Bel-Ami. Partie 2. Chapitre 10.

Audiolude
16 abonnés
7 Vues de vidéo·7 nov. 2024
Narrateur : Alain Couchot
Retrouvez mes lectures sur :
☞ Le site Audiolude : https://www.audiolivres.info
☞ L'Appli iOS : https://cutt.ly/MiyNV7x
☞ L'Appli Android : https://cutt.ly/WiyMaVK
☞ Spotify : https://cutt.ly/QiyMc8u
☞ Deezer : https://cutt.ly/6iyMOs0
☞ Apple Music : https://cutt.ly/riyML14
☞ Audible : https://cutt.ly/MiyM2zx
❤️ Soutenir la chaîne :
https://www.youtube.com/channel/UCN5XjOUU4UVNNiSRK_AXMgQ/join
💻 Mon matériel :
Mon micro statique : https://cutt.ly/kSpIcJo
Ma carte son : https://cutt.ly/7SpOrAz
Mon micro dynamique : https://cutt.ly/vSpOMgp
[Musique]
chapitre 10 il faisait sombre dans le
petit appartement de la rue de
Constantinople car George du roi et
Clotide de Marel s'étant rencontré sous
la porte était entré brusquement et elle
lui avait dit sans lui laisser le temps
d'ouvrir les persiennes ainsi tu épouses
Suzanne Walter il avoua avec douceur et
ajouta tu ne le savais pas elle reprit
debout devant lui furieuse
indignée tu épouses Suzanne Walter c'est
trop fort c'est trop fort voilà 3 mois
que tu me cajoles pour me cacher ça tout
le monde le sait excepté moi c'est mon
mari qui me l'a appris du roi se mit à
ricané un peu confus tout de même et
ayant posé son chapeau sur un coin de la
cheminée il s'assit dans un fauteuil
elle regardait bien en face et elle dit
d'une voix irritée et basse depuis que
tu as quitté ta femme tu préparais ce
coup-là et tu me gardais gentiment comme
maîtresse pour faire l'intérim quel
gredin tu es il demanda pourquoi ça
j'avais une femme qui me trompait je
l'ai surprise j'ai obtenu le divorce et
j'en épouse une autre quoi de plus
simple
elle murmura frémissante
oh comme tu es roué et dangereux toi il
se remit à sourire par bleu les
imbéciles et les niis sont toujours des
dupes mais elle suivait son idée comment
j'aurais dû te deviner dès le
commencement mais non je ne pouvais pas
croire que tu serais crapule comme ça il
prit un air digne je te prie de faire
attention au mots que tu emploies elle
se révolta contre cette
indignation quoi tu veux que je prenne
des gants pour te parler maintenant tu
te conduis avec moi comme un Gueu depuis
que je te connais et tu prétends que je
ne te le dise pas tu trompes tout le
monde tu exploites tout le monde tu
prends du plaisir et de l'argent partout
et tu veux que je te traite comme un
honnête homme il se leva et la lèvre
tremblante tais-toi ou je te fais sortir
d'ici
elle
balbutia sortir d'ici sortir
d'ici tu me ferais sortir d'ici toi toi
elle ne pouvait plus parler tant elle
suffoquait de colère et brusquement
comme si la porte de sa fureur se fut
brisée elle
éclata sortir d'ici tu oublies donc que
c'est moi qui l'ai payé depuis le
premier jour ce logement là oh oui tu
l'as bien pris à ton compte de temps en
temps mais qui est-ce qui l'a loué c'est
moi qui est-ce qui l'a gardé c'est moi
et tu veux me faire sortir d'ici
tuis-toi donc vorien crois-tu que je ne
sais pas comment tu as volé à Madeleine
la moitié de l'héritage de vudrec
crois-tu que je ne sais pas comment tu
as couché avec Suzanne pour la forcer à
t'épouser il a saisi par les épaules et
la secouant entre ses mains ne parle pas
de celle-là je te le défends elle cria
tu as couché avec je le sait il eut
accepté n'importe quoi mais ce mensonge
l'exaspérait les vérités qu'elle lui
avait crié par le visage lui faisait
passer tout à l'heure des frissons de
rage dans le cœur
mais cette fausseté sur cette petite
fille qui allait devenir sa femme
éveillait dans le creux de sa main un
furieux besoin de frapper il répéta
tais-toi prends garde tais-toi et il
l'agitait comme on agite une branche
pour en faire tomber les fruits elle
hurla décoiffée la bouche grande ouverte
les yeux fou tu as couché avec il la
lâcha et lui lança par la figure un tel
soufflet qu'elle alla tomber contre le
mur mais elle se retourna vers lui et
soulevée sur ses poignets
voiferra encore une fois tu as couché
avec il se rua sur elle et la tenant
sous lui la frappa comme s'il tapait sur
un homme elle se tue soudain et se mit à
gémir sous les cou elle ne remuait plus
elle avait caché sa figure dans l'angle
du parquet et de la mur
