Liban : le pays où tout est à reconstruire
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franceinfo
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9 Vues de vidéo·2 déc. 2024
Depuis le 17 septembre 2024, le Liban est sous le feu de l'armée israélienne, en réponse aux agressions du Hezbollah depuis le sud du pays. Une catastrophe de plus dans un pays où les crises se succèdent. Comment pourra-t-il se relever ? En réinventant ses institutions, explique Alain Bifani, ancien directeur général du ministère libanais des Finances.
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Depuis le 17 septembre, le Liban est sous le feu de l'armée israélienne
en réponse aux agressions du Hezbollah depuis le sud du pays.
C'est une catastrophe exicelle,
après une série de catastrophes que le Liban est en train de subir
l'une après l'autre depuis quasiment cinq décennies.
Une contre-attaque massive qui a déjà fait,
selon le ministère libanais de la santé,
plusieurs milliers de morts et des dégâts matériels considérables.
C'est une guerre, c'est aussi des déplacements massifs de populations
et une démolition totale de zones entières qui sont vraiment inhabitables.
Tous les jours, les territoires contrôlés par le parti de Dieu,
le sud du pays, les environs de Baalbeck à l'est
et la banlieue sud de Beyrouth sont massivement bombardés.
Leur population a été déplacée dans le reste du pays,
grand comme un département français.
Il faut absolument qu'il y ait une réponse la plus rapide possible
pour que tout cela s'arrête et qu'on ne revoit pas un problème apparaître très vite.
Alors comment faire face à la crise et surtout, qui est en capacité d'agir ?
L'État libanais, dans l'état actuel des choses,
ne peut pas supporter une charge supplémentaire,
surtout que c'est une charge qui est monumentale.
Dans l'urgence, une conférence sur le Liban s'est tenue à Paris le 24 octobre.
Objectif, récolter 400 millions de dollars
pour une aide en faveur des centaines de milliers de déplacés.
Mais à plus long terme, lorsqu'on devra parler de reconstruction, comment faire ?
On se souvient de la gestion délétère par le gouvernement libanais
de la crise financière qui assomme le Liban depuis 2019.
Dans tous les pays du monde, on peut avoir des périodes de crise,
on peut avoir des problèmes monétaires,
mais c'est l'incurie du système qui a été catastrophique,
c'est-à-dire qu'il n'y a pas eu la moindre réponse dans le bon sens.
On a torpillé le plan de sauvetage qu'à l'époque nous avions mis en place
pour sauver l'argent de la population, stabiliser la situation.
Depuis 2021, le Liban n'a pas de président
et c'est un gouvernement intérimaire, celui de Najib Mikati,
qui gère les affaires courantes.
Il est clair qu'il va falloir un effort international.
Évidemment, nous regardons vers l'Europe.
Une partie des Libanais regarde même vers les pays de l'Est.
Mais pour retrouver une crédibilité auprès de la communauté internationale,
il faut réinventer la gouvernance, relancer un processus démocratique agonisant.
Lorsqu'on a une incurie totale politique, qu'on ne respecte pas les institutions,
qu'on ne sait pas ce qu'est la justice
et qu'on n'a aucun intérêt commun, national à exprimer,
tant qu'on est dans cet état d'incapacité,
ou de non-volonté d'ailleurs, d'écarter le pouvoir des clans fatalement,
il n'y a pas que l'économie qui ne va pas bien,
il n'y a pas que la crise financière, il y a aussi la crise politique
et l'incapacité à doter le pays d'institutions qui fonctionnent.
Il faut qu'il y ait les institutions libanaises,
la légitimité du Liban officiel,
qui soient capables de négocier sur base d'un programme crédible
avec le reste du monde dans son ensemble.
Et qu'on n'ait plus des Libanais qui attendent quelque chose de certain
et d'autres Libanais qui attendent quelque chose d'autre.
Avoir une approche qui soit franchement une approche nationale
et pas seulement être à la merci de celui qui est capable de nous donner de l'argent à un moment donné.
Cet impasse politique, conséquence d'une succession de catastrophes depuis 2019,
les Libanais, dans leur majorité, aspirent à en sortir.
Et l'occasion viendra peut-être.
Dans une situation de crise comme celle que nous vivons,
il est tout à fait naturel qu'il y ait enfin une restructuration des institutions
et parmi ces institutions, il y a évidemment le pouvoir du gouvernement, du président de la République
et mettre en place un système qui fonctionne
et pas un système de vétocratie au sein duquel la plus petite entité est capable de bloquer tout ce qui peut se faire.
Et donc dans lequel on revient à des choix qui sont toujours le plus petit commun dénominateur,
donc pas des choix brillants.
