Alain Joyeux, APHEC - DG sur Écoute. Alain Joyeux, président de l'APHEC et professeur de géopolitique en prépa ECG au lycée Joffre de Montpellier, expose les principaux défis auxquels les classes préparatoires devront faire face en 2025. #aphec#cpge#thotis#dgsurécoute
0:00 : Introduction et présentation de Alain Joyeux, président de l'APHEC 0:23 : Vos projets en tant que président de l'APHEC 1:13 : Un mot sur les coupes budgétaires : est-ce que l'APHEC et les cpge se sentent en danger ? 2:20 : Fermeture de certaines classe préparatoires, où en est-on ? 2:45 : L'augmentation des redoublements en classe préparatoire 3:55 : En quoi ces redoublements sont-ils problématiques ? 4:50 : Comment motiver les élèves à moins khûber ? 6:40 : Quel message donnez-vous à vos élèves sur le classement SIGEM ? 7:47 : Le certificat des arts libéraux 9:20 : Comment valoriser ce certificat ? 10:25 : Est-ce que ce certificat va renforcer l'attractivité des prépas ECG ? 11:06 : Quels sont les prochains défis pour maintenir l'attractivité des prépas ? 12:45 : Le continuum des prépas aux écoles 14:55 : Y'a t-ils des sujets ou réflexions en cours avec la CDEFM ? 16:35 : Vers un allègement des concours ? 17:30 : Comment en tant que professeur de géopolitique, intégrez-vous l'Intelligence Artificielle ? 18:55 : Quelle sont relations entre la Tutelle et l'APHEC ?
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Bienvenue sur TOTYS, dans ce nouvel épisode de DG sur Écoute.
Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'échanger avec Alain Joyeux,
qui est le président de l'AP-HEC et professeur de géopolitique
en prépa-ECG au lycée Geoffre à Montpellier.
Bonjour Alain.
Bonjour Thibault.
Merci d'être avec nous aujourd'hui.
C'est un plaisir.
Alain, tout d'abord, félicitations pour votre réélection.
Est-ce qu'en quelques mots, vous pourriez nous partager
les grands chantiers pour ce nouveau mandat ?
Les grands chantiers, c'est d'abord poursuivre
le travail sur l'attractivité de la classe préparatoire ECG, ECT, D1, D2,
puisque l'AP-HEC s'occupe de toutes ces formations.
Également les filières ECP que nous représentons,
même s'elles sont peu nombreuses en termes d'effectifs.
Donc, depuis deux ans, nos effectifs réaugmentent
après la forte baisse de la rentrée 2021.
Donc, le défi, c'est vraiment de poursuivre finalement
cette orientation à la hausse en communiquant, en expliquant,
en convainquant et en allant à la rencontre des lycéens,
des collègues de lycée et des familles.
Alors, on y reviendra tout au long de cet échange.
Un mot peut-être maintenant sur l'instabilité politique
et aussi les potentielles coupes budgétaires.
Je voulais savoir un peu ce qu'il en était pour les prépas HEC.
On entend pas mal de choses en ce moment sur les universités,
avec notamment le hashtag Université en danger.
Est-ce que c'est le cas pour les prépas ?
Alors, pour l'instant, non, et on s'en félicite.
Il n'y a pas eu de remise en cause des moyens en termes de cours,
de colles, etc.
Il y a quelques fermetures qui sont annoncées cette année,
mais c'était des fermetures qui étaient, pour la plupart,
relativement tendues, même si elles sont regrettables,
évidemment, mais c'était des classes qui avaient
de très, très faibles effectifs.
Là où on ressent, par contre, effectivement,
les problèmes budgétaires, c'est à l'échelle des établissements
où, effectivement, les moyens propres des établissements
sont plutôt en baisse, ce qui peut affecter
des programmes locaux de soutien, par exemple,
à des étudiants en difficulté,
des entraînements rémunérés aux entretiens, etc.
Mais à l'échelle des maquettes nationales des classes préparatoires,
pour l'instant, il n'y a pas de signe inquiétant.
Et juste pour faire un focus sur Paris,
il y a quelques mois, il y avait un recteur à Paris
qui souhaitait la fermeture de certaines prépades.
Depuis, il n'y a pas eu de nouvelles là-dessus ?
Non, le nouveau recteur a dit qu'il souhaitait engager
une réflexion sur les classes préparatoires
et les débouchés des classes préparatoires.
Pour l'instant, nous attendons.
Nous n'avons pas été contactés.
Il n'y a pas de signe de mise en place d'un tel débat.
Mais si c'est le cas, nous y sommes prêts.
Merci, on va maintenant parler d'un autre sujet,
la question des redoublements en classe préparatoire.
