LE CLUB MATIN Joachim Cadenas : "J'estime que j'ai v←cu une injustice"

Objectif Gard
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17 oct. 2026
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Ce soir, on reçoit pour la première fois, avec grand plaisir,
sur Objectif Sud, le razeteur Joachim Cadenas,
vainqueur un dimanche dernier du Trophée des As pour la quatrième fois.
Une année mouvementée pour l'arlésien de 31 ans,
marqué par une huitième cocarde d'or également,
mais aussi une suspension de 45 jours.
Il est aussi le seul razeteur à mener
en parallèle une carrière de torero.
On a forcément beaucoup de sujets à aborder avec vous ce soir.
Bonsoir Joachim Cadenas.
Bonsoir.
On va vous demander de vous rapprocher un petit peu du micro.
Merci d'être avec nous.
Merci, merci à vous pour l'invitation.
Bon, vous êtes heureux d'être avec nous sur ce beau plateau,
il est tout neuf.
C'est vraiment super.
Romain, restez avec nous, je l'ai dit,
on a beaucoup de questions à vous poser.
C'est lui qui va démarrer cette interview.
Et oui, du coup, on va commencer avec ces images
et cette victoire dimanche dernier au Trophée des As,
du coup, dans les arènes de Nîmes, la quatrième.
Cette victoire, elle a un coût particulier
quand même pour vous, Joachim ?
Oui, particulier, c'est le cas de le dire,
parce que bon, comme vous avez pu le dire,
c'était une année assez particulière
tantôt dans ma vie privée
que dans l'arène
et
puis en plus aussi
la victoire du taureau Corail
c'est un taureau aussi
l'année elle a été marquée par un tas
d'événements particuliers
Justement cette année est-ce qu'on peut dire
que ça a été la saison la plus compliquée à vivre
pour vous de votre carrière ?
Compliquée je ne sais pas
parce que c'est vrai que chaque année
a mérité son combat
pour arriver jusqu'à aujourd'hui
et aujourd'hui
j'en vis d'autres
et je pense que ça fait partie de la vie
et c'est ça qui est enrichissant
Est-ce que vous avez dû peut-être faire appel
à des ressources
plus importantes que les années précédentes
ou faire preuve de plus de résilience ?
Je pense que j'ai toujours
fonctionné de la même manière
j'essaie de tout donner
on trouve toujours je pense
des manières
de se donner de la force
moi j'ai eu cette année
ma belle-mère, j'ai ma belle-mère au quotidien
qui combat un cancer
j'ai un ami
Patrick Clocher qui est éleveur de taureaux
qui a la maladie de Charcot et qui combat aussi un cancer
et quand on va les voir
qu'on sort de là on se dit
qu'on est quand même des privilégiés
et ça donne
beaucoup de force
pour affronter tout ça
Vous y pensez justement assez proche dans l'arène
quand vous allez dans l'arène
vous dites je me bats pour eux aussi
dans l'arène même à l'entraînement
je me dis que j'ai la chance
au quotidien de pouvoir vivre
ma passion parce que clairement
je vis ma passion, j'ai la chance
d'avoir la liberté de faire
des choses que j'aime et ça je pense que
c'est un privilège. Je l'ai dit en préambule
vous avez été lourdement suspendu
durant la saison
cet été, 45 jours après une altercation
avec un officiel
comment vous avez vécu cette période
et à quoi vous vous êtes accroché pour rebondir ?
Alors, en vérité, je l'ai vécu,
je pense que pas si bien que ça les trois premiers jours
parce que pour moi, j'estime que j'ai vécu une injustice.
Ce n'est pas fini d'ailleurs
parce que j'ai engagé des poursuites auprès des tribunaux
et j'espère, en tout cas, je vais aller au bout de ce combat
parce que c'est un combat important, ce n'était pas la première fois
que j'ai eu
ce genre de soucis avec
ce n'est pas des officiels
parce qu'il y a un tas de choses
à réinspecter
au sein de la course camargaise, comme j'ai pu dire
dans les interviews, on a
des richesses exceptionnelles
qu'on n'exploite pas, les taureaux ça doit
rester une fête
ça doit rester quelque chose
je pense de grand
parce qu'on a la chance d'avoir
des hommes en blanc qui donnent
beaucoup de leurs personnes
et pas que, des organisateurs
les taureaux aussi, on vit
je pense des choses exceptionnelles dans la région
entre la tauromachie espagnole, la tauromachie
camargue, nos cultures
donc je pense que...