et elle poussait des cris plaintifs il
cessa de la battre et se redressa puis
il fit quelques pas par la pièce pour
reprendre son sang froid et une idée lui
étant venue il passa dans la chambre
emplit la cuvette d'eau froide et se
trempa la tête dedans ensuite il se lava
les mains et il revint voir ce qu'elle
faisait en s'essuyant les doigts avec
soin elle n'avait point bougé
elle restait étendue par terre pleurant
doucement il demanda auras-tu bientôt
fini de l'armoyer
elle ne répondit pas alors il demeura
debout au milieu de l'appartement un peu
gêné un peu honteux en face de ce corps
allongé devant lui puis tout à coup il
prit une résolution et saisit son
chapeau sur la cheminée bonsoir tu
remettras la clé au concierge quand tu
seras prête je n'attendrai pas ton bon
plaisir il sortit ferma la porte pénétra
chez le portier et lui dit madame est
restée elle s'en ira tout à l'heure vous
direz au propriétaire que je donne congé
pour le 1er octobre nous sommes au 16
août je me trouve donc dans les limites
et il s'en alla à grand pas car il avait
des courses pressées à faire pour les
derniers achats de la corbeille le
mariage était fixé au 20 octobre après
la rentrée des chambres il aurait lieu à
l'église de la Madeleine on en avait
beaucoup jasé sans savoir au juste la
vérité différentes histoires circulaient
on chuchotait qu'un enlèvement avait eu
lieu mais on n'était sûr de rien d'après
les domestiques madame Walter qui ne
parlait plus à son futur gendre c'était
empoisonné de colère le soir où cette
union avait été décidé après avoir fait
conduire sa fille au couvent à minuit on
l'avait ramené presque morte assurément
elle ne se remettrait jamais elle avait
l'air maintenant d'une vieille femme ses
cheveux devenaient tout gris et elle
tombait dans la dévotion communion tous
les dimanches dans les premiers jours de
septembre la vie française annonça que
le baron du roi de cantelle devenait son
rédacteur en chef monsieur Walter
conservant le titre de
directeur alors on s'adjoignit à un
bataillon de chroniqueurs connus des
coôtiers de rédacteurs politique de
critiqu d'art et de théâtre enlevé à
force d'argent aux grands journaux au
vieux journaux puissants et posés les
anciens journalistes les journalistes
graves et respectables ne haussaient
plus les épaules en parlant de la vie
française le succès rapide et complet
avait effacé la mésestime des écrivains
sérieux pour les débuts de cette feuille
le mariage de son rédacteur en chef fut
ce qu'on appelle un fait parisien Georg
du roi et les Walter ayant soulevé
beaucoup de curiosité depuis quelqu
temps tous les gens qu'on cite dans les
échos se promirent d'y aller cet
événement eut lieu par un jour clair
d'automne dès 8h du matin tout le
personnel de la Madeleine étendant sur
les marches du haut perron de cette
église qui domine la rue Royale un large
tapis rouge faisait arrêter les passants
annonçait au peuple de Paris qu'une
grande cérémonie allait avoir lieu les
employés se rendant à leur bureau les
petites ouvrières les garçons de magasin
s'arrêtaient regardaient et songeaient
vaguement aux gens riches qui
dépensaient tant d'argent pour s'acoupl
vers 10h les curieux commencèrent à
stationner ils demeuraient là quelques
minutes espérant que peut-être ça
commencerait tout de suite puis il s'en
allaiit à 11h des détachements de
sergent de ville arrivèrent et se mirent
presque aussitôt à faire circuler la
foule car des attroupements se formaient
à chaque instant les premiers invités
apparurent bientôt ceux qui voulaient
être bien placés pour tout voir ils
prirent les chaises en bordure le long
de la Nève centrale peu à peu il en
venait d'autres des femmes qui faisaient
un bruit d'étoffes un bruit de soie des
hommes sévères presque tous chauves
marchant avec une correction mondaine
plus graves encore en ce lieu l'église
s'emplissait lentement un flot de soleil
entrait par l'immense porte ouverte
éclairant les premiers rangs d'amis dans
le cœur qui semblait un peu sombre
l'hôtel couvert de cerge faisait une
clarté jaune humble et pâle en face du
trou de lumière de la grande porte on se
reconnaissait on s'appelait d'insigne on
se réunissait par groupe les hommes de
