La progression extrêmement rapide du numérique dans nos vies a bousculé les comportements sans laisser le temps de prévenir, voire d’envisager ses effets néfastes. Après les conclusions de la commission "Enfants et écrans", et au-delà des restrictions d'âge, comment améliorer les usages numériques des enfants et des adolescents face aux stratégies de captation de l'attention par les géants d'internet ?
Pour en parler, Louise Tourret reçoit, dans l'émission "Être et savoir" : 🎙️ Rachid Zerrouki, professeur en micro-collège à Marseille (connu sur les réseaux sociaux sous le nom de Rachid l’instit) 🎙️ Grégoire Borst, professeur à l'Université Paris Cité 🎙️ Marie-Caroline Missir, directrice générale du réseau Canopée 🎙️ Mathilde Abel, économiste spécialiste des enjeux numériques et de l'économie de plateformes
bienvenue dans être et savoir
aujourd'hui éducation comment prendre ou
reprendre le pouvoir sur les usages du
[Musique]
numérique écran sommes-nous àran la
Commission les enfants et les écrans
réunis par Emmanuel Macron a rendu son
rapport début mai 2024 il est intitulé À
la recherche du temps perdu quel temps
celui qu'on passe à bagnoder sur les
espaces numérique regarder des séries
enchaîner les vidéos interagir avec des
amis ou des inconnus en l'occurrence
d'après ce que j'ai compris le CLIN
d'œil proustien suggère d'abord une
perte de temps l'action publique face
aux stratégies de captation par les
géants du numérique et ce titre offre à
penser une reconquête de l'attention des
enfants c'est bien ça qui est capté et
de l'attention pour les enfants et
l'enfance bien entendu nous allons dans
cette heure parler des inquiétudes
éducatives causées par la la quantité
des activités liées aux écrans elle
s'illustre par des réponses plus ou
moins étaufées des messages effrayants
sur la répercussion hein de ces
activités sur la santé des enfants se
multiplient aujourd'hui ça je veux qu'on
en parle mais des réponses sont
également proposé au hasard Radio France
propose désormais une newsletter zéro
écran adressé aux parents il faut dire
que notre offre de podcast pour les
enfants et les ados est super costaud on
a dor wiow qui sort en podcast c'est un
manga sur France Culture alors il ne
s'agit pas de discuter aujourd'hui des
ressources numériques éducatives elles
existe mais des inégalités sociales
d'usage nous allons aussi évoquer le
manque de diversité des propositions
faites aux individus qui se promènent
donc sur les plateformes la difficulté à
contrôler ce qui nous est donné à voir à
entendre et le temps donc passer sur ces
espaces alors de quelle manière pour
pour nous reprendre le pouvoir nous les
éducateurs parce que quand on parle des
enfants et des écrans on parle beaucoup
de nous les adultes et puis le pouvoir
des enfants et des ados eux-mêmes
l'enfant et la télévision vaste sujet de
réflexion qui divise l'opinion et
suscite des jugements maniquéens sur ces
aspects positifs ou négatifs devenu avec
les années un membre à part entière de
la famille la télévision recè en elle le
meilleur et le pire un instrument
d'union mais aussi parfois de conflit
quand il s'agit de choisir le programme
et l'enfant dans tout cela me direz-vous
la télévision est-elle comme certains le
procl un outil dangereux une intruse qui
bouleverse les rapports familiaux
traditionnels en bref a-t-elle comme on
le prétend une influence néfaste sur
l'enfant ou peut-elle contribuer à son
épanouissement il est pas mal ce chapeau
des années 80 bonsoir Grégoire borst
bonsoir alors je ne sais pas si on peut
comparer les écrans qui sont aujourd'hui
démultipliés à la télévision mais ce
qu'on entend aussi c'est cette idée de
l'enfant et le rapport auquel vous avez
participé en tant que professeur de
psychologie et de neurosciences de
l'enfant et de l'adolescent à
l'Université Paris Cité et directeur du
Laboratoire de psychologie du
développement et de l'éducation de
l'enfant CRS l'absidé donc ce grand
rapport remis à Emmanuel Macron est
censé alimenter la réflexion collective
parle des enfants mais les enfants c'est
ce sont des êtres très différents déjà
par leur âge par leur milieux sociaux et
par leur relation aux médias c'est
exactement ce qu'on essaie de dire dans
dans le rapport c'est dire que
finalement ce qu'on sait aujourd'hui du
développement de l'enfance c'est qu'il
est très hétérogène c'est que la norme
il y a pas de norme globalement du
développement de l'enfant chaque enfant
est très différent les uns des autres on
a aussi beaucoup insisté sur
l'adolescence parce que c'est quand même
une période très particulière de la vie
et notamment de l'interaction avec les
écrans et on a aussi beaucoup dit et
notamment c'est ce qui ressort d'une des
grandes études français sur la question
des écrans quand on regarde finalement
l'effet des écrans chez les très petits
enfants de 2 ans et demi à 5 ans et demi
on se rend compte que quand on contrôle
dans les modèles statistiques pour le
milieu social d'origine et les pratiques
parentales en fait l'effet des écrans il
devient extrêmement modeste ou voir
extrêmement faible parce
qu'effectivement le milieu social
d'origine ça joue beaucoup plus que sur
le développement cognitif que
l'exposition aux écrans même à des temp
d'écran qui peuvent être parfois
importants ça veut pas dire qu'il faut
pas que ça peut pas se cumuler mais mais
ça veut simplement dire que il faut
qu'on fasse attention un peu dans le
discours public à la taille des effets
relatifs des différents facteurs qui
vont jouer sur le développement de
l'enfant hyper intéressant on a vu ces
dernières années des polémiques on a
parlé d'autisme ou de symptômes de
l'autisme pour des enfants surexposés
aux écrans et moi qui passe pas mal de
temps sur les réseaux sociaux voici ce
que j'ai pu entendre sur Instagram bien
hier on a des élèves qui ne savent pas
parler désormais on a des enfants qui
quand on leur pose une question qui ont
un temps d'attente et je sens dans leur
tête qu'ils se disent ah oui en fait je
peux penser des choses exemple très
clair en
cpce1 de quelle couleur est le dragon et
alors je dis les enfants vous allez
fermer les yeux et Imagineer un dragon
de quelle couleur est votre dragon et en
fait ils étaient bloqués bloqués parce
que d'habitude le dragon leur arrive
donc ce qu'on m'avait dit en formation
c'est n'hésitez pas à dire aux enfants
de fermer les yeux mais ce qu'on sait
maintenant c'est qu'il faut presque leur
dire alors vous fermez les yeux et vous
imaginez que vous avez la tablette
devant les yeux qu'est-ce qu'elle vous
montre du dragon la tablette ces
enfants-là qui sont en difficulté
scolaire qu'ils ne comprennent plus les
messages audio un enfant surexposé aux
écrans ça veut dire un enfant de 10 ans
plus de 10h d'écran par semaine un
enfant surexposé n'utilise que 30 % de
ses capacités cognitives on coupe les
écrans pendant 3 mois il remonte à 70 %.