Elles ont tendance à augmenter, donc c'est des étudiants
qui souhaitent cuber pour faire une 3e année,
en tout cas une 2e, 2e année.
Quelles sont les tendances et est-ce que cela vous inquiète ?
Alors, si on regarde 3 à 4 années en arrière,
il y a eu quand même l'effet Covid.
C'est-à-dire qu'il y a eu des élèves de classe préparatoire
qui ont eu le sentiment de ne pas avoir pu donner
la pleine mesure de leur potentiel,
parce qu'effectivement, il y a eu des courants distanciels, etc.
Donc c'est vrai qu'on a eu un rebond du nombre de redoublements,
ce qu'on appelle le cubage, 5,5, en classe préparatoire.
Depuis 2 ans, on est revenu à une situation quasiment normale,
mais en réalité, derrière des tendances nationales,
il y a aussi des pratiques locales.
C'est-à-dire qu'il y a des établissements,
notamment des établissements prestigieux,
où on cube plus que dans d'autres établissements,
parce qu'on a des étudiants qui souhaitent absolument
avoir les écoles du très haut de tableau,
qui sont très déçus lorsqu'ils ne les ont pas,
et donc qui sont tentés de faire une nouvelle année
pour maximiser leur chance, croient-ils,
d'avoir l'une de ces écoles.
Et en quoi c'est problématique si demain,
de plus en plus d'étudiants, parce que c'est le risque,
ne souhaitent pas aller dans des écoles après,
j'ai dit n'importe quoi, EMion, par exemple ?
Alors, c'est très problématique, d'abord,
parce que la prépa, c'est 2 ans.
Et je pense que pour l'équilibre d'un jeune,
pour la trajectoire d'une vie étudiante,
finalement, rester 3 années en prépa,
c'est peut-être un peu excessif.
Ça, c'est le premier point.
Le deuxième point, c'est que ces redoublements
accréditent l'idée qu'au fond,
seules 3 ou 4 écoles vaudraient vraiment
le coup d'être intégrées,
qui est une idée qui est totalement fausse.
Toutes les écoles accessibles depuis la prépa
sont des écoles accréditées,
reconnues à la fois à l'échelle nationale,
européenne et internationale,
et il n'y a vraiment aucune raison
de dépenser une année de vie supplémentaire
en place préparatoire pour avoir le top 3
plutôt que la 5e ou la 6e ou la 7e.
Vous, en tant que président de la PHUT,
vous allez, du coup, essayer de créer
les conditions pour motiver les étudiants
à ne pas cuber, ou moins cuber.
Alors, je crois d'abord que le défi
est à relever par les écoles.
Certaines ont commencé, déjà,
les écoles du haut de tableau,
puisque HEC a mis un malus
pour les redoublants,
ou un bonus pour les carrés.
L'ESSEC a mis au point, également,
un dispositif en ce sens.
Mais je crois qu'il faut absolument
que les écoles qui ne sont pas
dans le top 3, 4, 5,
arrivent à convaincre qu'elles ne sont pas
HEC-5 ou HEC-10 ou HEC-15.
Il faut que ces écoles arrivent à convaincre,
qu'elles sont porteuses d'un projet particulier,
d'une singularité particulière,
qui pourrait amener à l'adhésion,
à la séduction, donc, des étudiants
au-delà d'un simple classement 6 JEM.
Donc, évidemment, c'est un travail
que doivent faire les écoles.
C'est un travail, aussi,
que nous devons faire en prépa,
avec, malgré tout, la limite
que, comme toutes les formations
d'ensemblement supérieur,
nous sommes un peu victimes
de la tyrannie des classements.
C'est-à-dire qu'on sait très bien
que les lycéens, les familles,
regardent le classement des prépas
et on ne peut pas se permettre, non plus,
de trop descendre dans les classements
au risque de mettre en péril
notre recrutement et la qualité,
donc, de son recrutement.
Donc, il faut trouver le bon équilibre.
Mais ce qui est clair, c'est qu'à la PHEC,
on est absolument convaincus
qu'il faut éviter que la prépa
ne devienne une formation
que pour 5, 6, 7, 8 écoles,
parce qu'à ce moment-là,
ça serait la mort de la filière.
Le ministère, voilà,
tirerait un trait sur cette idée-là.
C'est un message que vous,
en tant que professeur des jeux politiques
au lycée Joffre, par exemple,
vous donnez aux étudiants
de prendre un peu du recul
sur le 6e, par exemple ?
Totalement. Écoutez, il y a 2 ans,
nous avions 8 cubes dans la classe,
8 redoublants.
