La ville du futur : colloque organisé dans le cadre de l’initiative « Avenir Commun Durable » Conférence du 30 novembre : Du risque climatique à la résilience urbaine
Intervenante : Magali Reghezza-Zitt, docteur, habilitée à diriger des recherches en géographie, ENS
L’initiative Avenir Commun Durable bénéficie du soutien de la Fondation du Collège de France, de ses grands mécènes la Fondation Covéa et TotalEnergies et de ses mécènes Faurecia et Saint-Gobain.
Le Collège de France est une institution de recherche fondamentale dans tous les domaines de la connaissance et un lieu de diffusion du « savoir en train de se faire » ouvert à tous. Les cours, séminaires, colloques sont enregistrés puis mis à disposition du public sur le site internet du Collège de France.
[Musique]
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alors nous allons écouter maintenant
Magalie
regzazit qui
est
entre autres une
spécialiste des inondations vous avez
fait vous avez fait votre thèse sur la
vulnérabilité de Paris par rapport aux
inondations vous avez tendu ça à
d'autres à d'autres cas mais là vous
allez nous parler de la résilience
urbaine donc on vous écoute bonjour donc
merci de votre invitation j'espère que
vous m'entendez je je suis en pleine
résilience à une laringite aigue qui
fait que ce matin j'étais encore à Faun
donc donc voilà euh donc merci beaucoup
pour cette invitation alors je j'ai un
petit peu changé ce que j'avais prévu de
dire par rapport justement à
l'intervention d'Armel qui a évoqué
beaucoup de choses et et je vais
commencer par le titre en fait de la
présentation puisque cette présentation
elle s'appelait du risque climatique à
la résilience il se trouve que moi j'ai
travaillé à j'ai commencé à travailler
sur la résilience il y a maintenant une
bonne quinzaine d'années à une époque où
on m'expliquait que franchement ça
n'avait aucun intérêt donc la NR me
renvoyait régulièrement mes projets en
disant vraiment c'était pas un sujet de
recherche comme quoi hein et puis et
puis je on aaurait jamais en fait posé
la question comme ça on l'aurait inversé
c'est-à-dire qu'on serait d'abord parti
de la résilience urbaine pour ensuite
regarder la résilience urbaine au risque
climatique et le fait d'inverser les
choses c'est à la fois la convergence
entre une
évolution qui est liée à
l'opérationnalisation de cette notion de
résilience notamment dans le cadre du
dernier rapport d'expertise du JEC mais
au-delà évid éidamment de cette notion
de ville résiliante qui est
venu pénétrer le milieu de l'aménagement
et de l'urbanisme qui est venu un peu
faire bouger les questions de la ville
durable notamment en Europe et en France
et puis parce que derrière il y a un
thème qui est un thème récurrent qui
intéresse beaucoup les les géographes
mais aussi d'une certaine manière les
historiens qui est celui de l'adaptation
adaptation que vous voyez aujourd'hui
monté en puissance dans le discours
notamment des hommes et des femmes
politiques sachant que la France est sur
le point d'adopter son 3oisème plan
national d'adaptation vous ne saviez
sans doute pas qu'il y en avait déjà eu
deux et bien nous en sommes au 3oisème
donc cette inversion en fait elle est
elle est symptomatique avant même de
savoir ce que ça veut dire du glissement
entre la résilience qui est au départ
une un concept une notion là aussi on
pourrait en discuter qui est
fondamentalement descriptif euh
descriptif c'est-à-dire qu'on va
regarder à postériori un processus de
relèvement alors on va dire d'un système
parce que peu à peu on a compris que ce
qu'on regardait quelque chose de
complexe alors pas simplement compliqué
he de complexe c'est-à-dire avec des
effets d'interaction de rétroaction de
choses qu'on qu'on a un peu de mal à à
attraper et puis donc quelque chose de
descriptif à postériori qui reconstruit
c'est le cas de le dire sous la forme
généralement d'un récit un processus et
ce processus n'est pas linéaire il y a
des temporalités il y a des rythmes euh
et souvent d'ailleurs ce processus il a
été beaucoup en fait c'est c'est ce que
font n'importe quel chercheur en Scien
humaines et social les historiens comme
les géographes on va regarder à
postériori raconter tout en sachant bien
que ce n'est qu'un modèle ça ne fait que
rendre compte de quelque chose avec
