Le patriarcat ne se limite pas aux interactions sociales ou aux rôles traditionnels : il s'incarne matériellement dans des espaces pensés par des hommes et pour des femmes.
C'est ici qu'intervient le spatio-féminisme, un courant qui analyse comment l'espace est structuré par et pour les hommes, limitant ainsi les femmes dans leurs déplacements, leurs interactions et leurs libertés.
Pour en parler, Quentin Lafay reçoit Nephtys Zwer, historienne et chercheuse spécialisée dans les questions de genre et de représentation spatiale.
Visuel de la vignette : Crédits : D. Morrison / Getty
et si et si l'espace son agencement son
organisation ses dispositions même
n'étai pas neutrre et si nous étions
aveugles quant à ses partis prix quant à
ses formes ces lieux de vie et ses de
circulation qui dans leur construction
même reproduiraient les inégalités entre
les femmes et les hommes je le disais
lumière ce soir sur un concept le spatio
féminisme avec vous ntit bonjour bonsoir
bonsoir même vous êtes chercheux en
histoire et culture des pays de langue
allemande et vous venez de faire
paraître pour un spatio féminisme de l'
passe à la carte un ouvrage qui vient de
paraître aux éditions La
[Musique]
Découverte c'est un ouvrage qui je dois
le dire on a trouvé collectivement dans
l'équipe de questions du soir
passionnant stimulant et vous expliquz
très vite qu'il s'agit d'un livre comme
une invitation à questionner nos
pratiques spatiales et notre rapport à
l'espace c'est quoi nos Pr spatiale
alors nos pratiques spatiales c'est la
façon dont
nous vivons vivons notre vie qui a qui a
une dimension spatiale quelque chose don
qu'on connaît en sciences social et
humaines depuis à peu près près d'un
demi-siècle qui qui veut que qu'il y a
une géographicité de notre vie donc une
spatialité c'est-à-dire que toutes nos
entreprises tous nos actes mais aussi
toutes nos pensées ont cette dimension
spatiale et il se trouve qu'après avoir
travaillé depuis quelques années sur la
contrecartographie il apparaissait de
plus en plus souvent que certains
groupes que je dirige lors d'atelier de
contrecartographie collective abordaient
la question du genre sans que je les y
ai invité apparaissaient des termes
comme les injustices que nous subissons
en tant que femme c'est-à-dire les
restrictions dans nos pratiques dans nos
nos attitudes nos codes
vestimentaires l'accès restreint que
nous vons avoir à certains lieux
notamment l'usage de la ville la nuit on
sait qu'il y a ces murs invisibles qui
interdisent aux femmes d'aller dans
certains endroits qui qui sont des des
des de pure construction puisque on sait
très bien que le lieu le plus dangereux
pour une femme c'est son domicile
c'est les problèmes arrivent dans le
privé et non dans le public et et cetera
donc il y a eu énormément de moments où
je me suis dit mais en fait c cette
notion de contrecart raphie elle est
elle elle elle est cousine de de nos
préoccupations en tant que féministes de
nos luttes et on retrouve dans les
théories féministes des féministes
depuis les années 70 pour ce qui
concerne les théories général et depuis
les années 90 pour ce qui concerne les
géographes notamment de la sphère
anglo-saxone puisqueen France on a eu
beaucoup de problèmes à admettre le fait
que la géographie devait aussi s'intér
adess aux questions sociales et que
parmi ces questions sociales il y avait
celles qui tour concernent le genre
alors comment est-ce qu'on fait surgir
justement au sein même de l'espace quand
on l'observe quand on l'analyse comment
est-ce qu'on fait surgir ces inégalités
comment est-ce qu'on les mettre en
relief comment est-ce qu'on en rend
compte très concrètement quelle est la
méthodologie scientifique pour y
parvenir alors c'est bien sûr
l'observation si vous venez de la
contrecartographie vous savez très bien
que ce que vous allez produire comme
connaissance comme inform tion c'est
vous qui qui en être maîtresse ou maître
vous la construisez tout simplement donc
votre observation si vous assumeer votre
subjectivité et les théoriciennes
féministes ont longtemps insisté sur la
le point de vue le point de vue dans la
chez la personne qui construit la
connaissance si vous l'assumez si vous
assumez votre subjectivité c'est-à-dire
que la carte par exemple que vous allez
produire mais ça pourrait être toute
forme de de production scientifique elle
est toujours subjective elle est