Cette année, nous en avons 2.
Donc, on arrive à convaincre.
D'autant plus qu'il faut quand même,
voilà, lorsqu'un élève cube,
effectivement, il a de fortes chances
d'avoir mieux.
Mais parfois,
il a eu la 6e École de France
au premier concours
et l'année d'après,
il a la 5e ou la 4e.
Est-ce que ça vaut vraiment le coup
de refaire une année
pour finalement progresser d'une place
alors même que les recruteurs,
les chefs d'entreprise,
il suffit de les interroger.
La plupart savent effectivement
que la meilleure école de France,
c'est HEC,
ils connaissent un peu les siècles SCP.
Demandez à un recruteur
de vous réciter le classement,
aucune entreprise n'est capable de le faire
et ils s'en fichent à la limite.
Donc, c'est pour ça qu'il faut prendre du recul
vis-à-vis de cette envie de cuber
pour absolument avoir le top 3
ou le top 4 des écoles.
Merci Alain Joyeux.
On va changer de sujet.
Vous avez annoncé récemment
la création d'un certificat des arts libéraux
pour les étudiants qui seront passés
par la classe préparatoire.
Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus ?
Oui, alors,
vous savez que la classe préparatoire
est une formation qui n'est pas diplômante.
Le premier diplôme
que nos étudiants obtiennent,
c'est le Master 2 au bout de 5 ans.
Or, lorsqu'ils obtiennent ce Master 2,
ils l'obtiennent en tant qu'anciens
élèves de classe préparatoire,
mais d'autres étudiants
obtiennent le même Master 2
en étant passés par l'université,
par d'autres formations,
voire en venant de l'étranger.
L'idée, c'était d'identifier
le passage par la classe préparatoire,
identifier ce continuum
classe préparatoire, grande école,
qui est porteur de compétences spécifiques,
et donc de permettre
aux recruteurs en France
et à l'international,
d'identifier ce parcours.
Alors, c'est très important notamment
au niveau international,
parce que, notamment dans le monde anglo-saxon,
on ne comprend pas toujours
comment on peut avoir un Master en France
sans licence.
Et donc là, effectivement,
le fait de l'appeler Liberal Arts,
c'est quelque chose qui parle à l'international,
notamment en Amérique du Nord,
au Royaume-Uni, etc.
Et on pense que ça va donc
donner une meilleure lisibilité
et compréhension
de ces 5 années de continuum
prépa-grande école.
Alors concrètement, comment est-ce que vous allez valoriser justement
ces compétences ?
Sous quelle forme ?
Alors, ce certificat sera délivré
en même temps que le Master 2.
Donc, ce n'est pas un diplôme supplémentaire,
c'est une identification du diplôme
de Master 2.
Ce certificat sera délivré
par la conférence des directeurs
des écoles françaises de management,
délivré évidemment par chaque école
ensuite.
Et ce certificat renverra
vers un corpus de compétences
acquises
par le passage dans ce continuum
prépa-grande école.
Donc, c'est quelque chose
qui pourrait être utile pour les étudiants,
ça peut être utile pour les recruteurs
puisqu'on sait qu'il y a quand même beaucoup d'entreprises,
pas toutes, en tant que réaliste,
mais il y a encore beaucoup d'entreprises qui valorisent
le passage par la classe préparatoire.
Donc, il s'agit vraiment
de permettre à nos étudiants
non pas de montrer
qu'ils seraient meilleurs que les autres,
il ne s'agit pas du tout de ça,
simplement d'identifier,
de marquer leur singularité
et le parcours
qu'ils ont suivi et choisi.
Vous pensez que ça renforcera aussi
l'attractivité des prépa-SG ?
Complètement, parce que
lorsque nous discutons avec des lycéens
de première ou de terminale,
ils nous disent mais au fond,
pourquoi faire une prépa alors que je pourrais
très bien avoir un Master 2 en école
en passant par d'autres voies.
Là, le fait de leur dire
si vous passez par une classe préparatoire,
vous allez avoir quand même
un certificat qui va vous valoriser,
qui va vous identifier
et qui sera reconnu par l'occulteur
en France à l'international,
nous pensons que ça peut effectivement
contribuer à
donner de l'attractivité, à attirer
des lycéens en classe préparatoire.
Vous avez parlé d'un rebond d'attractivité
via les prépa-SG, quels sont selon vous
les prochains défis pour maintenir
cette reprise d'intérêt des jeunes ?
Le prochain défi, c'est d'abord la communication
parce qu'il y a encore trop souvent
un écart entre
l'imaginaire sur la prépa,
la réputation qu'ont les classes préparatoires
et la réalité
de ce qu'elles sont.