l'espoir est là alors l'espoir et
l'inquiétude
cette vidéo provient de loup média à
média en ligne et c'est ha de deniso qui
se présente comme institutrice qui
s'exprime elle appelle les gens à se
mobiliser pour une éducation numérique
raisonn Grégoire borst que pensez-vous
de de ces chiffres assez précis hein qui
sont donnés sur le bah ils sont tous
faux donc on va être assez clair c'est
que des c'est des fake news additionné
les unes aux autres la question de que
c'est les enfants exposés aux écrans
utiler 30% des leurs compétences
cognitives il y a aucune donnée dans la
littérature qui suggère ça le fait
d'arrêter pendant 3 mois qui leur
redonnerait 70 % de leur capacité
cognitive ça repose sur aucune donnée
scientifique et puis cette question et
je pense que vous l'aviez dit tout à
l'heure et sur lequelle il faut vraiment
qu'on insiste hein euh je rappelle que
les écrans ne peuvent pas être à
l'origine des troubles du
neurodéveloppement et certainement pas
des troubles du spectre autistique il
faut le dire le marteler le remarteler
parce que ça participe à la panique
morale si vous dites attention ça crée
des troubles aussi complexes que les
troubles du spectre autistique
évidemment c'est logique en tant que
parent qu'on soit extrêmement inquiet
par rapport à ça ça veut pas dire qu'il
faut minimiser ce que peuvent produire
les écrans mais là c'est une caricature
ce qu'on nous raconte moi dans les
écoles j'y suis tout le temps je fais de
la recherche sur leur développement
langager sur leur développement cognitif
sur leur capacité de raisonnement ce
qu'elle raconte c'est pas la réalité des
élèves aujourd'hui dans les écoles c'est
absolument pas vrai je peux vous montrer
ce qu'on est capable de leur faire faire
en terme de complexité de tâches
auxquelles ils sont engagés
qu'elle raconte c'est pas du tout la
réalité tous les enfants même son
exposés mais à 10 ans 10h par jour
d'écran ça n'existe pas enfin je ça
existe chez une toute petite minorité
d'enfants qui sont extrêmement C 10h par
semaine al 10 par semaine d'accord 10h
par semaine c'est c'est effectivement ça
peut concorder avec certaines certaines
des ce qui m'intéresse aussi c'est le
bouton émotionnel sur lequel on appuie
chez les parents qui regardent ce type
de qui sont soumis parce qu'après tout
moi je n'avais pas sollicité cette vidéo
quand elle est apparue dans mon fil
peut-être estce que je passe trop temp
en tout cas ce qui est sûr c'est que ça
nourrit une inquiétude mais cette
inquiétude est-elle infondée Rachid
zeroui vous êtes enseignant en
microocollège à Marseille et vous nous
parlez depuis Marseille bonsoir
bonsoirour on avait eu l'occasion de
discuter de vos derniers ouvrages votre
dernier ouvrage décroché chez Robert
Lafond en 20 2 et vous êtes intervenu
bah sur les réseaux sociaux sur la
question de l'exposition aux écrans
disant ben on oublie trop souvent que
les adolescents des quartiers populaires
ont pas forcément le même usage que les
adolescents de milieu plus favorisé et
que cet usage change alors qu'est-ce que
vous vous voyez de là où vous êtes avec
vos élèves ben écoutez moi ce que je
vois c'est c'est c'est un constat assez
alarmant parce que là par exemple on
vient de dire monsieur Bor le disait que
il y a une que ça ne concerne qu'une
infime minorité l'utilisation de 10h par
jour euh j'ai eu ce cas qui s'est
présenté pas plus tard qu'aujourd'hui en
fait moi j'ai l'habitude de demander au
aux élèves donc à des élèves de
microocollège donc on le rappelle ce
sont des élèves en situation de
décrochage scolaire ou plutôt de
raccrochage scolaire puisqu'ils sont
dans dans cette structure ils sont euh
globalement issus de milieu défavorisé
donc c'est bien évidemment à prendre en
compte et je leur demande donc c'est
c'est vraiment basé sur le volontariat
de me montrer régulièrement leur temps
d'écran donc c'est une fonctionnalité
qu'on trouve sur les téléphones Apple et
le chiffre de 10 he par jour qui peut
paraître absolument ahurissant mais je
vous assure qu'il est assez commun en
fait il est assez commun et moi ce qui
me choque par-dessus tout c'est
qu'est-ce qu'il y a derrière C 10h par
jour parce que l'écran on peut avoir des
usages très varier euh d'un écran et là
en l'occurrence ben ce sont ces vidéos
extrêmement courtes sur lesquelles on
n'a pas la main et ce sont ben le
premier d'entre eux ça va être TikTok là
sur ce que je viens d'observer
aujourd'hui mais sur les 10h par jour
euh qui euh qui concernait bah le les
journées du du Grand weekend et ben
TikTok occupa 80 % de ces 10hures par
jour et euh bah oui oui c'est une
minorité et quel effet ça a sur les
élèves quel quel effet ça produit en
classe par exemple est-ce que ça vous
pouvez le voir puisque ça fait un
certain nombre d'années que vous
enseignez avant vous étiez déjà enfin
vous étiez dans un autre collège sur des
dispositifs qui s'adressaient à des
élèves en difficulté mais finalement
aussi TikTok ça n'existait pas il y a
quelques années donc vous est-ce que
vous avez vu des changements sur les
effets et des effet d'ailleurs sur vos
vos élèves et leur comportement en
classe je vois des changements et ces
changements bon ils sont apprendre comme
étant des constats d'un témoin d'un
professeur donc évidemment ça ne peut
pas être une vérité scientifique mais je
constate une fatigue énorme une fatigue
énorme parce que en fait on a eu le tort
euh là très récemment d'opposer TikTok à
la lecture comme si TikTok allait
chercher euh du temps sur un un un
espace qui était consacré à la lecture
moi ce que je vois c'est que TikTok
gratte du temps de sommeil et je vois
parce que encore une fois sur les les
téléphones Apple on peut voir à quel
moment est-ce que c'est utilisé je vois
une utilisation nocturne euh de 22h à 3h
4h du matin et euh les jeunes me disent
très régulièrement j'utilise TikTok pour
euh trouver le sommeil pour m'endormir
et en fait c'est enfin ça je je pense
que la recherche scientifique m'appuira
là-dessus TikTok n'aide pas à trouver le
sommeil les écrans ne favorisent pas le
sommeil et je pense que c'est exactement
le contraire donc bien sûr lorsqu'on
s'attaque au sommeil bah la la le
résultat c'est une fatigabilité accrue
ce sont des élèves qui arrivent bah
tardivement qui n'arrivent pas à se
réveiller qu'il faut aller chercher et
qui arrivent très très difficilement à
finir leur journée h avant
l'intelligence c'est la santé même qui
est attaqué alors aussi parce que il y a
une forme non pas d' iiction parce que
si on arrête on n pas en manque donc on
peut pas vraiment parler d'addiction en
tout cas à mon sens il me semble que
c'est ce que la recherche dit également
mais de mauvaises habitudes avec des
plateformes qui se sont sophistiqué dans
la recherche et bien de l'attention dans
la recherche même du temps des
utilisateurs Mathilde Abel vous êtes
économiste spécialiste des enjeux du
numérique et de l'économie des
plateforme et puis je donnerai la suite
de votre présentation plus tard bonsoir
lise ben oui globalement on le voit en
fait que les les plateformes numériques
et notamment ici quand on va
s'intéresser aux réseaux sociaux à
partir on va dire du tournant des années
2010 elles ont elles ont emmagasiné un
certain pouvoir un pouvoir de cognition
qui est de plus en plus fort et donc un
pouvoir de captage de la tention euh de
la part alors pas seulement des enfants
évidemment mais aussi de la part des
adultes et même on va dire aujourd'hui
de tout un tas d'adolescents qui sont
devenus des adultes et qui participent à
à on va dire à à à fournir un certain
nombre de de de donner à la aux
plateformes qui aujourd'hui formatent
l'espace numérique mais oui ces
plateformes elles ont aujourd'hui un un
très grand pouvoir un pouvoir de marché
qu'on qui est qui est considérable moi
ce que je trouve que ce qui est
intéressant ce qu'on a pas aujourd'hui
dans dans l'angle mort vis-à-vis de ces
médias ces réseaux sociaux ce sont les
annonceurs ce sont les annonceurs ce
sont les publicitaires et ça c'est
quelque chose qui est parce que les ces
plateformes là le elles tirent de leur
pouvoir justement de d'avoir toujours un
regard sur deux versants d'un marché
