Patrimoine : Chauvigny, la cité médiévale aux cinq châteaux
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Quand on arrive ici, on a vraiment l'impression de rentrer dans un décor de cinéma.
C'est comme ça que je le ressens.
Luc est auteur-dessinateur jeunesse.
Au fil des pages de ses albums, ses personnages prennent vie dans la ville de son cœur, Chauvigny.
Un joyau médiéval à 30 kilomètres de Poitiers.
La ville est devenue mon amuse, mon point d'inspiration, mon point d'ancrage, mon point d'attache.
Dans ce dédale de rues, Luc sera notre guide et va nous raconter l'histoire de cette cité unique en Europe.
Unique, car elle compte pas moins de 5 châteaux, dont l'un connu pour ses rapaces.
L'architecte disait, Chauvigny, c'est de la pierre sur de la pierre.
Et effectivement, c'est de la pierre sur de la pierre.
Entre les pages du carnet de croquis de Luc, dans les coulisses d'un atelier d'artisan, ou à bord d'un vélo-rail.
Chauvigny nous dévoile ses charmes.
Luc a installé son atelier à Chauvigny il y a 10 ans.
Dos à dos, avec son épouse Véronique, elle aussi autrice et artiste, ils écrivent des histoires et créent des œuvres, souvent inspirées par Chauvigny.
C'est une ville très inspirante, il y a plein de découpes, il y a une profondeur, il y a des couleurs.
Avant de devenir auteur-dessinateur, Luc était professeur des écoles.
Aujourd'hui, il s'adresse toujours aux enfants, mais à travers ses livres, où l'on suit une bande d'animaux espiègles et courageux.
Les auteurs jeunesse qui se plaisent dans leur métier sont restés des grands gamins, moi je suis un môme, donc je m'amuse, je m'amuse beaucoup.
J'essaie en m'amusant d'amuser les autres.
Par exemple, cet album-là qui s'appelle l'aigle de la forteresse, c'est un album qui se passe à Chauvigny.
Dans cet album, on reconnaît les châteaux qui sont les uns à côté des autres.
Mais quand je peux placer Chauvigny dans un livre, je n'hésite pas.
Les décors des ouvrages de Luc sont effectivement bien réels.
Quel que soit le temps, il sort arpenter les rues pavées et il dessine.
Son modèle du jour, cette collégiale du XIIe siècle.
Les décors deviennent pratiquement des personnages à part entière quand on fait un dessin dans une ville comme Chauvigny.
La météo dans le travail d'illustration, elle est très importante parce qu'en fonction de l'éclairage, on n'a pas les mêmes couleurs.
Et un même endroit peut changer complètement de forme ou d'allure en fonction du temps qu'il fait.
Originaire du Jura, ce grand enfant est tombé amoureux de Chauvigny la première fois qu'il l'a vu.
C'était au crépuscule d'un soir d'hiver, ces cinq châteaux baignés de brume.
Car cette ville est unique à bien des égards.
Bonjour Max.
Bonjour Luc.
Ça va, tu vas bien ?
Pour nous en rendre compte et faire un vrai saut dans le temps, Luc nous présente Max, la mémoire vivante de Chauvigny.
Je me suis toujours occupé du patrimoine.
J'ai fouillé pendant 20 ans sur des sites en particulier de l'époque romaine.
Mais j'ai fouillé ici aussi dans le donjon.
Le donjon, c'est le donjon de Bouson, l'un des cinq châteaux de la ville.
La totalité du donjon est de ces deux époques, XIIe et XIIIe.
C'est celui dont on a finalement les meilleurs vestiges en élévation.
C'est le plus haut et on a des textes qui nous disent qu'on a fait des vigies de là-haut.
Donc c'est un petit peu ce pouvoir qui s'extériorise par cette masse.
Le lieu abrite aujourd'hui un musée et a été rénové et restauré au fil des années.
Alors pour monter au sommet du donjon et admirer les quatre autres châteaux de la cité, nous prenons un ascenseur.
Là, ce n'est pas un ascenseur médiéval, c'est sûr.
L'ascenseur va avancer.
Ah, cette vue-là, j'adore cette vue-là.
Alors là, c'est magistral. Tu vois cette saignée-là ?
