Mgr Dominique-Marie David, archevêque de Monaco, est l'invité de "La vie des diocèses" pour parler de l'actualité de l'Eglise catholique dans la Principauté de Monaco, deuxième plus petit Etat au monde. A Monaco, "la religion catholique, apostolique et romaine est religion d'Etat", selon l'article 9 de la Constitution, qui garantit également la liberté des cultes. Dans ce cadre, comment proposer et présenter la foi à des collégiens et lycéens, qui ne sont pas tous catholiques ? REPORTAGE à la rencontre des élèves de l'Institution François d'Assise - Nicolas Barré et des adultes qui les accompagnent. INTERVIEW d'Esther Melkonian, vice-présidente de l'OEuvre d'Orient Monaco. Cette catholique engagée nous partage la façon dont la démarche synodale à Monaco a stimulé ceux qui portaient en eux un désir missionnaire. Dans cette émission, présentée par Honorine Grasset, l'archevêque de Monaco revient sur la fête nationale monégasque célébrée le 19 novembre et sur les enjeux pastoraux du diocèse... Il répond également à quelques « questions de terrain ». ---------------------------------------------------------------------- KTO ne vit que de votre générosité ! 👉Pour faire un don : https://donner.ktotv.com/LIENYT/ ---------------------------------------------------------------------
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans La Vie des Diocèses sur KTO Télévisions et KTO Radio,
une émission enregistrée depuis les studios de la communication du Sanctuaire de Lourdes
pendant l'Assemblée Plénière des Évêques de France.
Et comme chaque semaine, nous partons à la découverte d'un territoire, d'un diocèse et de son évêque.
Et aujourd'hui, direction la mer Méditerranée et la côte d'Azur pour découvrir la Principauté de Monaco.
Dans cette édition, on suivra des collégiens et des lycéens monégasques
pendant leur temps de catéchèse et de culture religieuse.
Et on entendra le témoignage d'Esther Melconian qui nous parlera de son désir missionnaire au cœur du diocèse.
Quelques mots sur Monaco, le deuxième état le plus petit au monde.
Sur le rocher, vous le savez peut-être, le catholicisme a la particularité d'être religion d'état.
Le drapeau monégasque reprend d'ailleurs les couleurs de saintes dévotes, on en reparlera.
On compte un peu moins de 40 000 habitants, parmi lesquels les trois quarts de la population ne sont pas monégasques.
Et sur ce territoire très densément peuplé, l'économie est fortement spécialisée,
notamment sur le plan immobilier ou financier, bien sûr.
Pour parler du diocèse de Monaco, je reçois avec joie son archevêque, monseigneur Dominique Marie David.
Bonjour monseigneur.
Bonjour, merci de votre accueil.
Merci de venir au cœur de l'Assemblée plénière des évêques.
Je viens de donner quelques caractéristiques de Monaco.
On a beaucoup peut-être de préjugés sur cet état.
Présentez-nous un peu ce diocèse dont vous avez la charge.
Alors vous avez parfaitement raison, c'est un tout petit diocèse qui est en même temps un pays à la taille d'un village.
Alors on connaît Monaco ou Monte-Carlo comme on l'appelle aussi,
même si Monte-Carlo est un quartier de la principauté.
On connaît souvent de l'extérieur avec des éléments bien identifiés,
d'une population aisée, avec l'industrie du luxe et du tourisme.
J'ajouterais de l'événementiel, que ce soit au niveau sportif, scientifique, artistique,
il y a toujours un événement en cours à Monaco.
Mais quand je suis arrivé, j'ai aussi découvert une autre face de ce diocèse,
une plus grande diversité que ce que j'avais imaginé.
Et souvent je dis qu'il y a plein de gens tout à fait normaux à Monaco
et c'est un vrai et beau lieu de mission.
On vient de voir quelques chiffres s'afficher.
