Dans la liturgie de l'ordination diaconale, si le candidat est le seul à recevoir le sacrement de l'ordre des mains de l'évêque, c'est bien souvent toute la famille qui est impliquée au cours de la messe. Le futur diacre peut en effet compter sur la présence de son épouse et de ses enfants, qui le soutiennent par la prière notamment. Comment les membres de la famille vivent-ils ce moment ensemble ? Quel rôle spécifique la liturgie accorde-t-elle aux proches de l'ordinand ? Témoignage et points de repères avec le père Pierre Delort-Laval, modérateur du Comité National du Diaconat. ---------------------------------------------------------------------- KTO ne vit que de votre générosité ! 👉Pour faire un don : https://donner.ktotv.com/LIENYT/ ---------------------------------------------------------------------
Ce dimanche, Jean-François, marié et père de trois enfants, est ordonné diacre permanent
à la cathédrale Notre-Dame du Havre. C'est un jour très spécial pour lui et ses proches venus
assister à cette célébration, durant laquelle Jean-François va recevoir le Sacrement de l'Ordre.
Aujourd'hui, bien sûr les paroissiens, les membres du diocèse, ma famille, mes amis proches,
depuis très longues années, et puis beaucoup de gens aussi qui sont avec moi au théâtre depuis
quinze ans. Une occasion de témoigner et de rassembler aussi beaucoup de personnes
de divers horizons. Et ça, je trouve ça vraiment formidable qu'il soit tout ça aujourd'hui.
C'est toute la famille André qui prend part au déroulement de la messe d'ordination
diaconale de Jean-François, à commencer par ses enfants Baptiste et Blandine qui
participent à l'animation liturgique et apportent les offrandes à leur père avec
leur petite sœur Agathe. J'attends cette messe depuis longtemps. Au départ, je ne savais pas du tout
qu'on allait jouer. C'est papa qui nous a demandé si on voulait s'impliquer dans la messe,
participer, ce qui nous permet d'être actifs pour cette cérémonie. Ça me fait plaisir d'être utile,
je suis contente pour lui et je suis fière d'avoir mon père qui fait ça.
Avant que Jean-François ne soit ordonné diacre permanent, c'est d'abord à sa
femme Élisabeth que Mgr Brunin, évêque du Havre, s'adresse en premier.
Élisabeth, acceptez-vous tout ce que le diaconat apportera de nouveau et votre vie de famille ?
Oui, je l'accepte.
L'évêque s'est adressé à moi pour me demander si effectivement j'acceptais qu'il ordonne Jean-François diacre.
Alors je pensais rester à ma place, mais il m'a vraiment fait venir devant, à côté de Jean-François
et ça effectivement ce n'était pas forcément prévu. Il m'a vraiment donné ma place à ce moment-là
et ça c'était un beau moment.
Peux-tu être consacrée à la diaconie de l'Église ?
Oui, je le veux.
C'est attouchant parce que comme c'est mon père et que ça faisait trois ans qu'on attendait ça, ça m'a touchée.
J'étais témoin, pour les avoir rencontrés souvent, que c'est toute la famille qui s'est engagée dans ce cheminement,
qu'ils gardent sa bonne humeur, son optimisme et puis son dynamisme.
Lui et puis Élisabeth, ses enfants aussi, qui sont engagés dans l'Église.
La mission d'un diacre, c'est d'être un petit peu, c'est un peu le ministère du seuil,
c'est-à-dire qu'il est à la fois dans l'Église et aussi dans le monde réel, si je puis me permettre.
Et donc la première cellule, c'est le foyer. Et il ne faut pas oublier aussi que le mariage reste premier, toujours.
Le diacre arrive évidemment avec des missions particulières, mais c'est la famille et le couple qui restent premiers.
Désormais diacre, c'est sous le regard bienveillant de sa femme et ses enfants qu'il commence sa nouvelle mission dans l'Église.
Le jour de l'ordination diaconale, il y a une assemblée qui est mélangée.
Il y a à la fois des gens de la communauté chrétienne, il y a de la famille et des amis du futur diacre, de l'homme qui va être ordonné.
Et il y a aussi des personnes qui sont loin de l'Église, mais qui sont liées au diacre par sa famille ou par ses activités annexes.
Et cette conjugaison de plusieurs types de personnes dans l'assemblée a déjà une dimension missionnaire.
Les gens qui sont invités et qui sont loin de l'Église, ils sont touchés d'être ainsi inclus dans une célébration à l'intérieur de laquelle beaucoup de choses sont étranges.
Ensuite dans la célébration, la place de la famille est modeste.
Elle est symboliquement forte, je vais y revenir, mais elle est modeste.
Elle est formelle pour l'épouse à qui la liturgie et donc l'évêque prévoient de demander si elle est d'accord avec cette ordination de son mari.
Donc ça, c'est finalement la participation très courte mais très forte de l'épouse.
Effectivement, les enfants peuvent être associés, et c'est le cas ici, à la célébration liturgique pour l'accompagnement musical en l'occurrence.
C'est l'occasion de dire que la participation, même modeste, même symbolique, a son importance.
Parce que justement, si on cherche à définir la participation au sens liturgique du terme, c'est la possibilité de s'associer au chant, au répons, même simplement d'être là,
en tant qu'elle est symbolique de l'offrande de sa vie.
Même s'ils sont peu actifs, ils sont profondément impliqués.
Parce qu'il s'agit de leur père, parce qu'il s'agit d'une assemblée qui leur est familière, au moins pour une part,
parce que ça les renvoie à eux-mêmes, à leur foi, à leur vie.
Et en fait, la participation au sens fort, c'est cet investissement spirituel par lequel on est présent,
par lequel on consent à être présent, par lequel, dans ce sens-là, on offre sa propre vie,
et particulièrement en écho, le mot est trop faible, à l'offrande de la vie du Christ.