toujours conditionnée par votre position
personnelle il se trouve que la
connaissance la science est produite ce
qui a été dénoncé depuis longtemps par
les hommes elle est genrée elle-même
donc si vous vous positionnez dans une
attitude critique autocritique et que
vous assumez le fait que qu'il n'y a
aucune neutralité dans dans ces
productions vous vous pouvez faire
émerger des informations qui sinon
serait tu et vous vous vous atteignez à
une une
une subjectivité plus forte disent les
féministes c'est-à-dire que votre
objectivité en fait elle est relative et
vous l'assumer alors je vous fais
entendre je voudrais vous faire entendre
la voix d'un homme George Perrec et il
décrit l'espace dans lequel il se trouve
l'espèce d'espace justement et ça vous
fait déjà sourire petit F le temps est
plus vieux la circulation est plutôt
fluide la plupart des gens ont leur
parapluie ouvert je vois devant moi
laamorce de la rue du Four la portion du
boulevard Saint-Germain comprise entre
Mabillon et Saint-Germain des pr et en
tournant un peu la tête la rue de
bus une femme passe avec un imperméable
rouge une autre avec un cabat au feu
rouge de la rue du Four une mobylette
s'arrête avec un homme qui porte une
combinaison
orange dans l'autre sens une camionnette
diffusion princesse sur le vloard
Saint-Germain passe un autobus 63 et un
autobus 96 qui porte une publicité pour
Véronique Sanson bon voilà moi quand
j'écoute Georges Perrec je me dis je
vois déjà où il se situe pour connaître
un peu le quartier il est au cœur du 6e
arrondissement euh de Paris je me dis il
le décrit d'une façon objective ce
quartier il est décrit d'une façon
neutre ces rues qu'il traverse et qu'il
observe oui euh euh ça me fait sourire
parce que j'ai récemment euh lors du
festival du Printemps d'cartes de
Montmorillon j'ai repris son principe de
de l'épuisement chez lui c'est la
Tentative d'épuisement d'un lieu
parisien et nous avons épuisé un lieu
montmorionnais c'est-à-dire la cité
médiévale avec des des géograpes et des
non géographes avec l'idée de de
découvrir comment la carte pouvait
épuiser ce lieu c'est-à-dire en donner
une image exhaustive et il s'est avéré
que les productions montraient très bien
que nous ne dessinons pas ce que nous
voyons mais nous dessinons ce que nous
savons quand Perek analyse les restitue
ses perceptions il a
c'est en connaissance de cause et euh il
connaît il connaî les ce qui a pu
nourrir ces manifestations et c'est
pareil pour la cartographie donc nous ne
nous nous projetons toujours et nous
construisons toujours notre discours sur
l'espace que ce soit de façon
scriptuaire que ce soit de de façon
iconographique comme le fait la
cartographie ce qui est également
passionnant c'est que dans cet ouvrage
vous montrer que ces inégalités sont à
double sens elles s'inscrivent à la fois
dans l'espace elles s'inscrivent dans le
territoire mais elles en reproduisent
d'autres elles sont elles-mêmes
productrices d'inégalité entre les
femmes et les hommes est-ce que vous
pouvez revenir nous expliquer peut-être
ce double mouvement oui oui c'est c'est
bien une dialectique c'est-à-dire que
nous produisons l'espace pour reprendre
les termes d'Henry Lefèvre et l'espace
nous produit il y a d'une part l'espace
que l'on conçoit que l'on construit que
les urbanistes que les architectes
conçoivent et depuis les années 50 c'est
c'est la l'architecture fonctionnelle
qui a prévalu et dans laquelle nous
vivons encore aujourd'hui ou euh
certains certaines activités humaines
l'habité plutôt l'habitat dans ce cas-là
euh le le travail l'activité
professionnel les loisirs sont euh sont
séparés les uns des autres ce qui a un
impact par exemple sur les personnes qui
seraient en charge du ka c'est-à-dire du
soin de des travaux domestiques ce qui
incombe majoritairement encore
aujourd'hui aux femmes donc et certaines
géographes comme Jacqueline Coutras
disait elles ne peuvent plus faire leur
devoir social euh nous ne l'appions
autrement aujourd'hui l'appellerion
autrement aujourd'hui c'est-à-dire elles
ne peuvent plus prendre en charge tout
ce qui construit qui fait la chair de la
vie en société c'est elles ont une
présence dans la société conditionné par
leur leurs attributs leurs obligations
et ceci disparaît dans l'architecture
fonctionnelle donc on a ce cadre on a
aussi un paysage un paysage urbain par
exemple j'ai fait des explorations
urbaines où nous dénotion euh euh t tous
