"Macron se dit meurtri alors que c'est lui qui a meurtri son peuple !" - Langlois/Castelnau

Tocsin
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13 Vues de vidéo·11 janv. 2025
C'est l'heure du sonneur.
Et je suis très heureuse de retrouver pour cette nouvelle année nos deux chroniqueurs Régis Casselnot et Alexandre Langlois.
Bonjour à tous les deux.
Bonjour Clémence.
Bonne année.
Merci.
Régis, avocat à la Cour, auteur du blog « Vu du droit » et de ce livre évidemment « Une justice politique » aux éditions L'Artilleur.
Et à chaque fois que je cite le livre, je dis à chaque fois qu'il est terriblement en actualité, mais c'est vrai.
Alexandre Langlois, ancien policier, auteur de « L'ennemi de l'intérieur » dérive et dit « Sous fonctionnement de la police nationale »
ou encore, et c'est celui-ci peut-être qui est le plus d'actualité, « Essayez la démocratie » au bal masqué de la Macronie, édition Thalma.
Alors on va commencer évidemment par revenir sur la mort du ménire Jean-Marie Le Pen qui nous a quitté hier.
Et donc avec toutes les polémiques qui en sont suivies, notamment ces fêtes de la gauche sur différentes places et notamment places de la République,
les différentes réactions plus ou moins, on va dire, contenues de fêtes derrière son décès.
On commence par réagir donc à la mort de Jean-Marie Le Pen, Régis de Castelnau.
– Bon, alors moi je suis, comment dire, mouton noir, parce que j'avais de l'aversion pour Jean-Marie Le Pen.
Je le connais depuis longtemps, pas personnellement, mais enfin dans les années 60.
Au début des années 70, il était dans une extrême droite extrêmement agressive, dans les facs, c'était des bandes de nervis.
D'ailleurs, coucou Madame Loiseau qui est au Parlement européen aujourd'hui.
Ensuite, il y a le passé, il y a le Front National, dont il accepte de prendre la tête et d'en faire son épicerie familiale, ça c'est tout à fait exact.
Je pense qu'ensuite il s'est laissé instrumentaliser, il a accepté d'être l'instrument d'une manipulation mitterrandienne.
– Tout à fait, on va revenir sur ce sujet.
– Je pense qu'il a joué un rôle très négatif globalement, simplement aujourd'hui ça fait 15 ans qu'il est retiré, soyons clairs politiquement.
Et puis le Rassemblement National s'est fait contre lui, contre lui.
Quand il a s'agit de prendre sa succession, Goldnich était son candidat, ce n'était pas Marine.
Alors tout ça est un peu compliqué, mais donc voilà, bon il est mort, il est mort, c'est une page qui se tourne,
c'est une autre génération, 96 ans, donc ça fait un moment.
Mais vraiment, il appartient à une matrice, à une famille intellectuelle que je n'aime pas du tout, plus que ça même.
Alors lorsqu'il a dirigé le Rassemblement National, il était plein d'anciens SS, d'anciens miliciens,
donc quelqu'un, comme j'ai critiqué de peine, m'a traité de salope ou plein de choses comme ça, et de fils de porc.
Sauf que mon père, effectivement, il n'a pas fait le même choix que les amis, que M. Brignot, que M. Busquet,
que les amis qui ont trahi la patrie, qui sont passés entre les gouttes à la libération,
parce qu'ils étaient vivants à cette époque, dans les années 70, et mon père, il est allé se faire trouver la peau,
perdre trois de ses cousins, perdre l'usage de son bras droit, parce qu'il était du bon côté.
Alors quand même, l'histoire est plus compliquée que ça, petite anecdote, compte tenu de mes propres engagements,
histoire de me casser les pieds, il n'y était pas revenu, il a été candidat pour les législatives au Front National
à l'époque où il y avait un scrutin de liste, donc il a accepté de mettre son nom en dernier,
sûr qu'il ne serait pas élu, mais c'était pour me casser les pieds, il y est parvenu.
Non, ce que je vais rajouter aussi, c'est que, bon, on a le droit de critiquer ou de dire à ce moment-là
ce qu'on pense de la disparition de cet homme, je trouve que le spectacle de la place de la République était totalement indigne, quoi,
de voir la bande des hommes soja, et on va parler de Charlie, les mêmes que ceux qui étaient Charlie,
je n'ai jamais été Charlie, moi, personnellement, qui sont venus là, prendre la pose antifasciste ridicule,
faire ce théâtre, c'était totalement indécent, et ça en dit long, ça en dit long, sur cette petite bourgeoisie urbaine,
celle qui a revalidé Macron le 7 juillet dernier, hein, on n'a plus à voter pour ces candidats,
donc voilà, c'est une belle leçon de choses, je rappelle quand même qu'il est mort le même jour,
le 8 janvier, ou peut-être le 7, je suppose, le 8, c'était l'anniversaire de la mort de François Mitterrand,
et tout à l'heure, on va parler peut-être de Charlie Hebdo, et de Dieudonné,
Dieudonné, c'est le 10e anniversaire aujourd'hui de l'arrêt scandaleux du Conseil d'État qui avait interdit a priori un spectacle de Dieudonné,
renversant une jurisprudence qui avait 80 ans, et montrant bien que la liberté d'expression, c'est un combat de tous les jours.
Il y a un fil, vous avez raison, entre tout ça, d'abord la liberté d'expression,
d'ailleurs Charlie Hebdo a fait un article, que je vous lirai tout à l'heure, sur la liberté d'expression,
empoitant du doigt l'extrême droite, comme si c'était l'extrême droite qui avait des problèmes avec la liberté d'expression,
on en reparlera tout à l'heure, mais évidemment, Dieudonné, il est aussi très concerné par ces questions de liberté d'expression,
et puis rappelez aussi que Dieudonné avait choisi Jean-Marie Le Pen comme parrain pour l'un de ses enfants,
donc comme ça, en effet, vous avez eu raison d'évoquer tous ces sujets, ils ont un lien tous ensemble,
et on va revenir évidemment sur chacun de ces sujets tout à l'heure, mais d'abord Alexandre Langlois.
Alors juste avant, une petite aparté, parce que j'ai découvert ça pendant les vacances,
Toxin est écouté jusqu'en Afrique, et il y a une personne que j'ai pu avoir par intermédiaire, Philomène, jusqu'à Dakar,
donc c'est pour dire que Toxin rayonne très largement dans le monde francophone et au-delà des frontières.
Mais vous savez qu'il y a même des radios africaines qui nous ont demandé d'émettre directement notre matinale à l'heure de leur matinale.
Donc oui, on est écouté en Afrique.
Bon succès, bonjour à Philomène à Dakar qui nous écoute ce matin.
Pour reprendre sur le sujet, moi c'était sur effectivement, je vais être un petit peu comme Régis,
j'étais circonspect par rapport à toutes ces scènes de fêtes, parce qu'il y a deux choses bien différentes que je distingue.
Pour une petite comparaison, quand Franco était mort en Espagne, on pouvait dire que le régime franquiste était mort avec lui.
