Guatemala - Des trains pas comme les autres -Tikal - Atitlán - Documentaire - SBS

Voyages du bout du monde
94 abonnés
18 Vues de vidéo·20 nov. 2024
Après une longue histoire ferroviaire, le Guatemala a peu à peu perdu ses trains. Philippe Gougler découvre que de nouvelles lignes sont en construction, et trouve en état de fonctionnement des engins fabriqués de bric et de broc transportant de l'eau potable sur rail ou des nouveaux trains ralliant la capitale Guatemala City. Le Guatemala regorge aussi de paysages grandioses : des volcans actifs sur lesquels cuisent d'étonnantes pizzas, le magnifique lac Atitlán, et bien évidemment le site de Tikal, son ancienne cité maya et ses temples fascinants nichés au cœur d'une forêt mystérieuse.✋Les plus belles destinations, c’est ici 👉 https://bit.ly/2Vlfz9o 👈 Abonnez vous ! 🙏
Un film de Nicolas Boero
Droits réservés Step by Step Productions
Au Guatemala, il y a eu une grande époque des trains.
Mais visiblement, il s'est passé quelque chose.
Les voies ont pris la poussière et les trains ont perdu en confort.
Je crois qu'on a déraillé.
Mais heureusement, l'ambiance est toujours là.
Ici, les trains sont tellement rares que quand il y en a un qui roule, c'est la fête !
Donc, pour faire cuire sa pizza par le volcan.
Ma première pizza volcanique !
Pour savoir comment s'habiller quand on sort dans la jungle.
Quand les singes hurlent, c'est qu'il va pleuvoir.
C'est dingue ça !
Et pour explorer les mystérieuses cités mayas, le train c'est pas mal !
Quand on aime les trains pas comme les autres, le Guatemala est très intriguant.
Dans un pays à peine plus grand que le Portugal, il y aurait environ 800 km de voies ferrées.
Et pourtant, pas le moindre train de voyageurs.
Enfin, officiellement.
Alors évidemment, ça m'a donné envie d'aller voir.
J'ai entendu dire qu'à Tecunuman, une des villes les plus chaudes du pays,
il y aurait une gare.
Je ne sais pas comment ils font pour pédaler, parce qu'il fait une chaleur de bête.
Vous savez, ça colle, la chemise qui colle.
C'est chaud et humide.
Il fait très chaud, et ici, le taxi, c'est à la force du mollet.
Pour en trouver un disponible, il faut viser les endroits où ils attendent, là où il y a de l'ombre.
Comment ça va ?
Bien.
Bonjour.
Est-ce que vous seriez d'humeur à m'emmener à la gare ? J'ai de la peine de vous demander de pédaler par cette chaleur.
À la gare ? Tu es sûr ?
À la gare du train ? Tu as de la famille ? Tu connais des gens là-bas ?
Non, je n'ai pas de famille, je vais juste aller à la gare.
Tu veux vraiment la connaître ? Parce qu'il n'y a pas de train ?
Il n'y a pas de train, mais il y a une gare.
Oui, mais pas de train.
Non, des trains, non. C'est de l'histoire ancienne. C'est un vieux souvenir.
Et ce n'est pas trop dur, votre boulot, par cette chaleur ?
Je suis habitué. Ça me fait faire du sport. Et comme ça, je reste en forme. Je perds de la graisse.
Parce que vous ne transpirez même pas ?
Si je pédale vite, je transpire. Mais quand je roule tranquille, comme ça, ça va.
Ah oui, là c'est une balade pour vous.
Ah non, vous m'épatez, parce qu'il fait vraiment très chaud.
Il te plaît ce quartier ?
Ah oui, j'aime bien. J'aime beaucoup les maisons en bois coloré.
Ce sont des maisons très anciennes.
Après une vingtaine de minutes de vélo sans une goutte de sueur, nous franchissons quelques rails.
On approche de la gare, plus grand monde dans le secteur,
et je comprends tout à coup pourquoi mon chauffeur tiquait un peu quand je lui demandais de m'emmener ici.
C'est la gare, ça ?
C'est la gare. Enfin, ce qu'il en reste.
Mais elle est complètement détruite.
Et ça fait combien de temps qu'il n'y a pas eu de train ici ?
Environ 40, 45 ans.
45 ans ?
Oui, on est arrivé ?
C'est ici.
J'aime bien les vieilles gares, mais là, je me demande si ce n'est pas un peu exagéré.
Ça te plaît vraiment ? Tu es sûr de vouloir rester là ?