Je mentionne la présence de 27 prêtres au total dans le diocèse,
de 6 paroisses, 2 établissements scolaires d'enseignement catholique.
Mais on va reprendre tout ça ensemble.
Au début de cette émission, quelques dates, peut-être pour mieux vous connaître.
Monseigneur Dominique Marie-David, vous êtes archevêque de Monaco depuis 2020,
né en Maine-et-Loire en 1963 à Beaupréaux.
Vous avez été ordonné prêtre en 1991 à Nantes,
comme membre de la Communauté de l'Emmanuel.
Vous avez d'ailleurs été, entre autres, responsable des prêtres et séminaristes
de la Communauté de l'Emmanuel de 2009 à 2016,
et recteur de l'église de la Trinité des Monts à Rome de 2016 à 2019.
Alors, ça ne résume pas tout votre ministère, mais ça donne quelques points de repère.
Vous avez choisi comme devise épiscopale, inversée de la lettre de Saint-Paul,
la première lettre aux Thessaloniciens,
« Il est fidèle, celui qui vous appelle ».
Je vous propose de commencer, comme on est diffusé lundi 18 novembre,
de commencer par l'actualité, parce que ce mardi 19 novembre,
c'est la fête nationale monégasque, le jour du souverain ou la fête du prince,
qui est pour les monégasques le jour le plus important de l'année,
avec une messe d'action de grâces célébrée en la cathédrale Notre-Dame Immaculée de Monaco.
Que représente ce jour pour vous, comme marchevêque de Monaco ?
Vous êtes aussi une des personnalités de l'État.
Vous avez raison, nous sommes dans les derniers préparatifs,
et c'est toujours un événement attendu par toute la principauté,
plus largement d'ailleurs parce que tous les ambassadeurs
accrédités auprès de la principauté de Monaco se rassemblent.
La plupart sont à Paris ou dans d'autres lieux,
pour vivre avec les monégasques et les résidents ce moment fort.
Vous avez également raison de souligner l'interaction très étroite
entre les événements marquants du pays et la vie de l'Église.
C'est vrai dans ce sens pour la fête nationale et pour la Sainte des Votes,
c'est une fête religieuse qui a aussi ses répercussions nationales.
Alors c'est un grand moment, je pourrais dire à la fois un peu solennel,
mais aussi très familial.
Alors effectivement, au milieu de beaucoup d'événements qui marquent cette fête,
le Tédéum, comme nous l'appelons, qui est en fait une messe
à laquelle nous intégrons un champ d'action de grâce au Seigneur
pour sa présence à Monaco, il faut le rappeler,
ce n'est pas juste un événement formel, c'est aussi un événement de foi,
et nous prions spécialement pour le prince et sa famille
avant des festivités plus conviviales sur la place du palais
et plus artistiques le soir.
Mais c'est quand même un des grands moments de la vie de Monaco
et de tous ceux qui aiment la principauté.
Cette messe donc, mardi 19 novembre, qui sera diffusée sur KTO également.
Je le disais en introduction, à Monaco, la religion catholique,
apostolique et romaine est religion d'État, c'est l'article 9 de la Constitution
qui garantit également la liberté des cultes.
Il y a une question qui se pose dans ce cadre,
comment proposer et présenter la foi à des collégiens et lycéens
qui ne sont bien sûr pas tous catholiques ?
L'enseignement catholique est présent à Monaco avec son caractère propre
et des cours d'instruction religieux sont aussi proposés dans l'enseignement public.
Nous avons suivi des élèves de l'institution François d'Assise-Nicolas Barré
et les adultes qui les accompagnent, c'est un reportage d'Ophélie Maria.
Près de trois heures de marche, les élèves de seconde de l'institution François d'Assise-Nicolas Barré
arrivent enfin sur le Mont Agel qui surplombe Monaco.
Aujourd'hui, c'est journée d'intégration pour ces 80 lycéens
accompagnés par leurs professeurs, notamment d'éducation religieuse.
