Ce qui se cache derrière les inondations en Espagne : les révélations de Tatiana Ventôse

Tocsin
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13 nov. 2024
Thérapie de choc en Espagne : à qui profite le crime ?
🔷 Avec Tatiana Ventôse
Analyste politique, fondatrice des chaînes YouTube Tatiana Ventôse et Le Fil d’Actu
Auteur de “Il est venu le temps des producteurs” (Editions Fil d'Actu)
Se procurer l’ouvrage : https://lefildactueditions.com/products/il-est-venu-le-temps-des-producteurs-livre-numerique
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Sa dernière vidéo sur les inondations en Espagne : https://youtu.be/yZcXc9hS8Ro?si=wH6A-pDtgHzbo8bF
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La matinale toxin, 7h30, 9h30, à la volée.
Et à la volée, comme je vous le disais, je suis très très heureuse de recevoir Tatiana Ventôze. Bonjour Tatiana Ventôze.
Bonjour Clémence, merci de l'invitation.
Merci à vous et merci pour votre travail.
Vous êtes analyse politique, fondatrice des chaînes YouTube Tatiana Ventôze et le fil de l'actu et justement je réagis à l'une de vos vidéos.
Inondation, c'était sorti la semaine dernière.
Inondation espagnole, le plan, entre parenthèses, pas, fermez la parenthèse, secret de l'élite financière qui va nous affamer.
De quoi s'agit-il ?
Et bien évidemment de ces inondations.
Je rappelle 13 jours maintenant après ces inondations autour de Valence, un drame qui a fait plus de 220 morts.
Des images absolument terribles qu'on a tous pu voir, qui sont liées à beaucoup de problématiques.
D'ailleurs que, rapidement dans votre introduction, un mot là-dessus mais nous aussi on va le faire.
C'est vrai qu'il y a beaucoup beaucoup de sujets sur les origines de ces inondations.
Certains qu'on ne peut pas aborder parce qu'on n'a peut-être pas assez d'éléments.
D'autres d'urbanisme qu'on abordera peut-être plus tard.
Et évidemment le rôle de l'État ou l'inconscience de l'État sur ce qui s'est passé
et sur surtout ce qu'il prévoit de faire sur cette zone justement qui a été sinistrée.
Et c'est ça qui m'a interpellée dans votre vidéo Tatiana Vantoz.
Puisqu'il se trouve, vous révélez dans votre vidéo, que cette zone inondée, sinistrée,
était justement une zone de grands plans prévus par le gouvernement.
Et notamment un particulier parce que la Caïtxa Bank qui avait aussi un plan.
Et avant de vous donner la parole et d'évoquer ça, je vous propose qu'on écoute un premier extrait de la vidéo de Tatiana Vantoz.
On a beaucoup moins parlé de quelque chose qui va être tout aussi dramatique sur du long terme,
à savoir des terres agricoles qui ont été complètement dévastées et ravagées.
Parce que non, il n'y a pas que Valence qui a été touchée par ces fortes pluies.
Il y a aussi tout le pays valencien, ainsi que tout le sud-est, la province de Murcie, l'Andalousie.
Donc toutes ces parties de l'Espagne que l'on surnomme le jardin de l'Europe.
Et ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle comme ça, c'est parce que là-bas sont produits la plupart des fruits et légumes espagnols
qui arrivent dans nos supermarchés, malheureusement, et en tout cas c'est comme ça,
dans un contexte où l'Espagne fournit entre 30 et 35% des fruits et légumes qui sont vendus sur le marché européen.
Voilà, donc on comprend que finalement cette zone sinistrée était le jardin de l'Europe.
Et puis qu'est-ce qu'on comprend d'autre avec votre vidéo ?
On va remonter juste à 3 semaines avant les inondations, début octobre 2024.
Vous voyez, c'était il n'y a pas longtemps, c'était 3 semaines avant les inondations.
Et bien à ce moment-là, le gouvernement espagnol a annoncé un grand plan de modernisation de l'agriculture
pour en sécuriser la rente face aux catastrophes climatiques et autres risques naturels.
Donc ça, c'est le 9 octobre 2024, le ministère de l'Agriculture espagnole annonce une collaboration
entre lui et une entité financière, CaixaBank, pour impulser la transformation dans le secteur agroalimentaire
et notamment dans le secteur agricole espagnol. On dirait ça tombe bien.
Voilà, on se dit ça tombe bien, zone sinistrée, sur laquelle le gouvernement et la CaixaBank notamment
avaient de grands projets. Tatiana Vantoz, expliquez-nous.