Mais il n'y a personne.
Ne vous inquiétez pas, j'aime bien le genre d'endroit.
Comme tu veux.
C'est sympa.
Au revoir.
Donc ça devait être une gare des grands voyages, des grands départs.
Il a dû y avoir des adieux déchirants sur ce quai.
C'est peut-être ça qui fait l'âme de cette vieille gare.
Alors, il y a quand même un truc étrange.
C'est que la gare est en mauvais état, mais en revanche, les voies, si on regarde bien,
elles ont l'air pas mal du tout.
Elles ont l'air bien entretenues.
On dirait pas des voies qui n'ont pas servi depuis 40 ans.
Mais il y a quelqu'un là-bas.
Hola ! Bonjour !
Ça va bien ?
Et vous avez du courage de travailler par cette chaleur ?
C'est notre travail.
On est habitués à la chaleur.
Et puis moi, j'ai l'amour du travail bien fait.
J'aime bien quand tout est propre.
Les abords, les rails, la gare.
Il faut que la gare soit propre ?
Mais elle est toute détruite.
Non, elle n'est pas détruite.
Elle a été abandonnée.
Et puis elle s'est effondrée.
Et ce n'est pas une raison pour ne pas l'entretenir.
Je me souviens, quand j'étais petit, je venais ici prendre le train
et on allait jusqu'à la capitale.
On partait à 6-7 heures du matin.
Ça ne m'explique pas pourquoi vous nettoyez
et pourquoi il y a une voie quasi impeccable près d'une gare détruite.
Si mes hommes nettoient tout ça, c'est parce qu'on a de l'espoir.
L'espoir que le train revienne.
Il y a un grand projet depuis 2018.
C'est de relancer le train et de se reconnecter avec le Mexique.
Ce projet traîne un peu,
mais après, on aimerait bien pouvoir aussi traverser toute l'Amérique centrale en train.
Donc il y a encore du boulot.
C'est vrai.
C'est un grand projet et ça nous tient à cœur.
Ça nous motive,
parce qu'on se dit que des trains vont de nouveau circuler ici.
D'ailleurs, là, on doit bouger et travailler un peu plus loin.
Si tu veux, monte avec nous dans la drésine.
Oui, si tu veux.
En première classe.
On va rouler vers le Mexique.
C'est excitant de faire revivre le train,
d'être l'un des premiers à conduire sur cette ligne du Guatemala.
Il y a des gens qui font un dîner le long des rails.
Et pourquoi ils applaudissent ?
Ils doivent être contents de nous voir passer.
J'ai l'impression qu'ils nous invitent.
Vas-y, descends.
Hola, bonjour.
Et pourquoi vous êtes contents comme ça ? Pourquoi vous applaudissez ?
C'est pour accueillir votre train.
Pour le train ?
Oui.
Mais comment vous êtes aussi contents qu'un petit train passe ? Pourquoi ?
On est contents du retour du train ici.
On espère qu'il roulera tous les jours et on applaudira à son retour.
Moi, ça me rappelle quand j'étais petit
et que mon grand-père nous racontait les histoires des trains.
Et là, on va pouvoir les vivre en vrai quand le train passera.
Et on est très impatients.
Et qu'est-ce que c'est que cette petite fête-là ? Qu'est-ce que vous fêtez ?
C'est une petite fête de famille.
On fait un petit repas entre nous.
Ok, c'est sympa. Et pourquoi vous le faites le long des voies ?
Parce qu'on habite là.
Le long de la voie.
Oui, mais alors, je ne vais pas être un oiseau de mauvais augure, mais...
Je n'ose pas vous le dire.
Mais si les trains se remettent à circuler là,
je ne suis pas sûr que vous restiez au calme très longtemps.
Ça ne nous posera pas de problème.
Non ?
On a toujours vécu là.
Et puis, le train aura des horaires.
Donc, on saura quand il passe et on s'adaptera.
Pour nous, ce n'est que du plaisir.
Voyons, et vous faites des heureux, ils vous attendent.
Oui, je les croise souvent.
Il y a régulièrement des fêtes ici, au bord des rags.
Les gens du coin aiment fêter leur anniversaire tous ensemble,
dehors, au bord de la voie.
Ils sont habitués à me voir.
Et je les salue avec la brésine.
Ça provoque toujours ce genre de réaction.
De la joie.
Et je sens bien qu'il y a une ferveur populaire pour le retour du train.
Et alors, bonne...
Je ne sais pas ce qu'ils fêtent, mais bonne fête.
