Benjamin Haddad : l'homme qui veut faire la guerre à la Russie - Didier Maïsto

Tocsin
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Le coup de marteau de Didier Maïsto !
Journaliste, ancien patron de Sud Radio
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Bonjour Didier Maïsot.
Bonjour Clémence Diacoin.
Merci d'être avec nous ce matin.
Vous êtes ancien patron de Sud Radio, journaliste et chroniqueur toxin.
Quel est votre sujet aujourd'hui ?
Je vais vous parler de M. Haddad, le Vatanger, notre nouveau ministre de l'Europe.
Mais d'abord, si vous me permettez, je voudrais saluer l'arrivée, vous en avez parlé,
d'André Vercoff sur les ondes bénéfiques et magnifiques de toxin.
Je suis heureux de voir que les forces vives d'une certaine radio, pour laquelle j'ai
beaucoup donné, se retrouvent pour la liberté de l'expression, pour la liberté de la presse
et des médias.
On n'est pas tous d'accord, parce que j'ai vu sur Twitter, quand on leur annonçait
sur certaines prises de position, « mais alors ? ». Non, tout le monde va garder son
indépendance, sa liberté de ton, au contraire, parce que je pense qu'à toxin, on a envie
de débattre.
Et je vais vous dire un truc incroyable avec des gens qui ne sont pas d'accord forcément
avec nous, qui est quand même le propre du débat.
Bon, allez, je referme la parenthèse.
Bienvenue à André.
Vous avez bien fait de signaler que nous sommes dans un véritable principe de liberté
d'expression.
Donc, André Vercoff a ses idées, moi les miennes, vous les vôtres.
Et l'idée, évidemment, c'est d'accueillir cette pluralité et de pouvoir parler de tous
les sujets tous ensemble et de créer des débats.
Vous l'avez dit aussi, Didier Meisto, dans une ambiance où, justement, plus il y aura
de débats, en tout cas, le droit de dire ce qu'on pense, mieux ce sera.
Et c'est quand même le principe de la liberté d'expression et des médias, il me semble.
Voilà, donc, je vais dire ce que je pense de M. Haddad, comme toujours, avec des termes
châtiés et de façon apaisée.
Ce n'est pas le fils de Crao, ce n'est pas l'angoisse de feu de M. Haddad.
C'est une espèce de bonhomme un peu joufflu, un peu écarquillé, qui a toujours l'air
un peu heureux, comme ça, un peu béat.
Mais ne nous y trompons pas, c'est un homme d'acier, c'est un faucon qui a été formé
à la grande école de l'espionnage états-unien.
Et il n'est pas nommé là par hasard, comme d'ailleurs Jean-Noël Barraud aux Affaires
étrangères, ou encore le gnome séjourné à la Commission européenne.
Ce sont des gens qui n'ont pas véritablement d'idée, qui sont soumis à Emmanuel Macron,
qui ne vont pas faire de vagues, qui est lui-même soumis à la Commission européenne.
Je ne dis même pas à l'Union européenne, qui n'est qu'un agrégat informe d'un certain
nombre de pays, dont la Commission européenne, qui elle-même est affidée à Washington.
Alors, il faut savoir que M. Haddad, il a beaucoup travaillé dans des groupes de réflexion,
Atlantic Council par exemple, parmi les plus influents de Washington, et il a intégré
donc le gouvernement barnier.
Et si j'en parle, c'est qu'il s'est exprimé au Berliner Zeitung, qui est un grand journal
allemand.
C'est passé complètement inaperçu en France.
Il a repris ce qu'avait dit un peu l'antienne de Macron quand il avait parlé d'ambiguïté
stratégique, où tout le monde s'en souvient, et à l'époque, il avait été redressé,
vilipendé, engueulé même, remis à sa place par tous les pays occidentaux européens,
comme les États-Unis d'ailleurs.
On voyait des gens se faire trouver la peau en Ukraine tout seuls, comme ça, j'y reviendrai.