évidemment des variations si on change
d'échelle si je regarde évidemment Paris
c'est pas la même chose que si je
regarde toute la ré région parisienne
c'est pas la même chose que si je
regarde le quartier et puis c'est pas la
même chose que si je le regarde sur 5
ans 10 ans 15 ans et cetera et donc dans
ce dans cette reconstruction que nous
les les scientifiques on a l'habitude de
faire euh finalement c'est c'est
effectivement un outil très puissant un
outil heuristique très puissant qui a
d'ailleurs fait l'objet de beaucoup de
critiques notamment chez mes collègues
historiens puisqueau départ quand on a
travaillé sur la résilience urbaine on
était quelques à l'époque jeunes
collègues qui n'étions pas encore en
poste on avait des archéologues on avait
des historiens on avait des sociologues
des économistes et on se disait bah par
exemple est-ce que ça a un sens de
parler de la résilience de telle ou
telle ville euh dans euh la romantique
ou dans la période préhistorique ou
qu'est-ce que ça veut dire de regarder
par exemple la résilience de ville
d'Amérique latine c'est l'ouvrage dans
la musée sur les villes nomades
qu'est-ce que ça veut dire et beaucoup
de gens nous disaient mais en fait ça a
pas de sens parce que euh c'est ce sont
des anachronismes en fait ce qu'on est
en train de faire c'est de
l'anachronisme on projette euh des
notions qui sont déjà existantes et par
exemple beaucoup de collègues
préféraient parler du poste le poste
apparteid euh certains aussi
travaillaient sur les questions de
reproduction sociale et spatiale on
reprenait l'ouvrage d'Henry Lefèbre qui
a été cité hein pour dire bah voilà en
fait c'est la fabrique hein et dans
cette fabrique il y a de il y a du reux
il y a la part du même et l'autre bon en
soit on enfoncé des portes ouvertes he
il y a des choses qui changent et il y a
des choses qui changent pas voilà super
et puis euh et puis à un moment on s'est
rendu compte que un peu malgré nous ce
terme euh était brutalement passé c'est
dans le champ
opérationnel et là ça change tout parce
que vous prenez un terme descriptif à
postériori qui rend compte de quelque
chose vous en tirez des facteurs
beaucoup de facteurs qui vont interagir
qui peuvent vous dire pourquoi cette
ville n'a pas disparu pourquoi au
contraire celle a disparu alors grosso
modo il y en a quand même pas beaucoup
qui ont disparu he et quand elles
disparaissent on se rend compte que
c'est pas juste parce qu'il y a eu un
séisme c'est pas juste parce qu'il y a
une inondation il y a des choses
derrière il y a du multifactoriel il y a
des causes cachées mais qu'est-ce qu'on
en fait quand on veut faire de cette
notion un outil opérationnel qui devient
prospectif qu'est-ce que ça veut dire
que de construire une ville résiliante
qu'est-ce que ça veut dire de faire une
ville qui disparaît pas parce que grosso
là aussi quand vous regardez la
résilience qu'est-ce que c'est c'est la
capacité d' d'un système absorber un
choc soit mais encore qu'est-ce que ça
veut dire absorber un choc est-ce que ça
veut dire se reconstruire à l'identique
c'est par exemple ce qu'avait montré une
de mes collègues Chloé voisin sur la
ville de dres où effectivement vous avez
une reconstruction à l'identique en
façade on refait vraiment à l'identique
et puis derrière tout a changé
évidemment bon c'est un peu la ville
Disneyland si vous voulez on fait on
refait à l'identique est-ce que ça veut
dire la la résilience de Haïti après le
séisme où en
réalité on reconstruit plus ou moins et
surtout on reproduit à l'identique les
mêmes causes et donc en fait on enracine
la vulnérabilité voir ça se dégrade
ou est-ce que c'est ce qu'on nous vend
dans le marketing urbain qui est ça va
être une ville plus belle plus grande
plus juste plus forte ça c'est le
concept qui a été forgé aux États-Unis
parce que là-bas la résilience elle
s'inscrit dans un narratif de la
catastrophe qui est un peu différent la
catastrophe c'est c'est bien sûr c'est
terrible c'est le drame mais derrière
c'est l'occasion d'éprouver on vous
éprouve pour montrer à quel point vous
êtes capable de vous le relever et donc
vous avez des avions qui arrivent dans
des tours c'est terrible on s'arrête en
moment on fait voilà mais après on
reconstruit quatre tours on refait la
station de métro et puis on en profite
pour exclure aussi et donc ces questions
