Bel-Ami. Partie 2. Chapitre 5

Audiolude
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Narrateur : Alain Couchot
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[Musique]
chapitre
5 l'automne était venu les du roi
avaient passé à Paris tout l'été menant
une campagne énergique dans la vie
française en faveur du nouveau cabinet
pendant les courtes vacances des députés
quoi qu'on fut seulement dans les
premiers jours d'octobre les chambres
allaient reprendre leurs séances car les
affaires du Maroc devenait
menaçante personne au fond ne croyait à
une expédition vers Tanger bien que le
jour de la séparation du Parlement un
député de la droite le comte de Lambert
Sarasin dans un discours plein d'esprit
applaudit même par les centres eut
offert de parier et de donner en gage sa
moustache comme avait fait jadis un
célèbre viceroi des Inde contre les
favoris du chef du conseil que le
nouveau cabinet ne se pourrait tenir
d'imiter l'ancien et d'envoyer une armée
à Tanger en pendant à celle de Tunis par
amour de la symétrie comme on met deux
vases sur une cheminée il avait ajouté
la terre d'Afrique est en effet une
cheminée pour la France messieurs une
cheminée qui brûle notre meilleur bois
une cheminé à grand tirage qu'on allume
avec le papier de la banque
vous vous êtes offert la fantaisie
artiste d'orneré l'angle de gauche d'un
Bibot tunisien qui vous coûte cher vous
verrez que Monsieur Marau va vouloir
imiter son prédécesseur et orner l'angle
de droite avec un biibleot Marocain ce
discours demeuré célèbre avait servi de
thème à duoi pour 10 articles sur la
colonie algérienne pour toute sa série
interrompue lors de ces début au journal
et il avait soutenu énergiquement l'idée
d'une expédition militaire bien qu'il
fut convaincu qu'elle n'aurait pas lieu
il avait fait vibrer la corde
patriotique et bombarder l'Espagne avec
tout l'arsenal d'arguments méprisant
qu'on emploie contre les peuples dont
les intérêts sont contraires au
vôtres la vie française avait gagné une
importance considérable à ses attaches
connues avec le pouvoir elle don avant
les feuilles les plus sérieuses les
nouvelles politiques indiquaient par des
nuances les intentions des ministres ses
amis et tous les journaux de Paris et de
la province cherchaient chez ell leurs
informations on la citait on la
redoutait on commençait à la respecter
ce n'était plus l'organe suspect d'un
groupe de tripoteurs politique mais
l'organe avoué du cabinet la roche
Mathieu était l'âme du journal et du roi
son voix le père Walter député muet et
directeur côteleux sachant s'effacer
s'occupait dans l'ombre disait-on d'une
grosse affaire de mine de cuivre au
Maroc le salon de Madeleine était devenu
un centre influent où se réunissaient
chaque semaine plusieurs membres du
cabinet le président du Conseil avait
même dîner deux fois chez elle et les
femmes des hommes d'État qui hésitaient
autrefois à franchir sa porte se vant à
présent d'être ses amis lui faisant plus
de visite qu'elle ne recevait d'elle le
ministre des Affaires étrangères régnait
presque en maître dans la maison il y
venait à toute heure apportant des
dépêches des renseignements des
informations qu'il dictaiit soit au mari
soit à la femme comme s'ils eussent été
ses secrétair quand duoi après le départ
du ministre demeurait seul en face de
Madeleine il s'emportait avec des
menaces dans la voix et des insinuations
perfides dans les paroles contre les
allures de ce médiocre parvenu mais elle
haussait les épaules avec mépris
répétant fais-en autant que lui toi
deviens ministre et tu pourras faire ta
tête jusque-là tais-toi il frisait sa
moustache en la regardant de côté on ne
sait pas de quoi je suis capable
disait-il
on la prendra peut-être un jour elle
répondait avec philosophie qui vivra
verra le matin de la rentrée des
chambres la jeune femme encore au lit
faisait 1LE recommandations à son mari
qui s'habillait afin d'aller déjeuner
chez Monsieur Laroche Mathieu et de
recevoir ses instructions avant la
séance pour l'article politique du
lendemain dans la vie française cet
article devant être une sorte de
déclaration officieuse des projets réels
du cabinet Madeleine disait surtout
n'oublie pas de lui demander si le
général beloncle est envoyé à Auran
comme il en était question cela aurait
une grande
signification George nerveux répondit
mais je sais aussi bien que toi ce que
j'ai à faire fiche-moi la paix avec tes
rabachages
elle reprit tranquillement mon cher tu
oublies toujours la moitié des
commissions dont je te charge pour le
ministre il grogna
elle m'embête ton ministre à la fin
c'est un serein
elle dit avec calme ce n'est pas plus
mon ministre que le tien iltait plus
utile qu'à moi il s'était tourné un peu
vers elle en ricanant pardon il ne me
