Abonnez-vous à la chaîne ! https://bit.ly/47Vhx2q Viande : qu'est-ce que nous mettons dans nos assiettes ? - C'est pas sorcier
Fred et Jamy nous offrent un petit éclaircissement sur la viande que nous mangeons. Ils se sont rendus dans un élevage afin de nous expliquer quelles races de viande bovine nous consommons et de quelle manière on les soigne et on les nourrit. Ils nous expliquent ensuite tout ce qui passe de l'abattoir jusqu'à la distribution et s'arrêtent sur les contrôles vétérinaires qui sont effectués à chacune de ces étapes. Quels types de vaches mangeons-nous ? Qu'est-ce que la maladie de la vache folle ? Pourquoi l'Union Européenne a-t-elle levé l'embargo sur la viande d'origine anglaise ? De quelles informations le consommateur dispose-t-il quand il achète de la viande ? Que signifient les labels des poulets ?
« C’est pas sorcier », le magazine de la science et de la découverte présenté par Fred, Jamy et Sabine. A bord de leur camion laboratoire, les trois présentateurs nous emmènent vers des sites insolites et spectaculaires pour nous expliquer le monde qui nous entoure.
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Mon pote au feu, tu vas m'en donner des nouvelles.
Et mon rôti de bœuf piqué à l'ail, tu vas voir ça.
Eh Sabine, viens manger un bout de viande avec nous.
Ah non merci, moi je suis végétarienne, je vais acheter des légumes.
En plus, votre viande, je suis sûre que vous savez même pas d'où elle vient.
Eh, elle a peut-être pas tort.
C'est vrai. D'où est bien la viande qu'on mange ?
On va aller faire un tour en Bretagne.
Il y a plein d'élevages là-bas.
Allez, roule ma poule.
Et pas comme un cochon.
Oh bah dis donc Jamy, regarde, c'est génial, on arrive le jour de la livraison.
Viens voir.
Belle pièce de bœuf, hein.
Ça, ça doit être la partie arrière.
Il y a au moins 100 kilos de viande là-dessus.
Bonjour Monsieur Ledru.
Pardon.
Bonjour Fred.
Elle me plaît bien votre viande là, vous pouvez me dire d'où elle vient ?
Evidemment. Nous avons donc la fiche d'identification sur le quartier,
le nom de l'éleveur, la localité, Ambon dans le Morbihan,
le nom du distributeur, le numéro d'identification à dix chiffres,
la date d'abattage et la date de naissance.
Ça c'est une étiquette qui est mise par l'abattoir.
Par l'abattoir agréé.
Alors quand vous taillez votre morceau là, comment vous reconnaissez après la viande ?
Pas de problème.
Vous voyez, nous avons donc ici un tourniquet avec la demi-carcasse précédente
et donc bien sûr nous raccrochons notre étiquette sur la carcasse.
Et tout ça c'est la même bête ?
Tout ça c'est la même bête.
Ça me plaît bien ça.
Pas mal en effet.
Mais tu sais que pendant longtemps, le beefsteak a été un luxe.
Autrefois, on en mangeait beaucoup moins qu'aujourd'hui.
Pour construire notre squelette et faire fonctionner notre organisme,
nous avons besoin de protéines animales, mais pas trop.
En moyenne, nous devrions consommer 150 grammes de viande ou de poisson par jour.
Mais à partir des années 60, la consommation de viande a augmenté dans les pays développés.
Donc, pour produire plus de beefsteak, on a développé un élevage intensif
et sélectionné les meilleures races à viande.
Et celui-là, c'est une star !
Mais alors attends Jamy.
Entre l'Agenis, le Torillon, la vache, la vache de réforme, le bœuf,
je suis complètement perdu moi.
Qu'est-ce qu'on mange ?
On va pas en faire un plat.
L'histoire d'un steak commence toujours à la campagne, à la ferme,
chez un producteur de lait ou chez un éleveur.
Chez l'éleveur d'abord.
La vache donne naissance à des veaux.
Alors ou le veau grandit à la ferme,
ou bien il est vendu à un engraisseur chez qui il va grandir.