Quand Jean-Marie Le Pen décède, mon quotidien n'a absolument pas changé dans un sens ou dans un autre, ça n'a rien changé.
Ce qui veut dire que ces gens-là se réjouissent de faire une fête.
S'ils attendent que tous les opposants à leurs idées meurent de vieillesse, ce n'est pas gagné.
Et le combat des idées n'est pas grandi non plus.
Donc je veux dire, à ce moment-là, ça ne sert pas à grand-chose.
Et c'est même contre-productif pour ces gens-là.
Je veux dire, ils tirent une balle contre leur camp en disant, bah écoutez, nous on fait une fête.
Ce qui veut dire que tous les médias mainstream de la Macronie vont dire, plutôt que de parler d'un débat d'idées,
quel est ce qu'a fait Jean-Marie Le Pen, pourquoi on peut être d'accord, contre, etc.
Evidemment, ce qu'il faut faire d'ailleurs.
C'est tout à fait intéressant.
Est-ce qu'on fait sur toxin ? Est-ce qu'on va en continuer de débattre ?
Mais là, on n'est pas sur le débat d'idées, on est sur le débat d'une personne.
Et quand on combat une personne, c'est peut-être tout à fait différent que combattre des idées.
Donc c'était ce côté un petit peu au rabais.
Et bien, dans tous les cas, indigne de toute la classe politique, j'allais dire.
Mais tous les gens qui sont allés là-bas, et surtout de tous les médias qui en ont fait le relais.
Parce que finalement, quand on compte le nombre de personnes qu'il y avait,
si on compte tous les rassemblements, ça fait quelques centaines.
Peut-être, allez, on compte large quelques milliers de personnes.
Mais par rapport à l'ensemble de la population française, ça ne fait pas grand-chose.
Donc il y a deux choses.
Et comme disait très bien Régis, en plus, ça fait plusieurs années qu'il n'interagit plus en politique.
Donc bon, au final, il est mort, il est mort.
Laissons sa famille pleurer, et puis continuons soit le combat dans un sens ou dans un autre.
Mais je veux dire, ça ne change rien, vu qu'il n'était pas aux commandes.
Voilà, donc c'était plutôt triste comme scène, et déplorable pour le débat d'idées.
Alors est-ce que vous voulez, puisque vous l'avez introduit Régis de Castelnau,
qu'on aille directement sur le sujet Charlie Hebdo ?
Je rappelle que, d'ailleurs, à la même date où Jean-Marie Le Pen nous a quittés,
nous célébrions la France, enfin commémorée plutôt,
évidemment le triste anniversaire de l'attentat de Charlie Hebdo, du 7 janvier 2015.
L'attentat qui visait le siège, je rappelle, du journal Charlie Hebdo,
avec douze victimes qui perdaient la vie, dont huit membres de la rédaction,
dont les fameux dessinateurs Cabu, Chard, Tignous, Honoré, Wolinski,
et d'autres, évidemment, sous les balles des frères Kouachi.
Ensuite, je rappelle d'ailleurs, parce qu'on a tendance à s'arrêter à Charlie Hebdo,
que le lendemain, Amélie Koulibaly assassine une policière à Montrouge,
puis le 9 janvier, évidemment, il y a l'attentat de l'hyper cachère,
où quatre personnes sont tuées.
– Alors, revenir sur ce sujet, c'est poser aussi la question de la liberté d'expression,
de où nous en sommes dans ce combat pour la liberté d'expression,
et puis peut-être aussi, comme vous le disiez, de cette clique Charlie Hebdo,
comme vous le disiez Régis de Castelnau,
où en est-elle aussi dans son analyse de fond sur ses véritables ennemis ?
Je vais commencer par vous, Régis.
– Alors, moi je suis très clair, lorsque j'ai appris, je me rappelle très bien,
lorsque j'ai appris le massacre de Charlie, j'étais catastrophé.
Wolinski et Cabus, c'est ma jeunesse.
Vous voyez, Wolinski, je l'ai croisé, quand il était dessinateur à l'UMA.
C'était des gens que j'adorais, je détestais le Charlie de Val, le Philippe Val,
on voit bien où il est aujourd'hui.
Et puis, il y a eu le reste, il y a eu le policier Ahmed Merabé,
qui a été exécuté, on l'a vu dans la rue,
il y a eu l'attaque de l'hyper-cacher,
aussi avec le jeune Cohen qui a essayé de défendre les clients
et qui a été abattu par l'agresseur.
Donc, ça m'a beaucoup frappé.
Mais à ce moment-là, ce que je n'ai pas aimé du tout,
et je ne me suis jamais spontanément senti Charlie,
ça a été la récupération.
Cette grosse manifestation du 11 janvier,
où on voit le premier rang avec Netanyahou, excusez du peu,
avec tout un tas de gens qui sont des assassins de la liberté d'expression en général.
Et puis, il y a eu le débat sur le droit au blasphème.
Moi, je veux bien qu'on ait le droit de blasphémer,
on ait le droit de critiquer les religions,
sauf que c'était toujours la même.
La religion chrétienne, elle ne fait plus de peine à personne.
Et puis surtout, ce que j'ai vu, c'est qu'à cette occasion,
deux choses.
La première, c'est que c'était cette mobilisation,
et le pauvre Emmanuel Todd, je dis le pauvre,
parce qu'il a écrit un bouquin qui s'appelait Qui est Charlie,
il s'est fait massacrer, et il l'a très mal vécu.
Il avait raison quand il a montré qui s'était mobilisé,
c'est-à-dire la petite bourgeoisie urbaine,
qu'on a vue, place de la République,
ouvrir des bouteilles de champagne pour la mort de Jean-Marie Le Pen.
C'est les mêmes, ce sont ceux-là qui ont porté Macron au pouvoir,
qui dominent dans les médias, qui dominent dans le bloc éditaire.
Donc personnellement, je n'ai jamais été solidaire de ces gens-là.
Et surtout qu'aujourd'hui, c'est ma deuxième observation,
on les voit, mais ce sont tous des gens qui réclament la censure
de ceux qui ne pensent pas comme eux.
Tous les charlistes, tous, ils sont là, les Enthoven,
comment dire, je pensais à quelqu'un d'autre,
oui, Marine Tendelier, qui, alors bon, à l'époque,
je ne sais pas quelles étaient ses prises de position,
mais qu'est-ce qu'elle dit, Marine Tendelier, à propos de X,
elle dit, ou bien on régule, c'est-à-dire qu'on fait taire
ceux que je n'aime pas, ou bien on interdit.
C'est magnifique, c'est charlie, ça ?
Non, ce n'est pas sérieux.
Le charlisme était un mauvais combat, et on voit bien,
dix ans après, son résultat,
c'est le DSA de M. Thierry Breton en Europe,
le résultat, c'est les prises de position, là,
de Macron, qui parle d'ingérence,
qui est scandalisé par ce que fait Musk,
on a le droit de ne pas aimer Musk, et de considérer
que c'est un provocateur, c'est mon opinion,
mais je n'ai entendu personne, lorsque M. Soros
a mis en place, par exemple, un travail extraordinaire
pour peupler les juridictions européennes,
de gens à sabote, et qui prennent toutes les décisions
liberticides qu'on imagine.
