0:00 : Intro 4:20 : Ressenti avant la sortie de l'album 5:12 : L'enfance de BB Jacques 6:04 : Liban, terre de culture 8:16 : Qu'est-ce qu'un libanais ? 9:15 : Un message pour le peuple libanais 10:25 : Être au travail très tôt 11:22 : La musique dans la famille 13:19 : Le premier coup de coeur musical 14:10 : L'instru de Mobb Deep 16:00 : Le cursus scolaire 18:15 : Magnéto équipe BB Jacques 22:32 : Passage à Nouvelle Ecole 23:45 : La relation avec la fame 25:56 : Une structure de rap particulière 29:15 : Chronique Aimeric 36:34 : Une interprétation incroyable 38:06 : Des références de lecture 42:52 : Chef de projet sur sa musique 43:27 : Amoureux de la nature 45:50 : Le plus beau voyage 47:52 : La vision de l'oiseau noir 50:14 : Magnéto Oxmo Puccino 53:36 : Le changement de structure sur les clips 54:20 : Message universel
Bonjour à tous, bienvenue sur RFI, moi c'est Bébé Jacques, aujourd'hui on est avec Juliette sur Légende Urbaine pour un magnifique échange.
Il y a France 24 aussi, mais c'est la réduit France 24.
Alors moi j'allais noter quand même, Bébé Jacques, ça fait 10 ans j'écris, 7 ans je structure une DA, 5 ans je fais une équipe, 11 mois je suis dans le game !
Non ça c'est les légendaires, on en a combien là ?
Donc ça fait 13 ans j'écris, 10 ans je structure une DA, 8 ans je fais une équipe, 3 ans, 11 mois que je suis dans le game.
Avec Juliette maintenant.
Déchiffrer des lettres avec Bébé Jacques.
On a vu le calcul !
RFI et France 24 présente...
Hello la famille, bienvenue dans Légendes Urbaines, l'émission faite par nous pour tous de RFI et France 24.
Si je devais décrire notre invité du jour en une citation, je dirais...
J'aime les esprits indisciplinés, ceux qui pensent à contre-courant mais parlent néanmoins avec justesse de leurs idées folles.
Quelle joie que de recevoir aujourd'hui un artiste qui monte fort, véritable surprise de ces dernières années.
Il a su imposer un style jusqu'alors jamais exploré.
A l'écoute de ses titres, on ne peut dans un premier temps qu'être perturbé.
Sa façon de poser et ses placements sur les instrus laissent perplexes tant ses structures sont complexes.
Lui, il crée, honnêtement et spontanément, sans calcul marketing, sans se dire...
Il faut que les disques se vendent !
Il sait clairement rapper mais aime à privilégier un frassé qu'il s'assimile parfois plus au parler.
Nous donnant par la même occasion l'impression d'être un ami privilégié à qui il raconte ses secrets.
Alors il narre ses vérités, son parcours, ses états d'âme et d'amour car...
Ou le brise, ça dépend.
Résilient et solide, il sait que...
Tirant toujours profit de ses expériences de vie, du meilleur comme du pire, il se rappelle que...
Mais aussi que...
Alors il écrit des textes profonds, poétiques et mélancoliques confirmant que...
Nous embarquant dans un univers bien à lui qui laisse une empreinte indélébile dans les esprits.
Et puis il y a ses métaphores du genre...
Et sa force d'interprétation qui peut même nous rappeler par moments un certain Jacques Brel.
Car chez lui, l'intensité c'est naturel.
D'ailleurs...
Il sait chanter aussi, étonnant, constamment, en mode...
Bref, sacré personnage.
Son point de départ médiatique est pas des moindres.
Le talent show Nouvelle École où il a déboulé plus que déterminé.
D'ailleurs, qui ne se souvient pas du fameux...
Elle était magnifique cette présentation.
Depuis il...
Avançant, doucement, mais sûrement avec, pour la hipnotive...
Et le temps lui a donné raison.
Il peut d'ailleurs clamer aisément...
Résultat des courses, il cumule les dates de concerts et remplit des salles prestigieuses
telles que la gaieté lyrique, la cigale ou l'Olympia.
Plutôt discret, celui qui a pour mot d'ordre...
Nous fait l'honneur de sa présence dans des studios de légendes urbaines
à l'occasion de la sortie de son nouveau projet Black Bird.
Messieurs, dames, juste pour vous, bébé Jacques, coup de ça !
Nous sommes transportés dans une autre dimension.
Dans un univers fait non seulement de paysages et de sons, mais aussi d'esprit.
Bon, c'est le moment où il faut être attentif.
Juliette Fiévet et ses invités vont vous raconter leur légende.
Leur légende urbaine.
J'aurais peut-être dû mûrer dans le silence.
Tant que l'instant est simple, j'aurais dû l'écrire dans le ciment.
De toute façon, il fallait partir, c'était dans le sino.
Aveuglé, je voyais pas le signal, je suis pas seul, j'ai le seigneur.
Bébé Jacques, dans les studios de légendes urbaines.
Le Keuge, bienvenue chez toi.
Merci beaucoup, merci infiniment de me recevoir.
Ça va, t'as la forme ?
J'ai la forme.
Ça me fait plaisir, vraiment très plaisir.
Et bien, plaisir partagé.
Merci.
Vraiment.
Comment tu te sens là ?
Alors, les gens savent qu'on organise...
Enfin, qu'on enregistre.
Nous sommes le 3 octobre.
3 octobre.
Ton album Black Bird sort demain.
Comment tu te sens ?
La veille de la sortie.
C'est même pas la veille, c'est le soir.
C'est ça, il sort à minuit en fait.
Donc t'es déjà dans le truc.
T'es déjà...
T'es concentré.
T'es serein.
Content.
Et envie de le lâcher quoi.
De libérer ça, je pense que ça va me...
Ça va m'alléger en fait.
Une pression ou pas ?
L'angoisse, elle vient quand ?
Parce qu'il y a toujours une angoisse en fait.
On n'est jamais serein quand on prépare un projet.
Bien sûr, il y a une pression.
Mais tu vois, c'est cette adrénaline qui te permet d'exceller au final.
Donc oui, il y a une pression.
Moi, je suis assez exigeant quand même avec ma musique et moi-même.
Donc j'ai tendance à en attendre pas mal.
Mais de moi surtout.
Ça se voit, ça se sent, ça s'entend.
Moi, je suis plutôt sereine aussi parce que j'ai eu la chance de l'entendre l'album.
Mais vraiment, très très beau projet.
On a un rituel.
On revient sur tes débuts.
T'es né à Agnères, t'as grandi en banlieue parisienne.
Donc dans le 9-2.
Tes parents sont restaurateurs tous deux.
Ils sont originaires du Liban.
À quoi ressemblait ton enfance ?
C'était une enfance dans un petit quartier.
Dans le 9-2.
Au Damier.
Un quartier qui n'est plus d'ailleurs.
C'est la Défense ? Non, c'est la Courneuve, la Défense.
Pas la Courneuve, pardon, sur Beauvoir.
C'est ça, c'est à côté de la Défense.
Donc c'est un petit quartier qui n'est plus.
Mais on y a eu une enfance très sympathique en fait.
Les foot en bas, les trucs très simples.
La culture, les différences et tout.
Donc c'est vrai qu'on a grandi là-dedans.
Et puis beaucoup de voyages aussi.
Enfin beaucoup de voyages.
Le seul voyage, quand tu vas au Liban en fait,
tu vas retrouver la famille du coup l'été.
Tu apprends.
C'est comme ça en fait.
Et après tu es le fruit de cette éducation quoi.
Bien sûr.
Entre deux trucs.
Le Liban, pays, terre de culture incroyable.
Terre de culture multiple.
Qu'est-ce que tu retires des valeurs libanaises ?
C'est vrai qu'on ne parle plus assez de la beauté de ce pays en fait.
Ça a été éclipsé par tellement de choses.
Mais c'est tellement beau.
Les gens sont tellement forts.
Je ne veux pas rentrer trop dans ces détails-là.
Mais il y a une beauté naturelle aussi.
Tu te souviens, il y a une période où ils parlaient,
ils disaient que c'était la Suisse du Moyen-Orient.
C'est vrai.
