“Machine learning”, “chatbot”, “deepfake”, “prompt”, .... Vous avez peut-être entendu ces mots qui vous ont semblé abstraits voire incompréhensibles. Pourtant, vous allez les entendre de plus en plus ! Car depuis près de deux ans et l’arrivée fulgurante de l’application chat GPT, l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres. Et particulièrement l’intelligence artificielle générative, celle capable de créer du texte, des images, de la vidéo, de l'audio. Pour sortir de tous les fantasmes, apprivoiser l’IA et se faire un allié de ce qui s’annonce comme la prochaine révolution technologique, les invités d’Emmanuelle Bastide livrent des pistes : il s’agit de Pierre-Yves Oudeyer, auteur du livre « C'est pas moi, c'est l'IA » (Nathan, 2024) et de Vincent Roux, journaliste à France 24. « Huit milliards de voisins », une émission en direct de la Gaîté Lyrique à Paris, à l’occasion du 19e Sommet de la francophonie. #francophonie#intelligenceartificielle#ia 🔔 Abonnez-vous à notre chaîne : https://rfi.my/YTfr 🔴 Suivez RFI en DIRECT vidéo ici : https://rfi.my/YTliveFR 🌍 L’actualité du monde et de l’Afrique en direct : https://www.rfi.fr/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://rfi.my/FBfr Suivez-nous sur X (Twitter) : https://rfi.my/Xfr Découvrez l’actu en images sur Instagram : https://rfi.my/IGfr Recevez les dernières infos sur Telegram : https://rfi.my/TGfr
Le groupe Azalay Hotels, leader régional de l'hôtellerie en Afrique de l'Ouest,
vous propose 8 milliards de voisins.
8 milliards de voisins.
Emmanuel Bastide.
Pour les voisins et les voisines.
Bonjour, bienvenue, 8 milliards de voisins et de voisines.
Nous sommes en direct du festival de la francophonie Refaire le Monde
à la Gaîté Lyrique à Paris.
Un festival qui introduit le 19e sommet de la francophonie à Villers-Cotterêts,
la cité internationale de la langue française,
qui sera dédiée à l'innovation, à la capacité d'entreprendre en français.
Alors, dans ce monde des cultures francophones de plus de 320 millions de personnes,
88 pays, comment se familiariser, puisqu'on parle d'innovation,
à l'intelligence artificielle ?
C'est notre sujet aujourd'hui.
L'IA générative est capable de créer du texte, des images, de la vidéo, de l'audio,
mais elle a été pensée en anglais.
En témoignent ses expressions comme machine learning, chatbot, deepfake, prompt.
Comment utiliser cette révolution technologique dans votre métier ?
C'est l'occasion de poster vos témoignages et vos questions, les voisins et les voisines,
au 33 7 64 45 51 41.
Nos invités Pierre-Yves Oudeiller, bonjour.
Bonjour.
Merci d'être en direct avec nous à la Gaîté Lyrique.
Vous êtes chercheur en intelligence artificielle
à l'Institut national de recherche en sciences et technologies numériques.
Vous publiez avec Didier Roy un ouvrage grand public et ludique,
sous forme presque de BD, en fait très illustré,
« C'est pas moi, c'est l'IA »,
pour apprivoiser l'IA et en faire ton allié aux éditions Nathan.
C'est le moment bien sûr de poster vos questions et vos messages à Pierre-Yves Oudeiller.
Je ne sais pas si un spécialiste comme vous peut répondre à l'heure actuelle
à toutes les questions des auditeurs.
Alors, il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses qui se passent dans l'intelligence artificielle.
Et donc, non, il n'y a personne qui peut répondre à toutes les questions aujourd'hui.
Mais on fait ce qu'on peut.
Il y a quand même un certain nombre de choses qu'on peut discuter.
Avec nous également Vincent Roux.
Bonjour Vincent.
Vous êtes rédacteur en chef à France 24.
Vous êtes le référent IA pour notre groupe France Média Monde
et vous animez aujourd'hui au Festival de la francophonie
un atelier à l'école du prompt.
Je crois qu'il faut dire en français depuis le mois de septembre,
l'instruction générative.
C'est ça, effectivement.
C'était au journal officiel du 6 septembre exactement.
Alors, évidemment, vous allez nous dire ce que c'est qu'un prompt
ou une instruction générative.
Ce sont des consignes qu'on donne à la machine.
Oui, c'est ça.
C'est des consignes.
C'est plus simplement la façon dont on dialogue avec une IA,
dont on lui pose des questions,
dont on réagit aussi aux réponses qu'elle nous fait.
Et vous allez nous donner dans cette émission les clés essentielles
pour faire un prompt, c'est-à-dire utiliser l'IA générative.
Au travail, je vous rappelle notre compte WhatsApp
33 7 64 45 51 41.
Postez vos messages, les voisins et les voisines.
8 milliards de voisins.
Pour se parler.
C'est une émission pour tous les voisins et tous les voisins.
8 milliards de voisins et voisines.
Nous construisons la vie ensemble.
Pierre Evoudeyé, j'ai cité des mots anglais.
C'est un concept technologique en constante évolution,
cette intelligence artificielle.
Pourquoi il y a autant de mots anglais?
Comment ça a été conçu?
Comment ça fonctionne?
Donnez-nous quelques bases, déjà quelques repères.
Alors déjà, pourquoi il y a autant de mots anglais?
Il y a deux raisons.
Une première raison, c'est que l'intelligence artificielle,
c'est d'abord un domaine scientifique,
qui n'est pas d'ailleurs très récent.
Souvent, on pense que c'est tout nouveau.
Mais en fait, ça fait 70 ans que ça existe.
Ça a été inventé dans les années 1956.
Et le monde scientifique,
que ce soit une bonne ou une mauvaise chose,
discute en anglais.
Donc ça, c'est une première raison.
C'est que c'est le langage un petit peu commun.
Et puis, la deuxième raison,
c'est que les grandes avancées récentes
liées à l'IA générative,
elles ont été en particulier réalisées
par le travail de grandes entreprises
du monde anglo-saxon.
Et plus précisément,
un certain nombre d'entre elles
qui sont carrément californiennes.