lettre moins respectueux que les hommes
du monde causaient à mi- voix on
regardait les femmes Norbert de varen
qui cherchait un ami aperçut Jacques
Rival vers le milieu des lignes de
chaises et il le rejoignit eh bien
dit-il l'avenir est au
malin l'autre qui n'était point enant
vieux répondit tant mieux pour lui sa
vie est faite et ils se mirent à nommer
les figures aperçues rival demanda
savez-vous ce qui est devenu sa femme le
poëte sourit oui et non elle vit très
retirée mon dit dans le quartier
Montmartre mais il y a un mai je lis
depuis quelques temps dans la plume des
articles politiques qui ressemblent
terriblement à ceux de forestier et de
Duroi et sont d'un nommé Jean l dol un
jeune homme beau garçon intelligent de
la même race que notre ami geor et qui a
fait la connaissance de son ancienne
femme d'où j'ai conclu qu'elle aimait
les débutants et les aimerait
éternellement
elle est riche d'ailleurs vaudrait qu'
la roche Mathieu n'ont pas été pour rien
les assidu de la
maison rival déclara
n'est pas mal cette petite madeleine
très fineine et très rouée elle doit
être charmante vous découvert mais
dites-moi moi comment se fait-il que du
roi se marie à l'église après un divorce
prononcé Norbert de varen répondit il se
marie à l'église parce que pour l'Église
il n'était pas marié la première fois
comment ça notre belelle ami par
indifférence ou par économie avait jugé
la mairie suffisante en épousant
Madeleine forestier il s'était donc
passé de bénédiction
ecclésiastique ce qui constituait pour
notre Sainte Mère l'Église un simple
état de
concubinage par conséquent il arrive
devant elle aujourd'hui en garçon et
elle lui prête toutes ses pompes qui
coûteront cher au Père
walterire la rumeur de la foule accrue
grandissait sous la voûte on entendait
des voix qui parlaient presque haut on
se montrait des hommes célèbres qui
posaient content d'être vu et gardant
avec soin leur maintien adopté devant le
public habitué à se montrer ainsi dans
toutes les fêtes dont ils étaient leur
semblait-il les indispensables ornements
les bibelot
d'art rival reprit dites donc mon cher
vous qui allez souvent chez le patron
est-ce vrai que Madame Walter est du roi
ne se parle jamais plus jamais elle ne
voulait pas lui donner la petite mais il
tenait le père par des cadavres
découverts paraît-il des cadavres
enterrés au Maroc il a donc menacé le
vieux de révélations épouvantables
Walter s'est rappelé l'exemple de la
roche Mathieu et il a cédé tout de suite
mais la mère
entêé comme toutes les femmes j qu'elle
n'adresserait plus la parole à son
gendre ils sont rudement drôle en face
l'un de l'autre elle a l'air d'une
statue de la statue de la
vengeance il est fort gêné lui bien
qu'il fasse bonne contenance car il sait
se gouverner
celui-là des confrères venaient leur
serrer la main on entendait des bouts de
conversation politiques et
vague comme le bruit d'une mer lointaine
le grouillement du peuple amassé devant
l'église entrait par la porte avec le
soleil montait sous la voûte au-dessus
de l'agitation plus discrète du public
d'élite massé dans le
temple tout à coup le Suisse frappa
trois fois le pavé du bois de sa
halbarde toute l'assistance se retourna
avec un long froufrou de jupe et un
remumement de chaise et là jeune femme
apparue au bras de son père dans la vive
lumière du portail elle avait toujours
l'air d'un joujou d'un délicieux joujou
blanc coiffé de fleurs d'oranger
elle demeura quelques instants sur le
seuil puis quand elle fit son premier
pas dans la nef les orgues poussèrent un
cri puissant annoncèrent l'entrée de la
marié avec leur grande voix de métal
elle s'en venait la tête baissée mais
point timide vaguement émue gentille
charmante une miniature
d'épousée les femmes souriaaient et
murmuraient en la regardant passer les
hommes chuchotaient exquise
adorable monsieur Walter marchait avec
une dignité exagérée un peu pâle les
lunettes d'aplomb sur le nez derrière
eux quatre demoiselles d'honneur toutes
les quatre vêtus de Ros et jolies toutes
les quatre formaient une cour à ce bijou
de reine les garçon d'honneur bien
choisi conforme au type allait d'un pas
qui semblait réglé par un maître de
Balet madame walterire les suivait
