LE CLUB MATIN Françoise Dumas : « J'ai voté Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche »

Objectif Gard
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3 nov. 2026
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Et notre invité ce soir,
c'est une personnalité bien connue de la vie politique gardoise,
ancienne députée de la première circonscription
du Gard, Françoise Dumas,
assiégée pendant dix ans à l'Assemblée nationale de 2012 à 2022,
d'abord élue sous les couleurs du Parti socialiste.
Elle a rejoint Emmanuel Macron en 2017 avant de prendre la présidence
de la prestigieuse Commission
de la Défense nationale et des Forces armées.
Depuis son départ de l'Assemblée nationale,
elle poursuit son engagement public,
notamment à la tête de la Commission nationale indépendante.
Envers l'éarchie, Françoise Dumas reste bien évidemment
une observatrice attentive de la vie politique locale
à quelques mois des prochaines échéances électorales.
On va évoquer avec elle la situation politique nationale,
l'avenir de la gauche et du macronisme,
mais aussi les nouveaux équilibres politiques à Nîmes.
Bonsoir Françoise Dumas.
Bonsoir Abdel, bonsoir Coralie
et bonsoir à tous les auditeurs et les maîtresses.
Merci beaucoup d'être avec nous ce soir
dans l'émission en direct. Votre parole est rare.
On est très heureux de vous avoir avec nous dans l'émission.
On avait beaucoup de questions avec Coralie à vous poser
et je vais d'ailleurs lui donner la parole
pour les premières questions. Coralie, c'est à vous.
Oui, un mot sur la politique d'abord locale puisqu'en mars dernier,
la liste de gauche conduite par Vincent Bouger,
maire communiste, a emporté les élections à Nîmes.
Est-ce que cette victoire vous a surprise ?
— Ça dépend à quel moment on parle.
Vous m'auriez dit 6 mois avant, ils vont arriver.
J'aurais été plus surprise qu'in fine 6 mois après,
au moment où les élections ont eu lieu. Les divisions...
— C'est vrai que lors de notre dernier entretien,
il y a un an, vous n'y croyez pas du tout.
Et vous appelez même à une union de compétences droite-gauche.
— Disons que je savais quels étaient les autres risques.
Le risque majeur, il est toujours là, d'ailleurs.
Il est toujours derrière nous. Mais effectivement, je pensais
que l'ensemble du centre et de la droite qui étaient sortantes...
Allez trouver une solution suffisamment sage et équilibrée
pour éviter qu'on se retrouve confronté à des extrêmes.
Je ne mettais pas la gauche dans les extrêmes, bien évidemment.
Évidemment, voilà.
Mais par contre, oui, au vu de la...
Du cafouillage des dernières semaines, il était évident
que je suis d'une certaine façon soulagée, vraiment soulagée
que la gauche ait pu arriver in fine à la ville de Nîmes.
Mais comment vous l'expliquez,
cette victoire finalement de la gauche à laquelle vous n'y croyez pas ?
Je crois que mathématiquement, ça ne paraissait pas une probabilité,
compte tenu du fait qu'il y avait une gauche qui avait
quand même LFI d'un côté, il y avait plusieurs listes.
À droite, j'étais absolument persuadée, et le sens, qu'ils allaient
arriver à trouver une solution, même sur le fil du rasoir,
et qu'ils allaient trouver une forme de raison pour éviter le risque,
parce que quand même...
Finalement, c'est l'ordre de la politique, c'est pas de l'arithmétique,
c'est des dynamiques, c'est des projets, c'est des personnes.
Absolument. Mais là, visiblement, on n'en était plus là.
Les égaux personnels ont aveuglé tout le monde.
Et voilà. Bon, après, j'espère que tout le monde en tirera
les compétences et les conclusions pour les fois prochaines.
Mais il empêche que... Voilà.
C'est à la limite pareil au niveau national aujourd'hui.
On se retrouve avec les mêmes difficultés,
des égaux, des parcours personnels, des...