Le Guatemala côté rail, finalement, c'est assez étonnant.
Il n'y a pas encore de train,
mais déjà de l'entrain, une envie.
Il y a de la bonne humeur.
Je sens que je ne suis pas au bout de mes surprises.
Je décide d'aller faire un tour à Antigua.
C'est une des plus belles villes du Guatemala.
Elle a été fondée par les Espagnols dans les années 1540.
Et à l'époque, elle s'appelait Santiago de los Caballeros.
Et elle est très vite devenue une capitale coloniale.
Mais il y eut un gros mais.
La ville était entourée de volcans.
Des volcans qui ont déclenché des catastrophes de toutes sortes.
Il y eut des tremblements de terre effroyables.
Et au bout d'un moment, les Espagnols ont préféré déménager leur capitale
dans un endroit plus calme.
Santiago a alors changé de nom.
Elle est devenue Antigua, qui veut dire l'ancienne.
L'ancienne capitale.
Malgré tout, malgré tous ces désastres,
Antigua a gardé un vrai charme avec ses maisons colorées,
ses rues à angle droit, et puis toujours tout autour,
les volcans qui sont là, puissants et prêts à gonder.
Il suffit de regarder entre les nuages pour les voir fumer.
Ou encore de gravir les pentes de l'Ave Noire,
encore fumante, du Pacaya.
Pour se rendre compte qu'ici, les volcans sont très actifs.
Ce qui est bien avec la lave, c'est que c'est la sensation de la neige.
C'est inattendu, parce qu'en fait, c'est comme des flocons,
sauf que c'est un peu plus gros, un peu plus dur,
et pas tout à fait de la même couleur.
Mais c'est la même sensation, ça crisse, ça glisse.
Et c'est super léger, ça doit être pour ça.
Il y a plein de Guatemala du dimanche.
Qu'est-ce qui se passe là-bas ? Pourquoi il y a tant de monde ?
Ici, c'est le coin des pizzas.
Oui, des pizzas à la lave.
Une pizza avec de la lave dedans ?
À manger ?
C'est une pizza cuite à la vapeur de la lave.
Ça se cuisine comme ça.
Ah si ?
Vas-y, tu verras. En 15 minutes, c'est prêt.
15 minutes.
15 minutes, et tu manges.
Très bien.
Elle est bonne ?
Oui, elle est bonne.
Très bonne ?
Délicieuse.
Je vais goûter ça.
Merci.
C'est dingue, ça.
Le pire, c'est que c'est vrai.
Hola.
Bonjour.
Comment ça va ?
Très bien.
Vous faites vraiment des pizzas ?
Oui, des vraies pizzas.
Donc vous faites une vraie pizza sur un vrai volcan.
Je crois que ce sont les pizzas les plus originales du monde.
Du monde ?
Oui, c'est sûr.
Parce que je suis le seul à faire des pizzas sur un volcan actif.
Alors, je suis vraiment curieux de voir la cuisson, franchement.
Parce qu'il n'y a pas de lave rougeoyante.
Je ne vois pas de source de chaleur intense.
Il y a huit mois, il y a eu une coulée de lave.
Et donc, la température du sol, ici, est bien plus élevée qu'ailleurs.
Et nous, les guatemaltèques, on profite des cavités pour faire cuire différentes choses.
Tu vois, ici, ils font cuire des marshmallows.
Là, c'est mon four à pizza.
Ça, c'est le four, là ?
Oui, il est chaud.
C'est chaud et humide.
400 degrés.
Et j'ai déjà vu des fours comme ça, qui montaient à plus de 1000 degrés.
Il fallait vite enlever la pizza.
Ça durait précisément deux minutes quarante.
Ah oui, c'est pas facile d'être pizzaiolo sur un volcan.
Parce qu'on ne peut pas régler la température comme on veut.
Ça m'a pris six ans pour bien maîtriser la technique.
Il faut faire attention.
Parce que certains fours dégagent des gaz toxiques.
Ah, si ?
Oui, toxiques.
C'est pour ça qu'il faut bien tout vérifier avant d'enfourner et de servir mes clients.
C'est tout un art.
En tout cas, elle a l'air pas mal, votre pizza.
Elle fait envie.
Ah, ça, c'est le siège du pizzaiolo.
En fait, la première fois que je suis passé ici,
il y avait un gros bloc de la taille du trou du four qui le bouchait complètement.
Et j'ai aperçu une fissure sur le côté.
Alors j'ai mis ma main et j'ai vu que c'était très chaud.
