Franck, son bonheur est dans la bergerie ! - Météo à la carte
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En Ardèche, Franck est un homme heureux et a trouvé le bonheur dans sa bergerie. Cet éleveur de chèvres produit une vingtaine de fromages différents ! Et avec l’arrivée des beaux jours, son quotidien est rythmé par les naissances…
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Plongés aujourd'hui dans le quotidien de Franck, 46 ans, éleveur fromager en Ardèche.
Ça te coiffe aujourd'hui ?
C'est un magnifique vent du midi qui annonce la pluie en espérant que ce soit vrai et que ça fasse pousser l'herbe du printemps.
On n'aime pas ce vent, ça nous tourne dans tous les sens.
Ça va décorner les chèvres mais elles n'ont pas de cornes donc ça va.
Les chèvres ont passé tout l'hiver à l'intérieur.
Alors ce matin, le vent ne les empêchera pas de profiter de leur première sortie de la saison.
Les chèvres se dégourdissent, ça fait plaisir à tout le monde.
Les chèvres, le chien et l'éleveur.
On dit que le vent du sud fait tomber les fruits mûrs, ça pousse les mises bas qui sont prêtes.
À partir du mois de février, la saison des mises bas commence.
Une période chargée de stress et d'émotions pour notre éleveur.
Allô ma biquette ?
Et bien voilà, une jolie petite fille.
Le deuxième arrive, je le vois.
Ça sera un mâle celui-là.
Pousse encore un peu.
Alors on va voir si mes pronostics sont bons.
Et c'est un...
Et non c'est encore une femelle.
Impeccable.
Une mise bas sans difficulté en plus.
Parfait.
Merci la biquette.
Soulagement pour Franck.
Car ces chèvres, ce sont toute sa vie.
Elles lui permettent de la gagner, mais elles font aussi partie de son histoire.
Allez biquette, serrez-vous un peu.
Il est la cinquième génération d'éleveurs de sa famille.
Un agriculteur engagé qui, comme ses aïeux, travaille en respectant la saisonnalité de ses animaux.
Mon mode d'élevage, j'en suis convaincu.
Actuellement on est dans un système où on trouve de tout à tout moment.
Il faut aussi que les gens leur rappellent les bases de la nature.
Et la nature est vraiment bien faite.
En automne, la chèvre broute les feuilles mortes contenant une enzyme qui provoque ses chaleurs.
En hiver, elle est donc gestante.
Le petit peut pousser au chaud.
Elle met en fin bas au printemps, la saison où l'herbe est la plus abondante et lui permet de nourrir ses chevraux.
Donc nous on garde le même cycle, on ne désaisonne pas.
Je n'ai pas de fromage au mois de janvier et février parce que je préfère qu'elle fasse du lait au moment où il y a l'herbe qui pousse et où il y a la pâture.
Et on recommence la campagne des fromages à ce moment-là et à traire deux fois par jour.
Sortie de traite comme ça, je ne peux pas être plus frais.
Le lait de chèvre est plus digeste par rapport au lait de vache.
Il y a moins de lactose dans le lait de chèvre que dans le lait de vache.
Il y a aussi sa composition en bêtacarotène qui est moins importante.
C'est pour ça que le fromage de chèvre est toujours plus blanc qu'un fromage de vache.
Avec le lait, denrée saisonnière, Franck pourra fabriquer jusqu'à l'automne une vingtaine de variétés de fromages.
On a vu sur le Mont-Blanc, cadre idyllique pour travailler quand même.
Donc on ne va pas se plaindre.
Lauriane est l'employée de Franck depuis un an.
Elle a trouvé l'hiver qui était un peu long.
On n'avait pas beaucoup de fabrication à faire.
Du coup, le printemps revient.
Sans sourire aussi.
Donc en ce moment, puisque c'est le début de lactation, comme le lait est très riche,
on a besoin de moins de lait pour faire chaque fromage.
À l'inverse de l'été, on fait moins de fromage avec le même nombre de litrages.
Pour que, vis-à-vis du client, que le fromage ait toujours la même taille.
On ne peut pas lui dire au printemps, t'as un gros fromage et en été, t'as un petit fromage.
Mais c'est toujours le même prix.
Pour vendre ses fromages, Franck a fait le choix du circuit court.
Il y a 20 ans, il a créé, avec d'autres exploitants de la région, un magasin de producteurs.
Une manière de rester indépendant des réseaux de grande distribution.
L'intérêt, c'est de réduire les frais qu'il y a entre le producteur et le consommateur.
Donc, il n'y a pas d'intermédiaires.
Et vous pouvez toujours trouver dans ces magasins-là un producteur qui est à la vente.
Donc, ça permet d'échanger vraiment directement sur nos modes de production de chacun.
C'est des produits, je pense, plus naturels, directement achetés au producteur, justement.
Donc, je préfère.
Pour notre éleveur, ce magasin est capital.
Il représente 60% de ses revenus.
Il ne faut jamais poser les heures sur un papier parce que sinon, on arrête tout de suite.
Il ne faut pas le ramener à l'heure, on va le ramener au mois.
Sur le mois, je vide mon métier.
Les journées sont longues, mais Franck s'accorde toujours un moment en famille pour le déjeuner.
Au menu, une spécialité locale à base de chèvres frais.
Sel, poivre, huile, vinaigre, ail.
Ce qu'on appelle chez nous tomate salade.
Et ça, chez nous, c'était mangé très régulièrement sur un pain de seigle.
Ça a l'air bon, dis donc.
Bon appétit à tous.
Il y a tout le monde.
On est au grand complet.
Les chèvres, avec les parents.
Mon père, il est toujours avec moi.
On a toujours travaillé ensemble.
J'ai l'impression que je suis toujours petit.
Je ne peux pas rester sans rien faire.
La preuve, vous voyez, je continue.
Bien qu'à la retraite depuis 15 ans, Joseph, le père de Franck, vient tous les jours donner un coup de main.
Alors, mes biquettes, c'est très affectueux et elles sont très dociles.
Et elles sont toujours en train d'être cajolées.
À son époque, Joseph n'élevait pas seulement des chèvres.
C'est son fils qui a spécialisé la ferme dans cette activité.
On vivait de ses propres produits.
On achetait très peu de choses.
On produisait aussi bien la viande, le lait, le fromage, les oeufs.
Et on ne pensait pas que le fils, à cet âge-là, qui était jeune, il serait intéressé.
Et il a pris le relais en 96.
Quand on a créé quelque chose qui a une continuité, c'est la plus grande chance, le plus grand bonheur d'avoir ça.
La transmission, un bonheur que Franck aimerait vivre à son tour.
Si t'arrives à le faire boire, t'es meilleur que moi.
Mais a priori, sa fille Agathe, 12 ans, ne semble pas prête au même sacrifice que son père.
C'est des petits moments sympas, ça.
J'aime bien les chèvres, je trouve ça mignon.
En fait, je viens souvent, mais je ne sais pas ce qui m'attire le plus.
Je me vois, c'est fatiguant. J'essaye d'être chaude, il y a beaucoup de travail à faire.
Les moments en famille sont quand même un peu plus restreints qu'avec d'autres métiers.
Un métier comme ça, il faut l'aimer.
Je ne vais pas l'imposer à lui dire, j'ai fait ça, mon père faisait ça, mon grand-père faisait ça.
Je ne veux pas absolument chercher la 6e génération.
Il y aura ou il n'y aura pas, et puis voilà.
On verra demain ce qu'il en est.
