Peut-on devenir aussi flexibles que des chouettes ?

Scilabus
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194 Vues de vidéo·22 déc. 2024
La plupart d'entre nous pouvons tourner nos têtes à 90 degrés de chaque côté.
Mais si on s'entraînait, est-ce qu'on arriverait à faire aussi bien que les chouettes ?
La réponse est non.
Absolument jamais.
Mais les raisons de cette incapacité sont encore plus intéressantes que la réponse
en elle-même.
Et quand vous verrez ce qui se cache sous les plumes de ces magnifiques rapaces, vous
comprendrez à quel point nous sommes à des années-lumière d'arriver à leur cheville.
Ou à leur cerf.
Elle, c'est Mimi la chouette.
C'est une chouette hulotte qu'on avait secourue quand j'étais petite.
Une fois soignée, c'était envolée et avait hululé pendant des années dans la haie de
Cyprès qui entourait la maison d'enfance.
C'est un animal sauvage donc j'étais surtout intimidée par cet animal.
Et à l'époque, je n'avais pas du tout fait attention à ses prouesses cervicales.
Pourtant, il y a vraiment de quoi.
Mimi, comme toutes ses congénères, était capable de tourner sa tête à 270 degrés
de chaque côté.
J'ai bien conscience que ça c'est un lama, mais je n'avais pas de peluche chouette,
que voulez-vous.
Et certaines études avancent même que c'est sous-estimé.
Leur anatomie leur permettrait techniquement de faire plus d'un tour complet.
Et nous, si on n'en sera jamais capable, même en passant toute notre vie à faire
du yoga ou des étirements, c'est parce que ce n'est pas une affaire de muscles,
c'est anatomiquement impossible.
Cette vidéo est sponsorisée par Opera.
Opera, c'est un navigateur web gratuit.
Personnellement, ça faisait des années que je le connaissais, mais c'est la première
fois que je le télécharge.
Et je le trouve vraiment super bien parce qu'il a plein de fonctions qui sont en natif
dans le navigateur, il n'y a pas besoin d'extension ou de moyens détournés pour arriver à faire
les choses.
Je vous montre.
Par exemple, ça m'arrive super souvent d'avoir besoin d'avoir deux pages côte-à-côte
pour pouvoir travailler à la fois sur mon texte et sur la référence de base.
D'habitude, je mets un onglet dans deux fenêtres différentes, je les mets côte-à-côte
avec les raccourcis clavier, mais comme j'utilise Windows et Mac, ce ne sont pas les mêmes
raccourcis clavier, je m'en mêle les pinceaux et je me retrouve à resizer les fenêtres,
Là, avec Opera, je fais un petit clic, je le mets sur le côté, c'est terminé, j'ai
déjà le double écran.
Ensuite, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui travaillent avec de la musique, et là
vous avez un panneau latéral où vous pouvez contrôler votre musique directement dans
le navigateur.
Si je veux faire pause, je vais juste ici, pouf, pause.
Tout simple.
Pour ceux qui aiment avoir leur logiciel un peu à leur image, avec Opera, vous pouvez
vraiment pousser les thèmes, les couleurs, il y a vraiment beaucoup d'options.
Il y a aussi une autre option que j'adore, c'est le groupement automatique et intelligent
d'onglet.
Donc là, par exemple, je suis dans mon script de la vidéo que vous êtes en train de regarder
sur les chouettes, et si je clique sur tous mes liens, vous voyez ici, ça les a regroupés
ensemble et si je clique sur ma petite barre, hop, ils sont tous regroupés et si je clique,
ils sont dégroupés.
Et ça, c'est en natif, c'est directement dans le navigateur.
C'est trop bien.
Ils appellent ça le Tab Island dans Opera.
Pour celles et ceux que ça intéresse, je sais que c'est très à la mode en ce moment,
vous avez de l'IA générative qui est directement intégrée dans le navigateur, qui s'appelle
ARIA, et donc vous pouvez poser vos questions et vous pouvez aussi créer des images.
Dessine-moi un humain avec un coup de chouette.
Intéressant.
