Factures d'électricité : les révélations fracassantes de Fabien Bouglé

Tocsin
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22 nov. 2024
« Le texte de la haute autorité de la concurrence sur les tarifs régulés de l’énergie est une trahison ! »
🔷 Avec Fabien Bouglé
Expert en politique énergétique
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Chers amis, merci encore d'être là, de nous supporter ce matin, ce vendredi matin.
Et vous le savez, chaque vendredi matin, vous avez le grand entretien de la matinale TOX1.
Et ce matin, j'ai appelé bien sûr Fabien Mouglet.
Salut Fabien, comment vas-tu ?
Bonjour Nicolas, très bien. Toujours heureux de participer à tes émissions.
Merci beaucoup et merci à toute l'équipe de TOX1 bien entendu.
Je t'ai appelé ce matin parce que c'est intéressant.
Je voulais qu'on fasse un point à l'élection de Donald Trump.
Il prendra officiellement son poste en janvier.
J'ai envie de poser la question de savoir si ça va changer quelque chose
pour la fameuse guerre énergétique de très bons livres que tu as écrits,
que je vous invite d'ailleurs à aller vous procurer très rapidement.
Est-ce que ça va changer quelque chose ? Comment ça va bouger Fabien ?
Ça va l'accentuer.
C'est-à-dire qu'il faut bien comprendre une chose importante.
On peut en réjouir.
Donald Trump, son intention est d'arrêter la guerre en Ukraine
et de pacifier l'Europe de l'Est.
Et ça, c'est un élément très important.
Mais il faut bien avoir à l'esprit que Donald Trump n'est pas un perdreau de l'année
sur les questions énergétiques.
Tout d'abord, il a annoncé la fin des éoliennes en mer.
Alors il faut comprendre une chose importante,
c'est que Donald Trump a fait partie vraiment des personnes anti-éoliennes
puisque au large des côtes écossaises, il avait un golfe.
Et président des États-Unis, il n'avait pas réussi à empêcher
l'installation d'éoliennes en mer au large de son golfe en Écosse.
C'est dire la puissance du lobby éolien.
Et là, il a la dent très dure et il a dit qu'il arrêterait tout projet
d'éoliennes en mer au large des côtes américaines.
Parce que c'est du ressort de l'État fédéral et ce qui, d'ailleurs,
pose énormément de difficultés à toute la filière éolienne industrielle mondiale
puisqu'évidemment, elle est déjà en grande fragilité.
On a vu Vestas, le fabricant de Vestas, qui a vu le cours abaissé,
qui a été divisé par trois.
Le principal exploitant éolien allemand, le cours a été divisé par quatre.
Et donc, cette fragilité qui va être accentuée par Donald Trump
va accentuer encore plus la fragilité de la filière éolienne.
En outre, sur le nucléaire, il va relancer le nucléaire fortement.
Il a annoncé également des sanctions économiques.
En tout cas, il a dans les lignes de mire le nucléaire français.
Donc, il veut soit mettre en place des mesures extraterritoriales
ou une augmentation des taux d'importation, des fiscalités de l'importation.
Et puis, sa politique très forte de gaz et d'exploitation du gaz de schiste
et des capacités de gaz naturel liquéfié,
dans la droite ligne de sa politique du freedom gas,
c'est-à-dire le gaz de la liberté,
qu'il avait entamé lors de son premier mandat entre 2016 et 2020.
En quelque sorte, les bases qu'il avait installées
lors du premier mandat de Donald Trump sur le gaz, le nucléaire,
la sanction de l'Europe sur son énergie
est en train d'être exacerbée avec la fin des énergies intermittentes
dans le nouveau mandat de Donald Trump.
Je crois qu'il va aller très vite.
En plus, il a beaucoup plus de pouvoir cette fois-ci.
Donc, il va jouer la concurrence avec Vladimir Poutine
qui veut vendre son gaz et veut vendre son nucléaire.
Donc, une bataille féroce entre la Russie et les États-Unis
après la guerre.
La question du gazoduc Nord Stream sera au cœur des discussions de pacification
parce que Vladimir Poutine voudra profiter de cette négociation
pour relancer le gazoduc Nord Stream.
Il faut préciser que sur les quatre tuyaux de Nord Stream 1 et de Nord Stream 2,
il y en a toujours un qui est opérationnel sur les quatre.