C'est vrai, je m'en souviens.
Donc c'est des gens qui savent faire avec pas grand-chose en fait.
Des gens qui se débrouillent en fait.
Des débrouillards.
Des beautés naturelles.
La beauté des cèdres.
Le sang enneigé par exemple.
La mer.
La proximité de la mer et des montagnes sur un espace tellement petit.
L'intelligence du peuple aussi.
Et leur résilience surtout.
Ah ça, on va en parler de la résilience.
Mais avant justement de parler de la résilience,
c'est vrai que le Liban, enfin,
t'as aussi énormément de poètes,
tu parlais des intellectuels,
mais t'as vraiment une poésie.
Et puis ce sont des débrouillards.
On dit souvent qu'il y a plus de Libanais à l'extérieur du Liban d'ailleurs qu'au Liban.
Moi je sais que quand je vais en Afrique,
il y a des Libanais mais qui sont plus de deux, trois générations.
Dans les Caraïbes, pareil.
En Amérique du Sud, pareil.
Ils sont aussi des grands voyageurs et des grands entrepreneurs en fait.
C'est ça.
Une grande diaspora qui est allée partout dans le monde.
Mais ils y sont allés parce qu'ils n'avaient pas le choix.
Donc ils ont fui la guerre.
Ils ont essayé d'aider leur famille.
Et la famille qui est restée là-bas,
c'est bien pour eux de pouvoir s'en remettre aussi à des gens qui ne sont pas là.
Parce que si tout le monde s'en remet au pays,
comment on fait pour nous aider nos familles en fait ?
Bien sûr.
Donc voilà.
Pays avec une diversité énorme,
tant sur religieuse que culturelle, qu'intellectuelle.
C'est assez drôle en plus le Liban,
parce que durant longtemps tu avais même des énormes gaps quand même
entre les riches et les pauvres.
Mais pour autant tout le monde vivait ensemble.
Qu'est-ce qu'il y a de Libanais chez toi en fait ?
Je te tue.
Ouais ?
Je te tue.
J'avoue, c'est l'épargne à faire.
Les Libanais, salut !
On ne peut pas dire que personne n'est parfait.
C'est vrai que je te tue, mais j'ai également d'autres qualités.
Je comprends.
Mais en fait c'est une éducation.
Il y a beaucoup de générosité chez les Libanais.
C'est ça, ils sont quand même très généreux mine de rien.
Ils savent recevoir,
mais ça c'est propre à beaucoup de peuples dans ce coin-là aussi.
Ce côté débrouillard,
c'est vrai qu'il est assez important chez nous.
La valeur de la famille.
Il y a pas mal de choses dont on pourrait parler.
C'est vrai que là, quand j'en parle, c'est assez émouvant en ce moment,
donc ce n'est pas forcément évident.
J'allais y venir.
Peut-être que tu as un message à passer,
parce qu'on est suivi dans le monde entier comme tu le sais,
et aussi au Liban.
Peut-être que tu as un message à passer aux Libanaises et aux Libanais.
Avec mon expérience, en 2006, quand nous, nous étions au Liban,
nous sommes repartis avec un bateau.
Un bateau qui est venu nous chercher.
C'était Jacques Chirac qui avait envoyé ce bateau.
J'espère qu'aujourd'hui, si dans un cas de figure pareil,
la France et le Liban ont toujours été très proches.
J'espère qu'aujourd'hui, cette proximité existe encore.
Le plus important, c'est que nous sommes très croyants chez nous.
Tout le monde est croyant, au final.
Je pense que c'est ça qui va nous rassembler.
C'est ça qui aide les gens à avancer.
Donc, en fait, est-ce que c'est à moi de leur envoyer un message
ou est-ce que ce n'est pas eux qui nous envoient un message en survivant à tout ça
et en gardant la tête haute, au final ?
Ah, mais peuple résilient, comme tu dis.
Parce qu'entre le séisme, cette difficulté que les Libanais ont eue à se relever,
d'ailleurs, ils ne s'en sont pas relevés, ce qui se passe en ce moment.
C'est juste effroyable.
Donc, une énorme pensée pour les Libanaises, les Libanais,
et puis à tous les peuples qui souffrent dans le monde.
Tous. C'est le même combat.
Exactement.
Tu as grandi avec des parents restaurateurs en France.
Tu étais au restaurant, tu bossais avec eux.
Tout à fait. Tu les aides.
Oui, obligé.
Tu ne veux pas les laisser.
Oui, mais ça aussi, ça t'a appris très vite, du coup,
à être au contact avec des adultes, avec des gens différents
et à être au charbon.
Tu apprends la vie, en fait.
Tu l'apprends à l'école, tu l'apprends en te promenant.
Là, tu l'apprends, en fait, en travaillant.
Et surtout, tu les vois travailler.
Tu as, en fait, la valeur du travail comme ça qui vient.
Et tu comprends qu'en fait, c'est quelque chose qui leur tient à cœur.
Et tu manges bien.
Tu manges bien, c'est une belle cuisine.
C'est très fin.
Et puis ça soude.
Ah, tu manges super bien.
Ah, c'est de la cuisine libanaise ?
Mais on va venir, nous !
On adore le taboulé et la sauce à l'ail.
C'est vrai.
Ah oui, j'adore.
Non, mais c'est magnifique.
Dans un de tes textes, tu dis qu'en fait, tu as dit à ton père que tu rappais
quand tu as commencé à faire de l'argent avec, en fait.
Tu n'as pas déclaré.
Et d'ailleurs, je pense que dans ton dernier album,
il me semble que tu dis que tu es un arabe riche.
C'est très drôle.
C'est vrai.
Il y a eu un cheminement entre les deux.
Il s'est passé de trois trucs.
Il y a eu un cheminement, mais c'est vrai.
C'est vrai que chez nous, c'est quelque chose qui est assez tabou.
En fait, dans la famille, il n'y en a pas un jour qui s'est levé,
qui a dit tiens, je vais aller pianoter.
Oui, je fais de la musique.
C'est quelque chose qu'on n'a pas chez nous.
Donc, il faut arriver, en fait, intelligemment.
Tu ne peux pas juste arriver...
Ah non, mais...
J'arrête.
Je suis un artiste, mais...
Non, mais...
Tu vois, avec des parents qui charbonnent matin, midi, soir, c'est inconcevable.
Non, mais tu ne fais pas ça.
Non, tu ne fais pas ça.
Donc, tu montres ce que tu veux, ce que tu peux.
Et moi, je l'aurais dit quand même quand il y avait...
J'ai concrétisé.
Au début, je leur ai dit doucement que j'allais tourner avec Netflix, par exemple, tu vois.
Ensuite, tu leur apprends que je peux que j'ai un partenaire,
un partenaire assez sérieux avec qui on travaille.
Tu montes une équipe.
Et puis, tu fais confiance aussi.
En qui tu peux avoir confiance si tu veux faire du business, si ce n'est...
Que ta propre équipe, évidemment.
Oui.
Bien sûr.
Mec, ils ont réagi comment tes parents, du coup, quand tu leur as annoncé ?
J'étais dur parce que je les ai mis un peu face aux faits accomplis.
C'est-à-dire que c'était boum.
Ah, tu leur as montré les vidéos de Nouvelle Compagnie ?
Jamais.
Jamais on n'a écouté un de mes sons ensemble.
C'est pas vrai.
Ils sont allés voir.
Ils sont venus à l'Olympia, par exemple.
Ils sont venus à l'Olympia.
Ils sont venus à l'Olympia, quand même.
Oui.
Oui, oui.
C'est vrai que ce jour-là, j'ai senti qu'ils étaient fiers.
Nous sommes assez pudiques, en fait.
Donc, tu apprends.
Tu lis dans les yeux, tu vois.
Pourquoi non ? Je me souviens de mon père qui a fait ça.
C'est mon fils.
Genre, il a validé.
Ça m'a fait plaisir.
Bien sûr.
C'est magnifique, ça.
C'est beau.
C'est pour ça qu'on le fait.
Ton premier coup de cœur musical.
Parce que j'ai lu que ton père écoutait du B.B.
King.
Il écoutait de la soul.
Mais ton premier coup de cœur dans le rap.
En fait, pour être précis, mon père n'écoutait pas vraiment de musique.
