La Banque du Canada va-t-elle passer en deuxième vitesse la semaine prochaine et introduire une première baisse de taux d'intérêt de 50 points de base? La croissance économique, le marché de l'emploi et les données de l'inflation m'amènent à penser que oui. Je vous explique.
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Bonjour chers camarades boursicateurs, j'espère que vous allez bien.
La semaine prochaine, la Banque du Canada va-t-elle finalement passer en mode panique
et passer en deuxième vitesse en introduisant une première baisse de 50 points de base
du côté de sa politique monétaire?
Ça se pourrait fortement et dans cette vidéo, je vous explique pourquoi.
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Vous vous rappelez certainement mes deux vidéos que j'ai faites il y a quelques semaines.
L'une appelée « Avertissement à la Banque du Canada bientôt en mode panique »
dans laquelle j'analysais les plus récentes données du PIB
et où j'exprimais certaines inquiétudes à l'égard de la composition de la croissance économique au pays
et ce qui m'amenait à croire que le consommateur était faible
et que la Banque du Canada allait vouloir booster le consommateur canadien
en abaissant son taux directeur plus fortement avec des baisses notamment de 50 points de base.
Et cette autre vidéo dans laquelle j'expliquais que le marché de l'emploi au pays était assez faible
et ce qui allait, encore une fois, inciter davantage la Banque du Canada à introduire des baisses de 50 points de base.
Alors, hier, une nouvelle série de données m'amène ou vient appuyer encore plus mon argument
selon lequel la Banque du Canada devrait introduire une première baisse de 50 points de base la semaine prochaine.
C'est-à-dire les données de l'inflation, les données de l'IPC qui ont été publiées hier.
L'IPC au pays est sorti à 1,6% sur une base annualisée, donc IPC global ici,
et on est en dessous de la fourchette cible de la Banque du Canada qui se situe de 2 à 3%.
Donc, c'est assez inquiétant, même si ça ne devrait pas l'être pour la Banque du Canada, je vous explique pourquoi.
Donc, vous voyez bien sûr la tendance des inflationnistes qui se poursuit
et nous sommes maintenant en train de revenir où nous étions avant la pandémie
et toutes les dépenses gouvernementales qui ont amené cette inflation dans l'économie canadienne.
Donc, c'est un bon signe, mais par contre, l'inflation semble diminuer un peu trop,
risque de diminuer un peu trop au goût de la Banque du Canada
parce que la Banque du Canada veut éviter la déflation, c'est-à-dire des baisses de prix dans l'économie.
Par contre, lorsque vous avez de la déflation dans une économie basée sur le crédit comme celle du Canada,
tous les prix baissent, y compris les revenus, donc les salaires.
Or, les dettes, le poids de la dette augmente par rapport aux revenus gagnés,
ce qui fait que la dette est beaucoup plus difficile à rembourser,
que ce soit pour les États, mais aussi pour les consommateurs.
Lorsque vous avez des ménages qui sont endettés à 175 % de leurs revenus,
bien sûr, ça pourrait amener un éclatement de cette bulle d'endettement.
Donc, c'est quelque chose que la Banque du Canada veut éviter.
C'est pour ça qu'elle préfère toujours avoir de l'inflation dans l'économie
et de ne pas avoir de la déflation, même si ce serait bénéfique pour plusieurs.
Et l'argumentaire de dire que si on a des baisses de prix, les consommateurs ne consommeront plus,
c'est un argument qui est, à mon sens, caduque.
Et là, je ne vais pas, bien sûr, m'étendre trop longuement là-dessus.
Ce n'est pas le sujet de la vidéo.
Mais ce n'est pas parce que le prix de la pâte à dents va baisser le mois prochain
que vous n'en achèterez pas aujourd'hui.
Vous avez besoin de vous brosser les dents, vous allez tout de même en acheter.
Même chose, par exemple, dans le cas d'une voiture.
Si vous avez besoin de remplacer votre voiture, vous allez tout de même le faire,
même si vous vous attendez à ce que l'année prochaine, la voiture que vous vous achetez aujourd'hui
soit moins chère.
Donc, c'est un argument qui ne fait aucun sens, à mon avis.
Bref, la tendance des inflationnistes se poursuit au pays.
Vous allez voir les données fondamentales de l'inflation.
Regardez ici, lorsqu'on exclut les aliments et l'énergie, on est à 2,4.
On est en plein dans la cible de la Banque du Canada.
Et, même chose, lorsque vous allez voir toutes les données fondamentales,
l'IPC comme médian tronqué, 2,1, 2,3, 2,4.
Donc, on est au vert du côté de l'inflation au pays.
Même que, si vous allez voir les enquêtes sur les consommateurs,
les enquêtes sur les entreprises qui ont été publiées récemment,
regardez du côté des consommateurs.
Toutes les anticipations, que ce soit pour les horizons d'un an, deux ans ou cinq ans,
sont en voie de retourner à la cible de 2 % de la Banque du Canada.
Même chose du côté des entreprises.
Toutes les attentes des entreprises pointent vers cette cible de 2 à 3 %.
