Le gouvernement Barnier affronte peut-être sa dernière séance de questions au gouvernement avant sa censure. C'est cette perspective de la chute du gouvernement, quelques heures avant le verdict, qui a animé ce mercredi 4 décembre. Défendu par ses soutiens du socle commun et critiqué par les signataires des motions de censure, le gouvernement a appelé les députés à la responsabilité et à ne pas voter la censure, en rappelant ses conséquences que son adoption aurait sur le budget de l'État.
D'autres thèmes ont été abordés au cours de la séance : la multiplication de la violence contre les personnels éducatifs, 4 ans après la mort de Samuel Paty ; le placement en redressement judiciaire du Coq Sportif le 22 novembre dernier ; le massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye en 1944, reconnu récemment par Emmanuel Macron ; ou encore la rétrocession de terres agricoles par l'État, en Guyane.
Les députés interrogent les ministres sur l'actualité en exclusivité sur LCP-Assemblée nationale.
L'ordre du jour appelle les questions au gouvernement.
La première va être posée par Monsieur Maxime Michelet pour le groupe UDR.
Ma question s'adresse à Madame la Ministre de l'Education Nationale.
Bézier, 9 octobre, menace de mort sur le personnel d'un collège.
La Réunion, 29 octobre, agression d'une professeure par un élève de 8 ans.
Une côte cassée, plusieurs jours d'ITT.
Tonon-les-Bains, 8 novembre, menace d'attentat contre un principal.
Antibes, 18 novembre, rixe au couteau entre élèves.
Une AED blessée.
Voici un très bref échantillon des faits de violence
qui se sont produits dans nos écoles depuis deux mois.
Une litanie de brutalité qui hante les enseignants et les personnels
sur le chemin de leur travail.
Aujourd'hui, leur sécurité est menacée, chaque jour davantage,
par l'extension du domaine de la violence
qui ronge les conditions de travail de nos personnels.
Une violence qui joue un rôle central dans l'effondrement du niveau
car il n'est pas d'apprentissage possible
dans un tel contexte d'ensauvagement.
Une violence qui joue aussi un rôle central
dans la crise d'attractivité du professeurat
car personne ne désire enseigner dans de telles conditions d'insécurité.
Face à ce défi, vous avez annoncé solennellement la fin du pas de vague.
Comme Jean-Michel Blanquer en 2020, comme Gabriel Attal en 2023,
comme Nicole Belloubin en 2024
et comme le fera un jour prochain votre successeur.
Mais où sont les actes ?
Si l'accompagnement des victimes a heureusement fait quelques progrès,
où sont les mesures pour mettre fin à la violence,
pour prendre le mal à la racine
et non pour seulement en gérer les conséquences ?
Pensez-vous ainsi sérieusement que la nomination de référents académiques
puisse être davantage qu'une mesure technocratique et donc dérisoire ?
Madame la Ministre, vous pouvez débloquer des pactes,
dévoiler des chocs, désigner des référents,
étoffer la jungle des dispositifs.
Vos déclarations d'intention sont de piètre bouclier.
Madame la Ministre, en termes de sécurité,
où est votre bilan et où est celui de vos prédécesseurs ?
Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à madame Anne Gionnetet,
ministre de l'Education nationale.
Merci, madame la Présidente, mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Michelet.
Oui, vous avez raison, quand la société est menacée de violence,
victime de violence, c'est en effet toute l'école
qui derrière en est secouée.
Depuis trois ans, les incidents graves, c'est une réalité,
ont doublé dans nos établissements scolaires.
Cette hausse des violences doit d'ailleurs nous inquiéter,
mais elle le témoigne aussi d'une augmentation
de la culture de signalement, ce qui est une bonne chose,
car nous ne voulons rien laisser passer.
Ne rien laisser passer, c'est justement la consigne
que j'ai donnée au recteur, encore ce matin,
au recteur d'académie, pour leur rappeler
les consignes à suivre en cas de menace sur nos enseignants.
Très concrètement, ça veut dire que chaque fois
qu'ils sont menacés, la protection fonctionnelle
est systématiquement outroyée.
Dans les cas les plus graves, il s'agit d'un signalement
au procureur de la République.
Nous avons des référents, police et gendarmerie,
dans chaque lycée, dans chaque collège,
dans chaque école, qui peuvent intervenir
et qui mèneront d'ailleurs les enquêtes derrière.
Car en effet, je l'assume, et vous l'avez dit,
je suis d'accord avec vous, le niveau de l'école,
il passe aussi par rétablir l'ordre dans les classes.
Personne ne peut accepter qu'on puisse menacer nos enseignants.
Et ceux qui pensent d'ailleurs être à l'abri des règles
doivent savoir que, plus que jamais,
ils ne resteront pas impunis.
C'est important de le souligner.
Ma responsabilité, en revanche,
c'est en effet de combler les lacunes qui peuvent encore subsister.
C'est tout l'objet du plan de soutien
sur la restauration de l'autorité statutaire
de l'enseignant à laquelle je tiens.
Et d'ailleurs, si le Parlement nous en donne les moyens,
nous avons prévu de déployer 150 conseils principaux d'éducation,
600 assistants d'éducation,
1000 établissements de plus qui seront sécurisés.
Et avec mon collègue Bruno Retailleau,
soyez assurés que nous mettrons tout en oeuvre
pour assurer la sécurité de nos établissements,
y compris la sécurité sur le chemin de l'école.
Et avec le Premier ministre Michel Barnier
et avec le gouvernement qui le conduit,
vous pouvez compter sur ma détermination
pour garantir l'or dans nos salles de classe.
C'est indispensable, c'est avec l'or dans nos salles de classe
qu'on apprend toute sérénité, qu'on peut enseigner en toute sérénité.
Je vous remercie.
Merci beaucoup, madame la ministre.
Monsieur le député ?
Madame la ministre, Samuel Paty a été assassiné il y a quatre ans.
Aujourd'hui, le bilan est malheureusement bien maigre.
Je vous remercie.
La parole est à présent
à madame Angélique Ranck
pour le Rassemblement national.
