La commission "Écran" initiée par Emmanuel Macron en janvier 2024 a rendu son rapport sur l'hyper-exposition des enfants aux écrans. Il met en garde contre les conséquences pour le neurodéveloppement des enfants et prône la mise en place d'une réponse collective face à cette addiction.
Pour en parler, Marguerite Catton reçoit Servane Mouton, neurologue.
et voici Marguerite Caton bonjour
Marguerite bonjour Guillaume et bonjour
à tous ce matin vous allez nous parler
d'un sujet que les parents connaissent
très bien de manière pratique le
numérique et les enfants car c'est hier
que la Commission écran a rendu au
président Emmanuel Macron son rapport
sur l'hypercnexion des enfants dans un
contexte où 40 % des parents d'enfants
de moins de 6 ans se disent dépasser par
l'usage des outil numérique en famille
la Commission propose un certain nombre
de recommandations pratiques bonjour
Servan mouton bonjour vous êtes
neurologue et neurophysiologiste
co-présidente de la commission écran
vous préconisez l'interdiction totale
des écrans pour les enfants de moins de
3 ans est-ce que vous avez réussi à
établir des effets directs de
l'exposition sur le neurodéveloppement
sur les enfants tout petits les enfants
de moins de 3 ans il y a beaucoup
d'études qui se sont accumulé depuis les
années 90 après la diffusion de la
télévision qui montrre qu'en effet les
enfants qui sont exposés régulièrement
et de façon importante aux écrans ont
des difficultés de langage et
d'attention en particulier euh alors
certaines études peuvent être remises en
cause sur leur méthodologie et cetera
mais
elles sont quand même concordantes en et
la répétition des études qui montre la
même chose permet de de d'mettre
résonablement le cette recommandation de
de ne pas exposer les enfants de moins 3
ans aux écrans et au-delà de l'enfant
collé devant la télé ce que vous appelez
l'écran nounou c'est surtout les parents
et les professionnels de l'enfance
rivent eux à leur téléphone qui vous
semble le plus problématique euh vous
appelez à une grande vigilance dessus
Servan mouton oui c'est c'est les on a
eu peut-être tendance à en tout cas on a
oublié cette cette cet effet là parce
que je pense qu'on s'est laissé dépasser
par l'invasion des des outils mobiles en
particulier les smartphones et euh
concentré sur le les les risques et les
problèmes liés à l'exposition directe
des enfants aux écrans on en a oublié
qu'il pouvait aussi être perturbé dans
leur développement par l'usage qu'on
font les leurs parents ou les adultes
référents en leur présence ça a pris le
terme de le de technoférence donc ce
sont les les interférences qui sont
provoquées par l'usage par les parents
en présence de l'enfant d'un écran qui
vont finalement perturber le la
communication les échanges visuels la
relation et ce qui peut avoir alors
c'est une littérature scientifique qui
est émergente mais qui pourrait avoir
des des répercussions sur le
développement sociorationnel et
langagier notamment de de l'enfant la
régulation des émotion et cetera c'est
pourquoi d'ailleurs votre appel votre
rapport appelle plus généralement à
redonner du temps humain aux enfants et
aux adolescents et de manière générale
donc vous le dites avant 6 ans les
enfants n'ont absolument pas besoin
d'écran en grandissant ce sont les
dessins animés puis les jeux vidéos et
les réseaux sociaux qui vont
progressivement les apper vous parlez
d'une hyper connexion subie l'expression
est intrigante ser B mouton
h ce qu'on voulait exprimer dans ce
préambule que j'aime beaucoup que je
n'ai pas écrit que j'aime beaucoup c'est
que d'une certaine façon cette
l'écran lui-même pose des problèmes par
son pe y revenir mais par ses
caractéristiques physiques par rapport à
la vision notamment par rapport au fait
que so une activité sédentaire les f sur
le sommeil et cetera mais l'industrie
qui s'est déployée
euh c'est construite sur le modèle ces
dernières années d'économie de la
tenstion ce qui fait que on n'est pas
vraiment maître de nos usages en réalité
on n' pas forcément l'intention d'y
passer autant de temps on n' pas
forcément l'intention d'aller chercher
tel contenu on n pas forcément
l'intention de passer que ce soit sur un
jeu vidéo sur un réseau social et cetera
mais notre attention manipulée nous
conduit à faire ces ces actions là et
donc à rester connecté c'est en ça qu'on
a choisi ce ce mot ce terme de subi et
vous venez de l'évoquer il y a les
effets directs des écrans mais surtout
les effets indirects lié à la
sédentarité notamment oui sur sur les
enjeux de santé publique à moyen et long
terme il y en a trois qui sontement
consensuel hein c'est le le probl le le
premier que vous évoquez la sédentarité
les activités sur écan sont
essentiellement des activités
sédentaires or la sédentarité est un
facteur de risque cardiovasculaire
c'est-à-dire qu'elle favorise des
maladies comme l'état VC les infarctus
myocardes les maladies des artères des
gens elle favorise aussi le surpoids
l'obésité qui sont aussi des facteurs de
risque cardiovasculaire et elle favorise
aussi le diabète qui est aussi un
facteur de risque cardiovasculaire donc
la sédentarité en elle-même est un
facteur de risque cardiovasculaire on
peut être sportif et hypercédentaire
