Quel est l'état de santé de la radio haïtienne ? • Mondoblog audio • RFI

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5 Vues de vidéo·11 janv. 2025
Pour comprendre la grande importance de la radio au sein de notre société, il faut
revoir l'image de la tragédie du 12 janvier 2010.
Le soir du séisme, où l'angoisse était à son comble, tout s'était effondré.
Des milliers de sinistrés en difficulté n'avaient plus qu'une chose sur laquelle
compter.
La radio.
La radio pour nous parler et pour signaler la disparition d'un proche.
Le son des transistors était donc partout.
Au micro, les présentateurs prodiguaient des conseils aux survivants et avaient pour
principale mission de lancer des avis de recherche.
En Haïti, la radio reste le média oual.
Il suffit de visiter nos villes de province ou de faire un tour dans les rues de Port-au-Prince
pour s'en convaincre.
La vérité est qu'il n'y a pas de limite entre le public et la radio.
Le matin au réveil, la radio est déjà auprès de nous.
A midi, c'est elle qui nous informe de l'actualité.
Et la nuit, quand on se sent seul au monde, nos baladeurs collés à nos oreilles viennent
réchauffer nos cœurs.
Tout le monde écoute la radio.
Pour donner la parole à ceux qui ont quelque chose à dire, pour raconter une histoire,
pour décrire une situation, pour l'accès à l'information, pour l'éducation, pour
la liberté d'expression, il y a la radio.
C'est ce qu'on attend d'elle, c'est ce contrat tacite qui existe entre la radio
et son public.
Malheureusement, au fil des années, la décrépitude de la radio haïtienne a commencé avec l'apparition
du « Tout est permis » dans les médias.
En effet, la radio tient lieu et place désormais de nos tribunaux.
On porte plainte, on dénonce, on accuse sans preuve.
Il arrive souvent que l'information côtoie la diffamation.
Comme le dit mon ami Ousmane, « Hier, la rue répétait ce qui était dit à la radio.
Aujourd'hui, c'est plutôt la radio qui répète ce qui est dit dans la rue. »
