Au tableau, Ali Saïb ! Qu’est-ce qu’un virus ?

Le Blob
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14 Vues de vidéo·1 nov. 2024
De quoi les virus sont-ils constitués ? Armé de ses feutres et de son tableau blanc, le virologue Ali Saïb nous en dévoile les mystères.
Un épisode de la série "Ali Saïb au tableau : les virus".
Réalisation : Roland Cros
Production : Universcience 2010
Dans les années 80, j'étais au lycée, et on entendait pour la première fois parler d'une maladie, le sida,
qui était due à un virus, et plus particulièrement à un rétrovirus.
Et là, pour la première fois, je me suis posé la question de savoir ce qu'était qu'un virus.
On va tenter de répondre à cette question.
Donc un virus, aujourd'hui, on considère le virus comme une entité particulière.
Avant de rentrer dans les détails de ce que peut être un virus, arrêtons-nous quelques instants sur le mot virus.
Le mot virus vient du latin qui veut dire poison.
Donc d'emblée, on a un a priori vis-à-vis des virus et vis-à-vis de ces entités biologiques.
Poison, négatif, néfaste.
Donc on part du principe qu'un virus est néfaste.
Essayons d'aller plus loin dans la définition.
Donc le virus est aujourd'hui une entité particulière.
Pourquoi ? C'est une particule.
Et on est à l'échelle du nanomonde.
Un virus a une taille allant de 50 nanomètres à 400 nanomètres.
Donc si on pouvait avoir une analogie, si on pouvait représenter le virus comme un ballon tel que vous voyez ici,
l'organisme, le corps humain, représenterait un pays comme deux fois la France.
Donc vous voyez qu'on n'est pas du tout à la même échelle.
Et qu'un virus qui pénètre dans un corps tel que le corps humain, il ne voit pas ce qu'on voit nous.
Il voit d'autres entités auprès de lui, des cellules, des milliers de cellules, voire des milliards de cellules.
Donc nous, lorsqu'on va définir le virus, on va le définir avec une approche humanisée, humanisante de cette entité particulière.
Donc rentrons dans les détails.
Une particule virale est constituée majoritairement de trois éléments.
Des protéines, des acides nucléiques.
Les acides nucléiques, c'est par exemple de l'ADN ou de l'ARN.
L'ADN, c'est l'acide déoxyribonucléique et l'ARN, l'acide ribonucléique.
Et certains virus possèdent également des lipides.
Il y a une structure très particulière dans le monde viral qu'on appelle la capside.
La capside, c'est une structure protéique qui va protéger le patrimoine génétique qui va se trouver en intérieur.
Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, certains virus possèdent également autour une enveloppe, mais pas tous.
Cette enveloppe est constituée majoritairement de lipides, mais également de protéines.
Donc on voit que c'est une entité extrêmement simple.
Biochimiquement, c'est quelque chose d'extrêmement simple.
Et lorsqu'on étudie ces entités particulières, on s'aperçoit de deux choses.
La première, c'est que le virus n'existe jamais seul, il existe en communauté.
Un virus tel que je l'ai schématisé ici, ça n'existe pas dans la nature.
Ça vit en communauté, d'ailleurs comme les bactéries.
Ça, c'est la première conclusion de nos approches scientifiques sur les virus.
Deuxième conclusion, c'est qu'avec nos outils technologiques, on s'aperçoit que cette entité est totalement inerte.
Il n'y a pas d'activité biologique associée à ces entités particulières.
Par contre, lorsqu'on met en présence un virus avec une cellule susceptible de l'accueillir et d'être infectée par ce virus,
le virus va pénétrer et va s'instaurer entre cette entité virale et ses constituants,
et l'entité cellulaire et ses constituants,
tout un dialogue impliquant des milliers de phrases, de discours, d'interactions entre ces deux entités.
Et selon le discours qui va s'établir et la communication qui va s'établir entre ces deux entités,
on aura pathologie ou pas de pathologie.
La pathologie n'est pas la seule voie utilisée en arrivant à ce dialogue entre cellule et virus.
Aujourd'hui, on sait que lorsque le virus va pénétrer dans la cellule,
et lorsque la cellule lui permet de se multiplier, le virus va se multiplier.
Et très généralement dans des zones très particulières de la cellule qu'on appelle des usines virales.
Donc on voit que dès que le contexte est favorable, la cellule qui permet la multiplication,
il y a expression des potentialités de ce virus pour conduire à l'expression,
et finalement quelquefois, pas toujours, à la multiplication de ce virus dans un contexte favorable.
On peut imager le virus comme une graine qui pourra exprimer ses potentialités lorsqu'elle sera plantée,
et lorsqu'on l'arrosera, on aura expression de ses potentialités qui existent dans cette particule virale.
Aujourd'hui, les virologistes poussent un peu plus loin la définition du virus,
parce qu'effectivement jusqu'à aujourd'hui, on considérait l'entité virale et la définition du virus en se localisant seulement sur cette entité virale.
Aujourd'hui, on s'accorde de plus en plus à réfléchir sur une nouvelle définition du virus
qui impliquerait à la fois l'entité particulière et toutes les potentialités qu'elle peut exprimer lorsque le contexte est favorable.
On voit bien que dans cette définition, on a un volet qui est aujourd'hui inerte,
parce que nos approches technologiques ne permettent pas d'y déceler une activité particulière,
et un volet totalement actif, dynamique, qui exprime toutes les potentialités de ce volet inerte.
C'est l'une des rares entités sur notre planète biologique qui a à la fois un volet que l'on dit inerte,
et un volet extrêmement dynamique selon le contexte dans lequel il va se positionner.
Et comme je le disais tout à l'heure, selon ce contexte, on aura ou non une pathologie qui pourra apparaître.
