Claire Nouvian, fondatrice de l'association BLOOM, nous emmène dans les abysses pour découvrir la beauté fragile des océans. Elle partage son combat pour protéger ces écosystèmes menacés par l'exploitation industrielle et la pêche destructrice. Un appel puissant à agir pour la préservation de la biodiversité marine et la lutte contre le changement climatique.
Visuel de la vignette : Edouard Monfrais-Albertini / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Berceau de la vie, immensité captivante et hypnotique,
aux sources de nos fantasmes et de nos envies,
renfermant des mystères et des richesses,
l'océan est un allié indispensable à nos existences,
à condition de le respecter.
Et au-delà des atteintes qu'il subit depuis des décennies
à cause du modèle de développement des humains,
jusque dans ses profondeurs les plus extrêmes
où l'obscurité s'ajoute au silence
et où règne une multitude vivante méconnue,
des menaces d'exploitation font craindre le pire.
A l'occasion du festival Atmosphère,
qui se tient cette semaine à Courbevoie,
du 9 au 13 octobre,
et dont le thème cette année est l'océan,
nous avons le plaisir d'accueillir la marraine de l'événement,
Claire Nouvian.
Bonsoir.
Merci d'être avec nous.
Vous êtes militante écologiste,
fondatrice de l'association Bloom,
association en lutte contre la destruction des océans,
on peut dire ça ?
Oui, absolument.
Océan, climat et donc humanité.
Et avec nous Gaëtan Nocq.
Bonsoir.
Vous êtes auteur-dessinateur de BD et de romans graphiques,
on vous doit notamment l'album Octopolis,
une plongée dans les profondeurs,
parue aux éditions Daniel Maguen,
et à découvrir au festival Atmosphère,
une sélection, coup de cœur,
de vos planches originales d'Octopolis, c'est ça ?
Tout à fait.
Il y a une expo avec les carnets des planches originales.
On aura l'occasion d'en parler.
En tout cas, bienvenue à toutes et à tous
dans votre magazine de l'environnement sur France Culture,
en direct, en partenariat avec le journal Le Monde,
émission préparée par Corinne Amart,
avec la collaboration de Lily Kornay,
Vanessa Chang,
et celle des équipes de documentation de Radio France,
émission réalisée par Alexandra Malka,
avec à la technique Alexandre Dang.
Un mystère,
3000 mètres sous la surface de la mer.
Ce globe doré à l'apparence soyeuse
a immédiatement suscité l'étonnement des scientifiques.
Est-ce que c'est une espèce d'éponge de mer ?
Je ne sais vraiment pas quoi te dire.
Ils opèrent un robot explorateur depuis ce navire à la surface
et se retrouvent aussitôt confrontés
à la limite de leur connaissance.
J'espère juste qu'il n'y a pas un truc
qui va en sortir tout à coup.
Ce serait un bon début de film d'horreur.
Décision est prise de s'approcher malgré tout.
Et de l'efflore.
Ok, on va le chatouiller un peu.
Ah, c'est friable.
Plus on regardait et plus ça nous paraissait étrange
et moins on comprenait ce que ça pouvait être.
Alors on a décidé de remonter des échantillons
pour l'analyser à notre retour.
Éponges, corail, œufs d'une espèce inconnue,
les pistes et les fantasmes sont nombreux.
Une seule certitude, il s'agit bien
d'une espèce d'origine biologique.
Pour les experts, la découverte n'est pas si étonnante.
Les habits sont encore énormément de secrets à livrer.
C'était un reportage diffusé sur France 2
le 10 septembre 2023.
Claire Nouvian, sans refaire le déroulé
de votre vie riche en combats et en engagements,
racontez-nous peut-être votre premier contact à vous
avec ce monde-là, ce monde des abysses
et la découverte d'espèces qui vivent
et souvent insoupçonnées.
Merci de me replonger dans tout ça
parce que c'est vrai que dans notre combat
très politique, très difficile,
en réalité, contre des systèmes institutionnels
et industriels immensément cyniques et criminels,
on oublie les raisons pour lesquelles on se bat
qui sont quand même en partie
la préservation d'abord du vivant
parce qu'il a le droit d'être là
et parce qu'on n'a pas à être au-dessus
et de se donner le droit de tout écraser
et évidemment de la rationalité aussi.
C'est complètement fou de détruire des choses
qu'on n'a pas du tout d'intérêt à détruire.
J'ai découvert les grandes profondeurs des océans
par une visite à l'aquarium de Monterey en Californie.
Ça a été un grand choc.
J'ai commencé à faire mon livre.
C'était dans les années 2000.
Je faisais un film à l'époque
et donc j'ai commencé à plonger vraiment
dans cet univers.
À force de travailler avec tous les chercheurs américains
et tous les chercheurs internationaux,
y compris David Fremer en France, au Japon, etc.,
un chercheur américain m'a invité
à participer à une plongée profonde
à bord d'un submersible
et non pas d'un robot avec un câble.
Déjà, j'avais fait plusieurs plongées
au sens où j'étais sur un navire océanographique
en surface et les pilotes manipulent un robot.
C'est déjà émouvant parce qu'on voit
le retour vidéo sur les moniteurs
dans la salle de contrôle,
mais nous on reste quand même en surface.
C'est quand même dingue déjà.
Ensuite, ce chercheur Marsh Youngbluth
m'a donné une chance de monter à bord d'un submersible
et de plonger à 1000 mètres de profondeur
dans des canyons sous-marins
au nord-est des Etats-Unis.
Et là, oui, en fait, vraiment,
je n'ai pas pu en parler pendant très longtemps
sans pleurer.
L'émotion était trop forte.
J'ai vraiment mis du temps
à pouvoir accéder à la parole
sans être débordée par l'émotion primale
que j'ai ressentie,
notamment en découvrant les poulpes à oreilles.
Les fameux poulpes à oreilles
qu'on appelle « Dumbo Octopus » en anglais
et qui sont des poulpes à oreilles.
Il y en a plein de différents.
En fait, ce ne sont pas des oreilles,
ce sont des nageoires.
Et nous, on en a attrapé un
pour des raisons scientifiques,
un petit poulpe à oreilles
qui s'appelle Staurototys sirtensis.
Trop mignon, j'avoue !
Rose, délicat,
qui a une membrane toute fine,
et on a gardé ce poulpe
dans une chambre froide du navire
pendant plusieurs jours.
Les chercheurs l'ont regardé
sous toutes les coutures
et moi je l'ai photographié
sous tous ses angles.
Chambre froide parce qu'il fait
extrêmement froid
dans son milieu naturel.
Il fait combien à peu près ?
Entre 0 et 2 degrés.
Et donc on le gardait
dans cette chambre froide.
J'ai pu le regarder
sous toutes ses coutures.
Et en fait, vraiment,
c'est l'image de la délicatesse.
Rien que la membrane du poulpe
est tellement translucide,
elle est toute légère
et on voit que cet animal vit
dans un environnement
où il y a très peu de courant,
il n'y a pas de prédateurs immédiats
pour lui.
Il vit au ralenti.
Vraiment, c'est la beauté.
C'est la beauté.
Et je me suis dit
que rien que pour lui,
il a mérité de se battre
contre les chalutiers industriels
qui vont tout ravager.