C'est une journée qui a été beaucoup organisée par les profs de sport
mais on y participe bien volontiers, il n'y a pas la pastorale d'un côté et les autres profs de l'autre.
Tous participent à une messe un peu particulière en plein air.
C'est vraiment réjouissant de se retrouver dans la nature
et ça nous rappelle aussi peut-être le créateur d'être là au milieu des collines.
Dans cet établissement de l'enseignement catholique,
des cours de catéchèse sont inclus dans la scolarité.
Puis, à partir de la troisième, des cours de culture religieuse.
Pour beaucoup, c'est une première annonce aussi de la foi
donc c'est important que les premières années de collège restent cette annonce de la foi chrétienne.
À partir de la troisième et de la seconde, on va faire aussi tout un travail avec eux
pour qu'ils arrivent à, disons, le relier avec leur vie de tous les jours.
Des temps qui les aident à échanger entre eux
et à mieux comprendre leur propre foi ou celle des autres.
Dans ma classe, il y en a qui ne sont pas forcément croyants
mais ça permet aussi de pouvoir faire des échanges
parce que moi je suis croyante, je vais à la messe le dimanche, je pratique.
Du coup, ça leur permet de nous poser des questions, même à nous-mêmes.
Ça nous ouvre pour leur poser des questions, savoir eux comment ils vivent, etc.
On peut apprendre sur les religions
et aussi on peut se sentir plus proche du Seigneur en faisant ce genre de classe.
Dans leur lycée, une salle réservée à l'aumônerie est ouverte aux jeunes pendant la récréation.
C'est ici qu'ont lieu les cours de catéchèse et de culture religieuse.
Moi, ça m'aide beaucoup et j'aime bien ce temps qu'on a toutes les semaines.
Moi, je suis rentrée en sixième à FANB.
Avant, j'étais dans une école publique et venir dans une école privée catholique,
ça m'a vraiment aidée à continuer mon chemin de foi
et à vraiment comprendre pourquoi je suis catholique et pourquoi ça m'aide dans ma vie quotidienne.
Cet après-midi, Franck accueille des Troisièmes pour un cours sur les différentes paroisses de Monaco,
ce qui lui permet d'évoquer, entre autres, la Sainte Patronne de Monaco.
Ça fait partie des vestiges qui sont importants pour les chrétiens.
Et à Monaco notamment, on a comme ça des restes de choses qui ont appartenu carrément à nos deux Saintes Dévotes.
Ces jeunes-là, si on arrive déjà à les rendre un peu curieux du monde dans lequel ils vivent,
de voir qu'autour d'eux, il y a de l'art qui est lié à la religion, il y a des traditions, il y a des fêtes.
Ne serait-ce qu'un apport culturel, déjà, c'est hyper important d'arriver à créer du lien et de l'intérêt.
Et puis, des fois, on est surpris de jusqu'où ça va.
On a encore en lycée, il y en a en troisième cette année, en seconde, en première et en terminale,
des jeunes qui demandent des sacrements.
À Monaco, où le catholicisme est religion d'État, les élèves ont des cours d'instruction religieuse dans le public comme dans le privé.
Une occasion de leur faire découvrir ou redécouvrir la foi et de s'ouvrir à toutes les religions.
On a vu quelques visages de ces jeunes de Monaco sur un territoire de 38 000 habitants.
C'est quoi un peu la particularité de la pastorale des jeunes dans le diocèse de Monaco ?
Des mouvements scouts à l'enseignement religieux, le catéchisme dans les lycées ?
Oui, de fait, la pastorale des jeunes se diversifie selon qu'elle se situe plus dans un cadre paroissial,
dans un cadre scolaire ou aussi grâce aux mouvements.
Parce que nous avons trois principaux mouvements qui prennent soin des jeunes.
Des mouvements éducatifs qui, à chaque fois, essayent d'intégrer le jeune, comme dans l'enseignement d'ailleurs, dans une perspective globale.