Madame la présidente,
mesdames et messieurs les ministres,
chers collègues, ma question s'adresse
au ministre de l'économie.
Le coq sportif, fleuron de l'industrie textile française,
a récemment été placé
en redressement judiciaire.
Cette entreprise emblématique
du patrimoine industriel national,
implantée dans ma circonscription,
sur le département de l'Aube,
fait face à un avenir incertain.
Les salariés
et les représentants syndicaux
traversent une période profonde d'inquiétude
marquée par l'angoisse et l'incertitude
quant à leur avenir.
Monsieur le ministre,
je souhaite attirer votre attention
sur les conséquences sociales et économiques
potentiellement désastreuses de cette situation.
La disparition du coq sportif
entraînerait des pertes d'emplois massives,
tant directes qu'indirectes,
et affaiblirait gravement
l'écosystème économique local.
Aromi sur Sagna 3,
territoire historiquement lié
au textile et à la bonnetterie,
cet événement représenterait un nouvel échec
pour une région déjà durement touchée
par la désindustrialisation.
Au-delà de ces enjeux
sociaux et économiques,
la survie du coq sportif
revêt également une importance symbolique.
Equipementier officiel
des Jeux Olympiques et Paralympiques
de Paris 2024, son maintien en activité
est un enjeu de prestige national.
Une telle disparition
seulement trois mois après la clôture
des Jeux porterait un coup
à l'image de la France et compromettrait
les efforts de réutilisation industrielle.
Monsieur le ministre,
pouvez-vous apporter des réponses concrètes
aux salariés, à leurs familles,
ainsi qu'à toutes les entreprises qui dépendent
de l'activité du coq sportif ?
Quels dispositifs le gouvernement envisage-t-il
pour faciliter une reprise d'activité
et limiter les conséquences sociales
et économiques de ce redressement ?
Je vous remercie.
Merci beaucoup,
ma chère collègue. La parole est à monsieur
Antoine Armand,
ministre de l'Economie et des Finances.
Merci madame la présidente,
mesdames et messieurs les députés,
madame la députée Ranck, merci d'avoir
résumé les enjeux qui ont trait
à la situation actuelle de l'entreprise,
le coq sportif qui emploie 410
personnes dans le monde, dont 350
vous l'avez rappelé, en France
et notamment dans votre circonscription.
Je voudrais ici d'abord rappeler le soutien
continu qu'a apporté l'Etat depuis
les difficultés du coq sportif,
avec en particulier, vous le savez,
en 2023, un premier prêt
garanti par l'Etat à hauteur de 10 millions d'euros.
Et puis, et vous étiez
présente à l'occasion de la visite
de la ministre des Sports de l'époque,
Odéa Castera, un octroi de 12,5
millions d'euros au titre du fonds
de développement économique et
social. Vous l'avez aussi rappelé,
malgré les Jeux Olympiques,
le coq sportif n'a pas pu bénéficier
d'un surcroît de demandes qui aurait
pu sursoir ou résoudre
les difficultés que vous avez mentionnées.
C'est pour cela qu'en septembre,
une tentative de solution plus pérenne
a été engagée, avec le soutien des
services de l'Etat auxquels je veux
rendre hommage, et que cette tentative
n'ayant pas abouti, les entités
du groupe sportif ont elles-mêmes
demandé une procédure collective pour
tout simplement sécuriser
l'avenir des salariés qui sont dans une situation,
on peut le comprendre, de détresse et
d'inquiétude que le gouvernement partage
et que l'Etat partage, et qui nécessite,
et c'était l'annonce du Premier ministre
Michel Barnier à Limoges le 29 novembre dernier,
que les services de l'Etat, de l'ensemble
des ministères, travaillent à cette solution
et vous pouvez en être convaincu,
les services de l'Etat y travaillent.
Encore cette semaine, ils ont proposé
un certain nombre de solutions aux entités
dans le cadre de la procédure collective.
Je vous remercie.
Merci monsieur le ministre. Madame la députée ?
Non ? Très bien.
La parole est à présent à monsieur
Jean-Michel Jacques pour le groupe Ensemble
pour la République.
Merci madame la présidente.
Ma question s'adresse
aux ministres des armées et des anciens combattants.
En déposant une mention
de censure, les députés de la gauche
et de l'extrême droite de cet hémicycle
ont abandonné nos armées
et nos forces de sécurité.
Par exemple,
pour la défense, la censure
et donc en l'état l'absence de budget
pour 2025 se traduira
par le renoncement de la hausse
de 3,3 milliards d'euros
d'investissement.
Celle-ci est pourtant nécessaire
dans cette période d'instabilité majeure.
Quel manque de responsabilité
face au retour
de la guerre en Europe,
à la multiplication des menaces
hybrides, à la fragmentation
de l'ordre international.
La France doit pouvoir
compter sur son armée,
une armée solide,
réactive et cohérente.
À cause
de calculs politiciens de certains.
Adieu aux efforts
de modernisation de notre dissuasion.
Adieu aux commandes des équipements
pour nos forces armées.
Adieu aux avancées en faveur de la condition
de vie des militaires et de leurs familles.
Adieu
à la visibilité donnée
par la loi de programmation militaire
à nos entreprises.
Adieu aux retombées
financières sur nos territoires.
Par exemple,
dans le Morbihan,
ce sont plus de 6600 militaires
et civils du ministère des armées
et plus de 6400
salariés de l'industrie de défense
qui seront directement
impactés.
Monsieur le ministre,
pourriez-vous nous expliquer
quels renoncements sont à craindre
pour notre défense ?
Merci beaucoup.
La parole est à présent
à monsieur Jean-Louis Thériault,
ministre délégué auprès du ministre
des armées et des anciens combattants.
Merci, madame la présidente.
Mesdames et messieurs
les députés, monsieur le président
Jean-Michel Jacques.
La question que vous venez de me poser
c'est celle que dans les forces
lundi dernier, en Roumanie,
à Tchinkou, les hommes
et les officiers
qui sont là-bas pour la France
m'ont posé.