Vous étiez entre 400 et 1000 m
au large du Massachusetts
dans un canyon où il y avait
comme vous disiez,
à la fois la beauté
et la fragilité.
Je précise pour nos auditeurs
que quand vous parlez de vos combats,
vous avez été couronné
par le prestigieux prix Goldman
en 2018.
C'est l'équivalent du prix Nobel
pour les causes environnementales.
Donc, 25 ans de combat à peu près
que vous avez à votre actif.
Oui, une vingtaine d'années déjà
puisqu'on va fêter nos 20 ans
en 2025.
Et en effet, le prix Goldman
c'était justement pour la préservation
des océans profonds
et la lutte contre le chalutage
en eau profonde.
Ces énormes machines
industrielles insensées
où on faisait vraiment se rencontrer
les technologies les plus brutales,
les plus dévastatrices
avec les écosystèmes
les plus fragiles
et les plus préservés
jusque-là, historiquement,
de nos méchantes pattes.
On aura l'occasion d'en parler
dans l'émission.
Alors, de votre côté, Gaëtan Nock,
gamin de la Bretagne,
quelle relation entreteniez-vous
avec les questions environnementales
et l'océan
avant de commettre Octopolis ?
Je ne peux être qu'humble face
à la démarche de Claire Voyant.
Moi, mon rapport à la mer, au départ,
est inessentiel.
Je pense comme beaucoup de gens
en tant que Breton,
j'ai nagé dans la mer
et j'adorais nager au large.
Pour moi, c'était quelque chose
à la fois de fascinant
parce que c'était l'immensité
et en même temps,
quelque chose d'un peu angoissant
parce que, avec mes frères,
on partait au large
et au bout d'un moment,
l'eau refroidissait
et on voyait le fond qui se troublait,
voire qui noircissait.
On avait un peu peur
donc on rentrait.
La mer, j'avais envie de la raconter
à travers la bande dessinée.
Je voulais faire un pendant
par mon grand Zerf
qui est le roman graphique
que j'ai fait auparavant
qui était adapté de Claudie Singer
et qui défendait la nature sauvage
dans les Vosges.
Là, j'ai un petit problème de voix.
Allez-y, prenez un peu du thé
qui est juste à côté de vous
et j'en profite justement
pour donner un petit résumé
pour nos auditeurs
de votre album Octopolis
qui est un thriller scientifique et écologique
qui part du Muséum National d'Histoire Naturelle
situé à Paris
et qui nous entraîne sur l'île de Clipperton
et dans les abysses de l'océan Pacifique.
Vous disiez que vous aviez ce rapport-là
enfant avec la Bretagne
et cet album qui vient répondre
à des envies ou à une ambition particulière ?
J'avais envie de peindre un paysage,
un paysage qu'on ne connaît pas,
un paysage de l'invisible tout simplement
parce qu'à partir de 1000 mètres,
c'est une zone aphotique,
c'est-à-dire l'absence est totale de lumière,
les masses d'eau sont tellement présentes
que ça fait une muraille
et moi je trouve ça génial en fait.
C'est-à-dire qu'il fait plus noir que dans l'espace
et donc il y a tout un monde qu'on ne connaît pas.
Moi, j'ai lu qu'on ne connaissait que 20%
de l'océan profond
qu'il y a tout un travail de cartographie qui est engagé
et j'avais envie de peindre ce paysage
comme une terre incognita.
De toute façon, je pense qu'on ne fait pas un contresens
en parlant de terrain
parce qu'on va jusqu'aux dorsales océaniques
et là où sont notamment les fameux nodules polymétalliques
et là où est aussi visiblement a priori
l'origine de la vie
avec les sources hydrothermales.
Bien sûr, vous nous racontez une histoire, une fiction.
Une jeune femme, Mona, qui découvre que son père
paléontologue spécialiste des céphalopodes a disparu
et là ça entraîne le lecteur dans des recherches.
Lui-même, le père avait découvert un phénomène
en plongeant au large d'une île perdue dans l'océan Pacifique
et tout cela avait ouvert probablement des appétits
et donc sa fille part à la recherche du père.
On ne va rien dévoiler de plus
mais on va entrer au fur et à mesure avec vous
dans ce très très bel album
où on découvre vraiment cette vie incroyable
dans ces grands fonds
et des éponges aux groseilles de mer
en passant par les sténophores, le nautil etc.
et tellement de belles espèces luminescentes.
Claire Nouvian, à l'image de Gaëtan Noc
qui va nous en parler aussi
tous les deux finalement ce sont des chercheurs
des minants spécialistes
qui vous ont offert dès le début
de découvrir cet univers.
Est-ce que vous les considérez eux
peut-être comme les premiers alerteurs
avec des photos qu'ils prenaient à l'époque déjà ?
Alors très clairement.
Moi ça a été vraiment tout à fait marquant
je peux même presque mettre une date là-dessus
puisque pendant que je faisais mon livre
j'ai décidé de faire mon livre par amour comme vous
par amour en fait de ce qui existe dans l'eau
et dont on n'avait absolument pas connaissance
sous ces formes de vie incroyables.
J'étais fascinée mais en faisant mon livre
j'ai découvert l'existence
donc des machines de guerre industrielles
pour attraper des poissons
ça n'avait aucun sens
et on passait dans des environnements
avec des coraux multimillénaires
qui ont le record de longévité sur Terre
des animaux
et ça c'est un chercheur
qui m'a éclairé là-dessus
il s'appelait Les Watling
il est professeur à l'université de Hawaï
et on était dans un symposium de chercheurs
à côté de l'institut océanographique de Southampton
il y avait tous les chercheurs qui s'occupent de profonds
dans le monde
donc en gros une communauté de 300 personnes très heureuses
Il y avait Daniel Pauly aussi ou pas ?
