La Polynésie se caractérise notamment par ses couleurs et ses parfums. ✋Les plus belles destinations, c’est ici 👉 https://bit.ly/2Vlfz9o 👈 Abonnez vous ! 🙏 Depuis la découverte en 1767 de Tahiti, l'île principale, le mode de vie de ses habitants et ses paysages ont séduit plus d'un artiste. De Bougainville à Gauguin, tous ceux qui en ont approché les nombreuses îles ont qualifié de «paradisiaques» ses déclinaisons de bleu et de turquoise. Poursuivant l'exploration dans l'archipel de la Société, cap est mis sur Moorea, puis sur Bora Bora. Cette île au lagon de toute beauté tire ses principales ressources du tourisme, de la récolte des perles et de la culture de la vanille. Un film réalisé par Eric Bacos
Polynésie, un mot qui résonne comme une douce et mystérieuse invitation. Depuis
les premiers explorateurs, ces petites îles posées sur l’immense Océan Pacifique
fascinent par leur beauté et éveillent en nous le mythe du paradis terrestre.
Mais derrière les clichés savamment entretenus des dépliants publicitaires se cache un monde,
un peuple, des histoires, une culture, des personnages et des saveurs qui pourraient
faire vraiment apprécier la Polynésie, mais pour de vraies raisons. De Tahiti aux
Tuamotu en faisant escale aux marquises nous embarquons pour le bout du monde
au milieu du Pacifique pour un voyage et des rencontres particulièrement hautes en couleurs.
Le seul nom de Tahiti illumine les regards depuis deux siècles. A tel point que la plus grande île
de l’archipel de la société est devenue à elle seule synonyme de la Polynésie. Pourtant le
visiteur en attente d’un décor de carte postale risque d’être déçu. Le charme de Tahiti se trouve
ailleurs, en s’enfonçant à l’intérieur de l’île inhabitée. Des vallées secrètes
cernées d’impressionnants pics volcaniques qui lui donne l’aspect d’une forteresse grandiose.
Papeete la capitale reste une étape presque obligée. Au cours des 30 dernières années,
la ville a connu une expansion spectaculaire au point de se donner des airs d’une métropole
moderne avec inévitablement les désagréments qui vont avec. Une fois passés la cohue et
les embouteillages, on goûte cependant à son charme et sa vitalité. Les trucks
qui assurent le transport collectif sont un moyen agréable de se mêler à la vie ordinaire.
Le marché situé dans une halle, est au cœur de la ville et constitue un excellent point de départ
pour débuter l’exploration. Au rez-de-chaussée on trouve les produits frais et notamment
l’extraordinaire diversité de poissons amenés par les pêcheurs dans la nuit.
Les étals de fruits et légume proposent toute la variété des espèces tropicales ananas,
pastèques, maupiti, papayes, ramboutans et bananes. Les fleurs
aux couleurs éclatantes agrémentent et parfument l’atmosphère du marché.
A l’étage, on peut se procurer des produits traditionnels tahitiens, des vêtements et
le l’artisanat. On trouve des paréos, de la vannerie, des fleurs et des chapeaux.
Le travail des coquillages et de la nacre donnent les fameux colliers qui sont fabriqués sur place.
Papeete comme l’ensemble de la Polynésie vit également au rythme de ces cérémonies
religieuses qui constituent un aspect important de la vie sociale. Le temple
protestant s’élève ici sur le site où fut bâtie la première église qui marque
la naissance effective de la ville en 1818. L’office dominical mérite
le détour lorsque les mamas, toutes vêtues de blanc arborent de magnifiques chapeaux.
Dans les salons de la Mairie, les mamas participent au concours du plus beau
Tifaifai. Il s’agit de grands tissus aux motifs floraux stylisés qui servent surtout de nappes,
de couvre-lits ou de rideaux. Cette technique a été inspirée par les femmes
des missionnaires anglais. Mais aujourd’hui cet artisanat est directement menacé par
les produits industriels. Mais certaines tahitiennes restent attachées à ce savoir
faire et souhaitent le perpétuer encore longtemps. Ces rencontres sont l’occasion
de sortir de leurs ateliers et de pouvoir transmettre avec enthousiasme leur passion.