là étaient d'autant plus prignante que
pour beaucoup de collègues de sciences
sociales qui travaillent dans les Sudes
la résilience devenait en fait un
prétexte devenait un habillage pour
vendre la ville néolibérale parce qu'en
réalité derrière la résilience devenait
normative il y avait la bonne ville
qu'on allait construire et reconstruire
puis il y avait la mauvaise ville il y
avait la bonne victime celle qui se
relève qui prend sappelle qui creuse qui
se capacite qui s'auto-organise alors on
peut lui donner des moyens hein mais et
puis il y avait la mauvaise victime
l'assisté qui est devenue la victime de
l'assistana à qui il faut quand même pas
donner de la l'argent trop parce que
quand même voyez d'abord elle va le
dépenser parce qu'elle est forcément
corrompue et puis bon quand même elle
elle chante pas quoi elle est pas
heureuse de se reconstruire elle elle
dit que non quand même que ça va pas
parce que la reconstruction de la ville
ça veut dire des milliers de pauvres qui
sont exclus et tout ce débat s'est
cristallisé sur la question de la
nouvelle oréent en 2005 après caerina
qui a été présenté comme l'archétype de
la ville résiliante et d'une ville
résiliente à quoi à une catastrophe
climatique mais qui était les prémisses
du changement climatique à l'époque on
était pas encore capable d'attribuer la
violence de Catrina au changement
climatique dans un contexte très
particulier en golfe du Mexique avec de
l'exploitation du pétrole qui avait
aussi participé à la vulnérabilisation
de la ville et cetera et donc la
résilience devient le terrain de jeu
hein où on va big Gates arrive tous les
toutes les utopies arrivent dans le dans
dans dans le wagon des des milliardaires
philanthrope et puis on va reconstruire
et puis c'est magnifique et tout ça et
alors quand vous regardez les
indicateurs d'un côté c'est superbe il y
a moins de pauvres il y a moins de il y
a moins de crimin alité il y a moins
moins puis quand vous regardez les
pauvres qui restent vous voyez que là où
il y avait un hôpital maintenant il y en
a plus que les femmes et bah les femmes
elles ont dû se prostituer que les
enfants il y a eu des tas de de
mécanismes d'exclusion ou ceux qui
avaient accès à des soins parce qu'il y
avait encore un système un peu
particulier à la nouvelle orléand n y
avait plus accès et cetera et cetera et
cetera et donc en fait des collègues
sont même allés à parler de résilience
toxique pour montrer comment d'ailleur
ce discours magnifique de la résilience
et bien il y avait derrière une
résilience en fait des facteurs de
vulnérabilité alors pourquoi je vous
raconte tout ça parce que ça peut
paraître très abstrait mais aujourd'hui
on a quand même un petit sujet qui
s'appelle le changement
climatique dont on parle beaucoup et un
sujet derrière dont on parle beaucoup
moins c'est l'érosion de la
biodiversité et on a un petit sujet
là-dessus c'est que en 2022 le JEC les
experts du GEC ont produit un rapport
qui pour la première fois présente non
pas des hypothèses non pas des
certitudes à 99 % mais des faits
scientifiques je pense qu'on mesure pas
encore dans notre société ce que
représente cette certitude
scientifique on est dans le cas où
aujourd'hui le changement climatique ses
causes ses responsabilités ses
trajectoires sont aujourd'hui établies
de la même manière qu'on est capable
d'établir que la terre est ronde et
qu'elle tourne autour du
soleil et ça ça pose problème parce que
dans le GC il y a deux petites lignes
dans ce rapport du GC le deuxième
rapport qui nous disent que et bien
malgré notre compétence technique malgré
notre capacité moderne malgré tout le
discours optimiste de la ville de
l'utopie urbaine du ciment du
béton on a deux limites dures à
l'adaptation qui sont le niveau de
réchauffement urbain et le niveau
d'effondrement de la
biodiversité quand je dis limite dure
c'est-à-dire qu'à un moment donné
physiologiquement l'être humain ne peut
pas
s'adapter ça veut dire qu'à un moment
donné la biodiversité ne peut pas
s'adapter et comme la biodiversité nous
en dépendons tous pour nous nourrir
simplement pour nous nourrir et bien
l'érosion l'effondrement de la
biodiversité c'est une limite dure à la
survie alors non pas forcément de toute
l'humanité mais d'une partie croissante
de l'humanité et cette question de
