Gabon: la joie des chrétiens malgré les défis

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2 Vues de vidéo·22 nov. 2024
On part à la rencontre de l'Eglise catholique au Gabon, pays d'Afrique centrale. C'est le 2ème poumon vert de la planète, avec la forêt équatoriale qui recouvre les trois quarts de son territoire. Malgré ses richesses en ressources naturelles, le Gabon est marqué par une grande pauvreté. Sur 2,4 millions d'habitants, 80% sont chrétiens, majoritairement catholiques. Les religions traditionnelles sont également importantes. Eclairage avec le père Félicien Ndong Nguema, originaire du diocèse d'Oyem, 4ème ville du pays, située dans le nord. Il est actuellement prêtre Fidei donum pour le diocèse de Pontoise.
Bonjour à tous, je vous propose cette semaine d'aller à la rencontre de
l'église catholique au Gabon. Pays d'Afrique centrale, c'est le deuxième
poumon vert de la planète, avec la forêt équatoriale qui recouvre les trois
quarts de son territoire. Sa capitale est Libreville. Alors malgré ses richesses
en ressources naturelles, le Gabon est marqué par une grande pauvreté.
Sur environ 2,4 millions d'habitants, 80% sont chrétiens, majoritairement
catholiques. Les religions traditionnelles sont également importantes.
Je retrouve notre invité.
Père Félicien Endong Nguema, bonjour. Bonjour.
Merci de nous retrouver. Quelques mots pour faire connaissance. Vous êtes
originaire du diocèse d'Oyem qui est la quatrième ville du Gabon. Elle est située
dans le nord du pays. Vous avez été ordonné en 2001. Parmi vos missions,
vous avez été curé de la cathédrale Saint Charles Luanga d'Oyem, responsable
de l'école de formation des catéchistes du diocèse, également vicaire général.
Et depuis la rentrée, depuis quelques mois, septembre, vous êtes prêtre fidéi
d'Onum pour le diocèse de Pontoise. Exactement.
Alors, l'église du Gabon vient de fêter un anniversaire, les 180 ans de son
évangélisation. Le Gabon était le point de départ de l'évangélisation de
l'Afrique subsaharienne, comme l'avait d'ailleurs rappelé le pape Jean-Paul II
lors de sa visite au Gabon en 1982. Et quel est le sens de ce jubilé ?
Ce jubilé, comme tous les jubilés, c'est d'avoir une grande action de grâce.
L'action de grâce, parce que le Seigneur a bien voulu inspirer les missionnaires à
venir chez nous pour que nous rencontrions effectivement la lumière
de l'évangile. Donc, action de grâce à l'endroit du Seigneur qui ne nous a pas
oubliés, action de grâce à l'endroit, sinon pour ces missionnaires-là, qui ont
bravé effectivement les aléas du temps, les aléas climatiques, géographiques, pour
venir jusqu'à nous, nous donner l'évangile. Et c'est aussi une célébration de la
fidélité, parce que nos populations ont embrassé depuis pratiquement un siècle
et demi le message du Christ. Et bien évidemment, quand on regarde la ferveur
qui se vit actuellement, on peut effectivement célébrer cette fidélité
à l'évangile. Alors les catéchistes au Gabon sont
essentiels, et notamment dans les zones rurales où il n'y a pas toujours la
présence d'un prêtre. Quelle est leur mission ?
Les catéchistes ont une mission très très importante dans la vie de l'Église du
Gabon. Je peux dire que ce sont les catéchistes qui font l'essentiel du
travail, à la base. C'est vrai ? Fondamentalement. Oui. Parce que nous
pouvons distinguer deux sortes de catéchistes, bien évidemment. Il y a des
catéchistes qu'on peut appeler des catéchistes à temps partiel, parce qu'ils
se chargent de donner la catéchèse en vue des sacrements.
Eux, ils viennent ponctuellement en semaine. Mais nous avons aussi des
catéchistes que je peux appeler permanents. Qui sont bénévoles ?
