MACRON, OU OSS 117 À MAYOTTE : LES DESSOUS D'UNE DÉBACLE

Le Média
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3 Vues de vidéo·20 déc. 2024
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Au sommaire, Emmanuel Macron ou OSS 117 à Mayotte.
Le président de la République s'est précipité dans l'archipel sinistré après une catastrophe climatique sans précédent,
notamment pour couper l'herbe sous les pieds de son premier ministre qui s'est embourbé dans la gestion de cette séquence politique.
Mais il s'y est fait huer, s'est montré insultant envers des populations qui ont tout perdu.
Alors même qu'une série d'articles du Monde le décrivent sous son jour le plus défavorable, Nils nous racontera les coulisses d'une débâcle.
Nicolas Sarkozy a été définitivement condamné par la Cour de cassation à la prison ferme.
Dans le cadre de l'affaire dite « Désécoute », il annonce saisir la Cour européenne des droits de l'homme.
Mais pourquoi presque personne ne vole à son secours à droite ?
Nils a cherché la réponse à cette question pour nous.
Et si Marine Le Pen soutenait François Bayrou comme l'accord de soutien le pendu ?
En tout cas, elle lui met la pression pour l'instauration d'un scrutin proportionnel.
Qu'est-ce qu'elle a derrière la tête ?
– Salut Nils. – Salut Théo, salut à tous.
– Alors Emmanuel Macron s'est précipité à Mayotte en pleine crise institutionnelle,
on imagine, pour se poser en président rassembleur, compassionnel, bon père de famille.
Mais les choses ne se sont pas passées comme il avait imaginé.
– Oui, alors c'est Macron en fait, sous les huées,
parce qu'il veut expliquer la vie aux Mahorais qui ont tout perdu, comme tu le disais.
Il y a d'ailleurs une première séquence à vous montrer qui est quand même assez parlante,
on la regarde, on en discute juste après.
Voilà, donc ça, c'était à la fin de la journée
que Macron achevait un peu sa visite à domicile, entre guillemets,
auprès des habitants, des soignants, des élus de l'île,
très durement touchés, c'est le cas de le dire.
Mais en réalité, dès son arrivée en hélicoptère à Mayotte,
le président a opposé, à la colère des habitants, un discours paternaliste.
Alors, son premier arrêt, c'était au centre hospitalier de Mamoudzou, la capitale locale.
Il a d'ailleurs annoncé tout de suite que l'hôpital de campagne serait installé dès ce vendredi.
Et il a pu échanger avec les soignants qui l'ont interpellé sur la solide rectaille nationale,
et qui lui ont quand même fait remarquer, parce que le président, comme tu le disais,
tentait de donner de l'espoir, d'insuffler un peu d'espoir
à cette population qui est très, très durement touchée.
Et puis Macron leur parle de solidarité nationale,
et puis pour le moment, lui répond une soignante, c'est Mayotte,
qui se retrouve avec Mayotte, sous-entendu.
On crève la gueule ouverte, tout seul, personne ne nous aide.
Et Macron a fait du Macron, en quelque sorte.
On regarde les images du début de sa journée, du début de sa visite à Mayotte.
– C'est pour ça que vous ne vous divisez pas ?
– Non, on ne se divise pas, mais on a aussi conscience du territoire.
Le sujet aujourd'hui, ce n'est pas de dire et de reprocher à d'autres
qui sont sur le terrain comme vous, ce qui ne va pas,
c'est d'essayer que tous, on fasse en sorte que ça aille mieux.
– C'est de la parole, c'est de l'action.
– Non, ce n'est pas de la parole, ben oui, je suis arrivé avec des soignants,
avec du fret, avec 4 tonnes de fret, c'est de l'action, c'est des choses en vrai.
– Et la communication ?
– Vous allez voir sur le terrain.
– Bien sûr, je suis là à vos côtés.
– Non, parce que ce n'est pas la même structure d'État et ce n'est pas les mêmes…
Mais moi, ce qui m'intéresse, c'est ce que vous me dites,
sur où, dans quel quartier il faut aller, parce que vous avez des chiens marronnés.
Mais après, vous voyez, partout, ce n'est pas non plus une réponse,
il faut tel endroit, plus tellement, plus tellement.
