Notre reporter Jordan Florentin était présent au Stade de France ce jeudi 14 novembre à l'occasion du match France-Israël, qui a beaucoup fait réagir. Il a pu recueillir le témoignage de nombreux supporters des deux camps, et notamment d'un groupe d'Antifa.
Moi je trouve ça juste dégueulasse d'entendre des supporters israéliens
crier « mort à la Palestine ».
« Mort aux Italiens », tout de suite je te pisse dessus, je te tue, tu fais quoi ?
La France insoumise elle n'initie pas de rassemblement en vérité.
Les rassemblements c'est le peuple, c'est nous qui faisons la rue, c'est pas la France insoumise.
Il y a deux poids deux mesures quand même puisqu'on voit une petite attaque.
Petite attaque le 7 octobre.
Il est 21h15, on est devant le Stade de France avec l'équipe de Frontières
pour le match sous haute tension entre la France et l'Israël.
Un match qui a absolument voulu maintenir Bruno Retailleau, le nouveau ministre de l'intérieur.
Un match qui a réquisitionné 4000 gendarmes et policiers dignes des Jeux Olympiques
pour sécuriser les abords et l'intérieur du Stade de France.
Il y a déjà une bagarre qui a éclaté entre supporters français et israéliens.
Donc avec Frontières on est sur place, on va rester là jusqu'au bout de la nuit
pour voir ce qui se passe avant, pendant et après le match.
On ne manquera pas de vous informer, donc suivez-nous, abonnez-vous,
pensez à liker, commenter, partager cette vidéo.
Palestine vivra, Palestine vaincra !
Ils étaient dans le stade, madame ?
Ils étaient dans le stade ?
On ne donne pas d'argent au match de la honte.
Pourquoi vous dites match de la honte ?
Parce que l'Israël est en train de commettre un génocide en Palestine.
Donc vous employez le terme génocide ?
J'emploie le terme génocide comme l'ONU l'emploie aujourd'hui.
Il y a eu une manifestation de la France insoumise tout à l'heure devant le stade, vous y étiez ?
Pas de la France insoumise, il n'y a eu aucune manifestation de la France insoumise.
On a vu Éric Cottrell à Saint-Denis devant le stade.
Comment ?
Il y a eu Éric Cottrell qui organisait avec des militants une manif devant le stade.
Il a rejoint un rassemblement mais qui n'était pas initié par la France insoumise.
La France insoumise n'initie pas de rassemblement en vérité.
Les rassemblements c'est le peuple, c'est nous qui faisons la rue, ce n'est pas la France insoumise.
Vous avez une ou deux questions ? Vous aviez prévu d'aller au match ?
Non.
Non ? Du coup vous faites quoi ici ?
En fait on était venu voir la sortie des joueurs.
Ah la sortie des joueurs, ok.
On ne peut pas trop.
Est-ce que vous êtes venu du fait que c'est Israël qui joue ?
Non, pas du tout. On vient pour l'équipe de France.
Si vous étiez au courant qu'il y a des problèmes de sécurité ce soir des supporters israéliens.
Il y a une bataille à l'intérieur entre supporters français et israéliens.
Vous suivez un peu le conflit Israël-Palestine ?
Le conflit ? Oui, je suis un peu.
Et là vous n'avez vu personne avec des drapeaux palestiniens venir protester contre les joueurs israéliens ?
Non, je n'ai vu personne.
Vous en tout cas vous vous en fichez de ça ?
De quoi ?
Vous n'êtes pas venu pour protester contre Israël au stade de France ?
Non, je suis venu voir le match.
Mais sinon, concernant le conflit Israël-Palestinien, j'ai mon avis.
Mais je trouve que ça n'a pas lieu d'être truqué aujourd'hui.
Dans le sport, on ne devrait pas mettre de politique.
On a interdit les JO à la Russie pour l'Ukraine.
Je ne sais pas pourquoi.
On n'interdirait pas ça à Israël.
Vous pensez qu'Israël n'a pas le droit de jouer en France ?
Ce n'est pas à moi de le dire.
Mais si on interdit à la Russie, je trouve qu'on doit réussir à interdire Israël.
Pour vous, Israël vaut la Russie par rapport à la guerre ?
Vous les mettez sur le même plan ?
Quand on voit ce qu'il se passe, c'est un peu similaire.
Vous ne pensez pas qu'Israël est en droit de se défendre ?
Après, je ne sais pas si vous appelez ça une défense,
mais il y a deux poids, deux mesures quand même.
On voit une petite attaque, et là on voit des morts, des enfants.
Une petite attaque le 7 octobre ?
Petite attaque comparée à ce qui se passe actuellement à Gaza, au Liban.