Qui sont bénévoles, totalement bénévoles, et qui dirigent les communautés
chrétiennes. Vous le savez, comme dans beaucoup de pays d'Afrique, sinon dans
beaucoup d'églises d'Afrique, nous fonctionnons avec les communautés
éclésiales vivantes de base. Et ce sont les catéchistes qui sont les
responsables de ces communautés-là. Donc ils assurent la vie liturgique,
ils assurent la vie spirituelle, la vie doctrinale, et même la vie sociale de
ces communautés-là. Et en quoi justement leur mission est complémentaire, ou même
parfois en première ligne, dans les zones qui n'ont pas de prêtres ?
Exactement. Ils assurent les obsèques. Parfois, ils assurent les
célébrations de dimanche en l'absence du prêtre.
Certains ont la possibilité de donner l'Eucharistie, d'autres non. Donc ils ont
vraiment un grand travail, une grande charge, et ils aident beaucoup les
prêtres à faire vraiment leur travail. Alors vous, vous connaissez bien tout ce
qui touche à la formation des catéchistes. Dites-nous, c'est quoi
l'enjeu aujourd'hui pour former des catéchistes qui peuvent assurer cette
mission au Gabon ? Je peux dire que cette formation est très importante. Il faut
l'assurer, parce que le monde aujourd'hui devient un monde exigeant. Et dans nos
villages, dans nos communautés, ce ne sont plus des chrétiens qui viennent
s'asseoir et écouter la bonne parole. Ce sont des chrétiens qui réfléchissent.
Beaucoup sont retraités, sont revenus dans les villages, ils habitent nos quartiers.
Et si c'est dans la commune, il y a des personnes qui travaillent dans
l'administration, dans les entreprises. Ils ont un certain degré d'instruction.
Donc ils n'ont plus besoin de catéchistes qui viennent tout simplement
répéter. Et eux, ils vont dire, bon, la parole est dite, on comprend, on marche.
Mais ce sont des gens qui réfléchissent, qui posent des questions, qui posent des
problèmes. Et le monde aujourd'hui devient un monde très complexe aussi.
Le Gabon n'y fait pas exception. Exactement, le Gabon ne fait pas
exception. Aujourd'hui, les gens ont beaucoup de
pôles de formation. Il y a Internet, il y a la télévision, il y a la radio, le livre aussi.
Donc, il faut absolument que le catéchisme soit mûrement formé en Bible,
bien évidemment, en spiritualité, doctrinalement, en morale, ainsi de suite.
Donc, c'est le grand enjeu que le monde devient complexe. Ils ont beaucoup
d'autres pôles de formation. Donc, il faut absolument que nos catéchistes
soient sérieusement formés, bien formés.
Ils le sont aujourd'hui ?
On essaie de faire ce qu'on veut, ce qu'on peut, en fonction des moyens qui
sont les nôtres. Quand j'étais responsable du CCLC, cours complémentaires
de liturgie de catéchèse dans mon diocèse, on essayait de déclater
effectivement cette formation en Bible, en doctrine, ainsi de suite. Et même une
formation humaine. On faisait même des cours d'agriculture, des cours de
lecture. Il y avait pas mal de choses qu'on avait initiées pour que les
catéchistes puissent faire face aux problématiques d'aujourd'hui.
Au Gabon.
Alors, Père Félicien Ndong Ngema, il y a aussi ce défi pour l'Église au Gabon,
comme pour les autres pays d'Afrique, d'atteindre l'autonomie financière,
c'est-à-dire de pouvoir se financer sans aides extérieures. Et donc, une Église
locale peut par exemple avoir des revenus grâce à des écoles, des centres
de santé ou ses terrains agricoles. Mais si elle ne parvient pas à cette
autonomie, eh bien une Église locale peut être soutenue par des voisins, des pays
voisins, des diocèses voisins, ou encore par des institutions comme les
oeuvres pontificales missionnaires, Caritas Internationalis, ou d'autres
encore. Dites-nous justement, l'autonomie financière au Gabon, dans ce
pays marqué par une très forte pauvreté, c'est possible ?
