Alors que la Réserve Fédérale américaine annonçait sa plus récente décision de politique monétaire, les marchés chutaient. Où ira la politique monétaire de la Fed en 2025 et pourquoi les marchés boursiers ont-ils réagit aussi fortement à l'annonce de Jerome Powell?
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Bonjour chers camarades boursicoteurs, j'espère que vous allez bien.
Où s'en va la réserve fédérale américaine?
Eh bien c'est la question qu'on se pose aujourd'hui et nous ne sommes pas les seuls
compte tenu de la réaction qu'ont eu les marchés boursiers
suite à l'annonce de Jérôme Powell
de la plus récente décision politique monétaire
de la réserve fédérale américaine.
Tout juste avant de commencer, je rappelle à tous ceux qui n'êtes pas abonnés
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Alors maintenant que c'est dit,
commençons tout de suite avec l'analyse
du sujet du jour,
où s'en va la réserve fédérale américaine.
Je vais juste parler tout de suite des marchés en commençant.
Donc le S&P 500 qui a perdu pratiquement
3% aujourd'hui à la suite de l'annonce.
Donc on va bien sûr se positionner
à savoir pourquoi tout ça est arrivé.
D'abord, la réserve fédérale américaine a annoncé
une baisse supplémentaire de 25 points de base
de son taux de directeur qui est passé de
4,75% à 4,5%.
Aucune surprise de ce côté-là.
Donc cette annonce a été
bien sûr annoncée dans le cadre d'un communiqué
comme à l'habituel.
Et bon, pas grand-chose à retenir de ce communiqué
mis à part que la Fed nous dit que
il y a des incertitudes du côté de l'économie,
mais que le comité juge actuellement
que la balance des risques du côté
des deux mandats de la Fed, soit l'emploi
et l'inflation, est plutôt équilibrée.
Ce qui est à retenir, c'est
plutôt ce que nous a dit Jérôme Powell
durant la conférence de presse. Alors j'ai pris des notes
pour vous. Powell nous a d'abord dit que
l'économie est forte, que le marché de l'emploi
ralentit certes, mais que celui-ci
reste solide et que
bon, comme je viens de le mentionner, les deux mandats
semblent en équilibre, donc l'inflation
et l'emploi. La décision d'aujourd'hui était
une décision qui était disputée
dans la mesure où certains membres du FOMC
privilégiaient une pause, donc
de ne pas baisser
le taux de directeur de 25 points de base,
alors que d'autres avançaient que
oui, il était nécessaire de continuer,
de poursuivre les baisses et d'introduire cette
baisse de 25 points de base. Il faut en
comprendre qu'à la fin de cette réunion,
tous les membres se sont ralliés
autour de cette baisse de 25 points de base
qui a été annoncée par Jerome Powell.
Pourquoi c'était disputé? Parce que d'un
côté, le marché d'emploi
n'a pas besoin de ralentir davantage pour
ramener l'inflation à la cible, donc
c'était l'argument, j'imagine, qui était
contre le maintien
du taux de directeur à 4,75%.
On ne veut pas créer
plus de dommages que nécessaire du côté
du marché de l'emploi. Et l'argument
contraire, c'était de dire que l'inflation a
grandement ralenti déjà, mais qu'il reste
un petit peu de travail à faire pour
le ramener à 2%, donc c'était peut-être
nécessaire de maintenir le taux de directeur
élevé pendant un petit peu plus longtemps.
Pour 2025, les attentes d'inflation
sont plus élevées du côté de la
Réserve fédérale américaine. Je vous présente les projections dans
quelques instants. Et donc, les baisses
seront en réaction
de l'évolution des données. Il n'y a pas de surprise là-dedans.
Pour qu'il y ait des baisses
supplémentaires qui soient annoncées, ça va
prendre plus de progrès du côté de l'inflation, puis
un affaiblissement du marché de l'emploi.
Donc, justement, parlons-en
des prédictions, des prévisions
économiques de la Réserve fédérale américaine.
Tout ça a été revu aujourd'hui.
Et c'est assez intéressant
ce qu'on peut soutirer
de ça. D'abord, du côté de la croissance
économique par rapport à septembre,
on a des prévisions qui sont plus élevées.
On est passé de 2 à 2,1%.
Du côté du taux de chômage, on prévoit un taux de chômage
beaucoup plus bas en 2025,
donc 4,3 par rapport à 4,4 en septembre.
Du côté de l'inflation, alors là,
encore une fois, on prévoit une inflation
qui est plus élevée. On est passé de
2,1 du côté du PCI à
2,5 et de 2,2 en septembre
du côté du Core PCI
à 2,5. Plus de croissance
économique, moins de chômage et plus d'inflation.