les signes masculins dans l'espace
c'est-à-dire la statue tu bien sûr où
les femmes ont une certaine position en
adoration devant les hommes elles sont
indifférenciées ce sont des collectifs
elles n'ont pas de nom elles sont en
admiration devant des grands hommes qui
eux sont nommés vous avez aussi les les
deventures des magasins les noms des
restaurants et cetera vous avez toute
une analyse à faire sur ce paysage
urbain qui conditionne notre perception
ça c'est une chose donc le cadre dans
lequel nous vivons mais nous-même quand
nous avons intériorisé certaines normes
qui sont des normes de genre qui
influencent ces pratiques nous-même nous
pratiquerons l'espace d'une certaine
façon et euh que c'est inscrit dans nos
corps dans nos esprits dans nos corps
moi en tant que femme je vais m'asseoir
autrement que vous dans le
RER voilà je je lancerai la balle
autrement c'est-à-dire que les femmes
ont une autre motilité elles conçoivent
leur corps autrement comme fragile comme
à protéger et euh elles auront une autre
mobilité aussi ce qui est dû à leur rôle
social et à leur propre conception de de
de de leur droit de leur légitimité dans
l'espace qui est restreint voilà et donc
à toutes les échelles les enveloppes du
corps on peut on peut cons constater ces
différen de de comportement des
inégalités inscrites dans les corps vous
l'avez dit des inégalités inscrites
également dans l'espace urbain et dans
les dans l'architecture évidemment C
unité c'est une cité jardin verticale
qui groupe 1600 personnes en un seul
bloc d'habitation les avantages les plus
clairs c'est libérer la femme la
maîtresse de maison
des contraintes domestiques qui sont un
véritable esclavage et qui peuvent être
facilités par l'organisation des
services communs tels que les
ravitaillements dans la maison elle-même
par coopérative la médecine préventive
et le dispensèire la culture physique
réalisé dans cette unité d'habitation
les clubs d'enfants à tous âge également
qui permettent au moment de sentir que
leurs enfants se trouvent en bonne
compagnie sous une discipline soit de
l'autodiscipline soit une discipline
gardée cette cité jardin vertical
permet l'élevage pardonnez-moi le mot
l'élevage de l'enfance l'élevage de
l'enfance quelle belle expression c'est
évidemment le Corbusier Le Corbusier qui
décrit cette cité radieuse implantée
dans les quartiers nords de Marseille
c'est aussi l'illustration d'un temps où
l'architecture était voulue comme
rationnelle absolument fonctionnelle
c'est vous qui avez employé le mot
neptisphè qu'est-ce que vous lui
reprochez à ce Corbusier dans sa manière
de concevoir l'architecture alors j'ai
j'ai lu beaucoup de textes du Corbusier
euh et j'admire la Cité Radieuse par
ailleurs euh le problème c'est que euh
Le Corbusier et d'autres après lui
aujourd'hui encore font référence à
l'homme universel l'homme universel le
Modulor qu'il a développé est la mesure
de tout donc la femme disparaît derrière
cette conception de l'être humain
euh strictement strictement inféodé à
euh à la à l'être humain mal et ces
cités radieuses c'estes ces ville
fonctionnelle justement au lieu de
révolutionner et à l'origine le corp
buusier se veut révolutionnaire au lieu
de révolutionner le donner vont chercher
à l'aménager donc on aménage la vie des
femmes en fonction de celle des hommes
et et on continue encore aujourd'hui je
voudrais vous citer justement Le
Corbusier d'ailleurs les CIT la Cité
Radieuse ne se situe pas dans les
quartiers nord comme je le disais mais
dans le sud de Marseille le corp buugier
qui dit l'esprit de chaque homme formé
par sa collaboration quotidienne à
l'événement moderne a consciemment ou
inconsciemment formulé des désirs ces
désirs se rattachent fatalement à la
famille instinct de base de la société
et l'homme ainsi doit pouvoir poursuivre
dans le repos le développement organique
de son existence lequel est de créer une
famille et de vivre comme tous les
animaux de la terre et comme tous les
hommes de tous les temps en famille
organisé fin de citation pourquoi cette
citation est au cœur de ce spatio
féminisme que vous appelez de vos vœux
voilà justement pour cette raison de de
la référence à l'homme universel qui
invisibilise complètement le travail et
la présence des femmes et cela se
décline absolument sur tous les plans si
vous prenez une carte mon objet de
référence favorie les cartes sont