C'est finalement assez localisé au départ.
Et évidemment, ça a joué un rôle assez important
dans le vocabulaire qui s'est développé.
Et puis, pour cette même raison,
les premiers modèles ont été construits...
En fait, la manière dont ça fonctionne,
c'est que ce sont des logiciels
auxquels on donne des masses de textes
absolument gigantesques
qui viennent à peu près de partout sur Internet.
Et on essaye de les régler
pour qu'ils arrivent à prédire, par exemple,
le prochain mot d'une phrase.
Et en fait, les textes qui sont utilisés
pour fabriquer ces logiciels, au départ,
ont surtout été des textes aussi en langue anglaise.
Donc, c'est tout un tas de raisons qui amènent...
Voir des données américaines.
Et en particulier, des données américaines, tout à fait.
Quand on parle de masse de données,
ça se chiffre en milliards, il faut bien le préciser.
Oui, c'est vraiment des milliards et des milliards de textes,
des milliards et des milliards d'images.
Maintenant, c'est des milliards aussi
et des milliards de vidéos,
parce qu'on commence à avoir des logiciels
qui permettent de générer des petits films.
Ce sont des quantités qui sont littéralement astronomiques.
Par exemple, si on veut une idée,
c'est plusieurs...
Pour le texte, pour entraîner ces logiciels-là,
c'est l'équivalent de plusieurs centaines de millions
des romans Harry Potter, par exemple.
Donc, c'est beaucoup, beaucoup plus
que ce que n'importe quel humain pourrait lire
dans toute sa vie.
C'est gigantesque.
Et du côté de la langue française, justement,
comment sont entraînés les modèles d'IA génératives francophones ?
Ça veut dire que, comme on est une langue
qui arrive derrière l'anglais,
est-ce qu'on a moins de données ?
Du coup, on a rentré moins de données à l'heure actuelle ?
Alors, d'abord, il y a beaucoup de données
pour la francophonie, pour le français.
De manière générale, d'abord,
le fait que les premiers modèles aient été entraînés
surtout sur la langue anglaise,
on s'est aperçu assez vite que ça posait un problème,
parce qu'en fait, ce qu'il faut réaliser,
c'est que ces logiciels,
ce sont des sortes de ce qu'on appelle
des technologies de transmission culturelle.
C'est-à-dire qu'en fait,
ils vont contenir des normes culturelles,
des préférences, des valeurs
qui correspondent aux textes sur lesquels
ils ont été entraînés.
Donc, si on prend des textes en anglais,
ça va refléter la culture des peuples
qui parlent anglais,
et surtout, si c'est des peuples
qui viennent des États-Unis,
en particulier.
Et ensuite, quand ils vont être utilisés,
par exemple, pour accéder à l'information,
pour aider à rédiger des messages,
pour retransmettre de l'information,
eh bien, ça va amplifier ces valeurs-là.
Et donc, très vite, les gens se sont dit,
si ça fonctionne comme ça,
eh bien, ça va amener la culture anglaise
et en particulier américaine
à encore augmenter son influence sur le monde.
Et donc, il faut réagir,
parce qu'évidemment, la langue
et la diversité des cultures sur la planète,
c'est extrêmement important.
Et c'est pour ça qu'il y a eu
un certain nombre d'initiatives
qui ont été développées ces deux, trois dernières années
pour, alors, soit fabriquer des logiciels
spécifiquement pour, par exemple,
la langue française,
ou alors fabriquer des logiciels
qui, dès le début, sont faits
pour être multilingues.
Par exemple, il y a un projet récent
qui s'appelle Bloom,
qui a rassemblé tout un tas de laboratoires
à la fois à l'université,
mais aussi des entreprises
dans le monde entier,
avec cet objectif de vraiment
l'entraîner avec plein de langues du monde.
Et ça, c'est vraiment une initiative très louable.
Et ça va se développer, évidemment,
de plus en plus, Vincent Roux,
pour la langue française.
On parle tout le temps de ChatGPT,
mais en fait, il y a plein d'autres outils
équivalents à ChatGPT.
Il y a un outil comme Mistral, par exemple,
qui est une startup française,
et qui ont des, on va dire,
des performances équivalentes,
en tout cas, pour certaines tâches.
Il y a l'entreprise OpenAI,
qui a généré ChatGPT,
qui utilise maintenant le site d'information Le Monde.
C'est tout récent aussi,
c'est depuis mars dernier.
Donc, on voit bien que
l'introduction de la langue française
est en constante évolution aussi,
et que ça va très, très vite.
Bien sûr, parce qu'il y a aussi
une énorme demande.
Mais c'est vrai qu'aujourd'hui,
encore, on se rend bien compte
quand on utilise, je ne sais pas,
un logiciel, par exemple,
ou un moteur de génération d'images
comme Midjourney,
on se rend bien compte que
quand on tape son prompt en français
et qu'on regarde un petit peu
comment il a travaillé derrière,
il l'a traduit en anglais.
Donc, souvent, effectivement,
on passe malgré tout par cette étape
de l'anglais.
Mais il y a cette demande,
il y a cette demande, effectivement,
francophone, il y a cette demande,
beaucoup de pays africains aussi,
qui attendent d'avoir une IA,
comme ils le disent, une IA africaine.
Parce qu'au-delà de la langue,
il y a la question aussi des références,
des valeurs, de la culture.
Et là, il y a une vraie demande
de faire en sorte que tout ce corpus,
il soit largement élargi.
Justement, on va en parler.
Comment se familiariser avec l'IA ?
Vous restez avec nous,
on va vous donner la parole,
les voisins, les voisines.
Vous nous faites part de vos pratiques,
de vos utilisations.
Dites-nous ce que ça change aussi
très concrètement dans votre métier
au 33, 7, 64, 45, 51, 41.
L'univers de voisins, c'est sur RFI.
Vous écoutez 8 milliards de voisins.
Nous sommes en direct,
non pas dans le studio de RFI à Paris,
mais au Festival de la Francophonie
Refaire le monde à la gaieté lyrique.