Alors je me suis mis à casser le bloc à coups de pioche pendant quatre heures.
C'est comme ça que je trouve un four.
Bon, ta pizza, tu la veux comment ? Croustillante ?
Croustillante, d'accord.
Ça sent bon, ça commence à sentir.
Elle a l'air bien.
En plus, vous avez quand même à mon avis la plus belle cuisine du monde.
Franchement, le décor, c'est difficile d'avoir une cuisine pareille.
C'est vrai.
Où que je regarde, j'ai une vue parfaite.
Regarde à droite, c'est parfait.
À gauche, c'est parfait.
J'adore ma cuisine.
Je crois que c'est prêt.
Normalement, la pizza est bien croustillante.
Tu auras peut-être même un supplément cailloux, c'est gratuit.
Ma première pizza volcanique.
Est-ce que tu vas aimer ?
Moi, je suis sûr que oui.
C'est bon.
C'est bueno.
Fantástico.
Les petits jambons, c'est quoi ça ? C'est bon.
Le chorizo ?
C'est du chorizo au piment.
Le chorizo cuit à la vapeur du volcan, alors c'est fabuleux.
Comment elle est ?
Très bonne.
Mais vous dites ça parce que vous êtes devant une pizza YOLO, vous êtes timide.
Vous ne dites pas la vérité.
Ah non, c'est vrai.
Je trouve qu'elle est bien meilleure que des pizzas ordinaires.
Le goût est bien meilleur.
C'est certainement dû au volcan.
Parce que les ingrédients cuisent différemment.
Et le croustillant aussi est super bon.
Je confirme, le croustillant est incroyable.
Complètement inattendu avec cette vapeur.
Je m'attendais à un truc un peu molasse, mais non, pas du tout.
Félicitations, bravo.
Excelente pizza YOLO del volcano.
Gracias.
Je ne sais pas quelle langue je parle, mais il m'a compris.
Je serais bien resté manger une deuxième pizza volcanique, mais ma quête doit reprendre.
Que se passe-t-il exactement sur les rails guatemaltèques ?
Que se passe-t-il sur les voies les plus perdues ?
Celles qui semblent abandonnées depuis des années.
Brûlées par le soleil.
Désolées.
Pour le savoir, pas d'autre solution que marcher.
Marcher le long des rails.
Marcher jusqu'à un improbable village.
Un village qui se trouve à la frontière du Guatemala et du Salvador.
Bonjour.
Ça tape fort.
Il tape le soleil aujourd'hui.
Beaucoup de soleil.
Il fait chaud.
Vous n'avez pas chaud ?
Moi ici je suis bien.
Il y a de l'ombre.
Il fait frais ici ?
Oui, mais toi je t'ai vu.
T'étais sur les rails.
Ça tape là-bas.
Il fait super chaud là-bas.
Il n'y a plus de train évidemment qui passe ?
Non, ici il n'y a plus de train.
Mais avant il en passait jusqu'à 4 par jour.
Aujourd'hui c'est fini.
Parfois il y a des chariots.
Il y a des puchcarros ?
Oui, des puchcarros.
Et c'est comment un puchcarro ?
Si tu veux voir un puchcarro, il faut aller vers le pont.
Par là.
Parfois certains passent remplis de marchandises.
Ils sont tirés par un cheval.
Avec un cheval ?
Oui, un cheval.
Et c'est à la frontière ?
Parfois il y en a quelques-uns.
Si tu y vas, que tu attends, tu en verras forcément un.
Je vais voir.
Les militaires, ça sent la frontière.
Bonjour, c'est la frontière là ?
Je n'ai pas l'impression qu'ils aient trop envie de parler avec moi.
En dessous, c'est la rivière qui sépare le Salvador et le Guatemala.
Bon, on va attendre un petit peu.
Bonjour.
Comment ça va ?
Vous pouvez arrêter un peu ?
C'est incroyable ça.
Vous venez du Salvador ?
Oui, du Salvador.
Et qu'est-ce que vous transportez alors là ?
C'est de l'eau potable.
Agua ? Tout ça c'est de l'eau là ?
Et ça c'est de l'eau pour vous ?
Non, c'est pour tout le village.
Mais pourquoi vous ramenez de l'eau du Salvador ?
Le problème de l'eau ici, c'est qu'elle n'est pas bonne.
On ne peut ni la boire, ni la cuisiner.
Pourquoi ?
Parce qu'ici, l'eau vient d'une rivière à côté et elle n'est pas bonne.
