Tous les quatre ans, le Vendée Globe fait rêver le public et attire les passionnés de voile. Cette course surnommée l'Everest des mers, réunit pour sa 10e édition, 40 skippers qui se sont élancé le 10 novembre 2024, pour un tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance. Mais, qu'est-ce qui les pousse à affronter la solitude, la fatigue et les dangers ? De retour des Sables-d'Olonne, la ville du départ, Thomas de Saint-Leger, journaliste au service des sports de RFI, raconte ce qu'il a vu et perçu de cet incroyable défi. #vendeeglobe#voile#courseaularge
Tous les quatre ans, un dimanche de novembre, c'est un rituel qui se répète.
Bien avant l'aube, les quais de la ville des Sables d'Olonne sur la côte atlantique française se remplissent.
Muni de son escabeau, Mathieu prend position le long du chenal.
Comme pour des milliers d'autres personnes, c'est l'assurance de voir passer tous les bateaux
qui s'apprêtent à s'élancer pour ce que beaucoup surnomment l'Everest des mers, le Vendée Globe,
la plus grande course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance.
Le départ de l'édition 2024, la dixième, a été donné la veille de cet enregistrement,
le 10 novembre, à 13h02 précise.
Sur l'eau tout près de ces bolides des mers, il y avait Thomas de Saint-Léger,
qui est journaliste au service des sports de RRI.
Oui, le coup de canon du départ dans quelques secondes pour ces 40 bateaux autour de nous, à leur bar.
34 hommes, 6 femmes, représentant 11 nationalités.
La plus jeune, Violette d'Orange, 23 ans, le plus âgé, c'est Jean Le Cam, 65 ans,
des profils, des parcours qui ne se ressemblent pas forcément,
mais tous ces concurrents sont maintenant liés par ce défi qui les anime depuis de longs mois de préparation.
Un défi fou que les premiers skippers mettront entre 70 et 80 jours à remporter.
Descendre l'Atlantique jusqu'au Cap de Bonne Espérance, au sud de l'Afrique du Sud.
De là, rejoindre le Cap Lewing, sous l'Australie.
Dernière étape obligatoire, le Cap Horn, en dessous du Chili,
avant de remonter l'océan Atlantique pour revenir au point de départ.
C'est bon, vous avez la carte ?
23 400 000, soit 45 000 kilomètres pour les non-initiés.
Qui ne manque pas de zones dangereuses, avec autant d'anticyclones et de dépressions à surmonter.
Mais pourquoi, aujourd'hui encore, se lancer dans une telle aventure ?
Affronter la solitude, la fatigue et les risques ?
Qu'est-ce qui pousse les marins ? L'exploit, l'aventure ou une quête personnelle ?
A peine rentrés des Sables d'Olonne, Thomas de Saint-Léger m'attend pour en parler.
Bonjour Thomas. Bonjour Alexandra.
Les jours qui précèdent le départ et le jour J, on est sur quoi ? Une ambiance magique ?
Une énorme ambiance dans ce qui est le village départ,
le site dans cette station balnéaire des Sables d'Olonne,
à partir duquel on peut voir ces bateaux, ces marins,
quelques fois, même s'ils préfèrent rester souvent déjà dans leur bulle, dans leur concentration de course.
Et énormément de monde qui déambule le long de ce port des Sables d'Olonne,
qui s'émerveille devant ces bateaux qui sont des bijoux de technologie,
de 18 mètres, un peu plus de long, très impressionnant, des monocoques,
simplement pour les connaisseurs en ce qui concerne le Vendée Globe.
Voir les bateaux, essayer d'apercevoir ces marins qui vont se lancer vers ce défi incroyable
et qui sont devenus depuis quelques années, je dirais, de véritables stars.
J'ai vu des gens chercher Jean Le Cam comme s'ils cherchaient le plus vieux à prendre le départ,
et c'est une figure un petit peu mythique de la voile et de cette course en particulier,
cherchant à voir Jean Le Cam, des enfants souvent d'ailleurs, comme si c'était une star de football.
Il y a une popularité de plus en plus importante autour de cet événement.
On a des centaines de milliers de personnes sur les trois semaines d'installation du village départ dans les Sables d'Olonne.
Donc le jour du départ de ces 40 cette année concurrents,
entre 350 000 et 400 000 personnes dans une ville qui compte 40 000 habitants.
Pour toi aussi, c'est compliqué d'avoir accès à tous ces marins.