– Voilà, donc même après un ouragan dévastateur
qui a probablement fait des dizaines de milliers de morts,
on rappelle qu'on est 7 jours, ce vendredi, après le 7 ouragan dévastateur
et qu'il n'y a toujours aucun bilan humain un petit peu plus précis,
malheureusement, des victimes de cette catastrophe ou même des blessés.
Alors, on a un bilan, pour le moment, qui est ridicule,
qui s'établit un peu plus de 30 personnes décédées,
de manière certaine, selon l'État, selon les autorités,
mais évidemment, le préfet lui-même du coin a reconnu
que ça se comptait probablement en dizaines de milliers de morts.
Et donc, on a Emmanuel Macron qui fait quand même la leçon
aux habitants et aux soignants en colère face à l'amont de l'État.
Alors là, notamment, face à ces deux soignantes,
vous dites qu'il faut aller partout, mais ce n'est pas une réponse.
Et puis, il lâche ça avec un petit sourire satisfaisant.
Prime, c'est du pur Macron, il veut toujours avoir raison.
– Il ne s'est pas arrêté en si bon chemin, on imagine, Nils.
– On commence à le connaître, aux médias et ailleurs,
et pourtant, l'Élysée avait préparé la séquence,
c'est-à-dire arriver en Airbus, en A330 présidentielle,
avec une vingtaine de soignants, des sauveteurs, des logisticiens.
L'Élysée en avait aussi fait un peu des tonnes en annonçant
3 à 4 tonnes d'eau et de médicaments qui accompagnaient le convoi présidentiel.
4 tonnes, c'est rien du tout, en fait, pour ces habitants qui ont tout perdu.
Mais enfin, Macron ne venait pas les mains vides annoncer l'Élysée.
C'est vrai que le réel l'a rattrapé en pleine figure,
les odeurs, malheureusement, de cadavres dans les rues,
les débuts d'épidémies qui sont à craindre,
et puis surtout des populations qui manquent de tout,
qui manquent d'eau, de nourriture, de médicaments.
Et que répond le président aux habitants qu'il interpelle ?
On regarde cette séquence choc.
– J'arrive, j'arrive.
– Voilà, et puis, il a une manière aussi de répondre aux populations bien à lui,
avec des relents colonialistes, malheureusement,
on l'écoute répondre notamment à un habitant regardé.
– A chaque fois que vous venez, vous nous promettez des choses.
– Vous venez là pour engueuler tout le monde.
– Non, je ne vous engueule pas, monsieur.
Je vous dis juste que les secours que vous promettez, ils ne sont pas chez nous.
Et nous, on fait des choses.
Nous, on a déblayé des routes, nous, à Ouaghani.
Nous, on fait des choses aussi.
Nous, on n'a pas besoin de promesses, on a besoin de désastre.
C'est-à-dire que les gens qui habitent chez nous
ont besoin d'avoir tout fil de l'eau.
Non, mais c'est réalité.
Oui, mais on sait, on sait, mais nous, on est sur le terrain aussi.
Nous, on est là aussi.
Moi, je ne dis pas que non, mais on n'est pas habitants.
– C'est toujours un peu la manière dont Emmanuel Macron
tente de discréditer ses interlocuteurs quand il est en Outre-mer.
Puisque là, il reproche en fait à cet habitant
d'être en colère face à lui et de lui faire part de sa colère.
Alors que c'est une colère tout à fait légitime par ailleurs.
Mais finalement, c'est un peu le mythe de l'homme ou de la femme noire en colère.
Ce côté un peu colonialiste, donneur de leçons.
Macron, c'est l'homme blanc, c'est un peu celui qui veut représenter la raison.
Et évidemment, le noir en face de lui, c'est le désordre.
Et c'est un peu le même refrain qu'il a sorti aux habitants quelques heures plus tard.
Alors, la nuit est tombée, Macron est fatigué.
Il a eu une longue journée, moins que les habitants, mais enfin voilà.
Et il se montre tout simplement agressif envers ses interlocuteurs
qui réclament tout simplement que l'État fasse enfin son travail
avec un vrai plan Marshall à la hauteur de la catastrophe qu'a subie Mayotte.