Et quand on lui a redemandé donc à M. Haddad si la position française restait calquée
sur celle de M. Macron, envoyer des troupes au sol en Ukraine, il a répondu sans ambiguïté
« Oui, bien sûr, rien ne doit être exclu, je le cite, nous ferons tout ce qu'il faut
pour que la Russie ne puisse pas gagner cette guerre ».
Et c'est ce qu'avait dit le chef de l'État, déjà, le 26 février 2024, c'était sur
les antennes de BFM TV.
Rappelez-vous, il avait dit aussi, dans l'année qui vient, avec toute la faconde un peu stupide
et ce côté bravache qui le caractérise Macron, « Dans l'année qui vient, je vais devoir
envoyer des mecs à Odessa, je vais envoyer des mecs à Odessa, président de la République
française, dans le cadre de l'OTAN ».
C'est lui-même qui joue, comme disait mon gamin quand on était à Toulon voir un défilé
militaire et les avions de la Patrouille de France, il s'est dit « J'ai mis mon blouson
de radiateur ».
C'est-à-dire ?
Ben oui, il met son blouson de radiateur, comme le Tom Cruise moyen, et il dit « Je
vais envoyer des mecs à Odessa », non mais franchement, dans la République française.
Dans son récent entretien accordé à la presse allemande, Benjamin Haddad, il a par
ailleurs affirmé, il s'est déterminé en faveur de la fourniture à l'Ukraine de
missiles longue portée qui prennent des frappes en profondeur sur le territoire russe et ce
n'est pas neutre.
Vous savez pourquoi ? Je le cite exactement, nous disons qu'il faut donner aux Ukrainiens
les outils dont ils ont besoin pour se défendre, il reprend exactement ce que disait Macron,
et cela inclut des missiles à longue portée pour attaquer des cibles militaires en Russie.
Alors la question, je ne vais pas citer tout ce qu'il a dit, parce que de toutes façons
ce n'est que de la répétition, de la redite, on voit la question légitime que l'on peut
se poser, c'est pour qui roule M. Haddad ?
Je rappelle qu'en France, déjà nous sommes dans l'atlantisme le plus total, puisque nous
avons grâce à M. Sarkozy réintégré le commandement intégré de l'OTAN, nous n'avons
plus aucune marge de manœuvre, notre armée est en piteux état, en cas de conflit de
haute intensité nous tiendrions cinq jours, ça c'est le rapport qui avait fait pas mal
de bruit au Sénat, et on bombe le torse, donc on peut se demander pour qui il roule M. Haddad ?
On peut se demander la réponse, et dans la question, il roule pour les Etats-Unis, ce
qui explique aussi quand même un certain nombre de positions vis-à-vis d'Israël,
et le fait que M. Macron soit au dernier moment comme ça tensé par Israël, qui s'est dit
vexé, surprise, humilié, parce qu'il avait dit qu'il faudrait aboutir à un cessez-le-feu,
notamment au Liban et à Gaza.
Si j'en parle aussi, c'est que le 25 septembre dernier, Vladimir Poutine, dans une conférence
de presse, a fait preuve, montre de sa volonté, d'ailleurs ça a été fait, de changer la
doctrine militaire russe et de l'adapter au nouveau contexte de la guerre en Ukraine.
La doctrine nucléaire russe, la dernière version publique, il faut savoir, elle datait
de 2020, prévoyait seulement que la Russie pouvait utiliser son propre arsenal en cas
d'attaque nucléaire ou d'attaque conventionnelle, j'ouvre les guillemets pour les refermer,
en cas de menaces existentielles de l'État.
Cette fois, Poutine a souhaité qu'une agression contre la Russie par un État non nucléaire,
mais avec la participation ou le soutien d'un État nucléaire, avec la France par exemple,
soit considérée comme une attaque conjointe contre la fédération de Russie.
Donc la future doctrine prévoit que la Russie pourra désormais utiliser des armes nucléaires
si, j'ouvre les guillemets, si elle recevait des informations fiables sur le début d'une
attaque transfrontalière massive par voie aérienne, premièrement, au moyen de l'aviation
stratégique et tactique, de missiles de croisière, de drones et d'armes hypersoniques, je referme
la parenthèse.