Tu m'as dit d'abord en préambule, quand on a préparé un peu cet épisode,
tu m'as dit j'ai fait un nombre de kilomètres durant tous ces jours où j'étais là en préparation et avant le départ.
Voir ces marins, c'est difficile ou pas ?
Quand on est journaliste ou au fond, l'accès est donné assez facilement ?
L'accès est donné assez facilement.
En revanche, c'est vrai que dans les jours qui précèdent le départ,
les marins ont énormément de sollicitations des sponsors,
puisque ce sont eux qui financent les bateaux, des partenaires de la course, des médias comme nous.
Et en plus, ils doivent se mettre déjà dans leur bulle, quelque part dans leur solitude,
aussi se préparer à tout ce qui va venir pendant deux mois et demi, trois mois, peut-être plus pour certains.
Donc l'accès est un peu plus limité à quelques jours du départ,
mais ça reste des sportifs très accessibles.
Après, on est de plus en plus nombreux à vouloir les voir,
donc les fenêtres pour certains sont de plus en plus courtes.
En plus, la ville des Sables d'Olonne étant très étendue,
on peut suivre à la trace un marin qui a un rendez-vous à droite,
et puis finalement vous êtes à gauche, puis on se met d'accord avec l'attaché de presse.
Ça peut prendre pas mal de temps de tout rassembler, de se retrouver.
En général, ça rentre dans l'ordre, parce qu'encore une fois,
ce sont des gens qui aiment parler de leur passion, de leur sport,
et de ce défi incroyable qu'ils vont accomplir.
En format radio, comment tu fais tes choix ?
Parce que j'imagine, évidemment, par rapport à la presse écrite,
où on peut faire des portraits de ces 40 marins, en radio ça devient un peu plus compliqué.
Tes choix, ils s'étaient portés sur quoi ?
C'est une course qui rassemble des profils, des personnalités très différentes,
avec quasiment à chaque fois, c'est vrai, une histoire un peu folle,
ou en tout cas une histoire intéressante autour de chaque personnage.
Vous avez par exemple un couple qui a pris le départ, évidemment séparément,
en tant que concurrent, puisque c'est une course en solitaire encore une fois.
Donc il faut faire des choix.
Il faut aussi, dans une radio comme la nôtre,
peut-être rappeler quel est cet événement qui n'a lieu que tous les 4 ans,
un sport qui reste assez confidentiel sans doute pour ceux qui nous écoutent.
Donc mon idée était d'abord d'expliquer quelle était cette course
et pourquoi ces gens-là prenaient ces risques aussi,
qu'est-ce qui les animait finalement dans ce défi,
et de mettre l'accent sur quelques personnages,
en particulier les deux marins handisport au départ cette année.
Je ne sais pas si vous pouvez vous rendre compte de ça,
vous les auditeurs et toi Alexandra,
mais c'est un sport qui est extrêmement physique.
Il y a énormément de manœuvres sur le bateau, changer les voiles,
éventuellement monter au mât si vous avez une réparation à faire.
On parle de Formule 1 de la mer en fait.
Vous êtes dans un équilibre précaire quasiment tout le temps.
Vous êtes parfois à très haute vitesse dans des mers qui peuvent être très agitées.
Donc réussir tout ça, c'est déjà assez surhumain,
surtout sur une durée de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois.
Mais réussir tout ça sans avoir toutes ces capacités physiques,
en l'occurrence pour ces deux marins, un avant-bras en moins,
enfin une main pour l'un et l'avant-bras pour l'autre,
c'est assez extraordinaire.
Chapeau à Jing Kung Shu, le premier Chinois au départ,
et à Damien Seguin qui avait terminé septième de l'édition précédente,
qui est un ancien médaillé d'or paralympique.
J'ai voulu les mettre un petit peu en valeur
et raconter aussi comment ils s'adaptaient à leur handicap.
Damien Seguin me disait par exemple
« Je ne fais pas les manœuvres avec une main
de la même façon qu'un autre skipper qui a ses deux mains. »
C'est compliqué de répondre à la question « comment je fais ? »
parce que finalement absolument tout est différent,
de la façon dont je lui mets la chaussure
jusqu'à border une voile sur un Imoca qui fait 20 mètres de long.
Donc tout est différent et naviguer, évidemment, est plus difficile.
Il y a une seule adaptation sur son bateau,
c'est une prothèse, si tu veux, pour faire simple,
qui lui permet de réaliser plus facilement certaines manœuvres.