Et là, il tombe le masque. Regardez, c'est très parlant.
– Est-ce que vous êtes contents d'être en France ?
Parce que si ce n'était pas la France, vous seriez 10 000 fois plus dans la mer.
– Il n'y a pas un endroit dans l'océan Indien où il y a autant de gens.
– Cette séquence catastrophique pour Macron à Mayotte
arrive après une semaine d'attaques médiatiques.
– Oui, décidément, les astres médiatiques semblent se liguer contre lui.
Il y a eu une série d'articles dans Le Monde présentés comme des enquêtes
assurant qu'Emmanuel Macron aurait tenu des propos racistes
en privé avec ses collaborateurs.
Regardez à l'écran, le problème des urgences dans ce pays,
c'est que c'est rempli de mamadou, lance le chef de l'État.
Lors d'une discussion avec Alexis Colère, son bras droit
est le ministre de la Santé d'alors qui est Aurélien Rousseau,
donc c'était en automne 2023, et ils évoquaient l'hôpital public
et notamment l'aide médicale d'État.
Et donc Macron a fait apparemment une sortie raciste, selon Le Monde.
Mamadou, pour désigner les personnes noires,
c'est évidemment un prénom à connotation raciste en France.
C'est un peu devenu un nom commun dans la langue,
comme Nabila ou Kevin par exemple, ou Marie Chantal.
En 2019, par exemple, des employés du BTP ont fait condamner
leur employeur au prud'homme pour discrimination raciale.
Et lors de l'audience, le représentant du défenseur des droits
avait estimé que l'employeur avait volontairement constitué
une équipe composée uniquement de travailleurs sans-papiers,
car dans ce métier, ils sont considérés comme une force
de travail interchangeable.
Et d'ailleurs, leur chef de chantier les appelait mamadou
en leur disant, si tu n'es pas content, rentre chez toi,
il y en a plein d'autres.
Et donc, on voit effectivement que c'est devenu un terme
malheureusement péjoratif en France.
Alors, le chef de l'État est aussi accusé d'avoir utilisé
le terme rabzous pour désigner les personnes d'origine arabe
ou maghrébine.
Et selon Le Quotidien, le chef de l'État aurait également
qualifié Matignon de cajophole lorsque Gabriel Attal
était encore Premier ministre.
Bref, c'est un peu le musée des horreurs.
Alors, on imagine que ces fuites font réagir à l'Élysée, Nils ?
Oui, alors, ils sont fous de rage, on ne va pas se mentir.
Je me suis renseigné, évidemment.
Alors, l'entourage de Macron assure que le Président n'est pas raciste.
Il fait des vannes comme tout le monde.
Qui n'en fait pas, hein ?
Qui n'en fait pas, n'est-ce pas ?
Des vannes racistes, n'est-ce pas ?
C'est ça, des vannes racistes, un peu comme ce tonton raciste
dont on a honte au dessert dans les familles.
Mais oui, le Président fait des vannes, mais il n'est pas raciste.
Sur un proche du Président, il n'a jamais dit des horreurs
pareilles sur un autre.
Du côté des macronistes, qui sont encore fidèles aux chefs de l'État
et qui ne sont pas complètement tournés vers Gabriel Attal,
il n'a jamais dit des horreurs pareilles.
Mais c'est le monde aussi qui aurait un contentieux
avec le Président de la République.
Donc, on explique que c'est en fait une vengeance du quotidien.
Et ce matin, on a appris que l'Élysée avait fermement démenti
les propos attribués au Président.
C'était auprès de BFM.
Mais évidemment, c'est vraiment une très mauvaise séquence médiatique
pour le Président de la République, qui est déjà englué
dans des problèmes de gouvernement, qui est menacé de toutes parts.
En fait, politiquement, il n'a plus vraiment d'allié en politique.
Et désormais, c'est la presse institutionnelle qui s'en prend à lui.
Ça devient décidément très compliqué.
Parlons désormais de Nicolas Sarkozy, qui aura peut-être au bras une Rolex,
ce qui prouvera, selon son baromètre, qu'il a réussi dans sa vie,
mais certainement un bracelet électronique à la cheville.