Donc ici il y a le tiféfé. On peut l’utiliser comme couverture de lit
mais Le tiféfé ça sert surtout à offrir : offrir aux personnalités,
aux gens qui se marient. C’est vraiment un savoir-faire des mamas de la Polynésie.
Quittant les faubourgs de Papeete, en se promenant sur les bords de mer. Les pêcheurs
viennent de rentrer leurs bateaux pleins de poissons très frais. A peine débarqué,
tout le monde se met en travail pour fabriquer les guirlandes d’aturé qui seront mangées crues.
La pointe Venus est un centre d’activité nautique important. C’est le lieu de
rassemblement de plusieurs clubs de courses de pirogues. Aujourd’hui cette activité est
pratiquée comme un sport, mais la pirogue est un élément essentiel de l’identité
polynésienne. Les légendes racontent les migrations sur des grandes pirogues. On
ne dispose d’aucuns vestiges des embarcations ayant servi à accomplir ces fascinants voyages.
La danse est également un élément important de la culture et de l’identité polynésienne. Longtemps
confinée à un divertissement touristique et associée à l’image voluptueuse de la vahiné,
la danse polynésienne mérite d’être débarrassée des clichés qui lui collent à la peau. Elle
est à la Polynésie ce que la biguine est aux Antilles : un patrimoine culturel et populaire,
un mode d’expression privilégié, partagé par tous les polynésiens. Chaque spectacle
demande des mois de répétition et des années de pratique. Une chorégraphie a une signification
légendaire. Dans ce pays de tradition orale, la danse n’est pas qu’esthétique. Elle permet
également de préserver la mémoire d’un peuple. On assiste d’ailleurs depuis quelques années
à un véritable renouveau. C’est l’occasion pour les jeunes générations d’investir à nouveau leur
culture et de renouer avec leurs racines.
direction le nord de l’île. Le paysage prend une connotation sauvage avec la côte battue
par la houle. On y croise quelques surfeurs qui apprécient ce spot très connu. Et curiosité,
la forte houle fait surgir des rocher un geyser par le trou du souffleur.
Fuyant le tumulte de Papeete, la presqu’île au nord de l’île est un voyage dans le Tahiti
d’Antan que les habitants souhaitent préserver de l’urbanisme incontrôlé. Place à la nature
souveraine, aux hameaux paisibles et aux paysages superbe. Les hauteurs du plateaux réservent une
étrange surprise. Le paysage prend ici des airs de campagne française avec les prés verdoyants
et des vaches. Rencontre possible au beau milieu du Pacifique, en cas de mal du pays.
Les autres peuvent poursuivre leur route vers Teahupoo.
Vous voilà arrivé au bout du monde la route s’arrête et personne n’imagine
ici qu’elle puisse être un jour prolongée pour préserver ce petit coin de paradis.
Teahupoo est célèbre pour son site de surf,
il y a ici une vague impressionnante où viennent se frotter les meilleurs spécialistes mondiaux de
la discipline.
vit principalement au rythme des allers et venu des pêcheurs. Même si les bancs de bonites se
font plus rares victimes d’une pêche trop intensive, les pêcheurs locaux essayent de
poursuivre leur activité et ramènent le poisson qui est principalement consommé
cru.
Paea, se trouve un marae, un site cérémoniel de l’ancienne religion
polynésienne. Abandonnés suite à la vague de conversion au christianisme,
ils ont été par la suite restaurés et on y a placé à nouveau des Tikis : cet être légendaire
mi homme mi dieu à l’origine de l’humanité.
s’élancent une dernière fois vers le soleil couchant.
On peut rester ainsi à simplement regarder les scènes qui s’offrent aux
yeux et finir par le spectacle toujours grandiose qui précède le crépuscule.
Une plage s’anime au rythme des percussions,
Le soleil disparaît derrière Moorea l’île en face de Tahiti où nous nous rendrons demain.
