Ceux qu’on qualifie de « héros », à savoir les hommes que notre société établit comme des figures de référence universelles ont considérablement changé de profil au fur et à mesure du temps. Si ces individus sont supposés incarner des modèles quasi indépassables, alors on peut se demander légitimement si l’analyse de ceux-ci ne serait pas une grille de lecture pertinente de l’époque dans laquelle nous vivons. Et c’est ce à quoi j’aimerais vous faire réfléchir dans cette vidéo : Qu’est-ce que le choix de ces héros traduit de notre société et de ce qu’elle souhaite exalter.
Dis-moi quels sont tes héros, je te dirai quelles sont tes valeurs.
Ceux qu'on qualifie de héros, à savoir les hommes que notre société établit comme des figures de référence universelle,
ont considérablement changé de profil au fur et à mesure du temps.
Aujourd'hui, quels sont ceux qui sont qualifiés de héros ?
Quels sont les personnages historiques presque incriticables de la culture occidentale contemporaine ?
Bon, la liste est longue, mais il me semble qu'on pourrait typiquement y retrouver Gandhi ou encore Nelson Mandela,
puisqu'il existe comme une sorte d'auréole incontestable autour d'eux.
Si ces individus sont supposés incarner des modèles quasi indépassables,
alors on peut se demander légitimement si l'analyse de ceux-ci ne serait pas une grille de lecture pertinente de l'époque dans laquelle nous vivons.
Et c'est ce à quoi j'aimerais vous faire réfléchir dans cette vidéo.
Qu'est-ce que le choix de ces héros traduit de notre société et de ce qu'elle souhaite exalter ?
Tout d'abord, un bref rappel historique, Gandhi est un militant politique mondialement connu
à tel point que c'est de lui et pas de Shakespeare qu'on parlait dans mes cours d'anglais au lycée.
Je me souviens d'heures entières consacrées à écouter mon professeur nous exposer la larme à l'œil,
la beauté du combat et le courage de cet homme qui ne voulait que la paix dans le monde.
Mais non, la stratégie de non-violence de Gandhi était bien loin des motivations humanistes qu'on lui prête aujourd'hui.
Elle était même mûrement réfléchie.
S'il avait eu le choix entre la violence et l'échec politique, il aurait eu recours à la violence comme il le dit ici
Bon, ça me semble assez clair, non ?
C'était donc un homme politique qui était loin d'être stupide.
Derrière son discours de la non-violence, il y avait une évidente volonté stratégique.
C'est révélateur d'un nouveau monde où revendiquer d'être le plus faible, le plus méprisé, le plus tyrannisé te fait acquérir le pouvoir.
En se posant ainsi en victime, l'ennemi est perçu comme le bourreau inhumain.
Échec et maths, il le disqualifie moralement.
La cause de l'adversaire n'est plus défendable et la sienne devient éminemment morale.
Gandhi avait simplement un coup d'avance.
Il a anticipé ce qui était en passe de devenir l'idéologie dominante et c'était donc loin d'être une démarche sans fer.
Il avait parfaitement compris le point faible de l'Occident et s'en est servi contre lui.
Pour Nelson Mandela, le phénomène est légèrement différent.
Vous connaissez sûrement le Nelson Mandela qui prône un discours d'égalité, de réconciliation et d'entente entre les différents peuples.
N'oubliez pas que c'est quelqu'un qui a quand même organisé plus de 200 attentats et qu'il a été condamné à la prison à vie
et que pendant son incarcération, il continuait de coordonner les opérations de l'ANC qui ont déchiré l'Afrique du Sud pendant la guerre civile.
Bernard Legor en parle mieux que moi, je vous mets mes sources en description.
On a un message apparent d'égalité sous lequel se cache en réalité celui de la revanche.
Mais c'est la même logique qui est derrière.
Arriver au pouvoir, ne plus être sous la tutelle des blancs et éventuellement les faire payer pour ce qu'ils perçoivent comme de la tyrannie et de l'oppression.
Et pourtant, malgré ces motivations que l'on pourrait qualifier de tout sauf d'humanistes,
Nelson Mandela a reçu le prix Nobel de la paix.
Mais parce que, tout comme Gandhi, il a transformé son discours pour correspondre à l'idéologie émergente la plus influente en Occident,
celle qui héroïse les personnes qui s'enorgueillissent d'être des soumis et pensent que cela leur donne le droit de se venger.
Avec Gandhi et Nelson Mandela, on a l'avènement du héros victime.
On rentre donc très vite dans l'ère de la compétition victimaire et je suis sûre que vous voyez très bien de quoi je parle.
Comparons maintenant ces deux figures héroïques contemporaines à un héros, on va dire, traditionnel.