Oui, alors là, c'est une traversée du désert.
C'est un grand moment de solitude pour Nicolas Sarkozy,
qui a été condamné cette semaine définitivement par la Cour de cassation
à de la prison ferme dans le cadre de l'affaire Bismuth.
Un an ferme sous bracelet électronique, c'est quand même une première
pour un président, même s'il a annoncé par le biais de son avocat
qu'il allait saisir la Cour européenne des droits de l'homme
pour faire condamner la France.
Là encore, ce serait évidemment une grande première
de la part d'un Président de la République.
Mais surtout, comme tu l'as dit en introduction,
on a pu noter que les témoignages de soutien public se sont faits assez rares.
Alors évidemment, il y a quand même les soutiens historiques.
Son ancien ministre, l'actuel maire de Nice, Estrosi,
qui a été parmi les premiers à réagir en lui apportant un total soutien.
Nicolas est un homme d'État qui a toujours servi la France
et les Français avec intégrité et force de conviction.
C'est ce qu'a écrit l'élu sur X.
Il y a eu le président de la région sud, Renaud Muselier.
On a senti qu'il était un petit peu obligé de le faire.
Il a dénoncé une décision profondément incompréhensible,
mais il a pris son temps.
Il a mis trois heures, quand même,
après la publication de la décision de justice dans les médias
pour écrire cette petite phrase, ces deux petites phrases de soutien.
Alors que j'ai contacté mes sources à droite et même chez les macronistes,
parce que les macronistes sont devenus de plus en plus proches de la droite.
Comme on le sait, Emmanuel Macron a donné l'exemple.
On m'explique que chez les Républicains, ils sont terrorisés par ce verdict
et que pour la droite, Sarko est devenu radioactif et preuve
que c'est un sujet ultra sensible.
Les médias ont été obligés de faire appel aux vieilles gloires du sarkosisme
qui rament un peu pour défendre leurs anciens champions
comme Henri Guaino sur BFM.
Regardez ici.
En visio, pendant la pandémie, une ancienne secrétaire générale,
le président du syndicat de la magistrature,
qui quelqu'un disait, mais les preuves, elles sont où sur cette affaire, d'ailleurs?
Et elle avait répondu la preuve, la preuve, mais il n'y a jamais de vraies preuves.
C'est l'intime conviction du juge qui prévaut.
Et alors juger quelqu'un, chercher...
Vous en voulez l'arbre au syndicat de la magistrature?
Non, non, non, pas du tout.
Je dis simplement qu'il y a un état d'esprit maintenant vis-à-vis de la preuve
qui me paraît poser un vrai problème.
Et là, on est vraiment en face de cette question.
Donc, Henri Guaino, qui est obligé d'avoir recours à la vieille théorie
du complot des juges.
Il y a aussi le sénateur LR Max Brisson, c'est un vieil ami de la famille Sarkozy.
Je vous révélais d'ailleurs la semaine dernière que c'est sa fille,
Emmanuelle Brisson, qui est très copine avec Louis Sarkozy,
qui a lancé en politique le fiston du président à droite
lors d'une soirée à Paris la semaine dernière.
Attention, sortez les violons face à cette séquence émotion garantie.
C'est un moment difficile pour Nicolas Sarkozy.
Je partage avec lui ce moment difficile.
Je lui dis toute mon affection,
mais je ne pense pas que c'est l'image qui restera.
Je vous entends dire, bien sûr, c'est une condamnation.
Il faut la prendre comme telle.
C'est une séquence qui est compliquée pour l'ex-président et pour ses proches.
On imagine qu'un labrouni, elle aussi, est fondrée.
Alors, l'ex-président, lui, évidemment, il serre les dents.
Il fait part de sa dignité.
Alors, je me suis renseigné quand même auprès d'un de ses proches
qui m'explique qu'il est sous le choc.
Jusqu'au bout, il pensait s'en sortir,
m'explique mon interlocutrice,
parce qu'une condamnation définitive, comme c'est le cas pour lui désormais,
c'est une plaie dans le monde politique et financier, m'explique ma source.
Et on a tendance à l'oublier, mais Sarkozy,
c'est d'abord un businessman dans l'âme, jugé plutôt.