donnant le bras au père de son autre
gendre au marquis de La Tour yvelin âgée
de 72 ans elle ne marchait pas elle se
traînait prête à s'évanouir à chacun de
ses mouvements en avant on sentait que
ses pieds se collaient aux dalalles que
ses jambes refusaient d'avancer que son
cœur battait dans sa poitrine comme une
bête qui bondit pour s'échapper
elle était devenue maigre ses cheveux
blancs faisaient paraître plus blê
encore et plus creux son visage elle
regardait devant elle pour ne voir
personne pour ne son peut-être qu'à ce
qui la
torturait puis George duoi parut avec
une vieille dame inconnu il levait la
tête sans détourner non plus ses yeux
fixes durs sous ses sourcils un peu
crispé sa moustache semblait irritée sur
sa lèvre on le trouvait fort beau garçon
il avait l'allure fière la taille fine
la jambe droite il portait bien son
habit que tâchait comme une goutte de
sang le petit ruban rouge de la Légion
d'honneur puis venaient les parents rose
avec le sénateur Rissolin
elle était mariée depuis 6
semaines le comte de La Tour yvelin
accompagnait la vicomtesse de persemur
enfin ce fut une procession bizarre des
alliés ou amis de Duroi qu'il avait
présenté dans sa nouvelle famille gens
connus de l'Entremonde parisien qui sont
tout de suite les intimes et à
l'occasion les cousins éloignés des
riches parvenus gentilsh hommes
déclassés ruiné tâés mariés parfois ce
qui est P c'était monsieur de bellevigne
le marquis de
banjolin le comte et la comtesse de
Ravenel le duc de ramorano le prince
kravalov le chevalier
valrali puis des invités de Walter le
prince de Guerche le duc et la duchesse
de ferassine la belle marquise des
dunes quelques parents de Madame
walterire gardaient un air comme il faut
de province au milieu de ce défilé et
toujours les orgues chantaient
poussaient par l'énorme monument les
accents ronflants et rythmés de leur
gorges luisante qui crient au ciel la
joie ou la douleur des hommes on referma
les grands battant de l'entrée et tout à
coup il fit sombre comme si on venait de
mettre à la porte le
soleil maintenant George était
agenouillé à côté de sa femme dans le
cœur en face de l'hôtel
illuminé le nouvel évêque de Tanger
cross en main mitre en tête apparut
sortant de la sacristie pour les unir au
nom de
l'Éternel il posa les questions d'usage
échangea les anneaux prononça les
paroles qui lit comme des chaînes et il
adressa aux nouveaux époux une
allocution chrétienne il parla de la
fidélité longuement en terme pompeux
c'était un gros homme de grande taille
un de ces beaux prélard chez qui le
ventre est une
majesté un bruit de sanglot fit
retourner quelques têtes madame
walterire pleurait la figure dans ses
mains elle avait dû céder qu'aurait-elle
fait mais depuis le jour où elle avait
chassé de sa chambre sa fille revenu en
refusant de l'embrasser depuis le jour
où elle avait dit à voix très basse du
roi qui la saluait avec cérémonie en
reparaissant devant elle vous êtes
l'être le plus ville que je
connaisse ne me parlez jamais plus car
je ne vous répondrai point
elle souffrait une intolérable et
inapaisable torture
elle haïsait Suzanne d'une haine aigu
faite de passion exaspérée et de
jalousie déchirante étrange jalousie de
mère et de maîtresse
inavouable féroce brûlante comme une PLA
vive et voilà qu'un évêque les mariait
sa fille et son amant dans une église en
face de 2000 personnes et devant elle et
elle ne pouvait rien dire elle ne
pouvait pas empêcher cela elle ne
pouvait pas crier mais il est à moi cet
homme c'est mon amant cet union que vous
bénissez est
infâme plusieurs femmes attendres
murmurèrent comme la pauvre mère était
émue l'évêque
déclamait vous êtes parmi les heureux de
la terre parmi les plus riches et les
plus
respectés vous monsieur que votre talent
élève au-dessus des autres
vous qui écriz qui
enseignez qui
conseillez qui dirigez le peuple vous
avez une belle mission à remplir un bel
exemple à
donner du roi l'écoutait ivre d'orgueil
un prélat de l'Église romaine lui
parlait ainsi à lui et il sentait
derrière son dos une foule une foule
illustre venue pour lui il lui semblait
qu'une force le poussait le soulevait il
devenait un des maîtres de la terre lui
lui le fils des deux pauvres paysans de