Daniel Pauly non
puisque lui il s'occupe vraiment de fishery science en général
c'est-à-dire de la science halieutique au sens très large
grand défenseur lui aussi
vraiment c'était un deep-sea symposium
c'était un symposium vraiment sur le profond
et on avait écouté des communications scientifiques très intéressantes
et le soir au moment du repas
Les Watling m'a ouvert son ordinateur
et il m'a montré les images qu'il avait filmées
sur des monts sous-marins
donc des montagnes qui sont comme des volcans
mais dont le sommet ne dépasse pas la surface de l'eau
donc c'est une montagne engloutie en fait
et qui sont des endroits où évidemment les courants marins
tournent autour du mont sous-marin
donc en fait il y a beaucoup de courants
donc il y a de la vie, il y a des coraux, il y a des éponges
il y a toutes sortes d'animaux
et il m'a montré des monts sous-marins sains
où il y avait toutes ces communautés animales incroyables
et il m'a montré ce qu'ils avaient découvert
c'était des monts sous-marins à côté
qui avaient été ravagés par des chaluts industriels
qui avaient raclé sur les fonds
il ne restait plus rien
alors qu'il avait fait des recherches
il s'était rendu compte que les traces qu'il avait filmées
c'était le passage de chaluts soviétiques
20 ans plus tôt
rien n'avait repoussé
et donc il m'a montré ça
je me souviens très bien
parce que tout à coup le monde s'est obscurci
et je suis vraiment
ça a tout changé en fait
c'est le choc
ça a été vraiment
je me souviens même sur le banc
je me souviens exactement où ça s'est produit
et là j'ai switché
en fait je me suis dit
ok c'est pas possible
ça, ça doit prendre fin
il faut que ça s'arrête
Gaëtan Nock
vous ce sont les chercheurs du muséum
qui vous ont ouvert leur labo
alors il y a eu plusieurs personnes
ça a d'abord été l'entrée
alors paradoxalement ça n'a pas été par l'image
ça a été par un texte
Peter Godfrey Smith
le prince des profondeurs
le titre en français
qui raconte
c'est un philosophe des sciences en fait
et par ses mots
il raconte l'évolution du vivant
la naissance du vivant dans les océans
et il en arrive à son expérience
et la découverte d'un site
qu'il a nommé Octopolis
où se regroupent des poulpes
alors que la poulpe est un animal
plutôt solitaire
et ça m'a passionné
ça a été le point de départ
pour justement scénariser
cette bande dessinée
ce roman graphique
à la suite de ça
je voulais rencontrer
parce que moi dans mes projets
j'aime bien toujours aller au contact
avec des spécialistes
des experts
parce que moi je suis
je n'y connais rien
et donc j'ai rencontré des experts
au muséum de l'histoire naturelle
Laure Bonneau-Ponticelli
spécialiste des céphalopodes
Isabelle Rouget
paléontologue aussi
en céphalopode
quand vous mettez les pieds dans un lieu
après on vous présente plein de gens
et du coup j'ai dessiné là-bas
et notamment aussi
toute la partie galerie
des espèces en voie de disparition
qui est passionnante
c'est que de la taxidermie évidemment
mais ça m'a beaucoup inspiré
c'est ce qui conclut d'ailleurs l'album
avec ce carnet
des espèces en voie de disparition
il y a beaucoup de choses à dire là-dessus
et vous savez qu'il y a une pieuvre des profondeurs
qu'ils ont trouvée comme ça dans le canyon de Monterey
qui est restée trois ans
à couver ses oeufs sans se nourrir
pendant trois ans il plongeait
il voyait toujours la même pieuvre au même endroit
qui n'avait pas bougé
elle a couvé ses oeufs pendant trois ans
vous vous rendez compte ?
c'est incroyable
et alors quand Gaëtan Nock parlait de taxidermie
vous avez travaillé je crois
Claire Nubian avec un taxidermiste du muséum
Christophe Gauthini
ah oui Christophe Gauthini
c'est une belle aventure humaine
le grand taxidermiste du muséum
qui a fait d'ailleurs toute la grande galerie de l'évolution
et toutes les espèces qui sont naturalisées
et qui est un homme absolument génial
et on s'est amusé à se mettre un défi
d'essayer de présenter des animaux
des grandes profondeurs
quand j'avais fait mon exposition sur les abysses
au muséum d'histoire naturelle
et c'était très compliqué
parce que j'avais des spécimens
que les chercheurs m'avaient confiés
et on voulait les montrer
mais sans justement les sécher
on voulait les garder dans l'eau
mais les suspendre pour faire comme si
en fait ça marchait vraiment bien
Christophe était tellement talentueux
il avait mis des fils comme ça en nylon
on avait un éclairage qui était très directionnel
et du coup c'est vrai qu'il y avait des enfants
qui rentraient et qui disaient
maman les animaux sont vivants
il arrive de 4000 mètres de profondeur celui-là
il est absolument plus vivant
mais oui c'était extraordinaire
alors qu'est-ce qu'on trouve justement
en dehors de ce dont vous avez commencé
à nous parler depuis le début de l'émission
qu'est-ce qu'on trouve dans ces zones d'obscurité
alors totale ou pas ?
est-ce qu'on est plongé vraiment dans une nuit profonde
à partir de quoi ?
1000 mètres où il fait 2 degrés ?
Oui c'est ça
alors je sais pas, je prends la parole
Allez-y Gaetanoc
Moi ce que j'ai découvert aussi
au fur et à mesure de l'album
c'est les espèces de céphalopodes
le vampire ototis infernalis
qui est un petit céphalopode
de 30 cm de long
on l'appelle le vampire des abysses
ça fait peur mais en fait il est complètement inoffensif
il a des très grands yeux pour sa taille
et comme la pieuvre Dumbo
il a des membranes
ce qui fait qu'il flotte
la stratégie des espèces
qui survivent dans les abysses
c'est ce que j'ai lu
c'est que comme il y a très peu d'oxygène
très peu de nourriture et qu'il fait très froid
il faut qu'il dépense le moins d'énergie possible
donc la survie a fait
qu'ils ont développé ces membranes
qui leur permettent de flotter
l'adaptation et l'évolution
et puis il y a une chose qui me fascine
c'est la bioluminescence
c'est assez génial
les stratégies de survie
de ce petit vampire ototis
c'est qu'il fait un petit ballet
avec ces petites lumières
qui s'allument au bout de ses bras
techniquement c'est la rencontre
entre une enzyme
et une protéine
qui associent à l'oxygène
crée de la lumière mais de manière froide
il n'y a pas d'incandescence
c'est génial déjà comme invention
c'est les animaux, c'est pas nous
on étudie
on s'inspire du vivant non humain
il a toute une stratégie
de survie, de défense
à partir de ce ballet pour impressionner
peut-être un futur prédateur
ou peut-être
un moyen de communiquer
peut-être pour trouver l'âme sœur
il envoie aussi dans la deuxième phase
quand il se sent trop attaqué
il envoie aussi un gel bioluminescent
sur son ennemi
parce que dans les abysses
visiblement, si on est visible, on est mort
donc il vaut mieux être dans le noir complet
et puis sa troisième stratégie
c'est la position de l'ananas
où il replie toutes ses membranes
on appelle ça la position de l'ananas
ça m'a fasciné
il y a la pieuvre de verre aussi