Donc voilà, c'était pour liquider, une bonne fois pour toutes,
charlie, pour ce qui me concerne.
Oui, mais en restant un tout petit peu sur ce charlisme
dont vous parlez, cette forme d'idéologie charliste,
comment vous expliquez, d'où vient cette idéologie,
quels sont ses fondements, et cette erreur de jugement,
presque, si je peux me permettre, moi-même,
de les critiquer, cette erreur de jugement,
qui est celle de se tromper de combat,
sur la liberté d'expression.
Je ne sais pas s'il se trompe de combat,
je pense que dès le départ, c'était ça.
Et moi, mon absence de solidarité avec ce mouvement,
pas avec les victimes, bien évidemment,
et pas sans la prise de conscience
des problèmes posés par le terrorisme,
puisqu'il y aura ensuite le 13 novembre,
mais non, c'est véritablement l'idéologie
de ces couches sociales, c'est une sociologie,
ils n'acceptent pas la liberté d'expression,
ils la détestent.
Et donc là, en la revendiquant,
sur la base, franchement,
quel intérêt de faire,
si ce n'est d'offenser,
et on a le droit de le faire,
d'offenser la communauté musulmane de France,
qui est quand même assez nombreuse,
j'aimerais bien qu'on nous fasse
exactement la même chose,
voir ce que ça donnerait
concernant la religion juive,
qui est pas mal non plus dans son genre,
comme la religion chrétienne,
mais qui est plus discrète aujourd'hui.
– Qui, elle, est bien visée par Charlie Hebdo,
pour le coup, elle n'est pas oubliée.
– Oui, mais c'est la façon,
on tire sur une ambulance,
alors d'accord, oui, c'est bien,
mais la liberté d'expression,
c'est important,
c'est le débat contradictoire,
c'est tout le monde à droit à la parole,
c'est une presse qui n'est pas totalement
verrouillée par une plutocratie,
c'est pas un service public
que tout le monde paye,
qui est verrouillé par le pouvoir,
non, non, c'est pas ça, la liberté d'expression,
et donc, c'est pas,
ah, j'ai le droit
de caricaturer Mahomet,
ah bon, formidable, une fois que t'as fait ça,
t'as fait avancer quoi ?
Concernant un système
qui est un système globalement liberticide,
c'est pour ça, tout à l'heure,
je parlais de Dieudonné,
le Conseil d'État, en cette période,
pour ne pas faire de peine
à M. Manuel Valls,
a interdit a priori un spectacle,
alors que le contrôle de la liberté
d'expression, il y a des limites,
se fait a posteriori par le juge,
et bien le juge administratif a dit,
non, non, Dieudonné il est méchant,
donc j'interdis a priori son
spectacle,
et je piétine
une jurisprudence
qui a été mise en place entre les deux guerres,
justement, c'est le fameux arrêt Benjamin,
qui était décisif,
non ?
C'était dans le même temps,
on va y revenir, mais il y a eu une décision
du tribunal administratif
la semaine dernière, qui a suspendu
l'interdiction du spectacle de Dieudonné,
donc elle a suspendu l'interdiction, donc normalement,
le spectacle pourra avoir lieu, mais on va y revenir.
Non mais ce que je voulais dire,
c'est que dans le même temps
où
on était tous,
on était sommés d'être tous Charlie,
il ne faut pas oublier que le fameux
numéro de Charlie Hebdo
la semaine d'après a été
imposé dans toutes les sociétés du 440,
ils en ont acheté des dizaines
de milliers et ils les remettaient
à leurs salariés, moi je trouve ça bizarre
quand même, je trouve ça un peu curieux,
mais ce que
le jour même,
pardon, le lendemain du massacre
de Charlie,
le conseil d'état
valide
une interdiction qui,
c'était une procédure, c'était une interdiction
qui était
relative à une affaire qui s'était
passée six ou
huit mois avant, donc ce jour-là, ils n'ont pas été
gênés, ils ont pris une décision
d'atteinte à la liberté d'expression
sans aucun problème, nos amis du conseil d'état,
alors qu'on nous sommait
d'être tous Charlie, être Charlie
c'est, j'ai compris,
je monopolise la parole,
être Charlie à l'époque,
ça n'était pas
être pour la liberté d'expression,
et on le voit avec les résultats aujourd'hui,
c'est tout.
On va continuer évidemment d'en parler, mais je vais me tourner vers Alexandre Langlois
qu'il puisse aussi donner son avis
juste avant Alexandre, juste,
je vous propose de regarder la une de Charlie Hebdo
du 7 janvier,
donc commémoration, voilà,
et puis une autre, puisqu'on parlait de liberté d'expression,
qui est l'illustration, alors celle-ci que vous voyez
c'est de Rhys, et l'autre c'est de Coco,
une autre, voilà,
vous allez voir l'illustration de cet article
que je voudrais citer, mais d'abord Alexandre Langlois,
je vais vous laisser réagir à tout ce qu'a dit Régis de Castelnau,
celle-ci c'est l'illustration
de l'article de Jean-Yves Camus, publié
justement le 7 janvier, dix ans après le 7 janvier,
l'extrême droite défend la liberté
d'expression qui l'arrange, voilà ce que dit
Jean-Yves Camus, qui visiblement a oublié qui
avait tiré sur Charlie Hebdo dix ans avant,
je vous lirai un
extrait de cet article, et vous voyez bien, donc en tout cas,
l'illustration,
ici on peut voir Jean-Marie Le Pen
qui rappelle à un médecin qui lui dit
je vais te faire courir, moi le médecin, pédé !
Voilà, vous voyez l'ambiance.
Alors, d'abord,
Alexandre Langlois, sur tout ce qui a
déjà été évoqué, c'est-à-dire beaucoup de choses par Régis de Castelnau.
Beaucoup de choses.
Sur Charlie, effectivement, derrière,
il y a eu un même temps déjà, un même temps
avec toute une récupération politique d'un mouvement
qui n'est pas du tout Charlie en soi.
Charlie Hebdo, c'était la satire,
c'était critiquer toutes les religions, ils ont tapé sur
tout le monde, y compris la religion juive,
peut-être moins, mais en tous les cas, elles, ils étaient présents
dans leur colonne, et une chose qui a rappelé
et que je trouve tout à fait juste,
si on n'avait pas Charlie, on n'était pas obligés de le lire.
Et à partir de là, écoutez, très bien,
pour moi, moi ça me suffit, tant qu'on m'oblige pas
à lire quelque chose que je n'ai pas envie de lire,
pareil pour les autres, donc très bien.
Après, il y avait quelque chose aussi d'assez, avec beaucoup d'émotion,
quand j'avais appris cet attentat le 7 janvier,
c'est que quelques mois avant,
on avait été mis en relation avec le syndicat Vigie,
avec Charbe, et qui nous avait fait
une caricature, pour dénoncer
la gestion de la police nationale.