fait pas la cour à moi elle déclara
lentement
à moi non plus d'ailleurs mais il fait
notre fortune il se tu puis après
quelques instants si j'avais à choisir
parmi tes adorateurs j'aimerais encore
mieux cette vieille ganache de Vaudrec
qu'est-ce qu'il devient celui-là je ne
l'ai pas vu depuis 8 jours elle répliqua
sans s'émouvoir il est souffrant il m'a
écrit qu'il gardait même le lit avec une
attaque de goutte tu devrais passer
prendre de ces nouvelles tu sais qu'il
t'aime beaucoup et cela lui ferait
plaisir George répondit oui certainement
j'irai tantôt il avait achevé sa
toilette et son chapeau sur la tête il
cherchait s'il n'avait rien négligé
n'ayant rien trouvé il s'approcha du lit
embrassa sa femme sur le front à tantôt
ma chérie je ne serais pas rentré avant
7h ou plutôt et
sortit monsieur Laroche Mathieu
l'attendait car il déjeunait à 10h ce
jour-là le Conseil devant se réunir à
midi avant la réouverture du Parlement
dès qu'ils furent à table seul avec le
secrétaire particulier du ministre
monsieur Laroche Mathieu n'ayant pas
voulu changer l'heure de son repas Duroi
parla de son article il en indiqua la
ligne consultant ses notes griffonnées
sur des cartes de visite puis quand il
eut fini
voyez-vous quelque chose à modifier mon
cher ministre fort peu mon cher ami vous
êtes peut-être un peu trop affirmatif
dans l'affaire du Maroc parler de
l'expédition comme si elle devait avoir
lieu mais en laissant bien entendre
qu'elle n'aura pas lieu et que vous n'y
croyez pas le moins du monde faites que
le public lise bien entre les lignes que
nous n'irons pas nous fourrer dans cette
aventure parfaitement j'ai compris et je
me ferais bien comprendre ma femme m'a
chargé de vous demander à ce sujet si le
général beloncle serait envoyé à Auran
après ce que vous venez de dire je
conclus que non l'homme d'État répondit
non puis on causa de la session qui
s'ouvrait la roche Mathieu se mit à
pérorer préparant l'effet des phrases
qu'il allait répandre sur ses collègues
quelques heures plus tard il agitait sa
main droite le vent en l'air tantôt sa
fourchette tantôt son couteau tantôt une
bouchée de pain et sans regarder
personne s'adressant à l'Assemblée
invisible il expectecterait son
éloquence
[Musique]
licoreuse une très petite moustache
roulée redressait sur sa lèvre deux
pointes pareilles à des que de scorpion
et ses cheveux huilés de brillantine
séparés au milieu du front arrondissait
sur ses tempes deux bandeaux de bellâtre
provincial il était un peu trop gras un
peu bouffi bien que jeune le ventre
tendait son gilet le secrétaire
particulier mangeait et buvait
tranquillement accoutumé sans doute à
ses douches de faconde mais du roi que
la jalousie du succès obtenu mordait au
cœur
songeait va donc ganach
quel crétin que ces hommes politiques
et comparant sa valeur à lui à
l'importance bavarde de ce ministre il
se
disait
Christi si j'avais seulement 100000
francs net pour me présenter à la
députation dans mon beau pays de rouan
pour rouler dans la pâte de leur grosse
malice mes braves Normands finaux et
lourdour quel homme d'État je ferais à
ca de ces poissons
imprévoyants jusqu'au café monsieur
larocheemathieu parla puis ayant vu
qu'il était tard il sonna pour qu'on fut
avancer son coupé et tendant la main au
journaliste c'est bien compris mon cher
ami parfaitement mon cher ministre
comptez sur moi et du roi s'en alla tout
doucement vers le journal pour commencer
son article car il n'avait rien à faire
jusqu'à 4h à 4h il devait rrouver rue de
Constantinople madame de Marel qu' y
voyait régulièrement deux fois par
semaine le lundi et le vendredi mais en
entrant à la rédaction on lui remit une
dépêche fermée elle était de Madame
Walter et disait il faut absolument que
je te parle aujourd'hui c'est très grave
très grave attends-moi à 2h rue de
Constantinople je peux te rendre un
grand service ton ami jusqu'à la mort
Virgine
il jura nom de Dieu quel crampon et
saisi par un accès de mauvaise humeur il
ressortit aussitôt trop irrité pour
travailler depuis 6 semaines il essayait
de rompre avec elle sans parvenir à
lasser son attachement acharné
elle avait eu après sa chute un accès de
remord épouvantable et dans trois
rendez-vous successifs avait accablé son
amant de proche et de
malédiction ennuyé de ces scènes et déjà
rassasié de cette femme mû et dramatique
il s'était simplement éloigné espérant
que l'aventure serait finie de cette
façon mais alors elle s'était accrochée
à lui et perdument se jetant dans cet
amour comme on se jette dans une rivière
avec une pierre au cou il s'était laissé
reprendre par faiblesse par complaisance
par égard et elle l'avait emprisonné
dans une passion effrainée et fatigante
elle l'avait
persécuté de sa tendresse
