
décachetait des lettres quand duoi entra
le patron poussa un cri de joie ah
quelle chance voilà B ami il s'arrêta
net un peu confus et s'excusa je vous
demande pardon de vous avoir appelé
ainsi je suis très troubl BL par les
circonstances et puis j'entends ma femme
et mes filles vous nommez belle amie du
matin au soir et je finis par en prendre
moi-même l'habitude vous ne m'en voulez
pas George riait pas du tout ce surnom
n'a rien qui me
déplaise le père Walter reprit très bien
alors je vous bâtise Bel Ami comme tout
le monde et bien voilà nous avons de
gros événements le ministère est tombé
sur un vote de 310 voix contre 102 nos
vacances sont encore remise remise au
calandre grec et nous voici au 28
juillet l'Espagne se fâche pour le Maroc
c'est ce qui a jeté bas Durand de laine
et ses acolytes nous sommes dans le péin
jusqu'au coup Marot est chargé de former
un nouveau cabinet il prend le général
Boutin d'Acre à la guerre et notre ami
Laroche Mathieu aux Affaires étrangères
il garde lui-même le portefeuille de
l'intérieur avec la présidence du
conseil nous allons devenir une feuille
officieuse je fais l'article de tête une
simple déclaration de principe en
traçant leur voix au ministre le
bonhomme sourit et reprit la voix qu'il
compte suivre bien entendu mais il me
faudrait quelque chose d'intéressant sur
la question du Maroc une actualité une
chronique à effet à
sensation je ne sais quoi trouvez-moi ça
vous dur roi réfléchit une seconde puis
répondit j'ai votre affaire je vous
donne une étude sur la situation
politique de toute notre colonie
africaine avec la Tunisie à gauche
l'Algérie au milieu et le Maroc à droite
l'histoire des races qui peuplent ce
grand territoire et le récit d'une
excursion sur la frontière marocaine
jusqu'à la grande oasis du figig où
aucun européen n'a pénétré et qui est la
cause du conflit actuel ça vous va-t-il
le père Walter s'écria admirable et quel
titre de Tunis à Tanger superbe et du
roi s'en alla fouiller dans la
collection de la vie française pour
retrouver son premier article les
mémoires d'un chasseur d'Afrique qui
débaptisé retapé et modifié ferait
admirablement l'affaire d'un bout à
l'autre puisqu'il y était question de
politique coloniale de la population
algérienne et d'une excursion dans la
province dorant en trois quarts d'heure
la chose fut refaite raffistolée mise au
point avec une saveur d'actualité et des
louanges pour le nouveau cabinet le
directeur ayant lu l'article déclara
c'est parfait parfait parfait vous êtes
un homme précieux tous mes compliments
et du roi rentra dîner enchanté de sa
journée malgré l'échec de la Trinité car
il sentait bien la partie
gagné sa femme fiévreuse l'attendait
elle s'écria en le voyant tu sais que la
roche est ministre des Affaires
étrangères oui je viens même de faire un
article sur l'Algérie à ce sujet quoi
donc tu le connais le premier que nous
ayons écrit ensemble les mémoires d'un
chasseur d'Afrique revu et corrigé pour
la circonstance
elle sourit ah oui mais ça va très bien
puis après avoir songé quelques instants
j'y pense cette suite que tu devais
faire alors et que tu as laissé en route
nous pouvons nous y mettre à présent ça
nous donnera une jolie série bien en
situation il répondit en s'asseyant
devant son potage parfaitement rien ne
s'y oppose plus maintenant que ce cocu
de Forestier est trépassé
elle répliqua vivement d'un ton sec
blessé
cette plaisanterie est plus que déplacée
et je te prie d'y mettre un terme voilà
trop longtemps qu'elle dure il allait
riposté avec ironie on lui apporta une
dépêche contenant cette seule phrase
sans signature j'avais perdu la tête
pardonnez-moi et venez demain 4h au Parc
Monceau
elle comprit et le cœur tout à coup
plein de joie il dit à sa femme en
glissant le papier bleu dans sa poche je
ne le ferai plus ma chérie c'est bête je
le reconnais et il commença à dîner tout
en mangeant il se répétait ses quelques
mots j'avais perdu la tête pardonnez-moi
et venez demain 4h au parc
monsau donc elle cédait cela voulait