Dessus, on voyait un commissaire
qui était en train de mettre ce qu'avait acclaché
à un poteau un policier,
en le menaçant de son arme,
comme s'il était sur un poteau d'exécution,
et à côté, quelqu'un qui était représenté des syndicats de police majoritaire,
qui était en train de creuser une tombe, en train de dire
« je fais tout ce que je peux pour toi, cher collègue, je fais tout ce que je peux ».
Et en fait, il avait évoqué en une caricature
tout le malaise.
Et ce qui était assez crispant, c'est que
dans les gens...
Pour eux, c'était juste Alexandre Langlois.
Vous étiez dans le renseignement, déjà, à ce moment-là, ou pas ?
Oui, j'étais déjà dans le renseignement, aussi.
J'étais au niveau du syndicat.
J'étais secrétaire général adjoint,
enfin, dans la direction du syndicat, déjà.
J'étais déjà dans le renseignement, tout à fait.
Et la chose
qui m'a énormément
choqué, j'allais dire, c'est tous les gens
qui se sont repris de Charlie. Parce qu'évidemment,
ça, ça désignait la gestion de la police
par Manuel Valls, à l'époque, notamment.
Et Manuel Valls était en tête des cortèges,
et encore, hier ou avant-hier,
je ne sais plus, il défilait en tête de cortège.
Donc, s'il y a quelqu'un qui est vraiment un représentant
de la non-liberté d'expression,
c'est Manuel Valls. On a pu encore le redire
sur des arrêts de bon plaisir
avec Dieudonné, etc. C'est lui qui est en tête
des cortèges. Donc, c'est quand même catastrophique sur le message
envoyé. Et en fait, c'est de ce côté
entre se dire, il y a la...
Au nom de la liberté d'expression, on va censurer
et on va annuler la liberté d'expression.
C'est quand même incroyable de faire des choses pareilles.
Un petit peu comme Emmanuel Macron, aussi,
qui a canibalisé
le thème de Je suis Charlie
et oh là là, vous avez vu la liberté d'expression.
Quel est le président de la République
qui a envoyé des journalistes à la DG ici ?
Pour avoir fait des enquêtes sur les armes françaises au Yémen.
Pour avoir fait une enquête sur l'affaire Benalla.
Qui a mis en place, sous son
quinquennat avec M. Darmanin, le fait
que les journalistes qui veulent suivre les manifestations en sécurité,
sinon vous pourrez vous faire tirer dessus,
il faut être tamponné par le ministère de l'Intérieur.
Qui c'est qui a fait que quand, par exemple,
je prenais la parole au nom de Vigie pendant les Gilets jaunes,
a interdit que je passe sur les plateaux de télé
en appelant toutes les rédactions en disant
si vous continuez de le passer, vous n'aurez plus les informations
du ministère de l'Intérieur, M. Darmanin, M. Castaner.
Du coup, et aujourd'hui,
il y en a un qui est ministre de la Justice.
C'est pour dire que tous ces gens qui disent lutter contre la liberté d'expression,
enfin, pour la liberté d'expression,
luttent contre la liberté d'expression,
et ils ont une conception
de protéger la liberté d'expression, peut-être,
dans la tête de M. Darmanin qui avait fait un petit tweet,
ils pensent que la mettre dans un coffre fort et de taper
sur tous ceux qui veulent l'utiliser pour qu'elle soit bien protégée.
Et je crois que le coup de grâce a été donné ces derniers jours.
Un tweet de Mme van der Leyen
qui se dit qu'elle défend
la liberté d'expression, les démocraties,
le pluralisme. Non, je crois pas
que du coup, non, je veux dire, à partir de là,
le diable se cache.
La plus belle ruse du diable, comme disait Baudelaire,
c'est de faire croire qu'il n'existe pas.
Et je crois qu'ils en sont là, en fait, en train de se dire
nous ne sommes pas là, la liberté d'expression existe,
mais voilà. Mais donc, en fait, c'est ce détournement.
Et je crois, malheureusement, que ces pauvres
caricaturistes et toute la rédaction de Charlie Kaita City
doivent se retourner dans sa tente, quoi qu'on pense d'eux,
parce qu'ils ont tapé sur tout le monde.
Ils n'ont pas fait d'exception. Et du coup,
c'est un journal satirique qui n'avait pas pour but de faire avancer
la société, mais juste de faire grincer
les dents très fort. Et pour ça, je crois qu'ils ont réussi
leur pari. Mais
du coup, c'est ce côté-là, c'est de se dire
qu'aujourd'hui, moi, ce qui me choque, c'est tous
ceux qui se disent qu'on se défend la liberté d'expression
et qu'ils censurent à tour de bras. Et je ne parle
pas du débat politique français aujourd'hui où tout le monde
veut censurer. Tout le monde dit, moi, je veux
la liberté d'expression, mais si on censure ceux qui ne pensent
pas comme moi, quel que soit leur parti politique.
Aujourd'hui, celui qui est l'arbitre du jeu, c'est Emmanuel
Macron qui censure tous ceux qui ne sont pas d'accord
avec lui, voire qui fracassent les gens.
Je rappelle donc aussi qu'il y a la liberté
d'expression syndicale qui doit être normalement consacrée
aussi impossible parce que c'est
ce que j'ai pu subir, mais ce que d'autres continuent de subir
sur la liberté d'expression. Et
enfin, une petite anecdote sur Manuel Valls
et la justice et la liberté d'expression.
Comme ça, on va faire un trio. Une petite
pensée ce matin pour un ancien commandant de police,
le commandant Philippe Pichon,
qui avait été reçu sur toxin pour un de ses livres,
qui n'a rien à voir avec le sujet que nous évoquons aujourd'hui,
mais qui avait été
sanctionné par le Conseil d'État, parce qu'à l'époque,
pour petit rappel, il avait dénoncé
les dysfonctionnements du fichier Stik
et ça avait été sorti dans la presse
et on avait trouvé que c'était lui la source.
Enfin, on avait supposé que c'était lui la source, plus exactement.
Et au tribunal administratif,
donc au conseil, la justice
pénale l'a relaxé en disant, bon, il n'y a pas
grand-chose de grave là-dedans, il a dénoncé des faits,
il avait l'accord des gens, etc., pour faire son travail.
Mais par contre, le Conseil d'État
a jugé en disant, nous avons reçu une note
du ministère de l'Intérieur qui nous dit
à l'intérieur des éléments qui vont nous faire
qu'on va vous condamner. Il a dit, mais est-ce que je peux
avoir cette pièce ? Non.
Vous ne pouvez pas l'avoir. Et c'était sous Manuel Valls.
Donc voilà, la liberté d'expression
et comment il peut instrumentaliser la justice
derrière et comment la justice peut se baser
sur un document que la défense
n'a pas accès. Voilà.
Merci beaucoup.
J'ai un désaccord
avec Alexandre.
Il ne faut pas oublier,
parce qu'il disait qu'il critiquait tout le monde Charlie.
Non, non, non, ce n'est pas vrai.
Il y a eu deux Charlie. Le Charlie
de ma jeunesse, dont j'étais un lecteur assidu
avec des gens extraordinaires.
Il y avait Cavana, Delphine Beton,
les dessinateurs GB,
Raeser, Cabu, Wolinski,
c'était magique. C'était des anards.