Mais un jour, j'ai trouvé justement un CD de B.B.
King.
Et il m'est tombé dessus un peu.
Et c'est ça qui m'a ouvert un peu mon horizon.
Après, si moi, en me concernant dans le rap, je pense que l'une des premières claques
que j'ai prises, c'était Oxmo.
Le grand Oxmo.
Oui.
Le poète.
Oui.
C'est quand il s'adresse à toi.
T'as l'impression.
C'est vrai.
Mais quand t'es jeune, tu te rends compte que...
Il y a des gens qui écrivent et qui...
Et d'ailleurs, t'as aussi ce truc-là.
On a le sentiment que tu nous racontes des histoires, tes histoires.
Mais ça, on en parlera tout à l'heure.
Si je te passe ce titre-là, tu me dis quoi ?
Ouais.
Ah, j'adore.
C'est des nuits à l'écouter en boucle, quoi.
Des nuits.
Et des nuits à écrire dessus.
Parce qu'en fait, même avant d'avoir des instrus, de choisir des instrus, tu grattes
sur ce son-là, qui est un classique.
Et puis après, tu vas poser sur d'autres sons, ton texte.
En fait, je peux écrire sur un morceau et le poser sur un autre.
Mais bien sûr, ça dépend.
Parfois, c'est pas possible.
Mais avec cette instrumentale, en fait, elle est tellement libre, elle est tellement belle,
simple, tu vois.
Il n'y en a pas tant que ça dessus.
Elle est épurée, bien sûr.
Elle est épurée.
Donc en fait, tu peux l'écouter vraiment en boucle, en boucle, en boucle.
Là, ça me berce.
Et du coup, ça marque un moment de ta vie aussi.
Et ce qui est drôle, c'est qu'on y revient, au final, aujourd'hui.
Parce que là, on va...
Aujourd'hui, on a la chance de se dire qu'on va peut-être pouvoir travailler sur cette
prod, par exemple, tu vois.
Et donc, tu remets les choses en perspective.
J'adore cette prod.
Elle est incroyable.
C'est un classique.
C'est vrai que c'était impressionnant de savoir que finalement, tu posais sur ce titre-là
avant d'aller poser sur d'autres titres.
J'ai plusieurs façons de faire, on va dire.
Et c'est vrai que ça, c'est quelque chose que j'aimais faire.
Et puis après, j'ai commencé à faire évoluer ma façon de faire pour épouser encore plus
les instrumentales, mais tout en gardant une liberté dans l'écriture.
Donc voilà, c'est une super prod.
Ça permet ça aussi.
Et t'as créé ton style au fur et à mesure.
C'est vrai que quand on écoute les sons d'il y a quelques années, t'étais plus conventionnel
sur la façon dont tu te posais.
Là, aujourd'hui, c'est complètement différent.
Encore une fois, on va y revenir.
T'as fait des études de droit et d'entreprenariat.
Oui, bref.
Ça t'aide aujourd'hui, ça ? Parce que c'est des études, donc quelque part, tu vois,
t'es dans ton business aujourd'hui.
Moi, ça m'a aidé à structurer un peu ma pensée, à gérer mes business et aussi à
avoir un cursus, en fait.
Donc voilà, moi, j'ai fait trois ans de droit.
Après, je suis allé sur...
Donc, c'était pas facile non plus.
C'est super dur, le droit, en plus.
Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à apprendre.
C'est assez intéressant aussi.
J'aime bien le côté, si on revient à l'essence même d'une université, la beauté de ce
savoir qui se diffuse, des gens venus apprendre, en fait.
C'est quand même quelque chose de...
Sur le papier, c'est beau, en tout cas.
C'est vrai qu'il y a des difficultés et il faut y remédier.
Ça, c'est clair.
Mais il faut se rappeler que c'est une chance aussi.
C'est une chance de pouvoir étudier.
Et j'espère que ça ne deviendra pas un luxe, en tout cas.
Peu le disent.
Et tu as raison de le dire.
Et de pouvoir étudier, d'aller dans une université gratuitement, il y a quand même...
Voilà, il y a des gens dans le monde qui marchent des 25 kilomètres pour pouvoir avoir
accès à l'école, en fait, et juste à l'éducation.
Tu peux même avoir de l'aide.
Moi, j'ai eu de l'aide, tu vois.
J'ai eu de l'aide aussi pour faire mes études.
Donc, à ce moment-là, oui, tu aimes.
Tu es content.
Bien sûr.
Tu avais envie d'être avocat ?
J'avais envie de...
Je pense que j'aurais pu me destiner à être avocat si je n'avais pas de vocation.
Parce que je trouve que c'est un métier dur.
Il a ses bons côtés, ses mauvais côtés.
Mais donc, c'est pour ça que moi, j'avais réorienté.
Parce que je sentais que j'avais un peu une fibre artistique, mais entrepreneuriale aussi.
Donc, au bout de mes trois années de droit, j'ai fait...
J'ai lancé un master entrepreneuriat.
Le Covid est venu et j'ai entrepris.
En même temps, c'est un pléonasme.
Libanais, entrepreneuriat, c'est la même chose.
Oui, mais tu vois...
Je ne connais pas un Libanais ou une Libanaise qui ne fait pas de business, en fait.
Tu vois, c'est vrai.
Ouais, c'est ce que je te disais au début.
En fait, ils se débrouillent, quoi.
Mais je ne peux pas te contredire là-dessus.
Toi, t'entreprends.
Et t'entreprends avec une sacrée équipe.
Et c'est peu de le dire.
Et comme nous sommes dans une émission collégiale et familiale...
Ouais, Juliette, toi, je te légende urbaine.
Le keuch, tout ça, ça dit quoi ?
C'est comment ?
Le sac, je crois que t'avais un truc à dire.
J'avais qu'une seule chose à dire.
7 balles.
7 euros.
7 euros, c'est top.
Salut, tu vois quelque chose avec le keuch, toi ?
Ouais, gros, il se passe un truc à Porte d'Orléans, là.
Tu te souviens de...
Ah, la valise ?
Ouais, tu te souviens de la valise ?
Ah ouais, faut peut-être profiter pour poser la question.
Essayer de retrouver la valise à Porte d'Orléans, là.
Elle est où ?
Ouais, elle est où ?
Peut-être qu'il y a quelqu'un qui sait, je sais pas.
Je sais pas.
Bon, en tout cas, foncez à vous, l'équipe.
Vous nous dites.
Nous, on reste branchés.
Obi !
Chroniqueur sale !
Et Saligo !
Gros big up à l'équipe.
D'ailleurs, il y a une partie de l'équipe qui est là
et qui nous fait l'honneur de leur présence.
En ensemble, les frères.
Grosse brochette.
Incroyable, incroyable équipe.
Avec qui tu es associé, avec qui tu travailles.
Monsieur Chroniqueur sale.
Je vous conseille vraiment d'aller suivre ce monsieur
parce qu'il fait beaucoup, beaucoup de choses.
Il a fait des interviews incroyables.
Il fait des prods.
Il met des artistes en avant.
Il est en mode 360, le frère.
Vraiment, Chroniqueur sale.
Vous qui nous regardez au bout du monde,
allez cliquer, allez follow le frère
parce qu'il est remarquable.
Il est grand.
Au passage.
Tom, toi aussi, on t'aime beaucoup, frérot, d'accord ?
Faut lui dire.
Voilà, on t'aime beaucoup.
Salut Go !
Aussi, c'est ton équipe.
Chroniqueur sale dit 7 balles.
7 euros.
7 euros, ouais.
Pourquoi ?
Moi, je sais pourquoi.
Mais il faut que tu racontes cette histoire
parce qu'elle est hyper symbolique.
Elle est jolie.
C'est vrai qu'en fait, on a tendance,
souvent quand on accomplit des choses,
on est dans le jeu, en fait, Jules et toi.
Et on se regarde.
À la fin, je la regarde, je fais 7 balles.
C'est une façon de lui dire, en fait,
pour expliquer simplement,
il faisait avant des lives sur YouTube,
qui continuent d'ailleurs,
et des artistes vont lui envoyer 7 euros
pour que monsieur le chroniqueur sale
veuille bien gagner, écouter
et donner un avis.
En priorité.