Une loi de programmation
militaire n'engage
rien sans les annuités
budgétaires. Les conséquences
donc seront
d'une extrême gravité
sans budget pour les hommes.
Cela veut dire
la révision
de la politique
de rémunération qui tombe.
Cela veut dire 700 recrutements
dans le domaine du cyber
que nous n'aurons pas. Dans le capacitaire
ces 3,3 milliards
que nous perdons.
En clair, nous prenons du retard
pour le porte-avions nouvelle génération.
Il y a des équipements
qui n'arriveront pas
dans les régiments.
Pour nos industries,
cela veut dire
un manque de lisibilité.
Cela veut dire
pour les 4000 PME
de nos territoires. Cela veut dire
pour leurs 200 000 salariés
une incertitude
à l'heure où on sait
les tensions internationales
et où nous nous efforçons
d'entrer dans une économie de guerre.
La LPM qui a voté
ce parlement,
la LPM voulue par le président de la République
et conduite par
Sébastien Lecornu,
serait stoppée nette.
Alors, monsieur le président
Jean-Michel Jacques,
j'en appelle à la conscience
des députés socialistes
un grand parti
de gouvernement
et à la conscience des députés
du rassemblement
national
qui se disent patriotes.
On ne bratte pas
les âmes de la France
et les hommes qui la servent.
Merci beaucoup, monsieur le président.
Merci, monsieur le ministre.
La parole est à monsieur...
Chut, un peu de silence...
est à monsieur Aurélien Taché
pour le groupe La France Insoumise.
Merci, madame la présidente.
Cher collègue, monsieur le ministre,
le 15 août 1944,
près de 250 000 soldats de la France Libre
participaient au débarquement de Provence
pour libérer la France.
Parmi eux, une immense majorité était issue des colonies
et beaucoup étaient ce qu'on appelait
des tirailleurs sénégalais.
Pourtant, le 15 août dernier,
alors qu'Emmanuel Macron l'avait invité en France
pour les commémorations du 80e anniversaire
de ce débarquement, le président de la République du Sénégal
n'avait pas fait le déplacement.
Et ce, pour une raison simple.
Dimanche dernier, le massacre de Tiarut aussi
a eu 80 ans.
Dans ce camp militaire de la banlieue de Dakar,
le 1er décembre 1944,
près de 2 000 tirailleurs sénégalais
qui avaient vaillamment combattu l'ennemi nazi
attendaient le paiement de leurs soldes.
Cette solde qui n'arrive toujours pas,
ils la réclament encore une fois.
Ils n'obtiendront pour toute réponse
que des rafales de balles tirées par leurs propres frères d'armes.
Une grande cérémonie de commémoration
s'est tenue ce dimanche en présence
de nombreux chefs d'Etat à laquelle j'ai eu l'honneur
d'assister avec plusieurs collègues parlementaires.
Le ministre des Affaires étrangères aussi était présent.
Mais le président de la République française
qui était pourtant très attendu
était, lui, aux abonnés absents.
Certes, il a enfin reconnu la semaine passée
qu'il s'agissait d'un massacre après des décennies
de mensonges d'Etat où la France avait,
comble de l'infamie, accusé ses soldats
de mutinerie pour justifier son crime.
Mais ce qui restera comme l'un des plus grands
massacres coloniaux de notre histoire
n'a pas suffi pour qu'il fasse le déplacement.
Le président sénégalais a par ailleurs
aussi affirmé dimanche que le chemin vers la vérité
serait encore long et complexe.
30 ou 40 victimes, comme l'ont dit les officiers de l'époque,
10 fois plus, comme le disent aujourd'hui
de nombreux chercheurs, nul ne le sait exactement.
Mais tous les historiens disent que l'Etat français
retient encore de nombreuses archives.
C'est pourquoi, avec des députés de presque tous les bancs
de cet hémicycle, nous avons déposé
une résolution pour la création d'une commission d'enquête.
La France doit tout mettre en oeuvre
pour que justice soit enfin redue aux soldats
qu'elle a lâchement assassinés ou emprisonnés à Tiarheuil
et ouvrir réparation à leurs descendants.
Alors, monsieur le ministre, saisissez la dernière occasion
pour ce gouvernement en sursis de faire honneur
à notre pays en vous engageant enfin
à ce que toute la lumière soit faite. Merci.
Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à présent
madame la ministre Sophie Prima,
ministre en charge du commerce extérieur
et des Français de l'étranger.
Merci beaucoup, madame la présidente,
mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Taché.
Vous faites référence, effectivement,
aux récentes déclarations du président sénégalais.
Vous savez que le partenariat
entre la France et le Sénégal,
il est ancien, il est malgré tout
solide et il est fondé sur une communauté
de valeurs et des liens humains
qui sont intenses. Nous travaillons
avec les autorités sénégalaises
au renouvellement de notre partenariat
dans toutes ces dimensions de coopération
dans un esprit d'écoute et de respect mutuel.
S'agissant du domaine
de la sécurité et de la défense,
la France a d'ailleurs entamé depuis deux ans
une reconfiguration, je vais vous répondre,
de ces partenariats en Afrique
dans une logique de co-construction.
Nous sommes prêts à traiter
de tous les sujets avec nos partenaires
sénégalais, y compris les plus sensibles
qui ont trait à notre histoire commune.
C'est dans cet esprit que
monsieur le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères
Jean-Noël Barrault, que j'excuse à ce banc,
s'est rendu ce dimanche 1er décembre
aux commémorations des 80 ans
des événements de Tiarouaille
afin de poser des mots justes
sur les événements du passé.
Parce qu'il n'y a pas d'apaisement, monsieur le député,
sans la justice et qu'il n'y a pas de justice
sans vérité, le ministre
a porté le message du président
de la République reconnaissant,
je cite,
qu'il s'est déclenché le 1er décembre 44
un enchaînement de faits
ayant abouti à un massacre.
Je prends note du souhait
de plusieurs parlementaires, dont vous, monsieur le député,
de créer une commission d'enquête
sur ce massacre. Nous partageons
l'objectif de transparence
et de la manifestation de la vérité.