Avec nos invités,
Pierre-Yves Oudéye,
chercheur en intelligence artificielle,
Vincent Roux,
rédacteur en chef à France 24,
qui est le référent IA
pour notre groupe France Média Monde.
Et bien sûr, on vous donne la parole,
les voisins et les voisines.
Comment vous utilisez l'intelligence artificielle
très concrètement dans votre métier ?
Qu'est-ce que ça change aussi
dans votre travail ?
Vous postez vos messages au 33, 7, 64, 45, 51, 41.
On va écouter le message d'un voisin
qui est au Cameroun.
Bonjour 8 milliards de voisins.
J'espère que vous allez bien
et je vous souhaite de passer
un incroyable mois d'octobre.
Je suis Augustin Gassam,
j'ai 25 ans, je suis Camerounais
et je suis par ailleurs journaliste en herbe.
J'ai commencé à utiliser l'intelligence artificielle
dans mon métier il y a de cela 8 mois.
Non pas que je ne connaissais pas
l'intelligence artificielle avant,
mais j'ai eu besoin d'avoir un certain temps
pour comprendre comment est-ce que ça fonctionnait,
quels étaient les différents types
d'intelligence artificielle
et comment est-ce que je pourrais utiliser
chaque type en fonction
des différentes activités que je réalise.
Et finalement, j'ai décidé,
un peu aussi de manière éthique,
d'utiliser l'intelligence artificielle
comme un levier pour gagner en temps,
surtout avec des activités chronophages.
Donc là, par exemple,
j'utilise énormément l'intelligence artificielle
lorsque je dois transcrire des interviews.
Avant, ça me prenait énormément de temps
parce qu'il fallait écouter et saisir.
Maintenant, avec GoodTape,
que j'ai découvert récemment,
en quelques minutes,
quand il y a de la bonne connexion,
je transcris mes interviews très rapidement
et ça me facilite au quotidien.
Voilà, Pierre-Yves Oudeiller,
ce jeune journaliste qui a pris le temps
de comprendre comment fonctionnait
l'IA générative.
D'abord, c'est une très bonne démarche
parce que ce qui est difficile,
c'est qu'à la fois,
quand on commence à l'utiliser la première fois,
on a l'impression que c'est extrêmement simple.
On peut parler en langage naturel
comme on se parle maintenant.
Avec l'application téléchargée sur ton téléphone.
Avec l'application téléchargée.
Maintenant, on peut parler même à la voix.
Donc, on a l'impression que c'est tellement facile
et on a l'impression tout de suite de tout comprendre.
Et en même temps,
il y a beaucoup de choses
qui ne sont vraiment pas si faciles à comprendre,
à la fois des usages qui sont très pertinents.
Par exemple, l'usage de cet auditeur
est tout à fait pertinent.
Transcrire un peu plus vite,
c'est fastidieux, ça prend du temps.
Ça n'a pas forcément une valeur ajoutée importante
de le faire soi-même.
Mais il y a aussi beaucoup de limites.
Par exemple, quand on va chercher une information,
c'est super important d'avoir en tête
que la réponse qu'on va avoir,
même si le système a l'air d'être super fort
et super intelligent, etc.
En réalité, il peut de temps en temps raconter n'importe quoi
avec un ton extrêmement assuré.
Et donc, il faut apprendre à avoir ce réflexe
en permanence de relire,
de revérifier les informations sur d'autres sources.
De savoir que parfois, il peut y avoir des biais insidieux,
c'est-à-dire une manière de présenter l'information,
par exemple, qui va correspondre à la manière
dont les Américains l'auraient présentée,
qui n'est pas tout à fait la même chose,
par exemple, si c'était un pays africain
ou un pays asiatique, par exemple.
Parce que là, l'exemple cité par Auguste,
qui est de la retranscription,
l'IA sait le faire.
Par exemple, le chat GPT peut retranscrire
des réunions professionnelles,
faire ressortir les points saillants.
Il y a d'autres outils pour ça aussi,
les actions à mettre en place.
C'est donc de la retranscription
qui ne va pas forcément chercher
un corpus de données extrêmement élargi.
Comment ça se passe quand on demande,
Vincent Roux, quand on fait un prompt
et qu'on demande, écris-moi un texte,
écris-moi un mail,
rédiges-moi, par exemple,
une préparation de réunion,
une campagne marketing digitale.
Comment ça fonctionne
et quelles sont les étapes
à bien mettre en place
et à bien comprendre pour faire un prompt ?
Comme il y a 8 milliards de voisins,
il y a 8 milliards d'utilisers de l'IA
et de s'adresser à elle.
Mais c'est vrai qu'il y a quand même
quelques pistes à suivre
parce que, on connaît bien ça au journalisme,
meilleur est la question,
meilleur est la réponse.
Donc mieux on saura formuler ce fameux prompt,
meilleur sera le résultat
et le plus précis
et le plus proche de ce qu'on attend.
Il existe, vous trouverez sur la toile,
plein de moyens mnémotechniques
sur quelles sont les grandes règles.
Moi, je m'en suis fait un
et je pense que c'est bien
d'avoir son propre petit rappel comme ça.
Moi, je me suis basé sur Icare,
le personnage de la mythologie grecque
qui s'est brûlé les ailes,
mais là, j'espère que ça se finira mieux.
En gros, un mot pour chacune de ces initiales.
I, c'est pour l'identité.
C'est-à-dire que c'est important de dire
à l'intelligence artificielle
en tant que quoi elle agit.
Dire je suis un journaliste
ou tu es un journaliste
ou bien tu es un enseignant
ou bien tu es un étudiant, etc.
Agit comme cette personne
ou cette identité, ce rôle, cette profession.
Ça, c'est le I.
Ensuite, il y a le C pour le contexte.
C'est-à-dire là aussi,
quand on lui dit plus précisément
pourquoi on veut se résumer ce texte.
C'est quoi ?
C'est un discours ?
C'est un cours ?
C'est une carte de vœux ?
C'est un mot d'amour ?
Ça peut être plein de choses.
Ça, c'est le C.
Ça peut être ta mission, ton contexte.
C'est de rédiger du contenu
pour des marques digitales.
Ça peut être ça, par exemple ?