Parce qu'il y a quand même beaucoup de gens
qui envoient du son, en fait.
Il te fait un retour hyper constructif.
Donc voilà.
Moi, c'est pas moi qui lui ai envoyé.
C'est pas moi parce que
j'aimais bien la démarche.
Qui a envoyé les 7 euros ?
C'est un collègue qui a envoyé 7 euros.
Et toi, tu voulais pas les envoyer ?
Je me suis dit si.
Si, si.
Tu vois.
C'est peut-être moi qui ai payé.
Et j'ai mis 7 euros.
Et il a écouté du coup le premier morceau.
Et il était perdu un peu.
Il était un peu perdu.
Et je l'ai vu un peu en suspens.
Et ensuite, on s'est rencontrés.
Et moi, aujourd'hui, c'est mon plus vieux collègue.
C'est plus qu'un collègue.
Un partenaire, bien sûr.
Bien sûr.
C'est plus qu'un collègue.
C'est quelqu'un qui m'a accompagné.
Et qui m'accompagne encore aujourd'hui.
Aujourd'hui, c'est mon pianiste aussi sur scène.
C'est une...
Une running.
Parce que quand tu te retrouves à l'Olympia
ou à la Cigale,
avant de monter sur scène, tu te dis
7 euros !
7 euros.
Tu fais pas le mal avant de rentrer.
Tu le dis en sortant.
Tu fais...
7 balles.
Non mais comme quoi.
Mais je trouve ça super symbolique parce que
la vie est faite de détails.
Et c'est ce détail, 7 euros,
c'est beaucoup pour certains.
C'est moins pour d'autres.
Mais voilà.
Ces 7 euros-là ont déterminé en tout cas une collaboration.
Ont déterminé un parcours et un chemin.
Saligo, je vais te poser la question sur...
Parce que tu nous fais des grands trucs de Pierre-Richard quand même.
Elle est où la valise ?
En fait, on a la chance d'être en tournée
toute l'année.
Ouais.
Et toujours des valises, des trucs.
Et moi en plus, je suis assez...
Je suis comme ça.
Tu vois.
Et je me souviens...
T'es carré.
Je me souviens comment elle était rangée cette valise.
Bien clean.
Et avec des...
Bref.
Des vraies sapes.
En l'occurrence, des choses simples.
Mais une tenue de scène en tout cas.
Bref.
Je l'ai oubliée.
Je l'ai oubliée sur la porte de Montreuil.
Une porte.
Sur le trottoir.
Mais au bout d'un moment, on allait forcément perdre un truc.
Si c'est qu'une valise, écoute.
C'est pas grave.
Sur le coup, j'étais pas comme ça.
Mais j'espère qu'elle est tombée entre quelqu'un
qui la porte, qui en avait besoin.
Voilà.
Vous qui nous voyez, si vous avez trouvé une valise de sape
à porte de Montreuil...
Ouais, c'est ça.
Merci de bien vouloir la rendre à son propriétaire.
Mais portez-les.
Portez-les.
Expérience Nouvelle École.
Comment tu as vécu cette surexposition,
parce que c'est une sacrée exposition,
et ce passage à Nouvelle École ?
C'est une bonne question.
Dans le sens où, est-ce que c'était une surexposition
ou simplement une exposition ?
Moi, je dirais que c'était une grosse exposition.
Mais en fait, tout dépend de comment elle a été gérée.
Le but, quand on rencontre le public,
c'est de leur proposer de la musique, tout simplement.
Bien sûr.
Moi, j'ai voulu les faire rentrer dans mon univers,
un peu dans ce processus créatif,
les choquer, les bousculer, les émouvoir.
Le peignoir.
Le peignoir de l'autre.
Il y a tellement de moments.
Et puis, c'est là où tu apprends aussi.
Tu apprends le business.
Bien sûr.
Parce qu'en fait, tu vois les coulisses,
et tu comprends très vite comment ça se passe.
Qu'est-ce que tu as appris ?
Quelle est la plus grande leçon que tu as retirée de cette expérience ?
Que j'avais ce qu'il faut
pour y aller tout seul.
J'ai été tout seul.
J'ai pas été épaulé.
Parce que c'était le concept, il fallait venir tout seul.
Et j'ai adoré être tout seul.
Comme ça.
Et j'ai eu la chance de faire de très belles rencontres.
Surtout.
Tu es solide.
Tu aimes être seul.
Tu sais être seul.
C'est des challenges que tu t'envoies à toi-même.
Mais visiblement, plus tu acquiers de la notoriété,
plus finalement tu te caches, en fait.
On me dit qu'en fait, dans ce coup,
toi t'es pas trop fame.
Bon, tu dis, vive l'amour, fuck la fame.
C'est une de tes punchlines.
Mais visiblement, plus tu prends notoriété,
plus tu te caches.
Et plus tu vas te réfugier dans un coin,
à la campagne, quelque part.
Voilà.
C'est vrai que j'aime bien.
J'aime bien partir, en fait.
J'aime bien partir, j'aime bien me dépayser.
Et plus ça avance, plus j'aime ces moments-là.
C'est des petits moments importants.
Et puis tu sais, il faut vivre, en fait,
pour venir ensuite avoir la prétention
de raconter quelque chose.
Donc en l'occurrence, il faut aller vivre des choses simples.
Et donc en fait, tu te fais du bien comme ça.
Je pense que les gens vont pas tarder,
et c'est déjà le cas, à revenir, en fait,
à sortir un peu de la ville.
Même si on a des personnes qui adorent la ville,
c'est très bien.
C'est des lieux incroyables pour s'épanouir aussi.
Mais ça fait du bien de partir.
Donc moi, j'aime partir, ouais.
Tu gères comment la notoriété ?
Les gens qui t'arrêtent, qui te reconnaissent ?
Alors, normalement, moi, j'ai des lunettes.
Aujourd'hui, je les ai pas mises pour toi.
Mais je te remercie.
Mais c'est un plaisir, parce que ça n'a pas lieu d'être.
Simplement, les lunettes, en fait,
c'est une façon aussi de te protéger
et de protéger les gens que t'aimes.
Donc moi, au quotidien, c'est vrai que je m'habille
très simplement pour pouvoir...
Passer le passe-partout.
Ouais. En fait, je suis pas dans l'ostentatoire.
J'ai pas besoin de montrer.
Et on est à un stade aujourd'hui où c'est gérable, tu vois.
C'est encore sain.
Je touche mon front pour que ça continue, tu vois.
Et j'aime mon public.
C'est tout.
J'aime mon public.
J'ai la chance d'avoir un...
T'as un vrai public.
Un vrai, vrai public.
Des beaux gens, en tout cas.
Des gens...
Ouais.
Ils sont bien, tu vois.
Des images, notamment, même à Montréal, jusqu'à Montréal,
où vous pensiez, sur un concert,
ne pas être connu jusqu'à là-bas.
Et t'avais le public qui connaissait tes lyriques,
ce qui était là.
Et puis, en plus, pour suivre Béjac
et rapper sur du Béjac,
faut s'accrocher quand même,
parce que là, là,
il faut qu'on en parle de ta structure.
Ouais.
Qui est venue au fur et à mesure.
Il y a encore des titres,
où là, aujourd'hui,
on en parlera encore tout à l'heure sur l'album Blackbird,
où même tu chantonnes, tu chantes.
On sait très bien que tu saurais poser sans problème
sur n'importe quel...
T'es très technique,
donc tu peux poser de façon très conventionnelle.
Mais toi, t'as fait...
Bon, alors, parti pris.
C'est pas du slam.
D'ailleurs, tu le dis dans un de tes textes,
je fais pas de slam.
C'est du Béjac, en fait, en réalité.
Comment t'as sciencé cette déstructuration ?
On dirait même, tu sais,
on parlait avec Aymeric,
que tu entendras tout à l'heure,
que t'es le pendant de la danse contemporaine du rap, en fait.
J'ai entendu ça.
Et c'est un compliment.
Ouais.
Je te remercie beaucoup,
parce que je trouve que c'est une belle métaphore.
C'est quelque chose qui se fait naturellement
au fur et à mesure que tu bosses.
Écoute, tu écris, t'apprends à avancer.