On va revenir sur la politique nationale.
Oui, mais c'est la même chose, si vous voulez.
On est chaque fois confrontés.
Mais du coup, je déroule, parce qu'après, Abdel va me presser
de continuer cette interview.
Dans l'équipe de Vincent Bouger, il y a deux Nîmois
que vous connaissez bien, c'est Amal Kouvreur
et Soukaina Ben Jaffar.
Ce ne sont pas les seuls que je connais bien.
Non, en tout cas, vous êtes très proches.
Amal Kouvreur, vous dites souvent que c'est votre sœur.
Et Soukaina Ben Jaffar, elle a travaillé avec vous pendant...
C'est ma fille.
Oui, si vous voulez.
De cœur.
L'une et l'autre sont mes parentés de sœurs.
Quel regard vous portez sur leur parcours ?
J'en suis très fière d'abord parce qu'elles ont
une très grande compétence et elles connaissaient très bien le terrain.
C'est d'ailleurs pour ça que j'avais demandé à Amal
en 2014 de me rejoindre sur la liste pour les municipales.
Et puis...
Et puis Soukaina, évidemment, j'ai pu et la former et la côtoyer
et comprendre et mesurer l'ampleur aussi de ses qualités humaines
et sa rigueur intellectuelle et professionnelle, comme un mâle.
Je suis très, très heureuse qu'elles soient en responsabilité.
Ce ne sont pas des personnes qui se mettent en avant,
mais qui servent, qui savent servir.
Et je suis très, très heureuse et très fière de leur parcours.
Et je sais qu'elles feront de grandes
et belles choses pour la ville jusqu'au bout.
Et quel regard vous portez sur le maire communiste Vincent Bouger ?
On sait que dans votre histoire politique,
les relations n'ont pas toujours été simples avec les communistes.
Aujourd'hui, quand vous le voyez gouverner
Nîmes, quel regard vous portez ?
Le poète simple, quand je travaillais au département,
j'avais beaucoup de liens et de complicités,
notamment avec Patrick Malavieille et d'autres communistes,
et au niveau national, avec André Chassaigne, dans ma commission,
qui était mon vice-président, avec qui j'avais des relations
de confiance absolue et de complicités certaines.
Donc ce n'est pas les communistes.
Il y a des personnes, il y a des personnalités.
Mais par contre, c'est vrai que je ne connaissais pas Vincent Bouger.
Ce que je peux dire aujourd'hui, et je ne suis pas là pour distribuer
des bons points, je ne vois pas à quel titre je le ferai.
Mais en tout cas, j'écoute les Nîmois qui le découvrent
parce que beaucoup ne le connaissaient pas non plus.
Et beaucoup sont satisfaits, je dirais,
des qualités premières qu'on recherche chez quelqu'un de présent.
de disponible et d'humble, en fait, voilà, de discret, mais humble,
c'est-à-dire qu'il veut d'abord comprendre avant de parler.
— Ça, c'est sur la personne, sur sa personnalité. —
Oui, sa personnalité est d'une certaine manière,
comment dire, apaisante et rassurante.
— Et sur ses premières actions politiques ? — Elles le sont.
Enfin je les loue toutes.
Il n'y a pas de choses que je pourrais combattre.
Donc voilà, après, évidemment, il va rentrer dans le dur.
Il y aura toujours après...
Y compris sur le parc Jacques Chirac par exemple,
la consultation publique a démarré aujourd'hui.
On voit qu'il y a des personnalités
de droite qui s'inquiètent en disant
ça a été voté en conseil municipal,
pourquoi décider probablement de changer de nom ?
— Oui. Alors ça, c'est quand même un épiphénomène.
Si tous les problèmes de la ville se réduisaient à cela...
Bon. Après, moi, je comprends quand on veut arriver...
— Mais est-ce qu'il n'y a pas une continuité
républicaine, quand même, à respecter ?
— Elle aurait pu. Bon. Voilà.