Je ne vais pas rentrer dans les détails, c'est un petit peu technique.
Des profils donc très différents.
J'ai suivi le départ à la fois en t'écoutant
et à la fois en regardant la télévision.
Et c'est vrai que juste avant de quitter le port,
beaucoup pleurent qu'ils soient jeunes, plus vieux, des hommes, des femmes.
Tout le monde est logé à la même enseigne.
Ça montre un peu l'intensité de ce que va être cette course,
de ce que représente cette course.
Je crois qu'ils pleurent tous parce qu'ils savent
qu'ils ne reverront leurs proches que dans deux mois et demi, trois mois.
Et qu'avant cela, il y a beaucoup de défis à surmonter,
de nuits qui peuvent être terribles.
Il y a la peur, sans doute déjà, qui les anime.
Et puis il y a toute l'intensité émotionnelle aussi du départ
vient du fait qu'être au départ au Sable d'Olonne,
c'est déjà une aventure.
En tout cas, il y a des larmes chez les proches,
il y a des larmes chez les marins.
Encore une fois, il y a beaucoup de profils, de personnalités.
Vous prenez un Guyrec soudé qui est un jeune marin.
Je le trouvais complètement exalté au moment de se lancer dans le départ.
Il nous disait cette phrase,
j'ai de l'eau de mer dans les veines,
moi je sens que je vais être là où j'ai envie d'être pendant toutes ces semaines.
Et puis il y en a qui sont vraiment dans l'émotion,
les pères de famille, Sébastien Marcé par exemple.
On l'a vu cette image très émouvante avec ses enfants,
une très longue étreinte, quelques mots glissés dans l'oreille.
Je vais être avec vous pendant ces trois mois,
je serai loin mais je serai là.
Voilà des moments très émouvants.
Chacun encore une fois à sa manière de vivre ça.
Mais ce qui est sûr, c'est que pour tous,
c'est un moment hyper intense en émotion.
Tu as employé le mot peur.
Est-ce que la peur de mourir,
c'est quelque chose qu'ils ont tous en commun ?
Quelque chose dont ils parlent ou pas ?
On sait qu'il y a trois marins depuis l'existence du Vendée Globe
qui ont perdu la vie.
Je ne leur ai pas posé la question directement,
j'aurais pu d'ailleurs et je pense qu'ils auraient répondu très simplement.
Ils savent tous que le risque fait partie de cette course.
Ils savent tous qu'il y a eu effectivement des naufrages dramatiques
lors des précédentes éditions.
On se rappelle que lors de la dernière,
Kevin Escoffier qui était l'un des concurrents
avait chaviré dans l'océan Indien,
si je ne dis pas de bêtises,
et que plusieurs de ses concurrents
avaient dû se déporter pour lui porter assistance.
Et finalement, il avait été recueilli à bord du bateau de Jean Le Cam.
Donc ça fait partie de cette course.
Ça fait partie aussi finalement de leur métier,
puisqu'ils font le Vendée Globe tous les quatre ans.
Mais il existe d'autres courses sur lesquelles
ces navigateurs, ces navigatrices s'alignent.
Donc je pense qu'ils vivent avec ça comme,
par exemple, pour couvrir le cyclisme en particulier,
qui est un sport lui aussi dangereux,
avec des épisodes dramatiques,
avec des très hautes vitesses,
dans un territoire qui est moins hostile,
certes que la mer,
mais avec un risque encore une fois qui existe.
Ces sportifs, ils l'ont intégré et ils vivent avec.
Donc ils se posent moins la question que nous finalement.
Ils font tous la même course, j'entends par là.
Est-ce que tout le monde y va pour gagner
ou il y en a qui y vont pour l'aventure ou pour la question ?
Je m'interrogeais en introduction de l'épisode
pour une quête personnelle, par exemple.
Tout le monde n'a pas le même bateau.
Tous les bateaux ne permettent pas à leurs navigateurs de gagner.
Donc certains savent très bien qu'ils ne seront pas a priori
les premiers à rejoindre les Sables d'Olonne
dans deux mois et demi.
Après, certains y vont pour la course.
Je prends le mot de Jérémy Beyou,
qui est donc l'un des concurrents,
qui a longtemps été favori des dernières éditions du Vendée Globe.
Il a réussi un podium, notamment par le passé.
Il m'expliquait qu'il y allait pour la course,
mais c'est dans la course qu'il trouvait l'aventure.