Tout est possible, c'est vrai que c'est difficile, mais tout est possible. Parce
que l'Église, cet ensemble du peuple chrétien, ce n'est pas seulement les évêques, les
prêtres qui constituent l'Église, c'est aussi les chrétiens. Et nous tous nous
sommes marqués par cette pauvreté endémique.
L'Église aussi en souffre, bien sûr.
L'Église en souffre, effectivement, parce qu'il y a très peu de personnes qui bénéficient
des richesses du Gabon. Parce qu'il ne faut pas se le cacher, le Gabon est pratiquement
un scandale écologique. Parce que nous sommes vraiment nantis en matière du sous-sol,
la forêt, l'eau, nous sommes vraiment nantis à ce côté-là. Mais combien de personnes
bénéficient de cette richesse ? Donc la pauvreté est vraiment endémique.
Il y a eu peut-être au niveau des accords avec les grandes entreprises, où les États,
où bien notre pays ne bénéficie pas d'un grand apport, d'un grand taux concernant
les bénéfices de nos matières premières. Il y a eu aussi peut-être les accords avec
le pays colonisateur qui ne favorise pas un certain nombre de choses. Mais en même temps,
ceux qui dirigeaient le pays jusque-là n'avaient aucune vision de sortir le pays effectivement
du sous-développement. L'Église dénonce d'ailleurs cette pauvreté,
cette inégalité de répartition. Exactement, le gros problème c'est à ce
niveau-là. Je ne veux pas parler, je ne veux pas avoir un langage de victimisation. Mais
la réalité c'est que nos dirigeants n'ont pas joué frangeux jusque-là, malgré le
fait que nous ayons les richesses, la pauvreté endémique et même le chômage, ça galope,
le chômage des jeunes bien sûr. Le chômage des jeunes qui est effectivement
une vraie difficulté. Comment l'Église affronte justement ce défi-là, ce grand
défi du chômage ? Donc ce grand défi, nous en pâtissons, mais
on essaie de conscientiser les pouvoirs publics pour que toute la population bénéficie de
ces matières premières. Je crois que c'est à partir de là que nous pouvons aussi en
même temps compter à viser l'autonomie financière. Ce sont les chrétiens qui doivent
financer quelque chose quelque part pour que nous soyons autonomes. Si on veut compter
tout simplement l'appui extérieur, à un moment donné on ne s'en sortira pas. Il
faut responsabiliser les chrétiens eux-mêmes et c'est fondamental. Si les chrétiens
eux-mêmes ne sont pas engagés et si les chrétiens eux-mêmes n'arrivent pas à lancer
cette autonomie financière, on ne s'en sortira pas. On ne peut pas toujours compter sur l'extérieur.
C'est un processus qui est lancé ?
Qui est lancé, effectivement. Les évêques en parlent, les évêques lancent des réflexions.
On va parler aussi avec vous, Père Félicien Ndang Ngema, des vocations. Alors aujourd'hui
il y a près de 400 religieux et religieuses qui sont présents au Gabon, qui sont répartis
dans différentes congrégations. Si on compare avec la RDC, la République démocratique
du Congo, le Congo-Brazzaville ou le Cameroun, les vocations religieuses au Gabon se développent
encore assez lentement. Pour quelles raisons, dites-nous ?
Tout est fonction.
Parce qu'on connaît la dynamique des pays, des vocations en Afrique, mais le Gabon c'est
plus lent. Pour quelles raisons ?
Tout est fonction de démographie aussi.
Alors c'est effectivement une petite population, autour de 2 millions et demi.
Exactement, à peu près. En tout cas c'est enforçant. Mais depuis 1982, avec le voyage
apostolique du pape Jean-Paul II, qui en venant au Gabon a dit « Église du Gabon, lève-toi
et marche », nous connaissons une floraison de vocations. Je peux dire que quand on ouvre
par exemple le grand séminaire national Saint-Augustin à Libreville, en 1994, quand on célébrait
le 150e anniversaire de l'évangélisation du Gabon, on était autour de 24 grands séminaristes.
Vous, vous y étiez dès le début de ce grand séminaire.
Effectivement, j'en parle avec beaucoup d'émotion parce que j'en fais partie.
La première promo.