Mais avec un humour fabuleux.
Et puis il y a Philippe
Valls qui est arrivé.
Philippe Veul, comme nous
on le surnomme, qui est venu
pour l'argent.
Donc il a capté un héritage
qui n'était pas le bon. C'est une imposture.
Il y en a certains qui l'ont dénoncé. Puis les autres, je pense
à Cabu et Wolinski qui l'ont accepté.
Il y avait Charles qui était un des derniers
bons dessinateurs. Parce que maintenant,
quand on voit les cocos, quand on voit
les rices, ou bien...
Alors je ne parle pas en cul, il n'est pas
chez eux, mais il a fait un dessin ignoble
en comparant Mélenchon
à Le Pen. Enfin bon.
Et ce journal,
le Charlie n°2,
une des premières choses qu'il a fait, ça a été de virer
le ciné.
– C'était à quel moment le changement de direction ?
– Pardon ? – Le changement de direction,
vous savez à quel moment c'était ?
– Charlie s'est planté,
il a cessé pendant une grosse dizaine
d'années, et ensuite ils l'ont relancé.
Ils l'ont relancé en reprenant
tous les codes, tous les visuels,
etc.
Et c'est devenu le journal de Val.
Val est resté l'actionnaire principal,
c'est lui le patron. Alors il a peut-être monté
maintenant des sociétés particulières
pour prétendre qu'il ne l'est pas. Il est parti
ensuite, il était sarkoziste.
Il a été nommé la direction par
Newton Sarkozy à la direction de France Inter,
voyons. C'est un personnage
et il a transformé Charlie
en un journal néo-conservateur.
Je suis désolé, ils ont soutenu
l'intervention américaine en Irak.
– Oui c'est vrai.
– Il ne faut pas l'oublier ça.
Charlie, et c'est la raison
pour laquelle il a été ainsi soutenu,
récupéré, etc., pour des raisons politiques.
Mais aussi, et quand je parlais du
440, c'est parce que c'est un des
éléments de la communication du système.
– Mais d'ailleurs, en parlant de 440,
il y a quelque chose qui m'a surpris,
j'imagine que vous étiez au courant
que les ventes baissaient de Charlie Hebdo.
Évidemment, il y a eu une hausse juste après
l'attentat, mais depuis, les ventes baissent.
Et puis je lis dans un article
qu'il ne faut quand même pas s'inquiéter pour la pérennité
de Charlie Hebdo, qui profite,
je cite, d'un avantage de taille,
une réserve comprise entre 15 et 20 millions
d'euros destinées à pérenniser le journal. Cette somme
colossale, la rédaction la doit
à Julien Cyrignac, directeur général de 2017
à 2022. Donc on se dit, finalement,
on ne sait pas comment, parce que visiblement,
ce n'est pas la vente ?
– Si, si, on le sait.
C'est cette subvention
du grand capital français
qui a acheté ces dizaines,
ces centaines de milliers d'exemplaires. Rappelez-vous,
il y a eu plusieurs millions
pour un journal qui a été fait sur un coin de table
et ils ont gardé ce trésor de guerre.
Ils l'ont gardé, ils l'ont fait fructifier.
Donc ils ont un trésor de guerre.
C'est un peu comme le canard enchaîné.
Le canard enchaîné a une trésorerie formidable.
Donc c'est la raison
pour laquelle ils continuent. Il n'y a pas besoin de pub, etc.
– Oui, mais en revanche, le canard enchaîné
reste peut-être plus tout azimut
que Charlie Hebdo, non ?
– Hop, hop, hop, hop !
– Une nouvelle cible pour Régis de Castelnau.
– Non, non, non,
hélas, non, non, ils sont
normalisés, moi je trouve.
J'étais un lecteur assidu du canard,
même si je n'étais pas
souvent d'accord avec leur position politique.
J'ajoute que
Charlie, c'était
les gauchistes de 68,
la suite, étaient des anards,
mais de gauche. Le canard enchaîné,
c'était des anards de la guerre de 14
qui se poursuivaient, des pacifistes.
Là, je pense que c'est
aujourd'hui, c'est
arrasé, c'est normalisé.
– Alors, je vous propose, je vais vous lire rapidement
cet article de Jean-Yves Camus dont je vous parlais,
puis on va parler de cette décision
diodonnée, encore une, décision du tribunal
administratif de vendredi 3 janvier.
« Mes chers amis, avant, nous sommes
plus de 5400
en direct et en instantané, merci
infiniment. En revanche, on n'a aucun like,
aucun pouce, il faut y aller là. Pouce sous la vidéo,
vous savez, on a besoin de vous.
Pour le moment, même si Mark Zuckerberg a fait
un gros revirement, nous ne sommes pas forcément les amis
de YouTube, donc il faut y aller, il ne faut pas hésiter à pousser
et à appeler vos amis pour qu'on soit
toujours plus nombreux dans cette
grande émission que nous partageons
tous ensemble. Alors, je reprends
l'article de Jean-Yves Camus
qu'on peut lire dans Charlie Hebdo, publié
le 7 janvier. Le titre,
« 10 ans après le 7 janvier, l'extrême-droite défend
la liberté d'expression. Qui l'arrange ?
Comment l'extrême-droite appréhende-t-elle, 10 ans après
les attentats de janvier 2015, le principe
de la liberté d'expression ? » Déjà, la question
est intéressante. Pourquoi on parle de l'extrême-droite ?
« À sa façon, dévoyée,
anti-juive, pro-russe et, bien sûr, catholique. »
Illicite. « 10 ans
après les attentats, l'extrême-droite défend-elle
davantage la liberté d'expression qu'avant ? » Oui, la
sienne. Il faut dire que le niveau de répression
à son encontre, là-dessus, au moins,
il y a une vérité,
entre dissolution et interdiction administrative
d'événements a atteint son piquant,
notamment entre 2017 et aujourd'hui.
L'extrême-droite ferraille donc bien plus qu'avant devant les
juridictions administratives, on va encore parler juste après,
souvent gagnante lorsqu'il s'agit d'une
manifestation interdite, toujours perdante,
lorsqu'elle veut faire annuler une dissolution.
Il y a de quoi faire, il n'y a jamais existé
autant de groupes locaux d'extrême-droite qu'en ce début
2025, donc de conférences, de cortèges, de concerts,
d'activités sur les réseaux sociaux. Conséquence
de cette répression qui vise à l'asphyxier,
ce qui reste un rêve utopique et discutable
au plan des délibertés publiques, l'extrême-droite
se plaint continuellement
de ce que nous ne vivrions plus en démocratie,
à un comble,
mais dans une quasi-dictature imposée,
pêle-mêle et selon les chapelles, par
« les élites »,
Bruxelles, Soros,
l'ARCOM, le Conseil d'État ou les
sionistes et leurs alliés. C'est un nouveau
vocable, la droite cachère, soit le RN,
Zemmour et une partie des identitaires.
Voilà ce qu'écrit Jean-Yves Camus.
Peut-être une petite réaction avant qu'on parle
de la décision du tribunal administratif
qui a donné Régis de Cassinople et Alexandre Langlois.