Mais qu'il grandisse à la ferme ou chez l'engraisseur,
une fois adulte, l'animal est vendu à l'abattoir.
Si c'est un mâle, c'est ce qu'on appelle un Torillon.
Si c'est une femelle, c'est une Génis.
En tout cas, ces deux animaux vont donner de la viande de bœuf.
Les veaux naissent également chez les producteurs de lait.
En effet, pour produire du lait, une vache doit donner naissance à un veau.
En règle générale, les veaux partent chez l'engraisseur où ils grandissent.
Et une fois adultes, ils sont également vendus à l'abattoir
pour produire de la viande de bœuf.
Mais ce ne sont pas les seuls animaux dont on fait de la viande.
Les vaches, devenues trop vieilles pour donner naissance à des veaux
ou pour produire du lait, sont également vendues à l'abattoir.
Ce sont ce qu'on appelle des animaux de réforme.
De toute façon, la viande finit toujours sur l'étal du boucher,
chez un artisan ou dans les rayons d'une grande surface.
Hé, Jamy ! Viens voir !
Ici, ce ne sont pas des vaches laitières.
Ce sont des limousines, une belle race à viande.
Mais attention !
Celles-ci ne sont pas destinées à être mangées, du moins pas tout de suite.
Ce sont des vaches de reproduction.
C'est-à-dire qu'elles sont là uniquement pour donner naissance à des veaux.
En général, chaque année, une vache a un veau.
Et ce sont eux qui finiront dans notre assiette quand ils seront plus grands.
Hé oui !
Alors, dès la naissance, tous ces veaux sont identifiés.
Vous avez remarqué qu'on leur met des sortes de boucles d'oreilles
sur lesquelles il y a un numéro qui ne les quittera plus jusqu'à la fin de leur jour.
Et mieux que ça encore, aujourd'hui, il existe un passeport pour tous ces animaux.
Monsieur Alanique, vous avez les papiers ?
En effet, voici.
L'animal porte la boucle de travail 2042.
Celle-ci, oui.
Celle-ci.
Le code pays, donc la France.
Le numéro national a 10 chiffres avec en tête le département.
Le sexe de l'animal.
La race.
Sa date de naissance.
D'accord.
Et c'est quoi le papier vert ?
Alors, ce document vert atteste du bon état sanitaire de l'élevage.
Donc cet animal peut aller soit à l'abattoir, soit faire un reproducteur.
Et s'il y a un problème dans l'élevage ?
Ce document vert, bien sûr, est supprimé.
Ah d'accord.
Voilà.
Donc là, on peut voir s'il y a un problème dans l'élevage.
Bien sûr.
Alors encore mieux, au dos, on a vraiment le livret de famille.
Qui indique le nom de l'animal, toujours.
Son numéro a 10 chiffres.
Et aussi son père.
Le nom du père.
Sa mère.
Sa date de sortie, quand il quittera l'exploitation.
Et la signature de l'éleveur.
Donc s'il y a un problème de maladie, comme ça on peut remonter toute la famille.
Toute la généalogie.
Ici, la vie est plutôt belle pour les veaux.
Pendant 9 mois, ils sont allaités par leur mère.
Ils vont aussi au pré.
Puis on leur donne des compléments alimentaires, l'hiver surtout.
Alors, qu'est-ce que c'est ça ?
Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ?
C'est du maïs, dans lequel j'ai incorporé de la luzerne, sous forme de bouchon.
Et en plus, un complément minéralisé, comportant du phosphore, du calcium et des vitamines.
Ces vaches-là, ce sont des limousines, qui produisent une viande très réputée.
Tout comme le charolais, élevé surtout dans le centre de la France.
D'autres, comme les salerses, sont plus rustiques.
Il existe comme ça une vingtaine de races, adaptées à chaque région, en fonction du relief et du climat.
Toutes ces races à viande sont élevées en plein air et nourries principalement à l'herbe.
Mais elles ne fournissent qu'une partie de la viande que l'on consomme en France.
La grande majorité des beefsteaks vendus en grande surface provient de vaches laitières réformées.