Moorea est l’île de charme de la Polynésie. Son magnifique profil dentelé forme une éblouissante
toile de fond. 20 km à peine la sépare de Tahiti l’île sœur. Pourtant tout la distingue de son
aînée. Son charme vient d’une savante alchimie entre des montagnes et des pics volcaniques au
relief prononcé, un lagon turquoise, une végétation luxuriante et fleurie,
un environnement préservé et une atmosphère reposante.
Les magnifiques montagnes de Moorea dominent le littoral
de manière aussi spectaculaire qu’abrupte.
qui forment de profondes échancrures dans le littoral dominé par le mont Rotui.
Au fond de la baie, une route part vers l’intérieur des terres pour longer la
vallée bordée de champ d’ananas, qui s’étirent sur les hauteurs
et la terre rouge de la vallée de PaoPao.
christianisme, la culture ancestrale polynésienne a failli disparaître. C’est principalement à
travers les sites archéologiques que l’on découvre la spécificité de cette civilisation et notamment
les Maraes. Il s’agit de lieu de culte. Edifiés en plein air, ils sont destinés à la célébration
de la vie religieuse et sociale.
cadre exceptionnel où l’on profite de cette atmosphère détendue du bord de plage.
Autrefois, le coprah et la vanille représentaient les cultures dominantes de l’île. Aujourd’hui les
plantations d’ananas ont pris le relais. Mais à Patae, Fahaira souhaite à nouveau
sentir les gousses de vanille parfumer son île.
des constructions. Elles constituent d’excellents observatoires de la vie marine qui abonde.
Un peu plus loin se trouve Haapiti, le village le plus étendu de la côte
occidentale. Une curiosité de ce village est l’église de la Sainte Famille dressée
du côté de la montagne. Construite en Corail et en calcaire par des tailleurs de pierres
originaire de l’île de Pâques.
l’atmosphère et recompose le paysage avec des couleurs différentes.
Au cours d’une ballade, on tombe assez facilement sur des champs de Tiare. Ces petits arbustes
donnent des fleurs qui sont l’emblème de Tahiti. Avec celles-ci, on fabrique le Monoï, un soin pour
la peau et les cheveux en laissant macérer les fleurs de Tiaré dans de l’huile de Coprah.
La plage de Temae est un lieu de rencontre pour les amateurs de sports traditionnels.
Ils participent aux épreuves qualificatives des compétitions qui auront lieu lors des grandes
fêtes de l’île au mois de juillet.
le lancer de javelot est sans doute la plus spectaculaire et la plus difficile. Il s’agit
d’aller planter un javelot dans une noix de coco situé sur un mat à plusieurs mètres du sol.
Les épreuves de forces sont aussi très populaires et attirent beaucoup de monde. Le lever de pierre
voit s’affronter les colosses polynésiens qui doivent soulever une pierre entièrement
lisse qui peut atteindre les 100 Kilos et la stabiliser sur les épaules.
Une journée presque ordinaire sous le soleil polynésien qui illumine dans ses derniers
éclats chaque soir le ciel immense.
nous nous rendons à Huahine qui fait partie de l’archipel des îles sous le vent. Huahine
n’a pas les airs altiers de Moorea ou Bora Bora. Moins spectaculaire que ses sœurs,
évitant soigneusement les pièges de la médiatisation, Huahine la discrète
fait quelque peu bande à part. Elle cultive un particularisme sourcilleux.
Le tourisme s’y est implanté sans fracas, à une échelle modeste. Il suffit de faire le tour de
l’île pour se laisser gagner par cette nonchalance suave qui ressource le corps et l’esprit.
Les rivières de l’île abritent une variété d’anguille aux yeux bleus.
Les polynésiens considèrent cet animal comme sacré. Ce qui leur vaut d’être
généreusement nourris par les habitants
les baies de l’île. Cette technique vieille de plusieurs siècles est encore utilisée de
nos jours. Disposés en forme de V pour piéger les poissons et construits avec des blocs de coraux,
ils sont facilement repérables grâce aux petites cabanes où prennent place les pêcheurs.