– Il crache
le morceau.
À la fin du texte, il dit
vous vous rendez compte, ils critiquent
l'UE, ils critiquent
je ne sais plus qui d'autres. – Bruxelles,
Soros, l'ARCOM.
– Voilà, oui,
c'est incroyable.
Ils n'ont pas le droit. Ils n'ont pas le droit
de critiquer le système
qui régule et qui met en
place tout un tas de réglementations
liberticides, de décisions
liberticides. Je reviens sur une
formidable séquence
liberticide, ça a été
les plus de 650
procédures pour apologie du terrorisme
au lendemain du 7 octobre.
Alors l'apologie du terrorisme, il faut le combattre.
Mais là, en l'occurrence, vous disiez
tiens, c'est une action
de résistance, poursuis, poursuis.
Et là, il n'a manqué personne.
Je n'ai pas entendu
Charlie Hebdo
venir protester.
Et à la fin, il dit, ben oui, l'extrême-droite
se plaint continuellement, en mettant
en cause, et là, il donne la liste
de tous ceux qui sont
des destructeurs
de la liberté d'expression. Coucou,
l'UE, vous vous rendez compte,
le DSA, Thierry
Breton, Von der Leyen,
ce sont des gens qui sont très gentils, qui sont des libertaires,
ceux-là. Bon. Enfin.
Alors, je ne sais pas si
Alexandre Langlois, vous souhaitez réagir à cet article ?
Il a donné son opinion, très bien.
Après, pas grand-chose à dire.
Il supporte sa liberté d'expression, lui aussi,
donc il a donné son opinion, après on est d'accord
ou pas, donc voilà.
Il a fait Charlie, mais pas grand-chose de plus
à dire. D'accord, alors on passe à Dieudonné,
puisque le tribunal administratif
le 3 janvier dernier
a suspendu l'interdiction du spectacle
de Dieudonné. La veille, la préfecture
avait publié un arrêt interdisant les
représentations, enfin c'est le truc classique, la préfecture
qui publie juste avant
une interdiction des représentations
des spectacles de Dieudonné, jugeant le
thème, donc il y avait les attentats du
13 novembre, et le lieu
à proximité du ministère des armées et d'une
synagogue trop sensible.
Mais le juge a estimé que le document
portait une atteinte grave
et manifestement illégale à la liberté d'expression.
Les circonstances du spectacle,
dans un bus à peine de 73
spectateurs, ne permettaient pas
de caractériser un trouble
à l'ordre public. Voilà ce qu'a expliqué le
juge du tribunal administratif. Là je me tourne d'abord
vers vous Régis.
Je vais tenir le crachoir
encore, je vais être très rapide
en tout cas je vais essayer.
C'est l'application du principe fondamental
contrôle
des excès de la liberté d'expression
a posteriori
et une fois
que le juge est saisi,
c'est le juge qui décide si c'était une faute.
Donc voilà
le principe.
Les autorités administratives
qui sont chargées de faire respecter
l'ordre public n'ont pas le droit
de s'ingérer sur ce qui va être dit avant.
En revanche, elles peuvent dire
c'est une manifestation qui risque
de provoquer un trouble à l'ordre public
des affrontements, des contre-manifestations
donc je préfère
l'interdire. Mais on sait très bien que c'est
une grande hypocrisie de la part du pouvoir
systématiquement
rappelons Jean-Yves Le Gallou
et Dieu sait si je suis d'accord sur rien avec lui
mais à qui on notifie une interdiction
le matin d'un colloque
qui était dans une salle fermée.
Donc il y a véritablement
des manoeuvres pour
empêcher les gens de saisir les tribunaux
et fort heureusement je constate qu'il y a une résistance
des tribunaux administratifs
de premier degré qui disent non non non
attendez, ça suffit ça.
C'est intéressant d'ailleurs cette résistance des tribunaux admis
c'est-à-dire les plus ancrés finalement
comment vous pouvez expliquer ça ?
Est-ce qu'ils ont peut-être un petit peu plus
de liberté que les autres ?
Non je pense, oui
ils les prennent leur liberté
non je pense qu'il y a un débat, je pense que la société
est traversée par des contradictions
tous les jours
quand vous avez fait des études de droit
quand vous avez fait du droit public, quand vous avez eu
des cours et des examens de liberté publique
et que vous êtes ensuite
dans une juridiction, il vous reste
des traces quand même, vous voyez ce que je veux dire
et donc bon voilà il y a des principes
à faire respecter, non non il y a de gros débats
la liberté d'expression elle fait
l'objet d'un sacré combat
et ça c'est très bien, il faut continuer
à se battre et c'est la raison pour laquelle je pense
que voilà il y a
des magistrats qui restent
dépositaires
de la protection
des libertés publiques et ça c'est
parfait et avec l'affaire
Mieux Donner dont j'ai parlé tout à l'heure
c'est contre le
Conseil d'Etat, alors depuis le Conseil d'Etat
il a mis pas mal d'eau dans son bain
il s'est quand même rendu compte qu'à
cette époque là, bon
il avait fait un cadeau empoisonné à Valls
d'une certaine façon.
– Alors Alexandre Langlois au sujet de
cette décision finalement de suspension
d'interdiction. – Déjà rien
qu'à l'époque ça m'avait choqué la façon dont ça avait été
fait à l'époque en 2014 donc par
une circulaire du ministère de l'Intérieur de monsieur Valls
que je vous dis donc se bat pour la liberté d'expression
en étant Charlie etc.
Ce qui veut dire que c'était une décision administrative
c'est-à-dire qu'il n'y avait même pas de jugement, il n'y avait rien
c'était juste un ordre donné au préfet vous maternisez
tous ces spectacles et en plus c'était une
méthode que la
gauche au pouvoir à l'époque va amplifier
un peu plus tard, par exemple il y aura
les attentats du 13 novembre où derrière il y a
toute une batterie de mesures anti-terroristes qui ont permis
d'annuler les venues des cortèges
pendant la COP21 des écologistes.
C'est-à-dire qu'en fait tous les gens qui ne pensent pas comme le gouvernement
Valls et ses amis Hollande
etc. se servaient de ça pour dire
on vous interdit le truc et après vous pouvez aller au tribunal
au pire vous gagnez mais vous n'aurez pas fait ce que vous vouliez
nous critiquer. Interdiction a priori
par règlement administratif
et sur le fondement
et sur fondement
de risque de trouble à l'ordre public.