Alors déjà, ce n'est pas uniquement sur le pays valencien qu'il y a eu du dégât, que le Dana a fait du dégât.
Il y a aussi effectivement toute la région de Murcie et une partie de l'Andalousie.
Donc en fait, c'est vraiment toutes les zones d'Espagne où on produit vraiment les fruits et légumes,
où on produit l'essentiel des fruits et légumes.
Donc déjà, il y a la question qui va se poser des possibles pénuries.
Là, les agriculteurs sont en train d'essayer d'évaluer les dégâts.
Il y a certains endroits où les pertes d'agrumes, de caquis s'élèvent à 100% à cause de la grêle,
à cause des dommages qui ont été faits. Et on ne parle même pas là des dommages
qui ont été infligés aux infrastructures, aux machines ou aux serres, par exemple.
Mais bon, le truc, c'est que trois semaines avant les inondations, effectivement,
le gouvernement espagnol a annoncé un plan en collaboration avec la CaixaBank.
Donc la CaixaBank qui est une entité financière, c'est la troisième entité financière d'Espagne
qui la sert de fonds d'investissement en fait.
Et le but, c'est d'injecter quasiment 5 millions d'euros pour moderniser,
pour faire une transition à l'agriculture, au système agricole espagnol
et notamment à toute la production maraîchère et horticole.
Donc en fait, l'idée, c'est réduire évidemment les coûts de production,
augmenter la rentabilité, alléger les charges financières.
Ils disent aussi faire rentrer des femmes pour assurer un renouveau générationnel
puisque les agriculteurs espagnols, ce n'est même pas un peu comme chez nous.
C'est pire que chez nous au niveau du non-renouvellement des générations.
C'est-à-dire qu'il y a plus de 40% des agriculteurs espagnols qui ont plus de 65 ans
et il n'y a personne pour reprendre derrière parce que justement,
c'est beaucoup trop cher de s'installer en tant que jeune agriculteur.
Et c'est beaucoup trop cher, pourquoi ?
Notamment parce que depuis plusieurs années, les entités financières,
les fonds d'investissement se mettent à investir,
c'est-à-dire à racheter beaucoup des terres agricoles espagnoles.
Et il se trouve que CaixaBank fait partie des entités financières
derrière les fonds d'investissement qui rachètent la terre.
Donc la boucle est bouclée.
Ça, c'est quand même très important ce que vous révélez.
Tout est dehors.
Je veux dire, je n'ai pas eu à investiguer très loin.
D'ailleurs, c'est assez effarant de voir qu'effectivement,
trois semaines avant, le plan en plus du gouvernement espagnol,
celui que le gouvernement a révélé, le ministère de l'Agriculture…
Il s'appelle comment exactement ce plan ?
Je ne sais plus le nom du truc.
Je vais vous trouver la source tout de suite.
En attendant, je propose qu'on regarde les images.
On a les images d'un bandeau qui était affiché à Valence,
d'une banderole plutôt, avant et après les inondations.
Il était déjà là avant.
Et on voit justement la mise en place de ces projets de développement durable
qui étaient déjà annoncés.
On voit après les inondations.
On voit en effet que c'était déjà annoncé,
qu'il y avait déjà de grands projets.
Et que finalement, la conclusion, Tatiana, avant tout,
c'est que ça tombe très bien pour ces projets financiers.
Ça tombe à pic pour aider la finance, c'est sûr.
Quelle est finalement aujourd'hui la mise en œuvre de la finance ?
Comment elle peut reprendre possession de ces terres
qui appartiennent encore à des petits agriculteurs
et des petites exploitations familiales ?
Oui, parce qu'en Espagne, il y a presque 90% des terres agricoles
qui sont des exploitations de moins de 5 ou de moins de 20 hectares.
Donc ça reste de petites exploitations, effectivement.
Et d'ailleurs, il y a beaucoup plus de petites exploitations
qu'en France, en Espagne.
Et c'est particulièrement vrai des régions qui ont été touchées par le Dana.
Donc l'intérêt des investisseurs financiers,
je ne le dis pas comme un jugement de valeur,
mais le but, c'est de concentrer les terres agricoles
afin de pouvoir augmenter les rendements,
de mécaniser l'agriculture
et éventuellement d'embaucher, s'il faut, des ouvriers agricoles
ou éventuellement des paysans sous beaux de fermage,
mais pas qu'il y ait des paysans qui soient propriétaires de la terre,
qui soient propriétaires de leurs moyens de production
et qui puissent faire un petit peu ce qu'ils veulent aussi,
même si tout cela est très limité quand même,
la liberté des paysans est très limitée.