elle voulait le voir tous les jours
l'appelait à tout moment par des
télégrammes pour des rencontres rapide
au coin des rues dans un magasin dans un
jardin public elle lui répétait alors en
quelques phrases toujours les mêmes
qu'elle l'adoraait et l'idolâtrait puis
elle le quittait en lui jurant qu'elle
était bien heureuse de l'avoir vu
elle se montrait tout autre qu'il ne
l'avait rêvé essayant de le séduire avec
des grâces puériles des enfantillages
d'amour ridiculle à son
âge étant demeurer jusque-là strictement
honnête vierge de cœur fermée à tout
sentiment ignorante de toute sensualité
ça avait été tout d'un coup chez cette
femme sage dont la quarantaine
tranquille semblait un A pâle après un
été froid ça avait été une sorte de
printemps fané plein de petites fleurs
malsorti et de bourgeons avortés une
étrange éclosion d'amour de fillette
d'amour tardif ardent et naïf fait
d'élans imprévus de petits cris de 16
ans de cajoleries embarrassantes de
grâce vieillies sans avoir été jeune
elle lui écrivait 10 lettres en un jour
j des lettres niaisements folles d'un
style bizarre poétique et risible orné
comme celui des Indiens plein de noms de
bêtes et d'oiseaux dès qu'ils étaient
seuls elle l'embrassait avec des
gentillesses lourdes de grosses gamines
des mou de lèvres un peu grotesques des
sauteries qui secouaient sa poitrine
trop pesante sous l'étoffe du
corsage il était surtout équeuré de
l'entendre dire mon rat mon chien mon
chat mon bijou mon oiseau bleu mon
trésard et de l'avir s'offrir à lui
chaque fois avec une petite comédie de
pudeur enfantine de petits mouvement de
crainte qu'elle jugeait gentille et de
petits jeux de pensionnaire dépravé
elle demandait à qui cette bouche là et
quand il ne répondait pas tout de suite
c'est à moi
elle insistait jusqu'à le faire pâlir
d'énervement
elle aurait dû sentir lui semblait-il
qu'il faut en amour un Tacte une adresse
une prudence et une justesse extrême que
s'étant donné à lui
elle mû mère de famille femme du monde
elle devait se livrer gravement avec une
sorte d'emportement contenu c'est vert
avec des larmes peut-être mais avec les
larmes de Didon non plus avec celle de
Juliette
elle lui répétait sans cesse comme je
t'aime mon petit maimes-tu autant dit
mon bébé il ne pouvait plus l'entendre
prononcer mon petit ni mon bébé sans
avoir envie de l'appeler ma vieille
elle lui disait quelle folie j'ai faite
de te céder mais je ne le regrette pas
c'est si bon
d'aimer tout cela semblait à George
irritant dans cette bouche elle
murmurait c'est si bon
d'aimer comme l'aurait fait une ingénue
au théâtre et puis elle exaspérait par
la maladresse de sa
caresse devenu soudain sensuelle sous le
baiser de ce beau garçon qui avait si
fort allumé son sang elle apportait dans
son étreinte une ardeur inhabile et une
application sérieuse qui donnait à rire
à du roi et le faisait songer au
vieillard qui essaye d'apprendre à lire
et quand elle aurait dû le meurtrir dans
ses bras en le regardant ardemment de
cet œil profond et terrible qu'on
certaines femme
défraîchie superbe en leur dernier amour
quand elle aurait dû le mordre de sa
bouche muette et frissonnante en
l'écrasant sous sa chair épaisse et
chaude fatiguée mais insatiable elle se
trémoussait comme une gamine et zésayait
pour être gracieuse taimes tant mon
petit taimes tant fais un beau Mamour à
ta petite femme il avait alors une envie
folle de jurer de prendre son chapeau et
de partir en tapant la porte il s'était
vu souvent dans les premiers temps rue
de Constantinople mais du roi qui
redoutait une rencontre avec Madame de
Marel trouvait 1000 prétextes maintenant
pour se refuser à ses rendez-vous il
avait dû alors venir presque tous les
jours chez elle tantôt déjeuner tantôt
dîner elle lui serrait la main sous la
table lui tendait sa bouche derrière les
portes mais lui s'amusait surtout à
jouer avec Suzanne qui l'égayait par ses
drôleries dans son corps de poupée
s'agitait un esprit agile et malin
imprévu et sournoir qui faisait toujours
la parade comme une marionnette de foire
elle se moquait de tout et de tout le
monde avec un aopos mordant George
excitait sa verve la poussait à l'ironie
et il s'entendait à merveille
elle appelait à tout instant
écoutez B amie venez ici belle amie il
quittait aussitôt la maman pour courir à
la fillette qui lui murmurait quelque
méchanceté dans l'oreille et il riait de
tout leur
cœur cependant dégoûté de l'amour de la
mère il en arrivait à une insurmontable
répugnance il ne pouvait plus la voir ni
l'entendre ni penser à elle sans
colère il cessa donc d'aller chez elle
de répondre à ses lettres et de céder à
ses appels
elle comprit enfin qu'il ne l'aimait
plus et souffrit horriblement mais elle
s'acharna elle épia le suivit l'attendit