c'est-à-dire un côté qui va être lié aux
utilisateurs nous vous vos enfants qui
utilisent les réseaux sociaux ici c'est
ce qu'on appelle des externalités de
réseau direct c'est-à-dire on va trouver
une utilité à ces réseaux-là parce que
mes amis mes parents ou peut-être pas
mes parents mais en tout cas mes amis en
tout cas sont sur ces réseaux-l mais par
ailleurs donc c'est donc ça c'est
l'économie de l'attention dont on parle
mais par ailleurs l'économie numérique
elle est liée à la capacité de se
tourner aussi vers un autre segment de
marché qui sont les annonceurs qui sont
les publicitaires et qui eux ont besoin
de cette audience pour
pour ensuite pour qu'elle soit monétisé
par les plateformes et que les
plateformes continuent à se développer
les annonceurs ex bah c'est un commerce
après tout qui est le le commerce de de
la tension qui existe aujourd'hui mais
qui existait déjà auparavant parce que
les médias c'est pas une une invention
neuve contre dans le rapport Grégoire
borst et dans l'élaboration de ce
rapport vous avez rencontré les acteurs
des plateformes vous avez rencontré
TikTok alors moi j'ai voulu inviter
unésent entant TikTok et puis j'ai pas
réussi il était en vacances on m'a dit
c'est dommage ça m'intéresse de savoir
comment
TikTok aujourd'hui conçoit l'utilisation
de cette plateforme par les adolescents
que vous ont-ils dit vous et aux autres
à vous et aux autres membres de la
commission Grégoire borst ils ont eu un
positionnement qui est a priori le
positionnement qu'ils ont toujours la
première chose c'est de nous dire qu'il
y a pas d'enfant de moins de 13 ans sur
leur réseau en disant que comme toute
façon il faut avoir plus de 13 ans et
que donc il faut renseigner son
il joue un espèce de jeu de dupe avec
nous en nous disant ben de toute façon
il y a il y a pas d'utilisateur moins de
13 ans et on peut pas savoir qu'il y a
des utilisateurs de moins de 13 an ce
qui est toujours un paradoxe parce
qu'ils ont des algorithmes finalement
d'analyse suffisamment sophistiqué
aujourd'hui pour voir des comportements
qui leur permettent en fait d'évaluer
les adolescents de moins de 13 ans sur
le plateforme donc première chose et la
deuxième chose c'est qu'ils ont beaucoup
insisté sur tout ce qui mettait en place
d'une certaine façon pour garantir un
certain contrôle parental de l'usage de
ces plateformes ce qui est surprenant
parce que nous c'est évidemment pas pour
ça qu'on venait les auditionner c'est
nétait pas là pour qu'il nous explique
ce qu'on devait faire en terme de
contrôle parental on est là pour que les
plateformes prennent leur responsabilité
et qu'elle s'assure qu'effectivement
n'est pas d'utilisateur qui est moins de
13 ans sur ces plateformes là qu'elle
s'assure qu'il y a pas du contenu qui
soit du contenu inapproprié qui s'assure
que quand on a passé tégram et WhatsApp
comme des des réseaux sociaux il y ait
pas des boucles dans lequel qui poussent
finalement de l'information qui est
totalement inapproprié pour des enfants
qui utilisent ce type de messagerie et
en fait leur réponse elle est finalement
de dire mais on n' pas de responsabilité
et c'est ça qui est je dirais
insupportable à entendre c'est quand on
est face à des populations vulnérables
ce qu'on attend d'acteurs économiques et
des plateformes en premier lieu c'est
qu'effectivement elles prennent leur
part de responsabilité et le rapport en
c'est pas un peu naïf d'attendre de la
part d'acteur économique qui payent pas
vraiment je crois pas ne pas me tromper
en disant ça leurs impôts en France par
exemple qui ont des démarche
d'efficacité et puis qui sont des des
des des géants en fait ça va juste à
l'encontre de la mod l'économique
globalement en fait Mathilde belle
est-ce que non mais je suis obligé de
rappeler votre nom et en même temps la
question que je me pose c'est quand on
leur dit ça est-ce qu'on sait pas par
avance je suis d'accord avec vous mais
en même temps en même temps je pense que
c'est important de les mettre face à
leur contradiction et en disant c'est de
toute façon des données normalement que
vous n'avez pas le droit de monétiser
d'Illes je rappelle ils ont été
condamnés au Royaume-Uni TikTok a pris
une une amende record parce que
justement il monétisait justement dans
ce double économie d'une part d'économie
de laatenstion plus économie des
diffuseurs de enfin de de publicitaire
ils ont été condamnés pour ça donc
c'était simplement de leur dire attendez
vous avez pas le droit de toute façon de
monétiser ces données donc faites juste
attention à essayer de de protéger ces
publics là et le rapport commence par ça
justement sur la responsabilité des
plateformes parce que c'est pas qu'une
responsabilité individuelle on peut pas
passer notre temps à dire aux parents et
vous êtes pas responsable faut faire
attention à ce que font vos vos enfants
sur les écrans certes mais en fait il y
a un premier responsable qui sont les
acteurs du numérique et il doivent faire
le boulot aussi de leur compter quand on
explique qu'il peuvent pas vérifier
l'âge des des des des des enfants de 13
ans sur la plateforme c'est un c'est
enfin ça fait doucement sourire je vu ce
qu'ils sont capables de faire
aujourd'hui en terme notamment de
contrôle parental ou autre pour vérifier
l'âge des parents qui qui mettent en
place le contrôle parental je j'ai déjà
eu cette discussion avec eux à l'arcom
avec Youtube notamment qui m'expliquait
qu'il pouvait rien faire par si déjà il
mettait tout le contenu jeunesse sur
Youtube kids je peux vous assurer que ça
permettrait à un certain nombre
d'enfants de ne pas être exposé à du
contenu napproprié mais ils veulent pas
le faire Mathilda belle techniquement
les plateformes pourraient par exemple
améliorer ou mettre des moyens dans le
contrôle parental ou les réglage
parentaux parce qu' en anglais on dit
parental setting bah oui elle elle
pourrait comme tout un tas de
plateformes globalement dès qu'on dès
que ça vient à l'encontre de d'une
fonctionnalité généralement elles vont
en développer une autre un peu gadget
qu'elles vont mettre entre les mains des
utilisateurs on l'a par exemple ici les
parents mais c'est pas la chose sur
lequelle elles vont investir le plus
tout simplement parce que ça ne les
c'est pas rémunérateur pour elle c'est
pas quelque chose qui vient rémunérer ça
ne rentre pas dans la logique de leur
modèle économique leur modèle économique
il est fondé sur l'engagement et quel
que quelle que soit la forme qu'il prend
c'est-à-dire ça peut être évidemment un
commentaire donc là on pourrait penser
qu' a une forme on va dire de de de
participation directe mais ça peut être
une consommation vidéo enfin la lecture
d'une vidéo ça peut être en entier ça
peut être même la la sauvegarde d'un
poste ça peut être enfin tout ce qui
globalement euh peut peut susciter une
forme d'engagement la viralité par
exemple d'un certain nombre de vidéos
c'est de l'engagement euh le
pardon les fake news ça produit de
l'engagement le la polarisation
justement aussi l'ensemble voilà
exactement émotionnel tout ça tout ça ça
favorise l'engagement et c'est bon dans
leur modèle économique donc tout ce
qu'on vient proposer en fait globalement
pour les responsabilités pour les
responsabilisé d'une part ou par exemple
ce qui est fait au niveau au niveau
européen par exemple digital service Act
ça va en tout cas ça donne des gages de
transparence et potentiellement des
outils pour ensuite au législateur ou on
va dire glossobalement à la puissance
publique pour limiter leur pouvoir c'est
bien pour ça qu'elles y sont elles sont
aussi réticcentes globalement à
participer à toute forme
de d'évolution de leur modèle et pour
donner davantage d'outils aux
utilisateurs enfin en tout cas si je
peux me permettre ellees donne pas leur
elle donne pas ces outils là à la partie
la plus passive ce qui est toujours
intéressant c'est que par contre si on
regarde par exemple YouTube ou d'autres
ou vis-à-vis d'un certain nombre de
créateurs de contenu ces personnesl vont
avoir des maétriques très intéressantes
pour regarder qu'est-ce qu'ils peuvent
monétiser qu'est-ce qui est le plus
intéressant qu'est-ce qui sera le plus