Oui sur fondement
mais après on avait déjà vu qu'il y avait des spectacles
qui n'avaient rien donné et l'autre chose
s'il y a vraiment des risques de trouble à l'ordre public
Dieu Donné avait déjà donné des spectacles a priori
il y en avait eu de temps en temps mais plutôt par des gens
qui venaient s'opposer à son spectacle
donc après que les gens puissent s'opposer
à son spectacle ça s'appelle une manifestation
et ça s'encadre. Donc des gens peuvent venir
et ça a priori Manuel Valls ne voulait pas
s'embêter avec ça. L'autre chose
derrière, qu'est-ce que je voulais dire
c'était oui aussi sur les juges administratifs
je ne sais pas je m'occupe de la régie
mais peut-être également qui sont plus courageux des fois
que les juges judiciaires c'est parce que c'est pas des
magistrats de carrière. C'est des gens qui peuvent
passer par le tribunal administratif, c'est des hauts fonctionnaires
pour une grande partie donc qui ne vont peut-être pas
continuer leur carrière dans la justice
et dans la magistrature administrative
donc peut-être aussi ça peut donner, se dire que
ils sont de passage, ils peuvent faire leur travail correctement
puis après ils iront dans un autre ministère pour suivre
leur carrière.
Donc voilà un petit peu où on en est
que Dieu Donné puisse faire ses spectacles très bien
si des gens veulent manifester contre ses spectacles
que ça s'encadre et que tout le monde puisse s'exprimer très bien
et au contraire ce qu'avait fait Monsieur Valls c'était
lutter contre la liberté d'expression de tout le monde
parce que d'un côté il interdisait les spectacles
de l'autre côté il empêchait les gens d'aller manifester
parce qu'il n'y avait plus l'occasion de manifester
donc en fait on était sur quelque chose d'assez opaque
et donc c'était lui qui était en tête des cortèges Charlie
donc juste avant de venir.
– Est-ce que vous voulez juste répondre sur la question posée par Alexandre Valls ?
– Oui, alors bon
Alexandre nous dit que
l'avantage des magistrats de l'ordre administratif
c'est qu'eux au moins ne sont pas dans un ghetto
comme les magistrats
de l'ordre judiciaire, je lui laisse
la responsabilité de ce qu'il vient de dire
non, je partage
cet avis, effectivement ils sont plus
les magistrats de l'ordre administratif
qui sont aussi corporatistes, il ne faut pas se raconter l'histoire
sont quand même plus ouverts sur la société
que peuvent l'être les magistrats
judiciaires.
Je fais juste une petite observation
Manuel Valls
un des hommes les plus détestés
des français
qui est un ennemi
de la liberté d'expression
il est ministre, je vous rappelle
il est redevenu ministre
ce qui est le résultat de ce 7 juillet calamiteux.
Alors on va justement
continuer sur la série des ministres
ou des directeurs de cabinet de ministres
puisque ça a été souligné par Alexandre
Langlois qui souhaitait particulièrement en parler
n'est-ce pas Alexandre ? Cette magistrate
Agnès Thibault Lecuivre qui a été
nommée directrice du cabinet de Gérald Darmanin
ça s'est passé vendredi dernier
c'était une ancienne porte-parole de la justice
qui avait été placée en 2022 à la tête de l'inspection
générale de la police nationale
et qui est désormais
nommée directrice du cabinet de Gérald Darmanin
comment vous réagissez donc Alexandre Langlois
à cette nomination ?
En fait je suis monsieur Darmanin
j'avais découvert cette personne au moment où
Gérald Darmanin, ministre de l'intérieur
c'était version d'avant dans les pokémons
maintenant il a évolué ministre de la justice
donc à ce moment-là il avait dit
j'ai mis à la tête de l'IGPN une magistrate
pour qu'il y ait plus d'indépendance à la tête de l'IGPN
mais ce qu'il avait oublié de dire
et que la presse ou un certaine presse a un peu creusé
dont je crois le canard enchaîné à l'époque
a dit bah oui mais ça pose quand même problème
parce qu'elle faisait partie de son cabinet
donc c'est une très proche de monsieur Darmanin
et donc aujourd'hui on a la suite du parcours
donc cabinet du ministère de l'intérieur
tête de l'IGPN de monsieur Darmanin
ah oui donc elle a commencé par le cabinet
elle passe à l'IGPN
et retourne au cabinet
retourne au bercail quoi
voilà elle suit la carrière de monsieur Darmanin
en fonction de ses besoins politiques
ou alors elle a vraiment besoin d'un appartement
et d'un logement social
et après elle revient sur...
en même temps
je précise qu'entre temps
entre les deux moments avec Darmanin
l'IGPN elle revient avec un paquet de réseaux
d'informations, de renseignements
donc c'est comme une tuile
oui alors l'IGPN on a pas forcément des réseaux
et là c'est pas la tête du renseignement non plus
c'est plutôt les petits dossiers qu'on lui a demandé
d'endormir en disant bah ça faut pas gérer
ça faut pas gérer
donc les dossiers parce que l'IGPN
en France donc est une particularité européenne
aussi donc une fois de plus magnifique pour la liberté
d'expression et l'exemple qu'on peut donner dans le pays des droits
de l'homme, l'IGPN
voilà n'est pas indépendante
elle est sous tutelle, la directrice est nommée
par le directeur de la police nationale en accord
avec le ministère de l'intérieur
donc autant dire que sa liberté d'expression et sa liberté
d'enquête est vraiment sous tutelle
de ce qui se passe, on avait pu le voir au moment de l'affaire
Steve à Nantes, quand la justice
judiciaire pour le coup
avec un juge d'instruction
les enquêtes, les conclusions de l'enquête
n'avaient pas été les mêmes que celles de l'IGPN
qui avait balayé comme il fallait pour que ce soit
plus blanc que blanc donc voilà
et de ce côté-là
ça fait le lien avec la liberté d'expression
je rebondis sur ce petit IGPN et comment il peut être utilisé
pour une fois il y avait
un traité européen
que la France avait signé et dedans il y avait
un code éthique de police européen
qui disait que justement l'enquête de la police
sur la police doit être indépendante pour des raisons
d'impartialité et justement
qu'il n'y ait pas de suspicion
du coup tout est maintenu sous le couvercle
et donc là je pense que nous aurons
un bon petit soldat qui va continuer de servir son maître
pour je ne sais quelles raisons
si vous le permettez Régis je vais vous faire sauter
ce sujet on va aller directement au procès Sarkozy
sauf si vraiment vous y tenez
et après on va réagir quand même
je me réjouis
qu'Alexandre qui a une connaissance
intime des
cuisines et des arrière-cuisines
puisse vous expliquer parce que
pour des profanes comme moi
sur la question policière c'est opaque
donc merci Alexandre
mais je vous remercie tous les deux
et tous les jours je reçois des compliments de cette
rencontre que vous avez tous les deux ensemble
dans notre émission car nous apprenons beaucoup
tous grâce à vous deux et votre expertise
alors allons
rapidement justement là on aura besoin de votre analyse
encore Régis sur le procès Sarkozy
puis une petite réaction pour finir
en beauté sur la petite phrase de
Brigitte Macron et son Emmanuel