Mais néanmoins, en Espagne, il y a aussi beaucoup de coopératives agricoles, par exemple.
Et donc le but de ces fonds d'investissement,
c'est de prendre la terre pour l'utiliser comme outil de spéculation financière,
pour mettre dessus, à la place de ce qu'il y a déjà,
ce qui leur rapportera le plus,
c'est-à-dire soit garder effectivement la production telle qu'elle est,
soit la remplacer par des cultures
qui ont un petit peu plus le vent en poupe aujourd'hui,
et notamment avec la transition écologique,
à savoir des cultures de légumes et de fruits bio, par exemple,
qui ont une plus forte valeur ajoutée,
ou alors carrément de remplacer les cultures par des panneaux solaires,
par des éoliennes, par des outils de production,
si on peut l'appeler comme ça, d'énergie renouvelable.
Qu'est-ce qu'elle fait la finance, si j'ose dire, comme entité,
si on peut en parler comme ça ?
Qu'est-ce que font les fonds d'investissement ?
C'est qu'ils profitent de la misère actuelle du système agricole et des paysans,
ils profitent du fait que les agriculteurs sont âgés,
qu'il n'y a pas de renouvellement générationnel,
ils profitent aussi que c'est un métier extrêmement difficile.
Vous en parliez, j'avais précisé, j'ai oublié de le préciser dans votre présentation,
mais vous en parliez aussi dans votre livre « Le temps des producteurs ».
C'est l'occasion de le rappeler vraiment dans le sujet.
Oui, vous voyez, c'est complètement raccord.
D'ailleurs, effectivement, j'en parle de la manière dont aussi en France,
les investisseurs rachètent,
puisqu'ils ont des fonds illimités pour racheter les terres agricoles,
dont les agriculteurs ne peuvent plus supporter le coût et l'exploitation tout simplement.
Du coup, effectivement, ce n'est pas un problème qui est uniquement espagnol,
c'est simplement que là, ces inondations vont faire un effet, si j'ose dire, thérapeute-choc,
comme ça a déjà été vu dans l'histoire, où on profite d'une crise
pour reprendre la main et remodeler un petit peu le système tel qu'on voudrait le voir.
Sauf que là, les gens qui vont reprendre la main, ce n'est absolument pas les paysans, évidemment,
pour qui les coûts des dommages aux cultures et les dégâts du dana
vont venir s'ajouter aux problèmes déjà réels et très lourds auxquels ils doivent faire face.
Donc, on se retrouve avec des institutions financières qui n'ont plus qu'à arriver
et à rafler la mise derrière, en prétendant en plus faire de la transition écologique,
de l'égalité hommes-femmes, en faisant rentrer des femmes au champ,
ils insistent bien là-dessus, dans le plan du gouvernement espagnol
et dans la note qui avait été publiée, mais pile-poil un an avant...
De l'Acaïssa-Banque ?
De l'Acaïssa-Banque, exactement.
Je vais vous proposer, on a pris l'extrait où vous parlez de cette note de l'Acaïssa-Banque,
qui justement, vous l'expliquez très bien, le gouvernement, j'allais dire français,
on n'y est pas encore, mais bon, le gouvernement espagnol a repris exactement
les propositions de l'Acaïssa-Banque, qui avait publié une note un an avant ces inondations.
En communauté de Valence, on atteint des sommets, puisque c'est 78,4% des exploitations agricoles
qui font moins de 5 hectares, et 20 qui font entre 5 et 20,
donc on est à 98,6%, donc c'est quasiment la totalité des exploitations
qui font moins de 20 hectares, en communauté de Valence.
Et ces chiffres, je ne les ai pas sortis de mon chapeau,
ils sont donnés, ça tombe bien aussi, par l'Acaïssa-Banque.
Ouais, exactement les mêmes que ce dont on a parlé tout à l'heure.
Et c'est une note d'octobre 2023 qui parle de l'évolution de l'agriculture espagnole
et qui prévoit, qui donne des prévisions, puisqu'en tant qu'investisseur,
en tant que firme d'investissement et de spéculation,
ton boulot c'est de savoir où investir, et pour investir, il faut prévoir un petit peu.
Comme quoi, la prévision et la planification, c'est pas juste un truc de communiste.
Donc il prévoit plusieurs choses, mais surtout il prévoit l'accroissement
de la concentration des terres agricoles pour les années à venir.
C'est un peu rigolo puisque ça fait très prophétie autoréalisatrice,
vu que c'est eux qui ont un intérêt à la concentration
toujours plus importante des terres agricoles.