Instinctivement, quand on pense aux grands hommes de l'histoire, le nom de Napoléon nous vient quand même spontanément à l'esprit.
Parce que ok, Gandhi a fait la grève de la faim et de l'autre côté, on a un Napoléon qui va conquérir l'Europe en 15 ans et refaire de la France la première puissance mondiale.
Qu'est-ce qui saute aux yeux ?
L'empereur n'avait pas peur de faire usage de la force pour servir la cause en laquelle il croyait.
Il est l'incarnation par excellence de la volonté de puissance et du désir de grandeur.
Un vrai héros politique, en gros, ça ressemble plutôt à ça.
Éthique de l'honneur, qualité guerrière, prise de risque, recherche de l'excellence et sens du tragique,
puisque la politique n'est jamais éternelle mais on choisit de se battre tout de même par devoir et nécessité intérieure.
Le héros, en mourant, accède à l'éternité par la mémoire collective et sert d'exemple aux autres.
Pourtant, ce sont des Gandhi et des Nelson Mandela qui exaltent notre société.
Pire, elles cherchent même à enterrer définitivement ces véritables héros.
Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'un mec comme Usul, par exemple, aurait tout intérêt à Cancel Napoléon ?
Tout simplement parce que dans un monde où Napoléon serait le king, Usul ne peut être que le dernier.
Le héros fort ne peut que le ramener à sa propre médiocrité.
Vous savez, quand les règles du jeu font que vous ne pouvez être que le dernier, vous n'avez pas intérêt à y participer.
Par contre, vous avez tout intérêt à changer les règles.
Invoquer de nouveaux héros permet aux faibles de créer une hiérarchie des valeurs et des personnes qui les mettent au sommet.
C'est véritablement la mise en place d'un coup d'état de l'imaginaire européen.
Mais vous en faites pas, il y a de quoi garder espoir, croyez-moi, puisque quand on y regarde de plus près,
ce qui définit le héros politique actuel, c'est surtout qu'il est artificiel.
C'est un outil de propagande, c'est une figure qui n'est pas adulée ou admirée sincèrement par la plupart
et qui ne crée pas une folle inspiration, sauf peut-être à la limite chez mon prof d'anglais au lycée.
En fait, c'est un pur produit marketing de l'idéologie en vogue qui n'est tenu en vie qu'avec l'aide de l'appareil médiatico-culturel.
Tandis que quelqu'un comme Napoléon, malgré l'absence de production culturelle à son effigie,
que ce soit des films, des séries ou des romans à succès sur sa vie,
et bien malgré cela, il reste encore dans l'imaginaire des français le plus illustre homme que ce peuple aura jamais enfanté.
Si demain la propagande sur les faux héros s'arrêtait, vous croyez vraiment que leur fan club resterait aussi important ?
Alors mes amis, pour conclure, je pense que vous avez compris l'importance capitale qu'il y a à se reconnecter au véritable héros,
de redécouvrir des figures emblématiques de notre histoire pour s'y identifier,
pour que leur vie nous serve d'exemple et nous incite à repousser nos limites chaque jour.
Typiquement, on me demande souvent comment je fais pour garder un esprit combatif malgré la censure que je subis sur les réseaux sociaux,
ou comment j'ai pu oser affronter le plateau agressif de Balance Ton Poste.
Vous savez, comme tout le monde, ça m'arrive aussi d'avoir des coups de mou,
et je vous répondrai que dans ces moments-là, je relativise, en pensant par exemple au poli de la guerre de 14,
le courage dont ils ont fait preuve dans les tranchées quand les obus fusaient de toutes parts et tuaient leurs camarades à côté d'eux.
Vous savez, ce que je peux faire à côté, ce n'est finalement pas grand-chose.
Alors, on prend son courage à deux mains et on décide de donner le meilleur de soi-même pour faire honneur à nos idées.
Si ce thème des héros et de l'héroïsme vous a intéressé, j'aimerais le développer davantage sous différents angles dans de futures vidéos,
alors je vais vous donner des devoirs de vacances, lisez l'Iliade et l'Odyssée,
parce que prochainement, nous analyserons le héros classique de la littérature européenne face au super-héros Marvel.
Vous savez que je suis censurée sur de nombreuses plateformes, alors voici les quelques réseaux sociaux qu'il me reste,
mais je sais que je peux compter sur vous pour relayer cette vidéo.
Si elle vous a plu, ainsi qu'à la liker et s'abonner à cette chaîne, vous pouvez également me donner des idées de sujets
que vous aimeriez me voir traiter dans de prochaines vidéos en commentaire.
Et moi, je vous dis à très vite, et courage !