Tu sais, Jamy, que les veaux que l'on a vus tout à l'heure vont complètement changer de vie vers l'âge de 9 mois.
Enfin, uniquement les mâles.
C'est-à-dire qu'ils quittent leur mère et ils sont mis en pension ici, chez un agresseur, pour gagner rapidement des kilos.
C'est-à-dire que quand ils arrivent vers 9 mois, ils font environ 270 kilos.
Et à l'âge de 18 mois, ils font déjà 700 kilos.
Et là, ils sont prêts à partir pour l'abattoir.
Et voilà, petit veau est devenu grand torillon.
309 kilos.
Bonjour, monsieur Geoffroy. Vous les pesez régulièrement, vos bêtes ?
Tous les deux mois, environ.
Et alors, ça prend beaucoup de poids par jour ?
Par jour, 1300 à 1400 grammes de poids par jour.
Un kilo quatre, mais qu'est-ce que vous leur donnez à manger ?
Une nourriture équilibrée.
Et si on les mettait au pré, grossiraient-ils moins vite ?
Je pense qu'elles grossiraient moitié moins vite. 700 à 800 grammes par jour.
Moitié moins vite si elles étaient au pré ?
Oui, tout à fait.
Et plus vite elles grossissent, plus vite on peut les vendre.
Alors, que trouve-t-on dans cette fameuse alimentation équilibrée ?
Eh bien d'abord, du maïs, essentiellement du maïs.
Ça représente à peu près 80% de la nourriture.
Et on y ajoute des compléments, regardez.
Monsieur Geoffroy, qu'est-ce qu'il y a dans ces compléments ?
Donc cet aliment, c'est un aliment de source protéique, 100% végétal,
constituant donc tourteau de soja, de tournesol et de colza.
D'accord, donc tout ça, c'est du 100% végétal ?
Tout à fait.
Bon, on va leur donner à manger ?
On y va.
Alors tu sais, Jamy, qu'il y a quelques années,
on pouvait aussi donner aux bevins des farines d'origine animale,
mais maintenant, c'est complètement interdit à cause de la maladie de la vache folle.
La vache folle, ça te dit quelque chose, ça ?
Malheureusement, oui. Cette maladie est provoquée par un prion.
Qu'est-ce que c'est que ce truc ?
Eh bien, c'est une protéine.
Autrement dit, un assemblage de molécules qui se glissent dans le cerveau des bovins
et qui, avec le temps, finit par le détruire.
Le cerveau de la vache finit par ressembler à un morceau de gruyère.
L'animal ne contrôle plus ses mouvements et il devient fou.
Alors, d'où sort ce prion ?
Eh bien, pendant des années,
les déchets d'abattoirs et les carcasses d'animaux morts par accident ou de maladie
étaient détruits, broyés, chauffés, transformés en farines.
Des farines extrêmement riches en protéines
qui étaient ensuite incorporées à certains aliments destinés aux bétails et aux volailles.
Seulement dans les années 80,
les fabricants anglais ont changé le processus de fabrication.
Ils ont moins chauffé.
Eh bien, les scientifiques pensent que le prion est apparu à ce moment-là
dans les farines d'origine animale.
Et comme ces farines étaient incorporées à l'alimentation pour le bétail,
ils sont quasiment sûrs que ces farines ont servi de vecteur pour contaminer les troupeaux.
Mais le plus grave, c'est qu'en Angleterre,
au moment où de plus en plus d'animaux étaient touchés par cette maladie,
eh bien, des êtres humains ont été touchés par une nouvelle maladie
proche de la maladie de Crossfeld-Jacob,
dont les effets sont quasiment les mêmes que ceux de la maladie de la vache folle.
Le cerveau humain est détruit, il finit par ressembler à une éponge.
Doucement !
Si cette maladie se transmet en mangeant du bœuf,
ce n'est pas en mangeant n'importe quel morceau.
Le prion se concentre dans certaines parties de l'animal,
dans le cerveau, quand l'animal est adulte.
La moelle épinière, les ganglions, les amygdales et les yeux.
En revanche, aucune trace de prion dans les muscles.