Alors, ça, c'est plutôt...
C'est déjà l'étape d'après ?
Je suis en train de mettre en place
une campagne pour une entreprise
de petit poids.
Et donc, après, vient le A, l'action.
C'est-à-dire, écrit, rédige,
propose-moi une campagne digitale.
Et il est important aussi de dire
précisément ce qu'on veut.
C'est-à-dire, c'est le R,
c'est-à-dire le résultat.
C'est en 300 mots,
parce que c'est un pitch que je dois faire.
Je dois présenter cette campagne.
Ou bien je veux une liste,
je veux un graphique.
Sachant qu'aujourd'hui,
les IA sont capables de produire
des formes totalement diverses.
Des images, on le disait,
du code informatique.
Donc, I, C, A, R.
Et enfin, on arrive au E.
I pour l'identité,
C pour le contexte,
A pour l'action,
R pour le résultat.
Et puis, il y a le E
qui est un peu facultatif.
C'est des étapes.
C'est-à-dire, si ce qu'on demande
est particulièrement complexe,
eh bien, ça peut être bon
de demander à l'IA
de le faire en plusieurs étapes.
C'est-à-dire, d'abord, fais ça.
Ensuite, fais ceci.
Enfin, donne-moi ce résultat.
Parce qu'on se rend compte assez rapidement
que si on donne un problème
un peu compliqué à une IA
et qu'elle vous donne d'emblée le résultat,
il peut y avoir des erreurs
que vous ne dépisterez pas.
En revanche, si vous lui demandez
d'aller étape par étape,
vous serez en capacité
de mieux juger la façon
dont elle est arrivée à cette conclusion.
C'est un peu comme un problème de maths
et un enseignant qui corrige une copie
et qui veut savoir
comment vous êtes arrivé à la réponse.
Ce n'est pas juste...
Si on est trop général,
y compris quand on remplit
ces cinq mots, ces cinq fonctions,
donc l'identité, le contexte,
l'action, le résultat,
l'IA peut répondre par des questions.
Précise-moi.
Est-ce que tu veux ça ?
Est-ce que tu veux ceci ?
Je n'ai pas bien compris.
Comment ça se passe ?
Ce n'est pas forcément ce qu'elles vont faire.
Par contre, on peut,
de la même manière qu'on vient de le dire,
au départ, lui donner un rôle
en lui disant
si tu ne comprends pas bien
ce que je viens de te demander,
peux-tu me poser des questions
qui vont m'amener à préciser ?
En réalité, pour rebondir
sur ce qu'il vient de dire,
je pense qu'il y a quelque chose
qui est extrêmement important de comprendre.
C'est qu'une manière
de voir l'utilisation de ces objets-là,
c'est de les voir comme des objets
qui peuvent simuler des rôles
qu'on va leur donner.
Il faut tout le temps
essayer de leur donner des rôles
parce que si on ne leur donne pas,
elles vont en prendre un,
un peu arbitraire.
C'est le piège.
Exactement.
Et qu'on ne va pas maîtriser.
Par exemple, même si au début
on lui parle de n'importe quoi,
de la météo qui fera demain,
ça va configurer le logiciel
d'une certaine manière
qui va faire qu'elle ne va pas répondre
de la même manière aux questions
qui vont suivre.
Et ça, c'est super dur
parce qu'en fait,
encore une fois,
quand on interagit avec ce système-là,
c'est un système qui va parler
comme si c'était une personne.
Et donc tout de suite,
notre cerveau,
il va avoir des réflexes
pour interpréter ce qui se passe
comme si c'était des personnes.
Mais en réalité,
ce n'est pas du tout des personnes.
C'est des objets
qui sont capables
de simuler le comportement
de personnages
dans différents contextes.
Et en plus,
ils ne savent pas forcément le faire
de manière très cohérente.
Donc c'est important
de préciser un rôle,
c'est important de le répéter.
Par exemple,
nous, dans mon laboratoire,
on fait des expérimentations
pour tester
leur capacité à jouer un rôle.
Par exemple, on leur dit
« Tiens, est-ce que tu peux jouer
le rôle de Gandalf
ou le rôle de Sauron
dans Le Seigneur des Anneaux ? »
Et puis ensuite,
on va essayer de voir
de quelle manière
ils arrivent à jouer le rôle
en leur posant des questions
pour voir si l'un est bienveillant,
l'autre un petit peu plus méchant, etc.
Donc quand on leur pose
tout de suite la question,
ça va, ils jouent bien le rôle.
Et puis ensuite,
qu'est-ce qu'on fait ?
Tout d'un coup,
on leur parle d'autre chose
qui n'a rien à voir.
On va parler par exemple
d'un article Wikipédia
sur un style de musique,
le jazz par exemple.
Et puis après avoir parlé
pendant cinq minutes de ça,
on leur dit
« Tiens, au fait, alors Gandalf,
est-ce que tu peux me répondre
à telle ou telle question ? »
Et puis on regarde.
Et en fait,
parfois ils perdent le rôle.
Ils déraillent.
Ils mélangent tout.
Donc c'est vraiment important
de leur donner un rôle
et de leur répéter le rôle.
Et à contrario,
lorsqu'on a entamé une conversation
et qu'on veut changer de conversation,
c'est bien aussi de préciser
qu'on change de conversation
parce que sinon, effectivement,
ils gardent en mémoire
tout ce que vous avez échangé avec lui.
Moi, ça me fait penser un peu
à quand on entraîne
un animal domestique,
finalement,
d'une certaine manière.
On dit souvent,
l'important n'est pas le prompt,
mais la conversation avec la machine.
Pourquoi ?
Il faut laisser de côté
cette idée d'un premier prompt idéal
qui va vous donner la réponse idéale
où tout est parfait.
Et c'est ça que ça veut dire ?
Oui, beaucoup de choses
viennent de l'itération,
du fait de réagir
à la proposition qu'il vous a faite,
de la critiquer,
de lui dire quand c'est bien,
quand ça ne vous convient pas,
de reformuler la question,
de corriger les erreurs de l'IA
quand elle en connaît,
de lui donner des exemples aussi.