donc voilà le le fait de de faire du
sport compense un peu cette sédentarité
mais reste pas moins que nous aurons ce
facteur de risque cardiovasculaire et
c'est particulièrement problématique
chez des enfants qui sont en train de se
constituer un peu leur capital santé le
et d'autre part d'en cré aussi des
habitudes qui vont perdurer à l'âge
adulte si elles sont bonnes c'est très
bien et si elles sont moins bonnes et
c'est moins bien à quel âge estimez-vous
utile que l'enfant est un téléphone
portable utile en tout cas possible nous
avons estimé qu'avant 11 ans il n'y
avait pas de ni nécessité ni d'utilit
ensuite les limites d'âge que nous avons
donné sont des balises et des repères
qui ne sont pas des injonctions à
équiper l'enfant mais qui permettent
d'ouvrir à notre sens la possibilité en
disant qu'à 11 ans et en particulier
c'est souvent des des besoins presque
plus des parents d'être rassurés dans
les déplacements autonomes de leur
enfant avoir un téléphone qui leur
permet de communiquer avec lui donc un
un téléphone ça peut être un téléphone
brique une touche à touche pour des des
SMS les appels donc sans connexion
internet qu'à partir de 13 ans il
pourrait avoir accès à smartphone
connecté mais sans accès au réseaux
sociaux sans accès au contenu égaux
pornographie et C donc être protégé de
ces contenus et à partir de l'âge de 15
ans des smartphones avec accès au
réseaux sociaux qui seraient éthique et
pas toujours toujours pas au contenu
illégaux interdit au MO 18 ans et
pourtant 45 % des Français de 11 12 ans
sont inscrits déjà sur TikTok donc on
est un peu loin de vos préconisation en
ce qui concerne les réseaux sociaux vous
êtes sans pitié serv mouton il y a rien
à sauver il y a pas rien à sauver c'est
les les le principe en lui-même du
réseau social qui permet de communiquer
et de partager des informations voilà
c'est un principe tout à fait
respectable intéressant et voilà mais
encore une fois le modèle économique sur
lequel ont été bâtis ces grands réseaux
sociaux en grand j'en parle par leur
taille de d'audience et d'usager qui
font qu'ils sont justement bien très
très plébicités et et toxiqu en réalité
puisque ils sont basés sur ce cette
captation de la tenstion qui permet de
capter le le maximum de données et qui
sont source de rentabilité donc
finalement ce sont c'est notre temps
notre enfin notre attention notre temps
et sont nos vies qui sont devenu des
matières première transformé en argent
par ces industriels et vous pointez des
risques associés à ces réseaux sociaux
chez les adolescents les adolescentes
aussi tout particulièrement mais pas
exclusivement associé à la dépression
notamment il y a des alertes de au cours
des dernières années sur la sentimentale
des des des plus jeunes adolescents et
jeunes adultes avec en effet des
tendances dépressives et d'anxiété qui
ont
augmenté certainement les réseaux
sociaux ne sont pas la seule cause c'est
évident sont des difficultés qui sont
trop multifactoriels et complexes mais
beaucoup d'éléments vont en faveur en
tout cas de leur implication dans cette
dans cette tendance et combien même il
serait impliqué un tout petit peu
puisque c'est un facteur qui est
modifiable et parceil repose sur
l'industrie alors il faut agir dessus
quand on compare vos préconisations je
commence à le dire à la réalité des
pratiques je les rappelle brièvement 56
minutes d'écran quotidien en moi moyenne
pour les enfants de 2 ans début d'usage
seul d'Internet à 6 ans 45 % des des 11
12 ans inscrits sur TikTok on comprend
que les parents vont avoir du mal ils
vont devoir déjà apprendre à se réguler
eux-mêmes puis engager la bataille avec
leur progéniture ça semble un peu
Mission Impossible est-ce que vous en
avez conscience et comment vous comptez
embarquer avec vous finalement la la
société toute entière h alors nous avons
conscience que qu'il y a un chemin à
faire nous espérons que autant les
choses telles qu'on les observe
aujourd'hui ce sont aller extrêmement
rapidement avec la diffusion d'une
technologie en évolution rapide et
constante autant elles peuvent peut-être
aussi s'inverser de certaine façon ou
continue à avancer mais dans un meilleur
sens aussi tout aussi rapidement euh
qu'il y a un il a un livre de shosana
zuubov qui t'appelle l'âge du
capitalisme de surveillance c'est une
sociologue américaine qui appelle un
alors elle je sais plus exactement
qu'elle est son terme mais elle parle de
sursaut de retrouver ses capacités
d'indignation pour refuser en fait cette
ce fait de subir finalement les les
désirs d'une industrie donc si chacun
alors lit le rapport il est un peu long
peut-être la synthèse déjà et puis
peut-être la façon dont on pourra le
décliner et se réapproprier le sujet qui
en fait un sujet de société ça n'est pas
juste le médecin ou l'enseignant ou nous
qui en discutons les gens qui qui qui se
sont particulièrement intéressé au
numérique en fait c'est c'est une
affaire sociétale donc chacun c'est
prenne les choses à bras le corps en
effet vous dites que cette question est
aussi celle de l'invisibilisation
croissante des enfants et des et des
adolescents pardon dans notre société
merci beaucoup Servane mouton neurologue
et neurophysiologiste vous êtes la
co-présidente de la commission écran
merci