C'est quand même démesuré, on est bien d'accord.
Ça reste quand même condamnable ?
Bien sûr, c'est condamnable, comme toute forme de violence qui est condamnable.
Mais il y a quand même un gros deux poids, deux mesures.
Vous avez vu, le match est sous haute tension,
vu qu'il y a Israël qui joue contre la France.
Vous en pensez quoi ?
Franchement, il faut faire attention.
Surtout nous, en arrivant, on s'est dit
est-ce que vraiment on vient ici parce qu'on sait que c'est dangereux ?
Avec la police, on s'en sécurise.
Il est 22h avec Frontière, on passe toute la soirée devant le Stade de France
pour voir ce qui se passe avant, pendant et après le match France-Israël.
Un match qui a été largement boycotté.
Il y a peu de monde dans l'enceinte du Stade de France.
En revanche, il y a déjà eu une bagarre entre des supporters français et israéliens.
On est sur place, on va voir 4000 policiers et gendarmes mobilisés,
on se croirait au moment des JO 2024.
Est-ce que ce sera suffisant pour empêcher des débordements à la sortie du match,
pour empêcher des rassemblements pro-palestinien ?
Il y a eu à 18h aujourd'hui un rassemblement de la France Insoumise
pour dénoncer ce match devant le Stade de France à Saint-Denis.
On est sur place avec Frontière, pensez à vous abonner, commenter et liker cette vidéo.
Bonsoir, vous étiez au match ?
Oui, on était au match.
Vous avez fait la première mi-temps ?
Oui.
Pourquoi vous êtes sortis là ?
Parce qu'il n'y a pas beaucoup de gens, il n'y a rien.
C'est vide à l'intérieur ?
Oui, c'est vide à l'intérieur, il y a presque 15 000 supporters.
Pourquoi les gens ne sont pas venus ?
Je ne sais pas, je pense qu'ils ont peur.
Parce que c'est Israël qui joue ?
Oui, parce que c'est Israël qui joue.
Comme Amsterdam, comme la dernière semaine,
l'équipe d'Israël, je ne sais pas, Macca et Haifa, ont joué à Amsterdam.
C'était dangereux pour Israël ce soir ?
Oui, c'était très très dangereux pour Israël ce soir.
Vous étiez pour ou contre la venue d'Israël ?
Non, je ne suis pas contre Israël, je suis contre personne.
Vous pensez que ça peut dégénérer, la sortie du match ?
Non, je ne pense pas.
Il y a les flics, ils sont bien dirigés, la rentrée, la sortie.
Et s'il n'y avait pas eu la police ?
Peut-être dangereux pour Israël.
Mais je ne pense pas qu'il n'y aura aucun problème.
Merci.
Merci, au revoir.
Il y a eu des supporters israéliens et des supporters français
qui se sont bagarrés dans le stade, ou cautionnés.
La vraie info, c'est que c'est des supporters israéliens
qui ont lynché des supporters français,
qui d'ailleurs étaient cagoulés.
Il y a des images, j'espère que vous les passerez aussi.
Vous les avez eues où, cette info ?
Sur Twitter, via Alerte Info.
Vous n'étiez pas à l'intérieur, vous allez dire.
Non, moi je n'étais pas à l'intérieur,
je ne donnerais pas d'argent à ce moment-là.
Il n'y a eu pas beaucoup de monde, finalement.
Très peu de monde.
Ça a été boycotté.
Vous pensez que ça a été dû à un boycott ?
Ça se voit.
Vous pensez que ça a été un boycott d'Israël,
de gens qui ont manifesté en ne venant pas, finalement ?
Clairement, ça a été un boycott, évidemment.
Évidemment que ça vient d'un boycott.
15 000 personnes, c'est si peu.
Vous avez un drapeau français ?
Vous avez soutenu la France ce soir ?
Oui.
Vous, ça ne vous a pas gêné qu'Israël vienne en France ?
Vous n'étiez pas contre le fait qu'Israël vienne en France ?
Si, moi je suis contre.
Pourquoi ?
Parce que je ne les aime pas.
Pourquoi vous ne les aimez pas ?
Parce que...
Alors, vous partez déjà ?
On part déjà, oui.
Le match n'est pas fini ?
Ce n'est pas grave.
Est-ce qu'il y a eu des débordements à l'intérieur ?
Vous avez vu des barrières, vous ?
On a vu, on a vu.
Il s'est passé quoi, exactement ?
Je ne peux pas dire, je ne sais pas.
Vous n'avez pas vu ? Vous pensez que ça peut éclater à la sortie ?
Non, je ne pense pas.
Je pense que la sécurité,
ils ont mis les choses en place pour ne pas qu'il y ait de problème.