L'ex-président, il siège dans les conseils d'administration de tous ses amis.
Alors, il est chez l'Hôtelier Accor,
qui est dirigé par son vieux copain Sébastien Bazin.
Il y a le rival aussi de Sébastien Bazin, c'est le groupe Barrière,
qui possède le Fouquet's, mais aussi tout un groupe de casinos.
C'est Dominique Desseigne.
Il y a aussi L.O.V. Group.
C'est un petit empire des médias et de l'hôtellerie de luxe
qui a été fondé par Stéphane Courbitte.
Alors, toute cette présence dans ces conseils d'administration de ces structures,
c'est un revenu régulier pour le président.
On parle de 400 000 euros annuels de jetons de présence.
C'est quand même pas si mal finalement,
parce qu'on rappelle que la présence dans les conseils d'administration,
ça demande un minimum d'efforts,
c'est surtout pour prendre un café une fois par an au Réunion.
– Qu'est-ce que tu veux ?
Il faut bien profiter d'une retraite dorée,
si retraite il y a.
Autre source de profit indirecte,
la représentation officielle de la France à l'étranger, pour Sarkozy.
– Eh oui, Théo, fin 2019, scandale.
Macron avait envoyé Nicolas Sarkozy en visite officielle au Japon,
fichtre pour représenter la France à sa place
lors de l'intronisation du nouvel empereur.
On voit ici cette photo prise à l'ambassade de France en octobre 2019.
Alors, Nicolas Sarkozy avait déjà représenté la France et le président Macron
lors de l'investiture de la chef d'état-géorgienne Salome Zurabijvili.
C'était en décembre 2019, la même année.
Et surtout au Japon, sa visite avait fait doublement scandale
puisqu'il en avait profité pour aller rendre une petite visite
à l'ancien dirigeant de Renault, Carlos Ghosn.
C'était avant l'histoire, évidemment, de la malle,
mais il était à ce moment-là en résidence surveillée.
Alors, business is business, avec Sarkozy, c'est toujours la même chose.
Et avec sa condamnation, il risque de devoir tirer un trait
sur ses activités protocolaires.
On imagine mal, même avec toute son inventivité,
Emmanuel Macron le dépêcher désormais à l'étranger pour le représenter.
Mais il n'a pas trop à s'en faire, Théo.
Il touche chaque année près de 75 000 euros de retraite
au titre d'ancien président de la République.
Il bénéficie aussi de nombreux avantages.
Vols gratuits en furture Air France,
mise à disposition des résidences d'ambassadeurs à l'étranger.
Comprendre Higdor chez l'ambassadeur s'il choisit de se passer d'un hôtel de luxe.
Voiture de fonction avec chauffeur, paiement des notes de téléphone,
sans compter les généreux frais de fonctionnement assurés par l'État.
Alors, ceux de Sarkozy se montent à 160 000 euros de loyer.
Rien que pour ses bureaux situés aux 77 rues de Miromény-la-Paris,
qui a représenté d'ailleurs ces dernières années
le point de rencontre de la droite, mais aussi de certains macrosinistes
et même de personnes de la gauche qui souhaitaient rencontrer
l'ancien président et bénéficier de ses précieux conseils.
Il nous coûte aussi un pognon de dingue en informatique.
20 742 euros de frais d'ordinateur, de téléphone, de tablette.
Rien que pour l'année 2023.
Et l'essentiel des frais assurés par l'État,
ce sont les frais de sécurité, de protection humaine
qui sont assurés par la police ou la gendarmerie.
Les moyens sécurisés de déplacement comme ex-président.
1 300 050 euros de frais de sécurité l'an passé.
En tout, on dépasse facilement les 1,5 million annuel en 2023.
Et encore, sans les frais de collaborateurs.
Et c'est une députée socialiste, Christine Pires-Grune,
qui avait obtenu cette réponse des services de l'Élysée.
Bref, une paille, surtout en période de disette budgétaire.
Alors, tu vas me dire, mais pourquoi je vous détaille tout ça?
Oui, bien entendu, je m'apprêtais à te poser la question.
Evidemment, mais parce que Sarko va continuer à percevoir
tous ses avantages malgré sa condamnation.