Il y a de la boue, des animaux morts.
Ah bon, donc toute l'eau pour consommer vient du Salvador ?
Mais vous la prenez où au Salvador ? Chez des gens ?
Je récupère de l'eau chez les habitants pour la livrer à 4-5 familles.
Mais je ne suis pas le seul porteur d'eau.
Donc là vous allez livrer ? Comment vous faites là ?
Oui, je vais de maison en maison.
Et je peux aller un petit bout avec vous ?
Bien sûr.
Là c'est ma première livraison.
C'est un client fidèle ?
Oui.
Bonjour, comment ça va ?
Bien.
Et son eau, c'est la meilleure.
Je crois qu'on a déraillé.
Qu'est-ce qui se passe ?
Comme cette voie est laissée à l'abandon,
et bien parfois les rails bougent et se resserrent.
Et donc nos puchcaros ne sont plus adaptés à la largeur des rails.
Alors ça coince.
Et donc qu'est-ce qu'il faut faire alors ?
Il suffit de soulever la planche et de la déplacer un peu plus loin sur les rails.
Viens, on va pousser.
C'est pas simple.
Je comprends pourquoi ça s'appelle des puchcaros, parce qu'il faut pousser tout le temps en fait.
J'ai cassé le puchcaro.
C'est vraiment poucheux.
Il faut pousser très fort.
C'est pas facile pour le cheval.
On va livrer à l'épicerie là-bas.
Ah, à l'épicerie là-bas.
Voici l'eau.
C'est sympa.
Les gens doivent vous aimer quand même que vous leur apportiez de l'eau comme ça, c'est génial.
Je te l'ai dit, cette eau est très bonne.
Elle est de qualité.
Donc les gens sont contents.
Et oui, c'est le bon samaritain, celui qui amène l'eau et tout le monde doit l'adorer.
Ça c'est sûr.
Son service est vital pour nous.
Comment il a été désigné, comment il est devenu le monsieur de l'eau du village ?
Il l'a toujours fait.
Je crois que c'est lui qui s'est proposé.
Il ne doit pas y avoir beaucoup dans le monde de livreurs d'eau internationaux qui se déplacent en puchcaro à cheval.
Je pense qu'il n'a qu'un nom.
Oui, je pense que je suis le seul et l'unique.
C'est un travail que Dieu m'a donné.
Je l'accepte avec grand plaisir.
Ravi de t'avoir transporté.
Au Guatemala, les rails relient les hommes, mais pas tout à fait comme ailleurs.
Pour échapper à la chaleur écrasante, pour aller chercher un peu de fraîcheur, les guatemaltèques ont leur endroit préféré.
Un lieu d'une grande beauté, le lac Atitlán.
Cet endroit est juste incroyable.
C'est magnifique, ça a l'air paisible, ce lac immense aux eaux bleues, entouré de montagnes vertes.
Mais en fait, ce lieu est le fruit d'une énorme catastrophe.
Il y avait un très grand volcan ici, il y a 85 000 ans.
Un très grand volcan qui, lors d'une éruption, s'est effondré sur lui-même.
Donc ça a donné un grand trou qui a été comblé par de l'eau.
Et puis ensuite, l'activité volcanique a continué et il y a des formes volcaniques qui sont apparues autour du lac.
Et ça donne ce paysage absolument unique.
Magnifique, magnifique.
Et autour du lac, des petits villages, où l'on vit encore beaucoup de pêche et d'agriculture,
et où beaucoup d'habitants sont des descendants des mayas.
Hola. Bonjour. Bonjour.
Qu'est-ce que vous vendez là ? Qu'est-ce que c'est que cette boisson ?
De la banane plantain et de l'avoine.
De la banane et avoine. Je goûterais bien ça.
C'est bon ? C'est super bon avec la banane.
Vous en prenez deux ? Oui.
Ici, c'est le point repas des chauffeurs de tuk-tuk. Qu'est-ce que c'est ? Parce que je vois qu'ils viennent tous là.
Non, non. Il n'y a pas que les conducteurs de tuk-tuk. Il y a tout type de personnes, vous savez.
Et là, comme c'est l'heure du goûter, tout le monde s'attroupe.
Et vous venez toujours là manger ? C'est un bon point, ici ?
Oui, c'est bon. Ce sont des produits naturels.
Ah, c'est naturel, ici ? Oui.
Et elle cuisine mieux que les autres ?
C'est bien meilleur que la cuisine de ma femme.
Ah, merci.
Ah, c'est très très bon.