construites sur des données des données
chiffrées très souvent la
contrecartographie utilisera des données
qualitatives mais on a généralement des
données quantitatives ces données
occultent complètement l'activité
produitite par les femmes je pense par
exemple au PIB qui lui va mesurer la
richesse d'un pays sans tenir compte du
travail de reproduction comme on
l'appelle c'est-à-dire du travail du
soin effectué majoritairement par les
femmes qui n'apparaît pas comme une
production de richesse alors qu'elle
contribue au bien-être de la population
générale voilà donc on a une
invisibilisation de de la présence des
femmes au monde tout simplement et des
des des programmes urbanistiques comme
ceux de de l'architecture
fonctionnelle contribue à à maintenir
l'idée qu'il ce sont des projets
faustiens si vous voulez l'homme
faustien qui est en maîtrise totale de
son monde et cet homme-là est bien un
homme et non pas une femme et la
contrecartographie mais aussi les
féministes dans leur théories vont
s'ériger en contre ce ce discours de la
modernité qui qui veut vous proposer des
analyses des solutions or cette cette
analyse ces solutions elles sont
construes par des hommes dans une
certaine dans une certaine perspective
en occultant et énormément de choses qui
serait celle du vécu du sensible de
l'émotion de l'existence je vrais qu'on
s'intéresse maintenant à l'étude
géographique microogéographique que vous
faites des foyers et un intérêt
particulier que vous développez pour la
géographie des cuisines là encore
comment elles illustrent ces cuisines
une géographie de l'inégalité entre les
femmes et les hommes bien sûr ben
justement Le Corbusier la Cité Radieuse
vous avez une
cuisine restreinte bien sûr qui doit
permettre aux femmes à la fois d'être
présente de discuter avec la famille
mais en même temps de faire son devoir
c'est-à-dire de femme la cuisine c'est
l'endroit où on les enferme et je cite
largement le film de Chantal akarman
Jean Dilman qui apporte qui
amène à son expression la plus ultime
cette restriction à la domesticité à la
fois rassurante mais
enferment réservée aux femmes
aujourd'hui encore et on en vient très
vite à la double ou triple charge
mentale c'est c'est-à-dire que la femme
en s'émancipant il y a un moment depuis
les années 80 on a parlé d'émancipation
des femmes en fait on lui demandait
d'assumer deux tche c'est-à-dire celle
de la femme au foyer et en même temps
celle de d'une activité professionnelle
et elles ont essayé de concilier les
deux au prix au prix de leur santé de
leur santé morale et de leur bien-être
économique aussi et qu'est-ce que nous
enseigne là-dessus sur ce point précis
la recherche en géographie en quoi
l'espace même tente à enfermer les les
femmes là où on voudrait qu'elles soi
h c'est alors le notre rapport à
l'espace fouodi c'est une question de
pouvoir le pouvoir s'exprime dans
l'espace Hann rent le dit autrement elle
dit dans l'espace va se produire l'entre
humain c'est-à-dire l'action et c'est ça
qui va donner forme au monde c'est pour
ça que j'évoque justement la dimension
fausienne de ces projets la cuisine
c'est une façon tout comme le corps tout
comme les codes vestimentaires tout
comme les codes comport comportementaux
que la domination nous fait accepté
c'est une façon de contrôler les femmes
et on voit dans la triste actualité euh
combien ce ce besoin du contrôle sur C
cette altérité euh qu'on bon les
anthropologues l'ont très bien développé
François héritier euh la femme par sa FA
faculté de reproduction fait peur et il
va il va s'agir de de bien de bien
s'approprier ses facultés et et donc de
lui euh de lui désigner une place de la
restreindre dans ses mouvements dans ses
comportements dans ses idées et tout ça
et de et cette Valance différentielle
des sexes dont elle parle elle s'exprime
de cette façon donc nous sommes notre un
corps nous sommes dans un lieu nous
avons un espace nous avons
éventuellement un territoire celui que
la portion de d'espace que nous allons
nous approprier et
euh la personne qui a le pouvoir
c'est-à-dire 50 % de l'humanité quand
même euh va pouvoir utiliser ces euh un
dispositif physique physique de
contrainte après l'architecture après la
cuisine troème exemple géographique que
je voulais évoquer avec vous neptis sphè
ce sont les différences dans les modes
de circulation dans l'espace urbain
alors qu'est-ce qu'il nous enseigne ces