La première promo, on travaillait même les dimanches. Rendez-vous compte, pour que notre
maison soit habitable, avec notre recteur, sous la conduite de notre recteur, l'abbé
Jean-Pierre et le Larzé. Et c'était vraiment une grande joie. L'ensemble du Gabon, on
était 24, du nord au sud, tous les diocèses du Gabon étaient représentés, on était
24. Et aujourd'hui, c'est plus de 70 grands séminaristes que le Gabon compte. Et nous
avons chaque année des ordinations sacerdotales. Donc nous pouvons dire que c'est vraiment
la lancée qui est déjà donnée. On n'a pas envié les autres pays de la sous-région
dans la mesure où le Gabon est le pays pionnier aussi de l'évangélisation en Afrique centrale.
Les missionnaires parlaient du Gabon pour aller l'évangéliser, effectivement.
Si vous arrivez à Libreville, à la cathédrale Notre-Dame de l'Assomption, il y a l'épitaphe
qui dit d'ici est partie la lumière de l'évangile pour les pays de l'Afrique centrale.
Donc le Gabon a vraiment une place particulière dans cette région d'Afrique.
Absolument, oui. Depuis le 19e siècle, depuis le 29 septembre 1840, c'est vraiment un rôle
particulier pour l'évangélisation de l'Afrique centrale. Donc je peux dire qu'aujourd'hui,
on n'a pas à se plaindre au niveau des vocations. Même dans les congrégations religieuses,
féminines, masculines surtout, on note quand même beaucoup de présence de chrétiens gabonais.
Une église qui se lève comme l'avait appelé Jean-Paul II. Alors on va justement en voir
une illustration de ces vocations et vocations féminines. On part à la rencontre de jeunes
novices de la Congrégation des Sœurs de l'Immaculée Conception de Castres dans cet
extrait de reportage réalisé au Gabon par Juan Diego Ortubez en partenariat avec les
œuvres pontificales missionnaires. Aujourd'hui, six jeunes novices sont en formation à Ntoum,
à 40 kilomètres de la capitale gabonaise. Elles commencent leur journée par des laudes et un temps
de prière personnelle. Ensuite, comme chaque jour, les novices suivent un temps de formation. Théologie,
spiritualité et vie communautaire. Est-ce que l'une d'entre vous voudrait nous dire un tout
petit peu au cours de cette semaine, dans une expérience concrète, comment elle a intériorisé
ce Dieu seul ? Exemple concret, j'ai travaillé, en même temps j'ai prié pour le monde, pour ma
congrégation, ma communauté et pour toutes les personnes qui sont en difficulté dans le monde.
J'ai prié pour eux en travers. Pour Mariola, qui est en deuxième année de novicia, chaque journée
de formation de prière et de mission est une étape cruciale dans son cheminement spirituel. Une vie
religieuse qui n'a pas été bien formée et ne donne pas aussi de bons fruits. Donc c'est un temps
de préparation, de s'intégrer vraiment dans cette formation, de connaître à quoi je vais m'engager
vraiment pour toute la vie. Voilà un reportage à retrouver en entier sur notre site internet et nos
réseaux sociaux. Père Félicien Ndongen Gemma, on va parler aussi de cette présence de l'Église
dans la société du Gabon. Et ça c'est dans le contexte du référendum constitutionnel qui est
prévu le 16 novembre. L'Église qui a joué dans l'histoire un rôle au service de la démocratie.
En 1990, l'archevêque émérite de Libreville, Mgr Basile Md Ngon, avait présidé la conférence
nationale. Et puis en avril dernier, Mgr Jean-Patrick Ibaba, qui est l'actuel archevêque
de la capitale, a présidé le dialogue national inclusif organisé par les autorités de transition.