dans un fiacre au stor baissé à la porte
du journal à la porte de sa maison dans
les rues où elle espérait qu'il
passerait il avait envie de la
maltraiter de l'injurier de la frapper
de lui dire nettement zut assez vous
m'embêtez mais il gardait toujours
quelques ménagement à cause de la vie
française il tâchait à force de froideur
de dureté enveloppé d'égards et même de
paroles rudes par moment de lui faire
comprendre qu'il fallait bien que cela
finit
elle s'entêtait surtout à chercher des
ruse pour l'attirer rue de
Constantinople il tremblait sans cesse
que les de femm ne se trouvass un jour
né à né à la porte son affection pour
madame de Marel au contraire avait
grandi pendant l'été il l'appelait son
gamin et décidément
elle lui plaisait leur de nature avaiit
des crochets pareils ils étaient bien
l'un et l'autre de la race aventureuse
des vagabonds de la vie de ces vagabonds
mondains qui ressemblent fort sans s'en
douter
au bohème des grandes routes ils avaient
eu un été d'amour charmant un été
d'étudiants qui font la noce s'échappant
pour aller déjeuner ou dîner à
Argenteuil à Bougival à maison à poissie
passant des heures dans un bateau à
cuueillir des fleurs le long des berges
elle adorait les fritures de scèes les
gibbelottes et les matelottes les
tonnels des cabarets et les cris des
il aimait partir avec elle par un jour
clair sur l'Impérial d'un train de
banlieu et traverser en disans des
bêtises gai la vilaine campagne de Paris
ou bourgeonne d'affreux chalet bourgeois
et quand il lui fallait rentrer pour
dîner chez Madame walterire il haïsait
la vieille maîtresse acharnée en
souvenir de la jeune qu'il venait de
quitter et qui avait défloré ses désir
et moissonner son ardeur dans les herbes
du bord de l'eau il se croyait enfin à
peu près délivré de la patronne à qui il
avait exprimé d'une façon claire presque
brutale sa résolution de rompre quand il
reçut au journal Le Télégramme
l'appelant à 2h rue de
Constantinople il relisait en marchant
il faut absolument que je te parle
aujourd'hui c'est très grave très grave
attends-moi à 2h rue de Constantinople
je peux te rendre un grand service ton
ami jusqu'à la mort Virginie il pensait
qu'est-ce qu'elle me veut encore cette
vieille chouette je paraî qu'elle n'a
rien à me dire elle va me répéter
qu'elle
m'adore pourtant il faut voir elle parle
d'une chose très grave et d'un grand
service c'est peut-être vrai et
clotildde qui vient à 4h il faut que
j'expédie la première à 3h au plus tard
sacristie pour vu qu'elle ne se
rencontre pas quelle Ros que les femmes
et il songea qu'en effet la sienne était
la seule qui ne le tourmentait jamais
elle vivait de son côté et elle avait
l'air de l'aimer beaucoup aux heures
destinées à l'amour car elle n'admettait
pas qu'on dérangeâ l'ordre immuable des
occupations ordinair de la vie il allait
àâant vers son logie de rendez-vous
s'excitant mentalement contre la
patronne ah je vais la recevoir d'une
jolie façon si elle n'a rien à me dire
le français de Camron sera académique
auprès du mien je lui déclare que je ne
fiche plus les pieds chez elle d'abord
et il entra pour attendre madame
walterire
elle arriva presque aussitôt et dès
qu'elle eut aperçue ah tu as reçu ma
dépêche quelle chance il avait pris un
visage méchant par bleu je l'ai trouvé
au journal au moment où je partais pour
la chambre qu'est-ce que tu me veux
encore elle avait relevé sa voilette
pour l'embrasser et elle s'approchait
avec un air craintif et soumis de
chienne souvent battu comme tu es cruel
pour moi comme tu me parles durement
qu'est-ce que je t'ai fait tu ne te
figures pas comme je souffre par toi il
grogna tu ne vas pas recommencer
elle était debout tout près de lui
attendant un sourire un geste pour se
jeter dans ses bras elle murmura il
fallait pas me prendre pour me traiter
ainsi il fallait me laisser sage et
heureuse comme
j'étais te rappelles-tu ce que tu me
disais dans l'église et comme tu m'as
fait entrer de force dans cette maison
et voilà maintenant comment tu me parles
comment tu me reçois mon dieu mon dieu
que tu me fais mal il frappa du pied et
violemment ah mais zut en voilà assez je
ne peux pas te voir une minute sans
entendre cette chanson là on dirait
vraiment que je t'ai prise à 12 ans et
que tu étais ignorante comme un ange non
ma chère rétablissons les faits il n'y a
pas eu détournement de mineur tu t'es
donné à moi en plein âge de raison je
t'en remercie je t'en suis infiniment
reconnaissant mais je ne suis pas tenu
d'être attaché à ta jupe jusqu'à la mort
tu as un mari et j'ai une femme nous ne
sommes libres ni l'un ni l'autre nous
nous sommes offert un caprice ni vu ni
connu c'est fini elle dit oh que tu es
brutal que tu es grossier que tu es