différences de circulation ces
différences entre les femmes et les
hommes on circule pas de la même manière
euh absolument nous n'avons pas les
mêmes fonctions on s'est penché par
exemple sur les déplacements des
adolescentes et adolescents les
adolescents se déplaceront en fonction
d'intérêt personnel pour le sport pour
leur
groupe d'amis euh les les jeunes femmes
prendront très tôt en charge des
relations sociales à l'encontre d'autres
classes d'âge à l'encontre de d'autres
groupes économiques et elles se
déplaceront donc différemment elles ne
l'ont pas choisi cela se fait très
naturellement depuis le berceau depuis
l'école si vous prenez l'école la cour
d'école aujourd'hui encore vous avez des
cours d'école occupé au centre par un
terrain de foot or on se rend très bien
compte il y a énormément d'études
là-dessus j'en montre dans le
livre le centre est occupé par les
garçons parce qu'ils ont cette autre
motilité cette autre violence dans dans
les comportements qui font que les
filles se tiennent debout autour du
terrain central de l'école immobile en
discutant en regardant les garçons
placer passer devant n'importe quel parc
aménager avec un terrain de basket avec
avec des des des agris de musculation
vous y verrez des hommes voilà donc même
les budgets les budgets alloués à ce
genre d'infrastructure serviront prior
ement aux hommes aux garçons puisqu'on
estime que eux il faut les canaliser et
les filles sont beaucoup plus sages
voilà et vous avez des des centaines et
des centaines
d'exemples à tous les niveaux que ce
soit du plus intime ou plus auou plus
général même de la
géopolitique on sait très bien j'essaie
de l'expliquer dans le livre en tirant
des exemples par exemple de ce qui se
passe à athèn avec Stéphan mitzara qui
montre à
Exarchia la Grèce soumise à un plan de
de de presque plan de structurement euh
structurel de d'ajustement structurel
euh a un cela a un impact direct sur la
vie des femmes la dette publique impacte
la vie des femmes tout simplement parce
qu'elle suppose une restriction de
toutes les facilité à la vie quotidienne
c'est-à-dire aux infrastructures euh qui
qui disparaîtront et qui rendront leur
vie beaucoup plus compliquée comme en
plus ayant intégré toute cette
domination elles ont elles partent avec
des conditions économiques bien moins
favorable du fait notamment des
maternités on sait que c'est elles qui
vont hypothéquer leur carrière
professionnelle je montre d'ailleurs un
cylindre spatiotorel c'est-à-dire une
espèce d'aquarium dans lequel on voit
les déplacements relatifs donc le
parcours d'une femme mère de famille et
d'un homme et on voit que les mêmes
distances parcourues servent d'autres
objectifs dans un cas s'occuper des
enfants dans l'autre s'occuper de sa
carrière vous imaginez bien que une
femme ayant euh restreint ses ses ces
opportunités aura une autre retraite en
cas de séparation sera très très très
pénalisé et cetera et tout s'enchaîne à
partir de ce moment-là donc on voit
qu'en regardant l'espace en l'analysant
de façon très simple on arrive à déceler
tout tous les toutes les manifestations
de ce dispositif et et ce qui est très
stimulant c'est que de ces constats
scientifiques que vous dressez de ce
diagnostic que vous dessiner vous
proposez de dessiner d'autres
instruments justement notamment des de
nouvelles cartes puisque c'est votre
objet favori vous le disiez d'autres
cartographies renversées de la
cartographie radicale alors comment on
passe de cet espace décrit à ces
nouvelles cartes alors ces nouvelles
cartes il y en a de plus en plus et je
suis heureuse d'animer des ateliers en
ce sens
et atelier difficile j'ai j'ai j'ai
réalisé énormément d'ateliers de
contrecartographie j'allais dire
classique ce n'est pas classique bien
sûr mais sur les sujets qui euh les
centres de d'intérêt des des
participantes qu'est-ce qui est
difficile de d'analyser sa sa propre
existence et quand vous avez par exemple
sur le thème du genre des groupes mixtes
il y a eu des ateliers où les
discussions ont été ardues puisque nous
portons un autre regard sur ce qui nous
arrive sur nos propres pratiques et
après il s'agit de mettre ça en forme et
c'est là que se négocie la la mise en
forme de l'information les ateliers
servent à ça en fait c'est c'est à se
déjà à prendre conscience du phénomène à
partager nos informations à les croiser
et ensuite à faire émerger si possible
quelque chose de commun et on en est