viral et cetera et cetera et ça on va y
revenir en fin d'émission jeis un peu de
teasing comme ça Mathilde abelle parce
que vous m'avez mis sur une bonne piste
et je souhaite vivement en reparler plus
tard donc on n'oublie pas comment en
fait on peut comprendre ces algorithmes
c'est une sacrée question mais Rachid
zer qui plus simplement dans l'éducation
médiia puisqu'on en fait à l'école de
l'éducation média est-ce qu'on peut
parler aux élèves et surtout est-ce
qu'ils entendent ses élèves ces
explications d'ordre tout simplement
économique leur attention estt une a une
valeur on se la dispute on se fait de
l'argent sur leur
temps moi ce que je constate c'est que
les jeunes sont euh ils ont une
véritable introspection là-dessus ils
sont très à l'écoute on a déjà fait
intervenir au sein de notre
microocollège des associations qui leur
on parl d'éducation au médiia qui leur
on parl de la surexposition à à certains
usages et il y a une vraie écoute il y a
une vraie préhension on les voit
vraiment acteurs de de de de de cette
réflexion là et puis sur le l'aspect de
de de cette l'aspect économique en fait
ils vont réagir en citant tel ou tel
influenceur qui a fait une publicité
déguisé ou pas déguisé sur un produit
qui s'est révélé totalement nocif ça ils
ont conscience de ce problème et c'est
l'étape vraiment euh du contrôle de soi
qui pose problème parce que euh voilà on
a des usages qui qui sont qui sont assez
excessifs et on a beaucoup de mal à se
contrôler et puis on parle des enfants
euh moi-même j'ai utilisé TikTok j'ai
commencé à l'utiliser sur des temps
assez courts des temps morts en
attendant je sais pas la cuisson le four
le le bus ou que sais-je et puis petit à
petit j'ai observé que ce réseau prenait
de plus en plus de temps dans ma journée
et en fait il est fait il est conçu pour
ça et c'est très très très difficile de
s'autoresponsabiliser si c'est difficile
pour les adultes c'est difficile pour
les ADS mais ça reste difficile
pour tout le monde et et je pense et je
le redis quand on parle des enfants on
parle considérablement de nous on va
également parler de l'école évidemment
dans ce numéro consacré aux usages du
numérique et au pouvoir que nous avons
éventuellement sur ces usages avec Marie
Caroline Missir alors vous la connaissez
bien Grégoire BST elle était dans la
commission enfant écran avec vous elle
est directrice générale du réseau canopé
on la connaît bien ici dans l'émission
elle était finalement la représentante
de l'éducation nationale dans cette
commission et ensemble nous avons parlé
de la manière dont vous aviez discuté du
rôle de l'école puisqu'elle est accusée
aussi d'inciter les enfants à se servir
qui d'un ordinateur qui d'un espace
numérique
éducatif on est passé très rapidement
d'une forme de panique postconinement au
secours l'école n'est pas prête nous ne
sommes pas assez équipés nous ne sommes
pas assez formés et cetera pour faire
face à des périodes absolument inédites
comme cell qu'on a vécu et qui
nécessitait une continuité pédagogique
qui passait par le numérique et on est
passé très rapidement à une autre forme
de panique qui est la panique actuelle
des parents quant à la progression
absolument fulgurante de la place des
écrans dans la vie des enfants avec un
taux d'équipement de plus en plus
précoce en smartphone et tout ça fait
que au centre de cela vous avez
l'institution scolaire qui à la fois est
chargé évidemment d'éduquer les jeunes
au numérique ça passe par la formation
des enseignants de les préparer les
enfants à la complexité de ce monde dans
lequel ils vivent et ça passe évidemment
par une place suffisante et
proportionnée du numérique à l'école
mais il faut entendre aussi la période
dans laquelle nous vivons où les parents
sont aussi très interrogatifs eux-mêmes
aussi dépendants par rapport à leur
propre écrans et donc ce qui se passe
c'est que l'école peut être à certain
moment rendu responsable d'une forme
d'incohérence vous nous dites de pas
utiliser les écrans avantelâge et en
même temps vous nous demandez de nous
connecter sur un ENT sur pronot alors du
coup je suis obligé d'équiper mon enfant
bien plutôt et cetera ent espace
numérique de travail de travail voilà où
on peut dialoguer avec les enseignants
dialoguer avec les parents et recueillir
ses devoirs avoir ses notes et cetera
c'est là qui est le point et c'était un
des points de départ des discussions que
nous avons pu avoir au sein de la
commission donc ce que je pense c'est
que l'école a une mission fondamentale
qui est celle d'éduquer au numérique
qu'elle a un rôle à jouer sur ces sujets
par rapport aux éducateurs par rapport
aux parents mais qu'il faut absolument
prendre en charge cette inquiétude des
parents prendre en charge aussi ce que
l'on sait aujourd'hui sur l'impact des
écran sur la santé des jeunes enfants
notamment et adopter une attitude plus
cohérente à l'école ça passe par plus
d'explications pourquoi on utilise cet
outil pourquoi faire avec quel impact
sur les apprentissages quel attendu ses
apprentissages à quel moment à l'école
on parle et au collège en particulier on
parle de de la place de ces fameuse ent
environnement numérique de travail à
quel moment on en fait un élément de la
du projet éducatif de l'établissement et
pas simplement un outil et quand c'est
un élément du projet et bien on peut
l'arrêter on peut le contrôler on peut
le réguler on peut apprendre à s'en
servir et ça ne devient pas un impensé
aujourd'hui le numérique dans certaines
situations à l'école en tout cas peut
être aussi un impensé ou peut être dans
une vision un petit peu excessive
assimilé à aux réseaux sociaux en
général aux écrans général donc je pense
qu'il faut remettre de l'ordre dans tout
ça c'est pour ça que ce que propose la
commission c'est plus de cohérence plus
de progressivité dans la l'utilisation
du numérique à l'école en suivant des
bornes d'âge des repères pour que qu'il
s'agisse des parents qu'il s'agisse des
éducateurs on soit tous ensemble
mobilisés à la fois pour éduquer au
numérique avec beaucoup d'ambition mais
aussi réguler et protéger nos enfants
penser l'éducation au numérique c'est
penser aussi la déconnexion oui je crois
et en tant qu'adulte je pense qu'on doit
être aussi apte et prêt à véhiculer ces
messages autour de la déconnexion moi ce
qui m'a beaucoup frappé c'est quand on a
organisé un acaton avec des des jeunes
des élèves de 3e ce qu'ils nous ont dit
c'est qu'ils étaient déjà frappés par le
rapport de leurs propres parents aux
écrans ils ont dans leurs expressions un
rapport parfois nostalgique à une enfant
sans écran qu'ils expriment comme ça
c'était on parler plus ce qui m'a aussi
beaucoup frappé c'est qu'ils ont une
inquiétude et ils expriment une
inquiétude pour leurs petit frères et
peties sœur et enfin troisème élément
d'interrogation c'est qu'ils sont tous
soumis à parfois des images
traumatisantes véhiculé sur des réseaux
sociaux qui évidemment échappent au
contrôle parental on parle aussi
beaucoup du contrôle parental et de ses
failles mais quand on les interroge en
le disant ah tu as pu en parler à un
adulte tu as pu en parler avec un
professeur tu as pu même en parler à des
camarades plus âgés et cetera comment tu
prends de la distance par rapport à à ça
ils nous disent à la fois qu'ils sont
ils se sentent condamnés à vivre avec
cela et qu'ils ne peuvent en parler à
personne parce qu'on ne peut rien faire
et ça je voulais le dire très fortement
parce que ces enfants-là ils sont à la
fois évidemment ravis d'avoir ces outils
pour socialiser communiquer et on le
souligne très fortement c'est un outil
de socialisation à l'adolescence mais
ils sont exposés à des contenus
traumatiques qu'on n'imagine pas et
exprimer le fait que on ne peut rien
faire on le subit parce que c'est comme
ça c'est
inacceptable France Culture
être et
savoir Louise Touray et ce soir et
éducation comment prendre ou reprendre
le pouvoir sur nos usages du numérique
usage éducatif aussi et d'ailleurs
Grégoire borst vous avez dans cette
commission où vous étiez avec
marie-coline Missir eu de grands débats
des grandes oppositions aussi entre les