infâme non je n'étais plus une jeune
fille mais je n'avais jamais aimé
failli il lui coupa la parole tu me l'as
déjà répété 20 fois je le sais mais tu
avais eu deux enfants je ne t'ai donc
pas défloré elle recula oh George c'est
indigne et portant ses deux mains à sa
poitrine elle commença à suffoquer avec
des sanglots qui lui montaient à la
gorge quand il vit les larmes arrivver
il prit son chapeau sur le coin de la
cheminée ah tu vas pleurer alors bonsoir
c'est pour cette représentations là que
tu m'avais fait venir
elle fit un pas afin de lui barrer la
route et tirant vivement un mouchoir de
sa poche s'essu à les yeux d'un geste
brusque sa voix s'affermit sous l'effort
de sa volonté et elle dit interrompu par
un chevrottement de douleur non je suis
venu pour pour te donner une nouvelle
une nouvelle politique pour te donner le
moyen de gagner 50000 francs ou même
plus si tu veux il demanda adouci tout à
coup comment ça qu'est-ce que tu veux
dire j'ai surpris par hasard hier soir
quelques mots de mon mari et de la roche
et ne se cachit pas beaucoup devant moi
d'ailleurs mais Walter recommandz au
ministre de ne pas te mettre dans le
secret parce que tu dévoilerais tout du
roi avait reposé son chapeau sur une cha
il attendait très attentif alors
qu'est-ce qu'il y a ils vont s'emparer
du Maroc allons donc j'ai déjeuné avec
la roche qui m'a presque dicté les
intentions du
cabinet non mon chéri ils t'ont joué
parce qu'ils ont peur qu'on connaisse
leur
combinaison assie-toi dit George et il
s'assit lui-même sur un fauteuil alors
elle attira par terre un petit tabouret
et s'accroupit dessus entre les jambes
du jeune homme elle reprit d'une voix
câine comme je pense toujours à toi je
fais attention maintenant à tout ce
qu'on chuchote autour de moi et elle se
mit doucement
lui expliquer comment elle avait deviné
depuis quelqu temps qu'on préparait
quelque chose à son insu qu'on se
servait de lui en redout son concours
elle disait tu sais quand on aime on
devient
rusé enfin la veille elle avait compris
c'était une grosse affaire une très
grosse affaire préparé dans l'ombre
elle souriait maintenant heureuse de son
adresse elle s'exaltait parlant en femme
de financier habitué à voir machiné les
coups de bourse les évolutions des
valeur les accès de hausse et de baisse
ruinant en 2 heures de spéculation des
milliers de petits bourgeois de petits
rentiers qui ont placé leurs économies
sur des fonds garantis par des noms
d'hommes honorés respectés hommes
politique ou homme de banque
elle répétait
oh c'est très fort ce qu'ils ont fait
très fort c'est Walter qui a tout mené
d'ailleurs et s entend
vraiment c'est de premier ordre il
s'impatientait de ses
préparations voyons
divite et bien voilà l'expédition de
Tanger était décidée entre eux dès le
jour où la roche a pris les affaires
étrangère et peu à peu ils ont racheté
tout l'emprunt du Maroc qui était tombé
à 64 ou 5 francs il l'ont racheté très
habilement par le moyen d'agents suspect
vereux qui né est aucune méfiance ils
ont roulé même les rothchield qui
s'étonnaient de voir toujours demander
du Marocain on leur a répondu en nomant
les intermédiaires tous tarés tous à la
côte ça a tranquillisé la grande banque
et puis maintenant on va faire
l'expédition et dès que nous serons
là-bas l'État français garantira la
dette nos amis auront gagné 50 ou 60
millions tu comprends l'affaire tu
comprends aussi comme on a peur de tout
le monde peur de la moindre indiscrétion
elle avait appuyer sa tête sur le gilet
du jeune homme et les bras posés sur ses
jambes elle se serrait se collait contre
lui sentant bien qu'elle l'intéressait à
présent prête à tout faire à tout
commettre pour une caresse pour un
sourire il demanda tu es bien sûr elle
répondit avec confiance
oh je crois bien il déclara c'est très
fort en effet quant à ce salot de la
roche en voilàin que je repincerai oh le
gredin qu'il prenne garde à lui sa
carcasse de ministre me restera entre
les
doigts puis il se remit à réfléchir et
il murmura il faudrait pourtant profiter
de ça tu peux encore acheter de l'empr
dit-elle il n'est qu'à 72 francs il
reprit oui mais je n'ai pas d'argent
disponible
elle leva les yeux vers lui des yeux
pleins de
supplication j'y ai pensé mon chat et si
tu étais bien gentil bien gentil si tu
m'aimais un peu tu me laisserais
t'emprêter il répondit brusquement
presque dur
quant à ça non par exemple elle murmura
d'une voix
implorante écoute il y a une chose que
tu peux faire sans emprunter de l'argent
je voulais en acheter pour 10000 francs
de cet emprunt moi pour me créer une
petite cassette et bien j'en prendrai
pour 20000 tu te mets de moitié tu
comprends bien que je ne vais pas
rembourser ça à Walter il n'y a donc
rien à payer pour le moment si ça