Je vois que vous avez un drapeau français.
Vous étiez contre la venue d'Israël ou ça ne vous a pas dérangé ?
Il n'y a aucun problème.
Vous comprenez que c'est des gens qui ont manifesté contre ?
C'est quoi, c'est un boycott le fait que le public était absent ce soir ?
Moi, je pense que les gens ont eu peur.
Ils ont eu peur qu'il y ait des attentats,
qu'il y ait justement de la perturbation.
Donc, c'est pour ça que les Français ne sont pas forcément venus.
Et ils ont tort.
Je pense que justement, il faut faire face.
Et il faut montrer qu'on est là, qu'on n'a pas peur.
Et qu'on soutient les Juifs.
Et qu'on se bat contre l'antisémitisme.
Est-ce que vous avez été témoin des agressions,
des échauffourées qu'il y a eu entre supporters israéliens et français ?
Oui, j'ai vu en effet ce qui s'est passé.
Moi, je pense que ça se passe dans tous les matchs de football.
Donc, je déplore quand j'ai vu les bandeaux de certains médias.
Il n'y a pas eu que ça dans le match.
Il y a eu des drapeaux palestiniens a priori ?
Il y a eu un drapeau palestinien.
Personnellement, je ne l'ai pas vu.
Moi, j'ai vu beaucoup de drapeaux français.
Des drapeaux israéliens.
J'ai vu des supporters français et israéliens
qui ont échangé ensemble.
Qui ont chanté ensemble.
Et c'est tout ce que je retiens.
Vous avez un drapeau, madame ?
Vous auriez voulu le sortir à l'intérieur ?
Ah, mais bien sûr.
Sauf que tu ne peux pas.
Parce que quand c'est Israël qui...
Enfin, qui sont...
Comment dire ?
C'est eux qui mènent un génocide dans un pays.
Ils sortent leur drapeau.
Il n'y a rien.
Mais quand c'est des Palestiniens,
c'est eux les victimes qui sont assassinées.
Ça sort les drapeaux palestiniens.
Il y a un problème.
4 000 policiers et gendarmes mobilisés.
Il avait raison, le ministre de l'Intérieur ?
Pas du tout.
Parce que nous, déjà, quand on manifeste,
on manifeste pacifiquement.
On est des personnes pacifiques.
On ne veut pas...
Pas toujours.
En tout cas, pas vous.
Mais vous avez vu ce qu'il s'est passé à Amsterdam ?
A Amsterdam ?
Attends, je peux parler ?
Vas-y, vas-y.
Alors, Amsterdam.
Je vais juste vous lancer sur le sujet.
Tu fais quelque chose.
Je peux tutoyer, si cela ne te dérange pas ?
Allez-y.
D'accord.
Demain, je viens face à toi.
Et je te dis...
Je ne sais pas de quelle origine tu es.
Vas-y, on va dire italien.
Morts aux Italiens.
Tout de suite, je te pisse dessus.
Je te tue.
Tu fais quoi ?
C'est ce qu'il s'est passé à Amsterdam.
Pourquoi ils ont réagi, les Marocains ?
Déjà, je suis marocaine.
Et je suis fière.
La vie de ma mère, fière.
Mais vraiment fière de ce qu'ils ont fait.
Mon peuple, mon pays,
dimanche mardi,
c'est ce qu'ils ont fait à Amsterdam.
Quand ils les ont chassés de là-bas comme des...
Tu as vu, quand ce n'est pas des femmes et des enfants ?
Ils courent, quand ce n'est pas des femmes et des enfants.
Et à Amsterdam, ils ont couru comme des grosses merdes.
Parce que c'est des grosses merdes.
C'est tout ce qu'ils sont.
C'était une provocation d'Israéliens à Amsterdam.
Ils ont provoqué.
Vous avez dit, Bardella, t'es mort.
Moi, je trouve ça juste dégueulasse
d'entendre des supporters israéliens
crier « mort à la Palestine »
ou encore « nique la France ».
Là, ils ont crié ça dans le stade ?
Là, vous l'avez entendu, dans le stade ?
Oui, dans les supporters.
Les supporters de Jo,
qui étaient très violents et alcoolisés aussi.
Je tiens à préciser qu'ils étaient
très, très, très fortement alcoolisés.
Je trouve ça dégueulasse
qu'eux, ils crient « mort à la Palestine »
ou « mort aux Français ».
On vous pisse dessus
et des choses atroces comme ça.
Mais quand un supporter français
brandit un drapeau de la Palestine,
on vient de l'arracher de son siège
et le sortir de force,
sachant que...
Mais est-ce que le drapeau palestinien
a sa place en France,
dans le stade de France ?