Le but, c'était vrai,
c'est que quand même,
tu veux avoir quelque chose de différent.
Mais c'est pas une obsession.
En fait, c'est juste que t'écris librement.
Et au bout d'un moment, en fait,
tu te rapproches de toi.
Et ta plume, c'est bon.
C'est comme quelqu'un qui fait ça pendant un certain moment.
Au bout d'un moment,
il va avoir une certaine technique
qui va lui permettre de restituer au mieux les émotions sur la musique.
Et des réflexes.
C'est ça, des réflexes.
Une légèreté aussi, tu vois.
Une légèreté ?
Parfois.
C'est-à-dire qu'il faut savoir...
Moi, je suis assez pudique, en fait.
Donc il faut savoir casser aussi un excès de...
Tu donnes trop.
Quand tu donnes trop dans un morceau,
tu le casses.
Tu peux le casser avec une phrase.
C'est vrai.
C'est à ça que servent parfois les insultes, par exemple.
T'en as pas beaucoup d'insultes, moi, je trouve, en réalité.
Franchement, je trouve que t'en as pas beaucoup, globalement.
Quand je t'entends, j'ai l'impression, comme tu le disais,
d'avoir un pote qui me raconte une histoire,
qui me narre sa vie ou ce qui lui passe à l'esprit.
Des fois, je me dis même que t'es en écriture automatique.
En fait, tu balances les noms, tu donnes les vrais noms des gens aussi,
qu'on ne répètera pas ici.
Pas forcément, non.
Ah, c'est arrivé ?
C'est arrivé ?
Peut-être.
Mais ouais, en pilotage automatique, carrément.
Ouais.
Ouais, j'aime bien.
Tu sais, quand ça sort comme ça, c'est ça, c'est une fontaine de jouvence.
C'est vrai.
Ça sort, c'est beau, ça fait du bien.
Moi, j'aime bien écrire quand je suis en colère, parfois.
Parfois, quand tout va bien, ça dépend.
Il y a un moment pour tout.
Il y a dix mille façons d'écrire.
Et quand tu commences à écrire et que c'est plus pour toi,
mais c'est pour toi quand même, c'est plus pour toi,
c'est cette dualité aussi qui est sympa.
Ouais.
Parce que tu dis en plus que tu aimes, toi, diviser.
Tu aimes...
J'aime rassembler aussi.
Rassembler, mais en même temps, c'est cool de ne pas laisser les gens...
En fait, ton art provoque les extrêmes.
Soit on adore, soit on ne comprend pas.
Mais en tout cas, tu marques les esprits
et tu as cette force que d'assumer ton propre style
et ne pas se conformer à la masse.
C'est ce qui a donné envie à Aymeric, notre chroniqueur génie,
alias Cro, de te mettre en opposition un peu à la Rap Contenders,
nos chers frères, et j'en place une à cœur,
ce qui est là parmi nous, voilà.
Nous, on aime mettre en opposition notre invité avec un concept.
Et en réfléchissant, il m'a dit,
ah, bébé Jacques, bébé Jacques vs les structures.
Je ne sais pas qui va gagner le battle.
De par son existence même,
la création est une destruction de chacun des systèmes en particulier.
Salut l'équipe, moi c'est Cro,
et si j'ai décidé de commencer par cette citation de Mario Bolduc,
c'est parce qu'aujourd'hui,
on juge le battle bébé Jacques vs la structure.
Et dans le premier round,
on va voir que bébé Jacques s'est attaqué d'abord
à la structure musicale habituelle du rap.
Alors, rapidement, en musique,
on peut découper les morceaux par sections de temps régulières
qu'on nomme des mesures.
Et ces mesures elles-mêmes,
elles sont divisées en des temps égaux,
au nombre de 4 la plupart du temps,
mais ça peut être 3 ou d'autres.
Mais globalement, et là encore de manière très schématisée,
pendant très longtemps,
le rap, ça a consisté à inventer des rythmes de diction
qui se placent de la même manière par rapport à ces 4 temps,
d'une mesure à l'autre.
C'est ce qui différencie alors, entre autres,
le rap du slam, par exemple.
Et ce qui fait la structure d'un couplet rap
ou d'un flow à l'intérieur de ce couplet,
c'est que ce rythme de diction,
il va se répéter d'une mesure sur l'autre
pendant 4 mesures,
au minimum, la plupart du temps 8,
pour qu'on puisse s'assurer
que le rappeur ait intentionnellement choisi ce flow.
Et en soit, ça permettait aussi de montrer
de manière bien ostentatoire
que le rappeur en question était dans les temps.
Ce qui était ce qu'on lui demandait en priorité.
En plaçant ces rythmes de manière géométrique et régulière,
bon, sans surprise,
Bébé Jacques s'en est pas mal affranchi.
Et quand vous écoutez sa musique,
vous pouvez entendre que d'une mesure à l'autre,
il peut complètement changer la structure de sa diction,
son flow ou la position de ses placements.
On entend souvent commencer sa phrase
sur le deuxième temps de la mesure
et ou la finir, par exemple,
en enjambant sur le premier temps de la mesure suivante.
Et puis, comme d'autres rappeurs avant lui,
je pense à Despo notamment,
il est allé jusqu'à déstructurer le concept même de rime.
Et pourtant, à l'écoute, il est clair que,
même si parfois ça donne une sensation
un peu plus proche du langage parlé,
ça reste très clairement du rap.
Parce que tout le jeu de Bébé Jacques
réside dans la structure interne de chaque mesure,
plutôt que dans leur similarité les unes avec les autres.
Et la structure interne de chacune de ces mesures,
elle sert l'émotion lyricale
du propos global du morceau à chaque fois.
Alors, vous me direz que dans l'absolu,
c'est pas une victoire contre les structures à proprement dit.
Et c'est le moment que je choisirai pour vous rappeler
qu'il s'agit de Bébé Jacques versus la structure.
Sous-entendu, la structure unique.
Parce que dans le deuxième round,
on va voir que dans sa manière de gérer sa carrière
en dehors de la musique, disons,
il a su parfaitement maîtriser à la fois
la structuration pour lui-même,
puisqu'il est en réelle indépendance
sur toute la partie production artistique
avec son label NBO,
qui est une SASU dont il est l'unique actionnaire,
ce qui est tout de même très différent
d'être signé dans le label indépendant
d'un autre rappeur ou d'une tierce personne.
Mais aussi, il a su faire appel à d'autres structures
que la sienne pour l'accompagner,
par exemple sur la distribution,
en faisant confiance à ADA,
notamment un label de chez Warner
qui connaît bien l'indépendance
et qui s'est composé avec et l'accompagné
grâce évidemment à Salsa,
qui, pour ceux qui connaissent,
a évidemment un long parcours lui-même en indé.
Tout ça pour dire que c'est le genre de collaboration
qui est le symbole d'un rap
qui depuis des années maintenant
ne se structure plus d'une manière unique,
mais plutôt grâce à la coopération
entre différentes structures
choisies à la carte par les artistes
et ou les entrepreneurs de la musique
pour être adaptés et adaptables à leur réalité.
Et pour l'anecdote inspirante,
le capital de départ de NBO,
c'est 100 euros.
Alors enfin, dans le troisième round,
on va voir que tous ces choix,
en marge des schémas dont on a l'habitude,
ça a donné une carrière à leur image,
c'est-à-dire, elle aussi,
en marge de ce à quoi on est habitué.
Évidemment, beaucoup comptent en tête
la première saison de Nouvelle École
et c'est vrai qu'au moment
de sa sortie, on n'a plus l'habitude
des rappeurs qui acquièrent
une grosse exposition grâce à ce type de show.
Mais moi, ce que je retiens surtout,
c'est qu'encore à l'heure actuelle,
il reste le seul exemple d'artiste
qui a commencé à exploser
avant même que sa participation
au show soit publique.
Je pense qu'il a participé à faire
de ce show le phénomène qu'il a été
autant que ce show
a participé à sa propre éclosion.
Autre anecdote inspirante d'ailleurs,
le premier album de Bébé Jacques sort
trois jours avant le tournage
de Nouvelle École. Et c'est pas un hasard
si c'est l'un des artistes qui a su
le plus perdurer sur la longueur ensuite
puisqu'il a sorti deux projets
entre le tournage et la sortie de l'émission.