quanteleu il les vit tout à coup dans
leur humble cabaret au sommet de la côte
au-dessus de la grande vallée de rouan
son père et sa mère donnant à boire au
campagnards du pays il leur avait envoyé
5000 francs en héritant du comte de
Vaudrec il allait maintenant leur en
envoyer 50000 et ils achèteraient un
petit bien ils seraient content
heureux l'évêque avait terminé sa
harangue un prêtre vêtu d'une étole
dorée montait à l'hôtel et les orgues
recommencèrent à célébrer la gloire des
nouveaux époux
tantôt elle jetait des clameurs
prolongées énormes enflé comme des
vagues si sonores et si puissante qu'il
semblait qu'elle dût se soulever et
faire sauter le toit pour se répandre
dans le ciel bleu leur bruit vibrant
emplissait toute l'Église faisait
frissonner la chair et les
âmes puis tout à coup elle se calmait et
des notes
alerte courait dans l'air effleurait
l'oreille comme des souffles légers
c'était de petits champs gracieux menus
sautillants qui voltent ainsi que des
oiseaux et soudain cette coquette
musique s'élargissait de nouveau
redevenant effrayante de force et
d'ampleur comme si un grain de sable se
métamorphosait en un monde
puis des voix humaines s'élevèrent
passèrent au-dessus des têtes inclinées
vauis et Landec de l'Opéra chantait
l'enang répandait une odeur fine de
bainjint et sur l'Hôtel Le sacrifice
divin
s'accomplissait l'homme Dieu à l'appel
de son prêtre descendait sur la terre
pour
consacrer le triomphe du baron GE du roi
belle ami à genou à côté de Suzanne
avait baissé le front il se sentait en
ce moment presque croyant presque
religieux plein de reconnaissance pour
la divinité qu'il avait ainsi favorisé
qui le traitait avec ses égards et sans
savoir au juste à qui il s'adressait il
la remerciait de son succès quand
l'Office fut terminé il se redressa et
donnant le bras à sa femme il passa dans
la
sacristie alors commença l'interminable
défilé des
assistants Georg affolé de joie se
croyait un roi qu'un peuple venait
acclamer il serrait des mains balbutiit
des mots qui ne signifiaient rien
saluait répondait au compliment vous
êtes bien
aimable soudain il aperçu madame de
Marel et le souvenir de tous les baisers
qu'il lui avait donné qu'elle lui avait
rendu le souvenir de toutes leurs
caresses de ses gentillesses du son de
sa voix du goût de ses lèvres lui fit
passer dans le sang le désir brusque de
la reprendre elle était jolie élégante
avec son air gamin et ses yeux vifs
George je pensais quelle charmante
maîtresse tout de même
elle s'approcha un peu timide un peu
inquiète et lui tendit la main il la
reçut dans la sienne et la garda alors
il sentit l'appel discret de ses doigts
de femme la douce pression qui pardonne
et reprend et lui-même il la serrait
cette petite main comme pour dire
je t'aime toujours je suis à
toi leurs yeux se
rencontrèrent souriant brillant plein
d'amour
elle murmura de sa voix
gracieuse à bientôt monsieur il répondit
gaient à bientôt madame et elle
s'éloigna d'autres personnes se
poussaient
la foule coulait devant lui comme un
fleuve enfin elle s'éclaircit les
derniers assistants
partir George reprit le bras de Suzanne
pour retraverser l'église elle était
pleine de monde car chacun avait regagné
sa place afin de les voir passer
ensemble il allait lentement d'un pas
calme la tête haute les yeux fixés sur
la grande baie ensoleillée de la porte
il sentait sur sa peau courir de légers
frissons ces frissons froids que donnent
les immenses bonheurs il ne voyait
personne il ne pensait qu'à lui
lorsqu'il parvint sur le seuil il
aperçut la foule amassée une foule noire
bruissante venue là pour lui pour lui
Georg du roi le peuple de Paris le
contemplait et
l'enviait puis relevant les yeux il
découvrit là-bas derrière la place de la
Concorde la Chambre des députés et il
lui sembla qu'il allait faire un bon du
portique de la Madeleine au portique du
Palais
Bourbon il descendit avec lenteur les
marches du hautéron entre de ha de
spectateurs
mais il ne les voyait point sa pensée
maintenant revenait en arrière et devant
ses yeux ébloui par l'éclatant soleil
flottait l'image de Madame de Marel
rajustant en face de la glace les petits
cheveux frisés de ses tempes toujours
des fait au sortir du lit
