La confession

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2 Vues de vidéo·17 déc. 2024
Courtes paraboles racontées par le père Pierre Trevet, prêtre du diocèse du Puy-en-Velay. Tirées des livres éponymes dont il est l'auteur, elles sont autant d'images inspirées pour goûter la sagesse chrétienne.
Un prêtre africain m'a raconté cette histoire.
Quand Adam et Ève eurent été créés,
comme ils n'avaient pas de maman pour leur apprendre à jouer,
ils s'ennuyaient.
Alors le bon Dieu leur a pris à jouer la belote.
Il leur a pris surtout la tout-coeur.
Puis le bon Dieu s'est éloigné
et est arrivé le voisin du dessous,
qui leur a dit,
« Oui, mais il y a bien d'autres jeux avec les cartes. »
Et c'est ainsi qu'il leur a appris
à jeter des piques aux autres,
à mettre les autres sur le carreau,
à jouer au poker menteur,
à la bataille, à tue-triche
et à quantité d'autres jeux
qui leur ont fait oublier la tout-coeur.
Et bien pour retrouver la tout-coeur,
le Seigneur a institué,
a inventé la confession.
Deux petites anecdotes
pour commencer notre propos.
Une anecdote authentique d'abord,
c'est le père Binet de Dijon
qui racontait
qu'on lui avait demandé
d'aller seconder
l'aumônier du Carmel de Dijon.
Un après-midi, il arrive donc au Carmel
et il tombe sur le jardinier
qui le salue gentiment en lui disant,
« Ah père, vous cherchez quelque chose ?
Eh bien, je viens confesser les sœurs.
Ah, mais elles ont bien déjà un aumônier.
Oui, mais comme ça, elles auront le choix
et ça permet de soulager un peu le père.
Ah, mais écoutez père,
ce sont vos affaires, faites bien ce que vous avez à faire.
Bon après-midi. »
Un mois plus tard, le père Binet revient.
Il tombe de nouveau sur le même jardinier
qui lui dit tout fier,
« Père, je vous reconnais, c'est vous
qui êtes venu confesser les sœurs
il y a un mois.
Mais dites-moi,
elles ont recommencé ? »
La deuxième anecdote
est plutôt une blagounette.
C'est un monsieur qui se confesse
et qui dit, « Père, je m'accuse
d'avoir hébergé une personne
pendant la guerre.
Ah, ben écoutez, je ne vois pas
en quoi consiste le péché,
à moins que ça ait été une personne
qu'il aurait fallu dénoncer.
Non, pas du tout.
Eh bien, oui, mais ça m'ennuie père.
Mais ça m'ennuie parce que
je le faisais payer.
Ah, ben écoutez, c'était peut-être normal.
Vous lui offriez la sécurité,
l'hébergement, le gîte.
C'était normal qu'il vous dédommage.
Oui, mais ça m'ennuie.
Je ne vois pas, je ne pense pas
qu'il y ait de péché.
C'est-à-dire, père,
je ne lui ai toujours pas dit
que la guerre était finie.
Et pourtant, quel beau sacrement
le Seigneur nous donne.
La Bible en parle.
Par exemple, Miché emploie
comme un kaléidoscope
d'images pour dire
le pardon de Dieu.
C'est comme la sortie d'Égypte.
C'est comme l'entrée en terre promise.
C'est comme une libération.
Osé
à cette belle comparaison,
il dit que lorsque Dieu
nous pardonne, c'est comme s'il mettait
nos péchés au fond de la mer.
Et un prêtre
malicieux de mes amis
dit que le Seigneur met un
écriteau sur le bord
de la mer, sur la rive,
interdit de péché.
Oui, parce que la personne
que nous avons le plus de mal à pardonner,
c'est souvent nous-mêmes.
Vous savez, on se mord,
on se remord,
on se re-remord,
et on n'en sort pas de cette
culpabilité paralysante.
Alors, pour en sortir,
il y a quelques petits moyens,
notamment le fait de
s'interdire de péché.
On peut aussi se dire
qu'on a
reçu à notre baptême
des pouvoirs surnaturels
que le voisin du dessous
se charge bien de nous faire oublier.
Or, le Seigneur ne lui a donné
accès qu'à nos émotions,
notamment, justement,
le sentiment de culpabilité.
Il n'a pas accès à notre
volonté. Et donc,
il faut dire un peu souverainement,
au nom de Jésus, je prends
autorité sur ce
sentiment de culpabilité.
Comme, au nom de Jésus, je prends
autorité sur cette
jalousie, sur cet agacement,
sur cette colère, sur cette peur,
sur cette anxiété.
On peut aussi la jouer de façon
un peu niaise.
Quand il nous
rappelle que nous avons été capables
de faire ça, de
mentir, de trahir,
et Dieu sait quoi,
eh bien, dire, écoutez,
je ne vois pas
de quoi vous parlez,
je ne vois pas à quoi vous faites allusion.
Moi, j'ai tout remis à mon avocat.
C'est lui qui a le dossier
et si vous voulez le savoir, il s'appelle Jésus.
Voyez donc avec lui.
C'est bon de nous rappeler
à cette occasion les quatre
éléments du pardon de Dieu.
Parce que quelquefois on dit
c'est un peu trop facile tout de même.
Peut-être pas tant que ça,
même si c'est simple, il ne faut pas
confondre les deux mots.
Il faut quatre
éléments, quatre faces.
Le premier, c'est bien sûr
le regret. Le regret
sincère, on appelle
la contrition parfaite.
Je regrette non seulement
de m'être fait du tort,
d'avoir blessé les autres,
mais aussi d'avoir blessé Dieu
et son Église.
Deuxièmement, l'aveu.
C'est important qu'il soit
humble, qu'il soit
sincère et qu'il soit
complet et j'ajouterai
encore une fois
christocentrique, au sens où
j'ai bien conscience d'avoir blessé
le Christ par mon péché.
Et puis il y a l'absolution.
Là, c'est
le ressort du prêtre.
Je dis souvent aux enfants
quand vous allez vous confesser,
c'est comme si vous alliez prendre une bonne
douche. D'ailleurs, regardez
le prêtre, comment il fait
quand il vous donne le pardon.
Il met sa main ainsi pour
l'imposition des mains.
Ça peut vous faire penser au pommeau de douche
d'où sort une eau
revigorante.
Parce que la douche, comme la confession,
ça n'est pas seulement pour nous
purifier, pour nous laver,
mais c'est pour nous
régénérer et nous parfumer
l'âme. Et puis,
il ne faut pas oublier
le quatrième élément qui est
ce qu'on appelle la pénitence
ou la réparation.
Tout se passe comme dans cette
petite histoire.
Jérémie, de rage
contre son papa qui lui a interdit
quelque chose ou qui n'a pas voulu lui donner
quelque chose, va dans le bureau
de papa et renverse toute
la corbeille à papier.
Quand papa va s'en rendre compte,
évidemment, il faudra que Jérémie demande
pardon. Papa lui
donnera bien volontiers son pardon,
mais la moquette
sera pleine de papier
et peut-être un peu
tachée d'encre avec les cartouches
de l'imprimante qui s'y trouvaient.
Papa va demander à Jérémie
de ramasser le plus gros.
C'est lui qui aspirera
les mines de crayons
ou bien les petites
particules qui étaient
dans la corbeille
et puis qui trouvera
un produit pour nettoyer
les taches d'encre.
C'est très important de penser à la pénitence
parce que le Seigneur ne nous sauve
pas comme une épave
que l'on met en sécurité
sans que l'épave n'ait rien à faire.
Il nous sauve en partenaire.
Le Seigneur agit toujours
dans l'interaction.