Il expliquait que lors de sa dernière participation,
alors qu'il s'élance comme l'un des favoris,
qu'il subit une avarie très tôt dans la course,
qu'il doit revenir aux Sables d'Olonne.
On a le droit, dans les premiers jours,
de revenir pour repartir beaucoup plus tard,
et qu'il est très en retard à ce moment-là, évidemment.
Il m'expliquait que ce tour du monde qu'il avait accompli
en délaissant la motivation la plus importante
qui était celle au départ de gagner,
était celui qui l'avait peut-être le plus enrichi personnellement,
parce qu'il y a trouvé autre chose,
une force de caractère pour se dire
« Allez, je repars, je termine ce tour du monde,
parce que je me suis tellement préparé pour ça,
qu'il faut que j'y aille,
que je trouve d'autres motivations dans cette course. »
Et vous en avez d'autres, effectivement,
qui vont plus pour l'aventure,
parce que c'est extraordinaire,
pour devenir un homme, c'est ce qu'il me disait.
C'est Éric Bélion qui te disait ça, c'est ce que j'entendais.
Il y a huit ans, j'y connaissais rien.
J'avais navigué deux fois en solitaire dans ma vie,
deux fois six jours,
et je partais pour cent jours de navigation.
C'était l'inconnu total.
Et j'y allais pour me battre contre ma peur,
pour essayer de devenir un homme.
Huit ans plus tard, Éric Bélion repart pour un tour du monde.
Toujours fasciné, lui, le Versaillais,
né loin des mers et des océans.
Je suis venu à ça par la lecture et par le rêve.
Pour moi, très clairement, c'est le défi ultime.
Il n'y a rien au-dessus du Vendée Globe
en termes d'extrême solitude,
en termes d'extrême vulnérabilité à la nature.
Il n'y a aucun sport, aucune discipline,
aucun travail au monde qui demande à un homme ou une femme
d'être aussi loin, aussi seul, aussi longtemps
dans un univers totalement hostile.
Voilà, je pense que c'est un petit peu une drogue aussi pour eux.
Samantha Davis me racontait qu'évidemment,
ils sont tous passionnés.
Donc, naviguer sur toutes les mers du monde
pour quelqu'un qui est passionné de bateau, de voile,
être accompagné par des albatros qui vous suivent,
c'est quelque chose d'extraordinaire.
Et puis, vous êtes en contact évidemment avec la nature
dans un environnement certes qui est parfois hostile,
mais qui peut être évidemment magnifique,
des couchers de soleil, des levées de soleil.
Quand vous êtes tout seul dans les océans,
ça doit être quelque chose d'assez exceptionnel.
Il faut avoir un grain de folie selon toi
pour s'élancer à l'assaut du Vendée Globe ?
Ce n'est pas un grain.
Il faut beaucoup plus que ça.
Il faut être complètement fou,
mais avec une maîtrise, je pense, de sa folie.
Ce sont des gens plutôt rationnels.
Souvent, ce sont des ingénieurs de métier, les navigateurs.
Ils n'ont plus tellement le choix aujourd'hui
avec la technicité, toute l'ingénierie qu'il y a
à bord de leur bateau de toute façon.
Exactement, il faut savoir maîtriser son bateau.
Mais quand je dis le maîtriser,
c'est que finalement, la plupart sont,
dès les étapes de conception ou d'aménagement du bateau,
ils sont complètement impliqués dans ces étapes-là.
Ce sont des projets qui se construisent.
C'est un cheminement qui est assez long
et comme tu le disais,
qui nécessite des connaissances, un savoir-faire,
en opposition avec la folie, une certaine rationalité.
Parce qu'il faut aussi, quand vous êtes en course,
faire les bons choix, garder la tête froide.
Un ensemble de qualités qui sont évidemment
au contraire à ce qu'on pourrait appeler de la folie.
Ils ont de l'audace, du courage,
mais ce ne sont pas des fous au premier sens du terme.
Est-ce qu'il y a un profil qui t'a plus séduit que les autres ou pas ?
Très bonne question.
Ils ont tous quelque chose de séduisant.
Chacune de ces histoires est touchante, marquante.
Évidemment, j'en parlais tout à l'heure,
les deux athlètes handisport,
je suis fasciné par ce qu'ils arrivent à réussir.
C'est dur de choisir parce qu'ils ont tous un truc en plus.
J'aime la littérature et j'aime aussi la mer par la lecture.