Alors les jeunes, on l'a dit et entendu plusieurs fois, nous sommes dans un pays officiellement catholique.
Alors on peut tout de suite imaginer que tout est accompli et qu'il n'y a plus rien à faire, plus rien à annoncer.
On voit bien que ces jeunes sont des jeunes comme les autres.
Ils vivent dans un pays effectivement officiellement catholique,
mais leur propre chemin doit être accompagné pour qu'ils puissent comprendre ce que cela signifie
au-delà du patrimoine historique traditionnel.
Un exemple, le 8 décembre est férié, le jour de la fête Dieu est férié aussi à Monaco,
mais beaucoup de ces jeunes ne savent absolument pas pourquoi.
Donc c'est aussi à nous de prendre des passerelles de leur vie quotidienne, culturelle,
et de leur donner le fond d'une connaissance et favoriser la possibilité d'une rencontre avec le Christ, qui est toujours notre mission.
Plus de 95% des jeunes quittent Monaco pour faire leurs études supérieures.
Comment est-ce qu'on peut rejoindre les étudiants, les jeunes pros qui reviennent parfois en principauté ?
Alors parfois ils reviennent de fait pendant leur temps à l'extérieur,
ils aiment bien revenir à Monaco pendant les vacances et certains restent actifs dans les paroisses
et les mouvements de jeunesse au moins à ce moment-là.
Et puis nous sommes vraiment en grande réflexion en ce moment, là votre question tombe à pic,
sur la possibilité d'ouvrir des portes pour les jeunes pros.
Aujourd'hui il y a un gros développement dans beaucoup de lieux et particulièrement en France
et nous aimerions bien nous inspirer de ce qui peut se faire pour répondre à des questions spécifiques de ces jeunes,
soit qui reviennent à Monaco ou qui viennent travailler et qui se posent beaucoup de questions sur leur chemin.
On l'entendait y compris chez ces adolescents là dans les lycées,
il y a aussi des demandes de baptême d'adolescents, de jeunes adultes,
comment est-ce que la pastorale d'accompagnement de ces cathèques humaines se met en place ?
Alors de fait on rejoint un mouvement qui est plus général que ce que nous pouvons vivre
et beaucoup d'évêques et beaucoup de prêtres et de paroisses témoignent de cet afflux.
Alors c'est une vraie responsabilité pour nous, tant dans les paroisses que dans les établissements scolaires,
partout où se trouvent des jeunes, d'être à même de les accueillir, de les accompagner
et de favoriser les lieux de cheminement et de croissance.
Même un jeune qui vient frapper à la porte et qui demande le baptême, la confirmation,
nous l'avons entendu, des lycéens et des jeunes pros et beaucoup d'autres
qui demandent d'avoir une qualité d'accueil et d'accompagnement
qui leur permet de faire le chemin au-delà d'une première demande,
un vrai chemin de découverte et d'expérience chrétienne.
On parle du sacrement du baptême, je fais le pont avec le sacrement du mariage
parce qu'en juin dernier vous avez signé un texte particulier, un directoire sur le sacrement du mariage.
Pourquoi est-ce que vous voulez comme ça renouveler la pastorale du mariage ?
Il nous a semblé important, et ça a émergé de notre conseil présbytéral
qui rassemble tous les prêtres de notre diocèse, ils ne sont pas si nombreux,
de nous donner des points de repère pour l'accompagnement et la célébration.
Pourquoi ? Parce que nous avons des demandes de couples très sympathiques
et qui à priori sont dans une démarche très positive de demander le sacrement de mariage,
mais qui n'ont plus de connaissances de ce que c'est une célébration religieuse,
de ce que c'est un sacrement de mariage,
et donc j'ai voulu donner aux prêtres et à toutes les équipes qui préparent au mariage,
y compris les laïcs qui participent au centre de préparation au mariage,
des points de repère pour aider dans l'éducation et la formation de ceux qui se présentent à nous,
en leur disant d'abord réjouissez-vous avec eux, parce que c'est une bonne nouvelle,
accueillez-les avec joie, et ensuite donnez-leur des indications
qui vont les aider à mieux comprendre ce qu'ils veulent vivre.