C'est une information peu connue
qui permet de distribuer 27,5 milliards de mètres cubes.
Ce n'est pas rien, 27,5 milliards de mètres cubes,
parce que c'est la moitié de ce que recevait l'Allemagne
avant le sabotage de Nord Stream 1 et de Nord Stream 2.
Donc, du jour au lendemain,
Poutine peut relancer le gaz vers l'Allemagne
et créer une respiration pour l'Allemagne qui est bien démunie.
On verra si Vladimir Poutine obtient cette possibilité
de restaurer et de réparer Nord Stream.
Je pense que Donald Trump sera très vigilant pour limiter,
à mon avis, je n'ai pas d'informations particulières,
mais je sais que les Américains sont très hostiles à Nord Stream 2
parce que Nord Stream 2 doublait les capacités de distribution du gaz.
Les Américains vont faire en sorte de recréer la possibilité
par Poutine de distribuer son gaz vers l'Europe,
mais vont aussi vouloir augmenter leurs capacités d'exportation vers l'Europe.
Donc, on voit, je le dis d'ailleurs dans mon livre,
la fin de la guerre d'Ukraine n'est pas le signe de la fin de la guerre de Néangerie,
bien au contraire.
Eh oui, effectivement, c'est ce que tu dis.
Là-dessus, il va y avoir une autre, surtout finalement,
cette guerre par rapport à Donald Trump qui, lui, manifestement,
a des objectifs très clairs.
Et comme tu l'as dit, il y a du pouvoir qui est aujourd'hui,
qui n'a pas presque les mains libres, on va dire,
enfin, les mains libres, toujours dans la condition américaine,
mais qui a beaucoup de pouvoir.
Qui a beaucoup de pouvoir et puis, il ne faut pas oublier une chose essentielle,
c'est qu'il a fait de son mandat le mandat du gaz et du pétrole.
Il veut même remettre en cause les escrocs climatiques
ou la climato-escroquerie.
Et de ce fait, on a un président qui n'a pas d'état d'âme
à vouloir relancer le gaz et le pétrole.
Breathe, baby, breathe.
C'est-à-dire, for, baby, baby, for.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on va récupérer du pétrole pour recréer de la devise
et il va diminuer.
Il a demandé à Elon Musk, justement, de supprimer les verrous
qui permettent, qui verrouillaient l'activité énergétique.
Donc, là-dessus, je suis absolument convaincu que Donald Trump,
et en tout cas, c'est son programme, va vraiment faire une offensive énergétique.
Je l'appelle dans mon livre « Guerre de l'énergie, l'empire contre-attaque ».
Et en ce sens, la question fondamentale va être la question de l'Europe.
Parce qu'il faut rappeler une chose importante.
Les États-Unis sont autonomes énergétiquement.
La Russie est autonome énergétiquement.
Donc, eux, ils peuvent vendre leurs surplus.
Par contre, l'Europe, et encore plus depuis la crise énergétique,
dépend de 62 % de ses importations, Nicolas.
C'est bien toute cette situation qui met l'économie européenne à genoux
et qui conduit à notre nécessité d'importer du gaz.
Et comme on achète du gaz très cher,
ça impacte le marché européen de l'électricité.
Comme le marché européen de l'électricité est indexé sur l'unité de production la plus chère.
Et comme rien ne change sur cette question, c'est une catastrophe.
Eh bien, l'autre jour, et c'est là où c'est très intéressant.
Alors, on a eu une petite affliction l'autre jour de Mme MacGregor,
qui est la patronne de ENGIE, donc rapport ENGIE.
C'est l'ancien Gaz de France.
Elle a dit qu'il va falloir, après l'élection de Donald Trump,
que nous diminuons notre dépendance.
Alors avant, c'était notre dépendance au gaz russe, la rating.
Et là, ça a commencé.
Donc, j'étais assez content parce que ça correspondait à ma thèse dans mon livre.
Il faut que l'on supprime notre dépendance au gaz américain.
Ça y est, c'est parti.
C'est à une semaine.
Et la solution pour Mme MacGregor pour ne plus dépendre du gaz américain,
c'était la même solution qu'ils avaient vendue pour ne plus dépendre du gaz russe.
Ce sont les transitions, la transition énergétique avec des énergies éoliennes,
avec des panneaux solaires dont on connaît l'efficacité
puisque l'autre jour en Allemagne,
ni les éoliennes ni les panneaux solaires fonctionnaient.
Le prix spot de l'électricité a explosé, passant à 800 euros le MWh
parce qu'ils étaient obligés d'acheter du gaz.
La situation, elle en est là.
On est dans une situation absolument catastrophique.
Et l'Europe perdure.
L'Europe et la France perdurent dans l'erreur.
Il y a, hier ou avant-hier, un député qui posait une question
à la députée du groupe d'Éric Ciotti,
qui posait une question à l'Assemblée nationale
justement sur la catastrophe des énergies intermittentes.
Et Olga Givernet, avec son élément de langage sans réfléchir,
elle nous dit qu'il y a deux jambes pour l'énergie française,
le nucléaire et les éoliennes.
Ils appellent ça des énergies renouvelables.
Oui, sauf qu'il y a une jambe cassée dans les deux jambes.
Il y a une qui a une entorse, une grosse entorse.
Le nucléaire, c'est stable, puissant, rentable.
Quand vous avez des éoliennes qui tournent,
ça produit un peu d'électricité.
Quand vous avez un panneau solaire, ça produit un peu d'électricité.
Mais c'est une jambe qui a une entorse, qui est cassée.
Et ce n'est pas avec ça qu'on va relancer le système énergétique français.
Et le problème, c'est que tout ça a un impact sur la facture.
Dans une conférence avec un boulanger qui était présent,
ça a une incidence sur les factures d'électricité des Français
et sur la facture d'électricité de nos entreprises françaises.
On avait Amélie juste avant toi, en début d'émission ce matin.
Amélie, elle est maman, elle a quatre enfants.
Elle paye plus de 400 balles d'électricité par mois.
Elle n'en peut plus.
Elle a crié.
Elle a fait un coup de colère ce matin chez nous.
Mais c'est normal.
On a une petite maison de 400 balles par mois.
Mais c'est très inquiétant, Nicolas.
Je le confirme et j'alerte depuis des années
avec mes différents livres sur cette question.
J'ai annoncé dans mon livre « Nucléaire, les vérités cachées »
que si on continuait dans cette direction, il y a trois ans déjà,
j'ai annoncé que si on augmentait les factures,
si on baissait la part du nucléaire,
si on continuait qu'on maintenait la fermeture de Fessenheim,
on irait vers une explosion des factures d'électricité
et vers des coupures d'électricité.
On en est là aujourd'hui, malheureusement.
Et je disais qu'il fallait relancer Fessenheim
dans une tribune au Figaro en 2021.
Eh bien, ils sont en train de désosser Fessenheim
le jour où, aux États-Unis,
Microsoft a racheté l'usage de Three Mile Mills Island,
qui est une centrale nucléaire,
qui est exactement de la même technologie que Fessenheim,
qui a le même âge que Fessenheim.
Donc, si vous voulez, on a affaire à des bras cassés.
Et ce qui est très grave, c'est qu'ils perdurent dans l'échec,
ils perdurent dans une situation.
Et moi, je lance un cri d'alerte au gouvernement,
mais arrêtez cette politique insensée.
Vous êtes en train de tuer l'économie française
et de déstabiliser le pouvoir d'achat de nos concitoyens
et de tuer nos PME, PMI, qui font faillite, évidemment,
à cause d'une trop grande production d'électricité.
Tout ça a des conséquences terribles.
Et on entend toujours les mêmes éléments de langage.
Il faut continuer la transition énergétique
qui a montré son incapacité à résoudre.
Vous savez, ça fait un peu penser...
Nicolas, ça fait un peu penser à...
Nous n'avons pas réussi le communisme
parce que nous n'avons pas fait assez de communisme.
Et d'ailleurs, le ministre de l'économie,
M. Abbett, de mémoire, en Allemagne, a dit
que si ça ne marche pas, les éoliennes,
c'est parce qu'on n'a pas mis assez d'éoliennes.
Vous voyez, c'est exactement le même mécanique,
sauf qu'on peut multiplier par 50 le nombre d'éoliennes.
Quand il n'y a pas de vent, il n'y a pas de vent.
50 que multiplient 0 égale 0.
Là-dessus, c'est vraiment d'une extrême gravité,
la situation dans laquelle on se trouve.
Et je continue et je continuerai toujours à alerter
parce qu'on a là affaire à une trahison énergétique
et pas à une transition énergétique.
Oui, c'est absolument incroyable.
Et en plus, Emmanuel Macron,
je crois qu'il était il y a quelques jours
en Amérique du Sud,
il a dit que le Mercosur notamment,
ça permettait aussi d'importer du lithium
pour faire vivre la transition énergétique.
Là aussi, on voit bien qu'Emmanuel Macron,
manifestement, il n'a pas envie de comprendre.
Il n'a vraiment pas envie de comprendre.
Non, et on parle d'importation,
parce qu'on parle de souveraineté énergétique.
Mais pour la souveraineté énergétique,
il faut des combustibles.
Donc ça, c'est vrai qu'on n'a pas de pétrole
et on n'a pas de gaz,
au moins en petite quantité.
Mais la souveraineté énergétique suppose aussi
la construction des outils de production.
Et si vous avez besoin de dépendre des terres rares,
du lithium ou d'un ensemble de matériaux rares
qui n'appartiennent pas à la France,
de toute façon, vos unités de production électrique
dépendront de pays étrangers
pour produire votre électricité.
Tandis que quand vous avez créé une centrale nucléaire
et que vous avez, à la France,
à 30 ans d'uranium sur son sol,
vous avez votre souveraineté énergétique
sur votre sol.
Et pire, si on n'avait pas abandonné
Superphénix et Astrid,
on aurait sur notre sol
des réacteurs à neutrons rapides
pour lesquels nous avons 3 000 ans de combustibles.
Donc, il faut qu'on arrête de dépendre.
D'ailleurs, Donald Trump,
en arrêtant les éoliennes en mer,
sait très bien ce qu'il fait,
puisque les Chinois sont en train
de mener un embargo
pour empêcher l'exportation
des matériaux de terres rares.
J'ai lu une étude, tout à fait,
qui m'a été envoyée par un financier anglais
en Grande-Bretagne,
sur le fait que les Chinois
allaient vouloir construire.
Et d'ailleurs, c'est ce qui déstabilise
la chaîne d'approvisionnement
de construction des éoliennes
à l'échelle mondiale.
Et ce qui est assez fou, Nicolas,
mais c'est toujours le problème,
c'est sur Toxin, sur d'autres médias
comme le vôtre,
où on aborde les vraies questions,
et ces questions-là ne sont pas abordées
ni sur des chaînes économiques,
alors que, actuellement,
par exemple,
Vestas, Siemens Energies,
General Electric,
depuis les annonces de Donald Trump,
a annoncé qu'ils arrêtaient
la construction d'éoliennes.
Ah oui, ah oui.
Le patron de General Electric a dit
« Nous livrons jusqu'en 2027,
après c'est terminé.
Nous ne produiserons plus d'éoliennes. »
Pourquoi ? Parce que les Chinois
n'envoient plus les terres rares
et veulent garder la production
de terres rares,
et demain, on n'aura que des éoliennes
chinoises, des panneaux solaires chinois.
Et donc, l'énergie énergétique
ne sera jamais obtenue
avec ces modes de production.
Donc, il y a vraiment une volonté
de ne pas comprendre.
Ça, c'est incontestable.
C'est fou parce que tu nous parles
de General Electric,
tu nous parles de ça,
de ces déclarations à droite et à gauche,
ce changement de cap sur l'éolien.
Et tu le dis, je vous invite d'ailleurs,
merci Fabien d'être là ce matin,
et nous, Fabien Bouglet,
expert en politique énergétique
et auteur de plusieurs livres,
on vous envoie des couvertures,
n'hésitez pas à vous les procurer.
C'est extrêmement intéressant
d'avoir ces grilles de lecture.
On vous le dit, on vous le rabâche.
Partagez, likez également.
Là-dessus, on se dit,
mais tu le dis,
c'est une idéologie qui n'arrive
même pas à se fracasser
contre le réel.
Mais à un moment donné,
ça confine à la bêtise
ou à la trahison ?
Je vais poser des mots,
véritablement.
Je pense sincèrement
que c'est de la trahison
par déni de réalité,
par incompétence aussi.
C'est-à-dire que c'est pas forcément,
il y a probablement des traîtres.
Il y a toujours eu des traîtres
dans n'importe quelle guerre.
Il y a eu des traîtres.
Mais il y a une forme de trahison
par déni de réalité,
c'est-à-dire la volonté de ne pas voir.
Je vais vous donner un exemple.
Il y a quelques mois
ou quelques années,
il y a eu à l'Assemblée nationale
une commission d'enquête
sur la souveraineté énergétique.
Le rapporteur était d'ailleurs
Antoine Armand
et M. Jérôme Pagé, le président.
Rappelons qu'Antoine Armand,
c'est notre actuel
ministre de l'Économie et des Finances.
Et Antoine Armand,
avec lequel j'avais eu l'occasion
de faire railler un petit peu,
n'a pas souhaité,
il l'a mis dans son rapport,
il n'a pas souhaité,
il dit,
des mots durs ont été donnés
contre l'Allemagne.
En particulier,
c'était les mots d'Henri Proguio,
l'ancien patron d'EDF,
qui avait dit,
l'Allemagne a tout fait
pour détruire l'EDF,
ils ont réussi.
Donc c'était un sujet très important.
Et Antoine Armand,
dans ses conclusions,
dit, nous n'avons pas voulu
étoffer,
développer
les polémiques sur le sujet.
Donc, si vous voulez,
il y a une vraie volonté.
Pourquoi ?
Parce qu'il y a l'idéologie,
il y a le pacte,
il y a le couple franco-allemand,
on ne peut pas...
Oui, sauf que là-dessus,
il y a des offensives réelles,
documentées.
Donc, ne pas voir,
à un moment,
eh bien,
ce n'est pas que de la trahison,
mais, si vous voulez,
en quelque sorte,
ne pas vouloir voir les choses,
ça confine à une forme de trahison,
parce que c'est faire
un déni de réalité.
Or, dans toute guerre,
puisque nous sommes
dans une guerre de l'énergie,
on le voit tous les jours,
avec, encore récemment,
il y a quelques jours,
avec l'autorité de la concurrence
qui vient nous donner
vraiment une information.
On va en parler, mais...
Et on va en parler ce matin,
oui, bien sûr.
On va en parler,
absolument épouvantable.
Eh bien, on est dans
une guerre de l'énergie
et rien n'est fait
pour participer
à cette guerre de l'énergie,
riposter,
se défendre,
agir.
Là, actuellement,
c'est vraiment urgent.
Oui, c'est ça.
Je voulais qu'on en parle
de ça aussi, parce que,
grosso modo,
encore une question là-dessus.
Merci, Fabien Bouguet,
d'être là ce matin
à se faire un politique énergétique.
Du coup,
qu'est-ce qui nous attend ?
Parce que c'est ça,
la question qu'il faut se poser
aujourd'hui.
Le constat est posé.
Qu'est-ce qui nous attend
pour les Français ?
C'est-à-dire que les factures
vont continuer à monter ?
On va se retrouver,
dépendant de tout le monde,
pris dans les mâchoires
entre les États-Unis
et la Russie ?
C'est quoi le projet, Fabien ?
Le projet, c'est de vassaliser
complètement l'Europe
et de la broyer toute crue
en augmentant
son coût énergétique
qui, du reste,
intéresse
et les États-Unis
et la Russie.
On ne va pas se leurrer.
Chacun veut récupérer
le gâteau de l'Europe,
vendre ses ressources énergétiques,
se faisant augmenter
le coût de production énergétique
et, avec un coût
de production énergétique,
favoriser l'industrie,
l'industrie, comment dire,
américaine
et ou l'industrie allemande
en liaison avec l'Allemagne
et avec la Russie.
C'est pour ça, d'ailleurs,
qu'Olaf Scholz
a été un des premiers
à téléphoner
à Vladimir Poutine
pour récupérer au plus vite
le gaz russe.
L'Allemagne, elle,
joue sa partition en Europe.
Elle n'en a rien à faire.
Elle va aller récupérer
du gaz pas cher
pour être en concurrence.
La France doit faire
ce qu'elle a toujours fait
depuis 1974
au plan Messmer,
c'est-à-dire protéger
comme la prunelle de ses yeux
ses réacteurs nucléaires
qui constituent
le cœur battant
de l'économie française.
Je n'arrête pas de le dire,
le réseau électrique français,
nos centrales nucléaires
sont le cœur battant
de l'économie.
Sans électricité et énergie
abondantes et pas chères,
nous n'avons pas d'économie
qui se développe.
La croissance et la consommation
d'énergie sont totalement liées.
Dans mon chapitre 1,
il y a des études d'économie
très claires là-dessus
et ceux qui prônent
la décroissance,
ceux qui prônent la sobriété,
sont ceux qui prônent
l'appauvrissement de notre pays.
Soyons très clairs.
Là-dessus,
c'est un acte citoyen,
c'est un acte extrêmement fort
pour notre souveraineté
que de défendre
une énergie souveraine
dans ce contexte-là.
Que faire ?
Il faut qu'on diversifie
nos ressources de gaz,
il faut qu'on diminue
nos dépendances
aux énergies fossiles,
il faut qu'on relance
les énergies fossiles
un plan d'urgence nucléaire
et pas avec 6 réacteurs
mais avec plusieurs dizaines
de réacteurs.
D'ailleurs,
les États-Unis,
ils viennent d'annoncer
à la Maison-Blanche
la multiplication par 3
de leur puissance installée
de nucléaire.
Un grand plan nucléaire
américain
de multiplication par 3.
Vous imaginez ?
Multiplier par 3
notre puissance,
ça veut dire
passer de 50
à 150 réacteurs nucléaires
en France.
Pourquoi
on va développer
le nucléaire ?
Parce qu'en développant
le nucléaire,
on peut électrifier
nos usages
et diminuer
nos importations
d'énergie fossile.
C'est exactement
ce qu'avait fait
Messmer en 1974.
Et je le rappelle,
si Messmer
n'avait pas fait ça,
aujourd'hui,
nos centrales électriques
fonctionneraient
au pétrole,
au gaz
ou au charbon.
Aujourd'hui,
l'essentiel
de nos réacteurs,
de nos centrales électriques
fonctionnent
aux énergies nucléaires
ou à l'hydroélectricité.
Donc,
on ne dépend pas
de nos importations
pour produire
de l'énergie,
sauf
de nos importations
d'éoliennes
et de panneaux solaires.
Alors,
évidemment,
le problème,
c'est que comme on a perdu
20 ans,
eh bien,
on se retrouve
dans une situation
où on subit
aujourd'hui
les conséquences
d'une politique
qui a été désastreuse
il y a 20 ou 30 ans,
en particulier
avec la fermeture
de Superphénix.
Donc,
si vous voulez,
la boucle est bouclée.
C'est-à-dire
que nous sommes
en train de comprendre
le piège
dans lequel
nous a amené
Dominique Voynet
et Vionnel Jospin
ou François Hollande
avec Monsieur Piéchazie
qui était son collaborateur
et qui est l'actuel
patron de RTE.
Et ils veulent continuer.
C'est affolant.
Vous savez,
ça me fait penser
un peu
souvent
qu'ils ne passeront pas
par la Belgique.
Non,
ils ne passeront jamais
là-bas dans les Ardennes.
Ils ne passeront jamais.
C'est pas vrai.
Ils ne passeront jamais.
Voilà,
pensez-vous.
Pensez-vous.
Alors,
ça nous amène à cette
bombe aussi.
Je voulais qu'on en parle
ce matin.
Fabien,
merci d'être là avec nous.
Partagez,
likez.
Il reste encore 5 minutes
pour cet entretien.
C'est cet article.
Nous n'en parlons pas que du point
vers une suppression
des tarifs réglementés
d'électricité.
L'autorité de la concurrence
estime que les tarifs réglementés
sont un obstacle
à la concurrence
et appelle le gouvernement
à les remplacer
par d'autres dispositifs.
Voilà,
on y est.
Alors,
on sait ce que ça a donné.
On a créé
un marché concurrentiel
en Europe
parce que,
soi-disant,
on n'avait pas
de libre concurrence
et on a créé l'AREN,
l'accès régulier
historique,
pour faire de la concurrence.
Le résultat,
c'est que les facteurs
d'électricité ont explosé.
Donc,
c'est une honte,
ce texte,
cette proposition
de l'autorité de la concurrence
est une honte.
La France,
depuis le général de Gaulle,
dispose d'une électricité
pour ses concitoyens.
Ça n'est pas
un produit comme un autre.
C'est un produit
de première nécessité
et de nécessité
de souveraineté.
L'électricité,
c'est la quintessence
de la souveraineté.
Alors,
oui,
il faut un monopole.
Oui,
je suis désolé de le dire,
je ne suis pas libéral
sur l'énergie.
Je ne suis pas.
Je pense
qu'il faut
un contrôle total
de l'État
et de la distribution
de l'énergie.
Et oui,
il faut un tarif réglementé
par nos concitoyens.
Pas parce qu'on est
dans un régime communiste,
mais parce que,
même si on peut considérer
qu'il ne faut pas
qu'il y ait un tarif,
mais parce que
cette pseudo-concurrence
fait augmenter les prix
et n'a pas montré
sa capacité.
Mais parce qu'il faut
protéger nos concitoyens.
Il faut protéger
et parce que,
surtout,
ce parc électronucléaire
qui fait que nous avons
un tarif réglementé
de l'électricité,
c'est ce parc
qui a été payé
par les Français.
Ah oui,
ah oui.
Il n'est pas,
il est hors de question
et il appartient
aux Français
collectivement.
À toi,
Nicolas,
à moi,
à toi,
aux citoyens,
aux concitoyens,
aux gilets jaunes,
aux agriculteurs,
c'est leur patrimoine personnel,
c'est notre patrimoine
collectif.
Et donc,
si on dit
qu'il faut
de la concurrence
artificielle,
on va faire quoi ?
On va vendre
notre électricité
à des courtiers
en électricité
qui vont nous
le revendre
moins cher
parce que ça n'a
aucun sens.
Alors non,
je le dis,
il faut préserver
dans notre patrimoine
collectif,
il faut un tarif
réglementé
et il faut surtout
d'urgence
changer les règles
de fixation
du marché européen
d'électricité
sinon la France
va mourir
par sa faible
capacité électrique
et surtout,
cette pseudo-concurrence,
je le dis,
ne conduira pas
à une baisse
des tarifs,
c'est totalement faux.
Et il ne peut pas
y avoir de concurrence
parce qu'en France,
il y a eu
l'après-guerre,
après-guerre,
ça a été
un régime
socialiste
et qui a nationalisé
l'intégralité
des plusieurs
milliers
de producteurs
d'électricité
pour faire
un réseau unique
et surtout
pour assurer
que l'électricité
ne soit pas
un bien de luxe.
Il fallait
l'électricité
pour tous
et c'est ce qu'on appelle
le golo-communisme,
c'est-à-dire
à la fois
la capacité
pour les citoyens
d'avoir un accès
à l'électricité
sans que ce soit
un bien de luxe
réservé
à une certaine élite
et de l'autre matière,
l'industrialisme,
si je puis dire,
commun entre
le communisme
et le golisme
qui permettait
aux entreprises
de bénéficier
d'électricité
à faible coût.
Eh bien,
c'est ça
les racines
de notre pays
et ce que fait
l'autorité de la concurrence
c'est remettre
en cause
les grandes valeurs
de la République
française
puisqu'on parle
des valeurs
de la République.
Eh bien,
oui,
l'électricité
pas chère,
souverain
et qui est
un monopole d'État
parce que c'est
une arme
essentielle
de notre pouvoir
doit être
maintenue
et c'est une honte
que l'autorité
de la concurrence
ait pu sortir
un texte pareil
et je
m'insurge
et je crie
un coup de colère
contre ceux
qui ont pu
imaginer
qu'on puisse faire ça.
C'est là,
pour le coup,
ce texte
est un texte
de trahison
des Français.
Une dernière question
là-dessus,
Fabien,
tu le dis,
un texte de trahison
parce qu'on le remet,
tout de même,
il faut quand même
que les gens aient conscience.
Franchement,
ça c'est une bombe.
Ça c'est une bombe.
C'est une bombe
parce que quand les gens,
chers amis de Toxin,
Toxinote,
ce matin,
vous êtes en train
de lire ça,
je vous invite
à faire passer l'information,
à partager l'interview
de toute la matinale
et aussi l'interview
de Fabien Bouglet
ce matin,
là,
je finirai en filiature
mais c'est une véritable bombe
parce que quand les gens
vont se rendre compte
que ça va donner
chez eux
tous les jours
sur leurs trucs,
à un moment donné,
il y a un niveau collectif
d'alerte,
de seuil d'alerte
qui est largement dépassé là.
Mais si je comprends bien,
ce qu'ils veulent,
c'est qu'il n'y ait pas
de tarif réglementé
donc de tarif protégé
qui assure la protection
pour que ce soit impliqué
avec le tarif du marché
ce qui est un grave danger
puisque le marché
est indexé
sur l'unité de production
la plus chère
et qui prend en compte
la guerre du gaz
donc si vous voulez,
alors que nous,
on a du nucléaire
qui nous protège
de la guerre du gaz
donc en fait,
ce que veut
l'autorité de la concurrence
c'est enlever
nos verrous de protection
de notre système
qui nous protège
et qui nous protège
et dont on voit
qu'il y a eu
des assauts
puisque malheureusement
avec ce marché
européen électricité
alors qu'on bénéficie
de l'électricité
une des moins chères
on bénéficiait avant
guerre d'une électricité
une des moins chères
d'Europe
et bien maintenant
on est en train
de se rapprocher
du coût électrique
de l'Allemagne
qui mutualise
cette électricité
alors que l'Allemagne
profite de notre nucléaire
et nous,
on n'en profiterait pas
c'est vraiment
absolument effroyable
ce que nous annonce
l'autorité de la concurrence
et moi,
je m'insure
il y a un moment
il va falloir
qu'ils fassent attention
parce que là
ils risquent d'avoir
alors que l'Union Européenne
et la Communauté Européenne
avaient été créées
pour la souveraineté énergétique
avec le projet Oratome
et bien là
ils vont avoir
une remise en cause
des socles
de l'Union Européenne
et ils n'auront plus
d'acceptabilité sociale
des institutions européennes
si ça continue comme ça
je veux dire
il y a un moment
les gens vont vraiment
s'assurger
et vraiment
très en colère
là c'est les gilets jaunes
puissance 50
Ah oui oui
on est d'accord
ça va être des gilets jaunes
version nucléaire
ça va être du nucléaire
explosif
on est d'accord
on va avoir
ça va être parfaitement
explosif
parce que
avec
non pas une
ça va être cette
transition énergétique
qui se transforme
en trahison énergétique
on passe de la transition
à la trahison énergétique
et là
ce texte là
on est encore
une énième preuve
et
un énième scandale
mais
tous les jours
on en apprend
dans tous les domaines
et là ça devient
je dirais
qu'on est face
au mur de la réalité
et on continue
et on fonce
on fonce
c'est absolument
incroyable
en tout cas
merci beaucoup
Fabien
d'être venu ce matin
Fabien Bouglet
expert en politique énergétique
chers amis
beaucoup de livres
notamment
aux Dédictions du Rocher
on vous a fait passer
les couvertures
n'hésitez pas
à aller piocher
bien entendre tout ça
merci de nous éclairer
cher Fabien là-dessus
et de nous alerter
sur ce qui se passe
en tout cas
on est très content
de t'avoir reçu
ce matin
un grand entretien
et bien sûr
on t'appelle régulièrement
pour que tu nous donnes
des informations
toujours pertinentes
et une analyse
extrêmement
explosive
si je me permets
mon cher Fabien
on t'attendait
J'en souris
mais c'est très attristant
c'est plutôt un rire
de nervosité
et d'inquiétude
que quelque chose
qui m'amuse
je le dis
à propos
de nos téléspectateurs
En tout cas
merci beaucoup
Fabien de nous alerter
il fait partie
de ces voix
aujourd'hui
qui nous alertent
sur toutes ces choses
qui sont gravissimes
et on a parlé
ce matin de trahison
et je pense
que le mot
n'est pas trop fort
en tout cas
merci Fabien
de passer
un excellent week-end
sous la neige
parce que manifestement
derrière toi
il neige en ce moment
chez toi
un excellent week-end
merci Fabien Bouguet
bonne journée à toi
salut
Au revoir Nicolas