réussit tu gagnes 70000 francs si ça ne
réussit pas tu me devas 10000 francs que
tu me payeras à ton gré il dit encore
non je n'aime guère ces combinaisons là
alors elle raisonna pour le décider elle
lui prouva qu'il engageait en réalité
10000 francs sur parole qu'il courrait
des risques par conséquent qu'elle ne
lui avançait rien puisque les déboursés
étaient fait par la banque walterre
elle lui démontra en outre que c'était
lui qui avait mené dans la vie française
toute la campagne politique qui rendait
possible cette affaire qu'il serait bien
naïf en en profitant pas il hésitait
encore elle ajouta mais songe donc qu'en
réalité c'est Walter qui te les avance
ces 10000 francs et que tu lui as rendu
des services qui valent plus que ça
et bien soit dit-il je me mets de moitié
avec toi si nous perdons je te
rembourserai 10000 francs elle fut si
contente qu'elle se releva saisit à deux
mains sa tête et se mit à l'embrassé
avidement il ne se défendit point
d'abord puis comme elle s'enhardissait
lestraignant et le dévorant de caresses
il songea que l'autre allait venir tout
à l'heure et que s'il faibliss sa il
perdrait du temps et laisserait au bras
de la vieille une ardeur qu'il valait
mieux garder pour la jeune alors il la
repoussa doucement voyons sois sage
dit-il
elle regarda avec des yeux désolés oh
George je ne peux même plus
t'embrasser il répondit non pas
aujourd'hui j'ai un peu de migraine et
cela me fait mal alors elle se rassit
docile entre ses jambes elle demanda
veux-tu venir dîner demain à la maison
quel plaisir tu me ferais il hésita puis
n'osa point refuser mais oui
certainement merci mon chéri
elle frottait lentement sa joue sur la
poitrine du jeune homme d'un mouvement
câlin et régulier et un de ses longs
cheveux noirs se prit dans le gilet elle
s'en aperçut et une idée folle lui
traversa l'esprit une de ces idées
superstitieuses qui sont souvent toute
la raison des femmes elle se mit à
enrouler tout doucement ce cheveux
autour du bouton puis elle en attacha un
autre au bouton suivant un autre encore
à celui du dessus à chaque bouton elle
en nouait un il allait les arracher tout
à l'heure en se levant il lui ferait mal
quel bonheur et il emporterait quelque
chose d'elle sans le savoir il
emporterait une petite mèche de sa
chevelure dont il n'avait jamais demandé
c'était un lien par lequel elle
l'attachait un lien secret invisible un
talisman qu'elle laissait sur
lui sans le vouloir il penserait à elle
il rêverait d'elle il l'aimerait un peu
plus le lendemain il dit tout à coup il
va falloir que je te quitte parce qu'on
m'attend à la Chambre pour la fin de la
séance je ne puis manquer aujourd'hui
elle soupira oh déjà puis
résignée va mon chéri mais tu viendras
dîner demain et brusquement elle
s'écarta ce fut sur sa tête une douleur
courte et vive comme si on lui e piqué
la peau avec des aiguilles son cœur
battait elle était contente d'avoir
souffert un peu par lui adieu dit-elle
et la pris dans ses bras avec un sourire
compatissant et lui baisa les yeux
froidement mais elle affelée par ce
contact murmura encore une fois déjà et
son regard suppliant montrait la chambre
dont la porte était ouverte il l'éloigna
de lui et d'un ton pressé il faut que je
me sauve je vais arriver en retard alors
elle lui tendit ses lèvres qu' effleura
à peine et lui ayant donné son ombrelle
qu'elle oubliait il reprit allons allons
dépêchons-nous il est plus de 3hes
elle sortit devant lui elle répétait
demain 7h il répondit demain 7 heur ils
se séparèrent elle tourna à droite et
lui à gauche du roi remonta jusqu'au
boulevard extérieur puis il redescendit
le boulevard malisherbes qu'il se mit à
suivre
àâant en passant devant un pâtissier il
aperçut des marrons glacés dans une
coupe de cristal et il pensa je vais en
rapporter une livre pour Clotilde il
acheta un sac de ses fruits sucrés
qu'elle aimait à la
folie à 4h il était rentré pour attendre
sa jeune
maîtresse elle vint un peu en retard
parce que son mari était arrivé pour
huit jours elle demanda peux-tu venir
dîner demain et serait enchanté de te
voir non je dî chez le patron nous avons
un tas de combinaisons politiques et
financières qui nous occupe elle avait
enlevé son chapeau elle ôtait maintenant
son corsage qu' la serrait trop il lui
montra le sac sur la cheminée je t'ai
apporté des marrons glacés elle bâtit
des mains quelle chance comme tu es
mignon
elle les prit en goûta un et déclara ils
sont délicieux je sens que je n'en
laisserai pas un seul puis elle ajouta
en regardant George avec une gaaieté
sensuelle tu caresses donc tous mes vis
elle mangeait lentement les marrons et
jetait sans cesse un coup d'œil au fond
du sac comme pour voir s'il en restait
toujours elle dit tiens assiez-toi dans