Mgr Dominique-Marie David, je vous propose maintenant d'entendre le témoignage
d'Esther Melconian, catholique engagée à la vice-présidente de l'œuvre d'Orient Monaco.
Elle nous partage la façon dont la démarche synodale à Monaco a stimulé
ceux qui portaient en eux un désir missionnaire.
La consultation nationale du Synode et la lettre pastorale de notre évêque qui a suivi
ont permis de mettre en route et d'encourager ceux qui portaient un désir missionnaire.
Les rencontres diocésaines, comme la fête de Dieu, la messe chrismale,
les différentes propositions comme le parcours Alpha, connaître Jésus, gratitude,
offraient déjà la possibilité de vivre en disciples enthousiastes du Christ.
Dans cette dynamique, de nouveaux parcours de cheminement et de croissance spirituelle ont démarré.
Nous les appelons aujourd'hui les parcours missionnaires.
Notre archidiocèse continue à recevoir de nombreuses propositions missionnaires
qui sont accueillies et accompagnées par le comité diocésain pour la mission avec notre archevêque.
D'un point de vue personnel, je peux témoigner que pendant le rassemblement kérigma à Lourdes l'année dernière,
il m'est apparu que rien n'était figé dans notre église qui est à Monaco.
Nous pouvons ensemble évangéliser par attraction.
L'évangélisation est désormais devenue mon projet de vie.
Du chemin de la croix au chemin de lumière, la puissance de l'amour du Seigneur pour les frères change la vie.
Nous pouvons ensemble évangéliser par attraction, dit Esther.
Comment est-ce que justement on stimule ce désir missionnaire à Monaco ?
Beaucoup d'autres, Esther est un exemple parmi d'autres,
auraient pu témoigner de ce qui est en train d'émerger,
qui a déjà été travaillé, accompagné par mon prédécesseur et ses collaborateurs,
mais qui aujourd'hui est à la faveur de la démarche du Synode,
de l'expérience kérigma dont a parlé Esther,
même des rencontres méditerranéennes auxquelles nous avons eu la chance de participer l'année dernière,
et les JMJ pour les jeunes.
Tout cela a contribué à faire émerger un moment favorable
pour que la mission ne soit pas seulement un slogan à laquelle on se raccroche
parce qu'on sait que c'est notre appel,
mais une réalité, alors je vous rassure, ça se fait de manière très modeste,
nous sommes un petit diocèse, ce sont des petites expériences,
mais qui toutes visent à accueillir, accompagner et proposer des parcours de cheminement des personnes,
de les prendre là où elles sont et de les faire avancer.
Voilà pourquoi il m'a semblé bon, à côté de tous les services et les conseils diocésains déjà existants,
de mettre en place un comité diocésain pour la mission,
pour accompagner ces projets missionnaires,
pour vérifier si la vie de notre diocèse ne perd pas le dynamisme missionnaire
et qu'on ait toujours une dimension missionnaire présente à l'esprit
lorsque nous initions des projets,
lorsque nous discernons ce que nous devons ou ne pouvons pas faire au long de l'année.
Alors il y a encore du chemin à parcourir bien évidemment,
mais pour un évêque c'est vraiment une très très grande joie,
malgré les défis, malgré les pauvretés, malgré les lourdeurs qui parfois habitent notre vie,
c'est quand même la joie d'un pasteur de voir Dieu à l'œuvre,
parfois même là où il ne l'attendait pas.
Je voudrais revenir sur une initiative que vous proposez chaque semaine,
tous les jeudis après la messe de midi.
Vous proposez une rencontre autour d'un repas à la maison diocésaine,
un temps ouvert à tous qui s'appelle les Jeudis de l'Agora.