Il y a un gros mais quand même, c'est qu'il va perdre sa respectabilité.
Alors, ça peut faire sourire nos abonnés,
puisque la respectabilité de Sarkozy avec toutes les casseroles qu'il traîne.
Mais c'est une chose d'être accusé ou de subir un procès.
C'en est une autre d'être définitivement condamné comme il l'a été.
Et fermement, Sarkozy va être mis au banc de la bonne société.
Lui qui est déjà aboudé par une partie de la droite
qui n'a jamais supporté son ralliement à Emmanuel Macron et son côté bling bling.
Alors, pour faire simple, il y a la droite retaillot,
telle qu'on la connaît actuellement, c'est les cathos fachos.
Et puis, il y a la droite Sarkozy.
On rappelle que le président est d'origine étrangère.
Son vrai nom, c'est Nicolas Sarkozy de Nagui-Boxa.
Il est issu d'un papa noble immigré hongrois et d'une mère
issue de juifs séfarades.
Autant dire qu'il est vu en horreur par cette droite retaillot,
profondément raciste, anti bling bling et puis parfois antisémite.
Malheureusement, avec cette condamnation, adieu également aux propositions
de business alléchantes, les grandes conférences ou même l'espoir ultime,
celui de rebondir en politique.
Comme Hollande, Sarkozy n'avait jamais totalement perdu espoir
de revenir dans l'arène.
Cette fois, a priori, c'est grillé.
Il aura même une notice des grandes sociétés du CAC 40
au conseil d'administration qui indiquera qu'il est condamné.
Bref, c'est quand même très dur.
En de la peine pour lui, on évoque le dernier sujet, Nils Marine Le Pen
et le Rassemblement national, qui, pour l'instant,
semblent être les seuls à ne pas taper comme des sourds sur François Bayrou.
Oui, Marine Le Pen et François Bayrou sont sur un bateau.
C'est vrai que c'est un sujet qui est passé un peu sous les radars.
Mais mercredi, lors de la séance de questions au Premier ministre
à l'Assemblée, tous les groupes de gauche, sans exception,
ont attaqué François Bayrou sur son déplacement à Pau,
plutôt qu'à Mayotte, qui a fait polémique.
On en a largement parlé la semaine dernière dans mon émission,
mais aussi sur le Média en général.
Et au nom du Rassemblement national, la députée Laure Lavallette
s'est interdite toute polémique et s'est abstenue d'évoquer
le fameux vol en jet contesté pour rejoindre Pau.
Et dans Le Parisien, Marine Le Pen a donné une interview
en début de semaine dans laquelle elle refuse aussi de s'apesantir
sur une séance qu'elle qualifie simplement de baroque.
On a connu Marine Le Pen plus féroce envers ses rivaux.
Alors, pourquoi une telle mensuétude ?
On se posait la question.
Alors, certes, Marine Le Pen renvoie peut-être l'ascenseur
à François Bayrou, qui a compati avec le risque d'inéligibilité
qui guette la patronne du RN à l'issue de son procès
dans l'affaire des emplois fictifs au Parlement européen.
Mais elle a peut-être aussi donné la clé de son soutien
au Premier ministre qu'elle a choisi d'épargner dans les médias.
Elle évoque notamment son désir de changer le mode de scrutin
des législatives pour la proportionnelle.
Alors, la proportionnelle aux législatives,
c'est un serpent de mer à gauche comme à droite comme à l'extrême droite.
Tous les partis qui ne sont pas majoritaires
ont soutenu ce type de réforme ces 30 dernières années.
Sauf que Marine Le Pen, qui était pour la proportionnelle intégrale
jusqu'à présent, se dit désormais favorable
à une autre sorte de proportionnelle, comme au Sénat.
Donc, c'est une proportionnelle de type bas
pour les spécialistes de la carte électorale.
Et il y a deux avantages là-dedans.
Comme l'explique Émeric Breillet, ancien député PS,
enseignant à Sciences Po, qui a co-signé un rapport sur le sujet
pour la Fondation Jean Jaurès.
On l'écoute.
Dans les départements où les sénateurs sont élus aux majoritaires,
on garde l'élection des députés scrutin majoritaire.