ça veut dire que vous avez envie de changer des choses, des règles
dans le monde de la course camargaise, c'est ce que vous nous dites
j'aimerais que des fois on s'attarde
moins sur des choses
peu importantes, je pense que des fois on perd
notre temps sur
des détails mais des détails qui n'en valent pas la peine
Il y a des détails plus importants à revaloriser,
mais en tout cas à donner de l'importance.
La tauromachie mérite des fois des sujets beaucoup plus importants.
Moi, le cas de ma suspension,
ça a pris une belle partie de l'été à ce que les gens communiquent.
D'ailleurs, je remercie tous les gens qui ont pu me soutenir.
Ça a été énorme pour moi,
mais c'est vrai qu'il y a des choses beaucoup plus belles,
des choses beaucoup plus importantes
à revaloriser et la vie
est courte et je pense qu'elle mérite
d'avoir des choses beaucoup plus belles
Cette affaire elle a aussi montré ce que vous pouvez
représenter aussi en tant que
peut-être un peu figurant, enfin star
de la course camargaise
elle a divisé quand même le monde de la boumine
on a l'impression qu'il y avait les pro-cadins contre
les anti. Est-ce que vous avez quand même le sentiment
et ce qui en découle un peu de cette affaire
qu'aujourd'hui vous êtes peut-être plus
qu'un simple raseteur
que les gens attendent comme un passionné d'une équipe
toute la semaine d'aller voir Joachim
Cadena dans une arène le week-end.
Est-ce que vous avez le sentiment d'avoir un statut particulier ?
Non, parce que j'ai toujours vécu les tours de la même manière.
Ça me fait toujours plaisir et chaud au cœur de donner de l'amour
et quelque chose de positif aux aficionados,
aux gens qui viennent dans les arènes toute l'année.
mais après non, je le vis
toujours de la même manière, depuis toujours
c'est un plaisir de parler avec des gens
qui ont envie de parler avec moi
que je fasse
les tours ou pas
Si on vous qualifie parfois dans les médias
de star ou d'icône, ça vous gêne ?
Non, ça ne me gêne pas
mais non, je le vis de la même manière
je ne suis pas Cristiano Ronaldo
on ne vient pas m'embêter à table au restaurant
donc ça va
Mais vous avez quand même un lien proche avec le public
on vous demande des photos
alors que vous n'êtes pas devant chez vous
mais je veux dire voilà
on sent que quand même
une certaine notoriété
c'est vrai ça fait plaisir
puis moi aussi quand j'étais petit
je voyais ces hommes
les hommes des arènes comme des héros
et au contraire c'est pour moi glorifiant
et c'est un honneur
c'est un honneur de pouvoir faire ça
Est-ce que vous avez le sentiment parfois
qu'on peut vous mettre des bâtons dans les roues ?
Non parce que je vois toujours le verre à moitié plein
et je me dis que sans tous ces obstacles
ça me permettrait pas aussi peut-être
d'avoir cette réflexion là
et parfois aussi de pouvoir
me pousser dans mes retranchements
justement pour parler de votre caractère
on vous décrit des fois dans les arènes
comme une tête brûlée, des fois on se dit
mais pourquoi il va faire ça, comment il fait ça
et tout ça, est-ce que du coup
on se dit que vous avez peut-être une relation différente
avec la peur et même
est-ce que vous avez une relation particulière avec la mort
est-ce que vous avez peur de la mort, est-ce que justement
elle est proche du taureau et de ça
d'avoir peur, ça vous excite aussi ?
Non
je pense que
psychologiquement
je suis comme tout le monde
c'est vrai que face au taureau
moi j'ai grandi dans le village de Maestranza
et dès tout petit le taureau
c'est toujours été un animal qui m'a fasciné
j'ai commencé à l'approcher
comme tout le monde
quand on va sauter d'une falaise
et qu'on a l'appréhension
le premier rasé c'est un peu
un saut dans le vide et après on découvre
qu'on peut être
réveillé, qu'on peut voir
l'animal réagir parce que
cet animal c'est un être vivant
et non je pense que
la peur
on lui demande
de trouver du courage
dans des moments
un peu particuliers
je ne suis pas suicidaire
mais en tout cas j'aime vivre
la tauromachie me donne
des moments de vie qui me donnent encore plus
envie de vivre, après c'est vrai que
c'est un sacrifice parce que
on vit avec
une épée de Damoclès sur la tête souvent
parce qu'on a peur
avant de partir de chez moi
ça peut m'arriver
avec des jours où on est plus ou moins fort
de se dire peut-être que ce soir je ne rentre pas
aujourd'hui
je vais tout donner à ce taureau
quitte à ce qu'il va se passer, comment il va être
c'est vrai qu'avant la finale de Nîmes
Couray, c'est un des taureaux de ma carrière.