Et du côté des baisses
de taux directeurs, alors
qu'on prévoyait en septembre 4 baisses pour 2025,
on en prévoit seulement
2 maintenant. Et
encore plus pire que ça, les marchés, eux, en
anticipent seulement qu'une. Si vous allez voir
les prévisions du côté des marchés,
regardez ce qu'on prévoit du côté des marchés.
On prévoit seulement une baisse en 2025,
donc ça peut vous expliquer
la réaction assez
intense des marchés
aujourd'hui. Je le répète, le S&P 500 en baisse
de 3%. Vous avez bien sûr
le même genre de réaction,
mais sur les stéroïdes, dans des actions
beaucoup plus volatiles comme Tesla, qui était en baisse
de 8,28% aujourd'hui.
Alors, quoi
retirer de ça? En fait,
pourquoi la Fed a revu
ses prévisions à la hausse? Eh bien, il faut regarder
les plus récentes données économiques du côté des États-Unis.
Alors, du côté
de l'emploi, en octobre,
on a eu un peu peur du côté de l'emploi, compte tenu
qu'on avait créé seulement 36 000 emplois.
Il faut mentionner quand même qu'il y avait
deux ouragans qui avaient frappé la côte Est des États-Unis.
Ça avait causé certains problèmes
du côté de la collecte des données, mais aussi brouiller
un peu les pistes du côté du chômage. Alors là,
on est de retour à des créations
d'emplois assez intéressantes du côté
au sud de la frontière. Donc, 227 000
nouveaux emplois créés en novembre.
Par contre, lorsqu'on soulève le capot,
c'est pas si joli que ça. Lorsque
vous allez voir le Household Data,
alors là, de ce côté-là, le nombre
de gens à l'emploi a diminué
de 355 000.
Donc, oui, le marché de l'emploi
ralentit. Oui, le marché de l'emploi est beaucoup
moins résilient qu'il l'a été auparavant.
Et lorsque vous allez voir la composition
de la création de l'emploi, eh bien, comme au Canada,
on remarque que les nouveaux
emplois sont surtout créés du côté du gouvernement
et que du côté du secteur privé,
on perd des emplois. Vous pouvez aller voir
et comparer les données. Oups, je vais juste
remonter ça ici. Les données d'octobre
à novembre, on voit que du côté des
emplois gouvernementaux, ça augmente et du côté
du secteur privé, ça diminue. Donc, c'est
pas nécessairement un marché de l'emploi qui est
hyper sain.
Ensuite, du côté
du taux de chômage, donc on a eu un petit regain,
mais le taux de chômage semble s'être
stabilisé, donc dans la fourchette,
je dirais, de 4,1
à 4,3 %
depuis plusieurs mois.
Et la fameuse Sam Rules a été désenclenchée
il n'y a pas si longtemps, ce qui fait
que cet indicateur récessionniste
semble avoir été neutralisé
pour l'instant.
Donc, il y a moins d'inquiétudes de ce côté-là.
Maintenant, du côté de l'inflation,
on a vu que les prévisions de la Fed ont été
revues à la hausse dans le SEP.
Alors, depuis quelques mois,
on voit justement qu'il y a un certain regain
du côté de l'IPC globale,
de 2,4 % en septembre
à 2,7 % en novembre.
Par contre, on a déjà vu ça
au début de l'année et il s'est avéré que la tendance
des inflationnistes s'est poursuivie
par la suite. Du côté de l'inflation
fondamentale, alors là, on semble avoir
atteint une espèce de plateau où depuis
le mois de septembre, elle est
complètement bloquée à 3,3 %.
Maintenant,
on peut voir ça de façon graphique.
Ici, on remarque
que finalement, la désinflation,
elle est claire et nette et que peut-être
qu'on a une brève pause et celle-ci
risque de se poursuivre au courant des
prochaines semaines. Même
que du côté de la croissance économique, regardez
ce qui se passe, on est loin de la récession.
L'économie,
on prévoit pour le quatrième trimestre aux États-Unis
une croissance de 3,1 %. Donc, ça
explique pourquoi finalement les données économiques
de septembre ont été revues de la sorte
en décembre par la réserve fédérale américaine.
Si je retourne au SEP,
pourquoi la Fed a revu
à la hausse ses prévisions d'inflation?
Est-ce qu'il pourrait avoir aussi là-dedans
l'effet Trump? On sait que Trump
planifie d'intégrer des tarifs
ou de frapper certains pays
de tarifs lors de
son entrée au pouvoir en janvier
2025. Est-ce que certains
membres du FOMC ou est-ce que
dans les prévisions économiques de la Fed,
on a pu intégrer cette notion-là
qui reste quand même très
incertaine à ce point-ci? On se rappelle que
lors de la dernière prise de décision de politique monétaire,
la Fed avait mentionné
qu'elle
n'établissait pas ses prévisions en fonction
de ce genre de données incertaines.