Merci.
J'adore vos tenues, les couleurs que vous portez. Je trouve ça très joli.
Merci beaucoup.
C'est très joli.
Nos vêtements font référence à la nature.
Les paysages du Guatemala sont très colorés, alors on aime bien leur faire honneur à travers nos habits.
Ah oui ? C'est en rapport avec la nature, pour vous aussi ?
Oui, la majorité de nos vêtements retranscrivent ça, effectivement.
Mais la manière dont un vêtement est tissé en dit aussi beaucoup sur la femme qui le porte.
Parce qu'un habit peut exprimer de la joie ou de la tristesse.
Il montre aussi l'état d'âme de la personne.
Ah, et alors vous, quel est votre état d'âme dans cette robe ?
Je suis joyeuse.
Joyeuse ? Et pourquoi joyeuse ?
Parce que j'ai des couleurs qui représentent le lac, le ciel et d'autres qui représentent la lumière du soleil.
Ok, merci beaucoup. Muchas gracias.
Ça vous va très bien, vous êtes très jolie.
Au bord du lac, la vie paraît plus douce.
Et ici, les soirées sont un spectacle enchanteur.
J'en oublierai presque ma mission, ma quête, mon graal.
Repérer les trains.
Repérer les trains dans ce pays où, officiellement, il n'y a aucun train de voyageurs.
Et il y a un endroit que je n'ai pas encore exploré, c'est la capitale, Guatemala City.
Une ville perchée à 1500 mètres d'altitude, aux banlieues infinies, cernée de montagnes et de volcans.
Un quartier historique central et populaire et, miracle, des rails.
Une gare avec beaucoup de locomotives.
Bon, visiblement, elles ne sont pas toutes jeunes, mais au Guatemala, le matériel ferroviaire est préservé.
Et ici, il y a toujours l'espoir, l'espoir qu'un jour, les trains circulent.
C'est marrant de voir ces vieilles locos qui ne demandent qu'à repartir.
Bon, je ne suis pas sûr qu'elles vont toutes repartir, mais celle-là, par exemple, elle a été repeinte tout récemment avec amour.
On voit que c'est peint à la main avec soie.
Et elle n'avait pas servi depuis 20 ans.
Donc, elle a été repeinte, remise en fonctionnement, elle est prête au départ.
Ce qui est sympa ici, c'est qu'on sent l'envie que ça redémarre.
Et, surprise, j'entends le ronron d'un gros moteur diesel.
Et il y a même, incroyable, des passagers.
Des passagers, mais bizarrement, pas de bagages.
En fait, il s'agit d'une expérience.
Faire découvrir les sensations du train aux employés de la compagnie ferroviaire.
Une compagnie qui ne fait encore rouler aucun train voyageur, mais qui a de grands projets.
C'est marrant, c'est sympa.
Et ça vous plaît d'aller faire un tour en train comme ça ?
Oui, je suis très heureuse. Je suis vraiment impatiente de ressentir les sensations du train.
Et vous ?
Pour nous, ce train représente beaucoup.
Ça nous permet de revivre un bout d'histoire.
Nos parents, nos grands-parents, nous ont raconté comment c'était à l'époque, quand les trains circulaient encore.
Ils nous disaient que c'était une expérience inoubliable.
Alors, quoi de mieux que de revivre ça nous-mêmes ?
Je vois rarement des gens aussi contents de prendre le train.
Il y a un klaxon monstrueux.
Parce qu'en fait, il n'y a aucun passage à niveau, regardez, il n'y a rien.
Ils sont pas au milieu des routes.
Et donc, les gens, ils n'ont pas l'habitude d'avoir passé des trains, donc il faut les prévenir.
Pour éviter les accidents, on roule à deux à l'heure et il faut klaxonner à fond.
Mais c'est marrant.
C'est l'événement dans la rue, là.
Ici, le train est tellement attendu que sur les murs de la ville, on lui dédie des poèmes remplis d'espoir et d'émotion.
Et ce train, quand il va circuler, il va desservir quoi ?
Un train de banlieue, s'il va aller dans le pays, comment ça va se passer ?
Pour le moment, ce train ne roulera que dans la ville, sur une douzaine de kilomètres.
Et les voitures passagers, ça sera comme ça, avec des petites tables en bois, des bancs en bois, il y a un côté vintage ?
Effectivement.
C'est super, le côté vintage.
Mais on n'a pas vraiment le choix, de toute façon.
Parce que tout le matériel ferroviaire au Guatemala est déclaré patrimoine national.