qui est une pieuvre transparente
c'est génial, c'est magnifique
c'est de la poésie
j'esclare en parlant
parce qu'elle est fascinante
j'ai vu pendant des années
des guides sur les céphalopodes le soir
j'adore les céphalopodes
en tout cas
on découvre aussi dans Octopolis
les chaînes de montagne
océaniques, les fumeurs noires
les sources océaniques, les vers géants
tout ça en symbiose avec des bactéries
une chimère, les plaines abyssales
les lacs
et on est vraiment
dans ces grands fonds
avec ces animaux au métabolisme plus lent
qui vivent plus vieux
et qui du coup
nagent plus lentement
donc sont des proies faciles
et donc à eux de développer
des stratégies pour se protéger
et en même temps
certains modes de pêche
détruisent tout
comme vous le disiez Claire Nouvurand
écosystèmes, coraux
et le reste c'est bateaux-usines
dénoncées par des citoyens
comme à Saint-Malo par exemple
écoutez ce reportage diffusé sur France Info
le 15 février 2024
sur le port de Saint-Malo
une chaîne humaine
pour protester contre la pêche industrielle
et son symbole
l'anelie siléna tellement gros
qu'il n'entre pas dans le port de Saint-Malo
sous les fenêtres de la sous-préfecture
les associations écologistes
à l'origine de la manifestation
dénoncent des pratiques destructrices
c'est aussi des quotas de pêche
qui ne sont pas redistribués
à la pêche artisanale
on a une pêche qui en permanence
pousse au gigantisme
favorise toujours les plus grands
à qui on donne plus de quotas, plus de subventions
plutôt que les petits
l'anelie siléna est le plus gros chalutier d'Europe
capable de capturer
400 tonnes de poissons par jour
la compagnie des pêches de Saint-Malo
y a investi 15 millions d'euros
le navire
mesure 145 mètres de long
13 fois la taille moyenne
d'un chalutier français
comme sur ces images d'avant 2007
le navire doit être équipé
pour transformer à bord
du merlant bleu en pâte de poisson
inadmissible
pour ce coquillé normand
alors que les quotas sont réduits
pour préserver la ressource
il nous dit qu'il faut se calmer
sur certaines espèces
c'est un bateau qu'on va venir voir chez nous
pêcher du maquereau
et qu'il va en pêcher peut-être 100 tonnes en 3 jours
alors que moi je vais en pêcher 40 tonnes à l'année
les associations environnementales
demandent au conseil régional de Bretagne
le retrait de sa feuille de route
pour la pêche qui doit être votée demain
elle serait trop favorable
à la pêche industrielle
où en est-on sur ce terrain-là
il y a quelques mois
c'est une manifestation que ma collègue
Laetitia Biziot avait organisée
elle avait révélé le scandale
de cet immense chalutier
de 145 mètres
qui allait être exploité
par la France et par la compagnie des pêches
de Saint-Malo pour faire du sourimi
alors que 400 tonnes de poisson
par jour pour un seul navire
ça veut dire 400 000 kilos
il faut bien se mettre ça en tête
ils peuvent l'attraper en
une journée, parfois même
une demi-heure, une heure de pêche
c'est ce que capturent
dans le même temps en fait
1000 pêcheurs artisans
donc vous voyez qu'on a un problème qui est purement
politique, qui n'est rien d'autre
que politique, c'est qu'on fait le choix
du gigantisme, on fait le choix
des chaînes industrielles de production
alimentaire pour
des objets alimentaires d'ailleurs dont on n'a absolument
pas besoin puisque nous le nord
franchement on n'a pas besoin de protéines animales
supplémentaires et ça ne viendra pas venant de la mer
en fait, donc on peut faire le choix de manger
un peu de poisson de façon très
rationnelle et rare
mais seulement si
ça vient de méthodes de pêche artisanales
douces et côtières
en fait, donc là on est sur
ce bateau Anneli Silena, en ce moment
il est au Chili
ce sont des énormes prédateurs
mondiaux qui sillonnent l'ensemble
de l'océan mondial et qui
avec leur immense gueule, j'ai envie de dire
vraiment avalent tout
sur leur passage et
c'est insensé d'avoir
fait ces choix, c'est insensé
d'avoir construit ces navires avec de l'argent
public, non mais
ça fait mal, mais c'est bien
ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est que
quand on mange d'ailleurs des poissons
industriels qui sont
vendus par la grande distribution, on contribue
en fait de toute façon
qu'on le veuille ou non à alimenter
cette pêche industrielle qui n'existe que
parce qu'on donne nos impôts
on paye, on a payé dans le
passé la construction de ces navires et on
continue à payer par la détaxe
sur le carburant dont ils bénéficient
on paye leurs notes
de gazoil, donc en fait
il faut se représenter une chose, vraiment
j'insiste très très spécifiquement
sur ça, si on ne payait
pas avec de l'argent public, avec des subventions
publiques leurs notes de gazoil, ces
énormes navires comme les chalutiers qui
raclent les fonds, n'iraient pas
pêcher, demain matin le problème serait
réglé, alors on doit absolument
sortir de ces énormes bateaux et du
chalutage qui racle les fonds
etc de façon
progressive, parce qu'il ne s'agit pas de
générer une crise sociale
absolument pas, mais si on prévoit
la transition, si on l'organise
cette transition, et défendre la filière
qui elle, on l'entendait dans le
reportage, ne demande qu'à vivre d'une
pêche respectueuse, mais bien sûr
en fait vous savez la pêche c'est exactement comme l'agriculture
en fait, on a des producteurs qui se retrouvent piégés
dans un système qui les
a beaucoup appauvris d'ailleurs
avec le temps, et aujourd'hui ils
sont menottés par en fait une
représentation politique qui ne représente pas
du tout et qui ne défend pas leurs intérêts, la
petite pêche artisanale est littéralement sans
représentation politique, et du coup
ces individus sont broyés
d'ailleurs les pêcheurs artisans français, la
petite pêche de moins de 12 mètres
vertueuse, ces individus
sont autant broyés
par les pêcheurs industriels que les
écosystèmes marins, donc en fait
l'argent est le nerf
de la guerre dans cette histoire, et on
ne doit pas nous tolérer que
en fait c'est un transfert de richesses
de secteurs de l'économie
qui sont producteurs de richesses
on prend la richesse créée par votre travail
ton travail, je te
tutoie d'un coup là, voilà
Claire nous vient de tutoyer Gaëtan
tout à coup je viens de décider de tutoyer Gaëtan
qui m'est fort sympathique, et donc voilà ton
travail, mon travail
on crée de la richesse, on prend cet argent
et ce transfert de richesses, on va vers des
systèmes qui sont non productifs
et qui sont eux des destructeurs
de richesses, d'emplois, d'écosystèmes
de climat, ça n'a aucun sens
donc des choix qui se prennent à l'échelle des pays
ça se prend à l'échelle des pays
des administrations centrales, des gouvernements
et évidemment de l'union européenne
et ce système là, qui marche sur la tête
qui n'a aucun intérêt
c'est à dire même pas les emplois, puisqu'on
détruisent aussi les emplois
ce système prendra fin, c'est sûr
et la question c'est quand ?
