Les Trois Mousquetaires - Chapitre 2

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Chapitre 2 : Les quatre amis
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Chapitre 2 Les Quatre Amis
D'Artagnan n'hésite pas longtemps et se tourne vers Athos et ses amis.
Vous venez de vous tromper tout à l'heure en disant que vous n'étiez que trois.
Mais non, dit Aramis, nous sommes trois, dit Porthos.
Il me semble à moi que nous sommes quatre, ajoute D'Artagnan.
Vous, bogascons, dégarpissez. Sauvez votre peau, dit Jussac.
Vous ferez sagement car il va pleuvoir des coups d'épée, dit Biscara, l'un des gardes.
Eh bien, il en pleuvra pour tout le monde, je reste, répond D'Artagnan.
Vous vous mettez avec nous contre eux ? Vous, notre ennemi ?
C'est beau, mais... dit Athos.
Oui, je vois, vous vous demandez si je vaux mon homme.
Essayez, essayez toujours, j'en ferai bien assez pour me faire tuer proprement.
Comment vous appelez-t-on, mon brave ? dit Athos.
D'Artagnan, monsieur.
Eh bien, Athos, Porthos, Aramis et D'Artagnan, en avant, crie Athos.
D'Artagnan se bat comme un tigre contre Jussac.
Il réussit à lui passer son épée au travers du corps.
Il sauve Athos en prenant l'épée d'un autre garde.
Sur cinq gardes du cardinal, un seul à la vie sauve.
Voilà une revanche, dit Porthos.
Et moi, dit D'Artagnan, voyant que les mousquetaires partent sans lui.
Vous, toi, embrasse-moi et ne me fais pas mal à l'épaule.
Aramis et Porthos embrassent D'Artagnan.
Nous sommes donc amis, demande D'Artagnan.
À la vie, à la mort, disent les trois ensemble.
Seulement, te voilà brouillé avec monsieur le cardinal, dit Athos.
Le cardinal n'est pas mon oncle.
Si je ne suis pas encore mousquetaire, au moins me voilà reçu apprenti, n'est-ce pas ?
Demande D'Artagnan à ses nouveaux amis.
Oui, mon ami, mais on n'a réussi à Paris que si le roi le veut, répond Athos.
Les quatre hommes rentrent triomphalement à l'hôtel de monsieur de Tréville.
Au Louvre, le roi parle avec le capitaine des mousquetaires.
Savez-vous que son éminence est venue se plaindre devant mousquetaires ?
Ils sont terribles.
Sire, répond Tréville, ils n'ont qu'un désir, se mettre au service de votre majesté.
Mais les gardes de monsieur le cardinal les attaquent sans cesse et ils sont bien obligés de se défendre.
Il y avait avec eux un jeune homme.
D'Artagnan, sire, c'est le fils d'un de mes plus anciens amis.
Monsieur de Tréville fait le récit du combat au roi.
C'est lui qui a blessé Jussac, une des premières lames du royaume, dit le roi.
Je veux voir ce jeune homme, Tréville.
Quand votre majesté voudra-t-elle le recevoir ?
Demain à midi, Tréville.
L'amènerai-je seul ? Non, amenez-les-moi tous les quatre ensemble.
Je veux les remercier tous à la fois.
Les hommes dévoués sont rares, Tréville, et il faut récompenser le dévouement.
Les trois mousquetaires et d'Artagnan sont reçus par le roi.
Entrez, mes amis, je suis mécontent.
Vous avez blessé sept gardes du cardinal en deux jours.
C'est trop, commence le roi.
Sire, répond monsieur de Tréville, mes mousquetaires vous font des excuses
et promettent de ne plus recommencer.
C'est cet enfant qui a donné ce beau coup d'épée à Jussac ?
Demande le roi en regardant d'Artagnan.
Oui, et il m'a sauvé la vie, ajoute Athos.
Pauvre cardinal.
Sept hommes en deux jours, et de ses plus chers.
Mais c'est assez comme cela, messieurs.
Entendez-vous, vous devez être satisfaits.
Si votre majesté l'est, dit Tréville, nous le sommes.
Oui, je le suis, ajouta le roi en mettant une poignée d'or dans la main de D'Artagnan.
Quarante pistoles, voici, dit-il, une preuve de ma satisfaction.
Le roi se tourne vers les quatre héros.
Merci messieurs, puis-je compter sur vous ?
Oh sire ! s'écrient d'une même voix les quatre compagnons.
Nous nous ferions couper en morceaux pour votre majesté.
Bien, bien, mais restez entiers.
Cela vaut mieux, et vous me serez plus utile.
Tréville, comme vous n'avez pas de place dans les mousquetaires,
placez ce jeune homme dans la compagnie des gardes de monsieur Désessart, votre beau frère.
En quelques jours, D'Artagnan est devenu l'ami des trois plus célèbres mousquetaires de Paris.
Il prend l'habitude de vivre avec eux, ils mangent, boivent, sortent et jouent ensemble.
Tout Paris connaît bientôt D'Artagnan.
Nous sommes chez D'Artagnan.
Le jeune homme reçoit la visite de monsieur Bonacieux,
le riche épicier-mercier qui lui loue un appartement au-dessus de chez lui.
D'Artagnan croit que monsieur Bonacieux vient lui réclamer son loyer,
mais il lui parle de la jeune et belle madame Bonacieux.
Ma femme qui ne manque ni de sagesse ni de beauté a été enlevée hier matin.
Par qui ?
Je crois donc que ce n'est pas à cause de ses amours que ma femme a été arrêtée.
Tant mieux pour vous, mais à cause d'une plus grande dame qu'elle.
Ah ben, serait-ce à cause des amours de mademoiselle de Comballé ?
Plus haut, monsieur, plus haut.
De madame de Chevreuse ?
Plus haut, monsieur, beaucoup plus haut.
De là ?
Oui, monsieur.
Et avec qui ?
Avec qui, si ce n'est avec le duc de...
Avec le duc de...
Justement.
Ainsi, la reine et le duc de Buckingham s'aiment.
Mais comment savez-vous cela, vous ?
Je le sais par ma femme elle-même, monsieur.
Comment cela ?
Ma femme Constance est lingère chez la reine.
Il y a quatre jours, elle m'a confié que la reine en ce moment-ci avait de grandes craintes car elle y croit à...
Qu'est-ce qu'elle croit ?
Que l'on a écrit à monsieur de Buckingham en son nom.
Pour le faire venir à Paris et l'attirer dans un piège.
Le duc de Buckingham est anglais et conspire contre la France.
Mais votre femme, qu'a-t-elle à faire dans tout cela ?
Elle aime la reine et la reine lui raconte tout.
On veut la faire parler.
Mais l'homme qui l'a enlevé, le connaissez-vous ?
C'est un agent du cardinal.
Un homme grand, pâle, les yeux et les cheveux noirs.
Mais c'est le comte de Rochefort.