différents participants alors des
médecins adictologues des
euh divers experts mais pas beaucoup de
gens de l'éducation nationale finalement
il y a eu des fortes oppositions sur
l'école et ce qu'elle devait faire ce
qu'elle devait dire et la manière dont
elle devait s'adresser aux familles oui
mais c'est finalement quelque chose qui
est beaucoup plus général sur l'école on
voit bien que c'est là où qui où tous
les clivages s'expriment c'est que
typiquement on avait deux positions qui
étaient très antagonistes dans la
Commission on avait des gens qui
disaient l'école doit être finalement un
lieu dans lequel on garantit une
déconnexion la plus totale possible et
d'autres qui disaient mais en fait
l'école c'est la société il faut
préparer les enfants finalement à
utiliser ces outils du numérique et et
du coup les conclusions disent les deux
bah les conclusions disent un peu les
deux c'estàd que c'est ce que très bien
dit Marie Caroline on a essayé de de
travailler sur une progressivité avec
des choses qui étaient effectivement et
on le dit d'ailleurs dans le rapport
c'était le le plus petit dénominateur
commun qu'on a réussi à trouver entre
deux positions qui étaient effectivement
vraiment très différentes au début de
nos discussions et qui l'ont resté
jusqu'à la fin de la discussions parce
que d'ailleurs c'est écrit dans le
rapport on nétait pas tous d'accord mais
on a réussi à faire émerger quel
quelques mesures sur l'école mais
effectivement avec une position qui est
très différente il y a des gens qui
disent l'école ça doit être un espèce de
lieu un sanctuaire dans lequel on fait
de
l'apprentissage des des fondamentaux
c'est pas forcément ma position je pense
que l'école elle doit être ouverte sur
le monde et et que fa apprendre à
apprendre comme le titre de votre
podcast pour France Culture faut
apprendre exactement il faut apprendre à
apprendre c'est un lieu dans lequel on
développe toutes les compétences dont on
a besoin une fois qu'on est sorti
justement du cadre scolaire et je pense
que c'est ça la réussite éducative et
que dans ce cadre là il faut aussi
apprendre à à utiliser les outils
numériques et les outils numériques bien
sûr on peut les apprendre sans numérique
mais on a aussi besoin du numérique puis
l'autre chose c'était il y a un peu un
fantasme l'école qui est surconnectée
aujourd'hui regardz la réalité de de
l'équipement dans les écoles françaises
il est on est très très très très loin
souvent parlé avec des équipement obsolè
avec des problèmes d'entretien et
parfois et c'est mon exemple préféré des
problèmes de rideau pour regarder tout
simplement un écran dans la classe il y
a trop de lumière et quand il y a plus
de rideau bah on peut pas utiliser le
tableau numérique interactif parfois ça
c'est la responsabilité des
collectivités locales Rachid zeroui deux
questions à vous qui êtes enseignant
pensez-vous qu'il faut laisser son
portable carrément à l'entrée du collège
dans un petit casier comme c'est
aujourd'hui proposé et de manière un peu
plus approfondie peut-être comment
expliquer peut-être aux familles ce
qu'attend l'école et à quoi servent ces
interfac numériquees qui sont des
interfaces éducatives qu' avec le les
par parents entre le collège et les
parents parce qu'il y a pas seulement
Pronote avec Pronote c'est pas la seule
entreprise qui propose ça avec les notes
et puis l'emploie du temps mais bien des
interfaces avec des contenus et puis la
possibilité de s'envoyer des
messages comment on parle de tout ça al
bah luour je sur la première partie de
votre question moi je suis je suis tout
à fait favorable au fait de moi j'ai
beaucoup de mal en classe à empêcher de
regarder le téléphone à tel ou tel
moment he il y a toujours un petit
regard qui est surveille les
notifications ces fameuses notifications
qui suscitent énormément d'attention et
on a beaucoup de mal en tant
qu'enseignant à concurrencer laattention
que suscit les notifications les
messages intempestifs donc oui euh
pourquoi pas pour reprendre vous le
pouvoir vous avez besoin qu'on vous aide
je oui oui oui moi j'avoue que j'ai
besoin de tête après si on si on
interdit euh les téléphones portables
purement et simplement ça veut dire que
quoi il y a une fouille il y a en fait
en terme de façon très pragmatique ça
veut dire déplacer le problème qu'on
voit en classe à l'entrée au portail et
c'est tout simplement ingérable en fait
on peut pas
euh faire des casiers surveiller que
chaque élève puisse mettre son téléphone
dans son casier ça nécessiterait un
temps fou il y a parfois dans certains
éplablissements plus de 1000 élèves qui
vont rentrer à 8h comment est-ce qu'on
peut être sûr que ces 1 élèves vont
déposer leur leur téléphone dans dans
les casers ça me paraît assez inf ble
sur la deuxième partie euh moi je crois
que il y a une confusion il y a une
confusion qui est née du fait que
peut-être on a un peu mal posé le débat
en parlant des écrans de façon très
généralisante très globalisante
euh peut-être que le le le voilà cette
panique morale nourrie par certains
ouvrages je pense à au à l'ouvrage de de
de de Monsieur Desmurget sur les écrans
les dangers des écrans moi je crois
qu'il faut vraiment poser le débat le
centrer sur les usages et il y a un
terme très pertinent pour ça qui qui a
déjà
euh deux décennies je pense en tout cas
le sociologue Fabien grandjent en parler
c'est la fracture numérique de second
degré c'est-à-dire euh ben des
inégalités sociales qui résultent d'un
usage différencié des mêmes outils
numérique donc moi je ne peux pas euh
croire que euh on accentue les
inégalités ou qu'on fait du mal à qui
que ce soit en favorisant l'accès à
l'ENT ou à pronot ou à enfin c'est euh
je je sais pas quelques quelques
dizaines de minutes donc sur le débat
euh que vous avez décrit et qui a animé
la commission moi je suis très
clairement euh du voilà du côté de de
Monsieur borst on peut pas négliger le
fait que on a des compétences numériques
qu'on doit avoir l'ambition d'atteindre
et donc on peut pas diaboliser de façon
générale tous les écrans mais on doit
responsabiliser sensibiliser sur C
certains usages qui posent problème
est-ce qu'il faut sensibiliser les
parents est-ce que ça pourrait être le
rôle de l'école il y avait aussi ça dans
dans ma question rachide zé qui est-ce
que vous en tant qu'enseignant et et
aussi pour toute l'équipe éducative vous
avez pour nouvelle mission et peut-être
une mission un peu amplifiée aujourd'hui
de d'aborder ça très clairement avec les
parents alors vous peut-être que vous le
faites mais est-ce que ça doit être le
cas partout tout le temps non je ne
pense pas que ça doit être le cas
partout tout parce qu'on a pas les
moyens de le faire je dirais que c'est
puisqu'on parle des écrans vous savez
dans les jeux vidéos il y a parfois des
missions annexes les mission qu'on n pas
obligé de faire qu'on fait parce qu'on a
envie parce qu'on se sent bah le le le
voilà une fibre quelque chose une envie
de de de d'agir sur ces questions donc
le voilà la sensibilisation sur les
écrans je dirais que ça fait plutôt
partie des missions annexe parce que
c'est beaucoup trop grand pour nous et
on n' pas la main là-dessus et je pense
que que c'est très sain de
responsabiliser de faire peser le le
poids de la responsabilité sur bah les
plateformes elles-mêmes donc c'est très
bien d'avoir d'avoir interpellé TikTok
de les avoir mis face à leurs
contradictions euh plutôt que chercher à
surresponsabiliser les parents qui
savent bien en fait lorsque des parents
voient leurs enfants passer 5h 6h 10h
par jour sur le smartphone ou sur
certaines applications bien
particulières ils savent très bien qu'il
y a un problème moi je je je je je je
vois très régulièrement des parents qui
sont dépassés qui avouent être dépassés
et qui n'arrivent pas ne parviennent pas
à juste confisqu et ils sont confrontés
à des crises de nerf qui sont très
difficiles à gérer donc voilà
responsabiliser les plateformes plutôt
que les parents et puis ben voilà ne pas
faire peser tout le poids sur l'école
parce que ce serait déraisonnable il y a
une il y a une mère en moi qui vous
écoute et se dit c'est vrai c'est vrai