Bref, en étant toujours là
où on ne l'attend pas, Bébé Jacques a su
devenir le symbole d'un rap qui évolue
avec des artistes qui s'affranchissent
de la structure telle qu'on la connaît
pour créer leur structure
plurielle, modulable
et avant-gardiste. Parce que
de par son existence même,
la création est une destruction
de chacun des systèmes en particulier.
Alors, merci Bébé Jacques
d'être ce créateur
et moi, je vous dis one love.
C'est brillant.
Merci infiniment.
C'est très bien ce qu'il a fait. Il a exposé
les différents... et le revenir
sur le business comme ça, c'est vraiment brillant.
C'est vrai que ça permet de prendre du recul aussi
sur tout ça. C'est ça. Est-ce que tu as ce recul-là
en fait, finalement, quand Aymeric
analyse et analyse ton univers et ta façon
de faire ?
J'ai quand même ce recul
mais
je ne suis pas du genre à me jeter des fleurs.
On préfère les offres. Donc ça veut dire que là
ce ne sont pas des fleurs.
C'est une étude
de ce qui s'est passé. Parce que c'est factuel.
Ce n'est pas du complément. Et surtout, ce qui est intéressant
là-dedans, ce n'est pas Bébé Jacques. Ce qui est intéressant
c'est ce qui est possible du coup pour les gens.
Moi, je ne suis que la preuve
qu'il est possible
d'avancer. Il reste tant à faire.
Mais il faut aussi se rappeler que beaucoup a été fait
même s'il reste encore plus à faire.
Et donc là, en l'occurrence, ça permet de voir
que le business
et l'art ne sont pas opposés.
Au contraire, quand tu as la main sur ton business
tu es libre dans ton art.
Donc voilà. Le but c'est de
préserver cette magnifique bulle créatrice.
Créative, pardon.
Et ça c'est un luxe aujourd'hui.
Et c'est un luxe qui a un coût.
C'est le travail pour monter ses affaires
et s'entourer de personnes compétentes.
C'est ça. J'ai la chance d'avoir
des superbes équipes,
de très beaux partenaires avec qui on avance,
on travaille, on se confronte, on travaille main dans la main
boum boum. Et aujourd'hui
il y a plein
d'opportunités.
Tu sais, on rigolait depuis tout à l'heure avec ces fameux 7 euros
comme quoi
c'est une vision
et puis après...
Les planètes s'alignent ou pas.
Mais au moins ta vision t'as réussi à l'imposer.
T'imposes un autre truc.
On parle de charisme
mais on parle de force d'interprétation.
Tu m'as bluffé dans Colors, ce live, il est incroyable.
Merci.
Je t'ai comparé tout à l'heure à Brel
mais je te jure qu'en fait finalement
t'as ce truc là en fait
et tu surjoues pas en fait.
Ça sort des tripes.
Ouais c'est vrai.
Tu te rends compte de ça ?
Ouais moi je suis pas faux.
Genre tout ce que je dis c'est
vrai.
Ou c'est vécu.
Et c'est beau quand ça transcende
l'écran. Parfois ça transcende l'écran.
En fait c'est une...
C'est une force au service d'une
fragilité presque tu vois. Faut se montrer
fort pour justement
pouvoir délivrer
quelque chose de pur.
Et dans ce Colors là
c'est beau, c'est un jet.
Tu vois tout à l'heure je te parlais d'un jet.
J'étais aux Ardentes
j'ai bossé le texte
et je l'ai appris dans la voiture en y allant.
Je l'avais écrit au préalable tu vois.
C'était un défi. C'était très important
pour moi.
Fallait que je découpe.
Tu plies le game.
C'est vrai.
Mission
accomplie. Merci beaucoup.
C'est joli cette phrase.
Utiliser la force pour mettre en avant
les faiblesses c'est ça ?
Pour protéger.
Et franchement c'est de la poésie.
Encore une fois parce que t'as vraiment un côté poète
mais tu lis énormément.
Notamment du Romain Gary.
J'ai lu quelques Romains Gary.
Ce que j'aime c'est aussi les écrivains parfois derrière.
Parfois ils sont nuls, ils sont dégueulasses.
Ils sont juste brillants pour écrire
et parfois ils sont intéressants derrière.
Est-ce que t'as des références à nous donner ?
Tes livres de chevet ?
Qu'est-ce que je lis en ce moment ?
C'est vrai que quand je voyage j'aimais bien
prendre quelques livres
là quelque chose de moderne pour parler d'actuel.
De Sylvain Tesson.
En tout cas son écriture, ses livres sont très intéressants.
Il a une punch incroyable Sylvain Tesson.
Tu dois la connaître.
Je dois avouer que c'est un peu vrai.
La France est un petit paradis
peuplé de gens convaincus de vivre en enfer.
Si ça c'est pas une punch.
Parce qu'on râle quand même tout le temps.
Nous les Français il faut le savoir.
Et quand tu vois ce qu'il se passe dans le monde
et la qualité de vie, même si c'est difficile pour certaines personnes
évidemment on n'échappe pas à la règle
mais c'est vrai que quand même la France c'est assez stylé comme pays
et c'est cool d'y grandir.
Et on râle souvent.
Et toi tu nous fais du bien par exemple dans un paysage
où tu arrives, tu rayonnes en fait.
Cette fraîcheur fait vraiment du bien aussi.
Et on a besoin que les gens
s'assument, soient fiers de ce qu'ils sont
et qu'on se rappelle
en regardant ailleurs la chance qu'on a aussi.
C'est vrai que tout n'est pas parfait
mais on s'en fout.
Il y a des choses beaucoup plus importantes qui nous ramènent à la réalité en fait.
Parfois, boum, on t'appelle
les morts.
Exact.
Donc bon, relativisons.
Nous sommes des privilégiés.
C'est vrai, complètement.
Tu es un amoureux
de la littérature, on en parlait.
Tu te vois écrire un livre aujourd'hui ?
Parce que tu pourrais concrètement,
tu fais des textes de 12 minutes, etc.
C'est encore un autre exercice
mais est-ce que tu te vois écrire
un roman ?
Je pense qu'il est encore un peu tôt là.
Mais t'aimerais un jour ?
Si Dieu veut, j'aimerais un jour.
Peut-être, mais il est trop tôt là.
J'ai beaucoup de respect pour ça.
Du coup,
j'aime aussi la dimension que prend mon rap.
Est-ce que j'ai besoin
d'écrire un livre pour écrire ? Peut-être que non.
Peut-être que si j'écris un livre, je retombe dans une forme
alors que je me suis déjà affranchi d'un truc.
C'est vrai.
Mais peut-être que je peux aller proposer
quelque chose de frais de nouveau.
C'est vrai qu'avec tout ce qu'on a à faire aujourd'hui
et le travail autour de la musique,
c'est quelque chose
qui m'effleure l'esprit.
J'en ai pas la prétention encore.
J'ai beaucoup d'égo quand même.
Il se peut qu'à un moment,
boum, dans ma tête.
Moi j'aime les gens qui ont justement ce respect
pour la littérature
et qui justement
prennent le temps.
Les gens qui font des autobiographies,
c'est compliqué un peu.
Avec tout le respect du monde.
Il y a des gens qui ont vécu beaucoup jusqu'à 25 ans.
Tu sais, on est des artistes.
On doit être fort, on est mis en avant.
Mais on n'est pas le nombril du monde.
C'est ce qu'on vaut.
Mais on n'est pas le nombril du monde.
Un livre autobiographique,
déjà j'ai la chance de faire des albums.
C'est autobiographique en plus.
Je t'ai coupé tout à l'heure sur Sylvain Tesson.
Quel est le livre que tu décortiques
un petit peu en ce moment ?
Je l'ai pris comme ça parce que
c'est vrai qu'il a une façon d'écrire qui est assez
amusante je trouve.
C'est vrai que c'est ludique.
Il y a une très légère oscillation.
Qu'est-ce qu'il y avait d'autre ?
La panthère des neiges, c'est sympa.
Voilà, c'est des livres de voyage.
C'est des écrivains voyageurs.
Lui en l'occurrence, il est très connu en France.
Il n'a pas attendu que je le booste.
Mais ça reste
hyper intéressant.