Évidemment.
Tout à fait, tout à fait.
Il a tout à fait sa place.
Comme le drapeau français.
Le drapeau d'Israël a aussi sa place.
Le drapeau d'Israël a sa place.
Car c'est un match...
Mais est-ce que ce n'est pas une provocation ?
Pour moi, ce n'est pas une provocation.
Tant que ça reste du foot,
ce n'est pas une provocation.
Mais de là à crier...
C'est une provocation ?
Et on ne dit rien ?
Après, ils ont le droit
de revendiquer leur État,
leur Nation,
contre Israël et Palestine.
Mais de là à crier des injures
comme « mort à la Palestine »,
ça, je trouve ça dégueulasse.
Et franchement,
revenir à un match comme ça...
Vous, votre avis
sur le pogrom du 7 octobre,
l'attentat du 7 octobre,
qui est le début de ce conflit ?
Vous en avez pensé quoi ?
Moi, je n'en pense rien du tout.
Je trouve...
Vous condamnez quand même ?
Condamner, c'est un grand mot,
mais je ne donnerai pas mon avis.
Vous ne condamnez pas forcément...
Pas forcément,
mais je ne donnerai pas mon avis dessus.
En tout cas,
ce match-là,
franchement,
c'est un match de la honte.
OK.
Match de la honte,
on note.
Match de la honte.
Déployer autant de force
pour protéger les Israéliens,
mais quand ils sont là
pour nous insulter...
Vous trouvez ça normal,
en France, en 2024,
qu'on soit obligé de protéger
comme ça un stade
pour un événement sportif
qui se veut joyeux ?
Non, ce n'est pas normal.
Ce n'est pas normal,
mais ça ne serait jamais arrivé
s'il n'y aurait pas eu ce conflit-là
en Palestine,
tout simplement.
La faute à Israël.
La faute à Israël,
tout simplement.
Ce qui s'est passé à Amsterdam,
c'est juste que les supporters israéliens
ont essayé de faire des ratonnades
comme l'extrême droite fait tout le temps,
comme l'extrême droite
essaye de faire tout le temps,
mais en fait,
nous, les antifa,
on est toujours là
pour les en empêcher.
C'est ce qu'on a fait encore une fois,
c'est ce qu'on fera aujourd'hui,
c'est ce qu'on fera demain,
c'est ce qu'on fera toujours.
Vous comprenez ?
On qualifie souvent
le mouvement d'antisémites.
Vous répondez quoi à ça ?
On répond que c'est complètement faux.
C'est drôle.
En fait, c'est juste drôle
parce qu'on sait toujours
que le côté de l'antifascisme,
c'est celui qui se battra
toujours contre l'antisémitisme,
toujours contre le racisme,
toujours pour toutes les minorités.
On est là
et on les défendra toujours,
que ce soit les juifs,
les arabes,
les musulmans,
tout le monde en fait.
On est là pour défendre les gens.
On n'est pas des fachos.
Les fachos,
c'est les antisémites.
Les antisémites,
c'est le gouvernement,
c'est l'extrême droite,
c'est Marine Le Pen,
c'est Jordan Bardella,
c'est Éric Zemmour.
Il faut qu'ils arrêtent
de nous faire croire
qu'ils ont été fondés par des SS.
Ils ont été fondés par des SS
et aujourd'hui on dit
que c'est nous les antisémites.
Pourtant, en majorité...
En majorité,
les juifs votent
Front National aujourd'hui,
votent Rassemblement National.
Mais parce que les médias
font un très bon travail pour eux.
Attends, faut pas oublier,
je vais m'arrêter là,
que Marine Le Pen...
Attends.
Marine Le Pen appelait
M. Hitler
ou M. Adolphe.
Ça, c'est vous qui le dites.
Ah non, non.
Ah non, mais c'est vrai.
Ils l'ont même revendiqué,
ça a été dit.
Son père
appelait
Hitler,
M. Adolphe.
Bon, tout de suite,
merci d'avoir répondu
à notre question.
Continuez de voter pour eux.
Alors, on est obligés
de s'éloigner
puisqu'on s'est fait traiter
de fachos toute la soirée.
On n'est pas très en sécurité
ici avec Frontier.
Mais vous avez vu,
on a pu échanger
avec des antifas
qui ont accepté
de répondre pour Frontier.
Vous voyez, tout le pire...
Free Palestine.
Free Palestine,
vous voyez tout le pire
de l'antisémitisme
et du rejet d'Israël
ce soir.
Avec des enfants qui, eux,
disent aller à la France.
Ça, c'est merveilleux.
On va vous laisser
sur cette image.
Merci à vous.
Bonne soirée sur Frontier.