Je me reconnais un peu dans Éric Bélion,
dont on a parlé tout à l'heure,
mais c'est juste par affinité personnelle.
Sinon, je trouve qu'ils sont tous et qu'elles sont toutes extraordinaires.
Tu m'as dit, j'aime la mer par la littérature.
C'est vrai que tout ça, pour nous simple-terriens,
ça a une vraie notion d'aventure, d'aventure humaine,
d'aller dans des contrées que nous, on ne connaît pas.
Alors il y a ces marins, seuls en mer,
et puis il y a ceux qui vont vivre cette course par procuration,
bien au sec, et tu en fais partie grâce à un jeu de simulation
qui s'appelle Virtual Regatta, parcours identique,
départ virtuel donné au même moment que le départ réel.
Tu m'en dis un peu plus ?
Tu en as déjà dit pas mal finalement,
mais c'est un jeu qui vous permet de faire le tour du monde
dans le canapé, bien au sec,
avec les bruits de la mer, etc.,
pour vous laisser penser que vous êtes vous aussi
en train d'affronter ces océans terribles,
alors qu'il suffit simplement de déplacer votre curseur
pour choisir son cap, sa voile,
et tout ça s'adapte aux conditions météo réelles,
donc les mêmes conditions que les marins.
Donc c'est un petit peu addictif,
parce que si vous voulez être bon,
il faut être connecté à peu près toutes les 30 minutes,
parfois peut-être se réveiller dans la nuit
pour faire un changement stratégique.
Ça existe depuis plusieurs années maintenant,
il y avait eu un moment important pour ce jeu
lors de la dernière édition du Vendée Globe
qui avait eu lieu en plein confinement,
pour les Français en tout cas,
et il y avait eu énormément de joueurs,
je dis de France, mais aussi de l'international,
plus d'un million de joueurs qui avaient participé
à ce Vendée Globe virtuel.
C'est énorme !
Et beaucoup l'avaient découvert d'ailleurs à ce moment-là,
et là vous êtes encore face à,
je regardais tout à l'heure,
500, 50 000 peut-être inscrits déjà face à vous,
donc il y a le petit côté compétition,
et puis je dois dire que c'était assez émouvant
la première fois que j'avais, entre guillemets,
bouclé ce tour du monde dans mon canapé,
c'était assez émouvant de voir son bateau
revenir au port après ces trois mois
sur le téléphone portable ou sur l'ordinateur.
Là tu te situes où ?
On est un peu plus de 24 heures après le départ.
Je suis dans le top 20%,
je suis autour de la 100 000ème place,
mais les écarts sont très réduits.
Un vainqueur réel qui, selon toi,
est en mesure de remporter cette 10ème édition ou pas ?
Je mettrais une pièce sur Charlie Dalin,
qui est un marin reconnu,
qui a un très bon bateau,
deuxième de la dernière édition,
mais rappelez-vous, il était arrivé
le premier sur la ligne des Sables d'Olonne,
simplement celui qui l'a emporté,
Yannick Bestaven, avait eu une compensation de temps
puisqu'il s'était, j'en parlais tout à l'heure,
déporté au moment du naufrage de Kevin Escoffier,
donc le temps qu'il avait, entre guillemets,
perdu à ce moment-là lui avait été réattribué
a posteriori, mais Charlie Dalin
est le personnage, le marin le plus cité
parmi les favoris,
donc ça sera entre lui,
on parle beaucoup de Yannick Bestaven
qui est le vainqueur sortant,
il y a aussi des femmes qui peuvent tirer
leur épingle du jeu, rappelez-vous,
il y a quelques années,
Hélène MacArthur, la britannique,
finit ses deuxièmes, une autre britannique
a un beau projet aussi, c'est Samantha Davis
avec Initiative Coeur,
Clarisse Kramer, qui est une jeune
navigatrice française,
qui en est à sa deuxième participation,
beau projet également.
Finalement, ils sont peut-être
15, 20 sur les 40
à pouvoir gagner, sachant qu'on a
des surprises, que les favoris
peuvent connaître des avaries
et c'est toute la cruauté
et la magie en même temps de cette course.
Merci beaucoup Thomas
d'être venu me raconter tout cela,
tu seras à l'arrivée évidemment.
J'espère. Et on verra à ce moment-là
si ton pronostic est le bon.
Et merci à vous d'avoir écouté
cet épisode, n'hésitez pas à le partager.
Je vous dis à très vite.