Ils exhortent aussi le secteur à augmenter la production de fruits et légumes
en modernisant, et à, ah oui c'est vrai, ils insistent vachement sur le fait
qu'il faut absolument embaucher des femmes dans l'agriculture,
pour la parité et l'égalité.
Non mais ça on s'en fout, c'est pour se mettre les progressistes dans la poche
qui vont leur servir d'idiot utile, comme d'habitude.
La note se conclut sur le besoin de digitaliser, de numériser l'agriculture,
donc sous-entendu se débarrasser des agriculteurs,
en favorisant l'innovation, ce qui veut dire dans leur langage,
réduire les coûts, tout simplement.
Voilà, donc on l'a bien compris, étude de la CAXA Bank,
publiée un an avant la proposition du gouvernement,
qui reprend donc, et qui est justement alliée avec la CAXA Bank,
ça tombe bien comme vous le dites, Tatiana Vantoz,
les choses commencent à être bouclées, on a l'impression que c'est quand même
un plan bien prévu, bien rodé à l'avance, et que là on a quand même
une inondation qui tombe super bien, entre guillemets.
Ben disons que voilà, après, ce qu'il faut bien comprendre,
c'est aussi que c'est quelque chose qui est vrai dans tout le monde occidental,
en Europe, aux Etats-Unis, c'est un mouvement de concentration
des terres agricoles qui se fait à l'échelle mondiale.
Pourquoi ? Parce que pour un investisseur,
eh bien des terres agricoles, c'est un investissement,
un placement qui est sûr, qui va toujours rapporter quelque chose,
contrairement par exemple à des investissements plus risqués,
dans des crypto-monnaies ou autres, qui risquent de s'effondrer
du jour au lendemain, et puis s'il y a une crise financière,
il n'y a plus rien.
Donc en fait, ça fait quelques années qu'on constate à l'échelle mondiale
une ruée, littéralement une ruée, vers les terres agricoles,
vers les terres arables dans le monde.
Tout le monde a entendu parler de Bill Gates,
qui est devenu le plus propriétaire de terres arables aux Etats-Unis,
mais ce dont on parle moins finalement, c'est des fonds d'investissement
qui rachètent le plus possible de terres agricoles dans le monde.
Et je pense par exemple à Colreuth en Belgique,
qui est un fonds d'investissement en fait,
et qui rachète le plus possible de terres agricoles,
en mettant, en forçant finalement les exploitants agricoles
à être sous contrat de baux de fermage,
et qui deviennent en fait de simples employés
du fonds d'investissement en bout de course.
Je pense à Aldi par exemple en Allemagne,
qui n'hésite pas d'ailleurs à contourner les règles de la concurrence
de manière, parce que normalement, vous savez qu'en Europe,
un distributeur alimentaire ne peut pas aussi être propriétaire de terres agricoles.
Eh bien, Aldi a trouvé le moyen en créant des filiales de sociétés, etc.
Visiblement, ils ont trouvé le moyen de contrôler énormément de terres agricoles en Allemagne.
En France, c'est pareil.
Donc vous voyez que c'est un mouvement...
Pourtant, il est censé y avoir en France la SAFER qui préserve les terres agricoles.
Je dis censé, parce qu'on sait bien que c'est une grosse arnaque.
Oui, c'est ça, vous irez en parler aux agriculteurs de la SAFER,
et puis on va voir qui est-ce qui favorise entre les fonds d'investissement étrangers.
D'ailleurs, c'est ça le pire,
c'est qu'on se retrouve avec des propriétaires de la terre française
qui non seulement ne sont pas ceux qui la travaillent,
mais qui en plus sont des gens qui ont des intérêts financiers étrangers, internationaux.
Et tous ces gens, en fait, ont systématiquement la primauté.
Et là où je voudrais vraiment insister, c'est sur...
Parce qu'encore une fois, c'est légitime de vouloir faire son business comme cela.
Moi, ce que je trouve... Non, mais c'est légitime.
Disons que dans l'intérêt d'un type qui pense qu'il a gagné de l'argent,
on peut comprendre que... Vous l'avez dit d'ailleurs,
c'est un nouvel investissement au niveau de l'or, c'est-à-dire c'est une valeur refuge.
Donc, on comprend qu'il aille vers la valeur refuge.
D'accord. Alors, allez-y.
Complètement. Donc, on comprend cela.
En revanche, ce qui est beaucoup plus grave,
c'est l'aval, l'appui, la complicité, si j'ose dire,
des différents gouvernements, des différents chefs d'État
et des dirigeants politiques vis-à-vis de cela.