C'est la culture du seau qu'ont fait les Grands Rivières.
Je ne suis pas certaine qu'en fait
les gens qui nous suivent
connaissent tous Sylvain Tesson.
Il est connu dans certaines sphères
pas forcément dans d'autres.
C'est toujours bien de mettre en avant les gens
qui font de jolies choses.
Il a donné des livres aussi. L'art de vivre à la japonaise.
Ça c'est bien.
On apprend pas mal de trucs. L'Ikigai.
Toutes ces choses-là très intéressantes.
T'écris à la main en manuscrit ?
Impossible de te faire envoyer un mail.
J'écris quand même parfois sur mon portable
parce qu'on court.
Mais j'aime bien le rapport à la feuille.
Les mails, j'ai des collègues
qui sont avec moi
justement pour assurer une vivacité
dans les réponses.
Parce que j'ai également des choses que je dois déléguer.
Tout simplement.
Mais j'ai toujours un oeil sur tous les mails qui passent.
Tu coordonnes.
Je sais qui veut quoi.
Tu chapotes.
T'écris en voyage, tu voyages beaucoup.
On dit que t'es un amoureux de la nature.
Et que t'es aussi un amoureux des oiseaux d'ailleurs.
Tu touches ta bille de fou sur les oiseaux.
J'aime bien.
En fait, j'aime bien la nature
parce que c'est pas non plus quelque chose
dans lequel j'ai grandi.
Beaucoup, j'avais pas la chance.
La Défense, c'est pas le lieu le plus vert
de France.
Non, mais on n'allait pas forcément
dans la nature. On y allait de temps en temps.
Mais je pense que c'est important
de revenir à ça à un moment.
Moi, c'est le moment
quand j'en ai eu envie.
Déconnecté un peu.
Tu reviens plus fort, costaud.
Qu'est-ce qu'il y a ? On continue. Envoie, viens.
Ton plus grand voyage,
ton plus beau voyage. D'ailleurs, tes clips
sont très esthétiques.
Il y a des clips que tu as tournés au Liban
notamment, mais on voit toujours
l'aube.
On voit
vraiment les paysages dans tes clips
en l'occurrence.
J'ai toujours eu un amour
aussi pour les images.
Depuis toujours.
Je n'ai pas la prétention
d'avoir un savoir technique,
mais j'ai un œil.
J'ai surtout une vision depuis le début
que j'arrive à pousser
au fur et à mesure avec
des nouvelles équipes, des réals.
J'essaie de me donner de plus en plus de moyens
à un moment où on se redirige vers
des formats plus courts, plus
consommables. Essayer d'avoir quelque chose
qui perdure et qui reste
et de continuer à investir, créer de la valeur
pour faire rêver en fait.
C'est un univers que j'habille.
Des musiques aussi
qui inspirent des images.
C'est vrai que c'est un exercice
que j'aime. Et ton pays préféré ?
Ton voyage préféré ?
En fait, on pourrait
parler de tous les pays du monde, mais
quand j'allais au Liban, c'était
beau en fait.
Vu qu'il y a toute la famille, il y a un rapport émotionnel
qui est différent. J'ai eu la chance d'aller
par exemple, c'est la première fois que j'allais aussi loin,
je me suis donné les moyens, j'ai emmené tout le monde,
j'ai sorti la carte.
Et là, c'était pas cette balle pour le coup ?
Madagascar !
Leçon de vie aussi, pareil.
J'ai eu la chance de tourner à Madagascar
pour mon dernier album NBO.
J'avais tourné NDSM.
Voilà, une leçon de vie, une beauté,
j'étais jamais allé aussi loin. Une résilience aussi
pour le coup. Une résilience, c'est peut-être l'une des choses
les plus belles choses et les moins belles
en même temps, qui cohabitaient.
Sinon oui,
j'ai un rapport affectif au Liban, mais c'est vrai que
c'est très triste parce que quand on y va aujourd'hui,
même avant ce qui est en train
de se passer actuellement,
on arrivait en fait, et Beyrouth
est cassée. Il n'y a plus de Beyrouth.
C'est comme si toi tu sors de
l'aéroport et tu traverses Paris,
il n'y a plus Paris.
Ah non mais c'est dingue.
On se serait dit, mais c'est quoi ce truc de malade ?
Là-bas en fait, malheureusement,
on s'habitue au pire
parfois. Mais c'est pour ça qu'on parlait de cette force.
Donc voilà,
c'est un magnifique pays
et on va y arriver.
Bien sûr.
C'est gentil,
parce que j'ai jamais eu l'occasion de le faire.
Est-ce que tu peux nous
donner les grandes lignes ?
J'ai juste dit que je n'avais pas la prétention
d'avoir un arabe à la hauteur
de cette circonstance déjà.
Mais juste que j'avais quand même cette culture
et que ça se prouve
déjà avec la langue en fait.
Bien sûr.
Et que j'étais de tout cœur avec eux.
Et j'ai embrassé ma grand-mère.
Et on embrasse aussi ta grand-mère
et tes mamies.
T'as de la chance de les avoir tes deux petites mamies.
C'est précieux, les mamies.
Et on s'assurera qu'elles
auront au moins ce passage
de légendes urbaines.
Parce que c'est important.
Bien sûr.
C'est le moment où on se la raconte.
Nous sommes diffusés au Liban, tout à fait.
C'est vrai, ce France Media
Monde, on est vraiment diffusés
dans le monde entier.
Je te parlais des oiseaux, de ta passion pour les oiseaux.
Transition peut-être un peu
hasardeuse, néanmoins ton album s'appelle
Blackbird. Donc, l'oiseau
noir.
Pour certains, l'oiseau noir porte chance.
Pour d'autres, ça porte malchance.
C'est les corbeaux, etc. Quelle est ta vision
de l'oiseau noir ? Je me suis posé cette question
également. En fait, ce que j'aime dans l'oiseau
noir, bien sûr il y a cette dimension
de liberté, de planer au-dessus.
Un poème comme ça.
Baudelaire, il disait, vole au-dessus.
Vole au-dessus, sans soucis.
Sans rien.
Au-dessus de tes problèmes. Et le matin, sans essor,
il s'envole. Je ne sais pas quoi.
Il prend de la hauteur. C'est ça, en fait. C'est une forme aussi
de hauteur qu'on prend.
C'est beau, c'est fluide.
Et puis surtout, c'est une nouvelle ère pour moi.
Après la première ère que j'ai faite, je voulais
une nouvelle. Et en l'occurrence,
dans mon
cheminement artistique, parce que
je sais où j'ai envie d'aller
après. C'était important pour moi de commencer
par le noir, avant d'aller vers
autre chose.
C'est plus minimaliste.
Là, l'album est plus minimaliste.
Tout est plus pur.
Et c'est ça qu'on voulait retranscrire
avec ce nom aussi. C'est aussi mon blaze.
Bébé Jacques, c'est ça.
Noël au noir.
En tout cas, magnifique album.
Mirage, déjà disponible.
Le clip.
Moi, j'ai aimé Lost. J'ai aimé
Soldat d'élite. Je ne sais pas vers où tu vas.
Mais je trouve que tu vas vers le chant.
Je sens que ça titille
cette histoire de chant.
J'aime la musique.
J'ai une palette. Comme un peintre,
il peut prendre différentes couleurs.
Mais au final, c'est sa patte.
C'est pareil. C'est ce qu'on essaie de faire.
Je voulais épouser encore plus les prods.
J'ai eu la chance d'avoir un raisonnement et un cheminement
artistique avec des compositeurs
de renom.
Et
des hommes.
Solides aussi.
C'est ça qu'on est venu
proposer au public. Une nouvelle expérience
encore.
Et de nouveaux récits.
Quand on écoute Blackbird,
on part dans une histoire
avec toi. C'est une épopée.
On écoute l'album du début à la fin.
On a vraiment l'impression de rentrer dans un univers.
Je vous le conseille. Au moment où vous
regarderez ou vous entendrez l'émission,
l'album sera disponible.
Il est presque l'heure de se
quitter.
Mais je vais
laisser le mot de la fin. Le mot de presque la fin
à quelqu'un.
Pas des moindres.
Bonjour à tous. Salut Juliette.