Autrement dit, pas de trace de prion dans le beefsteak.
Voilà pourquoi, aujourd'hui, tous ces abats à risque sont écartés,
ils sont brûlés et ils n'entrent plus dans la fabrication de farines d'origine animale.
La maladie de la vache folle s'est développée dans tous les pays d'Europe
qui importaient des farines anglaises ou qui les fabriquaient selon le même procédé.
Ces farines de viande étaient surtout destinées aux vaches laitières
qui ont besoin de beaucoup de protéines pour produire beaucoup de lait.
Pour tenter de stopper cette épidémie,
la Grande-Bretagne interdit en 1988 l'alimentation des bovins avec ces farines.
Elles seront interdites en France deux ans plus tard.
Mais des stocks de farines ont sans doute été écoulés pendant quelques années.
Autre mesure, en France, dès qu'un cas de vache folle apparaît dans un élevage,
on abat et on incinère tout le troupeau.
En Angleterre, on abat en général uniquement la bête malade.
En 1996, les Anglais admettent que cette maladie peut se transmettre à l'homme
et qu'elle a déjà fait au moins dix victimes.
L'Union européenne décrète alors l'embargo contre la viande et le cheptel britannique.
C'est en Grande-Bretagne que l'élevage bovin a été le plus touché.
Au plus fort de l'épidémie, en 1992, il y a eu presque 37 000 cas de vache folle.
Mais les Anglais ont pris des mesures et ce nombre a régulièrement diminué.
Du coup, l'Union européenne a décidé de lever l'embargo.
Donc en principe, Jamy, on peut penser qu'il n'y a plus de problème.
Effectivement, les autorités anglaises ont pris un certain nombre de mesures.
En 1988, par exemple, l'usage des farines d'origine animale a été interdit
dans la fabrication d'aliments pour les bovins.
Et en 1996, cette mesure a été étendue à tous les animaux.
Mais ce n'est pas tout.
Aujourd'hui, les bovins font l'objet d'une surveillance très étroite.
Concrètement, quand une vache donne naissance à un veau,
eh bien pendant les six premiers mois de la vie du veau, elle est suivie de très près.
Si toutefois, elle développe la maladie de la vache folle,
elle est abattue et brûlée, mais son veau également.
En effet, on estime qu'au moment de la naissance du veau,
la vache était en phase terminale et qu'elle a probablement transmis la maladie à son veau.
Si en revanche, la mère est saine,
eh bien au bout de six mois, le petit est consommable.
Mais attention, il devra être abattu avant l'âge de 30 mois.
En effet, les scientifiques se sont aperçus que la plupart des animaux
qui développaient cette maladie étaient âgés de plus de 30 mois.
Malgré toutes ces mesures, eh bien en 1999,
il y a quand même eu plus de 2000 cas de vache folle en Angleterre.
Les Britanniques estiment que ces mesures sont suffisantes
et ils continuent à manger leur viande.
Mais la France ainsi que l'Allemagne refusent toujours d'importer de la viande anglaise
car ils estiment que tous les risques ne sont pas écartés.
Il y a encore de nombreuses interrogations.
Comment expliquer les nouveaux cas de vache folle apparus même en France
après l'interdiction des farines animales ?
Il y a peut-être d'autres modes de contamination que l'on ignore encore.
Et puis, certaines vaches ont pu manger des farines de viande qui ne leur étaient pas destinées.
Ces farines sont toujours utilisées pour les volailles et pour les porcs
car chez ces animaux, on n'a jamais observé ce type de maladie.
Pour éviter ce risque de contamination, depuis 1996,
les fabricants d'aliments pour animaux doivent bien séparer les productions
destinées aux volailles et porcs de celles destinées aux bovins.
De plus, grâce à de nouveaux tests,
on peut maintenant traquer le prion dans les abattoirs avant la commercialisation.
Ils permettront d'éliminer les animaux contaminés
qui n'avaient pas encore développé les symptômes de la maladie de la vache folle.
On espère ainsi en venir à bout.
Mais en ce qui concerne l'épidémie chez l'homme,
les scientifiques ignorent encore quelle sera son ampleur.