Les vestiges archéologiques rappellent l’importance historique de l’île en Polynésie.
Fare est le plus grand village de l’île. Les commerces permettent aux gens de l’île de se
rencontrer pour échanger les dernières nouvelles. Comme dans toute la Polynésie, les habitants de
Huahine sont très attachés à la fois à leur mode de vie et à leur territoire. Ils entretiennent
envers leur terre un lien de l’ordre du sacré.
nous fait partager ce lien si particulier où l’île est considérée comme un être vivant.
On voit ici la tête,
les seins, le ventre. En fait, elle allongée.
du pouvoir royal de l’île. Les grands chefs vivaient au bord du lagon,
sur cette bande littorale, et se livraient à leurs cultes sur leurs sites cérémoniels. Ces
maraes sont toujours visibles au bord du rivage et sur les versants de la colline Matairea.
Huahine offre des côtes sauvages où se déroulent des kilomètres de plages désertes.
Abrité par la végétation le marae Manunu est une construction massive jadis vouée
à Tané le dieu de la guerre. A proximité, des parcs à poissons sont toujours utilisés.
En apparence l’île ne forme qu’un seul ensemble, mais se compose en fait de deux entités. Ces
deux jumelles, serties dans le même lagon, ne sont séparées que par un isthme de quelques dizaines de
mètres seulement enjambé par un pont et que l’on pourrait presque franchir à pied à marée basse.
Si Huahine n’offre qu’un relief modeste en comparaison d’autres îles de l’archipel,
ses contours, agréablement chantournés, lui confèrent une incontestable grâce.
Les archipels polynésiens offrent un spectacle splendide et d’une grande diversité. L’image
trop souvent véhiculée du paradis cocotier plage dorée ne rend pas compte d’une des plus
grande richesse de ses îles. Elle réside tout simplement dans ses habitants qui ont su au fil
des siècles préserver un mode vie largement inspiré par un environnement hors norme. De
nombreux polynésiens ont pris conscience de la richesse et de l’originalité de leur culture.
Au cours d’un voyage aussi lointain aller à leur rencontre est une expérience riche,
une fenêtre ouverte sur un monde, un peuple, ses coutumes et ses légendes dans la bonne humeur.
Dernière balade à Huahine Iti où les plages sont les plus belles et le lagon le plus large.
Bora-Bora est certainement l’île polynésienne la plus célèbre. Peu de gens l’ont visitée,
et pourtant son nom est familier à des millions d’occidentaux pour qui elle fait figure d’annexe
du paradis. Depuis de nombreuses années, elle s’enorgueillit du statut très convoité de perle du
Pacifique auprès des voyagistes du monde entier. Mais là encore les clichés ont la vie dure et
Bora-Bora ne se réduit pas à un dépliant touristique. Certains villages comme Anau
échappent à la pression touristique. On y voit des scènes ordinaires de la vie polynésienne.
Les écoles restent un élément important de la transmission de l’identité. En dehors des
disciplines classiques, les enfants sont initiés aux activités traditionnelles comme la musique et
la danse qui leur permettent d’explorer les mythes et les légendes de l’origine de leur peuple.
Mais s’il existe une Bora-Bora authentique, l’image de l’île est étroitement associée à
son cadre enchanteur. La carte postale, une vue aérienne de préférence incarne le rêve tropical.
Et incontestablement Bora-Bora a fière allure, ses pics volcaniques, sa végétation luxuriante,
son immense lagon turquoise et son chapelet de motu bordés de sable blanc,
coiffant la barrière de corail, justifient sans aucun doute cette notoriété mondiale.
Le lagon de Bora-Bora est le plus vaste des îles sous le vent, les raies manta en
sont encore les reines. Mais l’île a du mal à résister à une pression hôtelière
qui pourrait mettre en péril l’équilibre fragile de ce milieu exceptionnel.
Dominant ce paysage unique, Alain Despert possède une maison entièrement ouverte sur le lagon.