Salut tout le monde. Ici Cédric Doumbé.
Eh non, c'est pas Cédric. C'est une surprise.
C'est pour bébé. Comment tu vas bébé Jacques ?
Comment ça se passe ? La suite ? Qu'est-ce que t'annonces ?
Pourquoi on ne se voit plus ?
Pourquoi on ne se voit plus dans les soirées ?
On va manger chinois.
Oxmo Puccino !
Vraiment, assis mais prendre !
Vraiment, je croyais que c'était Cédric Doumbé.
Quelle imitation !
Quelle fraîcheur !
Quel homme !
Quel artiste !
Merci Oxmo pour
non seulement ce message, cette question
et puis cette imitation.
Moi je l'adore.
C'est un grand artiste
mais c'est aussi un grand homme. Bien sûr. Vous avez fait
un titre ensemble, Pétale. Oui, j'ai eu la chance
de bosser avec lui.
Je suis allé même chanter avec lui
Vanessa Paradis aussi.
C'est quelqu'un qui
est super.
Humble, simple,
fort, une plume,
un homme, une équipe,
une œuvre.
Tes projets ? Avec Puccino ?
Où tes projets ? Pour sa question,
d'une façon générale.
Mes projets ?
Après l'album.
T'as plein d'autres projets. C'est anecdotique en plus
parce qu'il y avait, il y a
son éditeur de livres
qui m'avait contacté. D'ailleurs vu que je ne réponds pas à mes mails,
j'ai vu ce mail, je n'ai pas pu répondre mais j'y ai pensé.
Et
c'était toujours resté dans un coin de ma tête.
Tu vois ce projet là, mais
là je suis à fond sur
mon œuvre
que j'essaie d'écrire en fait.
Blackbird c'est important.
Une tournée qui arrive, pareil, dans toute la France
on va être, même en dehors de la France
on ira dans la francophonie.
Et continuer. J'ai la chance de défendre
mon dernier album pendant deux ans et demi
sur scène.
Pendant deux ans.
Et là on repart.
Avec quelque chose de nouveau, de frais.
Un album très saine.
C'est de continuer à vivre, simplement.
Avec une scénographie de dingue en plus j'imagine.
Vous avez préparé ça parce que là ça s'y prête.
C'est ce que j'espère. C'est ce sur quoi
on travaille. On est très exigeant et
on sort de résidence à peine là et
on est encore en train de tout. Je veux que ce soit encore
mieux, plus grand, plus beau.
Voilà, c'est les objectifs qu'on a.
Essaye de pas oublier ta valise s'il te plaît la prochaine fois.
Je vais essayer de la prendre parce que j'étais monté sur scène.
C'était pas bien glorieux, une tenue très simple.
T'écoutes Loose Yourself.
Ouais j'aime bien.
Des millèmes avant de monter sur scène.
J'ai arrêté là maintenant. Tu te chauffes. J'ai arrêté de me chauffer là.
Là c'est bon je suis chaud maintenant.
C'est pour te donner du courage à l'époque.
À un moment j'en avais besoin.
Là c'est bon je fais juste
une petite prière
et ça me suffit. Je me concentre.
C'est tout.
Mais j'ai beaucoup aimé ce son. Belle histoire.
Ah bah oui. Le super un battle je crois.
Le père ou il le gagne dans Hitmiles ?
Le père après il gagne.
C'est ça non ?
On va dire qu'en fait on ne dit rien
pour les gens qui ne l'ont pas vu.
Si tu trembles, il te dit dans le morceau, si tu trembles
t'as peur qu'est-ce qu'il y a ?
Au pire tu vas faire quoi ?
En Côte d'Ivoire on dit c'est l'homme qui a peur sinon y'a rien.
Y'a rien.
Mon ami il est déjà l'heure de se quitter.
Tu nous offres un live.
Oui.
D'ailleurs ce que j'aime moi chez toi
alors ça c'est fou, tu nous offres souvent
le concept de deux ou trois titres
sur un clip mais qui n'est pas
le même clip en fait mais c'est trois clips
en un mais y'a quand même une suite logique.
Encore une histoire de structure et de concept.
Encore tu vois et là on a emmené le changement
de structure sur le clip.
Exact.
On fait des petits changements
on va pas parler de révolution mais des petits changements
pour apporter au mieux
le propos artistique.
Le but c'était juste d'aller frôler le court-métrage en fait.
Ah bah on y est presque.
On est des fois sur du 7-8 minutes
donc on y est quoi
on est sur ses formats.
Non je m'entoure des meilleurs.
Grosse équipe.
Merci beaucoup pour cet échange.
C'était un plaisir.
C'est infiniment de m'avoir reçu comme ça.
C'est très plaisir.
Franchement le plaisir est partagé et puis merci
pour tout ce que tu as dit, tu es
fascinant, intéressant et brillant
mon cher ami donc c'était
un bonheur pour nous et j'imagine
pour toutes les personnes qui nous suivent, on est suivi comme tu le sais
par des centaines de millions de personnes
dans le monde entier. Quel serait le message
universel que tu voudrais passer ?
C'est un peu ce qu'on s'est dit au fur et à mesure de cette discussion
c'est à dire que
la gratitude
peut nous faire du bien à un certain moment
quand on a des doutes.
J'ai perdu un ami il y a peu. Ce qui est important
c'est de prendre soin les uns des autres en fait.
Il y a des gens qui souffrent et qui ne le disent pas.
Il y a des gens qu'on perd de vue et qu'on ne sait pas
et un jour on nous appelle et on nous dit que
il n'est plus là.
Aujourd'hui le mal moderne
qu'on a c'est peut-être ce qui se passe dans nos têtes
et peut-être qu'on devrait un peu
se calmer et moi je ne suis personne pour le rappeler
juste parfois tu prends des claques de la vie
et ça te remet un peu en place.
Si on prend soin de nous
en fait pour
qu'on se retrouve. Il n'y a plus de projet commun là.
Il n'y a plus de projet commun. Moi je suis un artiste
je suis là pour faire de la musique, rêver les gens.
Mais il y a un homme derrière aussi.
Donc merci à toi de m'avoir laissé surtout
la chance de parler
de ce qui compte parfois
et de ce qui compte un peu moins mais qui est important quand même.
Merci à toi d'être livré
autant et d'avoir dit
autant de belles choses et tu as raison.
Soyons unis, profitons des uns des autres
avant que
la mort nous sépare.
Et rendons-nous compte
il y a cette fameuse phrase aimons-nous vivants mais pour le coup
je ne vois pas comment on peut le dire.
Veillons un peu les uns aux autres.
La bienveillance. On ne sera pas tous amis
on n'aime pas aussi de se blérer.
Mais on peut être bienveillants.
Et puis si on ne s'aime pas on n'est pas obligé de se faire du mal.
Voilà. Next.
Ciao.
En tout cas nous on t'aime ici
à Légendes urbaines. Merci.
Merci de nous avoir fait l'honneur de ta
présence. Vraiment.
J'en place une pour encore une fois
le chroniqueur sale.
Pour Obi, pour Sally Go
pour Kersi, pour
Asma, pour Lucille, pour toutes les
personnes qui portent l'équipe de Scopitone
pour Lou qui est parmi nous et puis Perrine
voilà pour Marlène et
toute l'équipe de Légendes urbaines
la famille. Nous nous donnons rendez-vous la semaine
prochaine même heure même endroit.
En attendant rendez-vous sur la chaîne Youtube de Légendes urbaines
pour la version longue de l'émission avec
le queuge alias bébé Jacques
ou bébé Jacques alias le queuge
cliquez, likez
abonnez-vous et puis surtout envoyez du love
de la bienveillance et en attendant comme à
l'habitude paix, amour, lumière
sur vous. One love la famille
One love bébé Jacques
One love vous.
Je vois que des bitches pas d'hommes en face
Je fais du Zéo pour pas que les hobbes en fassent
Queuge, je me réveille t'es pas là
Est-ce que t'as vu mes balafres ? J'ai allumé
le Népalais, tu mérites tel 9.3 par Bali
L'Épanouis celui qui va baiser l'Fustralil
Chez nous on se démerde, on dit jamais
à l'aide, coeur en ruine comme Alep
Parce qu'il est bitch chez les condés