Maintenant, on peut aussi dire... De toute façon,
rien n'empêche non plus que le parc soit à nouveau rebaptisé
ou baptisé Jacques Chirac si la majorité des Nîmois le souhaitent.
Donc c'est pas fermé. Voilà. Donc bon, c'est pas un gros problème.
Jean-Paul Fournier, peut-être, Coralie ?
Oui, parce que j'ai retrouvé, j'ai regardé
cette interview que vous nous avez donnée l'an dernier.
Vous aviez dit que Jean-Paul Fournier avait toujours eu
cette position claire vis-à-vis de l'extrême droite.
Ça n'a pas forcément été le cas dernièrement. Oui,
regretté un peu dans l'interview qu'il a donnée dans notre magazine.
Cette alliance avec l'ERN qui a été proposée pendant
la campagne des municipales par Julien Sanchez,
quand vous avez vu ces propos, qu'est-ce que vous en avez pensé ?
J'ai été très triste, mais évidemment très triste
parce que ce n'est pas du tout l'homme politique que j'ai connu.
Après, je pense aussi que c'est le fruit d'une partie
de l'évolution de la droite en France et de la droite.
À Nîmes aussi, des DLR,
une partie qui voulait conserver le pouvoir à tout prix
et qui, de toute façon, est en train de se rapprocher.
On voit bien qu'il y a au moins la moitié des DLR,
et on le voit au niveau national,
entre la position de Retailleau et d'autres.
On voit bien qu'il n'y a pas une ligne très claire.
Vous voulez déplorer ces propositions de Bruno Retailleau ?
Ah oui, là, oui. Enfin, sur certains sujets, je peux...
Parce qu'il y a un an, quand on a fait une interview,
vous avez eu des propos assez...
C'est pas agréable à ce moment-là ?
Non, c'est pas agréable.
Je trouvais qu'en tant que ministre de l'Intérieur,
il avait des choses qu'il avait entrepris
qui étaient plutôt intéressantes,
mais du point de vue tactique et pratique.
Après, il y a des discours
que je ne peux absolument pas cautionner,
ni entendre, ni...
Du coup, on ne peut pas...
Ah non, non, non, il y a des choses...
Il dérape, enfin, il dérape sur...
Enfin, moi, je ne peux pas cautionner...
Est-ce qu'en un an, il a vraiment dérapé
ou ses dérapages, il ne les avait pas faits avant ?
Non, il ne les avait pas réellement exprimés
de cette manière-là.
Oui, oui, mais c'était à peu près contenu.
Moi, ce que je trouvais intéressant,
c'est sur la manière dont il travaillait sur les questions de police,
de gendarmerie, sur un certain nombre d'autres sujets
au niveau des services de la préfecture, des préfets, etc.
Mais après, très concrètement,
sa ligne politique se rapproche trop de l'extrême droite.
Après, il ne faut pas s'étonner.
Sur la droite et le centre, parce qu'aujourd'hui,
Valérie Rouvéran, qui est la patronne de Renaissance dans le Gard,
c'est toujours votre parti politique.
Non, ce n'est pas mon parti depuis 2022.
Vous avez arrêté...
Même 2021, je crois que ma dernière cotisation remonte à 2021.
Aujourd'hui, vous n'êtes plus dans aucun parti.
Non.
Trop déçue ?
Enfin, pas... Si, si, je suis dans une toute petite...
Je suis restée très longtemps dans une...
Dans un petit parti avec Olivier Dussopt,
qui s'appelait Territoire de Progrès,
j'étais même la vice-présidente du petit parti, non,
trésorière, et puis là je suis depuis 2022 ou 23,
je ne sais plus, vice-présidente de la Fédération Progressiste,
Sous-titrage
— Avec M. Rebsamen. — Mais alors quelle est la différence, finalement ?
Parce que ce courant, alors qu'il est devenu un parti,
finalement, il est issu du macronisme.
— Ah pas du tout. Il est issu du PS.
Donc c'était les anciens du PS, en fait. — Oui,
les anciens du PS, mais qui sont passés par Emmanuel Macron.