Et pendant ce temps, bien sûr, il y a tout un travail
qui est mené aussi pour renseigner, cartographier
ces fonds marins
avec des moyens techniques
nouveaux, les satellites, les drones
les submersibles, les robots
sous-marins, les Nautilus, les observatoires
écoutez justement ce
reportage qui nous entraîne
du côté de Brest
Victor, c'est ce robot sous-marin
concentré de technologies
capable de plonger à 6000m de fond
avant d'appareiller
tous ses équipements
doivent être testés
les moteurs, la rampe de lumière
ou encore les bras, des outils conçus sur mesure
pour explorer les fonds marins
car le terrain de jeu de Victor
c'est l'océan profond
plus de 1000m de profondeur
un environnement très difficile d'accès
et largement inexploré
moins connu que la surface de la Lune
au milieu de l'Atlantique
Victor a filmé ces cheminées
qui fument, où vivent de nombreuses
espèces animales
les scientifiques cherchent à comprendre
comment la vie s'y développe
et quels types de minéraux et de métaux sont présents
retour à Brest, chez les scientifiques de l'Ifremer
Pierre-Antoine Descendier, biologiste
recense les micro-organismes
qui vivent autour
de ces nodules polymétalliques
je regarde dans ces échantillons
les organismes qui m'intéressent
et il y en a qui peuvent être enfouis là-dedans
comme par exemple
cet organisme-là
ces nodules qui sont au fond, déjà
c'est le processus géologique le plus lent de la planète
donc ils mettent plusieurs millions d'années à se former
et il y a des organismes qui vivent
fixés sur ces nodules
c'est la présence de ce substrat dur
qui permet à la vie
de se fixer dans un endroit
où normalement elle ne pourrait pas se fixer
France Culture, de cause à effet
le magazine de l'environnement, Aurélie Luneau
reportage diffusé sur France 2
le 11 juin 2023
on comprend que
nous avons besoin aussi de connaissances
de ces milieux extrêmes
on découvre environ 2000 espèces marines
nouvelles par an
il y aurait 10 millions d'espèces
du plancton aux grands animaux marins
et puis il y a des coraux
ou des zones qui
sont tellement riches de cette faune
25% des océans ont été cartographiés
mais seulement 5%
des grands fonds marins ont été
explorés
Claire Nouvian
ou Gaëtan
je crois qu'on a
on pourrait dire la même chose j'imagine
parce qu'on est tous les deux fascinés par tout ça
on connait très peu de choses
malheureusement quand on
on est actuellement dans un débat
où quand
les gouvernements se sont mis à
parler tout à coup avec passion
d'exploration des grands fonds
on s'est dit tiens c'est étrange que tout à coup
ils aient une forte envie d'explorer ces grands fonds
comme ça pour la beauté de la recherche
alors qu'on sait bien que la recherche publique
est en grande souffrance, de manque de budget
qu'on a des postes doctorants
qui sont précaires etc
et en fait c'était un subterfuge
pour masquer la ferme
intention d'exploiter
et en effet avant d'exploiter il faut
explorer pour savoir où on met les pieds
où on va envoyer nos énormes machines
qui vont littéralement faire
exploser le fond
de l'océan pour récolter
les dépôts métallifères
de cobalt
ou alors aspirer des nodules polymétalliques
qui se trouvent sur la plaine abyssale à 4000 ou 5000 mètres
de profondeur et donc en fait
il y a un enjeu évidemment industriel puisque
ce qui se passe avec cet enjeu
de l'exploitation des minerais
qui sont sous diverses formes
mais à différents endroits y compris dans
les dépôts des fumeurs
chimiosynthétiques donc ces grands
fumeurs extraordinaires
et bien l'enjeu évidemment c'est de savoir
est-ce qu'on va reproduire éternellement
les immenses
ravages qu'on a causé
déjà par nos cycles
d'exploitation des hydrocarbures
puisqu'on est vraiment sur un même mode de
combustion comme ça fossile, on va
explorer, ensuite exploiter
ensuite détruire, ravager
polluer et en fait
mener à l'extinction et ce sont toujours ces cycles-là
et donc tout le monde
que ce soit
du côté des citoyens
des ONG, on est tous très
mobilisés avec mes collègues
d'une coalition pour défendre
l'océan profond
et on obtient des
pays, beaucoup de pays qui sont en train de demander
un moratoire sur l'exploitation
des grands fonds marins puisque
en eaux internationales on est vraiment
là en 2025
ça va se jouer, est-ce qu'on va décider
enfin de respecter
la seule zone
de la planète qu'on n'a pas encore polluée
ravagée, dévastée ou est-ce qu'on
va ouvrir des permis miniers
pour aller exploiter
ces ressources alors qu'on n'a pas
été capables même de se mettre
en durabilité sur l'ensemble des ressources
qu'on utilise déjà et ne serait-ce
qu'en recyclage des
ressources qu'on a extraites
de montagnes
on a coupé des montagnes sur terre
en Afrique, en Europe, partout
on a déjà exploité les zones
qui étaient quand même accessibles et maintenant on veut aller
vers l'inaccessible puisque
cet inaccessible qui a longtemps
été protégé de notre furie
industrielle est désormais
accessible par la technologie
et vraiment ça chauffe en ce moment
puisque la France a dit
qu'elle soutenait
le moratoire contre l'exploitation
des minerais mais elle ne s'oppose
pas fermement et c'est ça qu'on attend
d'elle en ce moment à la Norvège
qui elle avait dit qu'elle n'allait pas donner
de permis minier dans ses eaux à elle
ses eaux souveraines et est en train
de se préparer à donner des permis miniers
avec imaginez l'agence de sécurité
nucléaire norvégienne qui nous dit
mais vous allez
il y a quand même un risque littéralement
nucléaire d'aller
faire des remous et d'aller
libérer aussi tous les déchets
radioactifs qu'on a quand même balancés
allègrement dans le fond des océans
donc on est, mais on joue
aux apprentis sorciers mais
c'est comme un
scénario
dystopique sans fin et
on se dirait quand même qu'il faut
enfin c'est bon on a pris nos leçons on est en 2024
on sait qu'il est temps d'arrêter ce genre
de choses donc ça se joue là
il faut vraiment soutenir les ONG
notamment la Deep Sea Conservation
Coalition qui vraiment
se mobilise
contre l'exploitation
des minerais parce que
on peut encore éviter cette
horreur, c'est maintenant que ça se joue
Alors nous allons poursuivre
bien sûr sur ces questions là
et entendre aussi un reportage
juste après votre
proposition musicale
Gaëtan Nocque, vous avez choisi
de nous
proposer ce soir Vincent Perrani
c'est ça ? Oui. Avec un titre
en particulier
What Power Art
c'est ça ? Vous le reconnaissez en fait à l'oreille
c'est surtout ça
Alors justement
j'allais vous poser la question
quelle est la raison de ce choix spécifique ?
Si on l'écoute jusqu'au bout
et là c'est un peu long pour la radio mais en fait
il y a une progression
alors ça reprend une musique de Purcell
musique baroque
et donc pour moi c'est un peu
le tempo
le dessin pour moi
c'est un rythme, c'est une musique et la BD
c'est lié aussi au temps
à l'espace et au temps
alors je n'écoute pas tout le temps de la musique
quand je dessine mais par moments ça me portait
Et pour cet album en particulier ou pas ?