A cet égard, à la demande des autorités
sénégalaises, la France vient d'accueillir
une délégation d'historiens et d'archivistes
sénégalais pour travailler
sur les archives de notre pays,
que notre pays détient sur ce sujet.
Cette mission constitue
la première étape d'un travail scientifique
qui doit permettre d'avancer, monsieur le député,
ensemble et dans la sérénité
dans notre connaissance commune
des faits et dans le dialogue
mémoriel. Merci.
Merci beaucoup, madame la ministre.
Il vous reste deux secondes, monsieur le député.
Les archives,
très vite, très vite, très vite. Merci.
Je vous remercie.
La parole est à présent
à monsieur Philippe Naillet
pour le groupe Socialiste.
Merci, madame la présidente.
Ma question s'adresse
à monsieur le Premier ministre.
Alors que vous et vos soutiens
pointaient du doigt les députés
du Nouveau Front Populaire comme responsables
de la situation politique que nous vivons,
je souhaite vous interpeller
sur l'automne sous haute tension
que traverse le pays et l'hiver
social dans lequel votre politique
va le plonger. Mouvement
contre la vie chère dans les territoires
ultramarins, inquiétude
du monde agricole pour son avenir,
secteur de la petite enfance
qui s'élève contre la privatisation
à outrance et la dégradation
des conditions d'accueil des enfants,
grève des agents de la SNCF
contre le démantèlement de frais
SNCF, mobilisation
des fonctionnaires dont le ministre souhaite
augmenter de manière injustifiée
et scandaleuse le délai de carence
à trois jours, monde de l'éducation
en grève et front des universités
face à la saignée budgétaire
annoncée. Je profite
de cette occasion
pour saluer l'intersyndicale de la fonction
publique à La Réunion et dans le
pays qui appelle à une journée de mobilisation
ce jeudi. Monsieur le Premier ministre
vous avez réussi l'exploit de mettre tout le monde
d'accord contre vos politiques antisociales.
Une formule résume
finalement bien la ligne de votre gouvernement
qui rassemble les battus des
dernières élections législatives
forts avec les faibles et faibles
avec les forts. Comment comprendre
par exemple que la famille Muliez
qui a bénéficié de l'argent public
au plus fort des crises s'apprête à détruire
2400
emplois chez Auchan tout en
touchant un milliard d'euros de dividendes
de la part de Décathlon. Monsieur le
Premier ministre vous avez
semé les raisons de la colère.
Votre choix de faire de l'extrême droite
votre seul interlocuteur et plus
encore votre béquille trouve aujourd'hui
une issue prévisible alors
qu'il vous aurait été possible de dialoguer
avec les forces issues du front
républicain. Votre gouvernement
porte donc la responsabilité
de la situation politique
que nous vivons. Monsieur le Premier ministre
il est désormais hélas trop tard
pour vous poser les questions
alors que vous avez refusé.
Merci, je suis désolée. Le temps est largement
écoulé. La parole est à
Monsieur Guillaume Kasbarian, ministre en charge
de la fonction publique.
Merci
Madame la Présidente, Mesdames, Messieurs
les députés, Monsieur le député
Monsieur le député, depuis
deux mois et demi, sous l'autorité
du Premier ministre Michel Barnier, le gouvernement
est amené à prendre des décisions difficiles, comme
vous le savez, dans un contexte budgétaire compliqué.
Vous avez parlé du climat
social et de la fonction publique. Dans
la fonction publique, nous avons été amenés à prendre
des décisions. Le gel du point
d'indice, le non-versement
de la JIPA qui était une prime historique
pour certains fonctionnaires et qui était mal construite
des jours de carence,
trois jours de carence dans un esprit d'alignement
entre le public et le privé pour lutter
contre l'absentéisme et l'absence
que nous pouvions constater en augmentation
dans la fonction publique, et une baisse
de prise en charge au-delà de la carence pour les fonctionnaires
en cas d'absence.
Nous avons également réduit un certain nombre de budgets.
Dans mon propre ministère, j'ai réduit de 28%
le budget du ministère de la fonction publique.
Ces décisions difficiles, nous les
assumons, encore une fois, dans un contexte
difficile. Pour autant,
Monsieur le député, en termes de climat
social, nous avons toujours souhaité avoir un dialogue
social franc, exigeant
et ouvert. J'ai reçu la totalité
des syndicats de la fonction publique
à plusieurs reprises au ministère.
J'ai eu l'occasion de dérouler avec eux un certain nombre
d'éléments de l'agenda social.
L'attractivité des métiers de la fonction publique,
les conditions de travail
des différents agents,
des sujets essentiels pour les agents
de type le logement,
le logement des fonctionnaires, qui est un vrai sujet d'attractivité.
Il y a d'ailleurs
un député, David Amiel, qui porte une belle proposition
de loi sur le sujet. Nous avons aussi
avancé des sujets sur la protection fonctionnelle
des agents, en lien avec d'autres ministères
qui ont des agents, je pense notamment à Anne Jeuneté,
sur la question de la protection des fonctionnaires.
Tous ces sujets, Monsieur le député,
doivent être discutés avec les syndicats
dans la pleine concertation.
Et quels que soient les soubresauts de l'activité
parlementaire, quelles que soient les décisions que vous
prendrez tout à l'heure, il faudra faire avancer
la fonction publique, j'en suis convaincu.
Et je suis convaincu que nous aurons
dans cet hémicycle
des majorités pour faire avancer de beaux sujets
pour les agents de l'Etat, que je tiens encore une fois
à saluer. Ils font un travail remarquable,
Monsieur le député.
Merci beaucoup, Monsieur le ministre.
La parole est à présent à Monsieur Yann Boucard
pour le groupe droite républicaine.
Merci, Madame la Présidente.
Mes chers collègues, ma question s'adresse à Monsieur
le Premier ministre. Je voudrais dire en préambule
que nous assistons à une séance de questions au gouvernement irréelle
où des députés de gauche et d'extrême-droite
demandent des mesures concrètes à un gouvernement
qu'ils souhaitent renverser dans quelques minutes.