Je n'ai aucun code promo à vous proposer puisque c'est un navigateur qui est gratuit,
donc allez le découvrir via le lien en description.
Personnellement, moi j'ai deux ordinateurs et je suis passée sur Opera pour les deux
ordinateurs.
Vraiment, c'est chouette.
Il y a des vraiment belles options.
Est-ce que vous avez déjà vu une chouette toute nue sans ses plumes, juste sans squelette ?
Parce que je vous avoue que ça m'a pas mal surprise.
Parce qu'elle qui a l'air vraiment brûlée, avec aucune jonction entre la tête et les
épaules, eh bien en fait, là-dessous, il y a un cou.
Et pas un petit cou.
Alors pour être exacte, ici c'est un grand duc d'Amérique, soit un hibou, pas une chouette,
mais les deux sont des rapaces qui ont cette capacité à tourner leur tête vraiment beaucoup.
Et on va s'autoriser quelques petites approximations ici.
Donc on parle de tous les rapaces qui ont une grande amplitude de cou.
Voilà.
Je ne me rends pas compte si vous avez l'habitude, mais cette image-là, ça ne veut pas dire
que le crâne de l'animal a été abîmé, ça peut être juste un défaut d'imagerie.
Et quand j'ai vu le squelette de ces chouettes, j'ai tout de suite pensé aux vautours du
livre de la jungle, où on voit qu'ils ont vraiment un très long cou.
Et je ne m'attendais pas à retrouver ça chez les chouettes.
Bac scientifique, spébio, option Disney.
Ça, c'est tous nos vertèbres à nous, donc les vertèbres cervicales, on en a 7.
Et ça, c'est les vertèbres cervicales de la chouette, il y en a 14.
C'est exactement le double de nous.
Chez les oiseaux au sens large, cela va de 10 vertèbres cervicales à 23.
Ne vous fiez pas à la taille ici, les vertèbres cervicales humaines sont à taille réelle
à peu près pour un humain de taille moyenne, tandis que les vertèbres cervicales de la
chouette, je les ai imprimées deux fois plus grosses, parce que sinon elles allaient être
trop petites.
Donc il y a le double de nous là, mais imaginez que c'est deux fois plus petit quand même.
Et le nombre de vertèbres a vraiment une importance pour la rotation, parce que quand
on tourne notre cou, où est-ce que ça a tourné ? Ça a tourné un petit peu partout
dans le cou.
La rotation n'est pas localisée, elle est répartie tout le long de ma colonne cervicale.
On peut voir là-dessus que la rotation n'est pas du tout uniforme, il y a des vertèbres
qui bougent plus que d'autres.
Ce modèle-là n'est pas vraiment très représentatif, mais si je prends mon modèle
qui est un tout petit peu plus représentatif, on va voir ces deux vertèbres-là, les deux
premières qui ont vraiment beaucoup de rotation entre elles, et après on a quand même un
petit peu de rotation qui s'additionne entre chaque vertèbre, mais c'est vraiment très
peu.
Donc l'essentiel vient d'en haut.
Mais une fois tout combiné, on arrive à cette rotation de 90° au niveau de notre
cou.
La première raison, c'est que les chouettes ont plus de vertèbres cervicales que nous.
Forcément avec deux fois plus de vertèbres, c'est deux fois plus de rotation qui peuvent
s'accumuler à chaque niveau.
Mais quand le cou se met à tourner sur une si grande longueur, il y a un autre phénomène
qui se produit.
Et là, vous allez voir, la mâchoire m'en est tombée quand j'ai découvert ça.
Ce que je vais vous montrer, c'est un modèle numérique du squelette d'une chouette qui
a été mise dans un appareil d'imagerie pendant qu'elle était dans sa rotation maximale
au niveau du cou, mais rotation maximale normale.
Ce modèle vient de ce papier qui est passionnant et qui date de 2023, donc quelque chose de
très récent.
Donc on s'apprête à voir l'anatomie dans une contorsion qui va vous sembler vraiment
extrême mais qui ne l'est pas pour la chouette.
Je vous préviens au cas où vous êtes sensibles à ça.
Regardez comme c'est fou.