C'est une façon dans ce territoire particulier de Monaco
de pouvoir rencontrer vraiment les personnes.
Oui, alors ça me fait toujours un peu sourire quand on m'interroge sur cette initiative,
parce qu'un jour quelqu'un m'a dit,
mais quel a été votre grand projet mis en œuvre depuis que vous êtes arrivé ?
Et j'ai dit, en fait j'invite les gens à célébrer la messe et après il y a un pique-nique.
Donc ce n'est pas une créativité, comment dire, très originale.
Mais il m'a semblé important, parce qu'à Monaco il y a un paradoxe aussi,
c'est que chacun est un peu dans sa paroisse,
on se voit tous les uns des autres de notre fenêtre,
puisque le pays ne fait que deux kilomètres carrés,
mais il y avait un manque peut-être d'intérêt, de curiosité,
ou même de communion fraternelle entre les différentes réalités.
L'intérêt de la maison diocésaine, c'est que c'est la maison de tous,
ce n'est pas la maison d'un groupe ou d'une paroisse en particulier.
Et cette messe et ce repas partagé sont ouverts à tous,
du plus petit jusqu'au plus grand, de n'importe quelle paroisse,
n'importe quelle nationalité, et même de chemins spirituels différents.
Il y a des gens parfois qui viennent invités par des amis
qui sont en pleine recherche.
Pendant les vacances il y a des familles entières qui viennent,
et puis la population change.
C'est vraiment l'idée, c'est de se dire,
nous sommes proches géographiquement,
mais prenons-nous le temps de nous rendre proches les uns des autres.
Et pour moi comme pasteur, et c'est l'avantage d'un petit diocèse,
c'est que l'accessibilité, la proximité sont possibles,
sans trop d'efforts.
Et c'est une manière de vivre ce qu'on appelle aussi la proximité évangélique,
c'est-à-dire de se faire proche des gens, de s'intéresser à eux,
pour qu'eux-mêmes puissent poursuivre un chemin de recherche,
de découverte et de foi.
Et ce n'est pas rare que nous ayons de très beaux chemins accompagnés.
Mgr Dominique-Marie David,
on va passer à la dernière séquence de cette émission,
les questions de terrain.
Et on a une première question de Camille,
qui est en classe de seconde et qui fait partie du phare
foie, action, rayonnement à Monaco.
Bonjour Mgr, j'avais une petite question à vous poser,
je voulais savoir ce que ça peut vous faire,
ce que ça fait d'être archevêque et d'avoir autant de responsabilités
dans un état qui est catholique ?
Je peux répondre ?
Allez-y !
Je suis un peu surpris puisque je découvre les questions.
Ce n'est pas une question inédite, parfois on me la pose.
D'abord, la mission d'un évêque, c'est reçu, c'est accueilli,
on ne demande pas à l'être,
on ne demande pas non plus à aller dans le diocèse
que nous aimerions servir,
mais celui que Dieu, par la nomination du Saint-Père,
nous donne de servir.
Bien sûr, il y a des responsabilités,
mais comme ma devise épiscopale,
que vous avez rappelée au début de l'émission,
c'est « il est fidèle celui qui vous appelle »,
je pourrais dire que chaque matin,
je décide de m'appuyer sur la fidélité de Dieu
et sur le soutien et la compréhension de mes collaborateurs
sans qui je ne pourrais pas exercer cette mission.
J'en suis de plus en plus persuadé
et c'est un des aspects du synode que j'aimerais rappeler,
c'est qu'on ne porte pas sa responsabilité seule,
on la porte, oui, et on doit l'assumer,
mais en prenant le temps d'écouter, de travailler,
d'échanger avec tous ceux qui sont autour de nous
et que je remercie.
On écoute maintenant Sylvie qui est directrice artistique
et responsable du chapelet sur la paroi Sainte-Dévote.