dire je me rends je suis à vous où vous
voudrez quand vous voudrez il se mit à
rire Madeleine demanda qu'est-ce que tu
as pas grand-chose je pense à un curé
que j'ai rencontré tantôt et qui avait
une bonne
binette du roi arriva juste à l'heure au
rendez-vous du lendemain sur tous les
bancs du parc étaient assis des
bourgeois accablés par la chaleur et des
bonnes nonchalantes qui semblaient rêver
pendant que les enfants se roulaient
dans le sable des chemins il trouva
madame Walter dans la petite ruine
antique où coule une source
elle faisait le tour du cirque étroit de
colonnette d'un air inquiet et
malheureux aussitôt qu'il lueut salué
comme il y a du monde dans ce jardin
dit-elle il saisit l'occasion oui c'est
vrai voulez-vous venir autre part mais
où n'importe où dans une voiture par
exemple vous baisserez le store de votre
côté et vous serez bien à l'abri oui
mieux ça ici je meurs de peur et bien
vous allez me retrouver dans 5 minutes à
la porte qui donne sur le boulevard
extérieur j' arriverai avec un fiacre et
il partit en courant dès qu'elle eut
rejoint et qu'elle e bien voilé la vitre
de son côté elle demanda où avez-vous
dit au cocher de nous conduire George
répondit ne vous occupez de rien il est
au courant il avait donné à l'homme
l'adresse de son appartement de la rue
de Constantinople
elle reprit vous ne vous figurez pas
comme je souffre à cause de vous comme
je suis tourmenté et torturé hier j'ai
étis dur dans l'église mais je voulais
vous fuir à tout prix j'ai tellement
peur de me trouver seul avec vous
m'avez-vous pardonné il lui serrait les
mains oui oui qu'est-ce que je ne vous
pardonnerai pas vous aimant comme je
vous aime
elle regardait d'un air suppliant
écoutez il faut me promettre de me
respecter de ne pas de ne pas autrement
je ne pourrais plus vous revoir il ne
répondit point d'abord il avait sous la
moustache ce sourire fin qui troublait
les femmes il finit par
murmurer je suis votre esclave alors
elle se mit à lui raconter comment elle
s'était aperçue qu'elle l'aimait en
apprenant qu'il allait épouser Madeleine
forestier elle donnait des détails de
petits détails de dates et de choses
intimes soudain elle se tu la voiture
venait de s'arrêter du roi ouvrit la
portière où sommes-nous dit-elle il
répondit descendez et entrez dans cette
maison nous y serons plus tranquilles
mais où sommes-nous chez moi c'est mon
appart dem de garçon que j'ai repris
pour quelques jours pour avoir un coin
où nous puissions nous voir elle s'était
cramponné au capiton du fiacre épouvanté
à l'idée de ce tête à tête et elle
balbutiit non non je ne veux pas je ne
veux pas il prononça d'une voix
énergique je vous jure de vous respecter
venez vous voyez bien qu'on nous regarde
qu'on va se rassembler autour de nous
dépêchez-vous
dépêchez-vous descendez et il répéta je
vous jure de vous respecter un marchand
de vin sur sa porte les regardait d'un
air curieux
elle fut saisie de terreur et s'élança
dans la maison elle allait monter
l'escalier il la retint par le bras
c'est ici au rez-de-chaussée et il la
poussa dans son
logie dès qu'il eut refermé la porte il
a saisi comme une proie elle se se
débattait luttait bégayait oh mon dieu
oh mon dieu il lui baisait le cou les
yeux les lèvres avec emportement sans
qu'elle pû éviter ses caresses furieuses
et tout en le repoussant tout en fuyant
sa bouche elle lui rendait malgré elle
ses baisés tout d'un coup elle cessa de
se débattre et vaincu résigné se laissa
dévêtir par lui il enlevait une à une
adroitement et vite toutes les parties
de son costume avec des doigts légers de
femme de chambre
elle lui avait arraché des mains son
corsage pour se cacher la figure dedans
et elle demeurait debout toute blanche
au milieu de ses robes abatttu à ses
pieds il lui laissa ses bottines et
l'emporta dans ses bras vers le lit
alors elle lui murmura à l'oreille d'une
voix brisée
je vous jure je vous jure que je n'ai
jamais eu
d'amant comme une jeune fille aurait dit
je vous jure que je suis vierge et il
pensait voilà ce qui m'est bien égal par
exemple