Quand la forme qui ressort
ne vous convient pas,
vous pouvez lui fournir un document
en lui disant
essaye de me répondre
en prenant cette forme-là.
Ça veut dire que plus on dialogue,
plus la machine enregistre des données
et gagne en précision,
au fil des mois d'ailleurs,
si on travaille régulièrement
avec une IA générative ?
Là encore, pas forcément.
Mais ce qui est vrai,
c'est qu'il y a certains logiciels
d'IA générative
qui peuvent garder en mémoire
les dialogues qu'on a eus
avec ce logiciel-là
et ce qui va lui permettre
d'aller chercher des informations
sur ce dialogue.
Comme je le disais tout à l'heure,
quand le dialogue devient un peu long,
parfois il y a un peu de la confusion
encore une fois dans ces logiciels-là.
Donc on ne peut pas vraiment dire encore
à ce stade que quand un logiciel
comme ça interagit avec un utilisateur,
il va beaucoup apprendre.
Par contre,
ce qu'il faut avoir en tête,
c'est que les millions d'utilisateurs
qui utilisent ces logiciels-là,
à chaque fois qu'il y a une conversation,
ils envoient des données
et la conversation elle-même
est analysée par des logiciels
chez les fabricants de ces logiciels
et c'est assez facile de voir
si la conversation se déroule bien ou mal.
Et ça, ça permet d'entraîner les modèles.
Donc les utilisateurs,
collectivement,
permettent d'améliorer au fil des mois
ces modèles.
Et quelque chose qui va avec ça
et qu'il faut bien garder en tête
quand on est un utilisateur,
c'est que toutes les informations
qu'on donne quand on discute
avec ces logiciels-là,
elles arrivent sur les ordinateurs
de leurs fabricants
qui parfois sont dans des pays
qui n'ont pas grand-chose,
pas beaucoup de lois
pour respecter les informations confidentielles,
la vie privée,
les informations de business, etc.
Et ça, il faut bien l'avoir en tête.
Évidemment, ça pose énormément de questions
sur la protection des données,
notamment dans le journalisme,
dans l'information en général,
bien au-delà du journalisme.
Postez vos questions
au 33 7 64 45 51 41.
Écoutez la note vocale
de ce voisin qui est au Bénin.
Je suis Gaston Yamaro,
directeur de Dema Radio à Paracou au Bénin.
L'intelligence artificielle nous permet
d'économiser du temps et de l'argent.
Tchad GPT, par exemple,
nous permet de trouver des idées de reportages
en nous inspirant d'autres radios
dans des pays comme la Somalie ou le Kenya
et que nous propose Tchad GPT
que nous adaptons ensuite aux réalités du Bénin.
Nos conférences de production
qui duraient trois à quatre heures
ne prennent plus qu'une heure aujourd'hui.
Nous utilisons aussi Audiolab
qui intègre des algorithmes d'IA
pour l'enregistrement et le mixage audio
permettant à nos équipes
de réaliser des reportages sur le terrain
de manière autonome et professionnelle
avec notamment l'algorithme de suppresseur
automatique de bruit et de l'écho.
Avec Dolby IEO, par exemple,
qui utilise également des algorithmes d'IA
pour corriger la bande passante,
nous produisons des retransmissions en direct
de haute qualité vidéo et audio
grâce à Nvidia Broadcast.
Nous améliorons en temps réel
aussi la qualité vidéo et audio
réduisant ainsi le nombre de personnes
nécessaires sur le terrain.
Là où on déployait six à sept personnes,
aujourd'hui on peut se contenter
de deux à trois personnes.
En tant qu'autodidacte, je forme mon équipe
pour contourner les limites budgétaires
et rester malgré tout compétitif
sur le marché béninois
et tout ça grâce à l'intelligence artificielle.
Merci beaucoup pour ce message Gaston Yamaro
qui est journaliste et directeur
d'une radio culturelle,
c'est une radio privée à Paracoup.
C'est intéressant ce message,
je ne sais pas comment vous le recevez
parce qu'il y a à la fois
l'utilisation technique
mais aussi l'utilisation
dans l'éditorial,
dans l'inspiration, dans les sujets.
Qui veut réagir ?
Moi je trouve ça
génial de voir
cette exploration,
on voit que ce sont des outils
qui peuvent permettre à des petites équipes
dans des endroits où il n'y a pas forcément
des moyens gigantesques, de faire des choses
qu'elles ne pouvaient pas faire avant,
de parler
de ce qui se passe dans des territoires
alors que peut-être
avant c'était plus difficile.
On voit aussi,
c'est vraiment ça qui est intéressant,
c'est qu'il y a plein d'usages très variés
qui vont du traitement des images
au nettoyage du son
et puis effectivement la dimension éditoriale.
La dimension éditoriale
c'est quelque chose qui est à la fois
super intéressant et où il faut
avoir en tête quelques limites
dans le sens où
ces logiciels, c'est super pour
brainstormer, pour
potentiellement générer des idées
mais c'est super important de garder
un esprit critique et d'essayer
d'abord soi-même quand même de générer
les idées. Et pourquoi je dis ça ? C'est parce que
le cerveau humain a
certains biais qui font
que quand on va lui proposer une idée
quand il y a un problème de créativité
à résoudre,
on va avoir du mal à s'en départir.
Il y a un prof d'une école de commerce
il n'y a pas longtemps qui a fait une expérience
avec ses étudiants sur un cas marketing
et il y a une partie des étudiants
il leur a donné le cas marketing
classique, il fallait qu'il le fasse tout seul
et puis une autre partie il leur a donné la réponse
de ChatGPT, il leur a dit
c'est peut-être ChatGPT
vous pouvez l'utiliser ou pas
la corriger comme vous voulez.
Les étudiants qui ont eu la réponse
ils ont eu beaucoup de mal à s'en départir
C'était tellement bien fait
mais en même temps c'était un petit peu formaté
dans le sens où c'était pas mal
mais bon
pas si original que ça.
Et si je me souviens bien, en lecture de votre livre
ils ont eu une moins bonne note en général.
Ils ont eu une moins bonne note, tout à fait.