chéri qui mérite le respect
mais d'abord le procès Sarkozy je rappelle que le procès
s'est ouvert lundi dernier devant le tribunal de Paris
c'est son cinquième
procès en 5 ans
évidemment le chef d'accusation de financement
illégal de sa campagne de 2007
par la Libye de
Mouammar Kadhafi et puis il est
donc devant le tribunal de Paris ça je ne l'ai pas précisé
et il est accusé avec
Brice Hortefeux, Claude Guéant et Eric Wörth
et là je me tourne vers vous directement
Régis du Castellon
Alors je viens de voir apparaître
mon ami Didier sur l'écran
on est en désaccord là dessus
on a décidé qu'on allait s'expliquer
mais hors les caméras
on va faire une fight
hein Didier
exactement
donc notre désaccord
il ne porte pas sur le niveau de corruption
du système et en particulier du système
du temps de Sarkozy, non non
il porte sur
le traitement judiciaire et sur la façon
qu'on a de faire de la politique
par juge interposé et
c'est mon bouquin
montrant que
la justice française est un des éléments
du maintien de
ce système
mais concernant
Sarkozy, oui il y a une vendetta
judiciaire sur Sarkozy c'est tout
à fait clair pour moi
le dossier des écoutes
était totalement creux
tous les gens qui l'ont regardé, bon moi j'en ai
une connaissance assez intime pour différentes raisons
c'était
scandaleux
et la façon dont
le palais
c'est comme ça qu'on dit, le monde judiciaire
a réagi y compris par
la destruction du secret professionnel
des avocats à cette occasion
parce que la cour de cassation a tout validé
était tout à fait
scandaleux, le problème c'est que quand
la justice utilise de l'arbitraire
elle crée
les précédents et c'est
un autre risque à tous
sachant que
en matière de justice l'innocence
ne protège de rien, ce qui protège
justement c'est
le respect des procédures
le respect des principes
fondamentaux, alors je reviens deux secondes
sur le procès
Sarkozy
les biens, c'est que
il y a eu, d'abord je rappelle
que ça fait quand même 18 ans
que cette affaire
a commencé, donc
c'est quand même laborieux
bon, le problème c'est que c'est quelque chose qui a été
lancé par Mediapart
je ne veux pas revenir ici sur
Edwy Plenel et sur Arfi
mais sur le factotum, mais
il y a eu cette
accusation, voilà
Sarkozy a touché
15 millions d'euros
pour le financement de sa campagne de 2007
très bien, il y a eu tout un tas de
péripéties
pour savoir, est-ce qu'il y a eu un virement
comme c'était après
la destruction de la
Libye, à l'initiative
de Nicolas Sarkozy
pas Tony Blair
non, je ne sais plus comment il s'appelait
avec le soutien d'Obama
toutes les manipulations ont été possibles, donc il y avait
le premier élément
y a-t-il eu un
virement, des virements, des
transferts d'argent au profit de la
campagne électorale
de Nicolas Sarkozy en 2007
bien
ça c'est une chose, encore faut-il
l'établir et je considère, moi
avec la connaissance là aussi que j'ai du dossier
je considère que ça n'est pas établi
en revanche, il y a une deuxième
condition qu'il faut remplir
et on est toujours dans le domaine judiciaire
je ne suis pas en train de plaider pour l'abstromité
l'honnêteté foncière de Nicolas Sarkozy
il faut ensuite
prouver que cet argent est
tariné dans les
poches de ceux
qui ont financé cette campagne
il faut qu'on identifie les flux financiers
etc, moi j'ai un souvenir de ce que m'avait
dit
la confidence
tu as maintenant
Patrick Buisson
c'était pas une confidence d'avocat celle-là
c'est qu'il m'avait dit, mais attends
c'est une manipulation qui ne tient pas
on avait tout l'argent qu'on voulait en 2007
ben oui, le capital soutenait
l'oligarchie soutenait
Sarkozy, donc je considère que
le
le fait qu'il y ait eu un versement
par Kadhafi
n'est pas établi judiciairement
et que
si tant est qu'on considérait qu'il a été établi
qu'il soit tombé dans les poches
de Nicolas Sarkozy n'est pas
établi non plus, alors on peut avoir des doutes
on peut dire, c'est d'une absurdité
totale, oui en fait Sarkozy
est intervenu en Libye pour faire taire
un témoin, ah bon d'accord
c'est cet acte
géostratégique fondamental
organisé par
les Britanniques et les Français
à la demande des Américains
avec le soutien des Américains, avec
Mme Clinton disant, ah ben on y a été
Vénémi de Vici
il est mort et elle se marre, non non
ça c'est pas très très sérieux, on n'est pas
dans cette cour-là
voilà, je considère
que comme dans d'autres affaires
on continue à se passer les nerfs
sur Sarkozy mais j'ajouterais
que
c'est de la diversion pure
comme cet homme a
suscité une haine importante
on fait de la diversion
parce que pendant ce temps-là
Mme Schiappa va très bien,
McKinsey ça va bien, Alstom ça va bien
M. Collère va très bien
dès que les gilets jaunes bougent
on les éborgne, ce sont
les deux faces de la même pièce
ce sont les mêmes qui font ça
donc on se passe les nerfs
sur Sarkozy mais pour l'instant
tout le système Macron, qui en est vérifié
on n'y touche pas
on l'aide bien tranquille
alors je trouve ça curieux
on est pour la probité d'un côté
poussé par
Edwin Plenel et Arfi
et de l'autre côté on est
pour la corruption qu'on laisse faire
– On va passer tout de suite à l'autre sujet
pour finir une phrase chacun
Brigitte Macron qui s'exprime au sujet
de son Emmanuel, on écoute ça, c'était sur TF1 hier
– Et est-ce qu'il a changé ?
– Changé ?
Non, il est
disons que
parfois ce qu'il entend
ça le meurtrit
c'est très difficile, mais il ne le dit pas
il garde pour lui
avant il parlait beaucoup plus facilement
maintenant il ne le dit pas
et ça je comprends parce que s'il y a une chose
qu'Emmanuel mérite c'est le respect
– Bon, Alexandre Langlois
Emmanuel Macron mérite le respect, comment vous réagissez ?
Il est meurtri ?
– Meurtri, peut-être que certaines paroles peuvent le meurtrir
mais je rappelle que le peuple français
lui il est meurtri par Emmanuel Macron en parole
et aussi dans sa chair, mutilé, blessé, mort
je rappelle, sous son règne
donc je veux dire mettons les choses en place
et l'autre chose inquiétante c'est que
malgré tout ça, il n'a pas changé
selon les dires de sa femme, donc autant dire
qu'on va encore prendre plein les dents
et pour le reste je vais laisser
la conclusion pour moi, ce sera le cardinal de Rey
dans ses mémoires qui disait
« parce que ceux qui commandent ont perdu la honte,
ceux qui obéissent perdent le respect »
– Pas mal, Régis ?
– Elle est très belle celle-là, je la vole
moi ce qui me choque
c'est le principe même
de madame Macron
venant en pleine crise politique
dans un contexte mondial
extrêmement compliqué
avec une guerre
globalement
c'est une guerre mondiale
on convoque madame
Macron
enfin on lui donne un plateau
pour venir pleurnicher en disant
qu'il a bobo
mais ça me scandalise au-delà de tout
– Merci beaucoup
à tous les deux, Macron a bobo
on aurait pu en effet le résumer comme ça
merci Régis, je rappelle
une justice politique aux éditions artillères
merci Alexandre Langlois, essayez la démocratie
au bal masqué de la Macronie, édition Thalma
merci à vous tous