Pour rappel, depuis septembre 2023, le Gabon est dirigé par le président de la transition,
le général Brice Oligui Nguema, après un coup d'État qui a mis fin à une cinquantaine d'années
de reine de la famille Bongo. Pour en revenir au dialogue national, sur quoi est-ce qu'il a porté
ce dialogue au mois d'avril ? Le but du dialogue était de faire renaître un Gabon nouveau,
eux-mêmes disent digne d'envie. C'est-à-dire ? C'est-à-dire que ce qu'on a connu jusque-là,
avec le règne des Bongo, ça devrait changer. Et que le Gabon devait être fier, sinon le Gabonais
devait être fier de son pays. Donc c'était ça le but visé, faire naître vraiment la fibre
patriotique dans le cœur des Gabonais. Comment est-ce que l'Église a contribué à ce dialogue
national ? Effectivement, nous voyons une grande présence de l'Église, même dans les institutions
de la transition. C'est-à-dire ? L'Assemblée de la transition, le Sénat de la transition,
le Conseil économique et social et environnemental de la transition, il y a la forte présence de
l'Église, avec les prêtres bien évidemment. Dans ces institutions ? Dans ces institutions.
C'est particulier ? Oui, particulier, parce que c'est une situation aussi particulière. Et d'après
les nouvelles autorités, ils ont dit on remet le Gabon entre les mains des religieux, entre les
mains de l'Église. Et nous avons vraiment un grand défi à relever de ce côté-là. Et c'est ainsi
qu'ils ont choisi comme président de ce grand dialogue-là, dialogue national inclusif, Mgr Jean
Patrick Ibaba, archevêque métropolitain de Libreville. Donc nous avions joué un grand rôle,
parce qu'il y a eu à la base des contributions, 38 000 contributions des chrétiens, de toute la
société, parce que c'était inclusif. Tout le monde a participé, dont l'Église a aussi participé
au niveau de ses contributions pour pouvoir élaborer une nouvelle constitution et qui est
l'objet effectivement du référendum. Alors justement, vous parliez de ces contributions
des chrétiens. Ils sont appelés, et ça l'Église catholique au Gabon les a appelés à plusieurs
reprises ces dernières années, à s'engager dans la vie politique et sociale du pays. C'était
d'ailleurs le sens du message des évêques lors de leur dernière assemblée plénière en janvier 2024.
Justement, c'est quoi l'enjeu et comment doivent s'engager les chrétiens ? En fait, de tout temps,
l'Église universelle invite les chrétiens à s'engager. L'enjeu, c'est que quand il y a
beaucoup de chrétiens dans les organisations, nous sommes sûrs qu'il y aura des valeurs
évangéliques qui seront présentées et nous avons la ferme conviction qu'un monde sans les valeurs
évangéliques, c'est un monde qui marchera la tête sur terre et les pieds en l'air.
Et concrètement, comment est-ce que les chrétiens au Gabon doivent s'engager ?
Les chrétiens, il faut prendre vraiment une part active dans toutes les organisations. Quand on est
chrétien, on doit, en fait, la foi n'est pas quelque chose de privé, la foi est aussi quelque
chose de public, que j'appelle aussi une foi politique, c'est-à-dire, moi qui suis un homme
de foi, toutes mes prises de décisions sont influencées par ma foi. Donc, je ne peux pas
prendre des décisions qui vont aller à l'encontre du respect, par exemple, de la dignité humaine,
qui ne vont pas respecter la vie humaine et qui ne vont pas faire la promotion, bien évidemment,
du bien commun. Donc, à tous les échelons de la société, notamment dans tout ce qui concerne
l'administration publique du pays ? Exactement, il faut absolument une forte influence des chrétiens
dans cette échelle-là. Elle n'est pas suffisante aujourd'hui ? Ce que nous pouvons regretter, c'est
que nous avons formé beaucoup de chrétiens. Le Gabon a formé beaucoup de chrétiens parce que nous
avons beaucoup d'écoles catholiques. Les lits du pays. Beaucoup sont passés par les écoles catholiques.