Ce ne sont pas les anciens du PS qui ont fait sécession
ST'
avec Benoît Hamon. — C'était une partie du PS qui restait,
ce qu'elle était, du temps de Gérard Collomb.
501
Donc cette mouvance-là, Cazeneuve, et c'est une mouvance, enfin
pas une mouvance, mais c'était l'aile réformatrice du Parti Socialiste,
qui n'a pas été majoritaire depuis 2014,
depuis que le premier budget n'a pas été voté.
Avec les frondeurs.
Avec les frondeurs en 2014.
Et est-ce qu'aujourd'hui, dans Raphaël Glucksmann,
vous vous y retrouvez davantage,
dans ce Parti Socialiste recomposé et Place Publique ?
Oui, oui, oui, moi je...
Je ne fais pas partie
de Place Publique,
mais on voit bien
aujourd'hui
que les 66% qui sont venus voter
aux primaires...
Vous avez voté vous-même ?
Oui, je l'assume.
J'ai voté...
Pour Raphaël Glucksmann.
Oui, pour Raphaël Glucksmann,
mais ce n'est pas pour l'individu,
ce n'est pas pour les présidentielles,
c'était pour redonner,
en tout cas pour participer
à ce...
Retour à un PS réformateur qui est en capacité de gouverner
et qui gouvernera demain,
que ce soit Glucksmann demain ou François Hollande ou, à l'époque,
quand je ne savais pas s'il y aurait ou pas Bernard Cazeneuve.
Mais en tout cas, cette partie responsable du PS telle
que je l'ai connue... Enfin moi, j'ai vécu 30 ans.
Quand même, de militantisme dans un PS qui était de cette trempe-là.
Mais il y a eu cette parenthèse quand même macroniste.
Qu'est-ce qui, aujourd'hui, vous...
Pourquoi j'avais été, à l'époque,
je dirais, entre guillemets, épargnée
lors des choix des législatives par Emmanuel Macron ?
J'ai suivi, moi, de toute façon, François Hollande jusqu'au bout,
jusqu'au mois de décembre,
jusqu'à ce qu'il dise qu'il ne continuait pas.
– Et je l'aurais fait si ça avait été le cas.
J'aurais soutenu François Hollande s'il s'était représenté
ou quelqu'un du PS de la même trempe.
Merci.
Et puis c'est vrai qu'Emmanuel Macron, moi j'avais bossé avec lui
quand il était ministre
de l'économie de François Hollande
sur le projet de loi croissance.
Pour l'instant, c'est...
Et donc il avait considéré qu'on avait bien travaillé ensemble.
Et vous l'aviez soutenu à la présidentielle.
Mais ma question, c'est pourquoi aujourd'hui,
vous ne soutenez pas ces héritiers ?
Peut-être Gabriel Attal ou Édouard Philippe ? Pourquoi aujourd'hui ?
Parce que ce ne sont ni l'un ni l'autre
des héritiers d'Emmanuel Macron.
Pourquoi ?
Ils se sont considérablement éloignés, d'abord.
Deuxièmement, on ne va pas personnifier.
Il y a beaucoup de choses aussi qui ne m'ont pas convenu,
surtout lors du deuxième et du troisième mandat,
celui que je n'ai pas pu faire.
Que LFI m'a empêchée de pouvoir faire,
que la gauche ici m'a empêchée de pouvoir faire,
donc on a préféré que le RN gagne, LFI disant entre les deux tours
que de toute façon on votait pour moi ou pour le candidat du RN,
c'était la même chose, il faut s'en rappeler de tout ça.
Voilà, maintenant on voit bien que
ce n'est pas tout à fait la même chose.
Allez, on parle du Rassemblement National,
rapidement on arrive au bout de l'entretien Coralie.
Oui, le Rassemblement National est la première force d'opposition
au conseil municipal de Nîmes, j'ai rappelé les positions
dans le Zoom qu'on a fait au début de l'émission.