Or, il semblerait que
pour ce SEP,
certains membres du FOMC
aient intégré cette notion
d'incertitude par rapport aux tarifs
dans leurs prévisions de baisse de
taux d'intérêt. Donc, ceux-ci prévoyant une
inflation plus élevée en 2025
ont jugé qu'il serait
moins nécessaire
d'intégrer des baisses de taux d'intérêt.
Donc, on voit que déjà, ça commence à
impacter la politique
monétaire, toute cette incertitude.
Maintenant,
si on continue du côté
des marchés, regardez,
clairement, il y a quelque chose qui est en train de se passer
du côté de la politique monétaire,
du côté du marché obligataire.
Le message qu'on envoie finalement à la Fed, c'est que
tu n'auras pas besoin de couper ton taux directeur
autant qu'on l'anticipait
il n'y a pas si longtemps. Regardez,
si on retourne en septembre 2024,
déjà, on anticipait
beaucoup plus de baisses de taux d'intérêt du côté des
obligations aux deux ans. Alors là, il y a eu un regain
du côté du rendement des obligations,
ce qui amène la Fed à réajuster
ses prévisions
d'ajustement de la politique monétaire,
si vous me permettez cette expression.
Alors, maintenant,
qu'est-ce que ça veut dire tout ça? Où s'en va la Fed?
La première phase,
du côté de la réserve fédérale américaine,
ce qu'on a vu de 5,5 %
à 4,5 %, donc les baisses
qui ont été introduites, le 100 points de
baisse qui a été introduit, c'était
pour donner un coup de bord, afin de faire
baisser l'inflation, ramener rapidement
l'inflation à la cible.
Là, on entre essentiellement dans
la phase 2, qui est un micro-ajustement,
c'est-à-dire que la Fed a pour
objectif de ramener l'inflation à la cible,
mais elle ne veut pas affecter le marché
de l'emploi. Donc, on est à 4,5 %
actuellement. Jusqu'où
on va aller? Parce que la question que tout le monde se pose,
il est où le taux neutre?
Est-ce qu'il est à 4 %?
Est-ce qu'il est à 3,75 ?
À 3,5 %? Lorsque vous allez voir
le SEP, vous vous rendez
compte que la Fed prévoit
longer run, donc essentiellement taux neutre
à 3 %, alors
que c'était beaucoup plus bas auparavant.
On parle d'un taux neutre de l'ordre de 2 %.
Donc, bien sûr, ça, ça impacte les marchés.
Donc, vous le voyez ici,
le dot plot, le fameux
graphique à points. Donc, vous voyez
que la Fed semble atterrir
beaucoup plus haut en termes
de taux directeur. Alors,
là, on est dans une phase de micro-ajustement.
Comment ramener l'inflation
à la cible sans détériorer
l'emploi si on maintient, bien sûr,
le taux directeur élevé pendant trop longtemps?
Si on l'abaisse trop rapidement, on risque
de stimuler l'inflation. Donc,
c'est un jeu
périlleux. On marche sur la corde
raide. On ne veut pas, bien sûr, faire
d'erreurs de politique monétaire. Qu'est-ce que ça
implique? Ça implique qu'on est beaucoup plus
près du taux neutre qu'on l'a été
il y a... qu'on
l'était, pardon, il y a quelques semaines.
Ça implique aussi un ralentissement
des baisses de taux d'intérêt.
Par exemple, on l'a vu, je pense
que c'était la semaine dernière ou l'autre d'avant du côté de la Banque du
Canada, où elle nous a clairement
signalé que les baisses allaient
être d'une importance...
d'une ampleur moins importante. Donc, au lieu
de baisser de 50 points de base,
à l'avenir, les baisses vont être de 25 points
de base. Par contre, le message
de la Fed, il diffère en
ce qu'il... la Fed nous dit
qu'il est fort possible qu'elle prenne une pause, déjà,
en termes de
baisse de taux d'intérêt. La Banque du Canada nous a
clairement indiqué qu'elle allait continuer
d'abaisser son taux directeur. Or, la Fed nous indique
ici que c'est possible,
par exemple, en janvier, qu'il n'y en ait pas de baisse.
Donc, on est là. On est sur le point de la pause
du côté de la Fed. On est
dans le micro-ajustement,
et les marchés prévoient seulement une baisse en
2025, la Fed seulement deux.
Donc, ralentissement des baisses.
Ça implique des conditions financières qui sont
plus serrées qu'anticipées.
