Gabon : l'école Saint-François d'Assise, une réponse missionnaire

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2 Vues de vidéo·6 déc. 2024
À Ntoum, à 40 km de Libreville, le complexe scolaire Saint-François d'Assise, fondé par les frères mineurs capucins, accueille environ 400 enfants, de la crèche à la 5ème année de primaire. Cette école reflète leur engagement à transmettre l'Évangile. Bien que 94 % des enfants gabonais soient scolarisés dans un pays où 37 % de la population a moins de 15 ans, le système éducatif reste confronté à de sérieux défis : un taux de redoublement de 37 % et de nombreux élèves qui quittent l'école primaire sans savoir lire ni écrire. L'objectif de l'école est d'offrir à chaque enfant les moyens de réussir, malgré ces obstacles. Un reportage en partenariat avec les OEuvres Pontificales Missionnaires.
On y va, on y va, on y va, on y va. Faites vite, faites vite.
Il est l'heure. Prenez les gourdes, prenez les gourdes.
Vous mettez vos goûters dans le sac.
Comme chaque matin, Ivan et Yohan se préparent pour l'école.
En première année de primaire, ils s'assurent que leurs cahiers sont bien rangés dans leur sac.
Leur père, William, les accompagne à pied au complexe scolaire Saint-François d'Assise,
situé à Ntoum, à deux kilomètres de la maison.
Dans quelques minutes, c'est l'heure de partir.
On va faire la prière, comme d'habitude, et puis on prend le chemin de l'école.
Donne-nous toujours paix de ce jour. Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
C'est parti pour une journée de classe.
Cette école accueille environ 400 enfants, de la crèche à la cinquième année de primaire.
Fondée par les Frères Mineurs Capucins, présents au Gabon depuis 2000 et issus de la province de Varsovie,
cet établissement reflète leur engagement à diffuser l'Évangile.
En plus de leur mission pastorale auprès des paroisses,
ils se mettent au service de l'Église et de l'humanité,
en particulier des plus pauvres, sur cette terre de mission.
Pour le Père Sébastien de Piassec, Frère Capucin et l'un des fondateurs,
la mission s'incarne également dans l'éducation donnée à chaque enfant.
Comment ça va ? Vous faisez quoi maintenant ? C'est quel cours d'anglais ?
How are you ?
Nous, les Capucins, au début, on est ici pour être missionnaires,
ça signifie pour proclamer les bonnes nouvelles,
comme Jésus-Christ qui envoie ses apôtres au monde.
Mais on est ici aussi, pas seulement pour proclamer les paroles au Parlement,
on veut aussi donner un acte concret de notre foi,
un acte concret de notre évangélisation ici.
Parmi ces actes, c'est aussi l'éducation et c'est aussi ce collège.
C'est un acte de notre foi, un acte qui montre qu'on aime Gabon,
on aime la population ici.
On voit beaucoup de difficultés au système éducatif ici.
En Gabon, on a les classes limitées.
Chez nous, la limite, c'est 45 enfants par classe,
et c'est vraiment peu, parce que quand on compare ça avec l'école publique,
quelquefois en école publique, il y a plus de 100 élèves, 120, 130 élèves même par classe.
Ça donne beaucoup de difficultés pour vraiment bien suivre les enfants,
et pourquoi on a décidé qu'on veut aider les parents pour bien former les enfants.
Au Gabon, 37% de la population a moins de 15 ans et près de 600 000 élèves sont recensés.
Bien que 94% des enfants soient scolarisés, le système éducatif est face à des défis majeurs,
notamment un taux de redoublement de 37%
et de nombreux élèves terminent leur scolarité primaire sans lire ni écrire.
Pour Claire Moukadni, directrice de l'établissement,
ces obstacles ne doivent pas empêcher de donner à chaque enfant une chance de réussir.
La première année, l'année passée, on a eu ce problème.
Beaucoup ne savent pas lire.
Maintenant, on s'est donné un challenge cette année,
que la lecture et l'écriture soient primordiales.
La lecture et l'écriture, si l'enfant ne sait pas lire,
comment voulez-vous qu'il puisse comprendre les mathématiques,
ni le français, ni les veilles histoires géographiques ?
Alors la base reste la lecture.
Nous avons instauré des nouveaux livres de lecture pour ces enfants,
qu'ils apprennent à lire.