Bonjour Monsieur Simon.
Bonjour.
Alors, quel moyen vous avez aujourd'hui pour pouvoir dépister une maladie de la vache folle dans un élevage ?
Pour l'instant, je pense que le dépistage repose essentiellement sur l'observation des animaux.
Il y a un observateur attentif qui est l'éleveur,
qui voit ces animaux tous les jours, qui vit pratiquement avec.
Je pense que c'est lui la première personne qui sera en mesure d'essayer des symptômes nerveux.
Voir les réactions de l'animal.
Un comportement anormal.
Qu'est-ce que vous êtes en train de faire là ?
Je suis en train de faire des prélèvements sur le dos de l'animal.
Je prélève une grosse touffe de poils,
qui va nous servir par un système d'analyse relativement sophistiqué
à déterminer quels ont été les produits que l'animal a pu se voir administrer pendant les derniers mois.
Vous voulez parler d'hormones, par exemple ?
Par exemple, des hormones ou d'autres substances qui servent de facteur de croissance
et qui sont interdites en élevage.
C'est complètement interdit depuis 1988, ça ?
1988, oui.
Alors, ces produits-là, ça permet quoi aux bêtes de grossir beaucoup plus vite ?
Ça permet d'avoir une croissance plus rapide des animaux,
d'avoir une qualité de viande un petit peu différente et d'avoir un bénéfice supérieur.
En investissant moins d'aliments et en gagnant du temps sur leur croissance.
Et le risque, il est au niveau alimentaire, pour nous ?
Le risque, d'abord, ce sont des produits qui ne sont pas neutres.
S'ils arrivent à provoquer une modification sur l'animal,
on ne peut pas dire qu'il n'y ait jamais d'effet sur le consommateur.
Et puis ensuite, c'est pas quelque chose de très naturel,
alors ça va complètement à l'encontre de ce que recherchent les gens maintenant.
Cette pratique, qui ressemble à du dopage, est devenue plutôt rare en France
et elle peut coûter très cher aux fraudeurs.
Jusqu'à 4 ans de prison et 500 000 francs d'amende.
En revanche, aux Etats-Unis, plus de 70% du bétail serait traité avec des hormones de croissance.
Les Américains considèrent que les doses sont minimes
et qu'il n'y a aucun risque pour le consommateur.
Et cela ne les empêche pas de faire de somptueux barbecues.
Mais cette viande est interdite en Europe.
Car les scientifiques estiment qu'il peut y avoir des risques de cancer digestif
si l'on en consomme beaucoup.
Hé, Jamy, viens voir !
J'ai deux limousines qui sont âgées de 4 et 5 ans,
qui sont plus très performantes pour la reproduction,
mais en revanche, qui sont bonnes à manger.
Il faut les emmener à l'abattoir !
Tu veux pas leur dire, toi ? J'ose pas, moi, hein !
Oh bah non, tu te débrouilles, hein ! C'est toi qui les connais !
Ah bah je te remercie ! C'est toujours moi qui fais le sale boulot !
Bon bah j'y vais !
Alors vous allez voir que dans les abattoirs, les contrôles, il y en a beaucoup.
Le premier consiste à vérifier le numéro qui est sur l'oreille,
voir s'il correspond bien au numéro du passeport et au numéro d'attestation sanitaire.
Si c'est pas le cas, on va mettre la vache en attente et on va faire des recherches sur les papiers.
Si c'est le cas, la vache va pouvoir rentrer dans l'abattoir,
mais avant, on va lui attribuer un identifiant,
c'est-à-dire un code barre sur lequel on retrouvera toutes les informations concernant la bête.
Dis donc, Jamy, j'ai l'impression que Marguerite, elle va partir pour l'abattoir !
Oh non ! Pas Marguerite !
Mais qu'est-ce que je peux faire ?
Trouve une idée !
Mais quoi ?
Bah je sais pas, moi ! Change les papiers !
Ou tiens, tu l'achètes !
Ok, Jamy, je l'ai racheté, mais je te préviens, tu t'en occupes, hein !
Marcel, t'aimes bien les Marguerites ?