toujours au point où entre entre les
sexes différence c'est difficile c'est
encore difficile mais on on peut
produire des informations gênantes mais
qui montreront que par exemple même des
enfants j'ai un groupe qui récemment a
montré comment des enfants euh selon les
lieux selon vous étiez de attribuer au
que vous étiez qualifié de filles ou de
garçons euh avait des pratiques
radicalement différentes voilà donc
quelque part on va faire émerger une
conscience c'est ça la
contrecartographie personnellement et ça
va permettre la Fédération d'un groupe
et à partir du moment où vous serez
inscrite sur la carte ce qu'on fait les
les populations autochtones depuis plus
d'un demi-siècle depuis les années 60 ce
ce que fait la contrecartographie c'est
s'inscrire soi-même sur la carte et
considérer que les informations que vous
apportez même si vous n'êtes pas
spécialiste si vous n'êtes pas géographe
ni cartographe ces informationsl puisque
c'est de l'espace vécu euh
empiriquement euh elles ont un intérêt
une valeur et ceci va vous permettre de
formuler un message qui aura force de
loi la la puissance de la carte vous le
pouvoir de la carte vous allez pouvoir
l'utiliser avec une autre finalité que
celle d'assoir un pouvoir en place qui a
toujours été le cas jus de la
cartographie traditionnelle qui vient
notamment de la démarche militaire
notamment voilà il suffit de penser à la
colonisation la carte a servi à
coloniser le monde et là on pourra faire
tout un cours d'histoire là-dessus c'est
quoi un bon objet de contrecartographie
neptisphère eu un bon objet alors un bon
objet ce serait celui qui a produit ses
effets c'est-à-dire que le groupe a pu
tomber je fais surtout de la
cartographie collective le groupe a pu
tomber d'accord sur l'information
formulée ça arrive très souvent il y a
un moment où dans le groupe soudain il y
a un événement qui se passe et même des
les antagonismes sont soudain lcés par
exemple ben je pense à un groupe qui euh
qui avait des modes d'habité très
différents c'est-à-dire résidentiel et
et social et et ce groupe a mis
longtemps à faire sa carte qui montrait
ses pratiques de l'espace végétalisé qui
n'était pas du tout l'espace désigné
mais un espace personnel et se rendait
compte que c'est par leurs enfants que
les personnes en fait avaient les mêmes
comportements c'est-à-dire chercher des
endroits verts où respirer avec même
leurs chiens avec leurs enfants et le la
paix est apparue dans ce groupe à ce
moment-là donc donc en fait nous sommes
confrontés aux mêmes problématiques et
c'est une façon
de la paix est apparue c'estàd que la
carte avait produit elle-même un état
j'allais dire plus pacifique entre les
membres de ce groupe tout à fait tout à
fait c'est ça une des grandes fonctions
le mapping en fait c'est le processus
qui est intéressant après ces cartes
comme comme je l'explique par ailleurs
aussi dans d'autres livres elles sont
tributaires d'une économie une économie
de l'information si vous si vous êtes
aux manettes de cette économie vous
pourrez diffuser vos cartes et ces
cartes au contraire ce sont des cartes
qui ont un intérêt au moment de leur
réalisation pour ce qu'elles provoquent
au groupe après bien sûr vous pourrez
les produire elles serviront à
administrer la preuve vous pourrez les
produire devant des tribunaux devant des
ONG obtenir gain de cause mais ce qui
est le plus important c'est de et
surtout pour ce qui concerne le genre
les pratiques genré de l'espace c'est de
de travailler de de de de conscientiser
cette cette problématique merci beaucoup
netis d'être ven beaucoup de
cartographie de cartographie radicale de
spatio féminisme autant de concept
stimulants je rappelle le titre de cet
ouvrage qui vient de paraître aux
édition de la découverte pour un spatio
féminisme et où est-ce qu'on peut vous
trouver pour participer à ces ateliers
qui rendent plus pacifiqu alors j'anime
un site
imagomundi.fr où on peut me contacter et
je je réalise énormément d'ateliers que
ce soit pour des groupes d'activistes ou
des institution euh et euh et je
présente l'ouvrage aussi en librairie
sur le site de la découverte vous
trouerez toutes les informations merci
encore et merci évidemment à toutes
celles et ceux qui ont fait cette
émission avec moi Stéphanie villu Roxane
Poulin fan rich Berty bourdon Flor le
calvz et mathtias SMI à la réalisation
François Richer et au manette d'