Avec Abdel, vous faisiez partie
en 2019 d'une task force pour le combattre.
Qu'est-ce qui a échoué ?
Eh bien, tout simplement que, justement,
les responsables de la marche de l'époque,
qui étaient quand même essentiellement...
parisiens, on va dire.
Je ne veux pas faire du parisianisme, de l'anti-parisianisme,
mais qui étaient quand même souvent
sur des circos
dans lesquels le RN
devait être à 8 ou 10%.
Et qui ne comprenaient absolument
pas de quoi nous parlions.
Il n'y avait pas comment.
Il y avait Anne-Laure Catelot qui était sur le nord
et donc moi pour le sud.
Donc on avait une extrême droite très différente
au niveau des causes.
Mais il empêche qu'on a essayé
de dire qu'il faut faire quelque chose tout de suite.
Et moi, je savais précisément ce qu'il me fallait.
Je suis toujours convaincue
de ce qu'il faut faire,
de ce qu'il aurait fallu faire
et qui n'a pas été mis en oeuvre.
Je peux vous transmettre,
si vous voulez,
une note que j'avais faite
au président en 2018
que je viens de retrouver
en faisant des ménages
dans mes archives.
Mais alors, ce que vous dites,
c'est quoi ?
C'est que finalement,
ce n'est pas de votre faute,
c'est les Parisiens
qui ont parvenu.
Non, ce n'est pas que ça n'a pas été...
Ce n'est pas ça que je dis.
Je dis simplement
qu'à l'époque,
il n'y avait pas la prise
de conscience du risque RN
tel qu'il est aujourd'hui
Et qu'on n'y a pas prêté suffisamment d'attention.
Est-ce que vous êtes inquiète ?
— C'est tout. Je suis très inquiète,
bien évidemment. — Pour la présidentielle.
— Je suis très inquiète.
Mais ça, c'est pas nouveau. Je l'ai toujours été.
Je pense que là, aujourd'hui, c'est plus la réalité.
Donc maintenant, peut-être que tout le monde va bien mieux comprendre.
En tout cas, je l'espère. Mais moi,
c'est un combat que je mène depuis toujours.
C'est pas nouveau. Vous n'avez pas non plus... —
Et l'attentat de Trappes ?
L'attentat de Trappes, il est comme les autres attentats,
ce n'est pas le seul. Il y en a eu d'autres avant, il y en a partout.
Il y a tous ceux aussi que l'on ne voit pas.
Il y a toutes les humiliations que vivent beaucoup
de gens simplement sur une couleur de peau ou sur un nom
qui n'est pas totalement français au sens où on peut l'entendre.
Voilà, donc ce sont des choses qui sont vécues depuis très longtemps.
Mais comment faire pour que ça change ?
Il faut combattre. C'est un travail de longue haleine.
Il faut peut-être mettre plus en valeur.
Vous avez une responsabilité en la matière.
Mettre plus encore en valeur tous ceux qui réussissent.
Moi, je l'ai fait tant que j'ai pu.
Tout ce que j'ai essayé de faire, y compris en mettant des personnes.
En avant pour les valoriser du point de vue politique, pour montrer
que la couleur de peau n'a pas d'importance, quiconque c'est là.
La qualité des gens, c'est de faire nation,
c'est considérer que chacun peut apporter,
mais ça veut dire entendre les difficultés des gens,
ça veut dire aussi les valoriser quand tout fonctionne,
parce que la plupart des gens fonctionnent bien,
ont envie de paix, ont envie de...
Enfin, je veux dire, j'ai travaillé 30 ans
de ma vie dans tous les quartiers de Nîmes,
ce n'étaient pas les quartiers de Nîmes,
c'est des gens qui ont envie de vivre comme tout le monde,
et qui ont envie de vivre.
ensemble. Enfin, moi, j'y ai
les plus belles choses
de ma vie, je les ai vécues là.
Donc, avec des personnes
issues des quartiers, comme on dit.
Et on m'a rappelé que vous étiez assistante sociale
au Mas de Mingue.