Oui alors notamment celle-là, des fois je vais la passer en boucle
parce qu'il y a une montée
comme ça en acmé qui va vraiment
quelque chose de très fort
et puis ça associe
musique jazz contemporain
dans cette mouvance là
et musique baroque
et c'est un petit peu
ce que je recherche moi dans mon travail en fait
Et alors je précise avant de laisser
justement la musique se dérouler
je précise quand même que votre album il est tout en
bleu, bleu et avec des
nuances de bleu, bleu profond
infini, bleu
lumière aussi
finalement on n'imagine pas
que du bleu au noir
on est vraiment dans l'océan
grâce à votre touche
mais aussi à ce jeu
des bleus et avec une
luminosité assez incroyable
Je suis content que vous disiez ça parce que
déjà dans l'océan
d'un point de vue naturaliste c'est vrai que le jaune
et le rouge disparaissent rapidement
pour arriver au bleu puis ensuite c'est le noir le plus profond
mais le bleu dans mon
travail de bande dessinée
il accompagne
la plupart de mes romans graphiques
et ce qui m'intéresse
c'est que c'est une couleur lumière en fait
quand vous allez sur des bleus très profonds
qui restent toujours lumineux
et sur des bleus très clairs
c'est une couleur qui supporte vraiment des gammes de valeurs très vastes
une infinité de bleus
dans cette ivresse de profondeur
France Culture, De Cause à Effet
le magazine de l'environnement
Aurélie Luneau
Et c'est la suite de De Cause à Effet
le magazine de l'environnement sur France Culture
nous sommes en direct
et sur l'océan et ses grands fonds
ses mystères et ses richesses
nous nous entretenons avec
nos deux invités à l'occasion du Festival
Atmosphère qui a lieu à Courbevoie
avec nous Claire Nouvian
fondatrice de l'association Blum
en lutte contre la destruction des océans
et puis Gaëtan Nock, auteur-dessinateur
de BD et notamment
auteur
compositeur on peut dire
il y a cette musique aussi que vous avez choisie
de l'album Octopolis
paru aux éditions Daniel Maguen
et d'ailleurs
j'en profite aussi pour vous dire
que dans votre BD
Gaëtan Nock
il y a aussi des requins marteaux
une espèce en danger
pêchée pour leurs ailerons
et là c'était aussi une volonté pour vous d'interpeller
Oui, à travers
ce récit à intrigue
évidemment je voulais faire émerger
des questionnements
et à un moment en effet
Mona plonge avec Thomas dans cet insurmercible
qui existe, c'est le triton
qui descend à 4000 m de profondeur
qui est produit
par les américains
et en effet
ce que j'ai lu
c'est que les requins marteaux
descendent très bas en profondeur, comme les cachalots
et ils peuvent aller
jusqu'à 1000 m
et on sait que les requins
sont une espèce
en voie de disparition
à cause tout simplement d'une histoire de soupe
dans laquelle on met des ailerons
et c'est une espèce
de tradition séculaire qui reste
comme ça et qui font beaucoup de mal
à long terme
Ce n'est pas sans faire penser bien sûr au capitaine Paul Watson
actuellement emprisonné au Groenland
écoutez cet extrait d'une interview
donnée à l'équipe de France 2
depuis son lieu de détention
au Groenland, c'était dans le journal
de 20h du 27 septembre 2024
Cet été, le Japon a lancé
sur les mers un bateau-usine
un baleinier capable de stocker
et découper 200 cétacés
en une seule campagne
C'est pourquoi nous faisons ce que nous faisons
parce que les gouvernements du monde
ne font rien pour faire respecter
le droit international de la conservation
A quoi servent les traités, les règlements
et les lois s'ils ne sont que sur papier
et que personne ne les applique
Vous pourriez être envoyé au Japon
si c'est le cas
Pensez-vous toujours que tout ce que vous avez fait
en valait la peine ?
J'en suis fier
Je n'ai aucun regret
J'ai pris des risques incroyables
durant tout ce temps
et je prends toujours ces risques
Je pense qu'ils en valent la peine
car si nous ne pouvons pas protéger
les baleines, les dauphins
nous ne pourrons pas protéger
la vie sauvage dans l'océan
et l'océan n'y survivra pas
Si l'océan meurt, nous mourrons avec lui
Nous ne pouvons pas vivre sur cette planète
avec un océan mort, c'est aussi simple que cela
Nous vivons une réaction
pour ceux qui ne connaîtraient pas
le capitaine Paul Watson
qui est fondateur de Sea Shepherd
et qui est sous le coup
d'un mandat d'arrêt lancé
par le Japon
qui demande son extradition
C'est une catastrophe
J'imagine, j'espère
que nos enfants
regarderont cette époque en se disant
ils étaient fous
un homme qui protégeait les baleines
il en reste si peu
elles sont en train de mourir
de faim par ailleurs
parce qu'on a vidé l'océan
et que le changement climatique vient taper
dans des écosystèmes qui sont eux-mêmes
plus du tout résilients
On a besoin d'écosystèmes
qui sont en bonne santé pour absorber
le choc du changement climatique
Mais après, ça nous amène
J'ai quand même bon espoir
que ça donne des effets
parce que la mobilisation est gigantesque
autour de Paul Watson
Ça me fait aussi penser à tous les autres militants écologistes
parce que notre sort est devenu
vraiment très brutalisé
Il y a une forme
de changement dans la façon
dont on est traité
Vous savez que les militants
de l'A69 se font
houspiller, martyriser
par la police
parce qu'ils se battent contre une autoroute absolument absurde
Vous avez vu que Phoebe Plummer
et Anna Holland
des deux étudiantes jeunes
de 22 et 23 ans ont pris deux ans
de prison ferme
parce qu'elles ont mis de la soupe sur une vitre
L'Angleterre qui a une législation
plus dure vis-à-vis de ces actions
C'est complètement ridicule
J'espère qu'on va
revenir de tout ça
Quand j'ai envie d'être optimiste
ce n'est pas tous les jours
je me dis que c'est un système
qui est en train de disparaître
un système moribond, le capitalisme est allé au bout
de sa folie destructrice
et donc c'est ses derniers
soubresauts avant disparition
et c'est l'espoir que j'ai
c'est que d'ici 20 ans, 30 ans
de toute façon ça va s'arrêter
est-ce que c'est 20 ans, 30 ans et on peut encore préserver
beaucoup de choses, y compris notre dignité
le principe même de la solidarité
ou est-ce qu'il y aura
beaucoup de dégâts
C'est un peu la question
Vous parliez du réchauffement climatique
qui atteint l'océan plus profondément
d'ailleurs maintenant
on voit bien qu'en descendant
plus profondément dans l'océan
on voit les atteintes justement
des effets du réchauffement climatique
L'océan, il faut rappeler, il joue le rôle de régulateur
du climat par sa capacité
à absorber le CO2
à hauteur de 30% du CO2 émis
dans l'atmosphère, ce n'est pas rien
Non, il a absorbé déjà
historiquement plus de 90% de nos excédents de chaleur
et en absorbant nos excédents de chaleur
on peut se dire, ah chouette, merci l'océan
Alors déjà on peut se dire ça, mais il se trouve
qu'en absorbant nos excédents de chaleur
L'huile se malmène
On a réchauffé les eaux de façon absolument vertigineuse
que quand on se retrouve avec des canicules marines
il y a évidemment l'effet
de mortalité de masse
animale qui se passe sous l'eau
mais il y a aussi le réchauffement des eaux
Le réchauffement des eaux, ça veut dire que ça a des
effets immédiats
sur la météo
Il faudrait se dire maintenant que derrière
chaque inondation
derrière chaque sécheresse
derrière chaque incendie
il y a notre façon de malmener
l'océan, puisque ce grand régulateur
thermique, le grand
redistributeur des excédents de chaleur
de la radiation solaire, de l'humidité
ce qui fait que la planète est vivante
c'est parce que l'océan
assume cette fonction de répartition