Mais justement Vincent Roux
est-ce que ça va permettre aux continents
de combler un gap technologique
pas seulement pour les médias
de monter en compétence grâce à l'IA
parce qu'il n'y a pas assez de ressources humaines qualifiées
vous avez participé il n'y a pas longtemps à une conférence
en mai dernier
des radiodiffuseurs où l'IA
suscite beaucoup d'espoir dans les médias
et ailleurs. Il y a énormément d'espoir
énormément d'attente
comme vous le disiez dans cette idée que
pour des rédactions avec de petits moyens
l'IA peut permettre
d'améliorer la qualité
et la facilité
pour récolter l'information
et la mettre en forme. Donc il y a une grosse attente
modulo bien sûr les inquiétudes
autour des infrastructures
parce qu'on a beaucoup entendu
l'IA c'est génial mais ça serait déjà bien
qu'on ait de bonne internet
et puis il y a aussi
effectivement des inquiétudes
sur le contenu
sur la pertinence de ce contenu
et sur des questions éthiques
évidemment que pose
l'utilisation de l'IA dans le domaine éditorial
Et vous le disiez aussi en début d'émission
Pierre Evoudeyé sur le continent africain
ça pose la question des données d'entraînement
sur quoi a été entraîné Chad GPT
pour répondre à des questions de journalistes
dans une radio africaine pour avoir
des modèles adaptés à la réalité
du continent à l'heure actuelle
est-ce que Chad GPT est vraiment
suffisamment nourri de données africaines ?
Alors clairement non
pas aujourd'hui. C'est un problème
parce que ça veut dire qu'il y a toute une vision du monde
qui est portée par les langues africaines
par les textes
et les images qui sont associées qui ne sont pas présentes
aujourd'hui. Mais néanmoins on peut voir aussi
les choses de manière un petit peu plus positive dans le sens où
ce sont des technologies qui
aujourd'hui facilitent considérablement
la traduction
de textes dans des langues
très variées y compris des langues pour lesquelles il n'y a pas
beaucoup de locuteurs. Donc d'abord
il y a un certain nombre d'usages qui se développent
pour tout simplement sauvegarder certaines
langues qui sont parlées par
maintenant très peu de monde
et puis je pense que ça va permettre
ces technologies de
rendre accessible
à la planète entière des corpus de textes
qui pour l'instant n'étaient pas accessibles
parce que c'était dans une langue très peu parlée
et puis ça va aussi faciliter ce même processus
le fait de faire des bases de données qui vont
finir par arriver dans ces
systèmes-là. En tout cas un certain nombre d'entre eux
je l'espère.
On file au standard vos messages
33 7 64 45
51 41
Nick a posté ce message
il est data scientist, il est spécialiste
de la gestion de données pour
identifier les tendances, les prédictions
En tant qu'informaticien, l'IA m'aide
aujourd'hui beaucoup dans l'optimisation de mes tâches
j'utilise des outils tels que
Github et Compilo pour pouvoir non seulement
écrire du code mais aussi
pour pouvoir bien gérer mes projets
et aujourd'hui Chadjipiti
qui est le leader m'aide beaucoup
à pouvoir écrire mes rapports
à pouvoir monter également
mes cahiers de charge et gagner du temps
dans la réalisation de mes tâches
J'ai mérite dans un futur proche
que l'IA m'aide dans la collaboration
en équipe, m'aide à pouvoir me donner
des sujections dans la gestion
de mes projets et m'aide également
dans les formations contenues
Sur la peur, non
l'IA aujourd'hui
est un outil qui aide
et non un outil qui vient pour
remplacer le travail de l'homme. C'est vrai
que certains métiers vont bientôt
disparaître à cause de l'IA
mais l'IA crée aussi
d'autres opportunités de travail
parce qu'aujourd'hui, parce que tu travailles
en tant qu'informaticien dans le développement
de l'intelligence artificielle
je pense bien, nous allons
aujourd'hui faire grandir ce monde-là
qui est en constante évolution
Merci Annick pour ce message
On est en direct 8 Milliards de Voisins
sur RFI, nous sommes au festival
de la francophonie à la gaieté lyrique
et on essaye de voir quelles sont
les utilisations concrètes dans vos métiers
pour vous les voisins et les voisines
et vous pouvez bien sûr poster vos messages
au 33 7 64 45 51 41
tous les messages qu'on reçoit
Vincent Roux cite des outils
pour celui qui débarque
alors bien sûr tout le monde connait ChatGPT
ou presque, mais les autres outils
on a beaucoup de noms d'outils qui ont été cités
comment faire les bons choix
on a des outils qui sont
en général gratuits
au début, puis très vite il va falloir
payer, est-ce qu'il faut se méfier
du gratuit, est-ce que
pour faire un prompt finalement
on n'a pas besoin de payer un ChatGPT
20 dollars
par mois et le gratuit peut convenir
qu'est-ce que vous pouvez répondre
à nos auditeurs ? Moi j'ai tendance à penser
que effectivement pour l'utilisation
de tous les jours, les versions
gratuites sont largement suffisantes
après il y a effectivement des besoins
plus spécifiques
et certains des témoignages
que vous avez entendu étaient très
pointus dans l'attente qu'ils en avaient
quand Nick parle de ses besoins
de développement, il y a effectivement des modèles qui sont
meilleurs que les versions
grand public et gratuites
mais pour se familiariser
avec l'IA, pour l'utiliser
au quotidien, je crois vraiment que les versions
gratuites sont pour l'instant suffisantes
elles ne sont pas moins bonnes dans
les réponses qu'elles vont donner, elles sont
un peu moins bonnes dans
soit la rapidité, soit les fonctionnalités
qui sont associées comme
on le disait tout à l'heure, Pierre Evodie
par exemple fait de dialoguer
de façon naturelle avec
l'IA, aujourd'hui
Chadjipitin ne fait que dans sa version
payante et pas encore partout en
Europe et pas en France notamment
voilà donc tout dépend de la
gradation de ce que vous attendez
d'une IA mais en tout cas pour
une familiarisation
de base et pour la plupart des
besoins du quotidien, les versions gratuites
sont suffisantes. C'est sûr que pour un
data scientist comme Nick, de toute façon
les entreprises se sont déjà dotées d'outils
qui sont en général évidemment des outils payants
on revient à un message
d'un auditeur beaucoup plus basique
Taylor, étudiant congolais en master d'électromécanique
à Bruxelles, il pose la question suivante
l'IA peut-elle aider dans le domaine
de l'enseignement et si oui comment
peut-elle corriger les copies
voire faire les cours ?