Donc, on ne peut pas y toucher.
On peut seulement l'entretenir et le maintenir en état.
Mais en gardant son design original.
Mais est-ce que les Guatémaltèques, même si ça a beaucoup de charme de voyager dans des vieux trains...
C'est technique de poser des questions ici.
Et même si ça a beaucoup de charme de voyager dans des vieux trains, est-ce qu'ils n'auraient pas envie aussi d'avoir un ou deux trains modernes, un peu plus confort, peut-être ?
Tu sais, les Guatémaltèques attendent avec impatience le train.
Donc, je pense que pour le moment, ils se fichent un peu du design.
Et puis, d'un autre côté, c'est bien de réutiliser les anciennes voitures.
Après, c'est vrai, avec le temps, si tout se passe bien, on sera ravis d'avoir plus de confort et des voitures plus modernes.
Il est prometteur, ce petit train guatémaltèque.
L'ambiance est excellente.
J'ai rarement vu toute une ville aussi impatiente de voir passer des trains.
Le Guatemala, c'est toutes sortes d'aventures.
Les petites aventures de tous les jours, mais aussi des moments exceptionnels.
Au cœur de la forêt, dans une jungle qui semble inextricable, tout à coup, apparaissent des ruines.
Comme des fortifications, des restes de pyramides.
La nature semble avoir englouti une civilisation.
Je suis au cœur du monde Maya.
C'est la cité de Tikal.
L'endroit est tout juste extraordinaire.
Un monde disparu, mystérieux, qui s'est effacé il y a 1200 ans environ.
Ce qu'il y a de merveilleux dans cet endroit, ce sont bien sûr les pyramides.
Mais moi, ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est l'ambiance.
Parce que vous êtes là au milieu de la forêt.
Tout autour, il y a les sons de la nature, il y a les oiseaux, les singes, les toucans.
Et c'est un site immense.
Il y a plus de 3000 édifices Maya qui sont engloutis dans cette forêt.
Et il n'y en a que 89 qui ont été mis à jour.
Donc c'est gigantesque.
Vous pouvez très bien vous retrouver comme ça, tout seul, en tête à tête avec ces pierres
qui ont beaucoup à raconter, mais pas trop.
Juste ce qu'il faut pour vous laisser rêver, rêver, rêver.
Le temple du grand jaguar, le temple des masques.
Ces pyramides étaient des lieux sacrés.
Et ils le sont encore aujourd'hui pour les descendants des Mayas
qui régulièrement viennent y effectuer des cérémonies.
Tikal, c'est une plongée dans une histoire pleine de mystères et d'interrogations.
Mais surtout un lieu qui me donne envie de m'enfoncer encore plus loin dans la jungle.
Accompagné de mon guide, je pars à la recherche des Mayas d'aujourd'hui,
ceux qui vivent et travaillent tous les jours dans la forêt.
C'est quoi ?
Qu'est-ce qu'on entend là ? C'est quoi ?
C'est quoi ce bruit ?
Ce sont des singes hurleurs.
Ah bon ?
Quand ils crient comme ça, c'est qu'ils risquent de pleuvoir.
Parce que c'est effrayant quand même comme cri.
Il faut le savoir que c'est des singes qui juste appellent la pluie.
Mais il ne faut pas avoir peur.
Ce sont des tout petits singes.
Ils sont grands comme ça.
Et ils sont tout noirs.
Le bruit qu'ils font, c'est dingue quand même.
Et on ne les voit pas ? On ne peut pas les voir les singes ?
Si, c'est possible de les voir.
Mais le plus dur, c'est de les trouver.
Ils posent fibre leur son.
Ok. On cherche un peu alors ? On essaye ?
Oui, si tu veux. On va essayer de les trouver.
Je crois que c'est par là.
Attends, viens. Ne fais pas de bruit.
Ah, il y en a deux ?
Oui.
Quand on est arrivés, ils ont dû nous voir.
Et là, s'ils sont plus calmes, c'est sûrement parce qu'ils sont un peu fatigués.
C'est vrai, parce qu'on entend leurs cris, ils sont effrayants.
Et quand on les voit, ils ont l'air tout cons.
C'est aussi pour ça qu'ils crient.
Pour effrayer les autres animaux qui entreraient dans leur territoire.
Un peu comme nous en ce moment.
Au milieu de toutes sortes de cris d'animaux, nous avançons, toujours plus profondément, dans la forêt.
Là, on approche. Tu le vois ? Il est là, en train de travailler au pied de l'arbre.