Puisque, on est quand même dans une situation où
les gens qui ont créé les lois, qui ont créé le système politique,
ont créé un système où les agriculteurs se retrouvent le couteau sous la gorge
en permanence et donc obligés de vendre...
Ou l'accord de coûts.
Voilà. Oui, ou l'accord de coûts, bien malheureusement.
Donc, si vous voulez, là, c'est une situation de crise.
Ce n'est pas une crise aussi aiguë, aussi brutale que des inondations
avec des coulées de boue qui emportent tout sur leur passage.
Néanmoins, c'est une situation de crise permanente qui dure
depuis presque 50 ans que les différents gouvernants,
y compris en France, ont créé.
En fait, c'est une situation de crise.
Et dans cette situation de crise, il est très facile ensuite
pour les entités financières d'arriver et, encore une fois,
de prendre le pactole puisqu'il n'y a plus personne...
Pour défendre.
Les paysans ne peuvent plus se défendre, effectivement.
Et ils sont tous seuls.
Et là où, normalement, si on avait un gouvernement qui avait un petit peu,
un tant soit peu, l'intérêt national en tête,
eh bien, on aurait des lois pour protéger nos paysans.
Les Espagnols auraient des lois pour protéger leurs paysans,
pour protéger les coopératives agricoles, etc.
Eh bien, là, en fait, on a des lois...
De facilitation d'achat.
Y compris des lois européennes qui sont là pour saigner
les agriculteurs, pour saigner les paysans
et faire en sorte que ces fonds d'investissement puissent s'approprier la terre
et la transformer en outil de spéculation.
Alors que, normalement, un dirigeant politique, un dirigeant d'un pays,
son rôle n'est pas de servir la finance, mais bien de servir le peuple
dont il est garant de l'intégrité et de la sécurité, et notamment alimentaire.
Ça, quand on a des dirigeants qui sont issus de la matrice financière,
quand on a tous les gens dans les gouvernements
qui sont formés dans les écoles de commerce,
quand on a un président de la République
qui est un ancien banquier d'investissement,
un ancien banquier d'affaires chez Rothschild,
à quoi d'autre fallait-il s'attendre, j'ai envie de dire ?
D'ailleurs, dans les commentaires, il y en a qui nous disent
que c'est finalement la stratégie financière, d'abord ruiner,
donc asphyxier, puis ensuite racheter.
On voit bien, en effet, la stratégie se mettre en place.
Deux précisions.
D'abord, et j'ai lu ça dans un commentaire, d'ailleurs,
de votre vidéo.
En 2021, l'Espagne a supprimé 108 barrages hydrauliques.
C'est un article du Courrier international,
qui date de juin 2022.
Il est précisé dans l'article que,
oui, j'ai vérifié,
dans certaines zones d'Espagne, les barrages sont indispensables
pour empêcher les cours d'eau de s'écouler vers des habitations encrues.
Alors, on comprend donc.
C'est intéressant, quand même.
Là, on comprend.
On a lit tous les éléments.
Et sans même parler de géoingénierie,
je sais qu'il y en a qui veulent qu'on en parle dans ce studio.
Moi, je ne suis pas experte,
je n'ai pas assez travaillé sur ce sujet.
Après, on peut évidemment imaginer le pire.
Mais restons déjà sur les éléments qu'on nous avons.
C'est-à-dire que les barrages ont été supprimés par l'Espagne.
Moi, j'ai vécu justement à Valence,
où j'ai connu la Gothafria.
Et déjà, à cette époque,
les restaurants étaient inondés pendant la Gothafria.
Mais on n'a fait qu'empirer les choses
d'un phénomène météorologique qui existe,
On a peut-être empiré les choses,
nous avons empiré les choses,
avec la suppression de ces barrages.
Et on voit d'ailleurs très bien comment,
évidemment, quand on fait un test,
quand on fait une simulation,
la suppression des barrages,
force l'accru des villes qui sont situées en dessous de ce cours d'eau.
Donc, on comprend que le gouvernement soit est irresponsable,
soit est responsable en ayant pensé ce qu'il voulait faire.
De fait, il est responsable de l'intempérie,
donc de la crise qui s'est déroulée,
et de la stratégie financière derrière.
Vous voyez ce que je veux dire ?
Tout à l'heure, vous disiez qu'ils ont profité d'une crue,
d'une inondation, pour tirer profit.
Mais finalement, cette inondation,
ils l'ont même provoquée avec la suppression des barrages.