le fauteuil je vais m'accroupir entre
tes jambes pour grignoter mes bonbons je
serais très bien il sourit s'assit et la
prit entre ses cuisses ouvertes comme il
tenait tout à l'heure madame walterire
elle levait la tête vers lui pour lui
parler et disait la bouche pleine tu ne
sais pas mon chéri j'ai rêvé de toi j'ai
rêvé que nous faisions un grand voyage
tous les deux sur un chameau il avait
deux bosses nous étions à cheval chacun
sur une bossse et nous traversions le
désert nous avions emporté des
sandwiches dans un papier
et du vin dans une bouteille et nous
faisions la dînette sur nos bosses mais
se m'ennuyait parce que nous ne pouvions
pas faire autre chose nous étions trop
loin l'un de l'autre et moi je voulais
descendre il répondit moi aussi je veux
descendre il riait s'amusant de
l'histoire il a poussé à dire des
bêtises à bavarder à raconter tous ces
enfantillages toutes ces niaiseries
tendres que débitent les amoureux ces
gamineries qu'il trouvait gentille dans
la bouche de Madame de Marel l'aurait
exaspéré dans celle de Madame walterire
Clotilde l'appelait aussi mon chéri mon
petit mon chat ces mots lui semblaient
dou et
caressants dit par l'autre tout à
l'heure il l'irritait et les cœurait car
les paroles d'amour qui sont toujours
les mêmes
prennent le goût des lèvres dont elles
sortent mais il pensait tout en
s'égayant de ses folies au 70000 francs
qu'il allait gagner et brusquement il
arrêta avec deux petits coups de doigt
sur la tête le verbiage de son ami
écoute ma chatte je vais te charger
d'une commission pour ton mari dis-lui
de ma part d'acheter demain pour 10000
francs d'emprunt du Maroc qui est à 72
et je lui promet qu'il aura gagné de 60
à 80000 francs avant 3 mois
recommande-lui le silence absolu dis-lui
de ma part que l'expédition de Tanger
est décidée et que l'État français va
garantir la dette marocaine mais ne te
coupe pas avec d'autres c'est un secret
d'état que je te confie là
elle l'écoutait sérieuse
elle murmura je te remercie je
préviendrai mon mari dès ce soir tu peux
compter sur lui il ne parlera pas c'est
un homme très sûr il n'y a aucun
danger mais elle avait mangé tous les
marrons elle écrasa le sac entre ses
mains et le jeta dans la cheminée puis
elle dit allons-nous coucher et sans se
lever elle commença à déboutonner le
gilet de George tout à coup elle
s'arrêta et tirant entre deux doigts un
long cheveux pris dans une boutonnière
elle se mit à rire
tu as emporté un cheveux de Madeleine en
voilà Marie fidèle puis redevenue
sérieuse elle examina longuement sur sa
main l'imperceptible fil qu'elle avait
trouvé et elle murmura ce n'est pas de
Madeleine il est brun il sourit il vient
probablement de la femme de
chambre mais elle inspectait le gilet
avec une attention de policier et elle
cueillit un second cheveux enroulé
autour d'un bouton puis elle en aperçut
un troisième et pâit tremblant un peu
elle s'écria oh tu as couché avec une
femme qui t'a mis des cheveux à toutous
tes bouton il s'étonnait il balbuait
mais non tu es folle soudain il se
rappela comprit se troubla d'abord puis
nia Henry canon pas fâchée au fond
qu'elle le soupçonna d'avoir des bonnes
fortunes
elle cherchait toujours et toujours
trouvait des cheveux qu'elle déroulait
d'un mouvement rapide et jetait ensuite
sur le tapis elle avait deviné avec son
instinct rusé de femme et elle
balbutiait furieuse rageant et prête à
pleurer elle t'aime celle-là et elle a
voulu te faire emporter quelque chose
d'elle oh que tu es traître mais elle
poussa un cri un CR stridant de joie
nerveuse oh oh c'est une vieille voilà
un cheveux blancs ah oui tu prends des
vieilles maintenant est-ce qu'elle te
paye dit est-ce qu'elle te paye ah tu en
est aux vieilles femme alors tu n'as
plus besoin de moi garde l'autre elle se
leva courut à son corsage jeté sur une
chaise et le remit rapidement il voulait
la retenir honteux et balbuciant mais
non claud tu es ide je ne sais pas ce
que c'est écoute reste voyons reste
elle répétait garde ta vieille femme
garde-la fais-toi faire une bague avec
ses cheveux avec ses cheveux blancs tu
en as assez pour
ça avec des gestes brusques et promptes
elle s'était habillée recoiffée et
voilée et comme il voulait la saisir
elle lui lança à toute volée un soufflet
par la
figure pendant qu'il demeurait étourdi
elle ouvrit la porte et
s'enfuit dès qu'il fut seul une rage
furieuse le saisit contre cette vieille
rosse de mè Walter ah il allait
l'envoyer coucher celle-là et durement
il bassina avec de l'eau sa joue rouge
puis il sortit à son tour en méditant sa
vengeance cette fois il ne lui
pardonnerait point ah mais non il
descend jusqu'au boulevard et flanant
s'arrêta devant la boutique d'un
bijoutier pour regarder un chronomètre
dont il avait envie depuis longtemps et