Car dans quelques minutes,
l'Assemblée nationale débattra
de la motion de censure déposée
par les deux extrêmes contre votre gouvernement.
Dans quelques minutes, chaque député
devra prendre ses responsabilités
face à la situation du pays.
Chacun devra choisir en son âme et conscience
entre l'ordre et le chaos.
Monsieur le Premier ministre,
depuis votre nomination, vous n'avez eu de cesse
de tendre la main à chaque groupe politique
pour permettre l'adoption d'un budget
qui protège les Français
tout en réduisant notre dette publique abyssale.
Ceux qui s'apprêtent à voter cette censure
expliquent que nous pourrions appliquer
le budget 2024
sans conséquences néfastes pour les Français.
C'est un mensonge.
C'est un mensonge car plus de 400 000 Français
qui n'étaient pas imposables
deviendront et que 18 millions
verront leurs impôts augmenter.
Nos agriculteurs qui ont tant attendu
et qui en ont tellement besoin
seront privés des mesures budgétaires
d'accompagnement prévus dans le PLF.
Ils en seront privés par le vote
de ceux qui font semblant
de les soutenir lorsqu'ils manifestent.
Si le gouvernement est renversé,
nos militaires ne verront pas
leur budget augmenter comme cela était prévu
dans la loi de programmation militaire.
Si le gouvernement est renversé,
le ministre de l'Intérieur ne pourra pas
poursuivre la politique volontariste
qu'il a enclenchée en termes de sécurité
et de lutte contre l'immigration
irrégulière.
L'alliance irrationnelle entre le Rassemblement
national et la gauche de cet hémicycle
pourrait ajouter à la crise économique
une crise politique
et institutionnelle.
Ils disent défendre les Français.
Ils placent en réalité leur agenda politique
avant l'intérêt supérieur de la nation.
La France insoumise veut la censure
pour mettre à main nos institutions.
Le RN veut la censure pour faire oublier
les problèmes judiciaires de Mme Le Pen.
Alors M. le Premier ministre,
le groupe de la droite républicaine avec Laurent Wauquiez
souhaite que cette motion de censure échoue
pour que vous poursuiviez
votre mission courageuse de redressement.
La parole est à Mme Bréjon,
porte-parole du gouvernement.
Merci Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les députés,
M. le député Boucard.
Nous ne nous voilons pas la face.
Dans quelques heures, nous assisterons
très probablement ici à une convergence
des luttes entre le Rassemblement
national et le nouveau Front populaire.
Une convergence des luttes
entre ces ingénieurs du chaos
qui priveront
nos policiers, nos militaires,
nos agriculteurs
du budget qui leur était dû.
Les partenaires du RN
ont-ils voté
pour un recul du budget
et de la sécurité ?
Recul engendré par
vos voix avec les voix
de ceux qui veulent les désarmer ?
Je ne suis pas certaine.
Est-ce que les agriculteurs
qui ont voté
pour vous,
ont-ils voté
pour un recul
du budget qui leur était alloué ?
Est-ce qu'affaiblir
la justice était vraiment dans le programme
du nouveau Front populaire ?
Chacun fera son choix
en toute connaissance de cause,
et je le redis, ira assumer
devant ses électeurs
d'être à l'origine d'un affaiblissement
durable du pays.
J'aimerais que le calme
revienne et qu'on puisse s'écouter
dans cet hémicycle s'il vous plaît.
La parole est à Madame Pochon
pour le groupe écologiste.
Merci Madame la Présidente.
Monsieur le Premier ministre, mes chers collègues.
Monsieur le Président,
j'aimerais que vous expliquiez à ma fille de 5 ans
pourquoi maman ne met pas le chauffage partout dans la maison.
Pourquoi le soir maman mange
ce qu'il reste dans son assiette ou bien une tasse de café.
Comment fait maman pour rester digne
et humble quand les préoccupations du peuple
vous passent au-dessus de la tête ?
Une maman comme les autres.
Cette lettre, vos conseillers parlementaires l'ont peut-être lue.
C'est une des centaines
des milliers de doléances qui ont fait suite au gilet jaune,
au grand débat, une parmi des centaines
de milliers que vous n'avez jamais voulu restituer
ni publier.
Comment fait maman pour rester digne et humble
quand les préoccupations du peuple vous passent
au-dessus de la tête ?
Cette question que pose cette maman,
elle me hante depuis 6 ans.
6 ans que ces promesses non tenues,
que ce mépris sont devenues une politique.
Votre politique.
De vous, nous n'avons vu que le mépris,
les 49.3, les mensonges, les louvoiements
devant Marine Le Pen.
Pourtant, sur les prix rémunérateurs en agriculture,
sur les déserts médicaux,
sur le remboursement intégral des fauteuils roulants,
encore hier, des propositions, nous en avons.
Nous savons légiférer, trouver des compromis.
Monsieur le Premier ministre,
si vous aviez tendu l'oreille, vous auriez entendu
comment ces coupes budgétaires non assumées
pour éponger une dette que vos soutiens ont créée,
fragilisent déjà les milliers de victimes
des plans sociaux, de la vente à perte
et de la vie indigne.
Cette maman, comme tant d'autres.
Dans la Drôme d'où je viens, c'est un projet de territoire
zéro chômeur de longue durée,
de ceux dont vous avez vanté les mérites
et qui perdent tous ces financements du fait de la soi-disant
responsabilité de votre budget.
Cette censure, je ne la voterai pas de gaieté de cœur.
Je la voterai car vous n'avez décidément
rien écouté et rien compris.
Monsieur le Premier ministre,
je ne peux plus rien vous demander aujourd'hui.
Mais à toutes et tous,
vous qui avez manifesté, qui avez voté,
vous qui restez dignes et humbles
quand ces dirigeants fabriquent le chaos,
nous vous disons que notre seul cap reste
et restera celui de l'écoute, du dialogue,
de la recherche de majorité et de l'apaisement.
Là résident vos espoirs.
Là, chers collègues,
repose notre responsabilité.
Bon, merci Madame la députée.
Bréjon, porte-parole du gouvernement.
Merci Madame la Présidence.