Et donc, les circonscriptions, elles existent.
Donc, il n'y a pas besoin de faire un redécoupage des circonscriptions.
Et dans les départements où les sénateurs sont élus à la proportionnelle,
on passe à l'élection proportionnelle pour les députés.
Et donc, il n'y a plus de circonscriptions,
puisque là, la circonscription, c'est le département.
Donc, en fait, c'est quelque chose qui permet d'aller vite.
Ça fait à peu près un peu moins de 80% des députés
qui seraient élus à la proportionnelle.
Donc, ce n'est plus une dose homopathique.
Évidemment, François Bayrou est partisan d'une telle réforme
pour faire évoluer le modem.
On rappelle que le parti est tombé à 36 députés
après la dissolution ratée décidée par Emmanuel Macron.
Et Bayrou lui-même avait adressé en 2021 une lettre à Emmanuel Macron
pour lui demander de respecter sa promesse de campagne,
puisque Macron lui-même avait promis, effectivement,
d'introduire une part de proportionnelle aux prochaines législatives
qui, à l'époque, étaient prévues en juin 2022.
Sans surprise, le principal gagnant, ce serait l'ORN,
pour ce type de scrutin, qui, avec son allié désormais UDR,
remporterait 39 sièges de plus qu'actuellement.
Et cette formule sénatoriale, elle permettrait aussi aux ORN
de s'installer sur de nouvelles terres électorales,
notamment à Paris, par exemple, ou en Seine-Saint-Denis.
Et la proportionnelle départementale sur le modèle des élections de 86,
c'est vraiment la formule qui lui bénéficierait le plus,
avec éventuellement une centaine d'élus supplémentaires.
On va quand même demander à Éric Brière
si le Rassemblement national, finalement,
n'obtiendrait pas les clés du pouvoir avec la proportionnelle.
Un mode de scrutin, ce n'est pas fait pour empêcher ou favoriser
l'arrivée au pouvoir de tel ou tel parti politique.
D'ailleurs, à chaque fois qu'il y a eu des redécoupages,
par exemple dans le cas du scrutin majoritaire à deux tours,
on a eu à chaque fois d'énormes surprises,
où on pensait que telle ou telle circonscription,
ou tel ou tel canton, par exemple,
allait forcément être de droite ou forcément être de gauche.
Et puis, on s'apercevait que les mouvements électoraux
faisaient qu'il y avait souvent bien des surprises.
Avec une absence de polarisation politique
telle qu'on la connaît depuis quelques années,
le fait d'avoir une proportionnelle permet
et oblige des organisations politiques
qui sont plus autonomes stratégiquement à l'égime
par rapport aux autres moments de l'élection,
à être en capacité de tracer des lignes de compromis
sur le plan parlementaire.
Alors, il y a évidemment un grand hic
dans cette opération planifiée par Marine Le Pen,
c'est la résistance des autres partis,
et notamment de ce qu'il reste des grands partis
qui réunissent autour de 25% des suffrages exprimés.
Ce serait une bien mauvaise stratégie,
que ce soit à droite ou à gauche.
Et il faudrait aussi qu'ils s'entendent entre eux
sur un compromis, puisque Marine Le Pen,
pour ce type de scrutin, elle préconise
une baisse du seuil à 9 députés,
Bayrou pour une proportionnelle intégrale.
Brune Pivet elle-même réclare un quart
des députés élus à la proportionnelle,
les socialistes tergiversent, les Insoumis,
ils approuvent un peu le principe
au nom de la démocratie,
mais ils doutent que ça serve leur intérêt,
donc évidemment, ils ne vont pas se précipiter
pour avaliser le dispositif.
Les écolos veulent encore réfléchir,
les communistes cherchent surtout à sauver
ce qui leur reste, comme Piaf,
notamment en Seine-Maritime.
Bref, affaire à suivre, mais il n'est pas sûr
de toute façon que François Bayrou ait les moyens
de ses ambitions avant de partir de Matignon.
– Merci Nils. – Merci Théo.
– Et merci à vous d'avoir regardé cette émission.
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si vous nous regardez par YouTube et via e-mail,
si vous nous regardez à la télé,
nous sommes au cœur du mois de décembre
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