Alain est peintre et il a décidé de poser son chevalet ici pour composer une expression
originale de la Polynésie porté par ce cadre grandiose à l’origine de son inspiration.
Le lagon est un observatoire exceptionnel de la vie marine,
au large on croise régulièrement des baleines.
en wake-board permet de goûter d’un peu plus prêt à la force des éléments.
En sortant un peu des sentiers touristiques, la nuit s’anime au rythme des percussions,
du chant et des danses. La troupe d’Anau prépare activement les fêtes de juillet
Le bateau reste le moyen privilégié pour circuler sur le lagon.
A
chaque instant de la journée, le ciel, l’eau, la végétation et la lumière composent en
permanence un spectacle saisissant aux atmosphères changeantes et chaque fois
unique.
un battement d’aile de Bora-Bora, l’île de Raiatea est restée très nature
En dehors du tourisme, la perle représente la deuxième source de revenus du territoire
Les huîtres greffées sont placées en chapelet dans le lagon. Couche après couche la nacre
s’épaissit autour d’une bille parfaitement sphérique de 6mm, au rythme annuel de 1mm.
Dix huit mois plus tard on procède à une première récolte. Installées sur pilotis au
milieu du lagon, les fermes perlières comportent différentes installations et des plateformes
d’élevage et de maintenance. La culture perlière fait appel à une main d’œuvre très spécialisée.
La récolte est toujours une surprise. Pour Moana Constant comme dans les autres fermes plus de la
moitié des huîtres greffées ne donnent rien et seulement 5% vont donner une perle parfaite.
Le spectre de couleurs est large allant du blanc nacré au noir en passant par l’aubergine,
le champagne. Les reflets irisés et le lustre
entrent également en ligne de compte pour définir la qualité d’une perle.
Donc là je suis en train de commencer à trier des perles. Et ensuite je les trie par couleur,
peu importe la taille. Et ensuite je les percerai afin de monter quelque chose de baroque, qui est
très à la mode en ce moment.
la société par la taille, Raiatea cultive sa différence. Moins touristique que ses voisines,
c’est une étape presque incontournable pour qui s’intéresse à la civilisation traditionnelle.
L’île est surnommée Raiatea la sacrée et joue un rôle symbolique capital dans la mythologie.
Elle fut en effet le centre religieux de toute la Polynésie.
La chaîne principale surmontée par le mont Tepatuarahi se dresse précisément au centre de
l’île. Raiatea ne compte pas de plages facilement accessibles, sauf à certains endroits très isolés
au sud de l’île. Pour le farniente et la baignade, mieux vaut se faire conduire sur un motu.
Raiatea est quelque peu restée à l’écart des grands flux touristiques et on n’y compte pas
de grands hôtels de luxe. Le centre de l’île est resté très agricole. Le climat tropical et humide
permet de faire pousser de nombreuses espèces de fruits, on trouve également des piments.
Les atouts de cette île sont multiples. Son lagon soutient largement la comparaison avec
les autres îles et ne s’apprécie pas mieux qu’au cours d’un tour de l’île en pirogue.
Raiatea partage le même lagon avec Tahaa son île sœur accessible uniquement en bateau.
Tahaa est justement surnommée l’île vanille. Au début du siècle, la culture de la vanille
était florissante sur l’archipel et la production s’élevait à 200 tonnes.
Aujourd’hui elle ne dépasse pas 25 tonnes.
des vanilles les plus recherchées. La culture est délicate car particulièrement technique,
sa fécondation est réalisée à la main.
à des préparateurs comme Mamie Chan qui a toujours vécu ici au milieu des plantations.
Ca c’est tout frais, c’est de ce matin. Après quatre jours, automatiquement elles
brunissent : c’est la vanille qui arrive à maturité. On les expose au soleil, et au bout
de quelques jours on les trie. Il y a celles qui sont ridées, celles qui sont bien rondes,
épaisses, celles-là on doit les remettre au soleil.