que en tant que parent on peut éprouver
des difficultés évidemment à contrôler
les usages de ces enfants j'irai pas
plus loin sur mon expérience personnelle
mais on peut noter que il y a des
initiatives alors en France mais aussi à
l'étranger en Espagne c'est très fort
adolescence sans écrans qui propose de
reculer l'âge du du portable et et d'en
parler plus collectivement parce que
c'est difficile de décider tout seul
pour son enfant surtout quand il vous
persuade qu'absolumement tous ses
copains ont un portable à 8 ans et demi
euh ça pose quand même la question aussi
du contrôle sur les enfants Grégoire BST
et je pense que vous l'êtes posé dans la
commission c'est dire que évidemment les
téléphones permettent de communiquer
avec son enfant qui est au collège qui
circule éventuellement beaucoup plus
seul et de manière autonome enfin plus
ou moins autonome puisqu'on peut
l'appeler quand on veut et puis un
enfant sage euh dans un train par
exemple c'est un enfant qui regarde une
tablette ou ou un téléphone on a
beaucoup parlé des espaces sans enfants
ces derniers temps des hôtels des
restaurants des transports et finalement
on peut avoir aussi des espaces avec
enfants mués les yeux rivés sur les
écrans le contrôle dont je parle pour
les écrans on l'exerce déjà sur les
enfants avec ses outils avec ses écran
parce qu'on veut pas laisser dans notre
société une place aux enfants et je
pense que c'était aussi un des
enseignements de cette commission c'est
de dire que en fait si on veut trouver
et si on veut permettre justement
l'empowerment des parents vis-à-vis de
la régulation des écrans il faut laisser
un espace aux enfants dans notre société
c'est pas normal que dans un train dès
qu'un enfant court dans le couloir ou
fasse un peu de bruit tout d'un coup
l'ensemble du wagon quasiment se
retourne contre les parents pour leur
demander finalement de faire taire le
plus rapidement possible ses enfants et
ce qu'on a dit c'est qu'en fait la
société dans son ensemble doit redonner
une visibilité aux enfants doit leur
redonner des espaces je rappelle qu'il y
a des trains dans le nord de l'Europe
dans lequel on a des wagons jeu en tout
cas il y a des jeux pour que les enfants
puissent effectivement jouer je rappelle
qu'à la SNCF on peut euh comme
précommander une plate une une tablette
pour le voyage mais on peut pas
précommander un jeu de société c'est
absurde quand on y pense 2 secondes
c'est qu'effectivement il faut redonner
de l'espace aux enfants et il faut
effectivement aussi taper sur les
espaces sans enfants ENF je trouve ça
délirant qu'on est accepté dans notre
société qui a des aôutels sans enfants
des restaurants sans enfants je rappelle
que c'est discriminatoire c'est interdit
par la loi en fait donc à un moment il
faut redonner de l'espace parce que en
redonnant de l'espace en créant
finalement une offre d'activité
alternative on aura effectiv
effectivement la possibilité en tant que
parent d'exercer une parentalité
vis-à-vis des écrans sinon je suis
désolé de le dire mais c'est quasiment
impossible c'est mission impossible
c'est que il faut pas qu'il fasse de
bruit et en même temps faudrait pas
qu'il regarde un écran donc je sais pas
très bien ce qu'il doivent faire enfin
ah si si si si c'est Michel démg il faut
lire des grand livre de la littérature
française oui fantastique mais pas
forcément non c'est pas une grande
découverte mais sauf que dans ces
momentsl et comme le disait très bien
votre intervenant à distance de toute
façon TikTok ne prend pas du temps de
lecture en fait et non non je vous
assure en fait les données elles sont
assez claires de ce point de vue-là
d'ailleurs pendant le covid le temps
d'écran a augmenté le temps de lecture a
augmenté aussi donc en fait c'est pas
des moment où en fait s'il ne faisait
pas de d'écran il ferait pas pour autant
plus de lecture et et on peut lire my et
réalité les enfants et les écrans mit
réalité c'est le nom de la collection et
l'ouvrage est coordonné par Anne Cordier
et Séverine Erel chez Red c'est très
intéressant sur bien évidemment tous les
méfits supposés et parfois tout à fait
fantaisistes euh des écrans évidemment
qu'on peut apprendre avec des
dispositifs numériques éducatifs reste
que on ne peut pas s'empêcher de penser
autant de lecture le débat peut rester
ouverte mais puisque ouverte mais
puisque je parlais d'infantisme cette
espèce de rejet des enfants c'est le
terme est cher à à Lélia Benoît on en a
parlé dans une émission avec sor
Chalandon à l'automne
2023 la question que je me pose aussi
c'est pourquoi est-ce qu'on prend les
enfants pour des et les adolescents pour
des débiles pourquoi est que tout ce
qu'il ferait sur des écrans même en y
passant beaucoup de temps ce serait pas
intéressant ce serait nul quel est ce
présupposé qui est un un pressupposé
infantiste qui habite aujourd'hui la
société des adultes qui qui veut
répondre al plutôt Grégoire borste vous
avez l' et math la belle non je vis
juste dire qu' ce titre justement je
trouve qu'on a une présomption vis-à-vis
des adultte qui serait tout à fait à
même d'utiliser les écrans de façon tout
à fait
de façon tout à fait adéquate alors que
enfin pardon on a aussi vu justement par
exemple dans durant le le la période du
covid des usages et des renforcement de
polarisation y compris enfin de de
émotionnel très fort y compris chez chez
les adultes et même de façon massive
hein donc les fake news c'est pas
spécialement bien sûr c'est pas du tout
lié qu'aux enfants c'est pas du tout et
la plupart des réseaux sociaux
aujourd'hui on a toute une gradation
d'ailleurs d'âge en fonction des usages
Facebook on sait qu'aujourd'hui c'est
plutôt utilisé par les 30 60 70 ans
au-delà Instagram par exemple plutôt
pour les moins 30 ans euh maintenant un
peu plus et TikTok c'est chez les très
jeunes et cetera donc je veux dire
chacun chacun a sa part chacun a sa
responsabilité et chacun a son aussi sa
sa sa part de responsabilité vis-à-vis
justement de la on va dire des données
qui transmet mais aussi du coup de la
polarisation derrière de auquel il est
auquel il ou elle est soumis alors si
les usages plus ou moins discutables ne
sont pas réservés qu'X jeunes est-ce
qu'il y a aussi pas est-ce qu'il n'y
aurait pas un usage positif intéressant
créatif euh du numérique moi je me
souviens d'un rapport en
2013 du de l'Académie des Sciences sur
le numérique qui voyez aussi la
possibilité d'un avénement d'une
éducation augmenté grâce à ces
ressources infinies et puis évidemment
je pense à Michel ser la petite
poussette 2012 est-ce que je suis restée
coincée dans une bulle spatio temporelle
non je crois pas je pense évidemment et
c'est toute la complexité il y a pas que
des usages qui sont des usages qu'on
pourrait en plus toujours avec une
vision effectivement d'adultes qui juge
les activités des enfants ou des
adolescents en considérant qu'elles sont
forcément moins intéressantes ou moins
nobles que les ses propres activités sur
les réseaux je rappelle que les adultes
jouent à candic crush et qui ne produit
pas fondamentalement n'augmentent pas
fondamentalement notre intelligence mais
ils font plein de choses intéressantes
sur les réseaux pour autant
effectivement il y a une problématique
spécifique à ces réseaux c'est qu'ils
utilisent en fait des mécanismes et des
failles de nos systèmes cognitifs pour
nous laisser connecter très longtemps
donc en fait on est tout à fait d'accord
que on a des jeunes qui utilise par
exemple boî pad qui permet effectivement
d'accéder à la lecture d'écrire donc ils
font des choses hyper intéressantes sur
les réseaux ils font aussi du TikTok à
haut dose comme on l'entend et qui vient
rentrer en compétition avec leur sommeil
avec des problématiques effectivement et
là je rejoins tout à fait ce qu'on
disait le problème de TikTok et le
problème de ces réseaux en fait c'est
que ça vient grignoter du temps qui est
du temps qu'on devrait dédier à dormir
et dormir pour un enfant et un
adolescent c'est absolument critique la
période de la vie dans lequel on a le
déficit de sommeil le plus important de
toutes les périodes de la vie c'est
l'adolescence en terme de déficit de