Donc ça, ici, c'est le devant de la chouette.
En l'occurrence, ici, c'est une surnia ulula, une chouette épervière.
Elle nous regarde, mais en fait, sa tête a déjà fait un tour complet avant.
Et ce que vous voyez là, ce sont les vertèbres cervicales.
Regardez-moi ça, cette torsion ! C'est extrêmement impressionnant.
Les cervicales font une torsion au point où ça s'embobine.
C'est exactement la même chose que ce qui se passe quand on tord une corde.
On la tord, on la tord, puis à un moment donné, elle finit par s'embobiner sur elle-même.
Et c'est exactement ce mouvement-là qu'on voit dans la colonne cervicale de la chouette.
C'est dingue quand même.
Quelque chose que vous pouvez remarquer aussi, c'est que quand la corde s'embobine, on voit
ce mouvement d'embobinage de la corde, mais vous voyez aussi mes mains, elles se rapprochent
l'une de l'autre.
Et pas parce que je les rapproche volontairement, c'est parce que c'est la corde qui m'amène
à faire ça parce que je la tord.
On a la même chose dans le coup de la chouette, c'est-à-dire que quand elle s'embobine comme
ça, on va avoir la tête qui rentre un peu plus dans les épaules.
Maintenant que vous savez à quoi ça ressemble quand on enlève les plumes, regardez la chouette
qui tourne sa tête.
C'est subtil, mais sa tête se déplace un peu sur le côté, ce qui est attendu forcément
avec un enroulement comme une corde.
Ce qu'on ne voit pas par contre, c'est le fait que la tête rentre dans les épaules,
mais ça c'est parce qu'on n'a pas d'image de chouette qui tourne sa tête jusqu'à ses
limites de rotation.
C'est vraiment dans les derniers degrés de rotation que cette contraction se fait.
Donc si on reprend toute la rotation globale du cou, c'est une combinaison de rotation
mais surtout de flexion entre les vertèbres.
Cette vertèbre-là est plutôt fléchie par rapport à l'autre vertèbre plutôt que tournée
par rapport à l'autre vertèbre.
Sur nous, ça donnerait à peu près ça.
Je vais faire comme je peux, ok ?
Plutôt que de faire une rotation pure comme celle-là, on combinerait plutôt une extension
du cou, puis une flexion latérale, puis une rotation.
Donc là si je fais les trois en même temps, ça va nous donner plutôt un...
Et au final, je vais beaucoup plus loin en combinant les mouvements que si j'avais juste
fait une rotation pure où je suis bloquée à quasiment 90 degrés.
Bon, c'est sûr que c'est un peu moins impressionnant que nos amies les chouettes.
Mais quand même, au sein de mes verticales, j'ai amorcé à peu près le même processus
de torsion vertébrale que celle de la chouette.
Paradoxalement, le nombre de vertèbres et leur rotation individuelle pourrait amener
à plus de rotations que nous, mais en fait la chouette n'utilise pas vraiment ce potentiel-là.
Elle l'a, mais ne l'utilise pas.
Sur le modèle de la chouette avec le cou embobiné, les vertèbres ne sont quasiment pas tournées
les unes par rapport aux autres, il y a donc tout un potentiel de rotation individuelle,
mais c'est l'embobinage qui prévaut.
Et il y a quand même un autre élément majeur qui est à la jonction entre la colonne et
le crâne, que je n'ai pas ici.
Chez nous, cette articulation se fait en deux points, donc il y a deux endroits de
connexion entre la première vertèbre et le crâne, c'est ce qu'on appelle une articulation
en selle.
Et l'articulation en selle, c'est son nom pour de vrai parce que ça ressemble à une
selle de cheval.
J'ai représenté ici l'articulation de selle de cheval de façon plus simple, sans
un crâne et une vertèbre, mais ça ressemble à ça.
Pour nous, ça veut dire qu'avec cette articulation, c'est super pour pencher la tête en avant
et en arrière, mais par contre pour tourner, c'est un peu limitant.
Et pour la chouette, regardez ça.