Oui, on peut le dire que la situation de crise,
de toute façon, a été créée par les gouvernements
qui sont effectivement non plus serviteurs des peuples,
mais serviteurs de la bourgeoisie financière.
Donc là, en plus, ce que vous dites sur les cours d'eau,
sur les barrages, les digues,
en 2021, il y en a 108 qui ont été supprimés.
Vous vous souvenez avec quel argument ?
Parce qu'effectivement, c'est un article de Courrier international
qui cite El País de 2022.
Donc, ce ne sont pas des journaux de complotistes.
Mais qui nous rapportent qu'il s'agit là d'une stratégie
de l'Union européenne pour la biodiversité,
soutenue par toutes les ONG environnementales et écolo.
Bon, voilà, qu'est-ce qu'il y a besoin de dire de plus ?
En fait, tout est là-dedans.
Ça a été créé.
Alors effectivement, peut-être que les dirigeants espagnols,
en 2021, qui ont décidé de détruire ces barrages,
ne se sont pas rendus compte.
Parce qu'ils ne sont pas experts.
Ils ne sont pas ingénieurs.
Ils ne savent pas.
Mais dans tous les cas…
Ils sont responsables.
Dans tous les cas, ils sont responsables.
Et ils ont pris une décision qui a été catastrophique
pour les habitants et pour les Espagnols.
Et vous voyez, vous dites que vous avez vécu à Valence.
Nous, au fil d'actu, on a notre réalisateur qui habite à Valence
et qui a vu la situation aussi se dégrader.
Et qui voit là aussi la colère immense des Espagnols, des habitants,
non seulement parce qu'effectivement,
ils sont considérés comme étant responsables de la crise,
parce qu'ils considèrent le gouvernement en tout cas
comme responsable de la crise,
mais aussi parce qu'ils n'ont pas réagi,
qu'il n'y a rien qui s'est passé,
que les secours ont tardé à venir,
que les premiers pompiers que les habitants ont vus à Paiporta,
ce sont des bénévoles et des pompiers français.
Oui, qui se sont portés…
On voudrait créer une situation de chaos
et ils voudraient aggraver encore une situation qui est déjà le chaos.
En fait, ils ne s'y prendraient pas autrement.
Oui, mais c'est ça.
Quand on met tous les fils,
c'est-à-dire suppression des barrages,
plan financier sur cette zone,
derrière crise et derrière non-réaction à la crise.
Ah, mise en place du plan,
et la petite banderole est déjà là.
C'est vrai que…
Ça fait beaucoup.
Oui, à chacun de tirer ses conséquences,
ses conclusions, je veux dire,
mais c'est vrai que ça fait beaucoup
et on a de quoi s'interroger.
Je voulais revenir aussi sur un autre élément important
que vous avez abordé,
justement sur ces fonds d'investissement
qui rachètent la terre entière.
Vous avez parlé de Bill Gates,
et vous avez bien raison,
parce qu'il est quand même, je pense,
l'un des plus grands propriétaires maintenant des terres arables
avec ces terres américaines qu'il a rachetées.
Je précise d'ailleurs qu'il y aura un sujet là-dessus
avec Andriy Berkov.
Il se trouve…
Ça m'a vraiment beaucoup interpellée.
Alors ça, je l'ai découvert avec vous,
c'est qu'on appelle cette zone espagnole
le jardin de l'Europe.
Mais il y a une autre zone qui a été très touchée
par une autre grave crise
qu'on appelle le grenier de l'Europe.
C'est l'Ukraine.
Et qui a expliqué justement les projets financiers
qui étaient sur ces terres greniers de l'Europe ?
C'est Robert Kennedy Junior.
Il l'a fait dans une vidéo que je propose d'écouter.
C'est une vidéo, avant qu'on la fasse démarrer,
que je donne un petit peu d'élément.
C'est une vidéo qui date du 11 février 2024.
Il avait pris la parole et donné un discours
que je considère comme fondamental
sur les dessous de la guerre en Ukraine.
Il explique d'abord qu'on n'explique jamais
l'ensemble du contexte de cette guerre
et que les Russes avaient des raisons
de réagir, pas raisons, mais des raisons.
Il explique que les premiers gagnants
sont les fabricants de défenses américaines
avec les ventes d'armes
et qui sont les plus grands propriétaires.
Qui réunit tous ces propriétaires ?
C'est BlackRock.
Et ensuite, il explique que l'argent
qui était donné à l'Ukraine
n'est pas un argent donné justement,
mais un prêt imposé finalement.