Mesdames, Messieurs les députés,
j'ai encore rien dit.
Madame la députée Pochon.
S'il vous plaît.
Allez.
Madame la députée Pochon,
la lettre que vous venez de nous lire,
elle ne peut que nous toucher.
Et on...
Attendez.
Et on ne peut avoir que de l'empathie
avec cette dame.
Pensez-vous vraiment
qu'en renversant le gouvernement ce soir,
en vous alliant
avec le rassemblement national,
vous allez aider
cette dame qui vous a écrit ?
Pensez-vous que
en créant une crise politique,
une incertitude économique,
et en privant la France
d'un budget,
vous allez aider cette dame et ses enfants ?
Le budget
qu'on a proposé, Madame Pochon,
je l'ai dit hier, n'était pas parfait.
Il méritait sûrement
d'être encore discuté.
Mais ma conviction,
ma conviction,
c'est qu'en envoyant le pays dans le mur
comme vous vous apprêtez à le faire,
c'est probablement les Français,
les plus précaires d'entre nous,
qui éperonchèrent la facture à la fin.
La ministre.
La parole
est à monsieur Philippe Vigier
pour le groupe démocrate.
Ma question s'adresse au Premier ministre.
Dans quelques instants, chaque député
ici même votera
ou ne votera pas la motion de censure.
J'ai dit aux Français qui nous regardent,
qui nous écoutent, que le vote
de la censure aura de lourdes conséquences.
Voter la censure,
c'est renoncer à 7 milliards
d'euros supplémentaires pour nos
hôpitaux et un meilleur accès aux soins partout.
Voter la censure, c'est
renoncer à 2 milliards d'euros
pour nos EHPAD et la revalorisation
de nos soignants.
Voter la censure, c'est
renoncer à de nouveaux moyens pour lutter
contre la fraude sociale.
Il paraît que vous y êtes attachés, c'est pas vrai.
Voter la censure, c'est renoncer
à l'accès direct sans ordonnance
au dispositif
ma santé psy, alors que
la santé mentale est une priorité.
Voter la censure,
c'est renoncer à la
réforme de la taxe Soda, meilleur
outil de prévention contre
le diabète et les maladies cardiovasculaires
chez les jeunes. Voter la
censure, c'est renoncer au
cumul ampleur retraite pour les médecins,
dont on a tant besoin dans les déserts médicaux.
C'est renoncer à la
valorisation des petites retraites agricoles.
Voter la censure,
c'est renoncer au déploiement des soins
palliatifs dans les départements
dans lesquels il n'y en a pas.
En votant
la censure, mes chers collègues,
du nouveau Front Populaire
et du Rassemblement National,
vous aurez fait un trait d'union qui s'appelle
le renoncement national.
Vous êtes le renoncement
national.
Alors, nous
les députés démocrates,
lorsque l'essentiel est en jeu,
lorsque le pays est en jeu,
peu importe les manoeuvres politiciennes,
peu importe les marchés
financiers, ce qui importe,
c'est l'avenir du pays. Alors, monsieur le Premier ministre,
comment convaincre
encore nos collègues
de renoncer à l'irresponsabilité ?
Merci beaucoup, monsieur le député
Laurent Saint-Martin, ministre en charge
du budget des comptes publics.
Merci, madame la présidente.
Mesdames et messieurs les députés, monsieur le député
Philippe Vigier, merci
pour votre question et intervention
qui reprend effectivement
beaucoup d'éléments qui ne seront pas
au service de nos concitoyens si la censure
venait à être adoptée dans quelques heures.
Qui a dit, monsieur le député, pour que le monde
agricole obtienne les promesses
qui lui ont été faites, nous avons besoin d'un budget ?
Non, c'est le président
de la FNSEA qui l'a dit.
Qui a dit, monsieur
le député ?
Qui a dit, monsieur le député ?
Ce qu'on attend du politique, c'est
qu'ils réduisent l'incertitude.
Avec la censure, c'est le noir complet.
C'est un représentant de la Confédération
des PME. Qui a dit
attention, on parle de
40 000 emplois qui vont être supprimés avant la fin
de l'année. C'est le président
de la Fédération française du bâtiment.
Et je vous épargnerai,
mesdames et messieurs les députés du Rassemblement
National, le langage fleuri
d'un de vos électeurs ce matin
en pénalisant
votre action aujourd'hui
parce que ce qui se passe avec
les impôts de nos concitoyens qui vont
augmenter si la censure a été votée
et cessez de dire que c'est un mensonge.
18 millions de français verront
leurs impôts augmenter. 400 000
d'entre eux rentreront sur l'impôt
avec la loi spéciale.
Et vous le savez.
Alors mesdames et messieurs les députés,
réfléchissez bien.
Si vous ne le faites pas pour ce gouvernement,
faites-le pour ceux que je viens
de citer. Faites-le pour les représentants
des PME. Faites-le pour les agriculteurs.
Faites-le pour les français.
Ministre,
la parole est à monsieur
Salvatore Castiglione
pour le groupe Yot.
Merci madame la présidente. Ma question s'adresse
à madame la ministre du partenariat avec les
territoires et de la décentralisation.
Madame la ministre, je souhaite vous alerter
sur l'état des finances communales et me faire
le porte-voix de plusieurs communes de mon
département et du Valenciennois.
Ces communes de taille moyenne sont dans l'attente
depuis plusieurs années d'une réforme
de la fiscalité locale et de la dotation globale
de fonctionnement, faute de quoi
elles devront supprimer les services qu'elles rendent
aux habitants. Alors que la DGF
des communes de même strat est de
176 euros par habitant en moyenne en France,
elle ne s'élève par exemple qu'à
44 euros à 5 soldes dans ma circonscription.
Cette commune de
11 500 habitants reçoit ainsi une dotation
excessivement faible comparée
à celle de ses voisines de taille équivalente.
Cette situation, que je cite en exemple
pour bien la connaître, est loin
d'être un cas isolé et un
rapport, d'ailleurs de la cour des comptes,
pointe une répartition injuste
de la DGF et préconise
une réforme systémique pour réduire
les inégalités entre les collectivités locales.