On constate cet écart entre
l'a priori parfois négatif
que des professeurs de lycée
et des élèves, parfois des familles
ont sur la classe prépa
le taux très élevé de satisfaction
des jeunes lorsqu'ils sortent
de classe préparatoire.
Notre défi, c'est vraiment de communiquer
sur ce qu'est aujourd'hui
la classe préparatoire,
sur l'intérêt de ce cursus,
sur le fait que c'est un cursus qui a
un taux de réussite
exceptionnel. Il n'y a pas l'équivalent
dans l'enseignement supérieur. Il faut quand même voir que
sur 100 étudiants
qui rentrent en première année de classe préparatoire,
vous en avez presque 90
qui obtiennent en 5 ans
un master 2. Chercher
l'équivalent dans l'enseignement supérieur, il n'y en a pas.
Donc le choix de la classe préparatoire,
c'est un choix de l'ambition,
mais c'est un choix sans risque
puisque comme les classes préparatoires
sont aussi validées par
les ECTS, comme tous les
parcours de l'enseignement supérieur,
je vous disais que près de 90%
des étudiants
obtenaient un master 2 en 5 ans,
que deviennent les
10-12 autres pourcents.
Souvent, ils se réorientent
vers d'autres formations,
mais sans revenir à Bac plus zéro.
Ils capitalisent leurs crédits
accumulés en classe préparatoire.
On va maintenant parler du continuum
prépa à grande école.
Pouvez-vous nous dresser un peu un panorama
de ce qu'il en est aujourd'hui, de ce continuum
et des prochains enjeux ?
Nous travaillons sur ce continuum depuis plusieurs années.
Je rends hommage ici à Alice Guillon,
ancienne présidente de la CDEFM
et directrice générale du Schéma,
qui a porté avec la PHEC
l'amorce de ce continuum.
L'idée de départ
était qu'il y avait une rupture
entre la classe préparatoire
et la grande école,
avec parfois même une sorte de
prépa blues, c'est-à-dire que
pendant deux ans en classe préparatoire,
les jeunes travaillent,
découvrent beaucoup de choses,
sont vraiment dans un rythme élevé.
Au fond, ils arrivaient en école
avec un rythme parfois moindre
et puis surtout des disciplines qui n'avaient
aucun rapport avec ce qu'ils avaient fait
avant. L'idée
de continuum, c'est d'amener
une cohérence entre
la prépa et la grande école.
Et donc,
ça passe par des liens plus étroits
entre les grandes écoles
et les classes préparatoires,
et on a énormément progressé sur ce point.
Il y a
énormément de groupes de travail, de réflexion
entre la PHEC, les grandes écoles.
L'un a abouti à la création
de certificats que nous évoquions tout à l'heure,
mais on a vu aussi
ces dernières années,
toutes les grandes écoles réformer
leur PGE, leur programme de grande école,
et réintroduire dans ce PGE
des disciplines de culture générale
au sens large, c'est-à-dire
de la géopolitique, de l'économie, de la philosophie,
etc., avec
évidemment une pédagogie propre
aux grandes écoles,
mais parfois, ces écoles
ont recruté ou s'attachent à la collaboration
de professeurs de classe préparatoire,
ce qui fait que pour ces jeunes,
la cohérence de ce
cursus prépa-grande école
est bien meilleure.
Et de fait,
les jeunes, et on le voit,
on en voit beaucoup, vivent
beaucoup mieux qu'avant cette transition
de la classe prépa vers la grande école.
Est-ce qu'il y a d'autres sujets
en vogue actuellement, des discussions en cours
avec le nouveau président
de la CBFM, Avicenzo Rendi ?
Alors, il vient d'arriver, je l'ai évidemment
rencontré. Oui, bien évidemment,
il y a des sujets en cours, il y a des réflexions en cours
sur l'évolution des concours.
Faut-il les faire évoluer ou pas ?
Faut-il faire évoluer ou pas les épreuves ?
Faut-il également
comment dirais-je
aller encore plus loin dans la cohérence
de ce continuum ?
Quelle place pour les mathématiques ?
Il y a tout un tas de sujets sur lesquels
nous parlons, mais il y en a un
qui est quand même important.
C'est qu'il y a deux ans,
la CBFM a commandé un audit
sur les classes préparatoires,
sur l'image des classes préparatoires.
Ils ont interrogé beaucoup de lycéens,
de parents, de bacheliers
qui auraient pu aller en classe préparatoire
mais qui ont fait un autre choix.
Ils ont vraiment fait quelque chose de très sérieux.
Et qui a montré que les jeunes d'aujourd'hui
étaient prêts à travailler.