Donc, le combat qu'a mené la Banque du Canada contre l'IPC,
qui était beaucoup trop élevé, semble gagner.
Et, maintenant, ça risque d'être la peur d'entrer dans cette déflation,
cette méchante déflation qui risque d'influencer les décisions de politique monétaire de la Banque du Canada.
Donc, si on poursuit justement du côté des entreprises,
ça nous permet de comprendre un peu ou de prendre le pouls de l'économie.
Donc, on voit ici que l'indicateur des conditions commerciales au Canada reste en territoire négatif.
Et la dernière fois que ça a été le cas, c'est justement dans cette très courte récession liée à la pandémie de COVID-19.
Maintenant, du côté de l'indicateur des ventes,
on semble vouloir s'extirper de cette zone récessionniste qu'on a connue il y a quelques mois.
Donc, peut-être que les conditions s'améliorent quelque peu.
Malgré cela, l'indicateur des ventes reste tout près de cette zone récessionnaire.
Et ça nous indique que l'économie a toujours de la difficulté, du moins du côté de la sphère privée.
Pour ce qui est de l'embauche, pour ce qui est de la pénurie de main-d'oeuvre,
le tout semble derrière nous.
Les entreprises ne s'inquiètent plus nécessairement.
Ou du moins, il y a une part très réduite des entreprises qui s'inquiètent de la pénurie de main-d'oeuvre.
Et ça m'amène justement à vous parler de l'emploi au pays.
Taux de chômage qui est passé de 6,6 en août à 6,5 en septembre.
Est-ce qu'on doit s'en réjouir?
Regardez la tendance. La tendance reste à la hausse du côté du taux de chômage.
Maintenant, oui, on a créé des emplois.
46 000, on va dire 47 000 arrondis nouveaux emplois créés.
Donc, c'est une amélioration par rapport, bien sûr, au mois de juin ou juillet,
où on a eu des pertes de quelques milliers d'emplois.
Mais le marché de l'emploi reste tout de même, je dirais, chambrant lent.
Regardez la participation à l'emploi.
Elle continue de diminuer et on se rapproche à la moyenne de 2017 à 2019.
Mais malgré cela, on a une population qui, je le rappelle, a cru très grandement entre 2017, par exemple, et aujourd'hui.
Maintenant, lorsqu'on va voir le sondage du côté des consommateurs,
les consommateurs canadiens s'inquiètent de plus en plus par rapport au marché de l'emploi.
J'en parlais d'ailleurs récemment, que ce soit du côté de la croissance des salaires attendus,
qui risque d'être beaucoup plus faible, la probabilité de quitter un emploi qui est beaucoup plus faible aussi.
On a peut-être un peu plus d'anxiété du côté des consommateurs canadiens,
du côté des travailleurs canadiens de quitter leur emploi parce qu'on pense,
nos chances d'en trouver un meilleur ou un équivalent beaucoup moindre.
Donc, probabilité de trouver un emploi, probabilité de perdre un emploi.
Donc, ça a augmenté, quoique par rapport à l'enquête précédente, ça a diminué quelque peu.
Mais on sent qu'il y a peut-être une nervosité du côté des travailleurs canadiens.
Et la durée de recherche d'emploi qui, elle, a augmenté aussi.
Maintenant, la plupart des consommateurs prévoient de continuer de réduire leurs dépenses en raison des taux d'intérêt,
en raison de l'inflation. Et ça, ce n'est pas bon signe pour l'économie canadienne
où la consommation des ménages représente grosso modo 60 % du PIB canadien.
On l'a vu lors de mon analyse de la première vidéo que je vous ai présentée tout à l'heure.
Les consommateurs canadiens consomment de moins en moins.
En fait, la part de la consommation des ménages se retrouve très réduite par rapport aux normes historiques.
Et ce graphique nous indique que, justement, si on planche pour les dépenses des ménages
pour assurer la croissance au pays, ce n'est probablement pas ce qui va se passer.
Il va falloir que la Banque du Canada assouplisse encore plus sa politique monétaire
pour que, finalement, les ménages soient assez à l'aise pour aller dépenser de nouveau dans l'économie.
Donc, tout ça pour dire que les marchés obligataires, donc obligations 2 ans au pays,
nous indiquent que la Banque du Canada devrait réduire davantage son taux directeur.
Donc, obligations 2 ans qui sont maintenant à 3 %,
ce qui signale une baisse potentielle de 125 points de base supplémentaire du côté de la politique monétaire canadienne.
On est à 4,25 % présentement.
Il faut aussi mentionner que la Fed a ouvert la porte à des baisses de 50 points de base.
On se rappelle que la première baisse de la Fed a été de 50 points de base.
Et en raison de l'économie canadienne, en raison du marché de l'emploi, en raison de l'IPC
qui est passé sous la fourchette cible de 2 à 3 % de la Banque du Canada,
à mon sens, tout indique que la Banque du Canada devrait passer en deuxième vitesse
et introduire, à partir de la semaine prochaine, une première baisse de 50 points de base.
Maintenant, ce que je veux savoir, c'est ce que vous en pensez dans la zone de commentaires.
Ce fut un plaisir d'être avec vous.
À la prochaine!
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