Aujourd'hui,
les maires de ces communes s'interrogent sur le maintien
de services publics pourtant essentiel
pour équilibrer leur budget.
Ce pourrait être la fermeture de la piscine municipale,
qui accueille pourtant de nombreux jeunes
pour leur apprendre à nager, ou la
fermeture de la MJC, qui permet
d'amener de la culture pour tous et de
générer du lien social. Il est donc
urgent de revoir le calcul de la DGF
qui date d'une époque où la réalité
des communes n'était pas celle d'aujourd'hui.
Or, je suis bien conscient qu'une
réforme globale des dotations aux communes
prendra du temps, surtout dans le
contexte national que nous connaissons.
Pourtant, la situation de ces communes
ne peut plus attendre et une aide d'urgence
est nécessaire, au moins à court terme.
J'ajoute, madame la ministre, que
la situation financière de nos départements
est également catastrophique du fait
de la baisse des DMTO et que
celle des régions se dégrade. Madame la
ministre, pouvez-vous nous indiquer quelle réponse
vous attendez à porter à court terme
à ces communes, afin d'équilibrer leur budget
2025, et si les aides d'urgence
sont envisagées par le gouvernement pour
ces villes et ces départements ? Je vous remercie.
Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à monsieur François
Durovray, ministre en charge des Transports.
Merci, madame la présidente.
Mesdames et messieurs les députés,
monsieur le député Castiglione, vous avez raison.
Vous avez raison.
Les mécanismes de
dotation et de financement
des collectivités ne sont pas toujours adaptés.
C'est particulièrement vrai s'agissant
des départements. Je suis bien placé pour
le savoir, et le Premier ministre
a eu l'occasion, lors du congrès des départements
à Angers le mois dernier, d'indiquer
sa volonté de revoir en profondeur
les mécanismes de financement des départements
pour qu'ils correspondent davantage
à leur mission. Dans l'attente,
il a indiqué également
prendre des dispositions, dès la loi de
finances de 2025, pour
baisser significativement
leur contribution au
rétablissement des finances locales.
La semaine dernière, d'ailleurs, au Sénat,
un amendement a été adopté permettant
à ces mêmes départements d'augmenter
le pourcentage des droits
de mutation pour faire face aux difficultés
que vous citiez. C'est vrai également
s'agissant des communes. Pour la
simple et bonne raison que les dotations globales de fonctionnement
pour l'essentiel n'ont pas
évolué et correspondent
au montant qui était fixé
au moment où les taxes qui ont été
supprimées ont été compensées.
C'est vrai s'agissant de la commune de
Saint-Saulve, notamment, que vous
citiez. Heureusement, depuis
2017, des mécanismes
de péréquation ont été mis en oeuvre
pour tenir compte davantage à la fois
des ressources, mais également des
charges de ces collectivités. Saint-Saulve
a pu en bénéficier les
années passées, au travers notamment
de la DSU, mais aussi de la dotation nationale
de péréquation. Elle le bénéficie
encore en 2024.
Je voulais simplement vous indiquer que Catherine Vautrin,
qui m'a chargée de vous répondre, puisqu'elle est sur
le banc au Sénat, avait
manifesté son intention, en lien
avec le comité des finances
locales, de revoir et d'avoir
une réforme en profondeur de la DGF
en 2025, comme vous l'appelez de vos voeux.
Je vous remercie,
Monsieur le Ministre. La parole
est à présent à Monsieur François Jolivet
pour le groupe Horizon.
Merci, madame la présidente.
Ma question s'adresse à madame
la ministre du Logement.
Le logement est la première sécurité des Français.
Une récente étude
du Conseil économique et social
place le logement comme première préoccupation
des Français devant la santé,
l'emploi et l'ordre public.
Ces attentes légitimes sont contrariées
par un parcours résidentiel bloqué,
ce qui explique que le nombre de demandeurs
de logements sociaux s'élève aujourd'hui
à plus de 2,7 millions.
Des jeunes ne peuvent pas s'installer,
des personnes séparées sont condamnées
à vivre ensemble, des demandeurs d'emploi
sont assignés au chômage, faute de logement.
C'est la conséquence de l'augmentation
des taux d'intérêt et de l'augmentation
du prix de revient des opérations de construction.
Concrètement, les plans sociaux
sont déjà là et donc en cours
chez les promoteurs. Ils s'annoncent
de manière massive dans le domaine du bâtiment.
Pour ces raisons, j'ai pris l'initiative,
avec votre soutien et celle du Premier ministre,
de réunir tous les groupes politiques
de cette Assemblée. Nous sommes parvenus
à bâtir chacun à notre manière
et à contribuer à un plan
de sauvetage du secteur de l'immobilier
et des demandeurs de logements consacrés
et contenus dans le projet
de loi de finances 2025.
Le groupe Horizon indépendant a fait le choix
de rendre possible l'accession à la propriété
en élargissant le prêt à tout zéro pendant 3 ans,
neuf et ancien,
sur tout le territoire. Nous avons également choisi
d'orienter l'épargne privée vers la construction
en permettant à des grands-parents et des parents
de donner, de manière exceptionnelle
et pendant la seule année 2025,
des ressources afin qu'ils puissent acheter
un logement neuf. Ces avancées
risquent de voler en éclats dans quelques heures
et d'envoyer les emplois et les demandeurs
de logements dans le décor.
Le groupe Horizon indépendant déposera d'ailleurs
une proposition de loi sur ce sujet si la loi
de finances ne pouvait pas,
et celle de 2025, être adoptée.
Les demandeurs de logements, les travailleurs de bâtiments
ne sont-ils pas les victimes directes
de ce qui s'annonce aujourd'hui ?
Dit autrement, quel va être le loyer social
des Français si la motion de censure
est adoptée dans le domaine du logement ?
Je vous remercie.
Mon cher collègue, la parole est à
madame Valérie Letart, ministre en charge
du logement et de la rénovation urbaine.
Merci, madame la présidente.