Mais ce qui les gênait, c'était la notion
de sacrifice. Et nous devons
absolument réfléchir sur
comment peut-on aller en classe préparatoire
sans sacrifier
sa passion pour le foot, ou le rugby,
ou le tennis, ou le piano, ou le théâtre,
ou je ne sais quoi.
On n'y est pas encore, mais
on y réfléchit. Comment
pouvoir combiner les exigences
de la classe préparatoire,
qu'il ne faut surtout pas baisser parce que
la réputation
des classes préparatoires, elle est quand même basée
sur cette excellence académique
qui est reconnue par tous. Mais en même temps,
on est aujourd'hui face à
une génération qui
est prête à beaucoup travailler, mais qui ne veut pas
sacrifier ses passions.
Et donc là, il y a un équilibre à trouver
sur lequel nous réfléchissons avec les grandes écoles.
Et au congrès de la PSG,
il me semble qu'une de vos collègues avait
parlé d'alléger les concours. C'est aussi
quelque chose en réflexion actuellement ?
Alors, je suis très prudent sur cette question
parce que qui dit alléger les concours,
dit quelles épreuves,
comment. Est-ce que ça voudrait dire
réduire certaines disciplines ?
Là, on entre sur un terrain
extrêmement dangereux,
mouvant et surtout très polémique.
Donc je n'irai pas jusque-là.
Je pense que plutôt, il y a matière
à réflexion sur la nature des épreuves.
Au fond, vous avez des épreuves
dans certaines disciplines qui n'ont pas évolué
depuis 20 ou 25 ans.
Donc, il ne faudrait pas peut-être
réfléchir à les faire évoluer.
Le concours a déjà été
beaucoup réduit en termes de
durée. A mon sens, il pourrait
l'être encore. Ça aussi,
ça fait partie des discussions que nous avons
avec les écoles. D'accord. Merci Alain Joyeux.
Dernière question. On parle
beaucoup de nouvelles technologies,
l'IA, etc.
Comment est-ce que vous, en tant que professeur de géopolitique,
vous intégrez ces nouvelles notions,
ces innovations
dans votre enseignement ?
Est-ce que ça vous concerne ?
Comme d'habitude,
il n'y a aucune formation
proposée par notre tutelle sur
l'intelligence artificielle.
Juste,
à titre anecdotique,
moi-même,
je suis une formation
avec une école de management.
Je suis natarienne de la tutelle à ce niveau-là.
Le résultat, c'est que nos élèves
sont très en avance
sur la plupart des professeurs.
Donc, il y a des collègues,
notamment en mathématiques, qui investissent
ce champ-là. Il y a des collègues
qui l'investissent parce que ça les intéresse,
parce qu'ils ont une appétence pour les nouvelles technologies,
qu'ils commencent à entreapercevoir
la révolution que ça va être.
Et puis, il y en a qui restent totalement à l'écart
tout simplement parce que la tutelle ne propose
pas de formation. Mais, de toute façon,
on va devoir y aller.
Et nos étudiants, lorsqu'on les
interroge, utilisent déjà l'IA
pour réviser,
pour faire des fiches de lecture,
pour résumer des articles,
etc. Donc, de toute façon,
même si on est déjà en retard
vis-à-vis de nos propres étudiants,
il faudra y arriver.
Et espérons qu'un jour, la tutelle
dégagera les moyens pour former
tous les professeurs. Ce n'est pas le cas actuellement.
Vous parlez justement de tutelle.
Vous, quelles sont vos relations en tant que APHEC
avec justement les tutelles ? Même si on vote,
ça bouge pas mal en ce moment.
Actuellement, c'est une période très spéciale.
Chacun le sait.
Il y a, chaque année,
une rencontre entre les associations de professeurs
de classe préparatoire, pas simplement l'APHEC,
et l'Inspection Générale.
Cette année, elle n'a pas eu lieu
parce que vous savez qu'on
est en transition aussi à la tête
de l'Inspection Générale. Il y a des auditions
à l'heure où nous parlons.
Mais je suis certain que, dès le début
2025, il y aura de nouveau
une réunion. C'est l'occasion d'échanger
des idées, des informations,
de parler également
des perspectives.
Évidemment, lorsqu'il y a des sujets
particuliers qui peuvent
concerner le concours, l'organisation
du concours, etc.,
nous dialoguons effectivement avec la tutelle.
Merci Alain-Julie d'avoir été avec nous aujourd'hui.
Merci beaucoup Thibaut.
Merci à toutes celles et ceux qui nous ont suivis.
On espère qu'on a répondu à vos questions.
On vous dit à très vite sur TOTIS. Au revoir.