Le lagon est parsemé d’îlots à la lisière de la barrière de corail,
bordé à l’horizon par les fermes perlières.
historique des îles de la société. Les légendes la décrivent comme le point de départ des grands
navigateurs qui ont essaimés le Pacifique. Le premier roi de Raiatea aurait été Hiro,
dieu des voleurs et des marins qui avec ses compagnons aurait construit les grandes
pirogues qui effectuèrent la traversée vers Rarotonga et la Nouvelle-Zélande.
L’île devint ultérieurement le siège du culte du dieu Oro. Le grand Marae Taputaputea, le plus
important de Polynésie lui est consacré. Oro était le dieu de la guerre qui domina
les croyances polynésiennes durant le XVIII e siècle. Le Marae s’étend sur une vaste superficie
et date du XVII e siècle. Malgré son histoire relativement brève, il joua un rôle capital.
Autre activité importante, le coprah. L’importance de la palmeraie permet ici comme dans l’ensemble
de la Polynésie de récolter les noix de coco dont la partie comestible sert à fabriquer de l’huile
très utilisée dans l’industrie cosmétique.
parfois oubliés par ceux qui succombent un peu facilement au mythe Bora-Bora.
Ces îles ont su préserver leur atmosphère villageoise, faite de charme,
d’harmonie et de simplicité. Elles conservent un doux parfum de sérénité, une nonchalance
intemporelle à l’image des sourires des personnes qui vous saluent gentiment.
Te Henua Enana, terre des hommes, c’est ainsi que les marquisiens désignent leur archipel.
Le terme de « Marquises » est seulement le nom donné par les premiers explorateurs européens.
Cet archipel est le plus septentrional de la Polynésie française ; sur les îles qui
le composent, seulement 6 sont habités. Blocs de lave surgis au beau milieu du Pacifique,
ces îles hautes semblent défier en permanence l’immensité océanique.
Des cratères partiellement immergés forment de vastes amphithéâtres où se nichent les rares
localités. Taiohae est la seule réelle agglomération des Marquises, enroulée
autour d’une baie superbe. C’est la capitale économique et administrative de l’archipel.
Au début du 19e siècle à Nuku Hiva, la baie de Taiohae accueillait les santaliers et les
baleiniers qui venaient faire relâche. Herman Melville l’auteur de Moby Dyck
engagé à bord d’un baleinier profita de cette escale pour se faire la belle.
Terres de légende, les Marquises abondent de vestiges archéologiques,
dont la plupart n’ont pas été inventoriés par les spécialistes. Véritables musées à ciel ouvert,
les vallées où rodent les esprits des morts sont des trésors de la mémoire.
Les précipitations sont abondantes aux Marquise et de nombreuses cascades spectaculaires
dévalent les plateaux à travers le basalte.
renforcer l’impression de puissance et de mystère qui se dégage des montagnes et des vallées.
Aux Marquises on est saisi par ces espaces vierges de présence humaine. La population
de l’archipel s’élève à 8000 personnes. Mais avant la colonisation, on estime ce nombre à
18 000 pour chuter à 2000 en 1926. Les équipages des baleiniers, en majorités des aventuriers de
tout poil apportèrent dans leurs bagages, alcool, armes à feu, syphilis et autres épidémies.
L’administration coloniale et les missionnaires firent peu cas des valeurs ancestrales du peuple
marquisien. Peu à peu l’archipel s’est repeuplé et les habitants ont réinvesti leurs valeurs,
mais la population très faible au regard de l’espace disponible laisse toute sa place à
cette nature fascinante et exubérante.
tourisme. Mais les curieux qui s’aventurent ici sont rapidement envoûtés par l’ambiance
de mystère qui imprègne chaque lieu, l’accueil de la population, la sensation
de bout du monde, l’osmose avec la nature.
pêche reviennent avec le lever du soleil après une nuit passée en mer. Le poisson
reste encore relativement abondant aux Marquises malgré les gros chaluts qui pratiquent une pêche
industrielle dans les eaux polynésiennes et qui menacent les réserves naturelles.
Parfois la pêche est plus abondante que prévu, couvrant largement les besoins en
poisson cru de la population. On salera alors le poisson qui sera boucané et expédié vers Tahiti.