En tout cas, on a eu de la chance, hein !
Ça n'arrive jamais ! Aucune bête ne sort vivante de l'abattoir une fois qu'elle y est entrée.
Désolé, Jamy, mais j'ai pas pu sauver tout le monde, hein !
Bon alors, une fois que la bête a été abattue, dépecée et vidée de ses viscères,
on récupère les abats.
Vous savez, ça se mange, les abats, par exemple, le cœur et le foie.
Et là, les services vétérinaires vont faire des contrôles en faisant des incisions
pour voir s'il n'y a pas de maladie ou de parasite.
Les carcasses, elles, elles sont coupées en deux,
et là, on va enlever toutes les parties à risque liées à la maladie de la vache folle,
c'est-à-dire la moelle épinière, on la voit très bien, là, la moelle épinière.
On va enlever aussi le crâne et les amygdales, et tout ça, on va l'incinérer.
Enfin, on inspecte la carcasse, on regarde s'il n'y a pas de lésions,
et si tout va bien, on peut mettre l'estampille sanitaire.
Bon pour la consommation !
Et à ce stade, la carcasse est parfaitement identifiable,
pour une raison très simple, regardez, c'est que le code barre n'a jamais quitté la bête.
Sur ce code barre, tu sais, il y a toutes les informations qui figurent sur le passeport depuis la naissance.
Et alors, comme maintenant, on va pouvoir découper la carcasse,
et bien, on va mettre des codes barres sur chaque quartier.
Une fois l'animal abattu, la viande ne se retrouve pas immédiatement sur l'étal du boucher.
Il faut respecter un certain délai, il ne faut pas aller trop vite.
Alors, au bout de combien de temps un boucher peut-il nous vendre, disons, une bonne entrecôte bien tendre ?
Eh bien, reprenons l'histoire de notre entrecôte.
À J0, l'animal est abattu.
Pendant les 48 heures qui suivent, on ne touche pas à la carcasse, on la laisse reposer, refroidir.
À J2, la viande est désaussée, c'est-à-dire découpée en quartiers.
Mais c'est encore trop tôt pour que le boucher nous la vende.
Pour obtenir une viande bien tendre, eh bien, il faut la laisser reposer 4 à 5 jours,
soit à l'abattoir, soit chez le boucher.
Et finalement, à J7, le boucher commence à nous vendre la viande.
Il va le faire pendant encore 4 à 5 jours.
Si bien qu'à J12, 12 jours après l'abattage, eh bien, il peut encore nous vendre une bonne entrecôte.
Dans les grandes surfaces, ce délai peut être plus court car on cherche à écouler la viande le plus vite possible.
Mais à tout moment, les services vétérinaires peuvent effectuer des contrôles sanitaires.
Au niveau des aliments, on va vérifier qu'ils soient à bonne température,
que les dates, les étiquettes et les dates limites de consommation soient bien respectées
et assurer aussi la traçabilité des différents aliments.
Alors, en cas d'infraction, que se passe-t-il vraiment ?
En cas de constat d'anomalie ou d'infraction, par exemple, une date périmée,
on appelle le chef de rayon pour le faire retirer immédiatement et on le signale sur un rapport de visite.
Ces contrôles ont lieu une à deux fois par an, en général pendant les fêtes de fin d'année et les vacances.
Et si les infractions se renouvellent, les inspecteurs vétérinaires peuvent saisir la justice.
Eh Jamy, on ne mange pas que du bœuf, on mange aussi des volailles.
Regarde, il n'est pas mignon mon poulet ?
Tu sais qu'en fonction des élevages, ils ne mangent pas tous la même chose.
C'est d'ailleurs pour ça qu'il y a différents labels.
Effectivement, on trouve de tout chez les poulets.
Il n'y a qu'à lire les étiquettes, une vache n'y retrouverait pas son goût.
Alors dans les grandes lignes.
D'abord, il y a le poulet standard.
Ces poulets vivent les uns sur les autres, une vingtaine par mètre carré dans des bâtiments fermés.