limite dure il faut mesurer ce que ça
signifie puisque pour la première fois
nous ne pourrons pas être comme maître
et possesseur de la nature et la ville
qui représente dans l'imaginaire
occidental européen cet arrachement
ultime à la nature qui fait que nous ne
sommes plus déterminés nous ne sommes
plus soumis comme n'importe quel être
humain comme n'importe quel être
vivant à aux lois de la physique nous
savons aujourd'hui créer la vie dans des
éprouvettes nous savons aujourd'hui
rompre la pesanteur nous pouvons aller
dans l'espace nous posons des robots sur
les comètes mais nous ne pouvons pas
collectivement nous échapper de la
planète Terre et donc à un moment il y a
ce qu'on appelle les limites planétaires
qui pour la géographe que je suis c'est
une rupture épistémologique puisque tout
ma formation de géographe a justement
été contre le déterminisme du milieu et
donc quel est notre marge entre un
déterminisme qui en fait est
téléologique qui fait qu'en gros on est
tous condamnés et voilà et puis de
l'autre côté l'ignorance au nom d'un
d'une méc compréhension du possibilisme
qui fonde la discipline géographique en
France et dans beaucoup de pays mondiaux
comment est-ce qu'on reconstruit ça et
comment on le reconstruit dans la ville
pour pourquoi parce que la ville c'est à
la fois un lieu majeur massif
fondamental des mission puisqu'il est
aussi l'incarnation de cette modernité
qui est justement à l'origine de ces
risques et puis de l'autre côté qui est
aussi un lieu qui va devoir s'adapter
parce que c'est là où on a effectivement
énormément de gens énormément de
richesse énormément de réseaux que ce
sont les têtes de la mondialisation de
la du capitalisme et cetera donc c'est
ici aussi que se concentrent les enjeu
du pilotage de l'économie mondiale et on
voit bien aujourd'hui hein quand vous
avez un confinement euh à Strasbourg ça
pique quand vous avez un confinement à
Paris c'est l'économie du pays qui
s'arrête même si dans le reste de la
France on peut
gambader et que nous dit aujourd'hui
météof France que nous disent les
prévisions c'est que on sait que la
France s'est déjà réchauffé de +
1,7°gr c'est normal hein c'est la
moyenne des continents mais ce qu'on
sait surtout c'est que dans les
trajectoires actuelles des missions nous
allons devoir adapter notamment nos
villes un réchauffement qui à la fin du
siècle si on ne fait rien sera de 4 de
en moyenne par an 4 degr c'est énorme ça
signifie par exemple que l'été
2022 qui est déjà une anomalie thermique
de 4°gr par rapport à 1900 1930 cet été
sera un été moyen en 2050 un été froid
autour de 2100 ça signifie donc
concrètement que nos villes vont avoir à
s'adapter effectivement à des extrêmes
chauds de plus en plus intenses on
attend 50°r pour Paris à des extrêmes
secs qui posent des questions
d'approvisionnement en eau à des
extrêmes qu'on appelle humides
c'est-à-dire des orages très puissants
et vous avez vu dans l'actualité récente
toutes les grandes villes du monde
aujourd'hui notamment à cause du béton
sont frappé par ces phénomènes de
ruissellement urbain qui deviennent
encore plus important que les phénomènes
de débordement le tout dans un contexte
où on a déjà des mécanismes
irréversibles de montter du niveau marin
de fondre du niveau des mers et
d'érosion de la biodiversité qui
pourront être freiné mais pas stoppé si
on atteint ce fameux net zéro qui arrête
le thermomètre on ne revient pas en
arrière mais déjà c'est très bien on
stoppe le
thermomètre sauf que dans le narratif
qui est produit cette question de la
résilience des villes en fait elle passe
effectivement par une adaptation qui est
une adaptation non pas simplement à ce
qu'on a dit le climat les extrêmes les
tendances mais aussi à une société
neutre en émission qui a baissé sa
demande en No qui a baissé sa demande en
matériaux qui a baissé sa demande en
terre avec derrière des inégalités qui
sont en train de se creuser au sein de
la ville et qui se traduisent par des
inégalités d'accès à l'ensemble en fait
des ressources qui permettent à chaque
individu au collectif de justement
réduire sa vulnérabilité et de disposer
des capacités pour faire face et pour se
relever vous avez vu avec le covid à
quel point la société était certes
sortie du covid on n'est pas tous morts
on a payé un lourd au covid mais ce