Rappelez-vous que du côté
de la Fed, on prévoyait
en septembre... on prévoyait
quatre baisses, donc 100 points de
base de baisse supplémentaire en 2025,
que les marchés ont, bien sûr,
cru à tout ça, et que maintenant, on doit
réajuster parce que la Fed en prévoit
seulement deux, et les marchés actuellement en prévoient seulement
qu'une. Donc, ça explique
la réaction assez
brutale des marchés aujourd'hui. C'est un
réajustement, un réalignement
des conditions financières
dans le futur, au courant des six prochains
mois. Donc, ça implique un repricing
des actifs, ce qu'on a vu aujourd'hui,
ce qui pourrait d'ailleurs se poursuivre au courant des prochains
jours, des prochaines semaines.
Alors, c'est là où on s'en va avec
la réserve fédérale américaine. On s'en va vers
une potentielle pause des baisses
de taux d'intérêt. Bien sûr,
si l'inflation continue de diminuer
et si le marché de l'emploi
se maintient, la Fed a été claire à l'effet
que si l'emploi continue
sa détérioration ou son
ralentissement, elle allait réagir en
introduisant des baisses de taux d'intérêt. Et
il y a le facteur Trump qui, avec
les tarifs à partir de janvier prochain,
pourrait affecter
la dynamique inflationniste aux États-Unis.
Donc, la dynamique des prix pourrait
faire monter les prix dans certains secteurs de l'économie.
Et là, la Fed va devoir s'ajuster à tout ça.
Ce qui pourrait l'amener à maintenir, encore une fois,
son taux directeur élevé pendant plus longtemps.
Et c'est un peu ce que les marchés aussi intègrent
dans leur prévision
d'une seule baisse. Donc, il y a cette incertitude
politique qui est intégrée
dans les marchés. Maintenant, je vous ai parlé
de Banque du Canada, je vous ai parlé de réserve
fédérale américaine. On va faire seulement
une petite parenthèse pour discuter,
bien sûr, de l'écart entre la politique
monétaire de la
réserve fédérale américaine
et de celle de la Banque du Canada.
L'écart risque de se creuser,
parce qu'on a deux dynamiques différentes. D'abord,
on a la Banque du Canada qui essaie de sauver l'économie
canadienne, qui est en train de ralentir,
qui essaie de sauver aussi
les consommateurs
canadiens qui sont pris à la gorge
avec leurs dettes et les taux d'intérêt qui sont
très, très élevés. Donc, la Banque du Canada
va continuer d'abaisser son taux directeur. Et on a une réserve
fédérale américaine qui dit « Hey, moi
je suis sur le point de faire
une pause de baisse de taux
directeur, compte tenu que
mes mandats semblent en équilibre et
que je veux
pas créer d'erreur
d'un côté ou de l'autre de mon mandat.
Donc, l'écart risque de se creuser
et vous voyez déjà l'effet
sur le dollar canadien qui se
fait complètement détruire
présentement. Le dollar canadien qui est à
69 sous
américains, on se rapproche
du 68 sous dont j'ai amplement
parlé lors des directs. D'ailleurs, si vous voulez
vous abonner aux directs, on fait une analyse
des marchés à chaque semaine, à tous les
jeudis. Donc, c'est sur le bouton
« Se joindre » juste en dessous de la vidéo.
Pour tous ceux à qui ça pourrait intéresser. Et ça,
j'en parle depuis des semaines. Le dollar
canadien, ils ont aussi tout le
tumulte politique
aux États-Unis,
au Canada avec Justin Trudeau
qui vient, bien sûr, amplifier le mouvement.
Donc, on a vu juste
aujourd'hui, regardez la
décision de politique monétaire
de la Fed a été publiée. Regardez l'effet
que ça a eu sur le dollar canadien. Plongeon
total du côté du dollar canadien. Et ça,
ça risque de se poursuivre, surtout avec
l'incertitude du côté des tarifs. Donc,
voilà où s'en va la réserve
fédérale américaine. On s'en va
dans une
période de micro-ajustement,
une période d'incertitude
et c'est ce qui cause
la réaction qu'on a eue aujourd'hui sur les marchés.
Est-ce que la réserve fédérale américaine
va avoir un taux neutre à 4 %,
à 4,25, à 3,75?
C'est la question que tout le monde se pose.
Et bien sûr, tout ça a un impact sur les conditions
financières et sur la valorisation des
actifs. Laissez-moi savoir ce que vous en
pensez dans la zone commentaire. Qu'est-ce qui va se passer
avec la réserve fédérale américaine en 2025?
Ça me fait un plaisir d'être avec vous. À la prochaine!