L'année passée, on a eu 320 élèves,
et je peux dire qu'il y a eu une affaire de 20 ou 30 élèves qui ont redoublé.
Et tout le monde était de passage.
Donc c'est quand même un peu bien, c'est bon.
C'est un challenge que nous avons fait.
L'éducation aujourd'hui que nous donnons à ces enfants,
c'est pour faire face à la vie demain.
Parce que les enfants doivent nous remplacer.
Et dans la société, ils doivent s'insérer.
Et pour s'insérer, il faut être instruit, éduqué.
Voilà pourquoi nous nous donnons à fond,
pour inculquer, sinon transmettre à ces apprenants-là,
le savoir qu'ils méritent pour faire face à tout ce qui va prévaloir dans le futur.
Ici, les jeunes élèves trouvent un environnement propice à leur épanouissement.
C'est aussi important pour moi de venir dans cette école,
parce que j'ai aussi à fond à lire, à écrire, à réciter mes tables de multiplication.
Dans mon ancienne école, quand on faisait le cours, on ne nous expliquait pas.
On nous faisait juste recopier et on étudiait à la maison.
Ici, on ne fait pas ça.
Je me sens bien, c'est une bonne école.
On est en train d'apprendre les leçons,
grammaire, nombre d'opérations, histoire, géographie, biologie.
C'est bien d'apprendre pour moi, tous les jours, pour être intelligent.
Ici, l'enseignement n'est pas seulement académique, mais aussi spirituel.
La catéchèse est donnée toutes les semaines.
En ce jour de la fête de Saint-François d'Assise,
la messe devient un temps fort pour renforcer leur vie de foi,
comme explique le Père Piotre, curé de la paroisse de Ntoum.
Qui peut me dire quelque chose qu'ils connaissent de Saint-François d'Assise ?
Qu'est-ce que vous connaissez de lui ?
Ah, tu ne sais pas, d'accord.
Il a fait une prière.
Nous avons choisi notre Saint-Patron pour leur transmettre le message de Dieu
que ce n'est pas seulement la sagesse,
ce n'est pas seulement l'intelligence qui est la plus importante,
mais ce qui est dans le cœur.
Et Saint-François d'Assise est pour nous un bon exemple de tout ça.
Ça fait partie de notre mission, la mission des Capucins,
l'apostolat, c'est-à-dire l'évangélisation.
Je pense que l'école est un bon moyen d'évangéliser ces enfants,
de les apprendre les valeurs chrétiennes.
Aujourd'hui, les Frères Capucins prévoient d'ouvrir un collège,
de la 6e à la 3e, pour la rentrée 2025-2026,
afin de permettre aux enfants de poursuivre leurs études.
Ce projet, soutenu par les œuvres pontificales missionnaires,
répond à la demande croissante de scolarisation
et vise à garantir un cadre éducatif de qualité.
En province, encore, il n'y a pas d'école secondaire catholique
où il y a les formations spirituelles.
Et pourquoi nous, comme les catholiques, comme les missionnaires ici au Gabon,
au ministère de la Franciscan,
on a cette idée pour vraiment donner bonne éducation,
bonne formation, avec bon niveau pour les enfants au Gabon.
En ce vendredi 4 octobre, la première pierre est posée
en présence de Georges Delrieux, secrétaire général des OPM France,
qui a fait le déplacement pour l'occasion.
Pour les OPM et particulièrement pour l'œuvre de l'enfance missionnaire,
il est très important d'aider à l'éducation.
On sait que c'est un ferment pour la croissance des sociétés.
L'éducation chrétienne est une bonne chose pour l'ensemble du pays.
Et c'est nécessaire de participer à cette éducation.
On finance une très grande partie du chantier.
On est sur une enveloppe qui est autour de 200 000 euros
pour la construction d'un collège.
C'est pour permettre aux enfants qui sont déjà scolarisés
dans l'école primaire de continuer leurs études
et d'avoir une formation de qualité sur place,
dans leur pays, dans leur ville, dans leur région.
La construction comprendra 12 salles de classe
pouvant accueillir 40 élèves chacune,
3 bureaux pour l'administration et les enseignants,
une cantine ainsi que des espaces de récréation aménagés.
La fin des travaux est prévue pour mai 2025.