de ce qu'il faut, ce qu'il faut de chaleur
et ce qu'il faut d'humidité
et donc l'agriculture, la stabilité
du climat, tout ça
on est en ligne directe, on a une ligne
de vie qui est directement branchée sur l'océan
et à force de le malmener
bien évidemment on est en train de
passer dans
une bascule
qui est historique
En 2023, on est quand même sur
déjà 1,5 degré de réchauffement
à l'échelle de l'année
entière, on est sur
des réchauffements des eaux
qu'on n'a jamais vu auparavant
on est sur l'effondrement des puits de carbone terrestre
qui n'absorbent plus qu'un quart de ce qu'ils
absorbaient auparavant
l'UNESCO nous avait prévenu
qu'on pouvait arriver à un moment
où l'océan, au lieu d'absorber
nos excédents de CO2, pouvait se mettre à émettre
du carbone
donc là, en fait, c'est le rideau de fin
et on s'approche dangereusement de ce
moment-là qui est très difficile à prévoir
puisque tous les scénarios des climatologues
du GIEC nous ont toujours dit
nous on fait des scénarios à partir de choses
quantifiables. Maintenant, si vous voulez qu'on
vous dise la vérité, c'est que
le changement climatique va générer
des effets et des boucles de
rétroaction
et les boucles de rétroaction sont déjà
à l'oeuvre et donc l'effondrement des puits de carbone
terrestre, c'est déjà une boucle de rétroaction
qui, elle-même, accélère
le changement climatique
donc on est parti
comme sur un touchous, sur une plaque de verglas
avec un mur en béton qui nous attend
au bout. Effectivement, vous disiez
que vous aviez besoin de retrouver
un peu de lumière
au bout du tunnel
La lumière, c'est l'action, la lumière
c'est le bon sens citoyen, c'est la beauté
que chacun a potentiellement en lui
que certains ont un peu plus que d'autres
et c'est ça, en fait, la beauté
du fait que tout est en train de bouger très vite
quand même. On va en parler
juste après un dernier
son que nous voulions vous proposer puisque les abysses
sont directement liées à ce qui se passe
au-dessus, bien sûr, et à l'exploitation
massive de l'océan. Ils ne sont plus
protégés de la prédation humaine
écoutez ce reportage
diffusé sur France 2 le 26 juillet 2023
A Brest,
Liffremer a conduit plusieurs expéditions
dans ces abysses. Elle a pu remonter
cette cheminée. Ce géologue
analyse les métaux qui s'y trouvent
On a plusieurs minéraux
donc les minéraux qui sont riches en zinc
c'est ceux qui sont gris ici
et en cuivre, c'est ceux qui sont
à la couleur un peu jaune. On a aussi des éléments
un peu invisibles dont
le cadmium et le sélénium
Aujourd'hui, seule l'exploration scientifique
est autorisée dans ces zones océaniques
La plus prisée,
Clarion-Clipperton, là où l'on trouve
ces nodules, sorte de
pommes de terre noires posées sur le sable
riches en cuivre,
nickel, cobalt et manganèse
des métaux qui servent
à la construction des batteries
de voitures électriques et des éoliennes
des nodules
sur lesquels vifte une biodiversité
encore mal connue et fragile
Si on commence à altérer une zone
on a la quasi-certitude
que l'ensemble de l'océan va être finalement
altéré. Le problème, c'est qu'on ne sait pas
en combien de temps et dans quelles conséquences
Face au manque de connaissances,
la France a décidé d'interdire toute exploitation
Cette compagnie canadienne
qui a déjà dépensé des milliards
de dollars pour explorer ses fonds
Le zéro dégât n'existe pas
Mais nous pensons
qu'il y aura moins de dommages que sur
une exploitation minière terrestre
Et puis, on ne peut pas aller vivre
là-bas
ni faire pousser quoi que ce soit
Alors, quelle autre alternative ?
Alors, qui veut réagir
à ces propos ?
Ça me choque
J'ai plus beaucoup de patience
pour les chercheurs qui servent la soupe
au système politique et industriel
J'ai envie de leur dire
allez retrouver votre dignité
Et l'industriel canadien
Et puis le système scientifique qui accompagne tout ça
On sait très bien
que l'exploitation va être absolument désastreuse
que les nuages de fumée
vont étouffer l'ensemble des communautés bintiques
de l'ensemble des communautés animales
qui vivent là
Au moment de la conférence des Nations Unies
sur l'océan, il y a 3 ans, à Lisbonne
j'ai eu un post sur Instagram
qui a énormément marché
c'était trop chouette, sur le deep sea mining
cette extraction des minerais
En interpellant Emmanuel Macron
200 000 partages, 10 millions de vues
cellules de crise à l'Elysée
Emmanuel Macron a décidé de s'engager
pour interdire
l'exploitation
prendre une position de la France
et on adore quand ça se passe comme ça
Je rappelle aux citoyens
qu'on a une échéance
2025, très claire
Je ne veux pas vous embêter
avec les processus de gouvernance internationale
autour de ça, mais l'autorité internationale
des fonds marins qui décide ou non
d'adopter ou non un code minier
et s'ils adoptent un code minier, ça veut dire
que le coup est parti et qu'on ne pourra plus le récupérer
Et donc maintenant
on sait qu'Emmanuel Macron
est capable de prendre des décisions de ce genre
il l'a fait pour le deep sea mining
pour l'extraction des minerais
et on attend de lui qu'il fasse la même chose
pour la protection des 30%
qui sont supposés être protégés en France
mais qui sont à 99%
en fait la France exploite
99% de sa zone maritime
alors en laissant ça ouvert aussi
il y a différents degrés de protection
protection plus ou moins forte apparemment
il y a des nuances
car nous en France
on a 99% plus de 99%
de nos eaux qui sont exploitées
par les pêcheurs industriels
qui font aussi des ravages
et on voudrait que les 30% que la France affiche
soient des vrais 30% et non pas
0,1% de protection
donc en fait ce sujet sur l'extraction
des minerais me rappelle
qu'en fait notre président
peut prendre des décisions
unilatérales comme ça
comme il l'a fait pour l'extraction des minerais
j'aimerais qu'il le fasse
pour la vraie protection des aires marines
dites protégées. Appel lancé
Gaëtan Nock
La dernière partie, je reviens à mon album
et le contexte
de Clipperton parce que la dernière partie
se passe là
dans cette zone du Pacifique
où on sait qu'aujourd'hui les enjeux
géopolitiques, géostratégiques
sont énormes, il y a des gros poissons
là-bas
et il y a cette île de Clipperton
qui appartient à la France
qui fait que la France est quand même
le deuxième pays au monde
à posséder
la plus grande zone maritime
derrière les Etats-Unis
et donc mon histoire évidemment
je voulais donner une visibilité
à l'invisible et notamment
à cette exploitation
des minerais
dans ces plaines
abyssales qui sont remplies
de centaines de millions
de tonnes de nodules polymétalliques
donc évidemment
pour les industries le calcul
est facile
je voulais montrer ces machines
qui sont des espèces
de râteaux aspirateurs
qui évidemment
sucent tous les nodules
mais tous les sédiments qui vont avec
ça remonte par des tuyaux
jusqu'à une sorte
de cargo au bateau
qui va rejeter ensuite dans la mer
ce dont il n'a pas besoin
donc ce qui crée
je le montre un moment dans le passage
des espèces de nuages comme ça
complètement surréalistes
au milieu de l'eau
je voulais montrer d'une manière sensible
tous ces monstres
qui ravagent
les fonds marins
d'autant plus que
on n'a aucune idée de la résilience
quelle est la résilience
de tous les écosystèmes
qui vivent dans ces fonds
on n'en a aucune idée
alors il y a sûrement
des chercheurs qui travaillent là-dessus
mais en tout cas
ils sont sûrement très isolés
face aux mastodontes
industrielles
si je ne m'abuse
vous ne parlez pas de la pollution plastique ?