En empruntant la route qui traverse l’île vers le nord, la montée vers le col de Teavaitapuhiva
est impressionnante avec au fond les cascades de Mahuiki et de l’autre côté la baie de Hatiheu.
En poursuivant toujours vers le Nord, on tombe sur le site archéologique de kamueihei,
récemment restauré. Le lieu est spectaculaire pour l’ambiance étrange qui se dégage de cet
amas de gros blocs basaltiques et la présence d’énormes banians. L’importance et le nombre
de ces structures témoignent de la forte densité de population qui occupait jadis
cette vallée : on estime qu’elle était dix fois supérieure à ce qu’elle est aujourd’hui.
On arrive enfin sur la côte nord. En la longeant vers l’Ouest, les vallées verdoyantes
se succèdent, l’île étend ses extrémités en direction du large ouvrant ça et là de
magnifique baie, on l’on se sent seul au monde.
surmonté de pics de basalte qui prend des airs de citadelles imprenables dominant les vallées
et les baies.
proximité la baie de Hatiheu paraît beaucoup plus paisible.
Sur le front de mer, quelques Tiki seuls témoins de la présence humaine semblent imperturbablement
profiter du cadre et de l’ombre des cocotiers. Ils semblent délimiter un espace sacré
où l’homme n’est qu’un invité de passage. Les habitants de l’île et les élus ont
traduit dans les actes ce respect de la nature sauvage en interdisant toute construction sur
le front de mer en privilégiant un tourisme respectueux de la nature.
Il faut prendre un bateau pour se rendre à Anaho une des plus belles baies de l’île.
Quelques familles résident sur ce paisible hameau où le temps n’a pas de prise.
Un platier corallien, le seul des Marquises a pu s’y développer et évoque un lagon. La
baie cernée par un cirque montagneux est parfaitement abritée des vents et de la
houle et constitue un lieu de mouillage privilégié pour les plaisanciers.
Les amateurs d’artisanat seront comblés aux Marquise. La sculpture
est particulièrement à l’honneur et une école a été crée à Taiohae.
Les jeunes élèves apprennent les formes imposées de cet art sous le
regard de leur maître Daniel Hatura.
la sculpture, on lui doit les réalisations monumentales qui
ornent la cathédrale de Taiohoae.
la statue de Mgr Dordillon, évêque des Marquises de 1848 à 1888. la cathédrale
Notre-Dame-des-îles-Marquises a été bâtie sur le Tohua Mauia, lieu sacré et vénéré des
anciens marquisiens. Les pierres ayant servi à la construction proviennent des six îles habitées.
L’artisanat marquisien jouit d’une très bonne réputation dans toute la Polynésie. Les artisans
travaillent aussi bien le bois de Miro ou le Tou, la pierre volcanique que l’os.
Chaque année à Papeete se tient un festival des arts marquisiens avec
les meilleurs artisans de l’archipel qui viennent exposer et vendre leurs œuvres.
Le tatouage est aussi très en vogue, et dépasse le seul cercle de la Polynésie. Aujourd’hui les
motifs marquisiens sont devenus tendance. On assiste à un véritable renouveau après
des années où il était vu d’un mauvais œil sous l’influence des missionnaires
Le travail du bois est également très apprécié. Les artisans réalisent des Tiki,
des pilons, des plats, des lances, des pagaies. Dans la plupart des villages,
de petits centres rassemblent une partie de la production pour la vente directe. Mais rien
ne vaut la tournée des sculpteurs pour les voir travailler et échanger quelques mots avec eux.
Quittant les Marquises pour l’archipel des Tuamotu le contraste est saisissant. On passe
de la profusion à l’austérité. Imaginez un chapelet de 77 atolls essaimés sur un
rectangle de 500 km par 1500. Imaginez des anneaux coralliens à fleur d’eau témoins
posthumes d’intenses éruptions volcaniques.