Monsieur le député
François Jolivet,
je vous remercie, bien sûr, pour votre question
car elle met en valeur
tout le travail collectif qui a été fait
dans ce budget, sous l'impulsion
du Premier ministre Michel Barnier
qui a fait du logement une priorité nationale
et j'en remercie sincèrement
en s'appuyant
sur tous les députés
et sénateurs
volontaires pour travailler
à ce budget 2025.
Je veux le dire clairement ici,
pour que chacun mesure le poids
des décisions à venir.
Sans budget, il n'y a pas d'extension
du Préatozéro à tout le territoire
pour tous les Français
Sans budget, il n'y aura pas
d'exonération des droits de mutation
en cas d'achat de logements neufs
pour faire repartir l'investissement.
Sans budget, il n'y aura pas
de baisse de la RLS
attendue par les bailleurs sociaux
pour produire 100.000 logements sociaux,
rénover 130.000 logements sociaux.
Sans budget,
nous ne pourrons financer
les 203.000 places d'hébergement d'urgence
pour les femmes victimes de violences
qui resteront à la rue.
Sans budget, nous ne pourrons pas
accompagner la rénovation urbaine
car les moyens ne seront pas
au rendez-vous en temps
et en heure. Les taux
augmenteront et des centaines
de milliers de passoires thermiques
ne seront pas rénovées grâce
à votre soutien, messieurs et mesdames.
Je conclurai
en disant mon soutien,
Madame la Présidente, aux professionnels
du secteur, à qui nous devons
beaucoup dans le travail qui a été mené
pour préparer cela, à tous ceux
mobilisés sur ce sujet
si important pour notre pays,
pour ses habitants,
qui sont notre seule boussole,
mesdames et messieurs.
Merci, monsieur le ministre.
La parole est à présent
à monsieur Jean-Victor Castor
pour le groupe Gauche, Démocrate et Républicaine.
Madame la Présidente,
merci, monsieur le ministre.
Je m'adresse au Premier ministre,
peut-être sortant.
Ce soir,
la fusée Vega partira de Kourou.
Dans quelques mois,
au mois de février,
ce sera Ariane 6.
François Mitterrand avait dit
qu'il fallait cesser de lancer des fusées
sur fond de bidonville.
Monsieur le Premier ministre,
j'ai posé deux amendements.
Un premier amendement
demandant la rétrocession
de 125 000 à 150 000 hectares
pour la souveraineté alimentaire
en Guyane.
Cet amendement a été voté
majoritairement dans cette Assemblée.
Un deuxième amendement portant
sur la sortie de la Guyane
du périmètre de l'application
du malus écologique.
Parce qu'en Guyane, ici même,
une ministre Macroniste
nous a dit qu'il valait mieux
une piste en terre que rien du tout.
Le 16 à Saint-Laurent
sera présenté
sous la décision du Président de la République
le début des études
pour cette fameuse piste en terre.
Ces deux amendements
sont arrivés au Sénat.
Votre gouvernement a manœuvré
pour que ces deux amendements
qui ont été votés
ici, majoritairement, soient écartés.
Les Guyanais sont dans l'attente.
Les terres de Guyane
ont été volées
sur la base d'une ordonnance royale
de 1820,
précisant que quand la France est arrivée en Guyane,
il n'y avait personne
et que les terres étaient en fraîche.
En 2024, l'État est propriétaire
de 25% des terres.
Pour construire un hôpital,
le directeur de l'hôpital se demande
où on pourra construire l'hôpital.
Et cet hôpital,
jusqu'à aujourd'hui, ce fameux CHU
qui doit sortir
en janvier 2025,
il n'est pas encore
financé.
Et le choix qui a été fait
pour la santé des Guyanais,
c'est de réhabiliter
un hôpital
qui est totalement obsolète.
Merci, monsieur le député.
Merci beaucoup.
Merci.
La parole est à
monsieur François-Noël Buffet,
ministre en charge des Outre-mer.
Madame la présidente,
mesdames, messieurs les députés,
monsieur le député Casteur,
nous avons évoqué ce matin,
à l'occasion d'un rendez-vous,
une partie des questions que vous venez d'évoquer
et singulièrement celle sur
les 20.000 hectares qui ont été votées au Sénat
de rétrocession
de l'État à la SAFER,
de domaine de l'État.
Je rappelle que ceci
est le résultat d'un vote,
d'un amendement qui a été déposé
par votre collègue Georges Passion,
sénateur lui-même de la Guyane,
et je crois savoir, après discussion
avec vous. Et il y avait d'ailleurs
un avis favorable du gouvernement pour la simple et bonne raison
que la SAFER
n'était en capacité de pouvoir gérer
que ces 20.000 hectares au-delà
d'autres qui lui seront
ensuite transmises.
Vous portez une question importante sur l'avenir
de l'agriculture. Vous portez une autre question
sur celle de la fameuse voirie,
ce projet d'étude qui a été fait par les services
de l'État et dont je vous ai dit
qu'à ma demande, le préfet devait vous faire
cette présentation. Elle sera faite
car le président Ryman m'avait
indiqué qu'il n'avait pas connaissance de ce dossier
et j'ai donc souhaité que vous puissiez en avoir connaissance.
Vous en aurez donc connaissance.
C'est plus un porter la connaissance qu'une décision
elle-même, la décision restante à venir.
Vous posez la question des crédits suffisants
pour la Guyane et pour les autres
Outre-mer. Mais cher monsieur
le député, dans quelques instants,
vous allez peut-être décider que ce gouvernement
doit s'arrêter.
Vous porterez à cet instant-là,
avec d'autres de vos alliances locales
et du moment,
la fin des budgets possibles
pour l'ensemble de nos Outre-mer.
C'est ça la réaction première.
Il y a de nombreuses mesures
qui font que dès ce soir,
elles s'arrêteront pour l'Outre-mer.
Et chacun ici, en conscience,
qui va voter tout à l'heure,
aura dans sa conscience cette responsabilité.
Merci ministre.
La séance des questions au gouvernement
est tenue. La séance est suspendue.
La séance actuelle reprend à 15h
sur la lecture des conclusions de la CMP.
Merci beaucoup.