PERSONNE ne connait cette RÈGLE d'orthographe !

Un Cours de 5 Minutes
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Dans cette vidéo, je vous présente une règle d'orthographe méconnue qui concerne pourtant des mots assez courants.
#orthographe #français #baudelaire
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Aujourd'hui, on va parler d'un truc vraiment fascinant,
l'une des plus fines subtilités de notre chère langue française.
Une rareté linguistique que peu de gens connaissent
et qui va vous surprendre, j'en suis certain.
Saviez-vous qu'il existe en français des noms qui sont transgenres ?
Des mots de tous les jours qui sont capables de changer de genre,
qui passent du masculin au féminin et du féminin au masculin,
selon le contexte dans lequel ils sont employés.
On ne va pas faire durer le suspense bien plus longtemps,
ces noms sont au nombre de trois, amour, délice et orgue.
Ces trois mots sont masculins ou singuliers et vous le savez tous.
Par exemple, on dit un amour profond, un délice exquis, un grand orgue.
Mais attention, quand ces noms passent au pluriel,
ils deviennent féminins et la plupart des gens l'ignorent.
Mais on écrit bien des amours profondes, des délices exquises ou de grandes orgues.
Étrange, n'est-ce pas ? On passe de mon amour à mes amours,
et voilà qu'amour est devenu féminin.
Vous vous demandez peut-être pourquoi.
Eh bien, disons simplement que c'est l'une des nombreuses bizarreries de notre langue française.
Vous vous en doutez, comme la majorité des Français ignore cette règle,
elle est surtout appliquée par l'élite, par les poètes et les écrivains,
par les auteurs qui aiment jouer avec les subtilités de la langue.
D'ailleurs, certains s'en amusent, comme Alphonse Allais qui intitule l'une de ses œuvres
« Amour, délice et orgue ».
Ce titre est une sorte de clin d'œil à cette règle et à ceux qui la connaissent.
Et pourtant, le grand, l'immense Charles Baudelaire,
l'un des plus grands, si ce n'est pas le plus grand poète de la littérature française,
ne la respecte pas.
Vous connaissez peut-être le poème « Une charogne »
dans lequel Baudelaire décrit un cadavre d'animal dans ses moindres détails,
abordant, non sans élégance, l'odeur nauséabonde qui s'en dégage et les asticots qui le peuplent.
Eh bien, c'est sur les derniers mots de ce poème que j'aimerais attirer votre attention.
Il y a là quelque chose de tout à fait surprenant.
« Une charogne » se termine par ces trois mots « mes amours décomposés ».
« Décomposés » et « s ».
L'accord est fait au masculin pluriel et non au féminin comme l'exige la règle des non-transgenres.
Est-ce que Baudelaire a fait une erreur ?
C'est une question qui divise.
Baudelaire peut-il faire une erreur d'orthographe ?
Certains le pensent, affirmant que c'est une faute, soit de l'auteur, soit de son éditeur.
Mais d'autres estiment que c'est un choix stylistique, et ils ont certainement raison.
On trouve d'ailleurs d'autres poèmes où Baudelaire accorde correctement « amour » avec sa forme au féminin pluriel,
prouvant ainsi qu'il connaît bien cette particularité du mot « amour ».
Et pourtant, dans « Une charogne », il n'applique pas la règle. Pourquoi ?
On n'en sait trop rien, mais la théorie qui me semble la plus probable,
c'est que ce poème de Baudelaire, « Une charogne », a pour objectif de choquer et de déranger.
Il nous invite quand même à contempler dans ses moindres détails la carcasse en putréfaction d'un animal mort,
et ce tout en nous parlant d'amour.
Il s'oppose donc clairement à la tradition, au canon esthétique établi par les poètes qui l'ont précédé.
Et l'apothéose de sa rébellion réside peut-être dans cette faute d'orthographe volontaire.
Ou peut-être qu'il s'est tout simplement trompé.
Pour revenir à notre trio « amour », « délice » et « orgue »,
sachez que ces mots sont transgenres, mais force est de constater que dans le langage courant,
cette subtilité tend à disparaître.
On ne respecte plus systématiquement l'accord au féminin pluriel.
Alors voilà, maintenant vous le savez, certains mots français sont capables de changer de genre.
Faites-moi plaisir, la prochaine fois que vous les emploierez au pluriel,
soyez élégants et rétrogrades, décrivez vos belles amours, savourez les grandes délices,
et pianotez quelques jolies notes sur de petites orgues.
Merci d'avoir suivi cette vidéo.
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et surtout, dites-moi en commentaire si vous connaissez d'autres curiosités de la langue française
que vous aimeriez que je décode pour vous.
Bonne journée !
