Vendée Globe : «L'impact en dehors de la France est moins important», constate Vincent Chaudel
115 Vues de vidéo·12 janv. 2025
Et pour l'heure, après ce que c'est en moins le quart,
c'est l'heure d'accueillir le premier invité d'Europe 1 Matin Weekend.
Et Naïk Monnier, à l'approche de la fin du Vendée Globe,
vous recevez le fondateur de l'Observatoire du Sport Business, Vincent Chaudel.
Oui, parce qu'on attend, alors si tout se déroule normalement,
forcément les tous premiers retours au sable d'Olonne.
Charlie Dalin devrait franchir en tête la ligne d'arrivée
et cette fois gagner le Tour du Monde à la voile, sans escale,
sans assistance, en solitaire.
Est-ce qu'il y aura autant de monde pour le voir arriver que partir ?
Bonjour Vincent Chaudel.
Bonjour.
Fondateur de l'Observatoire du Sport Business.
La voile, c'est très visuel, c'est très spectaculaire.
Est-ce que vous diriez que c'est un sport moteur pour les audiences télé, par exemple ?
C'est la difficulté de ce sport, en tout cas de la course au large,
parce qu'en fait, il y a une vraie animation et intérêt sur le départ et sur l'arrivée.
Mais au large, c'était plus compliqué jusqu'ici,
puisqu'en fait, on ne voyait plus les skippers.
Heureusement, désormais, la technologie leur permet de faire des vidéos,
des Skype, des FaceTime et donc de partager avec le public.
Ça, c'est important.
Mais sinon, c'était plus difficile pour les médias télévisuels de traiter l'information.
Alors, c'est vrai que là, sur les réseaux sociaux,
on peut suivre quasiment quotidiennement les aventures de ces marins.
Qu'est-ce qui plaît justement ?
Qu'est-ce qui attire les sponsors sur la voile ?
C'est l'aventure, les valeurs ?
Alors, il y a plusieurs choses qui intéressent les annonceurs dans ce sport.
Déjà, d'un point de vue purement mercantile, je dirais,
c'est que la plupart du temps, les bateaux portent le nom du sponsor.
Et ça, c'est un sujet qui est historiquement très important pour eux.
Et sur ce genre d'aventure, la plupart du temps,
vous avez la présentation d'une situation de la course
au journal de 20 heures ou de 13 heures.
Et donc, il y a des fenêtres d'exposition médiatique importantes,
au moins en termes de citations.
Alors, les sponsors vous écoutent.
L'autre sujet, c'est qu'aujourd'hui, on est quand même sur un temps
où le respect de l'environnement est très important
au niveau de la société et des citoyens.
Et pour le coup, c'est un sport qui est clairement en respect de l'environnement.
Donc, au niveau des annonceurs, ça match en termes d'exposition
et ça match aussi en termes de partage de valeurs.
Et puis, c'est vrai qu'un spi, c'était mieux qu'un presque aussi bien
qu'un 4x3 ou qu'un spot télévisé, évidemment, parce que là,
on se rappelle du nom de la marque chaque jour,
puisque même nous, quand on cite un marin, souvent, on cite le bateau qui va avec.
Exactement, c'est la force de ce sport-là.
On peut imaginer aussi la même chose avec le cyclisme, par exemple,
mais dans beaucoup d'autres sports,
l'annonceur se contente, entre guillemets,
d'une exposition visuelle et non sonore.
Et est-ce que le choix du marin, Vincent Chaudel, pèse également dans la balance ?
Parce qu'on voit, il y a deux générations de marins.
Il reste encore quelques vieux loups de mer qui sont sur des bateaux sans foils,
par exemple, et puis une nouvelle génération avec des bateaux qui coûtent
très cher, qui sont très équipés.
Là aussi, pour une marque, c'est important de pouvoir choisir son marin.
Oui, évidemment, mais ce n'est pas nécessairement par rapport
à l'équipement du bateau avec foils ou sans foils, c'est plutôt
avec la capacité du marin de jouer notamment avec les réseaux sociaux
et d'interagir avec le public pour augmenter
l'efficacité pour le sponsor.
Évidemment qu'il y a une génération qui est plus digital native,
on va dire, et qui va plus facilement partager les choses.