Bonjour Monseigneur,
ça fait deux ou trois ans que je suis responsable
du chapelet à Sainte-Dévote
et j'aimerais savoir comment je peux faire
pour attirer plus de gens de mon âge,
pour leur dire que oui, on peut avoir 40 ans,
35 ans ou un peu plus ou un peu moins
et venir faire le chapelet tous les jours,
j'aimerais leur expliquer,
leur faire comprendre ce que ça fait,
ce que ça a changé ma vie et comment je peux faire.
Alors, chère Sylvie,
oui, c'est une question que vous vous posez,
Sylvie, et que beaucoup se posent
pour essayer de, comment dire,
que le témoignage que nous portons
puisse amener des gens à faire un pas de plus vers Dieu,
ça peut être vers le chapelet,
vers tel groupe de formation ou tel lieu de service.
Et je pense que pour vous, comme pour beaucoup,
l'essentiel c'est d'abord d'établir la relation
avec les personnes,
porter de l'intérêt et du soin à la personne,
peut-être avant de lui proposer immédiatement
de rejoindre un groupe, une activité, un service.
Et c'est sans doute à l'intérieur d'une relation d'amitié,
d'une relation de confiance,
quand on aura appris à se connaître mieux,
que notre proposition, quelle qu'elle soit,
par exemple le chapelet en votre cas,
pourra trouver une résonance.
On a beaucoup de personnes aujourd'hui
qui font un chemin spirituel,
qui aimeraient vivre un chemin de vie chrétienne,
mais qui sont très prudents
avant de se faire, peut-être,
récupérer, entre guillemets,
ou en tout cas, alpaguer,
ou même inviter,
même si c'est très positif.
Donc voilà, à l'intérieur d'une relation
et d'un témoignage de vie,
je pense que la proposition
deviendra plus naturelle.
Et on a une dernière question de Robert,
qui est agent de sécurité
et qui fait partie de la chorale
de la paroisse Saint-Charles.
Dans la Bible, on trouve souvent le mot
danser, danser pour Dieu,
chanter pour Dieu, danser pour Dieu,
ça revient souvent.
Et je me demande, dans l'Église,
est-ce qu'on ne peut pas introduire
la danse dans l'Église,
pas pour toutes les cérémonies,
mais au moins pour quelques cérémonies
et festives,
pour que l'Église soit
quelque chose de nouveau.
Alors nous avons une chance
inouïe à Monaco,
c'est que nous avons
plus de 120, 130 nationalités
et que c'est un monde
multiculturel.
Et je pense qu'effectivement,
à cette question, je ne peux que répondre,
écoutez, faites-nous partager
les richesses des cultures qui sont les vôtres
pour qu'effectivement,
nous puissions aussi
embellir
l'Église, nos célébrations.
Alors c'est vrai qu'à Monaco,
c'est tout petit, il y a beaucoup de sensibilité
qui s'exprime dans la liturgie,
dans les célébrations, mais toutes ont leur place
et toutes contribuent
à donner ce beau visage de l'Église,
à la fois dans le recueillement,
mais aussi dans l'expression
joyeuse de la foi,
en lien avec les paroisses
et les équipes et les communautés.
Sur trois communautés
religieuses, nous avons deux communautés
d'origine africaine et qui aident aussi
à découvrir cet aspect
de la joie et de l'expression
du corps dans la liturgie.
Et bien sûr, cela a aussi sa place chez nous.
Merci pour vos réponses
et puis merci surtout Mgr Dominique-Marie-David
d'être venu sur le plateau de la vie des diocèses
au cœur de l'Assemblée plénière des évêques à Lourdes.
Pour en savoir plus
sur le diocèse de Monaco, j'indique
à tous ceux qui nous suivent le site internet
diocèse.mc
C'est très simple. Cette émission,
comme à chaque fois, est à retrouver sur
kto.tv.com. Merci à chacun
d'entre vous pour votre fidélité.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine.