Le fantasme de la belle endormie, ou comment le viol imprègne notre culture
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France Culture
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Le procès de Mazan nous pousse à questionner notre société et notre culture. Mythologie, peinture, littérature, cinéma, contes... la femme plongée dans son sommeil mais disponible pour les désirs masculins est un fantasme présent depuis des millénaires dans nos œuvres d'art. Alors comment regarder ces œuvres aujourd'hui ?
#Mazan #Cultureduviol #BellesEndormies
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quand je pense au procès Masan je me
demande toujours comment est-ce possible
que des dizaines et des dizaines
d'hommes trouvent normal de profiter
d'une femme endormie quel est le rôle de
notre imaginaire collectif là-dedans
elle dit quoi notre culture sur le corps
de la femme endormie mythologie peinture
littérature compte cinéma dans tous ces
domaines il y a une figure féminine qui
revient régulièrement celle de la belle
endormie un fantasme masculin qui date
au moins de l'Antiquité les mythologies
greces et romaines regorgent de
personnages masculins toutpuissants en
l'occurrence des dieux profitant des
corps inertes de femmes dionisos enivre
niissé pour la violer dans son sommeil
Jupiter profite du corps d'Antiope
endormi hypnose use de son pouvoir pour
violer des femmes inanimées évidemment
en toute impunité on a régulièrement ces
scènes alors que quand une femme vient
découvrir comme psyché qui découvre
l'amour elle est invitée à descendre aux
enf fa parce que elle n'a pas le droit
elle de dévoiler autant l'homme dès le
début de la Renaissance quand les
peintres s'inspirent de l'héritage
greco-romain la figure de la belle
endormie devient un motif récurrent de
la peinture nu ou largement dénudé en
position lacive et évocatrice ces
peintures ne représentent pas vraiment
des femmes qui dorment mais plutôt un
fantasme une vision masculine du corps
de la femme très érotisé c'est un corps
qui se retrouve vulnérable et c'est
vulnérabilité elle attire celui qui
désire cette pleine possession et
montrer sa toute puissance ce fantasme
de possession d'uncp endormi s'appelle
la somnophilie et on le retrouve aussi
en littérature chez des auteurs
populaires tels Alexandre Dumas et dans
des œuvres que l'on étudie au lycée
comme les liaisons dangereuses notamment
le passage où Valmont rejoint Cécile de
Volange dans sa chambre la nuit si on
relit le texte qu'on a souvent étudié
comme une scène de séduction on a un
homme qui Bayonne la femme
qui l'empêche de sonner et qui est venu
chercher cette jeune fille innocente
dans sa chambre par ruse peut-on parler
là de séduction et la viole il faut dire
le mot dans la littérature libertine on
retrouve souvent cette figure de la
belle endormie qu'elle dorme ou qu'elle
soit absorbé dans sa lecture le corps de
la femme reste disponible pour les
désirs de l'homme on va aimer le côté
voyeur de l'homme qui regarde qui
pénètre l'intimité d'une femme et
pénétrer dans la chambre à coucher c'est
une transgression un interdit mais
pénétrer dans le corps d'une femme sans
son acceptation çaen est autre c'est
aller plus loin et plus la femme est
absorbée plus on la détourne ainsi plus
il y a transgression libertine ce n'est
pas un fantasme qui appartient au passé
on le retrouve dans des films plus ou
moins
récents mais aussi dans les histoires
que l'on transmet à nos enfants où le
consentement de la femme endormie n'est
pas vraiment questionné d'ailleurs dans
une des versions de la Belle au bois
dormant qui a inspiré Charles Perro
celle de jean-baptista Basil la
princesse est violée dans son sommeil
elle tombe enceinte et se réveille après
avoir accouché quand son bébé lui tête
le doigt lui enlevant ainsi l'échardes
responsable de son sort maléfique alors
comment faire pour que ces
représentations problématiques que l'on
transmet depuis des générations puissent
s'adapter à notre époque ces images de
belles endormies font partie de notre
culture depuis des siècles il ne s'agit
pas de les supprimer mais ne peut-on pas
les relire les regarder aujourd'hui avec
un regard contemporain qui prend en
compte le consentement qui prend en
compte à la fois le regard de l'homme et
ses fantasmes et puis le regard de la
femme et sa perception en lisant les
texte de femm qui parle de consentement
et puis également en prêtant attention à
notre vocabulaire lorsque nous
commentons ou nous regardons ces œuvres
d'art il s'agit des fois comme le disait
victeur Hugo de nommer un cochon par son
nom et de nommer un viol un viol et non
pas une séduction