Il y a une jeune skippeuse qui fait un tabac sur les réseaux
grâce à son parcours dans le Vendée Globe.
Il peut y avoir aussi le sujet du genre, parce qu'il y a quand même beaucoup de...
Il y a 40 skippers, la majorité, la très grande majorité est masculine.
Ce sont des hommes, mais on voit à chaque édition
le nombre de skippers femmes progresser.
Et ça peut être un sujet également important dans le choix
du skipper pour l'annonceur.
Et puis, il y a également peut-être l'application Virtual Regatta
qui peut avoir un impact également.
Il y avait eu énormément de monde lorsqu'elle a été créée.
Il y avait plus d'un million, je crois, de marins à faire le Vendée Globe.
Les chiffres sont à peu près similaires aujourd'hui.
Ça a eu un vrai effet booster, ce jeu-là, cette application.
C'est un atout majeur pour ce type de compétition,
parce que tenir en haleine le public pendant des semaines et des semaines
alors qu'on ne voit pas le bateau,
comme on pourrait voir les voitures, là, actuellement, on a le Dakar.
C'est loin, certes, mais tous les jours, on peut voir des images
et on voit les voitures réellement.
Là, au niveau de la voile, c'était plus compliqué.
Et justement, là, ça permet de bien positionner, de bien se rendre compte.
Et c'est surtout, ça rentre dans une approche co-construction,
j'aurais tendance à dire, participative.
Et ça, c'est un vrai atout qui vient compenser le fait
qu'il y a moins d'événements
qui amènent ce sport à être dans l'actualité en dehors du départ et de l'arrivée.
Le paradoxe, c'est que pour un sport
où on a les images du départ et de l'arrivée et entre,
on n'avait pas trop l'habitude d'avoir des images.
On en parlait souvent quand il y avait,
malheureusement, des problèmes, des avaries ou des problèmes techniques.
Et là, finalement, le fait qu'il y ait une plus grande robustesse,
une plus grande fiabilité et une plus grande sécurité fait que, du coup,
l'exposition médiatique du Vendée Globe est peut-être moins importante
cette année que dans les éditions précédentes.
Et que la dimension digitale,
que ce soit l'interaction des skippers ou le virtua regatta,
vient compenser et renforcer finalement l'investissement du sponsor.
Alors, il y a de très belles retombées médiatiques.
On l'évoquait, Vincent Chaudel.
Il y a évidemment aussi de très belles retombées économiques et pécuniaires,
notamment pour la Vendée.
C'est vrai que c'est une période où on peut remplir les hôtels,
remplir les restaurants à une période de l'année.
On ne va pas forcément près de la mer.
Oui, on est sur un budget de l'ordre de 21 millions d'euros
et les collectivités territoriales investissent un tiers de ce budget.
Mais les retombées sont importantes.
La seule chose qui est un facteur limitant dans cet événement,
c'est l'internationalisation.
Donc, oui, il y a un intérêt économique pour les territoires
par rapport au départ, avec un village départ et l'arrivée qui va s'échelonner
parce qu'il y a le premier, mais il y a aussi tous les autres qui arrivent.
Après, ça arrive, on grappe.
Et donc, ça crée de l'animation et on voit très bien
que les territoires ont un intérêt par rapport à ça.
Maintenant, le sujet pour un aussi bel événement,
j'aurais tendance à dire qu'il n'y a que 21 millions d'euros de budget.
Pourquoi ?
Eh bien, parce que sur 40 skippers, on en a 26 qui sont français
et on en a donc 14 qui représentent 12 nationalités.
Et donc, l'impact en dehors de la France est moins important
parce que finalement, les courses au large,
c'est une spécificité nautique française.
On est référent.
C'est très bien, mais il faudrait réussir à embarquer d'autres territoires.
Et ce qui intéressera donc d'autres sponsors à l'avenir.
Et merci pour la métaphore de l'embarquement, Vincent Chaudel,
et d'être intervenu sur Europe 1 ce matin pour nous parler de voile et de business.
Vous qui êtes fondateur de l'Observateur du sport business.
Bonne journée à vous. Merci.
Merci et à bientôt.