Ça, c'est la rue principale de Chauvigny à l'époque médiévale.
De là, nous pouvons apercevoir le château d'Harcourt.
Le château des évêques.
Le château de Montléon, dont il ne reste que des vestiges.
Et enfin, la tour de Flins.
Il y a cinq châteaux à Chauvigny parce qu'on a découvert que c'était probablement la même famille.
Et que les évêques de Poitiers ont accepté ces châteaux les uns après les autres, ce n'est pas courant.
Et si le donjon a traversé les siècles, c'est grâce à sa pierre.
La très résistante pierre de Chauvigny.
Elle non seulement résiste à la météo, mais en plus, elle se patine d'une couleur qui est agréable.
Les photographes diraient que c'est un gris moyen.
On peut faire tout ce qu'on veut avec un gris moyen.
C'est très agréable à dessiner.
Les enfants se promènent dans la cité avec les livres dans la main, en regardant l'air, en disant « Regarde, il y a ça, regarde ».
Ça, c'est un réel plaisir.
Après avoir pris un peu de hauteur, prenons à présent un peu de distance pour admirer les contours de Chauvigny.
Luc a rendez-vous avec Axel dans un lieu emblématique de Chauvigny, la voie d'un vélo-rail.
C'est une ancienne voie ferrée qui servait à l'époque à transporter des céréales et des anciennes pierres de carrière.
La voie date d'il y a à peu près deux siècles.
Elle n'est plus utilisée pour des gros engins depuis 1970, me semble-t-il.
Le vélo-rail a été créé il y a 25 ans. On fête la 25e année cette année.
Quelques consignes de pilotage et c'est parti.
D'accord.
Et puis, c'est à peu près tout. On n'a plus qu'à y aller.
C'est chouette, ça descend.
Ouais, c'est facile. Et puis, en plus de ça, on a vraiment le temps idéal, regarde.
C'est pas trop chaud. On est juste où il faut.
Ah, là, c'est super, là. J'adore.
Ça te rappelle le Jura ?
Ça me rappelle la montagne, ouais.
Ouais, super, là. On les voit tous, là.
Il y a une sacrée vue, là.
Alors, un, deux, trois, quatre châteaux. On en voit quatre sur les cinq. Il y en a un qui est caché derrière.
Tout à fait.
C'est vraiment une vue... Je me laisse vraiment pas du tout de cette vue.
C'est une vue qui est unique. On la verra jamais ailleurs qu'ici, dans Chauvigny.
Je me suis beaucoup plu dans le coin. Et quand j'ai découvert Chauvigny, je partirai plus.
Je trouve que c'est un endroit magique. J'ai pas envie de m'en aller de là.
Retournons à présent au cœur de Chauvigny, à la rencontre de Myriam.
Salut.
Salut, Myriam. Ça va ?
Oui, ça va. Et toi ?
Bien.
Elle exerce un métier rare qui a traversé les siècles.
Elle est enlumineur, un métier du Moyen Âge dans lequel elle excelle.
Elle est même meilleure ouvrière de France.
Alors, mon métier, en deux mots, c'est créatrice de manuscrits.
Là, j'applique de la feuille d'or. C'est de la feuille d'or 24 carats,
que j'applique sur une zone préparée pour recevoir la feuille d'or, pour qu'elle adhère.
Ce qui a du sens, c'est que quand j'ouvre la porte de mon atelier,
on monte un escalier d'époque gothique et on rentre dans une ancienne école.
Le cadre médiéval, cité des cinq châteaux,
je pense que je ne peux pas faire mieux pour une installation de scriptorium.
Ça, c'est sûr.
Ce que j'aime beaucoup chez Myriam, c'est qu'elle a la même passion
que moi, je peux avoir pour un autre travail, mais elle travaille de la même manière.
C'est-à-dire qu'elle est passionnée totalement par son travail.
Et il le faut.
Une patience infinie que j'ai également, mais que je n'aurais pas pour faire ce qu'elle fait.
Myriam, Luc, mais aussi Véronique, Axel et Max
ont tous en commun l'amour pour Chauvigny,
où cohabitent les oiseaux, les hommes et les vieilles pierres.