Quelles sont les conditions du prêt imposé ?
C'est l'extrait que je vous propose d'écouter.
L'argent agricole est l'argent
le plus important de l'Europe.
Il y a 1000 ans,
il y a eu une guerre.
Il y a eu une guerre pour l'argent.
C'est le pays le plus riche dans le monde.
C'est l'argent de l'Europe.
Il y a presque 500 000 enfants.
Les enfants ukrainiens sont morts
pour garder l'argent
pour l'Ukraine.
Ils ne savaient presque pas
de ces conditions.
Ils ont déjà vendu 30% de l'argent.
Les acheteurs étaient
DuPont, Cargill et Monsanto.
Qui pense-t-il qu'ils possèdent
toutes ces entreprises ?
C'est BlackRock.
Je traduis rapidement.
Ce programme de conditions de prêt imposé
aux Ukrainiens, c'est un programme d'austérité.
De telle sorte que si vous êtes pauvre,
vous resterez pauvre toute votre vie.
L'Ukraine doit mettre tous ses actifs
qui appartiennent à l'Etat, à des sociétés multinationales
y compris ses terres agricoles.
Il y a eu plus de 1000 ans de guerre
autour de cette zone terre-grenier
de l'Europe. Tous ces Ukrainiens sont morts
pour sauvegarder cette terre.
Il est presque certain qu'ils n'aient pas été
au courant, ces Ukrainiens, d'un tel contrat.
Les entreprises concernées
sont DuPont, Monsanto, Cargill.
Elles appartiennent toutes à BlackRock.
Yeah, BlackRock, voilà ce qu'il dit.
Je précise aussi que, d'ailleurs,
Biden a donné un programme de reconstruction
à BlackRock
pour cette zone ukrainienne.
Vous dites ça, on vous traite de complotiste, c'est génial.
Alors que les prix sont là
et que les contrats sont
concrets, ils sont là.
Mais c'est marrant, c'est toujours
les mêmes derrière. C'est toujours
les firmes financières
de gestion de portefeuille
d'actions
et qui ont vocation
à concentrer entre
leurs mains les moyens de production, qu'ils soient
d'ailleurs agricoles ou même industrielles.
Pour le coup, j'en parle plus en détail
dans mon livre, mais
c'est vrai qu'on retrouve
toujours, en remontant à la racine du mal,
on retrouve toujours
cette espèce de
bourgeoisie financière
qui a vocation à s'accaparer
les moyens de production,
les concentrer entre ses mains
de manière à
ce que ça saigne
finalement les peuples, à ce que ça saigne
les gens, et qui n'en a
strictement rien à faire,
qui a juste comme intérêt son profit.
Et encore une fois, avoir comme intérêt son profit,
c'est tout à fait légitime, mais
ça ne peut pas et ça ne doit pas
se faire au détriment de l'autonomie
et de la survie des nations. Et pourtant,
ça fait 50 ans que c'est exactement ce qui se
passe dans notre pays
et dans tout le monde occidental. Après,
il y a un moment où ils vont
aussi se toper contre le mur du réel,
et le mur du réel, là, pour le coup, par rapport
à Black Rock en Ukraine,
parce qu'effectivement, c'est
une terre qui est extrêmement riche,
qui est troisième producteur de blé mondial,
à un moment,
ça va se toper contre ses propres contradictions
aussi, ce modèle-là. C'est-à-dire qu'en
délocalisant nos
outils de production
à l'étranger,
la bourgeoisie financière,
elle a créé les BRICS.
Elle a créé aussi une espèce
de monstre de Frankenstein
qu'il y a aujourd'hui, qui commence
à avoir les moyens
de le renverser.
Après, nous, on sera
dommages collatéraux, d'où l'importance
que nous, en tant que
Français et que les Espagnols, en tant qu'Espagnols,
reprennent le contrôle sur
leurs moyens de production. Et donc, pour revenir
vraiment à la question des inondations,
il y a une urgence absolue à
interdire la propriété
des moyens de production français
par des entités étrangères et par des
firmes étrangères. Ça, c'est vraiment la base.
Et malheureusement,
l'Union européenne n'y est pas,
la France n'y est pas,
et nous avons des dirigeants qui sont
à la botte de la finance.
Il y a un moment où il va falloir s'en débarrasser aussi.
Juste
un mot, parce que j'aimerais bien qu'on regarde
les deux tableaux à côté, quand on regarde l'Ukraine et
l'Espagne. On a refait déjà le tableau de l'Espagne,
c'est-à-dire suppression
des barrages, inondation,
plan, inondation,
plan financier, inondation, nos réactions.
