Un ancien soutien du général Assimi Goïta a été placé sous mandat de dépôt pour des propos qu’il a tenus sur le plateau de la chaîne télévisée Joliba TV au sujet du pouvoir burkinabè. Il sera prochainement jugé pour « offense commise publiquement envers un chef d'État étranger ». Quels propos sont reprochés à Issa Kaou N’Djim ? Cette situation peut-elle avoir directement des répercussions sur la chaîne Joliba TV ? Avec Serge Daniel, correspondant régional de RFI sur le Sahel. #mali#bamako#assimigoïta 🔔 Abonnez-vous à notre chaîne : https://rfi.my/YTfr 🔴 Suivez RFI en DIRECT vidéo ici : https://rfi.my/YTliveFR 🌍 L’actualité du monde et de l’Afrique en direct : https://www.rfi.fr/fr/ Rejoignez-nous sur Facebook : https://rfi.my/FBfr Suivez-nous sur X (Twitter) : https://rfi.my/Xfr Découvrez l’actu en images sur Instagram : https://rfi.my/IGfr Recevez les dernières infos sur Telegram : https://rfi.my/TGfr
Vous avez une question sur un événement médiatique et devenu judiciaire depuis,
qui a agité à la fois le Mali et le Burkina Faso la semaine dernière et on vous écoute.
Oui, Issa Kaoudim, un ancien soutien d'Assimi Goïta, a été placé sous mandat de dépôt
pour des propos qu'il a tenus sur la chaîne Joliba TV au sujet du pouvoir burkinabé.
Alors, quels sont les propos qu'il lui sont reprochés et que risque-t-il ?
Serge Daniel, vous êtes en ligne avec nous, correspondant régional de RFI en Afrique de l'Ouest.
Bonjour Serge.
Edouard, bonjour.
Revenons sur les faits. Donc, quels propos précisément sont reprochés à Issa Kaoudim ?
Alors, l'homme politique malien Issa Kaoudim, qui depuis d'ailleurs un moment était dans le collimateur de la jeune Malienne,
participait à un débat sur Joliba TV, qui est un média privé du Mali,
et l'un des sujets portait sur l'arrestation annoncée le 8 novembre dernier au Burkina
d'un homme qui, selon la très officielle version, tentait de corrompre des militaires burkinabés
avec la somme de 5 milliards de francs CFA pour faire un coup d'État.
Alors, pour Issa Kaoudim, l'affaire est montée de toute pièce pour amuser la galerie,
et sur le plateau il s'est interrogé, je cite,
« qui a besoin de déstabiliser un pays qui n'existe que sur la carte ? ».
Un mot quand même, Edouard, pour dire que sur le même plateau, lors du débat,
d'autres intervenants avaient également mis en doute l'existence
de la tentative de déstabilisation de l'agenteur burkinabé.
Alors, c'est l'autorité de régulation de la communication au Burkina
qui a dénoncé des propos presque insultants pour le peuple burkinabé et pour ses dirigeants.
Que risque Issa Kaoudim, Serge ?
Alors, c'est notamment l'article 147, aliénate 2 du code pénal malien,
qui dispose d'une peine de 3 mois à 1 an de prison
contre quiconque, par discours, cris ou menaces tenues dans un lieu public,
contre un chef d'État en visite au Mali.
Or, petite observation quand même, Edouard,
le chef d'État critique, le capitaine Ibrahim Koulibaly, n'était pas en visite au Mali.
Le capitaine Traoré au Burkina Faso.
J'ajoute aussi ces inquiétudes des ONG qui s'inquiètent d'un musellement
de la liberté de la presse et d'expression qui devient régional,
c'est-à-dire l'autorité de régulation d'un pays qui peut avoir des conséquences
sur un autre pays, aussi allié ces pays soient-ils.
Khalilou, il y avait une deuxième partie à votre question.
Oui, est-ce que cette situation peut avoir directement des répercussions
sur la chaîne de Louba TV ?
Serge Daniel, justement, est-ce que la chaîne pourrait être mise en cause
pour des propos qui ont été tenus sur l'un de ses plateaux ?
Ah oui, parce qu'il y a quand même d'ailleurs une procédure qui est en cours
depuis que les autorités du capitaine Ibrahim Traoré ont porté l'affaire
sur les places publiques.
C'est-à-dire qu'au Mali, il y a la haute autorité de la communication,
la HAC, qui a déjà entendu les responsables de Joliba TV.
Alors, selon la procédure, la HAC devrait rapidement envoyer à Joliba TV
un premier rapport.
En 72 heures, la télé doit répondre.
Après, il y aura une réunion de la HAC pour statuer, on saura,
la décision de l'organe qui régule le secteur des médias au Mali.
Il faut quand même un petit rappel, c'est que la HAC, en novembre 2022,
dans une autre affaire, avait déjà suspendu pour deux mois les émissions
de Joliba TV, l'un des médias les plus suivis au Mali.
Alors, raison évoquée à l'époque, propos diffamatoires et infondés.