Toute l'année, il n'a pas été affronté par tous les rasoteurs.
Ce jour-là, on a pu le voir se faire affronter.
Mais la veille, même l'avant-veille et la semaine avant,
je me demandais comment le taureau allait sortir
dans les arènes de Nîmes pour la première fois.
Est-ce qu'il allait être impossible ?
J'ai analysé. On a la chance d'avoir la vidéo aujourd'hui.
Et puis, c'est aussi cette complexité-là
qui me donne le goût de la tauromachie.
Au final, sur la saison, est-ce qu'elle vous laisse un goût amer ?
Parce qu'il y a peut-être une volonté d'essayer
de faire un peu le grand chelem,
de remporter tous les trophées principaux,
ou finalement vous êtes satisfait ?
On m'a dit que la coquarde d'or, il y a le trophée des As.
C'est vrai que moi, j'ai été un des partisans anti-trophée.
Et c'est vrai que j'ai des amis qui, sans arrêt,
me poussent à vouloir remporter les trophées.
moi j'ai toujours eu
ce goût
de vouloir gagner la coquarde d'or
parce que la coquarde d'or
c'est un goût particulier
ça a été mes premières courses camarguaises
pour moi c'est le trophée
du razeteur
donc j'ai toujours voulu le remporter
mais c'est vrai que le trophée des As
je n'arrivais pas à m'y retrouver pendant des années
parce que je trouve que le taureau
ce n'est pas un outil de consommation
ce n'est pas un ballon de foot
ce n'est pas un ballon de rugby
Et je trouve qu'à travers la compétition du Trophée des As,
des fois, on se perd dans ça.
Donc, je fais un petit clin d'œil à Christian Chalvet,
que vous pouvez connaître.
C'est un ami qui m'a souvent poussé
à vouloir remporter ce Trophée des As.
Et je le remercie parce que le fait de m'avoir poussé,
ça a pu aussi me faire découvrir des choses dans ma tauromachie,
c'est-à-dire dans mon rasé
d'en apprendre encore à en connaître sur les taureaux
parce qu'on en apprend tous les jours
donc voilà
et d'ailleurs en parlant de courses camarguaises
vous avez des ambitions déjà pour la saison prochaine
on se projette déjà pour l'année prochaine
ouais ouais
déjà plein plein parce que
cette année c'est vrai que dès le début d'année
je pensais beaucoup au 15 août au Gros du Roi
ça a été une course que j'ai pas pu
réaliser du coup à cause de
la suspension
il y avait une course de taureaux qui me plaisait
du premier au dernier
je sais que dans les arènes du Gros du Roi
c'est un peu comme le Séville
en Espagne
où on aime les choses
qui sont faites avec du goût
mais toutes avec des taureaux importants
je savais que ce jour-là il y avait Corail
et d'autres taureaux comme Isco de Nicolet
et d'autres
donc c'était une course que j'attendais
depuis mon hiver au Mexique
et tantôt d'autres
donc voilà
Justement cet hiver ne sera pas de tour au pot
parce que vous avez fait le choix
quasi inédit, inédit on peut le dire
en parallèle de vous lancer dans une carrière de torero
ça a été fait écho déjà sur Objectif Sud
le 13 décembre, si je ne dis pas de bêtises
vous serez à nouveau au Mexique pour une Novillada
piquée dans une arène de 6000 places
là on vous voit un petit peu
à l'entraînement, pourquoi
avoir choisi aussi de
vous lancer sur la tauromachie espagnole ?
Alors, je n'ai pas choisi de
me lancer directement, c'est vrai que
je l'ai fait comme
j'ai toujours fait les choses, avec instinct
Et c'est vrai que la tauromachie espagnole...