Ah oui alors là il y a beaucoup de questions en même temps
mais c'est une super question
alors aujourd'hui
d'abord l'IA est en train d'arriver de manière
massive dans l'éducation
déjà par le biais des élèves
si on regarde les 14-18 ans
en Europe, en Amérique du Nord
il y en a plus de 80%
qui ont déjà utilisé chaque GPT pour
céder à faire leurs devoirs
et
alors nous on va dans des classes, on interview
les élèves pour comprendre un petit peu ce qu'ils font
on s'aperçoit que souvent
c'est encore pas fait de la manière la plus pertinente
c'est à dire que beaucoup d'élèves se disent
ça va m'accélérer un peu le devoir à la maison
peut-être que je vais avoir une meilleure note
et il y a encore un nombre trop limité
d'entre eux qui se disent ça va être pour moi
une opportunité d'apprendre des choses nouvelles
alors effectivement
si on utilise chaque GPT pour
tout de suite trouver la réponse à ses exercices
de maths et pas avoir à y passer trop de temps
ça va être plutôt néfaste parce que c'est pas comme ça qu'on apprend
par contre
si on fait l'effort
soi-même d'essayer de trouver avant
et puis si ensuite on utilise
par exemple chaque GPT pour s'entraîner
à parler une langue nouvelle
parce que ça permet de dialoguer véritablement
dans une langue étrangère sans avoir
une situation sociale où on est un peu timide
on n'ose pas trop, etc
si on utilise chaque GPT par exemple
pour réviser un devoir, par exemple on peut
mettre le PDF de son cours
et dire à ses logiciels
est-ce que tu peux me poser des questions pour vérifier que j'ai bien compris
et bien ça marche pas mal du tout
et pour les enseignants
donc ne pas demander uniquement fais-moi une fiche de synthèse
et je ne réviserai que la fiche sans avoir relu mon cours
ça c'est pas extraordinaire
mauvaise utilisation
par contre on peut lui demander de nous poser des questions
on a un répétiteur à la maison
ce que vous êtes en train de nous dire
pour nos auditeurs
c'est une forme de répétiteur
par contre il faut garder encore une fois à l'esprit
qu'il faut toujours avoir son esprit critique
que de temps en temps ce répétiteur
il peut dire des bêtises
donc il ne faut pas le prendre pour argent comptant
j'ai un message d'une voisine
elle dit j'utilise chaque GPT au travail
mais pas trop
parce que ça laisse des traces dans nos systèmes informatiques
et je n'ai pas envie qu'on le sache
question d'image
je ne sais pas comment cela serait perçu
c'est intéressant effectivement
il y a vraiment aujourd'hui encore
dans le monde professionnel
cette inquiétude
est-ce que j'en parle
est-ce que je ne parle pas
est-ce que je partage avec mes collègues
nous par exemple à France Mégamonde
on a pris une charte des bonnes pratiques
de l'intelligence artificielle
et je pense
le terme le plus important dans cette charte
c'est la transparence
évidemment par rapport au public
si on utilise de l'intelligence artificielle
on le dit et il faut que ce soit clair
que ce soit net sur les images
sur l'audio éventuellement
sur les textes
sur les sites web
et puis c'est aussi la transparence en interne
c'est-à-dire il faut discuter ensemble
au sein d'une rédaction, au sein d'un service
de l'utilisation de l'IA
quand quelqu'un a trouvé
un prompt
qui est particulièrement efficace
pour effectuer telle ou telle tâche
c'est bien de le partager avec les autres
et c'est important surtout d'en parler
de savoir comment on l'utilise
pourquoi on l'utilise
et de pouvoir rattraper éventuellement
de mauvaises utilisations
et de confronter les expériences
Mais quand vous parlez de transparence
est-ce qu'à terme, on verra, cet article
a été rédigé, je pense par exemple au site internet
de France Médiamonde, au site de RFI, de France 24
est-ce que cet article
a été rédigé avec l'aide
de l'IA Générative
cette émission, cette interview
alors ce n'est pas le cas aujourd'hui
cette émission a été préparée
avec l'aide et l'IA
serait au générique de l'émission
comme les autres membres de l'équipe
ce serait souhaitable en effet
à partir du moment où son intervention
est déterminante
effectivement dans la construction
de cette émission
l'autre
principe
fondateur de la charte
des bonnes pratiques, c'est une supervision
humaine systématique, il est clair qu'il n'y aura
jamais de publication
au sens large, peut-être une diffusion
d'un élément généré
par l'IA sans qu'il ait été
relu, validé, vérifié
par un journaliste, donc ça c'est
évidemment au coeur de notre
métier
en revanche effectivement
faire des traductions, faire ce qu'on appelle
le dérochage, c'est-à-dire tout à l'heure ce qu'on disait
scripter une très longue interview pour en retrouver
les éléments les plus marquants
ça c'est évidemment des éléments qui sont
très intéressants. Ça gagne du temps
pour faire d'autres choses plus importantes
finalement qui génèrent, qui demandent plus
d'arbitrage humain. Dans
l'une de nos émissions précédentes
chez 8 Milliards de Voisins, une syndicaliste
française qui travaille à l'heure actuelle sur le dialogue
social autour de l'IA dans les entreprises en France
et en Europe, nous disait que pour l'instant
en fait il y a beaucoup d'entreprises qui ne savent pas bien
si elles doivent former leur personnel
et à quoi les former dans le fond.
Pierre, il vous déliez.
Oui, alors ça ne me surprend pas parce qu'il
faut garder à l'esprit que
ces logiciels
dont on parle, ils sont tout récents
ils ont à peine plus de deux ans
et ils ont déjà un impact économique
social, culturel gigantesque
mais en deux ans c'est très très difficile
de comprendre
de se former
à tous les âges.