Ils ne vivent pas longtemps, 41 jours, et leur alimentation est constituée à 60-70% de céréales,
30% de totaux de céréales, c'est-à-dire des céréales auxquelles on a retiré l'huile,
et éventuellement 5% de farine d'origine animale.
Dans l'aliment, il peut également y avoir des antibiotiques, même si les animaux ne sont pas malades.
Ensuite, les poulets certifiés conformes.
Ils vivent également dans des bâtiments fermés, mais moins tassés, de 15 à 18 par mètre carré.
Ils ne vivent plus longtemps, entre 56 et 83 jours.
Leur alimentation est constituée de céréales et de tourteaux.
Pas de farine d'origine animale et pas d'antibiotiques s'ils ne sont pas malades.
Les poulets labels. Là, on change de décor.
À partir de 6 semaines, ils peuvent mettre le bec dehors.
Et attention, ils ont droit à 2 mètres carrés par individu.
Ils vivent plus longtemps, aux alentours de 81 jours, et leur alimentation est constituée de tourteaux et de céréales.
Les poulets biologiques vivent beaucoup plus longtemps, 91 jours.
Et eux, ils ont droit à 2 mètres 50 par individu.
Leur alimentation, céréales, certifiées, sans OGM, sans organismes génétiquement modifiés.
Et ils ont également le droit à 3% de farine de poisson.
Et puis enfin, les poulets d'appellation d'origine contrôlée.
Il n'y en a pas des tonnes, le poulet de Brest uniquement.
Alors là, c'est le grand luxe. 10 mètres carrés par poulet quand ils sont dehors.
Ils vivent 120 jours quant à leur alimentation, des céréales produites uniquement dans la région d'élevage.
Tu veux savoir à quoi ça ressemble un élevage industriel, Jamy ?
Eh bien regarde, ici, il y a 25 000 poulets.
Ils grossissent très vite. En l'espace de 40 jours, ils passent de 40 grammes à 2 kilos.
Il faut dire qu'ils n'arrêtent pas de manger.
C'est exactement comme si nous mangeions 20 kilos de nourriture par jour.
Alors le problème quand même de ce genre d'élevage, c'est que lorsqu'un seul poulet est malade,
il risque de contaminer toute la colonie.
Donc dans ce cas-là, on a le droit de leur donner des antibiotiques.
Les antibiotiques ont sur les poulets le même effet que sur les hommes.
Ils permettent de guérir.
Mais ils permettent aussi aux poulets de grossir plus rapidement.
En effet, les antibiotiques s'attaquent aux bactéries responsables de la maladie.
Mais ce n'est pas tout.
Ils s'attaquent également à des bactéries qui se trouvent naturellement dans l'organisme des poulets,
dans l'appareil digestif par exemple.
Ces bactéries vivent au crochet de l'animal en absorbant une partie de sa nourriture.
Si ces bactéries disparaissent, alors l'animal dispose d'une plus grande quantité de nourriture
et fatalement, il grossit plus vite.
Mais 8 jours avant l'abattage, interdit de donner des antibiotiques aux animaux
pour éviter qu'on en retrouve dans la viande.
Le problème des antibiotiques, c'est qu'ils n'éliminent jamais toutes les mauvaises bactéries.
Certaines deviennent alors résistantes et peuvent transmettre cette résistance à d'autres bactéries
responsables de maladies humaines qu'on a de plus en plus de mal à soigner.
L'Union Européenne veut donc limiter l'utilisation des antibiotiques dans l'alimentation animale.
T'as tort Sabine ! C'est drôlement bon ! Regarde ça Jamy ! J'ai ramené une belle côte de bœuf !
Alors celle-ci, on sait d'où elle vient !
Bon allez Sabine, tu manges un petit morceau de viande avec nous ?
Ah non, moi j'ai tout ce qu'il faut pour me faire une petite salade.
Dis donc Jamy, tu la reconnais cette tomate là ?
Bah oui, elle vient des Etats-Unis.
Elle est transgénique !
Et le maïs là, il y en a un autre ! Parfumé aux OGM !
T'es sûre que tu veux pas un petit bout de viande ?
Bon bah un petit bout alors !