sommeil et et comme ça joue sur le
neurodéveloppement ça joue sur leurs
apprentissages et donc ça joue sur leur
réussite scolaire et ainsi de suite et
notamment sur leur santé mentale donc je
pense que il y a un enjeu de ce cé là
mais on peut pas encore une fois ne pas
faire d'éducation là-dessus c'est qui
leur expliquer à quoi ça sert le sommeil
qui leur expliquer comment effectivement
avoir des bonnes une bonne hygiène de
vie reliée à leur ben personne donc on
peut pas oblitérer tout ça et en mettant
toujours l'accent sur leurs usages des
réseaux qui seraient forcément absurde
d'illeurs il y avait il y avait un très
bon Très B article le aujourd'hui je
crois dans dans le monde qui montrait
toute la créativité dont ils ont fait
preuve notamment en utilisant TikTok
parce que ils créent des vidéos donc ils
deviennent monteurs donc ça développe
aussi des compétences quoi c'est ça
aussi qu'il faut essayer de dire et
qu'on dit d'ailleurs dans dans le dans
le rapport après on a beaucoup insisté
sur les aspects négatifs parce que
c'était aussi
l'enjeu sur recommandations certains
alors bien sûr des adolescents et des
jeunes développe des compétences et il y
a aussi une critique des des RA
et des plateformes qui circulent sur ces
plateformes elles-mêm depuis je pense
assez longtemps ça fait partie de la
culture internet que de montrer les
couture par exemple les montages vidéos
on les entend contrairement à la radio
normalement on les entend pas vous les
auditeurs de France Culture vous les
entendez pas trop sur Youtube on entend
tous les cuts sur les vidéos sérieuses
comme sur les vidéos
fantaisistes on a aussi toute une
culture du du du montage du trucage qui
est extrêmement intéressante et donc euh
les vidéas ont commencé à s'intéresser
et à parler du placement de produits de
la publicité ça c'est complètement dans
la conversation depuis je pense au moins
une dizaine d'années en tout cas je vois
à mon échelle de fréquentation des
vidéas style Squeezie qui ne fait pas
que ça mais qui a beaucoup fait ça qui a
eu un public d'enfants extrêmement
nombreux et vous m'avez parlé à Mathilde
belle de Emy plant alors c'est une
youtubeuse qui s'intéresse aux
algorithmes
et qui entend et c'est ce dont on a
parlé au début et qui en tend que
créatrice de contenu a essayé de percer
le secret des recommandation sur la
plateforme on a pris un extrait la vidéo
est passionnante donc je vous je vous
invite chers auditeurs à la regarder en
entier on a pris un extrait pour vous
faire entendre de quoi il en retourne la
plupart du temps quand je r des vidéos
c'est des vidéos qui me sont recommandé
par YouTube mais quand tu assiste à la
force de frappe de l'algorithme tu te
demandes forcément pourquoi pourquoi
cette vidéo
si l'algo il décide de plus recommander
la chaîne d'un créateur il peut perdre
son métier ou au contraire s'il décide
de la recommander ça peut être magique
et la raison pour laquelle l'algorithme
il a une telle force de frappe c'est
parce qu'on consomme ce qui nous
recommande 70 % du contenu regardé sur
Youtube est recommandé par YouTube ce
qui fait que YouTube décide un peu de
tout de ce que je vais consommer des
vidéos que je fais qui vont marcher mon
avenir un peu
aussi j'ai un dernier truc à dire c'est
que cette vidéo du coup je l' faite avec
Marc en fait il développe un outil qui
s'appelle YouTube chose qui est une non
profit donc une entreprise à but non
lucratif qui a été financée par l'Union
européenne moi ça fait plusieurs années
que je bosse sur on va dire la
transparence du système de
recommandation où on essaie de
l'analyser de montrer ce qui recommande
ce qui recommande pas qu'est-ce qui est
ban qu'est-ce en fait aujourd'hui il y a
énormément de de plateformes pour
beaucoup de choses où tu peux choisir tu
as le choix de choisir ton service de de
H de choisir ton service de plein de
trucs mais aujourd'hui il y a vraiment
un monopole sur les systèmes de
recommandation c'est tu as pas le choix
de chois dire ton système de
recommandation alors
la l'extension dont on parle c'est you
choose ça promet une forme de contrôle
augmenté j'ai pas très très bien compris
en fait comment ça fonctionner mais vous
m'aviez parlé quand on a préparé cette
émission Mathilde belle d'agentivité de
pouvoir
d'empouvoirement
sur la manière dont on peut circuler sur
ces plateformes est-ce que vous pensez
que ça a une chance vraiment
de se populariser et
de et bien finalement de pénétrer les
usages des jeunes jeunes qui évitent les
recommandations des adultes par essence
ve ils veulent pas être là où nous on
est ben en fait je je pense que ça peut
prendre dans la mesureù en fait où ils
le font déjà c'est-à-dire que ce dont on
parlait juste avant c'est que il y a
déjà un génie globalement adolescents ou
enfants dans l'usage des ressources
Internet c'estàdire que même parfois les
les propres créateurs
ou les les propres plateformes pour pour
dire ça très vite en fait elles sont
surprises des usages qui sont faits de
leurs propres outils et ell il y a tout
c'està dire que les parcours aussi
balisés que soit les parcours des
utilisateurs et utilisatrices en ligne
et bien il y a tout le temps des
détournements tout le temps des des
façons de jouer avec la créativité à
partir de la plateforme et ça c'est
quelque chose qui est très très
important à noter c'est globalement il y
a voilà il y a cette capacité des
utilisateurs et utilisatrices à utiliser
les plateformes de façon détournée et
donc je pense que si donc là youose par
exemple c'est un petit adon qu'on peut
mettre justement pour pour essayer de de
regarder quelles sont les
recommandations ou ou ou même on va dire
de de nourrir un certain nombre
d'algorithmes pour pour provoquer
certaines recommandations c'est un adon
il me semble qui est disponible sur
Chrome et donc l'idée derrière c'est
globalement c'est de permettre une plus
grande agâentivité à partir d'autres
métriques qui peuvent être distribué ou
mis à disposition justement de tout un
tas de d'utilisateur on va dire plutôt
passiv ou de consommateur ou de
consommatrice passive de de contenu euh
c'estàdire que on on peut faire à
l'échelle individuelle par exemple
limiter son historique par exemple sur
Youtube avoir aucune recommandation on
peut nourrir ses propres algorithmes
sonelon des choses qui ne nous
conviennent pas mais là ça va un peu
plus loin et ça c'est des choses qui
peuvent être très intéressantes sur les
réseaux sociaux parce que globalement
c'est des c'est c'est des comment dire
ça c'est c'est des outils qui peuvent
être mis à disposition justement des
utilisateurs pour avoir davantage de
choix pour recouvrir un espace d' choix
euh un espace de choix pardon vis-à-vis
de vis-à-vis de ce qu' vont consommé
directement sur ces réseaux-là euh je
pense que par ailleurs euh un un certain
nombre de réglementations comme le
digital service Act vont pouvoir not
vont pouvoir euh permettre d'accéder à
un certain nombre de données via les API
qui vont être mis en place par euh les
plateformes pour euh donner justement un
certain nombre d'outils permettre
finalement une meilleure inter pardon
interopérabilité entre les données de
ces plateformes là et des possibles
outils qui vont pouvoir redonner aussi
du pouvoir aux utilisateurs et aux
utilisatrices de ces médias sociaux et
ça je pense que c'est quelque chose
vraiment euh qu'on commence tout juste à
à aborder et si derrière la derrière les
états la puissance publique et notamment
l'Europe permet de financer des produits
des des produits ce sont des produits
hein des produits des services mais des
des services comme ceuxl je pense que on
gagnera beaucoup en partie sur justement
le pouvoir de ces de ces réseaux sociaux
donc on a besoin d'un contre pouvoir du
chose créé par Marc fadou on n'entendait
pas son nom de famille dans l'extrait de
la vidéo d'EMI plant euh Rachid Z0 qui
est-ce que vous pensez que
des outils d'autorégulation pourraient
intéresser euh vos élèves par exemple où
est-ce que finalement il y a parce que
c'est la question que je me pose il y a
un certain plaisir dans la passivité et
et pas que chez les enfants c'est aussi
ce qu'on cherche c'est-à-dire pas trop