Il y a là un homme, tout seul, en train de faire d'étranges petites entailles sur le tronc d'un arbre.
Bonjour.
Comment ça va ?
Bien. Je suis en train de travailler, là.
Vous êtes là tout seul, au milieu de la forêt ? Vous n'avez pas peur ?
Non, je travaille toujours seul.
Qu'est-ce que vous faites, là ? On voit la sève qui coule, là.
Je fais des entailles dans l'écorce, afin que la sève se mette à couler.
Je la récupère pour faire du chewing-gum naturel.
Du chewing-gum naturel ? La résine, là, c'est du chewing-gum ?
Je peux toucher ?
Oui. C'est totalement naturel.
Ça n'a aucun goût, mais ça colle.
Ah oui, ça fait du chewing-gum.
Voilà le chewing-gum.
Le truc, c'est qu'il dégoûte quand les gens ouvrent la bouche avec du chewing-gum dedans.
Quand on parle de chewing-gum naturel, c'est parce que c'est une technique très ancienne.
Ça vient de nos ancêtres, les Mayas.
Pour moi, c'est une information très importante.
Les Mayas se baladaient au pied de leur pyramide en mâchant du chewing-gum comme ça.
Comme nous.
Oui. On aurait retrouvé des indices, des preuves dans les temples ou lors de fouilles
qui montrent que probablement, les Mayas mâchaient des chewing-gums.
Comme nous.
Des fois, ils faisaient des bulles dans les temples
ou ils collaient leurs chewing-gums sur les murs ou sur leur chaise, s'il y en avait.
Et on a retrouvé des vieux chewing-gums collés.
Non, on n'a jamais retrouvé de vieux chewing-gums.
Et donc vous faites quelques saignées comme ça et ça coule et voilà.
Oui. Il faut toujours commencer en bas. Comme ça.
Faire des saignées en V.
Et puis monter petit à petit jusqu'en haut de l'arbre pour que ça coule bien.
Afin d'avoir une quantité suffisante.
Ça rigole pas. Vous allez monter haut ?
Oui, jusqu'en haut. Peut-être à 15-20 mètres.
Grâce à ces éperons sur mes chaussures, je vais pouvoir m'accrocher au tronc.
Et vous allez monter comme ça ?
Oui. Je fais ça depuis que j'ai 12 ans.
Impressionnant quand même.
Oui, c'est très impressionnant.
Il a le courage de monter tout en haut.
Et il a le sens de l'équilibre.
Oh dis donc, quelle technique.
Mais c'est quand même dangereux parce que si vos pieds glissent là, vous êtes foutu.
Oui, il faut de la concentration.
Pas uniquement sur les pieds.
C'est tout le corps qui est en équilibre.
Si mes pieds glissent, je peux me retenir comme ça à la corde.
Mais le pire, c'est avec la machette.
Si je ne fais pas attention, elle peut couper la corde qui me retient contre le tronc.
Et là, dans ce cas, je tombe.
Et de 15-20 mètres.
C'est déjà arrivé à certains.
Quelques-uns ont perdu la vie comme ça.
Si tu tombes, la seule chose qui pourrait être sauvée, c'est que quelqu'un passe.
Il m'impressionne comme il est courageux.
C'est beaucoup de travail.
Mais j'aime bien ça.
Ah dis donc, ça coule bien maintenant.
Parce qu'évidemment, ça vient de plus haut.
Et il y en a plus sur toute la longueur.
Je touche pas trop parce que c'est extrêmement cosant.
Je viens de terminer mes entailles.
Oui, je redescends.
Les singes ne sont pas contents que vous descendiez.
Ils sont très en colère.
Non, ils sont contents.
Je pense plutôt qu'ils m'ont pris pour un des leurs quand j'étais en haut.
Ah bon ? Je ne dirais pas qu'ils sont contents.
Franchement, bravo.
Et alors la sève, il y en a beaucoup ou il faut attendre longtemps ?
Il faut que ça coule toute la nuit.
Je reviendrai demain matin pour la récupérer.
Eh bien, je suis impressionné.
Merci.
Le Guatemala, c'est un petit pays, mais un grand voyage.
C'est un concentré d'énergie et de sensations.
Des volcans par dizaines, des lacs magnifiques,
des temples mayas perdus dans des forêts profondes,
et surtout des guatemaltèques qui n'ont qu'une envie,
vous faire partager l'amour de leur terre et leur façon de voir la vie.
Le Guatemala est une petite pépite bien trop discrète.