Parce que ça n'a jamais été fait, de voir un taureau qui est...
Oui, c'est vrai, mais bon,
ça n'a pas été pour lever un défi ou pour quoi que ce soit.
C'est vraiment l'amour du taureau qui m'a mené là.
J'ai énormément de respect pour les protagonistes,
les professionnels taurens espagnols.
Et pour les éleveurs de taureaux,
je trouve qu'il y a un amour pour le taureau qui est extraordinaire.
aujourd'hui c'est vrai qu'il est perçu
parce que c'est vrai que la tauromachie
c'est le gros débat
il y a les anticorridas, les pour-la-corrida
moi c'est vrai que
tuer un taureau, tuer l'animal que j'aime le plus
au monde c'était quelque chose de
fort pour moi, que je pensais
impossible et
la vie a fait que
je me suis retrouvé à devenir torero
à tuer aussi des taureaux
mais vous avez eu un moment donné
ce petit cap à passer, ces petites réflexions
de vous poser cette question là
Je me suis posé les questions,
mais la vie a fait qu'au final j'ai tourné un festival.
J'avais mon ancien agent qui est décédé,
qui était agent de torero et de razoteur.
Sa famille a voulu qu'on réalise un festival taurin,
moitié course camarguaise, moitié corrida.
La fédération de course camarguaise ne voulait
pas qu'on crée l'amalgame entre la corrida et la course camarguaise.
Je me suis retrouvé à taurer mon premier taureau et à le gracier.
Mais l'éleveur de taureaux, c'était Patrick Logier.
j'ai pu aller voir le taureau que j'ai tauré
pendant un mois entier
ça a été que du bonheur
d'en savoir autant sur le taureau
de le voir vivre, de le voir marcher
Et qu'est-ce que vous voulez faire ?
Est-ce que le but c'est d'aller jusqu'à prendre l'alternative
de devenir un vrai matador ?
Pourquoi pas, après j'ai la conscience qu'il faut beaucoup de chance
ça tient à un miracle de devenir matador
mais mon rêve c'est de taurer
un taureau comme on peut les voir à Madrid
et de pouvoir taurer
comme on dit dans le jargon
J'imagine à Arles
vous êtes originaire et à Nîmes
C'est ça Arles et à Nîmes, ça c'est encore autre chose
parce que j'en ai un tas
mais de le faire vivre et d'arriver à
Et est-ce qu'on peut mener les deux carrières en simultané ?
Est-ce que vous allez arriver
est-ce qu'on peut être à la fois en même temps ?
Aujourd'hui
j'arrive à le faire et je pense que demain
j'y arriverai aussi, après il y aura un tas
sûrement d'aléas
et d'embûches à surmonter
mais je pense que ça fait partie de la vie
Une dernière question Romain pour terminer
Pour finir, d'ici quelques années
il y a d'autres projets qui vont vous tenir à cœur
peut-être d'accompagner votre frère
Amaury qui est jeune raseteur également
est-ce qu'il y a aussi ce devoir de transmission
envers les jeunes
peut-être envers les écoles de raseteurs
qu'il y a notamment dans la Camargue
Bien sûr, ça c'est un truc
que je peux vivre au quotidien
qu'on vit une nouvelle génération
au niveau du Trophée de l'Avenir
et même des stagiaires
en ligue, qui ont énormément
de passion. Je pense qu'on a un devoir de transmission
naturelle, qu'on soit
organisateur,
raseteur, torero,
naturel. Et oui, pour moi,
je pense que c'est un des devoirs les plus
importants, plus que la défense de la tauromachie.
Il y a la défense, mais pour moi,
la défense, elle passe par la transmission.
En tout cas, on sent que vous avez envie de toucher
à toutes les facettes
sur le côté
course camarguaise. Est-ce qu'un jour,
même, être dans les instances, devenir
Président de la Fédération, est-ce que ça pourrait vous...
On verra, la vie me mènera
Merci beaucoup
Merci à vous
Merci en tout cas pour votre confiance
et pour cette première sur Objectif Sud
et puis on aura grand plaisir évidemment
à vous retrouver tout au long
de la saison et à suivre
à la fois votre carrière d'altoire
et de raseteur
Merci aussi Romain pour cette première
on vous retrouvera dans le courant de la saison
je vous libère tous les deux, merci beaucoup
Merci à vous
messieurs d'avoir été avec nous.