réfléchir et se laisser porter al
comment vous voyez ça c'est ce qu'on
c'est ce qu'on cherche et je je je je
vois aussi certains élèves qui ont
besoin de cette passiv passivité que
j'appelle parfois anesthésie ça empêche
de penser on sait qu'il y a des enfants
qui sont parfois dans un profond
mal-être faire défiler des vidéos
indéfiniment sans même avoir la
télécommande tout confié à l'algorithme
ben c'est aussi parfois une façon de ne
pas réfléchir de ne pas accorder
d'intérêt à ce qui nous tracasse alors
moi je suis il se trouve que je suis un
utilisateur d'un de de ces ces
applications d'autorégulation pour
moi-même euh je dois avouer que ça m'ide
pas mal c'est une app application qui
rend tout très minimaliste qui enlève
tous les logos qui enlève toutes les
incitations aller sur tel ou tel
application moi ça m'aide beaucoup mais
je vois mal pour l'instant mes
élèves voilà utiliser faire appel à une
application d'autorégulation je pense
que ce serait pour l'instant un peu trop
leur leur demander math la belle juste
pour précision justement il s'agit pas
d'autorégulation c'est pas de limiter
son accès ou limiter l'espace des du
coup des réseaux sociaux c'est consommer
autrement les les contenus sur ces
réseaux sociaux euh et c'est avoir du
retrouver un un un pouvoir vis-à-vis de
cette consommation là c'est-à-dire que
au lieu d'avoir quelque chose qui est
infini et on va dire une consommation
passive on choisit il y a un espace de
choix qui peut être fait vis-à-vis du
contenu qu'on va consommer et ça
vis-à-vis de c'està-dire que quand on
aura accès notamment via via les API du
et peut-être du coup grâce au digital
service Act à ces donnéesl on pourra
donner aux utilisateurs la possibilité
de choisir c'est pas juste de consommer
ou pas consommer c'est consommer
autrement et davantage de choix dans les
modes de consommation de ces réseaux
sociaux et ne pas se fier à sa volonté
sa bonne volonté mais organiser
autrement son
univers numérique ce qui euh semble
peut-être un horizon voilà possible mais
ça il faut des pouvoirs euh public qui
soutiennent ce genre d'initiative je me
tourne vers vous grégire boss comme si
vous
étiez ministre de de quelque chose or
pas du tout mais la question qu'on peut
se poser c'est est-ce que on on manque
pas aussi de volonté politique parce que
finalement dire aux adultes de prendre
la responsabilité éducative ne coûte pas
cher on le voit dans le débat sur
l'autorité et même une commission qui
réunit 10 experts c'est c'est important
peut-être mais c'est pas très coûteux
alors que ça Teel à trouver des
solutions des contrepouvoirs et créer
des solutions technologiques aussi
efficaces et très disponibles et porté
et et dont on ferait la publicité un
petit peu partout peêtre compris à
l'école c'est une autre paire de manche
mais je pense qu'il faut une volonté
politique j'ai en tout cas l'impression
qu'on en a eu quand on a déposé notre
rapport c'est que il y avait quand même
une volonté puisque le président de la
République a laissé un mois à un certain
nombre de ces ministres pour mettre en
œuvre un certain nombre d'actions liées
aux recommandations qu'on avait proposé
posé alors je sais pas ce que ça donnera
infin mais en tout cas il y a une
volonté il y a aussi une volonté de
notre part en tout cas dans la
commission de dire attention il faut pas
choisir deux trois mesures au
comptegoutte parce que effectivement
pour avoir un effet levier important il
faut vraiment avoir une approche
systémique de ces problématiques là je
rappelle que les solutions techniques
elles sont pas à trouver c'est par
exemple le fait de quand vous ouvrez une
ligne si c'est pour un enfant qui a en
dessous de 13 ans l'empêcher d'accéder à
certains contenus c'est possible demain
en suite si les fournisseurs ne veulent
pas mettre en place c'est une autre
problématique et ça effectivement
l'action publique elle peut en tout cas
être suffisamment incitative pour qu'il
le mettent en place donc je pense qu'il
y a un certain nombre de choses qui
technologiquement sont faisables la
question de l'interopérabilité des
données de toute façon le DSA va y
aboutir à un moment ou un autre donc ça
permettra de retrouver du contrôle et
puis de rappeler effectivement que la
problématique numérique elle vient aussi
percuter d'autres problématiques je veux
dire post covid on a 40 % des
adolescents qui ont des problématiques
de santé mentale de difficultés
psychologique et quand il scrollent
pendant des heures sur TikTok soyons
très clair c'est pas simplement parce
qu'ils aiment passer des heures sur
TikTok à se roller c'est parce qu'ils
vont mal et que donc en fait ouais c'est
ce que disait très bien Rachi donc en
fait il faut traiter ça c'est qu'il faut
pas traiter que la problématique de
scroller des heures sur TikTok il y a
les deux qu'il faut traiter en parallèle
c'est pour ça que c'est des approches
systémiques qu'il faut avoir et remettre
aussi des moyens dans l'école et des
moyens dans la santé publique et des
moyens dans la santé publique donc il
faut effectivement choisir ces batailles
et je dis juste une chose qui coûte pas
cher parce que je l'ai dit au président
de la République je continue
c'est qu'il faut adapter le rythme
scolaire effectivement au particularités
des adolescents et que on sait que le
fait de différer par exemple les
premièresord de cours début de journée
ça a des effets extrêmement positifs sur
la santé mentale des adolescents sur
leurs appr plus tard il faut commencer
l'école plus tard ça fait plusurs
dietich blan par c'est un vieux projet
et c'est aussi de montrer que on les
respecte eux alors très rapidement parce
que là on parle de régulation
de possibilités via des normes
européennes différentes de repenser un
peu la circulation dans les espaces
numériques mais ce qu'on a surtout
entendu après cette commission ce sont
les paliers d'âge c'est de dire bah
voilà avant 15 ans et j'avoue que j'ai
bondi parce que ça me semble extrêmement
tard pour connaître un certain nombre
d'adolescents et on en accueille
beaucoup à la Maison de la Radio
extrêmement tard 15 ans pour accéder au
au réseaux sociaux est-ce que je me suis
déshabitué est-ce que vous avez dit
quelque chose d'un peu irréaliste
enfin je sais pas je sais pas si c'est
irréaliste mais en tout cas c'est de
renvoyer vous vous pensez que c'est
possible je pense qu'il faut que les
plateformes aujourd'hui prennent leur
responsabilité et qu'effectivement ce
qu'on entend de la part des jeunes c'est
qu'ils sont quand même exposés à du
contenu qui est totalement inapproprié à
leur âge même à 15 ans et que ça c'est
plus possible et il faut que les
plateformes fassent le boulot de ce
point de vue-là quand on voit le nombre
de personnes qui s'occupent de la
régulation des contenus sur les
plateformes on voit bien que ils ont pas
pris la mesure de la problématique
finalement et que dans ce contexte là
qui peut évoluer c'està que un moment au
moment où les plateformes se mettent
autour de la table et qui font le boulot
qui doit être l'heure de réguler leur
contenu évidemment on pourra penser
d'autres bornes d'âge les bornes d'â
elles sont aussi elles sont là pour
inciter les plateformes à enfin agir de
leur point de vue et de leur côté sur
l'exposition à du contenu inapproprié de
mineurs dont je rappelle en qu'ils sont
à des moments de leur développement
notamment neurocognitif qui fait que
quand on est exposé à du contenu
d'unapproprié ça peut avoir des
conséquences importantes sur le
développement cérébral et donc sur leur
bien-être et donc un contrôle euh
politique et puis euh social global euh
de tous les acteurs éducatifs donc pas
que les parents merci beaucoup euh
Grégoire Bor merci Mathilde abelle et
merci rachide zéruki d'avoir été avec
nous à distance
[Musique]
avril Ventura etadjointe à la production
d'être et savoir P et le gras a réalisé
cette émission Sébastien Royer on a
assuré la prise de son vous pouvez
retrouver tous nos anciens numéros et on
a consacré de nombreuses émissions aux
question numérique numérique éducatif
donc en podcast bien sûr nos espaces par
exemple la plateforme de Radio France
[Musique]