Vous voyez là, il n'y a qu'une seule protubérance osseuse sur le crâne, ça veut dire qu'on
a une liaison de ce type, c'est-à-dire une liaison rotule.
C'est la liaison de la liberté rotationnelle, on peut tourner dans tous les sens, et c'est
à cet endroit que la chouette est capable d'avoir localement le plus de rotation.
Cela dit, même si avec une rotule, en théorie, on serait capable de tourner à l'infini,
pas seulement de s'arrêter à 360°, cette articulation-là ne permet d'obtenir que
40° de rotation chez la chouette.
Et ça, c'est parce que quand les os tournent et entraînent avec eux la moelle épinière,
les vaisseaux sanguins, les nerfs, les ligaments, les muscles, etc., même la trachée qu'on
voit d'ailleurs sur le modèle, si on tourne trop d'un coup à un seul endroit, on risque
de tout péter.
C'est donc vital, littéralement, de répartir la rotation à plusieurs endroits et de mettre
en place des techniques pour protéger ces structures fragiles.
Regardez, ça c'est une vertèbre cervicale humaine, la toute première d'ailleurs.
Je vais plutôt utiliser une représentation dessinée pour que ce soit plus simple à
montrer.
Dans cette vertèbre, il y a 3 trous.
Le gros, c'est là que passe la moelle épinière, donc tout le système nerveux, et les petits,
c'est là que passent les artères vertébrales qui alimentent le cerveau.
Bref, que des éléments importants.
Et le trou que vous voyez en plus ici, c'est juste pour articuler ma colonne vertébrale,
il est fictif, c'est juste parce que c'est un modèle 3D que je l'ai.
Maintenant, qu'est-ce qui se passe si on se met à tourner une vertèbre par rapport
à l'autre ? Passé un certain point, la moelle épinière
et les artères vont commencer à être prises dans un ciseau ici, d'ailleurs on appelle
ça du cisaillement justement, jusqu'à potentiellement les abîmer ou même les
casser parce que c'est fragile ces petites choses-là qui passent ici.
Ce qui est certain, c'est que plus les vaisseaux sanguins sont éloignés de ce centre de
rotation, de cet axe, plus c'est un problème.
Forcément puisque ça implique un plus grand déplacement, donc une plus grande retorsion
ou un allongement des vaisseaux sanguins.
Si mon centre de rotation est là et que ma vertèbre est ici, même si je tourne autour
de ce point, ça ne se déplace qu'un tout petit peu, mais si mon artère est beaucoup
plus loin, là, au moindre degré de rotation, ça se déplace énormément.
Donc pour une même rotation, ici je vais avoir un tout petit déplacement qui est beaucoup
moins problématique que si j'ai ici un très grand déplacement.
C'est pour ça que c'est particulièrement intéressant d'avoir les artères le plus
proche possible de ce centre de rotation.
Pour éviter ça, il suffit de ne pas trop tourner, mais aussi d'avoir des vaisseaux
sanguins et notre moelle épinière la plus proche possible de la vertèbre de ce centre
de rotation.
Mimi la chouette est clairement meilleure que nous parce que nous, ohlala, qu'est-ce
que c'est loin.
Regardez, le trou qui laisse passer les artères est 10 fois plus grand que l'artère elle-même.
Ça veut dire que quand la vertèbre se met à tourner, l'artère a tout le loisir de
se déplacer dans cette zone pour s'accommoder à la rotation.
La forme de la vertèbre peut accueillir les carotides qui sont ici, et comme ça les carotides
sont vraiment très proches du centre de rotation de la vertèbre.
Contrairement à nous, nos carotides qui sont à peu près par là sont assez éloignées
de nos vertèbres.
Bref, ces rotations extrêmes sont possibles aussi parce que les chouettes ont des artères
protégées des grandes rotations.
Conclusion, nous ne serons donc jamais capables de tourner la tête comme les chouettes parce
que nous avons beaucoup moins de vertèbres, que nous ne pouvons pas nous tordre comme
une corde comme elle, que nos vaisseaux sanguins sont beaucoup trop éloignés de l'axe de
rotation, et que notre crâne s'articule beaucoup moins bien avec le reste de la colonne vertébrale.