non
on ne peut pas tout dire
la pollution plastique
elle est un peu partout
elle n'est pas que dans le Pacifique
il n'y a pas si longtemps
on en a retrouvé
jusque dans les grandes profondeurs
ce qui a beaucoup étonné
ceux qui ont découvert cela
elle descend très profondément
dans tous les organismes
c'est une pollution absolument désastreuse
on l'enoue
on l'ingère
on le retrouve dans les cerveaux des bébés
on le retrouve dans les poissons
à 11 000 mètres de profondeur
cette fragmentation
le plastique se fragmente sous l'effet du soleil
donc ce sont des micro-particules
qu'on va retrouver absolument partout
dans toutes les chaînes alimentaires
dans tous les écosystèmes
comme l'épiphase
les polluants éternels
qui ont été mis en lumière
par Stéphane Aurel
Camille Étienne s'était beaucoup mobilisée
Stéphane Aurel
grande journaliste au monde
elle a fait des enquêtes
incroyables
Camille Étienne a donné aussi de la lumière
aux travaux de Stéphane Aurel notamment
Stéphane Mandart aussi, Stéphane Foucard
3 Stéphanes du journal Le Monde
ils nous ont montré que c'était une contamination
la contamination de nos écosystèmes
est vraiment
totale
on est vraiment dans une pollution universelle
maintenant
c'est vrai qu'on n'a pas que des bonnes nouvelles
mais on peut quand même dire
que l'océan et les grands fonds
sont plus que jamais à protéger parce que
il y a aussi dans l'océan
une nouvelle pharmacopée
qui est là aussi pour nous aider
si on détruit tout
on détruit aussi
des algues
ou des espèces qui
peuvent être
la vie pour nous
notamment les éponges, vous aviez un sujet
qui ouvrait sur les éponges
on se demande ce que c'est que ce truc
les éponges profondes
elles ont des capacités
de résistance à des milieux extrêmes
on a vu qu'il y avait des molécules
qui pouvaient aider sur les traitements
anticancéreux
dès qu'on regarde le vivant, il s'est adapté
depuis des millions, des dizaines
des centaines de millions d'années
et donc évidemment ils ont
tous ces organismes vivants
des tas de choses belles à nous offrir
y compris sous forme de solutions
très utilitaristes pour nos petites personnes
Gaëtan Nocq
vous lirez agir sur les éponges
Oui, les éponges, parce que j'ai représenté
les fameuses éponges de verre sur les plaines abyssales
où il y a les nodules polymétalliques
et je les ai découvertes
en faisant des recherches
et c'est très très beau, c'est un très beau tressage
et puis je pensais aussi
à ces organismes
qui vivent en symbiose aussi
notamment les fameux riftia, les verres de 2 mètres
de haut
qui sont, paraît-il
à l'origine de la vie
autour de ces fameuses sources
hydrothermales assez fantastiques
et en effet là
le monde vivant vit en symbiose
donc on n'est pas forcément dans des rapports de force
finalement
et c'est rassurant
parce que c'est ce qui est à l'origine
de pourquoi on est là
Qu'est-ce qui vous a le plus subjugué peut-être
en faisant cette démarche aussi
cette quête de savoir plus
de comprendre sur quoi
chercher justement ces spécialistes
rencontrés
L'intelligence des poulpes est assez fascinante
est assez fascinante
parce qu'il a un cerveau
central et en même temps il est capable de subdiviser
ses actions avec
des embryons de cerveau qui sont
devant
aux prémices de chacun
de ses bras donc il est capable de déléguer
ce que nous
on n'est pas capable mais on est très centralisé
avec des sous-parties bien sûr
et puis les yeux
les regards, de toute façon le regard des animaux
est fascinant
Vous savez que c'est la journée mondiale du poulpe aujourd'hui
Ah voilà, oui
On a écrit justement une lettre
avec d'autres ONG
au ministre espagnol
Luis Planas
parce qu'il subventionne
avec de l'argent public le développement de fermes
de poulpes, l'animal le plus intelligent
qu'on met dans des boîtes
et dans des concentrations alors que c'est un animal solitaire
on le force à cohabiter avec
beaucoup de congénères, c'est énorme
Il y a énormément de pertes, il paraît-il qu'il y a 20-30%
de pertes mais c'est pas grave, ils sont quand même gagnants
C'est comme le saumon, on est
entre 16 à 25% de mortalité
c'est des millions
de saumons chaque année qui meurent
dans les fermes norvégiennes, enfin vraiment
rendre des services à la planète, arrêter de manger
des saumons et du poulpe
Alors du coup, justement, peut-être
vos rêves
d'un monde plus kantien, Claire Nouvian
l'humanisme, l'harmonie, la paix
Oui, je pense que
c'est vraiment, je pense que ce sont des moments de bascule
Je trouve l'époque
désespérante, elle est dure
pour tout le monde, je pense, les gens qui sont conscients
ceux qui vivent éveillés
ont des moments
où ça flanche un peu
Même s'il y a de beaux engagements
Mais en fait moi
je ne crois qu'à ça, je crois qu'à l'action
C'est pour ça qu'on ne fait qu'agir
tout le temps, on est dans le combat
Il y a beaucoup de jeunes d'ailleurs, la plupart ont moins de 30 ans
Ah oui, très très jeunes
Et beaucoup de chercheurs aussi, des docteurs
ou des personnes issues de grandes écoles
Vous voyez ça quand même, cet engagement-là ?
Oui, clairement, les jeunes
ont besoin d'être dans l'action
et de se dire, c'est leur avenir
qui est quand même mis en péril
Donc c'est une époque aussi intéressante
parce qu'en réalité, les choses bougent
très vite, alors très vite dans le mauvais sens
malheureusement avec le changement climatique
on a perdu la course de vitesse
mais ça bouge du coup très vite dans les mentalités
C'est-à-dire que des idées
ou des concepts qui mettaient
des dizaines d'années à s'établir
aujourd'hui, on critique le capitalisme
ça y est, c'est devenu
quelque chose de courant, on l'a fait à votre micro
Très bonne émission que je conseille
avec Gautier Chapelle et Laurent
Ou avec Corey Saito
en plusieurs émissions
Merci de nous faire la pub !
Avant de se quitter
Gaëtan Nocq, le prochain sujet
vous avez un projet en lien
avec certaines zones
géographiques spécifiques
On va partir en Arctique
du côté du cercle polaire
en Sibérie
et là aussi il y a une histoire d'exploitation
On n'en dit pas plus, on découvrira ça
avec votre travail, merci à tous les deux
Je renvoie sur le site de Bloom
Gaëtan Nocq à découvrir votre album
Octopolis, paru aux éditions
Daniel Magen
et puis aussi l'exposition
de la sélection
des meilleurs dessins
prolongée jusqu'au 18 décembre
On vous retrouve tous les deux
à Courbevoie dans le Festival Atmosphère
qui se tient du 9 au 13 octobre
dédié aux enjeux
aux solutions du développement durable
Vous serez mis à l'honneur
éclairnouvant en marraine
au côté de Swan Harlow
le parrain aussi de cette édition
et à découvrir bien sûr votre exposition
et une autre exposition
Je voudrais renvoyer sur l'exposition permanente
sur les abysses à l'aquarium Nausicaa
le plus grand d'Europe à Boulogne-sur-Mer
Merci à tous
Le site franceculture.fr, rubrique de cause à effet
est là pour répondre à
toutes vos envies