qu'on voit surtout derrière c'est que la
société a été fragilisée dans ses
structures et au niveau individuel on a
effectivement une paupérisation d'un
certain nombre d'individus de plus en
plus d'exclusions une dégradation des
services publics une dégradation
derrière des réseau d'un ensemble en
fait de de facteurs qui font la ville
qui permettent à cette ville de répondre
aux crises et qui en réalité derrière se
sont appauvris alors le sujet évidemment
c'est comment là-dedans on arrive irive
à écrire un futur et ce qui est très
frappant dans l'exposé d'Armel Chopin
chopelin pardon excuse-moi c'est que
tout ce qu'on voit dans les trajectoires
en réalité nous pensons les utopies
futures dans un climat qui n'a pas
changé nous les pensons même dans un
climat qui est celui que nous avons
connu enfants et que ni nous ni nos
enfants ni nos petits- enfants ne
connaîtront plus jamais sauf si on
trouve la pilule miracle qui nous fait
VI dans 400 ou 500 ans et cette
difficulté à penser la ville du futur
dans un climat qui change qui est la
même d'ailleurs que la difficulté à
penser la ville du futur dans une
géopolitique qui change nous continuons
à avoir une vision très atlanticocentré
comme si ce qui se passait en Asie ou
dans les Suds n'existait pas et bien
cette façon de se projeter
elle est très problématique dans les
villes européennes parce que d'une
certaine façon le logiciel de
l'imaginaire est en panne parce que et
je reviens à à mon histoire de de ville
résiliante en 2005 il y a un ouvrage
absolument magnifique pluridisciplinaire
de Laurence veille et Richard Campanella
qui moi m'a accompagné dans tous mes
travaux c'est un ouvrage qui sort juste
après alors juste après c'est la
recherche donc en fait c'est 2005 mais
ça sort après les attentats du 11
septembre et quand il est publié on est
au lendemain de caerina ce sont les deux
événements qui ont réinstallé la
résilience aux États-Unis et qui ont
permis de repenser cette résilience et
un des chapitres alors vous avez dans ce
livres he des ouvrages sur 45 sur enfin
ils ont pris vraiment des des tas de
villes Chicago le grand incendie de
Chicago qui a par exemple été étudié
magnifiquement par hen artherur ENF on a
vraiment un ensemble de de cas d'étude
historique et vous avez tout un chapitre
sur ce qu'ils appelleent les narratives
les récits et c'est ce récit qui est en
pad c'est ce récit justement de la ville
résiliente parce que la résiliente la
résilience au fond qu'est-ce que c'est
la résilience dans le cadre de
l'adaptation au risques climatique c'est
une
bifurcation c'est-à-dire que c'est
l'inverse de la résilience c'est-à-dire
que nous allons devoir apprendre à
produire consommer habiter nous déplacer
faire société
différemment exactement comme au moment
de la révolution industrielle il y a
beaucoup de choses qui ont changé mais
ce qui fait qu'on peut encore parler de
résilience de ville c'est justement
cette identité c'est ce qui fait que
paris sera toujours Paris même si le
Paris de baudler n'était déjà plus celui
des années 50 et même si le Paris
d'aujourd'hui n'a rien à voir avec celui
de 1910 et celui de 2030 n'aura rien à
voir avec celui d'aujourd'hui c'est
cette question de l'identité qui est
fondamentale
et cette question d' l'identité elle est
vertigéneuse aujourd'hui parce qu'elle
s'enracine aussi dans ce pluriel des
identités dans ces conflits d'identité
dans ces conflits d'imaginaire et elle
s'enracine aussi dans cette question de
la normativité des récits de l'histoire
qu'on raconte scientifique du climat qui
sommes absolument incapables aujourd'hui
de projeter des récits sur ce que sera
la société des carbonés moi je peux vous
parler des heures du diagnostic je suis
très en peine de vous parler d'à quoi va
ressembler la société en
2050 et donc cette traduction là
finalement elle est dans l'idée que
d'une certaine manière cette ville
résiliante elle se nourrit aussi d'une
panne d'imaginaire plus exactement elle
ne se construit pas encore sur des
nouveaux imaginaires quand je regarde
les images qu'a projeté armmel
sincèrement il y a 15 ans quand je
faisais mes cours sur la ville dur rable
je projetais les
mêmes du vertical du vert des fois il y
a un peu de bleu alors il y a des gens
ils sont toutes les couleurs ils se font
des bisous ça c'est quand on est dans la