Au Mas de Mingue, au Chemin Bas.
Oh !
C'est bien de rappeler qu'avant la politique,
vous aviez une vie sociale.
25 ans de ma vie, j'ai fait autre chose que de la politique.
Et je n'en ai jamais vécu.
Quand on est assistante sociale, ça offre un poste privilégié.
J'ai bien vu les inégalités.
Pour observer la société.
Après, le temps a passé.
Vous avez été élue.
Je reviens quand même sur aujourd'hui,
le racinement du Rassemblement national.
Vous avez été élue pendant plusieurs années.
– Oui.
On parlait tout à l'heure.
On parlait tout à l'heure des municipales où au départ,
la victoire de Vincent Bouger, vous n'y croyez pas trop.
Est-ce que quand même, en réfléchissant,
peut-être avec une introspection, vous ne dites pas,
j'ai peut-être raté quelque chose auprès des électeurs,
auprès des gens, auprès de la société ?
Peut-être finalement que le projet politique que j'ai porté n'était
pas vraiment en corrélation avec les attentes de la société.
Alors, on peut...
Ceux qui ne me connaissaient pas, ceux qui ne me connaissent pas...
Vous pouvez effectivement se dire,
elle a l'étiquette Macron,
je ne voterai pas pour elle,
c'est la liberté de chacun.
Sous.
Ceux qui me connaissent,
ceux qui me connaissent,
Ils savent que ce n'est pas fondamentalement ce qui me porte,
ce qui continue à me porter d'ailleurs.
Donc en fait, ce qui m'a fait le plus de peine,
c'est que certains ont mis des idées politiques
alors qu'ils savaient très bien que je n'étais pas comme ça.
Et que pendant les dix ans où j'ai été députée...
Ma porte a été ouverte pour tout le monde
et que les associations de défense des intérêts des plus pauvres,
j'ai fait beaucoup, beaucoup pour le social.
Pourquoi l'étiquette Macron ? Vous venez de vous dire finalement
l'étiquette Macron, ceux qui ont vu que ça.
Mais pourquoi l'étiquette Macron ?
Parce que je ne pouvais pas, je faisais partie d'une majorité
et que de toute façon
le PS n'aurait pas voulu de moi
à l'époque, c'était un PS qui ne voulait pas
et que
je ne pouvais pas partir sans étiquette.
Allez, on termine si vous voulez bien cette interview
en parlant quand même de la commission nationale
indépendante de reconnaissance
et de réparation des préjudices subis
par les harkis, 60 ans.
Après la fin de la guerre d'Algérie, cette histoire reste douloureuse
quand même pour de nombreuses familles.
Dans le Gard, on sait qu'il y a un projet de mémorial
qui est envisagé à Saint-Maurice-Lardoise,
un lieu forcément chargé d'histoire.
Pourquoi c'était important, pourquoi ça vous a tenu au cœur
de vous investir pour cette cause de la reconnaissance des harkis ?
Alors d'abord parce que
quand j'étais assistante sociale,
Sous-titrage
mes premiers postes
étaient à la Vérune, à Montpellier, au camp de la Vérune.
une, donc...
Et puis ici, dans le cadre de l'aide sociale
à l'enfance, j'ai beaucoup suivi de familles
d'enfants, d'enfants
d'archi, de familles d'archi.
Là, vous me parliez de racisme,
voilà, ça c'était pas...
Peu importe leur histoire. On les condamnait
simplement parce qu'ils avaient une couleur
ST'
de peau différente. Leurs parents
501
ont été
Les pères, en fait, les harkis,
puisque les harkis sont arrivés,
c'est des anciens combattants
qui ont combattu pour la France.
— Et lorsqu'ils sont arrivés, ils ont été retenus pour beaucoup.
Alors certains ont pu se débrouiller
parce qu'ils étaient aidés ou soutenus par les militaires
avec lesquels ils avaient combattu sur le sol algérien.
