La quête

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5 Vues de vidéo·17 nov. 2024
Courtes paraboles racontées par le père Pierre Trevet, prêtre du diocèse du Puy-en-Velay. Tirées des livres éponymes dont il est l'auteur, elles sont autant d'images inspirées pour goûter la sagesse chrétienne.
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Petite blagounette, nous sommes dans un avion de ligne, beaucoup de passagers, le commandant
vient de faire une annonce effroyable, l'avion va au crash, d'ici quelques minutes tout sera
anéanti.
Alors passé le moment de stupeur, on voit un passager qui se lève et qui crie à la
cantonade « mais n'y a-t-il pas quelqu'un ici pour poser un acte religieux ? » et
alors on a vu un catholique se lever, enlever sa casquette et faire la quête.
Un petit malicieux dit qu'au fond, la messe c'est une quête au cours de laquelle on fait
une prière.
Vous voyez, on en rit parce que peut-être qu'on n'est pas très à l'aise avec l'argent,
contrairement à certaines nations, certaines cultures qui ont moins de complexe.
Autre petite blagounette, trois curés faisant une session font une petite promenade avant
de reprendre les réflexions de l'après-midi et ils se disent tout en marchant « tiens,
on pourrait se dire comment on partage la quête entre nos affaires et celles de Dieu
? » « Ah, dit le premier, moi c'est assez simple, j'ai tracé sur le sol de la sacristie
une ligne blanche, je me mets sur cette ligne blanche avec le panier de la quête, je jette
en l'air, tout ce qui tombe à droite c'est pour moi, tout ce qui tombe à gauche c'est
pour le bon Dieu.
Eh bien, moi j'ai eu la même idée à peu près, mais j'ai tracé un cercle dans la
sacristie, je me mets au milieu, je jette le panier et tout ce qui tombe en dehors c'est
pour Dieu, tout ce qui tombe à l'intérieur c'est pour moi.
Et toi, comment fais-tu ? Ah bien, moi j'arrive à la sacristie avec le panier de quête et
je dis « Seigneur, surtout servez-vous bien, prenez tout ce dont vous avez besoin, je jette
tout en l'air et tout ce qui retombe c'est pour moi.
A quoi sont attribuées les quêtes ? Dans les messes, on vous le dit, il y a ce qu'on
appelle les quêtes impérées, par exemple début janvier pour l'épiphanie, la quête
est pour les missions d'Afrique, à la fin du mois de janvier elle est souvent pour les
lépreux, pour l'Ordre de Malte ou l'association Raoul Folreau qui s'en occupe, il y a aussi
pour le secours catholique, il y a également pour les missions générales, les oeuvres
pontificales missionnaires.
Sinon, quand on ne vous l'annonce pas, la quête est répartie entre le père évêque
qui peut ainsi payer tous les agents pastoraux de son diocèse, leur offrir un salaire à
peu près digne et puis la paroisse elle-même qui a besoin d'argent pour payer les nombreuses
factures de gaz, d'eau, d'électricité, de télécommunications et puis aussi de matériel
pédagogique, etc., etc., de réfection des bâtiments.
Nous n'avons d'argent que celui que vous voulez bien nous donner.
Un jour, un petit Théotime qui avait à ce moment-là six ans, avait trouvé deux petites
piécettes rouges de un centime d'euro et il les montrait fièrement tout heureux.
Son papa lui dit « dis donc Théotime, elles sont à toi ? » « Ben, je les ai trouvées.
» « Ah ! » lui dit son papa, « il faudra donc les mettre à la quête dimanche.
» Cette réflexion m'a fait plaisir parce que maman nous avait appris aussi, quand on
trouvait de l'argent, elle nous disait « tu le mettra dans le plat des âmes ». C'était
le panier de quête du dimanche.
Alors le petit Théotime réaction « pas les deux ! » Cette réaction de Théotime
m'a rappelé ce qui est dit de l'obol de la veuve de l'Évangile.
Jésus et ses disciples regardaient les gens dans le temple de Jérusalem et ils voyaient
les riches mettre ostensiblement une belle offrande dans le tronc du temple et Jésus
a remarqué une femme dont il a dit à ses apôtres qu'elle était veuve et qu'elle
venait de mettre deux piécettes, c'est-à-dire tout ce qu'elle avait pour vivre.
Heureux les enfants à qui les parents apprennent à partager, à offrir le meilleur d'eux-mêmes.
Ce qui est à retenir c'est que la quête est un acte liturgique.
La quête nous fait participer à ce qui se passe à l'autel.
Et le lundi matin quand vous retournez sur votre lieu de travail, vous ne jouez pas sur
un autre terrain.
Le Seigneur ne s'intéresse pas à nous que lorsque nous le prions, tout le concerne dans
notre vie.
Et comme dit le Concile Vatican II, la messe est la source et le sommet de notre vie chrétienne.
Preuvons-en deux ou trois petits gestes pendant la messe.
Par exemple, le prêtre à la fin de l'offertoire fait le geste du lavabo.
Les servants lui apportent de l'eau et puis un linge, ils se lavent les mains en disant
une prière tout à fait spirituelle.
Mais ce geste est très ancien, il remonte au temps où il y avait très peu d'argent
qui circulait et les fidèles offraient qui du miel, qui de la confiture, qui des légumes
de son jardin, qui des fruits.
Le prêtre recueillait tout cela pour ses besoins personnels et aussi pour pouvoir faire
vivre la communauté et il éprouvait le besoin de se laver les mains avant de poursuivre
l'Eucharistie.
Juste avant, il a mis une petite goutte d'eau dans le calice qui contient le vin qui va
devenir le précieux sang de Jésus.
Ça c'est très émouvant.
Je dis aux enfants, maintenant que j'ai mis la goutte d'eau, est-ce que vous pensez que
je puisse la retirer ? Non ! Et oui, elle est devenue inséparable du vin.
C'est impressionnant de penser qu'un peu d'eau va participer à devenir le sang précieux,
le sang glorieux, le sang douloureux de Jésus.
Et oui, voilà comment Dieu nous sauve.
Il ne fait pas de nous que des bénéficiaires, mais il nous traite en personne capable de
mettre quelque chose sur l'autel à lui donner en retour.