Donc ça ne me surprend pas du tout
et par ailleurs
beaucoup des usages qu'on pourrait imaginer
on a encore très peu de recul
sur quel va être
leur impact. Alors d'abord
leur impact sur l'emploi dans les entreprises
mais même quand on a identifié
une tâche pour laquelle on a l'impression que ça va
accélérer, améliorer la qualité
et bien finalement est-ce que c'est vraiment le cas
sur le moyen ou le long terme
on a besoin d'un petit peu de recul.
Que ça améliore vraiment la qualité du travail.
Exactement, que ça améliore véritablement la qualité du travail
on a besoin d'un petit peu de recul.
Donc moi je dirais que la première étape avant de se lancer
dans des usages relativement
techniques, c'est d'abord tout simplement
de mieux comprendre
les mécanismes, qu'est-ce que
sont ces logiciels, par qui ils sont
fabriqués, pourquoi, quelles sont
leurs forces, quelles sont leurs faiblesses
donc je pense que ce qui est plus important
c'est finalement de commencer
à former une connaissance un petit peu générale
qui va permettre aux gens
d'avoir des repères. C'est ce qu'on fait dans cette émission
justement. Vincent Roux, vous le disiez
vous avez participé à la charte France Média Monde
de l'utilisation déontologique de l'IA
est-ce qu'aujourd'hui la plupart des médias
sont en train d'élaborer de telles
chartes, en tout cas en Europe ?
En tout cas c'est le cas en Europe
c'est le cas notamment en France où
on va dire qu'aujourd'hui 99%
des médias ont leurs chartes
de l'IA qui se ressemblent
d'ailleurs beaucoup. Il y a
d'ailleurs quelques principes qui ont été
dictés par le conseil
de déontologie générale
de la presse qui donne quelques
lignes directrices. On
n'invente rien évidemment
là-dessus mais ces notions
de transparence, de supervision humaine
de ne jamais tromper,
ne jamais laisser dans l'ambiguïté
dans l'utilisation du lien, je pense
notamment aux images ou aux vidéos
et puis aussi la protection
des données et des sources, ça aussi c'est un élément
fondamental et encore plus
peut-être pour une entreprise de presse
c'est-à-dire qu'évidemment on ne va pas mettre
sur ChatGPT
public
Des enquêtes confidentielles en amont ?
Absolument, des entretiens, non.
L'Europe est en avance pour instaurer des gardes-fous
concernant l'IA, de même qu'elle l'avait
été sur la RGPD par exemple
mais on voit qu'aux Etats-Unis, tout récemment, le gouverneur
de Californie a mis son veto à la loi
sur la sécurité de l'IA
sous la pression des entreprises de l'IA
qui sont très nombreuses en Californie
est-ce qu'il faut s'en inquiéter
parce qu'on ne vit pas dans une bulle en Europe non plus ?
Pierre Voudeyé ?
Il y a plusieurs éléments
c'est-à-dire que, effectivement,
beaucoup de ces logiciels que les Européens utilisent
sont fabriqués
sur des ordinateurs en dehors de l'Europe
et donc souvent la loi qui s'y applique
est celle des Etats-Unis et pas celle de l'Europe
donc il faut s'intéresser
aux lois américaines
et par ailleurs, en fait,
ces débats sur ces lois
ne sont pas si simples à comprendre
parce que, en fait, par exemple
vous avez des gens qui
défendent l'idée que
l'intelligence artificielle
ce sont des technologies qui pourraient
un peu comme des super-pouvoirs
prendre le contrôle du monde
et par exemple déclencher des conflits
etc. et ça amène
beaucoup de gens à
porter leur attention sur ces dangers qu'ils appellent
existentiels et à vouloir faire des lois
sur ce sujet-là. Pour attribuer
des responsabilités à un moment donné ?
Par exemple, ils disent pour attribuer des responsabilités
et en même temps
faire ça, c'est aussi donner
une forme de personnalité
et attribuer
des pouvoirs à ces logiciels
qu'ils n'ont en réalité pas vraiment
et c'est détourner l'attention
d'autres problèmes, par exemple
ceux que l'on entend discuter sur
le fait que ce sont des technologies de transmission
culturelle qui vont peut-être
permettre à certaines organisations
d'imposer une vision du monde
voire de faire de la désinformation massive
et ça peut être un danger pour la démocratie, par exemple
on a aujourd'hui sur les réseaux sociaux
tout un tas de bots qui simulent
des personnes humaines et qui sont là pour défendre
l'opinion d'organisations
partiales
et en fait de mettre
trop l'accent sur les dangers existentiels
et pour certains acteurs
une manière de détourner l'attention
et les débats dont on vient de parler en Californie
ils ont rapport avec cette question-là parce que
en fait
certaines des personnes qui sont à l'origine de ces lois
et bien finalement
elles défendent plutôt cette vision de danger existentiel
qui détourne l'attention de dangers
démocratiques. Merci en tout cas
à vous Pierre et vous, vous êtes chercheur en intelligence
artificielle à l'Institut National de Recherche
en Sciences et Technologies Numériques
c'est l'INRIA, vous publiez
« C'est pas moi, c'est l'IA » pour apprivoiser
l'IA, en faire ton allié
aux éditions Nathan
merci à vous Vincent Roux
rédacteur en chef à France 24
vous êtes le référent IA à France Médiamonde
on vous retrouve d'ailleurs tout à l'heure
à la Gaîté Lyrique au Festival de la Francophonie
pour votre atelier à 17h30
c'est ça, à l'école
17h45 à l'école du
prompt pour les voisins et les voisines
parisiennes, les voisins
si vous avez pris l'émission en cours de route, vous allez sur
l'appli RFI Pure Radio et vous pouvez
réécouter toutes nos infos et discussions
à l'heure qui vous convient, y compris d'ailleurs si vous n'avez
pas de connexion internet, je le répète
il suffit de télécharger vos émissions préférées quand
vous avez du wifi et ensuite
vous les réécouter quand vous voulez
on se quitte avec Tiakola, extrait de son
nouvel album avec
Osco et Riflo, Manon B
Sous-titres par SousTitreur.com