Syrie : qui sont les rebelles qui ont précipité la chute de Bachar al-Assad ? • RFI

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Qui sont ces rebelles qui ont rapidement conquis le pays en seulement quelques jours ? Quelles sont leurs revendications ?
Avec Adel Bakawan, chercheur-associé à l’Ifri (Institut français des relations internationales), spécialiste du Moyen-Orient.
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Oui, bonjour Amélie, bonjour à toute l'équipe d'APES sur l'internet.
Oui, oui, oui, suite au départ de Bachar el-Assad, il me reste à voir qui sont ces rebelles qui ont rapidement conquis le pays en seulement quelques jours et quelles sont leurs émanations.
L'organisation de libération du Levant, Adel Bakawan, qui sont ces groupes d'insurgés, d'ailleurs comment il faut les appeler ces groupes et qui sont-ils ?
Écoutez, pour simplifier un peu les choses, parce que vraiment les rapports de force, les acteurs, c'est un peu complexe pour quelqu'un qui n'est pas spécialiste,
mais pour simplifier, vous avez deux catégories d'acteurs qui sont arrivés à Damas.
Une catégorie, comme vous l'avez si bien dit, HT, c'est-à-dire Hayat Tahrir al-Sham, et les groupes affilés, la deuxième catégorie, à la Turquie,
c'est-à-dire formés, financés, armés, accompagnés et orientés par la Turquie. Ils ne sont pas turcs, ils sont des Syriens.
Vous avez, comme j'ai dit, 4 millions de Syriens sur le sol turc, cela est tout à fait naturel que la Turquie puisse, n'est-ce pas,
mobiliser cette grande base sociale syrienne installée dans ce pays depuis plusieurs années pour former des groupes.
Parmi ces groupes-là, le groupe le plus important, c'est l'armée nationale syrienne, composée de plusieurs groupes, qui dispose à peu près de 60 000 à 70 000 combattants.
Mais entre l'armée nationale syrienne et Hayat Tahrir al-Sham, et qui est Hayat Tahrir al-Sham ? Hayat Tahrir al-Sham a une trajectoire un peu particulière.
D'abord, c'est un groupe islamiste, salafiste, combattant. Les trois mots sont très très importants, je répète, islamiste, salafiste, combattant.
Au départ, il était affilié à Daesh, l'organisation d'État islamique. Ils ont pris de la distance avec Daesh pour devenir Al-Qaïda, la branche d'Al-Qaïda en Syrie.
Et ensuite, Mohamed Al-Julani a pris de la distance avec Al-Qaïda.
Celui qui emmène ce groupe ?
Exactement, le chef de ce groupe. Et il a déclaré qu'il passait d'un djihad déterritorialisé à un djihad territorialisé,
c'est-à-dire d'un djihad international à un djihad syrien. Et désormais, bien évidemment, cet homme est au cœur du centre de gravité dans le pays.
Ça répond à votre question, Marius Trésor ?
D'accord, oui, oui, c'est très bien, j'ai bien compris.
Vous en aviez une autre sur leurs revendications ?
Oui, oui, je voulais savoir quelles sont les revendications en fait.
Les revendications, vous en avez parlé, Adel Bakawan s'est placé peut-être, oui.
La première revendication, c'était la chute du régime.
C'est beau, le régime n'est plus là.
Maintenant, c'est vrai, cette question de revendication est très importante.
Pourquoi ? Parce que ça nous met devant les scénarios, les différents scénarios qui attendent les Syriens.
Est-ce qu'ils sont capables de former un gouvernement de l'Union Nationale ou pas ?
Ça, c'est l'enjeu principal.