Malheureusement, à un moment donné, on se rend compte que cela n'a pas été suivi. Est-ce que c'était
le climat général ? Est-ce qu'on a été noyé dans ce climat, dans cette atmosphère générale ? Mais
aujourd'hui, l'Église ne cesse de rappeler les chrétiens à s'y engager, mais tout en vivant
selon les valeurs de l'Évangile. Vous parlez de l'éducation, il y a 285 établissements
catholiques actuellement au Gabon. Effectivement, primaire et secondaire. Il y en a peu qui consacrent
l'enseignement supérieur. On va terminer, Père Félicien, en Gemma, comme on le fait avec tous
nos invités, avec quelques questions qui ont une tonalité plus spirituelle. Quelle est la
personnalité chrétienne gabonaise, passée ou présente, qui vous inspire ? Il y en a beaucoup,
mais je voudrais parler effectivement de Monseigneur Basile Mbengune,
archevêque émérite de Libreville, qui a été évêque du diocèse d'Oyème depuis les années 80,
avant de venir à Libreville. En quoi est-ce qu'il vous a inspiré ? Parce que déjà, dès le départ,
c'est lui qui m'a envoyé au grand séminaire. Ah oui, c'est pas rien. Et on le voyait vraiment comme,
on le voit encore aujourd'hui, comme un père, quelqu'un qui aime l'Église, quelqu'un qui a un
grand amour pour l'Église. Il fait partie des évêques qui ont fait la promotion vocationnelle
au Gabon. Et de ce point de vue, vraiment, c'est quelqu'un que j'admire dans la grande simplicité
et dans la grande humilité. Et il a fait la promotion de la formation effectivement des
catéchistes. Je suis passé par cette maison-là, de formation des catéchistes, et quand j'ai
retrouvé effectivement ce qu'il a pu faire, maintenir cette maison, la vie de cette maison,
c'est vraiment très louable que le travail que les catéchistes font, que quelqu'un essaie de
faire la promotion des catéchistes. Dernière question, quel meilleur moment en Église avez-vous
vécu au Gabon ces derniers temps ? La réalité, ce sont ces ordinations sacerdotales qu'on vit
chaque année, et ce qui montre vraiment la floraison de cette jeune Église qui n'a pas
200 ans d'évangélisation. Malgré ça, on a connu de grandes crises vocationnelles au Gabon. Je me
rappelle, on parlait de deux ou trois grands séminaristes au Gabon, mais actuellement, il y en
a beaucoup, il y a des dizaines. Et chaque année, il y a de ces ordinations-là. Et la dernière ordination
en date est le 29 juin 2024, et j'étais présent à OIEM. Et d'ailleurs, c'était pratiquement la même
date avec tous les diocèses du Gabon. C'était une grande joie que nous avions vécue. Merci beaucoup
Père Félicien Ndong Ngema pour votre témoignage. Tout de suite, c'est la Chronique du Monde.
Et on retrouve Sœur Juliette Ngeta, religieuse du Sacré-Cœur de Jésus à N'Djamena au Tchad.
Bienvenue au pays de Toumaï. Toumaï qui veut dire espoir de vie. Cette fois-ci, nous parlerons de
l'église du Tchad, l'église catholique comme famille de Dieu au Tchad, sous l'angle de l'éducation.
L'église en tant que magistère, l'éducation comme œuvre divine, l'éducation comme œuvre
d'évangélisation. Depuis le Concile du Vatican II, depuis le Synode sur la famille en Afrique,
et depuis le Synode de 2024, l'église du Tchad œuvre jour et nuit pour l'évangélisation des
peuples à travers l'éducation. Nous parlerons de l'éducation au sens large, c'est-à-dire
de l'éducation intégrale. Cette éducation qui assume la dimension intellectuelle, spirituelle,
humaine et psychologique de la personne pour faire de l'homme et de la femme des personnes
debout, car la gloire de Dieu se nomme debout. Oui, l'éducation est très importante en ce moment
où il y a les inondations, éduquer à l'hygiène, éduquer aux droits citoyens civiques, éduquer à la
suite de Dieu, éduquer parce que Dieu lui-même est le grand éducateur, parce que le Christ lui-même
est le premier éducateur, éduquer parce que nous aimons les hommes et nous aimons pour la gloire de
Merci ma sœur, voilà c'est la fin de cette édition. Vous pouvez la retrouver sur nos
réseaux sociaux, sur KTO Radio également et je vous souhaite une très bonne semaine. A jeudi.
