Antoine de Saint-Exupéry écrivait : "On ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux." Le cerveau et l'intelligence sont souvent valorisés et considérés comme les moteurs de la réussite, notamment dans l'entreprise. Or, dans le management, il faut aussi écouter son coeur, qui est force de vie. Tous les mardis, la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) ou les Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC) proposent une réflexion de fond sur le travail et ses défis, à la lumière de l'enseignement social de l'Eglise. Cette semaine, l'éclairage de Nicolas d'Hueppe, porte-parole des EDC. ---------------------------------------------------------------------- KTO ne vit que de votre générosité ! 👉Pour faire un don : https://donner.ktotv.com/LIENYT/ ---------------------------------------------------------------------
Le cœur est puissant.
A titre personnel, j'ai vécu un arrêt cardiaque qui m'a propulsé dans la mort pendant 53 minutes.
Après mon opération du cœur, les médecins m'ont placé dans un coma artificiel
abaissant ma température corporelle à 32 degrés pour endormir tous les organes
et laisser le cœur et le cerveau bénéficier du maximum d'oxygène et d'énergie juste pour survivre.
J'aime penser à cette image qui apporte une puissance symbolique, même extraordinaire.
En effet, à y regarder de plus près, il y en a un qui est plus fort que l'autre,
car il y en a un qui peut vivre sans l'autre.
Et la réciproque n'est pas vraie.
Le cœur est le plus fort.
Pour un monde cartésien comme le nôtre, où le cerveau est tout triomphant,
imaginer avec cette image que le cœur pourrait devenir lui aussi, si on l'y a autorisé, triomphant à son tour,
est une source de joie incroyable.
Nous savons que le cœur est performant, sans l'admettre vraiment.
Par exemple, dans nos entreprises, aux EDC et ailleurs, lorsque nous recrutons,
au bout d'une seconde, notre cœur nous dit oui ou non.
Notre cerveau nous dit non, non, non, tu n'as pas le droit de juger.
Mais inévitablement, au bout de six mois, très souvent, on revient à ce premier ressenti.
Que de temps à économiser.
De même, les bonnes équipes sont des équipes bâties avec le cœur.
Qu'est-ce qu'un bon manager ?
On dépense bien souvent des fortunes pour des consultants RH qui nous expliquent avec des mots compliqués une évidence.
Un bon manager, c'est un manager qui aime ses équipes.
Et ses équipes lui rendant cette attention, ils créent ensemble ce petit truc en plus,
ce supplément d'âme qui apporte la performance nécessaire à nos entreprises.
Osons donc parler d'amour.
Souvenez-vous, pendant les JO, c'est notre équipe de rugby A7 qui n'a pas débuté son tournoi comme voulu.
C'est avec le cœur qu'ils sont allés chercher l'énergie et la confiance qui vont les conduire jusqu'à la médaille d'or.
Ce cœur est tellement puissant qu'aujourd'hui, il peut répondre aux défis de recrutement des jeunes.
Les RH aiment à répéter que les jeunes cherchent du sens.
Sans doute qu'il y a un jugement de valeur derrière cette formule.
Ils cherchent avant tout du cœur, car le cœur est authentique, intense.
Ils ne jouent pas, ils ne trichent pas.
D'ailleurs, lorsque le Christ envoie en mission ses disciples à arpenter les chemins de la Judée ou de la Galilée,
il les invite à parler avec leur cœur, au cœur des gens, être des démoins de la joie.
À aucun moment, il ne parle de cerveau.
En parlant avec son cœur, on touche le cœur de son interlocuteur.
Là aussi, le cœur est puissant.
Nous avons été formés dans des écoles de commerce, d'ingénieurs ou de médecine à être des cerveaux performants,
trop souvent cantonnés à s'exprimer à travers ces outils d'entreprise que sont PowerPoint et Excel.
En réalité, nous avons été atrophiés du cœur, au point de ne plus savoir l'écouter, ni même qualifier nos émotions.
Aujourd'hui, les chrétiens ont la responsabilité de témoigner de cette puissance du cœur,
et leur expérience de vivre avec le cœur.
Car apprendre à vivre avec son cœur, apprendre à lui faire confiance,
c'est une immense source de joie qui conduit à l'amour.
À bientôt pour une prochaine chronique.