Et ce que nous dit Kennedy
dans cette vidéo du 11 février 2024,
certainement le lien, on va vous le mettre,
c'est aussi que cette guerre en Ukraine
n'aurait pas dû avoir lieu, que les Russes étaient légitimes
à demander que l'OTAN arrête
de s'étendre à l'Est, et que ceux qui étaient
vraiment intéressés, c'étaient donc les entrepreneurs
militaires américains.
Donc, on entend dans son discours
qu'il y avait aussi
peut-être une alimentation de cette
crise militaire
cette fois-ci, par l'OTAN
et par les grands intérêts
financiers, notamment militaires
américains. Donc on voit bien
là aussi volonté, finalement,
plan à l'avance, volonté, peut-être
exacerbation d'une
crise militaire qui est arrivée,
et puis ensuite, on en tire les profits.
Donc finalement, à chaque fois, on voit comment
peut-être, oui, il y a eu des éléments extérieurs,
comme on le dit à chaque fois, mais
instrumentalisation et même
exacerbation de cette crise. Et quand
on met les deux en parallèle, je trouve que c'est assez énorme.
Mais parce que, en fait,
les institutions
américaines, qu'elles soient économiques,
militaires ou industrielles,
elles sont au service
de la bourgeoisie financière.
Elles ont été créées pour ça.
C'est une nation qui s'est fondée par
et qui a été fondée par et pour
sa bourgeoisie à l'époque. Sauf que la bourgeoisie, quand même,
a largement muté aujourd'hui,
qu'elle s'est financiarisée,
qu'elle s'est internationalisée.
Et depuis les années
1970, vraiment,
l'armée américaine
ne défend vraiment
plus les intérêts de la nation américaine,
mais les intérêts de sa classe dirigeante.
Tout simplement. Et c'est pour ça que
elle provoque
des coups d'État dans le monde
entier, qu'elle provoque des guerres,
de manière à pouvoir s'approprier
les moyens de production. C'est simplement
le bras armé, littéralement,
de la finance.
Est-ce que ça va changer
avec l'arrivée
de Trump au pouvoir ?
Je ne sais pas. Je pense qu'il y a
beaucoup de choses en jeu. En attendant,
il n'y a pas vraiment
de mystère
sur le fait que
l'armée
américaine
défend à l'étranger
depuis des décennies
les intérêts de sa
bourgeoisie financière. Enfin,
c'est Yai.
C'est presque le ministre privé à ce stade.
Il est donc temps de défendre
les producteurs. C'est l'objet de
cette vidéo, Tatiana Vantoz,
mais également de votre livre
« Le temps des producteurs ». Merci beaucoup,
Tatiana Vantoz. Je rappelle
le nom de vos chaînes YouTube d'abord,
Tatiana Vantoz et Le Fil de l'Actu.
Cette vidéo s'appelle
« Inondation espagnole,
le plan pas secret
de l'élite financière qui va
nous affamer ».
Beaucoup nous posent la question dans le lien.
Est-ce que vous pouvez nous rappeler, Tatiana Vantoz ?
Oui, c'est sur le site internet
parce que
ça a été très compliqué
de faire publier un ouvrage qui dit
qu'il faut démanteler la classe dirigeante
et qui explique d'où elle vient.
C'est sur le fil
d'actu, édition, tout attaché
et édition au pluriel.com
et le livre est
dispo là-dessus. D'accord, on va vous mettre le lien
aussi à la fin de cette vidéo.
Merci à tous, on est
5 800 ici en direct
sur YouTube, 2040 sur les
autres canaux en plus. Merci à vous tous
d'être très très nombreux. Vous continuez
à nous pousser, nous aider.
Ah oui,
qu'est-ce que c'est que cette petite chose-là ?
Joyeux anniversaire !
Je m'étais dit que j'avais oublié la chronique de Roxane, mais non, c'est pas ça.
Joyeux anniversaire !
Bon, je vais pas faire ça parce qu'on me chante faux.
Vous chantez très bien, merci.
Je suis très jeune.
Vous avez 5 ans, vous avez vu ?
Oui, merci, ça peut passer.
Ça datait du 9 novembre.
Merci infiniment à vous tous.
Merci à la super équipe d'Autox1
qui m'a envoyé déjà
des super mots.
C'est super.
Allez, je souffle pour vous montrer que j'ai le souffle.
Quand je souris, j'arrive pas à souffler.
C'est un problème que j'ai déjà rencontré
il y a quelques jours.
Merci à tous, à demain, 7h30.