quiivait 1800 francs il pensa tout à
coup avec une secousse de joie au cœur
si je gagne mes 70000 francs je pourrais
me le payer et il se mit à rêver à
toutes les choses qu'il ferait avec ses
70000 francs d'abord il serait nommé
député et puis il achèterait son
chronomètre et puis il jouerait à la
Bourse et puis encore et puis
encore il ne voulait pas entrer au
journal préférant causer avec Madeleine
avant de revoir Walter et d'écrire son
article et il se mit en route pour
revenir chez lui il atteignait la rue
drouau quand il s'arrêta net il avait
oublié de prendre des nouvelles du comte
de Vaudrec qui demeurait chaussée d'tin
il revint donc donc flanant toujours
pensant à mille choses dans une songerie
heureuse à des choses douces à des
choses bonne à la fortune prochaine et
aussi à cette crapule de la roche et à
cette vieille teigne de patronne il ne
s'inquiétait point d'ailleurs de la
colère de Clotilde sachant bien qu'elle
pardonnait
vite quand il demanda au concierge de la
maison où demeurait le comte de
Vaudrec comment va monsieur de Vaudrec
on m'a appris qu'il était souffrant ces
jours derniers l'homme répondit Monsieur
le Comte est très mal monsieur on croit
qu'il ne passera pas la nuit la goutte
est remontée au cœur du roi demeura
tellement effaré qu'il ne savait plus ce
qu'il devait faire Vaudrec mourant des
idées confuses passait en lui nombreuses
troublantes qu'il n'osait point s'avouer
à lui-même
il balbuti merci je reviendrai sans
comprendre ce qu'il disait puis il sauta
dans un fiacre et se fit conduire chez
lui sa femme était rentrée il pénétra
dans sa chambre etessfflé et lui annonça
tout de suite tu ne sais pas vaudre et
mourant elle était assise et lisait une
lettre elle leva les yeux et trois fois
de suite répéta hein tu dis tu dis tu
dis je te dis que Vaudrec est mourant
d'une attaque de goutte remonée au cœur
puis il ajouta qu'est-ce que tu comptes
faire elle s'était dressée
livide les joues secouaient d'un
tremblement nerveux puis elle se mit à
pleurer affreusement en cachant sa
figure dans ses mains elle demeurait
debout secoué par des sanglots déchiré
par le chagrin mais
elle dompta sa douleur et s'essuyant les
yeux j'y j'y vais ne t'occupe pas de moi
je ne sais pas à quel heure je
reviendrai ne m'attends point il
répondit très bien va il se serrèrent la
main et elle partit si vite qu'elle
oublia de prendre ses gants George ayant
dîner seul se mit à écrire son
article il le fit exactement selon les
intentions du ministre laissant endre au
lecteur que l'expédition du Maroc
n'aurait pas lieu puis il le porta au
journal causa quelques instants avec le
patron et repartit en fumant le cœur
léger sans qu'il comprit
pourquoi sa femme n'était pas rentrée il
se coucha et s'endormit Madeleine revint
vers
minuit George réveillé brusquement
s'était assis dans son lit il demanda
et bien il ne l'avait jamais vu si pâle
et si émue elle murmura il est mort ah
et il ne t'a rien dit rien il avait
perdu connaissance quand je suis arrivé
George songeait des questions lui
venaient aux lèvres qu'il n'osait point
faire couche-toi
dit-il elle se déshabilla rapidement
puis se glissa auprès de lui il reprit
avait-il des parents à son lit de mort
rien qu'un neveu ah le voyait-il souvent
ce neveu jamais il ne s'était point
rencontré depuis 10 ans avait-il
d'autres parents non je ne crois pas
alors c'est ce neveu qui doit
hériter je ne sais
pas il était très riche vudrec
oui très riche c'esttu ce qu'il avait à
peu près non pas au juste un ou 2
millions peut-être et ne dit plus rien
elle souffla la bougie et ils
demeurèrent étendus côte à côte dans la
nuit silencieux éveillé et songeant il
n'avait plus envie de dormir il trouvait
maigre maintenant les 70000 Francs
promis par Madame
walterire soudain il crut que Madeleine
pleurait il demanda pour s'en assurer
dors-tu non elle avait la voix mouillée
et tremblante il reprit j'ai oublié de
te dire tantôt que ton ministre nous a
fichu d dans Comment ça et il lui compta
tout au long avec tous les détails la
combinaison préparée entre la roche et
Walter quand il eut fini elle demanda
comment sais-tu ça
il répondit tu me permettras de ne point
te le dire tu as tes procédés
d'information que je ne pénètre point
j'ai les miens que je désire garder je
réponds en tout cas de l'exactitude de
mes
renseignements alors elle murmura oui
c'est possible je me doutais qu'il
faisait quelque chose sans nous mais
George que le sommeil ne gagnait pas
s'était rapproché de sa femme et
doucement il lui baisa l'oreille
elle le repoussa avec vivacité je t'en
prie laisse-moi tranquille n'est-ce pas
je ne suis point d'humeur à bâtifolé il
se retourna résigné vers le mur et ayant
fermé les yeux il finit par s'endormir