Mais d'autres ont été parqués,
ont été privés de leur liberté fondamentale d'aller et venir,
que les enfants soient scolarisés, l'accès à la santé, etc.
Dans le Gard, on est un département où il y a eu un des camps les plus,
malheureusement, les plus importants de France, à l'Oden-Lardoise,
il y a Laurent-Lardoise, il y a Bias et il y a Rivezalt.
Des camps de transit, mais il y a eu un tel afflux de harkis,
comme on dit, c'était plus des camps de transit,
ils se sont sédentarisés et c'est devenu des espèces de prisons à ciel
ouvert avec beaucoup d'humiliation, de violence, de froid, de décès.
Est-ce qu'on peut dire que c'est
l'une des principales réussites d'Emmanuel Macron ?
Peu connu, finalement.
On peut médiatiser.
C'est vrai, ça fait partie des qualités
du bonhomme. Mais bon, maintenant, tout le monde
le critique et ça durera
tant qu'il est au pouvoir. Après, on saura
nuancer
ses qualités et ses défauts. Il en a,
mais il a aussi des qualités. Il en a une.
Enfin, il y en a beaucoup, mais
il en a une, c'est la fidélité
à ceux qui sont à ses côtés.
Je peux en témoigner. Mais il peut...
Il a aussi
été très...
touché par quatre filles de harkis qu'il avait rencontrées
et il s'est engagé auprès d'elles de réparer,
alors non pas ce qui ne peut pas se réparer,
parce qu'on ne va pas réparer la mémoire, la souffrance, etc.,
mais réduire les inégalités entre tous ceux
qui ont été victimes de cette guerre d'Algérie,
que ce soit les appelés, les rapatriés et les harkis.
Et les harkis, avec la différence des autres,
c'est qu'on les a privés de leur liberté fondamentale,
Alors qu'ils étaient citoyens français
et qu'ils avaient combattu pour la France.
Et donc, c'est ça qu'il a voulu réparer.
Et donc, je préside cette commission.
J'ai ce grand honneur de pouvoir le faire.
Et voilà.
Donc, c'est pratiquement 40 000 dossiers.
On a tout un travail de réparation.
Il y a eu une cérémonie il n'y a pas longtemps à Paris.
Oui.
Oui, oui, et donc on travaille aussi sur la mémoire
et on travaille sur le fait de recenser l'ensemble des endroits où
les harkis ont été parqués en France et tout un travail
de valorisation de cette mémoire, c'est l'histoire de France.
A vous entendre ce soir.
Sur les différents sujets sur lesquels on vous
a interrogé avec Coralie, on pense à la même chose.
Oui, on pense à la même chose.
Est-ce que vous avez encore envie de faire de la politique
et d'être élue ?
Mais je fais de la politique.
Pardon, je reprends.
Vous ne m'avez pas laissé finir.
Vous avez bondi dans ma question.
Est-ce que vous avez encore envie d'être élue, Françoise Dumas ?
Élue, je ne sais pas.
Donc, ce n'est pas non.
— Ah non, c'est pas non. Jamais non. Alors c'est pas... —
Les départementales ou les législatives pourraient vous intéresser.
— Je continue. Mais ça, je vous dis,
depuis 5 ans, j'ai continué à mener mes sujets.
Je les ai menés du côté du ministère de la Défense.
Je les ai menés en faisant cette commission.
Mais d'une certaine manière, je continue.
– À m'impliquer sur les sujets qui sont fondamentaux pour moi,
c'est la lutte contre les inégalités sociales,
et le racisme, ça c'est la priorité de toutes les priorités,
mais ce n'est pas nouveau, ça date de mon enfance,
au plus profond de moi-même, et je continuerai toute ma vie.
Mais que je le fasse à titre d'un mandat,
ou au titre d'une responsabilité d'une présidence de commission,
que je le fasse dans le milieu associatif, je continuerai à le faire.
Merci Françoise Dumas d'être passée par notre plateau.
On était ravis de vous avoir dans notre émission ce soir.