Contrairement à leur apparence les coraux omniprésents en Polynésie ne sont ni des
rochers ni des plantes, mais des animaux. Ils sont formés d’une multitude de petits organismes,
fragiles et souvent menacés par l’homme. C’est dans les lagons que l’on peut
observer les variétés de poisson les plus étonnantes aux couleurs magnifiques.
Ces atolls constituent un milieu fragile et vulnérable. L’absence de relief n’autorise
aucune protection contre les cyclones. Les sols très pauvres et l’absence d’eau douce de surface
ne facilitent guère le développement des cultures. Les habitants de l’archipel appelés Paumotu,
ont du déployer des trésors d’ingéniosité pour s’adapter à ce contexte hostile.
Aujourd’hui le contexte évolue un peu bien qu’aux yeux des Tahitiens les Tuamotu passent encore
pour un monde arriéré. La culture du coprah a été encouragée et constitue une activité importante.
Au XIX e siècle, les seuls occidentaux installés dans l’archipel étaient des
missionnaires chrétiens. Catholiques et protestants se livrèrent à une course
à l’évangélisation. La concurrence explique la diversité des cultes dans
l’archipel : catholiques, protestants, mormons, adventistes et sanitos.
Certains villages comme ici Tuherhera sur l’atoll de Tikehau sont particulièrement charmants avec
leurs rangées d’Uru, de cocotiers, de bougainvilliers et d’Ibiscus.
La danse est ici aussi une marque forte de l’identité culturelle Tuamotu. Un œil peu averti
pourrait la confondre avec les danses tahitiennes, pourtant les costumes sont ici différents et les
histoires légendaires sont propres aux Tuamotu.
invitations à s’immerger dans le bleu limpide.
grande variété d’itinéraire, pourtant ils ont aussi leurs chemins secrets. Il faut certainement
être né ici pour accéder à la plage de la cloche de Hina, parfaitement protégé des regards qui
en fait le lieu de rencontre des amoureux.
extraordinaires pour passer quelques jours de vacances. Ils proposent une expérience
hors du temps. On atteint le bout du monde, les dernières étendues de terre avant l’immensité
bleu de l’océan et du ciel qui se rejoignent. Longtemps les marins ont été effrayés par la
perspective du bout de la terre et des mers. Croyant être précipité dans une chute infernale,
ils n’imaginaient pas que le bout du bout du monde se trouve à la limite extrême de la Polynésie.
Des palmeraies ont été plantées pour exploiter le coprah,
avec les huîtres perlières il s’agit des seules activités possibles sur ces atolls.
Le tourisme bleu trouve ici son plus beau terrain d’expression. Il représente incontestablement un
vecteur de développement, mais la fragilité du milieu naturel, et notamment la rareté des
ressources en eau potable, interdit toute exploitation à grande échelle,
ce qui est une bonne nouvelle. On ne va pas aux Tuamotu pour
assouvir sa passion des musées, faire la fête ou visiter des monuments. Les
activités possibles sont invariablement orientées autour des joies de l’eau.
La plus porteuse est certainement la plongée sous-marine qui a ouvert les
Tuamotu au tourisme dans les années 80.
sur le lagon reste le bateau, avec des navettes qui relient les différents points de vie.
Dîtes Rangiroa et tous les yeux des plongeurs s’illuminent. Situé à 350 km au nord de Tahiti,
Rangiroa s’est imposée comme une destination touristique à part entière. Chaque année des
milliers de plongeurs viennent vivre le grand frisson dans les passes dont l’eau
constamment renouvelée attire une exceptionnelle concentration de faune, notamment de requins.
Les requins, puissants, fuselés, mesurant 2 mètres environ sont très nombreux. Très bien
nourris naturellement ils ne présentent aucun danger pour l’homme venu les observer de près.
Cette dernière escale au Tuamotu marque le terme d’un voyage passionnant. La
possibilité de réaliser une subtile alchimie entre loisir et plaisir,
nature et culture. Polynésie, un labyrinthe de sensations dans lequel il fait bon se
perdre simplement en suivant la voile d’un bateau ou les ailes d’une mouette.