version voilà c'est l'archétype de
l'écoquartier français hein on on en a
des dizaines des comme ça et puis de
temps en temps il y a la ville sur l'eau
la ville sous terre et puis sinon c'est
la dystopie al la dystopie on en a des
des caisses et aujourd'hui on a cette
imaginaire qui est en panne avec le
risque c'est de réintroduire dans cet
imaginaire en panne les
éternells l'éternel retour effectivement
du vernaculaire de avant c'était mieux
comme si on avait le choix qu'entre la
brique et le béton si venir à la brique
et je pense à tout ce qu'a fait l'équipe
de cratè à Grenoble c'est revenir à la
roue et à la charrette voyez à la
caverne he puisque maintenant c'est la
la mode et au contraire si on n pas le
bouton branché sur le numérique on enfin
voyez si on a pas tout de suite le petit
satellite qui nous envoie l'information
pour commander sa pizza qui sera végane
faite avec des vaches connectées ça
marchera pas et ce que je trouve
intéressant c'est que cette ville
finalement d'une certaine manière cette
ville du futur c'est un formidable objet
pour les sciences humaines et soci
pour penser justement cette modernité
pour essayer puisquon passe notre à
déconstruire les grands récits de
retrouver finalement dans cet objet
ville au singulier au
pluriel tout ce qui a déjà été écrit
tout ce qui a déjà écrit non pas pour en
faire unè livre de somme mais pour
essayer aujourd'hui de construire ce
récit politique et je construirai làdus
parce que c'est un peu ce qui ressort
des travaux c'est que ce qui manque
aujourd'hui de ces objets effectivement
une politisation
je ne parle pas de la politisation au
sens de rapport de force de pouvoir qui
est omniprésente Jean-Baptiste la montré
Armel l'a très bien décrit ses inégalité
et cetera je pense de projet politique
d'une certaine manière la résilience a
porta un discours
téléologique avec cette idée que si on
met ensemble tous les ingrédients on
arrivera forcément à ce résultat la
résilience a été une manière justement
paradoxalement de casser de remettre de
la linéarité là où ce n'était pas
linéaire de fier la complexité de rendre
téléologique et déterministe ce qui
était au départ au contraire une quête
de la plurifactorialité de la
multiplicité de la diversité de des
points de vue polycitués de la polycémie
des discours cette politisation
aujourd'hui qui est confondu dans le
champ médiatique avec l'idéologie avec
le militantisme c'est la nécessité de
proposer des choix de proposer des choix
différents qui reposent certes sur
l'histoire mais mais qui repose aussi
sur des imaginaires avec des
représentations des discours des
préférences qui peuvent se construire
sur ce que les scientifiques propose et
donc dans ce cadre là le risque
climatique et je conclurai là-dessus
d'une certaine manière le risque
climatique c'est un risque parmi
d'autres on pourrait parler des risques
sociaux on pourrait parler des des
risques politiques on pourrait parler
des risques sanitaires ça n'est qu'une
autre manière de cristalliser les choses
peut-être un peu plus simple entre
guillemets parce que ce risque
climatique il est mesuré il est
objectivé il est
quantifié peut-être aussi parce que ce
risque climatique il nous remet
finalement sur des P temp qui
redeviennent des patents de notre non
pasant représentation mais que de notre
perception parce que pour la première
fois aussi nous avons perçu dans notre
corps dans notre chair les effet de ce
changement climatique dans la vie et ce
que vous voyez se passer aujourd'hui
c'est de nouvelles échéances 2030 c'est
demain
2050 un peu plus loin mais c'est le
temps du projet d'aménagement nous
revenons en fait à des échelles humaines
et des échelles temporelles qui sont
celles appréhendables par l'individu et
le collectif et ce que je trouve assez
fascinant et je m'adresse ici aux
historiens c'est qu'on a vraiment
l'impression de de voir l'histoire en
train de se faire et de se sentir
impuissant dans l'histoire qui est en
train de se faire et je crois que c
thème de l'impuissance il est
profondément ancré dans la résilience
parce que précisément la résilience a
été un instrument pour
réouvrir la capacité d'action et le
champ de l'action face à une
vulnérabilité qui nous condamnait d'une
certaine manière à l'impuissance je vous
remercie de votre
[Applaudissements]
attention