Tout ça pour dire que, même si en France, on en parle peu, voilà le risque que nous
courons et vous comme moi, comme beaucoup de personnes qui interviennent sur le toxin
savent qu'en matière militaire, les Russes tiennent toujours leurs promesses.
Ce n'est pas M. Macron qui vient, entre fromage et poire, bomber le torse entre deux réceptions
de Dracune à l'Élysée et vient dire je vais envoyer des mecs à Odessa, non, non,
c'est peut-être la première ou la deuxième armée du monde.
Ils ont une supériorité stratégique évidente avec les missiles hypersoniques et j'invite
tout le monde à lire, je suis en train de le finir, le bouquin de Todd sur, effectivement,
la défaite de l'Occident, c'est son titre, où on voit bien dans quelle position économique
et stratégique, en termes militaires, se trouve la Russie aujourd'hui.
À côté, nous sommes des nains et nous sommes donc, je me souviens d'un livre de Druon,
la France aux ordres d'un cadavre, je ne sais pas si les États-Unis sont un cadavre,
en tout cas, je sais que nous sommes complètement affidés, un petit valet, c'est un mille
des intérêts américains, ce qui explique la géopolitique actuelle, tant dans les conflits
au Moyen et au Proche-Orient que dans le conflit du Créneau russe.
Et donc ça, il faut avoir les moyens de ses ambitions, quand on bombe le torse, on n'a
plus aucune autonomie et on vient simplement pérorer, le monter en haut, plastroner, pour
faire avec zèle la politique des États-Unis et ça veut dire, ça, qu'on a perdu notre
souveraineté d'un point de vue militaire, d'un point de vue des affaires étrangères
et notre autonomie a décidé et que nous ne sommes plus complètement alignés sur
la position américaine qui, je le rappelle, qu'est-ce que c'est que les États-Unis
d'Amérique ? Ils considèrent que la planète est leur terrain de jeu, d'où l'extraterritorialité
de leurs droits.
Vous pouvez avoir n'importe quel logiciel, on peut venir chez vous, vous promettre mille
ans de prison sans prévenir la justice française.
C'est ça l'hégémonie américaine, c'est ça l'empire dont nous voyons les effets
sous nos yeux aujourd'hui et voilà de quoi M. Haddad se fait le serviteur dans le silence
absolu des médias français, même si de la classe politique et je rappelle, je ne veux
pas être trop long, mais juste pour conclure, que tout le monde s'est aligné sur la position
de M. Macron concernant l'Ukraine, sans débat à l'Assemblée Nationale et à faire au service
des sans-vote.
Après avoir entendu M. Beyrou sur France Info nous expliquer qu'il y avait eu une réunion
hors institution à Saint-Denis et que tous les chefs de parti présents étaient d'accord
avec la position de M. Macron concernant l'Ukraine, de Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, qui
ont reviré des positions pour évidemment des questions de politique intérieure que
tout le monde comprend parce qu'il faut montrer pas de blanche au système.
On est tous pro-Ukrainien qui est le pays le plus corrompu de la planète et j'invite
aussi les gens à lire ce livre de Todd pour voir quelle est la réalité de la corruption
sur la planète et la corrélation qui est faite entre la mortalité infantile et le
niveau de corruption dans l'État.
Pendant qu'on parle de la couleur de la veste de M. Barnier et de son flègue britannique,
c'est ce qui est en train de se jouer réellement au niveau planétaire et c'est quand même
assez préoccupant.
Merci beaucoup Didier Meysseau d'avoir rappelé le changement de doctrine russe, c'est très
important et en effet nous on joue avec nos soldats comme si on jouait avec des petits
jouets alors qu'en réalité il est question là d'une possible provocation et une guerre
nucléaire tout simplement, c'est ce que vous disiez sous les lignes.
Merci beaucoup Didier Meysseau.
